Tag: Service public

  • Hommage à Didier Brissot,« militant infatigable » à Martigues

    Hommage à Didier Brissot,« militant infatigable » à Martigues

    Il était un « militant infatigable », « discret, fraternel et chaleureux », affirme Laetitia Sabatier, secrétaire générale de la section PCF de Martigues. Ce jeudi avaient lieu les obsèques de Didier Brissot. L’agent du service Espace enfance et famille de la Ville s’est éteint vendredi 21 août à l’âge de 59 ans.

    Longtemps compagnon de route, Didier Brissot avait fait le choix de rejoindre le Parti communiste français en 2020. Élu à la direction de section en 2023, puis comme trésorier et membre du conseil départemental à l’occasion du 40e congrès en début d’année, il aura été, durant toutes ces années, un artisan précieux qui « laisse un vide immense ».

    Le service public

    chevillé au corps

    « C’était vraiment quelqu’un d’humain, sensible, gentil, travailleur comme j’ai jamais connu, souligne Laetitia Sabatier. Il habitait à côté de la section donc il était tout le temps là. Il était la définition du militantisme. » Chaque dimanche, au marché, Didier Brissot diffusait L’Humanité Dimanche et La Marseillaise. Notre journal, auquel il était particulièrement attaché, lui rend hommage et était représenté par le président de son conseil de surveillance Marc Poggiale lors de la cérémonie. Mais Didier Brissot portait aussi le service public chevillé au corps, affirme sa responsable Virginie Piazzolla. « Il portait les valeurs de solidarité, de fraternité, d’égalité et de justice, cette certitude que l’humain et le collectif doivent toujours primer. (…) Derrière sa discrétion se cachait un homme de convictions et de cœur. » Un homme qui ne sera pas oublié, en témoignent les centaines de personnes venues lui rendre un dernier hommage à l’église de Saint-Genest, à Jonquières.

  • [Sénatoriales] LFI joue la carte de la rupture dans le Gard

    [Sénatoriales] LFI joue la carte de la rupture dans le Gard

    Faute de Jardins de la Fontaine, refusés pour l’occasion, c’est dans la pénombre du Café Olive que LFI a lancé le 25 août sa campagne sénatoriale. Mais dans les mots, aucun clair-obscur. « Avec le PS, plus rien n’est possible », tranche Charles Ménard, coordinateur départemental du mouvement. Après la Nupes et le Nouveau Front populaire, les insoumis assurent avoir encore « tendu la main ». Sans succès. Le PCF a choisi la liste conduite par le socialiste Denis Bouad. Charles Ménard fustige ainsi une « vieille gauche institutionnelle » soucieuse, selon lui, avant tout de « se maintenir ».

    La liste insoumise sera donc menée par Jean-Baptiste Thibaud, adjoint au maire du Vigan, ancien chercheur au CNRS et ingénieur agronome. À ses côtés : Marie-Pierre Vaselli, Xavier Segura, Audrey Bonnet et Christophe Clément. « Je n’ai pas une ambition politique dévorante », assure la tête de liste, mais la volonté de porter « un vrai projet politique de gauche », avec l’écologie comme « axe central ».

    Une campagne

    qui dépasse le Sénat

    Au programme : davantage de moyens pour les communes, les services publics, le Sdis et l’ONF, lutte contre les déserts médicaux, gestion publique de l’eau ou encore abrogation de la retraite à 64 ans. LFI veut aussi revoir le ZAN pour ne pas pénaliser les petites communes.

    Mais le fond programmatique est vite rattrapé par la bataille interne à la gauche. Jean-Baptiste Thibaud accuse le PS de « sauver les gouvernements successifs » et de voter des mesures « antisociales ». Marie-Pierre Vaselli va plus loin : « Ils ne sont plus à gauche, et même à droite, voire un peu plus à droite que ça. »

    Dans un scrutin où LFI reconnaît elle-même partir avec peu de grands électeurs, la candidature semble donc aussi servir un autre objectif : affirmer sa place dans le paysage politique gardois. Mais à force de concentrer les coups sur le PS et ses anciens partenaires, une question affleure déjà au-delà des sénatoriales : à l’approche de la présidentielle de 2027, la gauche peut-elle se permettre de se tromper d’ennemi ? Alors que l’extrême droite continue de progresser dans le Gard comme ailleurs, la stratégie de la rupture permanente pourrait finir par peser bien plus lourd que le seul résultat du 27 septembre.

