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  • La soif de justice sociale au cœur du 5 novembre

    La soif de justice sociale au cœur du 5 novembre

    Les colères ne sont pas près de s’éteindre sur le terrain social et les interdictions de manifester et autres couvre-feux n’y font rien. Les jeunes sont décidés à maintenir la pression sur le gouvernement et le chef de l’État, Emmanuel Macron.

    Ce dernier a fini par vaciller : Après plus d’un mois de blocus, le gouvernement a annoncé lundi 26 octobre plusieurs mesures pour tenter d’éteindre le mouvement de contestation des lycéens et des étudiants, dont le remplacement en 2028 de la plateforme d’orientation post-bac Parcoursup. Insuffisant pour l’organisation syndicale Mouvement lycéen : « Nous avons arraché un premier recul : celui des promesses. Mais le compte n’y est pas », a-t-elle réagi mardi 27 octobre dans un communiqué. C’est surtout sur le fond des annonces que l’organisation se montre la plus critique : « Macron ne tient pas sa plus grande promesse : celle de nous offrir un avenir. Nous voulons la garantie de pouvoir vivre dignement en France. Chaque jeune doit pouvoir accéder à un travail utile à la société et émancipateur, sans subir les inégalités au travail, et pouvoir décider de l’avenir de notre pays. » Interviewé mercredi 28 octobre sur la chaîne Youtube du média HugoDécrypte, le chef de l’État a appelé les lycéens à « reprendre les cours » dans « le calme » lors de la rentrée de ce lundi 2 novembre, après plus d’un mois de mobilisation qui s’est élargie à d’autres revendications sociales. Et il a eu, pour la première fois, un mot de « compassion » pour les jeunes manifestants blessés par les forces de l’ordre, alors que le niveau de répression a passé un cap .

    Les organisations de jeunesse seront aux côtés de l’intersyndicale qui organise, jeudi 5 novembre, une journée de grèves et de manifestions dans tout le pays à l’appel de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa et de la FSU. Cinq organisations représentants l’essentiel des travailleurs du public et du privé. Pour la CGT, « le projet de budget tourne le dos à la jeunesse et à ses revendications légitimes ». Plus largement « les choix du gouvernement vont encore peser sur nos vies et nos droits : se soigner correctement, vivre dignement de son salaire ou de sa pension, compter sur des services publics accessibles sur tout le territoire… ce sont des droits essentiels à garantir, pas des économies à réaliser ». Pour les syndicats, il s’agit de proposer un contre-récit à celui distiller par la macronie, la droite et l’extrême droite notamment sur la dette publique. « La situation actuelle n’est pas due au niveau des dépenses sociales, qui sont utiles pour toutes et tous, mais des milliards d’euros de recettes dont on se prive en faisant des cadeaux aux ultra-riches et aux grandes entreprises, sans aucune utilité sociale », réplique la CGT. Et de mettre l’accent sur la répartition des richesses. « D’un côté, les aides publiques aux entreprises ont fortement progressé et atteignent plus de 200 milliards d’euros par an. De l’autre, les sommes versées aux actionnaires battent des records, avec plus de 60 milliards d’euros ces 6 premiers mois pour le CAC 40. La question est de savoir à quoi il sert car seul notre travail crée les richesses, elles doivent profiter à toutes et tous pour vivre » argumente la centrale de Montreuil. Pour la CFDT « l’austérité à long terme n’est plus tenable, notamment pour les revenus les plus bas, il est temps de remettre la justice sociale au cœur des choix économiques ». Dans l’Hérault et le Gard, plusieurs manifestations sont prévues notamment à Montpellier, Sète, Béziers, Nîmes et Alès.

    Les manifs du 31 octobre et du 5 novembre

    Samedi 31 octobre

    Hérault : Montpellier, sit-in 14h devant la mairie. Béziers, 10h30 manif départ place David-d’Angers, sit-in devant la mairie. Gard : Nîmes, sit-in 14h devant la mairie, manif 14h Jardins de la Fontaine.

    Jeudi 5 novembre

    Gard : Alès 10h devant la sous-préfecture, Nîmes 14h, bas de l’avenue Jean-Jaurès. Hérault : Montpellier, 14h, place Albert-Ier, Béziers, 10h30, Bourse du travail, Lunel, 11h30, place de la République, Sète, 10h30, place de la mairie.

