Tag: manifestation

  • [Maj] Les principaux rendez-vous pour le 5 novembre

    [Maj] Les principaux rendez-vous pour le 5 novembre

    Marseille. Rendez-vous à 10h30 aux Réformés.

    Aix-en-Provence. Rendez-vous à 10h30 à la Rotonde.

    Martigues. Rendez-vous à 10h30 place Jean-Jaurès.

    Arles. Rendez-vous au kiosque à musique à 10h.

    Salon-de-Provence. Rendez-vous à 10h30 devant la mairie.

    Toulon. Rendez-vous à 9h30 place d’Armes.

    Brignoles. Rendez-vous à 14h devant la sous-préfecture.

    Draguignan. Rendez-vous à 10h30 devant la sous-préfecture.

    Saint-Raphaël. Rendez-vous au rond-point Kennedy à 10h30.

    Avignon. Rendez-vous à 10h30 sur le cours Jean-Jaurès.

    Digne-les-Bains. Rendez-vous à 11h place du Général-de-Gaulle.

    Manosque. Rendez-vous à 14h rue Rossini devant le cinéma.

    Gap. Rendez-vous à 10h devant le lycée Aristide-Briand.

  • Sur le terrain, les communistes tractent pour inciter à la participation

    Sur le terrain, les communistes tractent pour inciter à la participation

    On se retrouve tous ensemble jeudi pour la grève contre la vie chère ! Ça concerne tout le monde ! » Devant les portes de la station de métro de Sainte-Marguerite Dromel, dans les quartiers sud de Marseille, plusieurs militants communistes donnent de la voix pour la distribution de tracts du jour. « La colère est légitime, la réponse doit être sociale », est imprimé sur les plusieurs centaines de feuilles qui partent en quelques dizaines de minutes. À la criée, Selma, militante du 10e arrondissement, donne le lieu et l’heure de la manifestation marseillaise à venir. « La vie chère, on est tous concernés par le problème. Le mouvement de grève est pour les retraites, pour des conditions de travail dignes et des études dignes », lance-t-elle à tire-larigot. D’un sourire ou d’un signe de tête, les passants prennent volontiers le tract estampillé PCF.

    Dans la plupart des cas, l’échange ne dure que quelques secondes mais certains curieux s’arrêtent et échangent avec les militants. Un jeune qui est au lycée professionnel César Baldaccini lit le tract avec attention après qu’Erwan, militant du 9e arrondissement, lui a confirmé le soutien du PCF au mouvement lycéen. « Fallait bien qu’on se fasse entendre mais c’est pas encore assez », juge le jeune. Avant de développer : « Les horaires, c’est impossible. On n’a pas de vie. » « On veut aussi supprimer la réforme Blanquer et Parcoursup », répond Erwan. Mais le sujet du jour est bien l’invitation à la manifestation de ce jeudi. « Ma mère ne voudra pas que j’y aille mais je vais venir quand même », poursuit le lycéen. « La manif va être sécurisée avec les syndicats », rassure Erwan. L’échange continue quelques minutes, le premier appelant à « arrêter de consommer » quand le militant communiste fait de la pédagogie : « C’est justement l’objet de la grève, arrêter l’économie. » Véronique, la secrétaire de la section du 10e arrondissement, confirme le bon accueil global du jour : « Aujourd’hui, les gens prennent les tracts assez volontiers. On sent un soutien, on sent que ça leur parle. »

    Des milliers

    de tracts distribués

    Même ceux qui refusent les tracts d’un geste de la main restent cordiaux. « Les refus vont rarement jusqu’aux insultes », confirme Florian Le Pape, militant de la section du 10e. Manque de chance, quelques instants après, un retraité refuse avec véhémence et lance « Si j’étais flic… » en mimant des tirs de fusil avec ses mains. Le militant communiste ne désarme pas : « C’est grâce aux communistes que vous avez une retraite ! » Le belliqueux repartira en baissant la tête et en marmonnant dans sa barbe. Pas de quoi enrayer l’ambiance bon enfant de la distribution ni son efficacité : les 500 tracts du soir sont partis comme des petits pains. L’initiative s’inscrit d’ailleurs dans un déploiement plus global de maintes sections communistes cette semaine : la veille, les militants du 8e arrondissement de la ville, ont fait de même du côté du Prado et ont distribué « 1 500 tracts ». Le matin même, c’était ceux du 2e arrondissement qui étaient sur le pont de l’autre côté de la ville.