  • Le BAO de Bonneveine privé de tournée du facteur

    Le BAO de Bonneveine privé de tournée du facteur

    Livré en décembre dernier après des années de retard suite à la déconfiture du promoteur Michel Ohayon (FIB), l’ensemble immobilier au 134, avenue de Hambourg, 8e, est confronté à une difficulté inattendue. La Poste refuse de livrer le courrier. Un comble pour l’ancienne tour de France Télécom de 1977 recyclée en logements de standing.

    « Je n’ai jamais reçu mon courrier depuis que j’ai emménagé en février. Il faut courir tantôt à Floralia, tantôt au Carré Pro ou à la poste Bonneveine. Ils ne veulent pas nous livrer. On n’a jamais pu rencontrer de responsable de la Poste » déplore Golnaz Montagné de l’association du BAO. « On a raté des courriers importants, comme des amendes par exemple. Je passe une fois toutes les deux semaines voir si j’ai du courrier. Entre voisins, on se fait des procurations pour éviter des déplacements inutiles, mais ce n’est pas normal, c’est complètement ubuesque, c’est un service public que nous payons pourtant. » La maire de secteur, Olivia Fortin, n’a pas manqué d’interpeller la Poste.

    La Poste nous répond que « la distribution du courrier dans une résidence neuve ne peut débuter qu’après validation du raccordement postal, une démarche qui relève de la responsabilité du promoteur conformément à la réglementation. Concernant la résidence Le Bao, la demande de raccordement a été refusée en février 2026 car l’installation des boîtes aux lettres ne respectait pas les règles d’accessibilité en vigueur ». La société anonyme dit être en quête d’une « solution dans les meilleurs délais ». D’ici là, elle invite les habitants à courir au Carré Pro, 85 avenue d’Haïfa.

    Ses conditions générales précisent que la distribution du courrier s’effectue « en boîte aux lettres située à l’entrée de la propriété, en bordure de la voie ouverte à la circulation publique ». Le facteur n’aurait donc pas de parcours terrestre à effectuer en terrain privé. Le trajet de 30 mètres pour atteindre la batterie de boîtes aux lettres serait une contrainte inacceptable pour les syndicats.

    À l’origine, Michel Ohayon avait imaginé la présence d’un concierge. Une piste de reconversion pour l’empereur déchu ?