  • Manifester est une liberté fondamentale

    Manifester est une liberté fondamentale

    Swane Mas, élève avocate

    Le 22 octobre, Emmanuel Macron a fait part de son intention d’interdire toute manifestation non organisée par un syndicat. Le droit de manifester n’est pas un privilège syndical : le président de la République ne peut décider qui peut manifester, ni pour quelles causes. C’est une liberté fondamentale, protégée par l’article 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et par l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’homme. À la suite des manifestations du 17 octobre, plusieurs préfectures ont pris des arrêtés d’interdiction pour la mobilisation du 24 octobre. Ces interdictions s’ajoutent à d’autres mesures fortement attentatoires aux libertés publiques, comme la prolongation des couvre-feux et le déploiement de l’armée en renfort des forces de l’ordre. Le préfet peut interdire une manifestation « de nature à troubler l’ordre public ». L’interdiction n’est admise qu’en dernier recours. Elle doit être adaptée, nécessaire, proportionnée, et reposer sur des faits précis, appréciés pour un lieu et une période déterminés. La formule, très ouverte, laisse une large marge à l’administration, qui fonde parfois ses interdictions sur de simples risques ou un contexte général. C’est au juge administratif qu’il revient de contrôler. Une manifestation ne s’autorise pas : elle se déclare. Il en résulte que participer à une manifestation non déclarée, mais non interdite, n’est pas une infraction. Quant à la participation à une manifestation interdite, elle constitue une simple contravention, et non un délit, et ne peut donc justifier un placement en garde à vue. Mise en ligne tardive souvent la veille, parfois sans affichage en préfecture : les conditions de publication des arrêtés d’interdiction et de couvre-feu ont également compliqué l’exercice d’un recours effectif. Le tribunal administratif de Paris a d’ailleurs enjoint à la préfecture de publier ses arrêtés de couvre-feu au moins douze heures avant leur entrée en vigueur. À Marseille, plusieurs organisations, dont la CGT, la FSU, la LDH, le PCF, le SM et le SAF, ont saisi le juge des référés du tribunal administratif. Le préfet a entre-temps renoncé à l’interruption des transports en commun. Le juge a maintenu l’interdiction de manifestation à Marseille, en formulant une exception pour une manifestation encadrée par les syndicats, faisant reposer sur leurs militants la responsabilité d’un « maintien de l’ordre ». Par une large communication intersyndicale du même jour, les syndicats du département ont refusé cette charge, rappelant la liberté de manifester pour toutes et tous. Le Tribunal administratif de Marseille a fini par ordonner la suspension des arrêtés visant Gardanne, Istres, Martigues, Miramas et Tarascon, faute pour le préfet d’établir un risque particulier dans ces communes. Les interdictions ont été maintenues pour Aix, Arles, Salon et Port-de-Bouc.

    Le 24 octobre, des manifestants d’horizons très divers se sont mobilisés en nombre dans les villes du département. Le SAF continuera de contester les arrêtés préfectoraux portant atteinte aux libertés publiques et à la liberté de manifester.

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  • Les syndicats aixois appellent à la grève le 5 novembre

    Les syndicats aixois appellent à la grève le 5 novembre

    Après une heure de réunion, la décision semble faire consensus au sein de l’intersyndicale (CGT, FO, FSU et UE). « Pour le 5 novembre, on appelle à la grève, sans écarter l’idée qu’elle puisse être reconductible », avance Aurélie Zanutto, secrétaire de l’Union locale CGT. Devant elle, les tracts distribués plus tôt dans la matinée, aux Milles, rappellent les principales revendications des organisations syndicales. Parmi elles : l’augmentation des salaires, l’amélioration des services publics et la défense de l’emploi et de l’industrie.

    Des revendications qui font écho à celles portées par les étudiants et lycéens. Le syndicat Union étudiante (UE), était également représenté lors de cette réunion. Son secrétaire général à Aix-Marseille, Younes Dufresnes, dénonce des « réponses insuffisantes » de la part du gouvernement. Parmi elles, la création de 10 000 places dans l’enseignement supérieur, contre les 30 000 réclamées initialement. Si ces réponses restent insatisfaisantes à ses yeux, Younes Dufresnes estime que les annonces répétées du président de la République, à quelques mois de l’élection présidentielle, démontrent « un gouvernement qui tremble face à ces mobilisations ».

    Pour Aïsha, représentante de Force ouvrière (FO), « les revendications entre travailleurs, citoyens et étudiants ont de nombreux points en commun […]. C’est pour ça qu’on accorde un soutien inconditionnel aux étudiants ». Céline, membre de la Fédération syndicale unitaire (FSU), complète : « L’idée, c’est de sortir de là avec des mesures concrètes. » « On ne veut pas de réforme, on est dans l’urgence là », conclut Aïsha.

    « Restructuration

    des dépenses du budget »

    Alors que le débat budgétaire national se poursuit à l’Assemblée, les syndicats réclament une « restructuration des dépenses et de la répartition du budget national ». Aurélie Zanutto dénonce notamment « les exonérations de charges des entreprises qui sont un scandale ». Au nom de la CGT, elle plaide pour « un budget socialement plus juste et compatible avec nos revendications ». Pour elle, « de l’argent, il y en a ! » . Mais « il faut déplacer les dépenses et les mettre au bon endroit », précise la secrétaire de l’union locale CGT.

    Le rassemblement du 5 novembre, prévu à 10h30 à la Rotonde, devrait ensuite se diriger vers la sous-préfecture, puis le rectorat, avant de remonter par la gare TER et revenir à son point de départ. Pour cette journée de mobilisation, le mot d’ordre commun est clair : « Tout le monde est invité à descendre dans les rues. »

  • Parcoursup, touché mais pas encore coulé

    Parcoursup, touché mais pas encore coulé

    Comme bien des mesures annoncées lundi par le gouvernement pour répondre à la colère lycéenne et étudiante, le geste n’est pas engageant. Mais il a le mérite d’ouvrir la porte. Gage aux formations politiques siégeant au Palais Bourbon d’y porter la voix des revendications d’une jeunesse qui, depuis cinq semaines, affiche sa détermination à changer de monde.