  • Augmenter les salaires

    Augmenter les salaires

    Remplir le frigo ou le réservoir, une vraie question quand on est obligé de prendre sa voiture pour travailler
    et qui hante les salariés depuis la rentrée. Une question qui s’est pris la semaine dernière de plein fouet l’annonce des « profits exceptionnels » de TotalEnergies – 7 milliards d’euros sur le 3e trimestre, 17 milliards sur les neuf premiers mois de l’année. Le pire est que le géant pétrolier veut faire croire qu’il ne voit même pas où est le problème, persuadé que les miettes qu’il a consenties à la pompe suffiront à faire passer la pilule et à casser son image de profiteurs de guerre. Mais la déglutition est aussi gênée par l’accélération de l’inflation – plus 3,4% sur un an en octobre – l’explosion des prix des fruits et légumes suite à la sécheresse… et pendant ce temps, les salaires qui stagnent.

    L’emploi, pas
    les dividendes

    Aussi la question s’impose-t-elle au centre de la grève et de la manifestation de jeudi avec une intersyndicale qui demande des négociations immédiates et obligatoires dans les entreprises et les branches dans le privé, l’augmentation du point d’indice dans le public, la revalorisation des pensions et l’augmentation substantielle du Smic. Pas question de demander l’aumône cependant. Il s’agit d’exiger une autre politique, la fin de celle de l’offre qui verse quelque 200 milliards d’euros d’aides publiques par an aux entreprises sans contrepartie et nourrit les dividendes plutôt que l’emploi et les salaires.
    La manifestation de jeudi sera l’occasion de marteler, comme l’a encore fait lundi la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, que : « augmenter les salaires c’est relancer l’économie ».

  • Des syndicats de Vaucluse unis face aux « intimidations »

    Des syndicats de Vaucluse unis face aux « intimidations »

    Ce jeudi 5 novembre, l’intersyndicale de Vaucluse sera dans la rue avec une manifestation prévue au départ de la cité administrative d’Avignon à 10h30. Avec un mot d’ordre commun, ils seront là « malgré les intimidations ».

    Ils évoquent tous les interdictions de se rassembler prononcées dans le centre-ville d’Avignon et autour des remparts lors des journées de mobilisation lancées par les lycéens et étudiants et des mouvements contre la vie chère des samedis 24 et 31 octobre. Deux journées pendant lesquelles des dizaines de manifestants ont été verbalisées, voire parfois arrêtés et placés en garde à vue. Aucune interdiction n’a été prononcée concernant ce jeudi. « Un arrêté d’interdiction ne nous fera pas taire. Et la jeunesse est la première à s’y opposer », lance en préambule Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT de Vaucluse.

    Avant que chacun des représentants syndicaux n’abonde dans ce sens. « Alors que les rassemblements du 24 et du 31 octobre étaient pacifiques et festifs, le pouvoir cherche la provocation. Le 5, nous ne nous laisserons pas intimider et nous ferons entendre nos revendications. Ces politiques mortifères ne font que faire monter l’extrême droite, qui cherche à diviser le mouvement social et à récupérer les colères pour se renforcer. Nous refusons les discours de haine et les divisions entre jeunes, retraités, salariés, chômeurs ou immigrés », ajoute Alice Raimundo, secrétaire départementale de la FSU.

    Privé comme public

    « Une interdiction serait malvenue sachant qu’il n’y a jamais eu de problèmes aux manifestations syndicales en centre-ville. Le gouvernement tente de manœuvrer une sortie de crise à moindres frais. Mais la majorité des annonces sont des changements prévus pour 2028, quand le gouvernement sera parti. Ce que la jeunesse a très bien compris », poursuit Etienne Raoul, secrétaire départemental de FO. Tandis que pour Pascale Battaglia, trésorière de l’Unsa, il est « hors de question de laisser passer ces décisions liberticides ».