  • [C’est l’été] À Aix, l’IGN mesure l’évolution de notre territoire

    [C’est l’été] À Aix, l’IGN mesure l’évolution de notre territoire

    Sébastien Delhaye gare un pick-up sur le bas-côté, traverse la départementale, fait quelques mètres dans l’espace boisé. C’est ici, dans un amas d’arbres, que ce référent technique et vérificateur écologue va « relever un point », choisi à partir de coordonnées tirées au sort. Il plante le piquet central de la placette, qu’il faut imaginer circulaire, sur lequel est accrochée une boussole. Muni d’un Vertex, qui mesure angles et distances, il analyse taille et circonférence des arbres. Entre autres éléments qui seront ensuite rentrés dans une application pour alimenter une base de données. Elle-même, servira à mettre à jour l’inventaire forestier national. Une opération minutieuse, qui va participer à mesurer l’évolution de nos forêts, dont les étapes sont inscrites dans un protocole de « 350 pages (…) on fait régulièrement des réunions avec les homologues de la France entière pour voir comment harmoniser ces mesures ». Sébastien Delhaye fait partie des 1 500 agents qui travaillent au sein de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), cet établissement public qui permet la cartographie du territoire, l’évolution des villes et des forêts… En plus de sa direction parisienne, l’IGN dispose de cinq directions territoriales, dont l’une est implantée à Aix-en-Provence. Entre les quatre murs d’un établissement discret dans l’Europarc de Pichaury, aux Milles, trois productions principales sont accomplies par les agents de cet établissement public. « L’inventaire forestier national qui est l’activité la plus récente à l’IGN. Elle consiste à faire une carte d’identité de l’ensemble de la forêt, qu’elle soit privée ou publique. L’objectif est d’avoir une carte d’identité de la forêt en général (…) la mise à jour du registre parcellaire graphique, entièrement du travail de bureau (…) et la mise à jour de la base de données et des cartes. L’IGN décrit l’ensemble d territoire à partir de bases de données. À partir de ces bases de données on fabrique des cartes mais c’est avant tout des bases de données que l’on constitue », déroule Lionel Gaudiot, directeur territorial adjoint. En plus des directions territoriales – qui ne participent pas seulement à la production de cartes mais aussi aux politiques publiques du territoire, notamment en réalisant des référentiels géographiques et en participant, par exemple, à la prévention des risques – l’IGN possède d’autres implantations, dont celle de Toulouse, dédiée à l’imagerie spatiale et plusieurs avions abrités à Beauvais. Dans ces machines, des prises de vues et de LiDar sont régulièrement embarquées pour produire une cartographie photographique du territoire tous les trois ans. À la direction territoriale d’Aix, des dizaines d’agents s’attellent à la cartographie de la région Paca et de la Corse. Des agents, comme Sébastien Delhaye, sont sur le terrain « toute l’année. C’est un métier qui demande énormément de connaissances et de la rigueur sur l’application du protocole », précise ce dernier. D’autres, scrutent le territoire, en photo, depuis leur ordinateur quand une troisième partie des agents mixent terrain et bureau, comme François Carcenac, chef de division mise à jour. En voiture, carte numérique et papier à bord, direction la gare de Vitrolles, ou des travaux sont en cours, notamment pour la mise en place du téléphérique. Puis vers le récent parking relais Cap Horizon. « On fait beaucoup de veille documentaire, pour savoir quelles sont les modifications importantes, type rond-point, rocade, qui vont avoir lieu pour être réactif une fois qu’elles sont en service. On les fait sur internet, avec des correspondants… On a des contacts avec la Semepa, par exemple, pour Aix. Et quand nous n’avons pas le choix, on va sur le terrain vérifier l’information. Tous les trois ans on a une image aérienne donc on peut mettre à jour pas mal de choses en visuel. On est entre 5 et 6 semaines de terrain par an, les besoins ont évolué », explique François Carcenac. Les données non mises à jour sont ensuite rentrées dans un espace collaboratif, qui permet de signaler une quelconque évolution sur le terrain, avant d’être traitées une fois revenu aux Milles. Une fois rentré au bureau du premier étage, ou cartes et plannings s’étalent, le chef de division utilise un logiciel système d’information géographique, qui permet d’alimenter une base de données. Et entre toutes ces missions, « globalement, on a de l’information géographique qui est souveraine, créée par un établissement public ou l’on maîtrise », résume Lionel Gaudiot.

  • Refuser l’impuissance

    Refuser l’impuissance

    La loi transpartisane pour modifier la politique forestière afin de répondre aux enjeux d’adaptation des forêts au changement climatique, déposée le 23 juillet dernier, permettra un débat fondamental au Parlement. La nécessité de protéger les forêts qui atténuent le changement climatique, régulent le cycle de l’eau, préviennent l’érosion des sols ou fournissent une ressource renouvelable est désormais vraiment sur la table. Une prise de conscience qui s’est faite au prix de morts chez les soldats du feu et de larmes et de traumatisme dans la population.

    Le Parti communiste porte lui la proposition d’un grand service public forestier, s’adressant tant à la forêt publique qu’à la forêt privée. Service public : le terme clé est lâché. Un service public déprécié et ringardisé par les tenants d’une vision libérale du monde. Le capitalisme a exploité et épuisé la planète, mais pas seulement.

    Le roi est nu

    Sa logique individuelle, ses recherches de profit toujours plus importantes et toujours à plus court terme, ses clés de lecture uniquement comptable ont sapé toutes possibilités d’agir collectivement et interdit toute possibilité de planifier et de mener une stratégie globale. Les investissements ont été considérés comme des charges, les fonctionnaires attaqués, les agences publiques montrées du doigt… Mais les incendies l’ont montré : le roi est nu. La France n’est ni préparée, ni apte à affronter les défis du bouleversement climatique. Rien n’est joué cependant et la bataille doit être menée. Les débats pour cette loi transpartisane devront permettre de dire clairement les choses et de regagner du terrain. La présidentielle suivra durant laquelle il faudra regarder la situation en face et refuser l’impuissance.