    L’Assemblée nationale débat, ce mercredi à 17h, de l’avenir de Parcoursup et de l’accès à l’enseignement supérieur. Initié par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, sur la base de l’article 50-1 de la Constitution, ce débat sans vote, ce que contestent les oppositions de gauche qui réclament un scrutin pour abroger le système, donnera l’occasion à l’exécutif de détailler sa feuille de route.

    Si le gouvernement a acté le « remplacement » de la plateforme Parcoursup pour 2028, et s’est engagé à ce que la session de 2027 fasse l’objet d’une transition articulée autour de « onze mesures de rupture », il n’a pas répondu aux attentes.

    « Ouvrir les places qui manquent à l’université »

    « Faire plus de pédagogie et des commissions de transparence pour 2027 sont des éléments très cosmétiques », juge Samuel Tracol, membre de la commission exécutive de la CGT Éduc’Action des Bouches-du-Rhône, rappelant que l’élection présidentielle laisse en plus planer l’incertitude sur 2028. « C’est de la poudre aux yeux », abonde Marion Chopinet, cosecrétaire académique de la FSU 13 : « Une manière d’essayer d’éteindre le feu parce que Parcoursup fait partie des revendications fortes. Mais il n’y a rien de concret qui change le principe même de son fonctionnement ».

    Car au cœur de la contestation lycéenne se trouvent des enjeux structurels majeurs. Derrière la pression psychologique anxiogène et le manque de transparence de cette « boîte noire » aux algorithmes locaux opaques dénoncés par les lycéens, perce un système reproduisant les inégalités sociales et territoriales. « Changer Parcoursup n’a pas de sens si on ne change pas le bac Blanquer et si on ne met pas les places qui manquent à l’Université », reprend Samuel Tracol, soulignant que les créations de places annoncées dans le supérieur sont toutes hors cadre universitaire.

    Lundi, 15 000 ont été promises (les organisations de jeunesse en réclament 250 000) en priorité dans les filières techniques : 10 000 places en BTS tournées vers l’industrie et les sciences, 4 000 en IUT et 1 000 dans les formations de santé. Avec, derrière, une même logique dénoncée par les organisations syndicales.

    « On ne change pas le logiciel et la réflexion de base qui est : un tri social des élèves et des places ouvertes en fonction du marché de l’emploi. L’idée est de leur trouver une place qui corresponde à une formation où il y a de l’employabilité dans la région où ils se trouvent. Les ouvertures en BTS et en IUT ne suffiront pas à trouver des places pour tout le monde et correspondant aux envies de la jeunesse et à ce dans quoi elle se projette », poursuit Marion Chopinet. « Le changement de logique réclamé par les lycéens, les étudiants et les organisations enseignantes n’est même pas envisagé par le gouvernement. Changer de logique, c’est rappeler un principe simple : tout élève qui obtient son baccalauréat a droit à une place à l’université dans la filière de son choix. C’est ça qui a été supprimé par Parcoursup », appuie son camarade de la CGT Éduc’Action.

    Une marche arrière sur « les enjeux de démocratisation scolaire » contestée par les organisations syndicales dans les réformes des ministres successifs de Macron depuis Blanquer qui amènent à ce tri de plus en plus précoce des élèves. « Et puis ne pas s’occuper de l’enseignement professionnel, c’est le signe qu’on reste dans cette logique », reprend la représentante de la FSU, rappelant que même Parcoursup laisse des milliers d’élèves sur le carreau. « On ne cherche pas à amener le plus loin possible l’ensemble d’une génération, mais on veut juste trier les élèves le plus tôt possible pour ouvrir des places en fonction des besoins du marché et caler les jeunes selon des compétences et de méthodes plus ou moins obscures ».

    « Parcoursup, c’est l’histoire de la privatisation du marché de l’éducation », conclut Samuel Tracol, qui fait le lien avec le remplacement de seulement un professeur sur 2,5 depuis dix ans dans l’enseignement supérieur. « Quand on n’a pas de place à l’université publique, on doit solliciter des formations payantes mal référencées, avec en plus, des enseignants qui n’ont pas les qualifications exigées. C’est tout un marché qui a ouvert, on le voit d’ailleurs à Marseille, où fleurissent massivement dans le quartier de la gare de nombreux établissements privés. C’est cet écosystème qui a été sciemment créé par Parcoursup. »

    Derrière les revendications lycéennes, c’est aussi cette logique de privatisation qui est menacée et que le gouvernement s’efforce de sauver.