    Les revendications, elles, ne bougent pas. Eric Bultel, représentant de la CFDT de Vaucluse, illustre l’absence de réponse en sortant un communiqué de son syndicat émis au début du mois d’octobre dernier. « Je peux reprendre ce papier et le signer. Rien n’a bougé. On veut simplement vivre de notre travail », explique-t-il. Dans le public, la revalorisation du point d’indice est ainsi demandée. « Pour les agents publics, au 1er juin 2026, on a eu 862 000 agents publics bénéficiaires de l’indemnité différentielle. Donc les bénéficiaires de l’indemnité différentielle, c’est que leur salaire est inférieur au Smic. Donc ça, c’est quand même une donnée importante à prendre. Sachant qu’au 1er janvier 2026, ils n’étaient que 356 000. Donc là, on commence à se rapprocher assez fort du million. C’est assez inquiétant », pointe Etienne Raoul. Alors que les débats autour du budget 2027 sont en cours à l’Assemblée nationale, Alice Raimundo exige des moyens « permettant d’assurer la rénovation du bâti scolaire », mais aussi « des créations [de postes d’enseignant] en nombre suffisant pour diminuer le nombre d’élèves par classe, d’étudiants et d’étudiantes par groupe de TD et assurer la présence d’équipes pluridisciplinaires au complet ». Dans le privé, la fin de l’année civile rime aussi avec le début des négociations annuelles obligatoires. « C’est le moment que le patronat donne un signe fort. Il y a des choix politiques, il y a des choix patronaux qui sont aussi des choix politiques. Et répondre aux demandes d’augmentation de salaire par le biais des NAO, c’est pas donner 15 centimes d’euros d’augmentation », pointe Laurence de Villèle.

  • [Mobilisation] Les salaires au centre de l’appel du 5 novembre

    [Mobilisation] Les salaires au centre de l’appel du 5 novembre

    Manger ou faire le plein ? » À l’approche du 5 novembre, la question placardée par la CGT mines-énergie de l’Hérault donne le ton. Après la grève des services publics le 29 septembre et les mobilisations lycéennes qui ont secoué le pays en octobre, les syndicats appellent à élargir la contestation. Dans le Gard comme dans l’Hérault, salariés du public et du privé, jeunes et retraités sont invités à battre ensemble le pavé pour les salaires, les services publics et les libertés.

    « Quand on travaille, on ne devrait pas avoir à choisir entre se nourrir, se loger, se chauffer ou se soigner », dénonce Sylvie Da Costa, de la CFDT du Gard. Elle réclame notamment 100 euros nets de plus pour le Smic, des négociations salariales dans toutes les branches et une revalorisation des agents publics. À l’hôpital, à l’école ou dans les collectivités, « le dévouement ne paie pas les factures », insiste-t-elle, tandis que les effectifs manquent et que les conditions de travail se dégradent.

    Même constat dans l’énergie. Selon la CGT mines-énergie de l’Hérault, le salaire national de base n’a progressé que de 7,7% en dix ans, contre 20,8% d’inflation cumulée. « Jamais la précarité n’a été aussi forte, même dans nos entreprises », s’indigne le syndicat, qui dénonce le refus des directions d’accorder un rattrapage salarial. « Des agents sautent des repas, ne peuvent plus faire leur plein, se saignent pour payer les études de leurs enfants », alerte la CGT, qui appelle à la grève.

    Pour Pascale Thoirey, de la FSU Gard, l’enjeu dépasse le seul pouvoir d’achat. « C’est juste des êtres humains qui voudraient pouvoir vivre comme des êtres humains de leur travail », résume-t-elle. Elle dénonce le gel du point d’indice et réclame une révision des grilles salariales. Dans l’Éducation nationale, elle décrit des accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH) soumises à la précarité : « Certaines ont 18 ans d’ancienneté et arrivent péniblement à 1 000 euros par mois. »

    La jeunesse, moteur

    de la contestation

    La colère sociale rejoint celle des lycéens, mobilisés depuis plusieurs semaines contre le manque de moyens et la sélection dans les études supérieures. Dans l’Hérault, FO réclame « l’abrogation immédiate de Parcoursup », des recrutements massifs d’enseignants et des moyens supplémentaires pour la médecine scolaire. « Les lycéens d’aujourd’hui sont les salariés de demain », souligne l’organisation.