  • Une réorganisation à La Poste de Vedène décriée par Sud PTT

    Une réorganisation à La Poste de Vedène décriée par Sud PTT

    Depuis trois semaines, La Poste a mis en place une nouvelle organisation au sein de son centre courrier de Vedène. Dans un communiqué diffusé ce mardi 28 juillet, Sud PTT dénonce une décision « qui casse le service public postal ».

    Le syndicat explique que l’entité, « pour faire des économies », a décidé que les facteurs doivent désormais « assurer à eux seuls la distribution du courrier, des lettres recommandées, des colis, des imprimés publicitaires, des repas à domicile ». Et ce « sans moyens supplémentaires et avec de moins en moins de collègues ».

    Mairie mobilisée

    Sud PTT liste comme conséquences, entre autres, une « suppression de 12 tournées de distribution, la disparition des tournées dédiées aux colis, la fin de la distribution du centre-ville du Pontet à vélo, des tournées fortement augmentées et devenues irréalisables dans les temps impartis, un manque de personnel pour assurer les remplacements » ou encore « des agents mis sous pression permanente et de nombreux collègues arrivés à bout ».

    Une situation qui est arrivée aux oreilles de la mairie d’Entraigues-sur-la-Sorgue, dont la distribution du courrier dépend de ce centre. La commune indique sur sa page Facebook avoir demandé des explications à La Poste, la réorganisation ayant affecté le quotidien de ses habitants. La Poste aurait indiqué que « ces perturbations étaient notamment liées à des difficultés de recrutement et à un important renouvellement des personnels ».

    Contactée par La Marseillaise, La Poste « ne souhaite pas commenter des prises de position syndicales relayées dans les médias » et indique que des échanges réguliers sont en cours avec les représentants du personnel.

  • L’UD CGT Var milite pour la création d’une flottille de bombardiers d’eau à Pierrefeu ou Hyères

    L’UD CGT Var milite pour la création d’une flottille de bombardiers d’eau à Pierrefeu ou Hyères

    Avec plus de 116 000 hectares brûlés depuis le début de l’année, 2026 détient déjà le triste record de l’année la plus destructrice jamais enregistrée en France en matière de feux de forêts. Une situation vouée à empirer, eu égard au changement climatique, et qui exige, au-delà de politiques responsables et coercitives en la matière, des moyens importants pour lutter contre les incendies. « Le Premier ministre dit qu’on est largement pourvus en moyens aériens, alors qu’on demande de l’aide aux autres pays européens », pointe Cyril Agostino, secrétaire général de la CGT AIA Cuers-Pierrefeu, structures qui dépendent du Service industriel de l’aéronautique (SIAé) du ministère des Armées.

    Cela fait désormais longtemps, « depuis le rapport Chatry de 2010 sur les feux de forêts [qui conclut à la possible augmentation de 30% des surfaces sensibles et de 20% des coûts à l’échéance 2040, jusqu’à 50% des surfaces sensibles et des coûts allant au-delà de 20% à horizon 2050, ndlr] », que la CGT AIA revendique une augmentation des moyens de lutte aériens, et des positionnements à proximité des zones à risque. Et le Var, « deuxième département le plus boisé de France », rappelle Anaïs Pascual, responsable communication de l’UD CGT Var, en fait partie.

    C’est pourquoi le syndicat propose la création d’une flottille de bombardiers d’eau dans le Var, et d’autres partout sur le territoire, pour être au plus près des besoins. Elle pourrait subvenir à ceux de la zone sud-est, car « le problème actuel, c’est que la seule base de Canadairs se situe à Nîmes, à plus de 30 minutes en avion », note Anaïs Pascual. Et que seulement cinq sont en fonctionnement à l’heure actuelle, sur les 12 que possède la France, à cause de maintenances.