  • Une détermination sans faille à manifester dans tout le pays

    Une détermination sans faille à manifester dans tout le pays

    Ce n’était pas le moment de manifester selon le monarque de l’Élysée. C’était sans compter sur la détermination des Français. Samedi, la CGT a compté 800 000 manifestants dans le pays, autant qu’une semaine plus tôt, dont 250 000 à Paris, en dépit de la recommandation du « méprisant de la République » de ne pas manifester et d’un temps pluvieux sur une grande partie de l’Hexagone. De son côté, le ministère de l’Intérieur a dénombré 410 000 manifestants samedi, contre 550 000 la semaine dernière. « Cette journée de mobilisation est une grande réussite », s’est félicitée l’Union étudiante.

    « Mariane, Mariane ! »

    Dans les cortèges, les slogans contre la vie chère ou la dégradation des services publics sont désormais accompagnés de revendications sur les interdictions de manifester, les périmètres interdits et les tracés révisés sur décision des préfectures. « Marianne ! Marianne ! », a par exemple crié une partie du cortège parisien, à la vue d’une jeune femme aux atours de l’allégorie de la République française, juchée sur les épaules d’un jeune manifestant.

    « On nous prive de la liberté de pouvoir disposer de l’espace comme on le souhaite » et, « globalement, c’est un ras-le-bol général. Ça n’atteint pas que notre liberté mais aussi notre fraternité », a lancé Léa Berthelot, comédienne de 26 ans en bonnet rouge et robe blanche, drapeau tricolore à la main. À travers la France, plusieurs cortèges initialement interdits ont finalement été validés par les tribunaux administratifs. Mais des interdictions ont persisté à Nancy, Metz, Besançon, Belfort, Rouen, Le Havre ou Toulon.

    « Une nouvelle réussite »

    « Ni le président, ni le temps, ne m’empêcheront de manifester », affirme Delphine, 47 ans, en tête de cortège à Lille pour aussi « représenter » ses trois enfants étudiants, « en train de travailler pour payer leurs études ». La secrétaire nationale des écologistes, Marine Tondelier, et le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, figuraient dans le défilé parisien. « Il est temps de céder », a lancé ce dernier à l’attention du chef de l’État. De son côté le Parti communiste français a salué « une nouvelle réussite contre un pouvoir méprisant et liberticide ». Le PCF « pleinement mobilisé partout en France avec ses organisations locales, salue la réussite de cette journée ainsi que le travail des organisations syndicales et de jeunesse qui l’ont rendue possible ». Dans un communiqué, samedi, le Parti communiste rappelle que jeudi dernier, « Fabien Roussel, Stéphane Peu et Cécile Cukierman étaient venus à Matignon exiger des réponses sur les salaires et les prix de l’énergie. Le pouvoir a une nouvelle fois refusé de répondre aux immenses attentes que la mobilisation exprime ». Or si les revendications des manifestants sont diverses elles convergent toutes autour du pouvoir d’achat, de la défense des services publics et de la justice fiscale et sociale. Les organisations étudiantes et lycéennes espèrent des annonces concrètes aujourd’hui après une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, tandis que les syndicats de salariés se mobilisent en vue d’une journée nationale de grèves et de manifestations le 5 novembre. De leur côté, les gilets jaunes ont déjà annoncé une nouvelle journée d’action le 31 octobre.

    La Ligue des droits de l’homme (LDH) a, elle, réclamé l’envoi en France d’une mission d’observation sous l’égide des Nations unies, jugeant le maintien de l’ordre de ces dernières semaines « particulièrement chaotique et incohérent ».

    Enquête ouverte

    sur des nervis à Nice

    À Montpellier, Rouen et Nice des membres de l’ultradroite ont voulu affronter des manifestants. À Lyon, un petit groupe d’une douzaine de jeunes hommes encagoulés ou visage caché scandant « la rue la France nous appartient » dans la presqu’île, interdite à tout cortège ou attroupement, a pu déambuler sans entrave. Autre fait : une enquête a été ouverte après des incidents au cours desquels des manifestants ont été agressés à Nice par des individus susceptibles d’appartenir à la mouvance d’ultra-droite, a indiqué dimanche le parquet. « Une enquête en flagrance confiée au SLPJ 06 [Service local de police judiciaire] est ouverte pour identifier et interpeller les membres de cette mouvance impliqués dans les violences aggravées qui se sont déroulées dans le centre-ville », a précisé le procureur de la République de Nice Damien Martinelli dans un communiqué transmis à la presse. Le magistrat a indiqué « vouloir apporter une réponse extrêmement ferme à ces faits de violence commis par ces individus », en précisant que des enquêtes sont en cours à partir des images captées samedi. Sur certaines d’entre elles diffusées par la presse locale, on voit des hommes en noir masqués se ruer sur des manifestants visiblement non-violents.

    Le maire de Montpellier dénonce une « milice d’extrême droite »

    Outre Nice, des agressions de manifestants par des membres d’ultra-droite ont également été recensées à Montpellier. Dénonçant cette « milice d’extrême droite », le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a lui estimé qu’en « République, personne ne peut faire usage de la violence contre autrui. Je condamne ces agissements avec force et demande à ce que la justice enquête et interpelle les auteurs. Il ne peut y avoir la moindre impunité ».