    Les annonces gouvernementales du 26 octobre n’ont pas convaincu. Plafonnement progressif de certaines classes de seconde à 28 élèves, annulation annoncée de 836 suppressions de postes dans le secondaire, pistes d’aménagement de Parcoursup : pour FO, le gouvernement « manœuvre et lâche des miettes ». Pascale Thoirey est plus cinglante : « Ce ne sont pas des avancées. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. » Elle reproche à l’exécutif de reporter une partie des mesures après 2027, alors que les besoins sont immédiats : moins d’élèves par classe, des enseignants formés et remplacés, un véritable statut pour les AESH. La bataille se joue également autour du budget 2027. L’intersyndicale héraultaise exige des hausses de salaires et de pensions, la défense de la Sécurité sociale et une politique industrielle tournée vers l’emploi et la transition écologique.

    À l’approche du rendez-vous, P. Thoirey espère voir « des gens qui n’ont pas l’habitude de venir manifester ». « Les services publics concernent tout le monde », rappelle-t-elle. « Tous les gens qui seront dans la rue le 5 le font dans l’intérêt collectif pour que les générations suivantes puissent vivre mieux que nous. » Quant à la suite, rien n’est écrit : « Le mouvement social ne se décrète pas. » Le 5 novembre devra dire si cette convergence peut prendre de l’ampleur.

    Dans le Gard : à Alès à 10h devant la sous-préfecture et à Nîmes à 14h, en bas de l’avenue Jean-Jaurès. Dans l’Hérault : à Montpellier (14h, place Albert-Ier), Béziers (10h30, Bourse du travail), Lunel (11h30, place de la République), et Sète (10h30, place de la Mairie).

  • Le HeroFestival revient pour une 12e saison à Marseille

    Le HeroFestival revient pour une 12e saison à Marseille

    Le programme s’annonce chargé ces samedi 7 et dimanche 8 novembre. De 9h30 à 18h30, les visiteurs pourront plonger dans les univers du cinéma, des mangas, des jeux vidéo et des séries, en compagnie de plus de 100 artistes locaux, nationaux et internationaux.

    Parmi les invités figurent notamment Holly Marie Combs, interprète de Piper Halliwell dans la série culte Charmed, ainsi que Laurence Bréhéret, voix française notamment de Mrs. Bucket dans Charlie et la Chocolaterie et de Cersei Lannister dans Game of Thrones. Les talents locaux ne seront pas en reste, à l’image de Jérôme Alquié, auteur et dessinateur de bande dessinée.

    Sur près de 30 000 m², le festival promet une immersion sensorielle complète : outre les cerisiers en fleurs, les ateliers jeux et les animations, des aliments du « foodcourt » de l’univers de Broadway se glisseront dans l’assiette des visiteurs. « Le voyage se fait aussi dans les papilles », sourit Annabelle Fouques-Lefèvre, coorganisatrice du festival.

    Elle se félicite de « l’ambiance hyper familiale » de l’événement. La diversité du public constitue en effet l’une des marques de fabrique du HeroFestival. Jeunes, familles et seniors s’y retrouvent pour partager leurs passions, notamment le cosplay et les univers de l’imaginaire. « Même les enfants ont de petits costumes », souligne Elise, jeune habituée du festival. Celle qui fréquente la manifestation depuis le collège apprécie notamment « l’effet famille » où « personne ne se juge ».

    Une « bienveillance » que les organisateurs revendiquent. Année après année, le HeroFestival s’impose comme une « safe place » pour les cosplayers, toujours plus nombreux à fréquenter l’événement. Cassandra, cheffe de projet du festival, espère accueillir cette année « au moins 43 000 visiteurs ».

    Un événement professionnalisant

    Qui a dit que cosplay et insertion professionnelle ne faisaient pas bon ménage ? Pour la cinquième année consécutive, la mission locale de Marseille tiendra un stand au sein du festival afin de présenter aux jeunes visiteurs différentes opportunités d’emploi et de formation. « Cette jeunesse est stigmatisée. Parfois, elle n’a pas de visibilité sur son avenir », affirme Eddy, membre de la mission locale de Marseille.