    Une flottille basée

    à Pierrefeu ou à Hyères

    L’AIA pourrait s’occuper de la maintenance des équipements à court et moyen terme : « On a toutes les compétences pour le faire, pour peu que le gouvernement y mette les moyens, en termes de structures et de ressources humaines », affirme Cyril Agostino. Cela à travers « un service public 100% étatique, parce qu’on reste le dernier industriel étatique dans ce domaine-là ». En ce sens, la CGT AIA Cuers-Pierrefeu milite pour une augmentation de la flotte aérienne nationale, « plutôt qu’engraisser le privé », abonde son secrétaire général, dénonçant le « coût exorbitant de la location de moyens aériens à l’été 2022 [14 millions d’euros pour les hélicoptères bombardiers d’eau, 44 365 euros par jour +12 681 euros par heure de vol pour un avion DASH 8 selon les chiffres de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crise (DGSCGC), ndlr] ». Depuis 2020, la location de moyens a engendré un coût de 106 millions d’euros, soit plus que le prix d’un Canadair. Six nouveaux ont été acquis par six pays de l’UE dans le cadre du programme RescUE, et seront livrés en 2028, tandis que la France en a commandé deux, portant sa flotte à 14 engins à horizon 2033-2034.

    La solution de reconversion d’avions militaires, comme l’Airbus A400M, utilisé depuis la semaine dernière en Gironde, « ne doit être que ponctuelle », selon Cyril Agostino. Certes, sa capacité de charge en eau ou en produit retardant (20 tonnes) équivaut à celle de deux avions DASH ou trois Canadairs, « mais il faut du temps au sol pour le remplir. En termes d’efficacité, rien ne vaut un Canadair », affirme le syndicaliste.

    La flottille varoise pourrait être positionnée sur le site AIA de Cuers-Pierrefeu, « où on a largement la place », affirme Cyril Agostino, ou à l’aéroport de Hyères. Pour l’instant, « ce projet, qui s’inscrit dans le concept 4D de la CGT (défense, développement, diversification et désarmement) est propre à notre UD, mais une motion a été adoptée au niveau national », explique Anaïs Pascual, qui reconnaît toutefois que celui-ci « doit encore être chiffré. On n’en est qu’aux prémices ». Il devrait toutefois être mis à l’écrit dans les prochaines semaines et communiqué aux élus locaux.

  • La CGT des cheminots réclame une amélioration du service public ferroviaire

    La CGT des cheminots réclame une amélioration du service public ferroviaire

    Le 19 juillet, un TGV Paris-Nice a été immobilisé près de la gare de Carnoules après une déformation de la voie ferrée provoquée par les fortes chaleurs. Les passagers ont été évacués sous l’encadrement d’agents de la SNCF, de gendarmes et pompiers, puis dirigés vers la gare de Carnoules. L’incendie de Taradeau a perturbé le trafic, compliquant la prise en charge.

    Après cet incident, la CGT des cheminots Paca dénonce, dans un communiqué, la fermeture de gare de Carnoules : « Une fois arrivés sur le parvis de la gare fermée et déserte, les voyageurs sont restés dehors sans aide. » Le syndicat évoque aussi un manque d’entretien des pistes le long des rails, pas « adaptées ». Sans « aucun moyen matériel pour cela, les agents ont réussi à accompagner les gens les plus en difficulté ». Une situation jugée « inacceptable ».

    Un incident « révélateur »

    Pour le syndicat, cet incident serait « révélateur » de la situation des infrastructures ferroviaires en Paca, mais aussi symptomatique de la « politique court-termiste » et de la concurrence entre les acteurs et compagnies ferroviaires. La CGT des cheminots reproche aux « dirigeants » de maintenir ce système concurrentiel « pour améliorer la situation économique et financière et non pas pour une amélioration du système ». Elle réclame une « entreprise SNCF unique et intégrée », avec « des moyens humains, matériels et financiers pour améliorer et développer le service public ferroviaire ».

  • L’impasse de l’austérité

    L’impasse de l’austérité

    Dans la novlangue du gouvernement, il faut traduire l’opération « État efficace », concocté par le Premier ministre Sébastien Lecornu, par « destruction du service public et des outils remarquables de la recherche français ». C’est plus long mais cela colle parfaitement à la réalité. On sait depuis Orwell que « la paix, c’est la guerre » et que « 2+2 = 5 ». C’est donc la sidération qui domine au sein des travailleurs de l’Institut de recherche pour le développement, l’IRD depuis qu’ils ont appris qu’un projet de fusion avec le CNRS était sur la table du gouvernement. Selon les informations de La Marseillaise, l’affaire pourrait être pliée en moins de six mois. Mais rien n’est fait et la médiatisation, la mobilisation des personnels pourraient mettre un coup d’arrêt à ce projet d’appauvrissement de la recherche publique. Quelle est, de plus, la légitimité réelle d’un gouvernement en fin de course, à quelques mois de l’élection présidentielle pour qu’il se croie autorisé à détruire 80 ans d’histoire et de travaux nécessaires ?