  • La situation dans le Var, les Alpes et en Vaucluse

    La situation dans le Var, les Alpes et en Vaucluse

    Var : À Toulon pas d’accord entre préfecture et Solidaires, la manifestation est interdite

    « À la suite de l’interdiction par arrêté préfectoral des manifestations, cortèges, défilés et rassemblements dans le centre-ville de Toulon, une demande de manifestation a été déposée à la préfecture du Var par l’union syndicale Solidaires. Bien que cette demande soit parvenue hors délai, la préfecture a accepté d’engager une discussion pour un défilé en dehors du centre-ville, en proposant notamment deux parcours », écrit la préfecture du Var. « En dépit de nombreux échanges, aucun accord n’a pu être trouvé. La préfecture rappelle donc que toute manifestation reste interdite ce samedi 24 octobre à Toulon, soit en raison de l’interdiction en vigueur pour le centre-ville, soit en raison de l’absence de manifestation déclarée hors du centre-ville », poursuit le communiqué. Le syndicat a néanmoins déposé un référé-liberté qui sera examiné ce samedi matin dans l’espoir de faire annuler la décision du préfet par le tribunal administratif et de pouvoir manifester au départ de la place de la gare à 14h.

    Vaucluse : Les syndicats maintiennent leur manifestation à Avignon

    En Vaucluse, les syndicats maintiennent un appel pour un rassemblement à 10 heures devant la préfecture de Vaucluse. Une interdiction de manifester en centre-ville et le long des remparts d’Avignon, ce qui comprend au moins une partie de la zone en face de la préfecture, a pourtant été décidée par le préfet, Thierry Suquet. Mais la CGT Vaucluse a déposé un recours en référé-liberté devant le tribunal administratif de Nîmes, estimant que la « liberté de manifester est un droit démocratique essentiel que nous entendons défendre ». FO Enseignement a déposé une déclaration de rassemblement. Dans un communiqué, la préfecture assure cependant qu’« aucune manifestation n’a été déclarée en préfecture dans le délai prévu par la loi, de 3 jours francs avant la date de l’événement » et semble ne pas accepter la demande de rassemblement. « On n’a pas reçu de confirmation d’interdiction donc on sera là », insiste Tanguy Langlet, secrétaire départemental FO Enseignement.

    Alpes-de-Haute Provence : Opération péage gratuit à Manosque, manif interdite à Barcelonnette

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, des manifestations sont prévues à Manosque, Digne-les-Bains, Sisteron et Barcelonnette. À Manosque, le rendez-vous est fixé, comme la semaine dernière, sur le rond-point de l’A51, à 10h. Les manifestants devraient à nouveau mettre en place une opération péage gratuit. À Digne, le rendez-vous est fixé à 10h rond-point du 11 novembre. À Sisteron, un appel à la mobilisation est lancé à 9h30, place de la République. À Barcelonnette, un rassemblement est prévu à 14h place du marché Aimé Gassier mais la préfète l’a interdit : « À ce stade, une seule manifestation a été déclarée sur la commune de Barcelonnette pour laquelle l’organisateur n’est pas en mesure d’assurer un service d’ordre suffisant. En conséquence, la préfète a été amenée à prendre un arrêté d’interdiction de manifester », précise la préfecture.

    Hautes-Alpes : Un référé liberté pour défendre le droit de Manifester à Gap

    Plusieurs points de rassemblements sont prévus dans les Hautes-Alpes. À Gap, un rendez-vous est annoncé à 9h à la place Desmichels. Le lieu se situe hors de la zone de l’hypercentre, visée par une interdiction de manifester suite à un arrêté préfectoral. Les syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires et la CFDT) ont conjointement soutenu un référé liberté déposé par le syndicat des avocats de France. Une audience a eu lieu vendredi après-midi au tribunal administratif de Marseille, mais la décision n’a pas été communiquée en fin de journée, vendredi. Comme la semaine dernière, un autre rendez-vous est fixé au péage de La Saulce à 10h. Un point de covoiturage sera mis en place dès 9h30 depuis la place Desmichels à Gap. À Briançon, les manifestations ont aussi été interdites mais un rassemblement est aussi prévu à 14h au rond-point de Chamandrin.

    ET AUSSI

    Des équipements municipaux fermés à Marseille

    La Ville a décidé la fermeture totale des mairies de secteur des 1-7 et 2-3, du parc Longchamp, du théâtre de l’Odéon, de l’Opéra, du musée d’histoire de Marseille, de Cantini, des Beaux-Arts, d’histoire naturelle, de la Vieille Charité, du museum des déportations, des bibliothèques de l’Alcazar, du Panier, du Merlan, de la Maison des associations, du jardin du Pharo. Le marché aux fleurs du port, des Réformés, des Capucins, du Prado, de la Plaine sont annulés.

    Polémique sur la police municipale marseillaise

    Suite aux déclarations de Rudy Manna, représentant de l’Unsa Police, assurant que les policiers municipaux de Marseille étaient confinés le 17 octobre, alors que les forces de l’ordre étaient dépassées, les syndicats CFDT, CGT et FO des territoriaux dénoncent plus que fermement ces propos, défendant des agents engagés sur le terrain et qui ont même été blessés. La Ville a de son côté annoncé porter plainte déposer une plainte pour diffamation.