    L’objectif est d’offrir à cette jeunesse une perspective nouvelle, révélant parfois un lien entre ce qu’ils aiment et les attentes professionnelles. « Un jeune qui anime un live, c’est de l’aisance à l’oral et de la technique. Ces passions sont déjà de la compétence », souligne Josette Furace, présidente de la mission locale.

  • Des dizaines de milliers de manifestants à Marseille pour un avenir digne

    Des dizaines de milliers de manifestants à Marseille pour un avenir digne

    Ce samedi après-midi, l’interdiction de manifester dans le centre-ville de Marseille et l’important dispositif policier déployé, « robuste et agile » selon les mots du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, n’ont pas dissuadé des dizaines de milliers de personnes de se rassembler aux Réformés. Pour ce troisième samedi d’affilée, pour cet acte III de la mobilisation déclenchée par le mouvement lycéen, ils étaient 10 000 dans la rue, selon les chiffres de la préfecture de police déléguée, qui en comptait 17 000 le week-end précédent. Si aucune manifestation n’a été déclarée, à l’inverse du samedi précédent, c’est un cortège joyeux et pacifique qui s’est élancé vers le palais Longchamp.

    En amont de la participation, les militants communistes s’étaient rassemblés au pied des escaliers de la gare Saint-Charles, en dehors du périmètre d’interdiction de manifester. « Il y a une vraie colère dans le pays, qui est légitime, alerte Ariane Lombardi, membre du conseil national du PCF. Nous sommes là pour que le 5 novembre soit une réussite, nous sommes aux côtés des travailleurs pour faire entendre la voix du monde du travail, de la jeunesse. »,

    Revendications costumées

    Plus loin dans le cortège, ils étaient nombreux à être venus déguisés en ce jour d’Halloween. Ajoutant par leurs costumes de nouvelles façon d’interpeller le gouvernement. « Le capitalisme a mangé ma grand-mère », dénonce ce petit chaperon rouge. « Cruella ? Un ange en comparaison », affiche la protagonistes des 101 dalmatiens, son porte-cigarette au bord des lèvres.

    Au milieu de la manifestation essentiellement composée de lycéens, étudiants et jeunes travailleurs, Béatrice est venue sur un cheval de plastique. « J’ai lâché 120 euros dans le plein d’essence, je n’ai plus le choix maintenant », sourit l’institutrice, alarmée par la hausse des prix. « Avant, avec cette somme, on mangeait pour deux semaines. Maintenant, c’est une semaine. » Plus loin, les Dalton sont venus au complet, portant un avis de recherche pour un Macron dépeint en Lucky Luke. « Nous soutenons la grève du 5 novembre, nous allons la rejoindre, on espère qu’il y aura du monde », glisse Léon, électricien « en colère » venu en famille.

    S’il n’y avait pas d’appel officiel de leurs organisations, de nombreux syndicalistes se mêlent aussi à la foule. « Le gouvernement veut museler un mouvement social inédit, la jeunesse et les travailleurs demandent seulement un avenir digne », pointe Johnny Benoît, des territoriaux CGT de Marignane. Et d’annoncer : « Le 5 novembre, je serai en grève, nous nous mobilisons. »

    Cinq jours après les premières concessions du gouvernement, les lycéens restent aussi massivement présents. « Leurs annonces, ce n’est pas très sérieux », balaie Alissa, élève en première au lycée Saint-Charles. « Leurs mesures, c’est pour 2028, ils ne seront même plus au pouvoir, complète Djanette. Ils ont trouvé de nouveaux professeurs, mais ils étaient où ces dernières années ? » Alors, les amies regardent vers la date du 5 novembre appelée par l’intersyndicale : « Nous serons mieux protégées avec les syndicats et ça ramène plus de monde », estiment-elles. « La grève a un impact au niveau du travail, appuie à leurs côtés Manon. Être seulement dans les rues, le gouvernement n’en aura pas grand chose à faire. »