    Lecornu sort le rabot

    Le Premier ministre a dévoilé ses intentions dans Paris Match, propriété de Bernard Arnault, un des individus les plus riches du monde, qui n’aime pas payer des impôts et dîne à l’occasion avec Marine le Pen. Et que nous dit l’autoproclamé « moine soldat » de la macronie finissante ? Qu’il faudra, dans le budget 2027, raboter encore les finances publiques sans augmenter les impôts mais en demandant, par exemple « un effort à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin par an ». Ce sont des recettes libérales éculées à des années-lumière des défis à relever et des aspirations citoyennes. Des propos qui illustrent aussi la terrible impasse de l’austérité.

  • [C’est l’été] Au centre social La Martine à Marseille, on reste ouvert en août, une première

    [C’est l’été] Au centre social La Martine à Marseille, on reste ouvert en août, une première

    Pour la première fois de son histoire, le centre social de La Martine (15e) ne fermera pas au mois d’août, cette année, comme 42 autres structures réparties dans tous les arrondissements de Marseille grâce au déblocage d’une enveloppe de 551 000 euros, répartis entre la préfecture des Bouches-du-Rhône, la CAF, le Département et la Ville de Marseille.

    Kader Allem, coordinateur jeunesse au sein du centre, ne cache pas sa satisfaction. Arrivé au center social voilà deux ans, « je trouvais ça un petit peu incohérent de ne pas ouvrir à cette période, sans connaître encore le quartier, on a une mission de service public », nous confie-t-il, entouré de sa directrice et de Noëlle Smith, coordinatrice technique et pédagogique des équipements sociaux à la Ville de Marseille. Il explique que le mois d’août reste « un moment très charnière pour les publics qu’on reçoit, que ce soit les enfants, les ados ou les familles, parce qu’il se joue beaucoup de choses à ce moment-là et beaucoup d’équipements sociaux sont fermés ».

    Bien que la Ville « prévoit pas mal de choses et d’animations dans les quartiers prioritaires, on va être clair, ils se retrouvent dans la galère la plus totale et on est aussi sur des familles qui restent à la maison », poursuit-il. Des familles dont les conditions de vie restent compliquées. « Ils n’ont pas de balcon, ils n’ont pas de terrasses, pas des 80 000m2, hein », ironise Kader. L’été creuse les inégalités. D’autant qu’en août, les travailleurs sociaux restaient de toute façon à disposition des familles, joignables par téléphone, pour poursuivre l’accompagnement alors que tout est fermé. « Il y a des jeunes, par exemple, qui n’ont pas trouvé de collèges ou de lycées pour la rentrée », illustre l’éducateur.

    « Recréer du lien social »

    « Il y a quelques années, on entendait parler d’acheter la paix sociale dans les quartiers, de façon générale, quand il y avait une ouverture au mois d’août », se souvient-il, mais « aujourd’hui, on n’est plus dans ça. On est vraiment dans une nécessité, du côté des habitants, mais aussi les partenaires, les politiques qui ont compris tout l’intérêt d’ouvrir à cette période-là », estime Kader.

    Le programme de ce mois particulier sera un peu différend. « On prévoit des animations familiales, intergénérationnelles, même si, bien entendu, il y aura des choses pour les ados, parce que c’est un public spécifique. Mais l’idée est de recréer aussi du lien social entre les enfants et leurs parents », précise Kader. Mais « peu importe le contenu, ce qui compte, c’est surtout la forme, on va être en horaire décalé. Faire beaucoup de choses à partir du début, milieu d’après-midi, jusqu’au début, milieu de soirée, pour permettre aux familles qui travaillent aussi de profiter de ces moments-là avec leurs enfants », détaille-t-il. Dans la même idée d’impliquer tout le monde, « on va travailler avec deux associations du quartier, la Martinoise et aussi le club de boules avec qui on va organiser un tournoi de pétanque, on ne se voit pas faire sans eux », ajoute-t-il. À la Martine, seront aussi accueillis les habitants de Kalliste ou de la Savine. Pour la suite, après un bilan et une enquête de satisfaction, l’expérience pourra être reconduite.