    La droite locale veut « des éclaircissements » sur les transports

    Le collectif de droite, Une Génération pour Marseille, a écrit au préfet de région, Jacques Witkowski, ce vendredi pour une « demande d’éclaircissements » quant à l’interdiction, puis l’autorisation de la circulation des transports en commun. « Nous souhaitons comprendre ce revirement », questionnent-ils. « Nous nous interrogeons également sur le “consensus” qui aurait fait défaut. À notre connaissance, ni la RTM, ni la Métropole Aix-Marseille-Provence, ni le Département, ni la Région, ni les commerçants ne se sont opposés à votre décision », développent-ils.

    Et l’association des usagers réagit

    L’Association des Usagers des Transports des Bouches-du-Rhône (AUT13) se félicite du revirement préfectoral sur l’interdiction des transports en commun à Marseille.

    Dans un communiqué, elle précise : « Nous avons appris ce matin que les autorités préfectorales revenaient finalement sur cette décision de limitation ». Avant de s’en féliciter : « Les nombreuses réactions à cette mesure pénalisante et la mobilisation citoyenne ont payé et c’est tant mieux ! ».

  • Après avoir tout verrouillé la veille, le préfet lâche finalement du lest

    Après avoir tout verrouillé la veille, le préfet lâche finalement du lest

    « Lorsqu’une organisation syndicale reconnue, et je crois que la CGT en fait partie, qu’elle a une capacité de déclarer, de discuter en itinéraire, d’amener des éléments d’encadrement, d’accompagnement et de sécuriser l’événement, il n’y a aucune raison de ne pas accepter ce type de manifestation. » Après être revenu sur la suspension des transports à Marseille, ce vendredi 23 octobre, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a autorisé la manifestation organisée par l’intersyndicale CGT-FSU et Solidaires ce samedi, malgré l’interdiction de toute manifestation, déclarée ou non, la veille.

    « Nous avons trouvé en milieu de matinée un itinéraire qui satisfait à la fois la possibilité à tout un chacun de pouvoir venir manifester et nous, de pouvoir sécuriser un itinéraire qui évite le centre commercial tout en restant en ville, pour permettre à chacun de s’y déplacer », a-t-il justifié. Pour lui, « les commerçants doivent pouvoir travailler », et les gens « faire des emplettes (…) en toute quiétude ». La mobilisation « initialement autorisée » à Aix-en-Provence a, elle, été interdite à l’heure où nous écrivons ces lignes, « parce que l’organisateur refusait, conformément aux doctrines nationales, de changer son itinéraire, qui passait par l’hyper-centre-ville commerçant ».

    Les transports publics marseillais en circulation

    Un peu plus tôt dans la matinée, la préfecture avait reculé sur la suspension des transports marseillais pour la journée de samedi, « faute de consensus ». « J’avais souhaité, et non pas décidé de façon autoritaire, de pouvoir réguler les transports publics », explique le préfet, pas pour « mettre la ville sous cloche » assure-t-il, mais « parce que lorsqu’on est en gestion de mouvements importants, en cours de journée, il nous arrive de demander à l’opérateur de transport de couper les lignes ». Et les gens partis au travail le matin « ne peuvent pas rentrer », poursuit-il. L’idée était d’anticiper pour permettre « à chacun de prendre ses dispositions », assure le représentant de l’État. Dans le reste des Bouches-du-Rhône, les transports en commun sont suspendus à la demande des maires précise-t-il, comme sur l’axe Marseille-Aix-en-Provence, ou entre Aix-en-Provence et Salon-de-Provence, entre Marseille et Salon-de-Provence et entre Marseille et Miramas.

    Sur le dispositif de sécurité mis en place, le ministre de l’Intérieur ayant annoncé le déploiement du Raid, du GIGN et même de l’armée, Jacques Witkowski n’a pas souhaité s’exprimer.

  • Dans la rue pour la liberté de manifester

    Dans la rue pour la liberté de manifester

    Les syndicats des Bouches-du-Rhône sont bien déterminés à défendre la liberté de manifester, ce samedi 24 octobre. Et à ne pas laisser le gouvernement dérouler son arsenal judiciairo-policier pour tenter d’éteindre la colère sociale.

    Après les scènes de chaos du samedi 17 octobre, la préfecture des Bouches-du-Rhône avait prévu de mettre Marseille sous cloche, ce samedi, avec une interdiction de toutes les manifestations, un couvre-feu élargi aux majeurs et l’arrêt des transports en commun. Comme une traduction des annonces d’Emmanuel Macron qui entend interdire, ce week-end, les manifestations organisées par « des gens qui n’ont aucune légitimité pour cela ».

    Finalement, les Marseillais pourront bien battre le pavé dans le cortège intersyndical qui va s’élancer des Réformés, en haut de la Canebière, à 14 heures, comme annoncé en exclusivité par La Marseillaise dès ce vendredi matin. La CGT étant montée au créneau auprès de la préfecture. « L’interdiction de manifester est une attaque claire contre les libertés. En tant qu’organisation syndicale, nous ne pouvions pas laisser faire, surtout vu le contexte social actuel. On ne pouvait pas les laisser mettre Marseille sous cloche », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône.