    Fin de journée tendue

    Dans les rues justement, le cortège oblique face aux nombreux barrages policiers qui orientent le parcours loin du centre-ville. Un long face-à-face immobilise la manifestation, boulevard Sakakini. Puis de nouveau aux alentours de 16h sur le boulevard Chave. Cette fois, la tête de cortège approche la ligne des CRS. De premiers jets de projectiles fusent, les forces de l’ordre répliquent. Si une partie du cortège se disperse au niveau de la gare de la Blancarde, d’autres veulent continuer. De nouveau sur le boulevard Sakakini, la police charge. Dans leur intervention, une personne attablée à un café est violemment matraquée, ne peut plus se lever et doit être pris en charge par les marins-pompiers. La préfecture de police confirme la prise en charge d’une personne « présentant des blessures légères ». Les manifestants, eux, se regroupent sur la Plaine, où un grand feu est allumé. Avant que ne tombent, plus tard dans la soirée, les grenades lacrymogènes. Ce dimanche matin, la préfecture de police annonce 19 policiers blessés légèrement, face notamment à « des groupes hostiles très mobiles », et 18 interpellations. Parmi elles, cinq personnes qui tentaient de cambrioler les réserves de Foot Locker. Une intrusion, dans l’école maternelle Saint-Savournin, a également été rapidement interrompue, sans dégâts majeurs.

    « Ni notre ville, ni les revendications légitimes et pacifiquement exprimées par les manifestants ne doivent être les victimes de ceux qui ne veulent que le chaos et la violence », dénonçait le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. Qui insiste : « Ces revendications doivent trouver des réponses politiques. »

    « Ces revendications doivent trouver des réponses politiques »

  • À Avignon, des manifestants parqués mais déterminés

    À Avignon, des manifestants parqués mais déterminés

    Comme une semaine plus tôt, le préfet avait interdit, ce samedi, toute manifestation dans le centre-ville et le long des remparts d’Avignon. Un scénario similaire s’est déroulé avec un rassemblement statique toléré entre 10 heures et midi, qui s’est ensuite dispersé dans le plus grand des calmes. Et ce même si les 180 forces de sécurité n’ont pas hésité à fouiller des sacs, confisquer des pancartes et dresser 43 verbalisations tout au long de la journée.

    Une manifestation avait pourtant été déclarée par Solidaires, mercredi, et le tribunal administratif a rejeté le recours en référé visant à la maintenir. « Il n’y a même pas eu d’audience, le juge a statué sans recevoir qui que ce soit, on a affaire à une justice bourgeoise aux ordres de la macronie dont leur seul but est de tuer dans l’œuf la résurgence des Gilets jaunes et la mobilisation lycéenne », dénonce Thierry Juny, co-délégué de Solidaires 84. Dans la bonne humeur, les quelques 300 à 400 manifestants ont chanté et improvisé une chenille, seule manière de défiler. Une présence un peu en-deçà de samedi dernier, « beaucoup se réservent pour ce jeudi », glisse un habitué. La CGT a déposé un parcours entre le cours Jean-Jaurès et le palais des papes et espère pouvoir l’honorer.

    « Créer un rapport de force par la grève »

    La vingtaine, Solène et Lola sont des habituées des mobilisations depuis un mois, surtout à Marseille, où elles devraient être aussi jeudi. « On est venu à Avignon justement parce que c’est interdit et montrer qu’on n’accepte pas de subir cette loi du silence imposée », expose Solène, qui brandit une pancarte aux couleurs d’une enseigne de grande distribution, « Super fâchée, tous unis contre la vie chère ». Roger, 74 ans, ancien charpentier, jamais encarté ni syndiqué, mais « bien ancré à gauche » est là « à chaque fois, pour les jeunes générations ». Rétablissement de l’ISF ou taxe Zucman lui semblent de premières mesures immédiates à instaurer.