    Si son organisation n’appelait pas, à l’origine, à descendre dans la rue ce samedi, ni le précédent, il assure que la CGT 13 a « pris ses responsabilités » face à cette « restriction des libertés ». « On a indiqué très fermement au préfet que, quoi qu’il arrive, on manifesterait pour permettre l’expression des revendications légitimes », relate le syndicaliste. Avant de développer : « Il y a une paupérisation de la population, il y a une colère sociale. Il faut qu’elle puisse s’exprimer de manière pacifique. Ce samedi va être une manière de canaliser les colères en vue de les faire converger pour le 5 novembre ». Et concernant de potentiels débordements similaires à ceux de la semaine dernière, l’UD CGT 13 est tout aussi ferme : « Nous encadrerons le cortège syndical. Et nous serons avec nos partenaires habituels : la FSU et Solidaires. » Dans le détail, le parcours est le suivant : Des Réformés à Gambetta, puis boulevard d’Athènes jusqu’à Saint-Charles, avant de prendre le boulevard Leclerc, d’arriver à la place Marceau puis d’emprunter l’avenue Camille-Pelletan et de finir Porte d’Aix.

    L’intersyndicale veut « amplifier la mobilisation »

    Il sera également possible de se rendre à la manifestation en transports en commun, le préfet ayant lui aussi fait volte-face sur ce sujet pour la cité phocéenne. « La FSU appelle à manifester demain et sera présente à Marseille », confirme Virginie Akliouat, secrétaire générale de la FSU 13. Organisation qui est partie prenante d’une procédure judiciaire, un référé-liberté (lire article ci-contre) lancé pour contester l’arrêté interdisant les manifestations sur le département. Procédure qui réunit plusieurs autres organisations progressistes : Ligue des droits de l’homme, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature, CGT et Parti communiste français.

    Le PCF, justement, appelle également à faire grossir les rangs des manifestants ce samedi, à Marseille. « Ces limitations de droits individuels et collectifs renvoient aux heures les plus sombres de notre histoire. On ne peut pas accepter d’interdire à des centaines de milliers de personnes dans le pays de revendiquer dans le calme », explique Jérémy Bacchi, secrétaire fédéral du PCF 13 et sénateur des Bouches-du-Rhône. Il enjoint les militants communistes à « réaffirmer l’attachement à la liberté de revendiquer », avant de dénoncer « un gouvernement qui navigue à vue ». « La vraie solution est de répondre à l’inquiétude et la colère sociale », martèle-t-il. Dans cette lignée, LFI, par la voix du député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard, relaie également le rendez-vous marseillais. Quand le NPA juge que « la CGT a su prendre ses responsabilités en annonçant en son nom le maintien de la manifestation ».

    Notons que même « l’Union locale des syndicats CGT du Pays d’Aix appelle à la manifestation à Marseille ». Plus globalement, presque l’ensemble des syndicats des Bouches-du-Rhône (CGT, FSU, FO, CFDT, Unsa et Solidaires) appellent, dans un communiqué commun diffusé ce vendredi, à « amplifier la mobilisation », notamment « en s’engageant massivement dans la grève interprofessionnelle et les manifestations le jeudi 5 novembre  ».

  • [Exclusif] L’intersyndicale des Bouches-du-Rhône appelle à « amplifier la mobilisation »

    [Exclusif] L’intersyndicale des Bouches-du-Rhône appelle à « amplifier la mobilisation »

    L’intersyndicale des Bouches-du-Rhône monte au créneau après l’interdiction de manifester prise par la Préfecture pour ce samedi 24 octobre. «Alors que le préfet des Bouches-du-Rhône annonçait jeudi une restriction sans précédent des libertés individuelles, l’intersyndicale des Bouches-du-Rhône s’est immédiatement mobilisée pour faire annuler l’arrêté prévu », expliquent la CGT, FO, FSU, CFDT, Unsa et Solidaires dans une déclaration adressée à La Marseillaise ce vendredi. Un communiqué commun loin d’être anodin dans la période puisqu’il réunit presque l’ensemble des organisations syndicales représentatives du département. Elles se félicitent surtout « toutes celles et ceux qui le souhaitent pourront se retrouver dès samedi et dans les prochaines semaines pour user de ce droit ».

    Et de tonner : « Nous ne pouvons accepter que le pouvoir décide qui peut manifester et à quelles conditions. Le droit de manifester appartient à toutes et tous, il ne saurait être une faveur accordée aux organisations syndicales ».

    D’où un appel à « amplifier la mobilisation » notamment « en s’engageant massivement dans la grève interprofessionnelle et les manifestations le jeudi 5 novembre ».

  • [Entretien] Caroline Chevé, FSU : « Il faut contraindre ce gouvernement à répondre aux revendications »

    [Entretien] Caroline Chevé, FSU : « Il faut contraindre ce gouvernement à répondre aux revendications »

    La Marseillaise : Vous vous êtes rendue à Matignon dans quelle optique ?