    Dans le rassemblement, quelques épars drapeaux syndicaux de la FSU, CGT ou FO. « On est parqués, mais plus déterminés que jamais, ce ne sont pas ces intimidations du gouvernement qui nous feront reculer », assène Tanguy Langlet, secrétaire de FO éducation. « Toutes les revendications sont légitimes, autour de la vie chère, pour la jeunesse, les salaires », plaide-t-il. Jérôme, ergothérapeute et militant CGT à l’hôpital de Montfavet, apprécie « la diversité intergénérationnelle » du rassemblement et veut agréger tout le monde jeudi : « Depuis dix ans, on ne peut pas dire que tous nos besoins fondamentaux autour de la santé, l’éducation ou la justice aient été comblés » « Toutes les luttes, même hors syndicales, sont respectables, mais à un moment, elles doivent converger pour créer un véritable rapport de force qui passe par la grève, développe Thierry Juny. Si tu bloques pas l’économie et que tu tapes pas au portefeuille des patrons, il n’y a rien qui bouge. » « Allez, à jeudi », entend-on dans la foule au moment de se disperser. « Et oui, ça approche »…

  • À Forcalquier, le mouvement mise sur l’intersyndicale

    À Forcalquier, le mouvement mise sur l’intersyndicale

    Mobilisés sur le rond-point d’Intermarché samedi, de nombreux manifestants se réjouissaient de l’appel à la mobilisation intersyndicale du 5 novembre, espérant qu’il donne davantage de puissance à leur mouvement, plutôt affaibli dans les Alpes-de-Haute-Provence, où environ 80 personnes ont manifesté à Forcalquier et une petite centaine à Digne.

    Lucie, 16 ans, présente à toutes les manifestations lycéennes, était à Forcalquier. « C’est super important d’être là pour le 5 novembre. Cela va être une énorme grève. Avec mes potes, on est toujours prêts, on se met au courant de toutes les manifestations. On voudrait que le mouvement continue et ne s’essouffle pas », explique celle qui est scolarisée au lycée Esclangon, à Manosque.

    Une centaine à Digne

    L’adolescente se réjouit de la présence des syndicats : « Ils ont de l’expérience, ils savent les risques, ce qu’il faut faire si on se retrouve en garde à vue. On se sent protégés quand ils sont là ». « L’intersyndicale, c’est hyper important. Cela nous donnera plus de puissance, c’est évident », abonde Cécile Ahmed Abdi, enseignante à Sainte-Tulle et militante féministe engagée dans diverses associations. Elle sera mobilisée jeudi. « Jeudi, le monde du travail vient s’intégrer dans le mouvement », se réjouit Dylan, militant LFI.

    Lou Terrasson, 27 ans, intermittente du spectacle habitant Forcalquier, manifestait « pour la culture et contre les coupes budgétaires ». « Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres et je suis dans la catégorie des moins riches », regrette celle qui est particulièrement impactée par la hausse des prix du carburant, travaillant pour une compagnie de théâtre marseillaise, Peanuts. « Tout le monde est d’accord pour faire grève à la compagnie. » « Dès le 5, on ne consomme pas ! », lance Nelly, Gilet jaune de Forcalquier.

  • À Gap, les manifestants ne lâchent rien

    À Gap, les manifestants ne lâchent rien

    « Bienvenue, venez fêter les horreurs de ces neuf ans de macronisme ! Islamophobie, racisme,49.3, féminicides… et j’en passe », s’exclame un manifestant au micro, pour lancer la mobilisation gapençaise. Plus de 500 personnes ont défilé dans les rues du centre-ville, pancartes à la main. Une petite partie d’entre elles ont suivi le « dress code » et ont sorti les masques et costumes d’Halloween. « Pour jeudi, il faut convaincre encore plus de monde, poursuit le manifestant. C’est la grande grève, motivez-vous ! Jeudi, on paralyse le pays ! »

    Isa, qui travaille dans la restauration des milieux aquatiques, était déjà en grève lors de la mobilisation pour la fonction publique, en septembre, et le sera sans hésiter à nouveau le 5 novembre. « Je suis en raccord avec les valeurs de l’intersyndicale, et se mettre en grève, c’est aussi faire bouger les choses en interne », explique celle qui travaille dans une structure qui dépend du ministère de l’Écologie.

    « Jeudi, ce sera vraiment la convergence des luttes : qu’importe l’origine sociale ou le mouvent social, on est là pour les mêmes choses », affirme Guilhem, étudiant, qui se mobilisera également jeudi. « Il faut continuer, manifester, ça porte ses fruits. Tant que l’on aura pas ce qu’on voudra, il n’y a pas de raison que ça s’arrête », estime Rodolphe, venue avec sa fille Julie, lycéenne. Eux aussi seront dans la rue jeudi.