    Caroline Chevé : Le courrier d’invitation portait sur deux points : des questions sur l’organisation des manifestations et des questions sur les revendications de la jeunesse. Sur ces deux sujets, nous sommes venus dire qu’évidemment nous ne voulions pas discuter de ça ! Sur les manifestations, la FSU n’a aucune leçon à recevoir de qui que ce soit. Nous n’avons pas attendu que Macron le demande pour condamner toutes les violences. Mais cela fait des semaines que nous sommes au plus près des jeunes, devant les établissements scolaires. Nous avons donc contribué à faire descendre la tension partout où l’on était. Par ailleurs, chacun ses responsabilités : nous assumons les nôtres, à l’État d’assurer la possibilité de manifester en toute sécurité. Et sur les revendications des jeunes : nous n’étions pas là pour parler à leur place. Nous avions demandé à ce qu’ils soient présents ou qu’ils soient reçus d’urgence dans leur cadre, nous ne comprenons pas pourquoi ils ne l’ont toujours pas été.

    Au niveau revendicatif, que portiez-vous à ce rendez-vous ?

    C.C. : Les revendications des personnels de l’Éducation nationale font directement écho à celles des lycéens. C’est le même principe pour les enseignants dans le supérieur avec les étudiants. Nous avons donc rappelé que plusieurs revendications n’ont toujours pas eu de réponses : la revendication salariale des fonctionnaires qu’on porte depuis bien longtemps, et elle fait le lien avec la problématique générale du pouvoir d’achat qui se pose aujourd’hui. Je ne vais pas faire une liste de courses mais je pense aussi aux enjeux de bâti scolaire, Ce que nous venions donc entendre, ce sont des réponses concrètes du gouvernement qui seraient visibles pour le budget 2027.

    Et quelles réponses avez-vous eues ?

    C.C. : Nous avons eu un discours de la méthode, une ébauche de calendrier. Mais nous n’avons eu aucun engagement qui pourrait figurer dans le budget de 2027. La seule annonce concrète qu’il y a eu, c’est la tenue d’une réunion au ministère de l’éducation nationale avec l’ensemble de la communauté éducative (représentants des personnels, des lycéens, organisations des parents d’élèves et les Régions). À l’occasion de cette réunion, des annonces seraient faites. Mais quand on creuse, ce dont il est question, ce sont des réponses à la plateforme lancée pour récolter les revendications des lycéens. Et les revendications présentes sur cette plateforme sont les mêmes que celles portées dans le mouvement : emploi du temps, accès aux études supérieures, conditions matérielles d’études… Donc il annonce des réponses et des chantiers ouverts sur ces sujets-là. Mais c’est ce que nous aurions dû entendre il y a 3 semaines ! Ils sont complètement en décalage avec le tempo qui s’est accéléré depuis fin septembre. Il y a une colère sociale qui s’exprime en permanence mais on a un gouvernement qui en est encore au point de réunir les organisations syndicales pour dire qu’il va y avoir des réunions dans lesquelles il y aura des annonces. Vu la situation, si le gouvernement reçoit les syndicats à Matignon, on aurait pu espérer autre chose qu’un calendrier.

    Quelle réaction de votre part ?

    C.C. : Notre priorité est de réussir une très grosse journée de grève le 5 novembre. Notre réponse doit être la grève. On appelle à ce qu’elle soit particulièrement massive dans la fonction publique. Il va falloir contraindre ce gouvernement à répondre aux revendications. On ne peut pas se contenter d’un renvoi à un hypothétique débat parlementaire, dont on voit bien ce qu’il est. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et revoir sa copie pour le prochain budget. Il faut monter d’un cran, et pas seulement en mettant plus de gens dans la rue. On a vu samedi dernier que le nombre de manifestants était plus qu’important et dans les mobilisations de la jeunesse il y a aussi eu des cortèges très fournis. Là, l’enjeu est d’arrêter le travail et de construire un rapport de force. Nous sommes pleinement impliqués dans les mobilisations qui ont lieu depuis un mois mais là, nous sommes dans une autre dimension : grève interprofessionnelle, public-privé. Et avec des revendications très unifiantes puisqu’on est sur le pouvoir d’achat notamment. D’ores et déjà, cette journée appellera des réflexions pour les suites.

    Comment analysez-vous cette absence de réponse ?

    C.C. : Le gouvernement a plus qu’un train de retard. Ce qu’il se passe depuis 3 semaines dans le pays, ce n’est que la manifestation très forte de ce dont on leur parle depuis des mois et des années. Il se rappelle soudainement, en situation de crise, qu’il y a des corps intermédiaires. Alors que cela fait 10 ans que la démocratie sociale est piétinée par Emmanuel Macron. On le dénonce depuis la loi sur la représentation syndicale de 2019 mais il y a des dizaines d’exemples : Ce qui est resté de la convention citoyenne du climat, les cahiers de doléances des Gilets jaunes qui sont encore dans les sous-sols des préfectures. Il faut qu’ils entendent la défiance à l’égard de ceux qui exercent le pouvoir, à force d’avoir des gouvernements qui ne répondent pas aux revendications, qui considèrent que la démocratie se limite aux résultats d’élections.