Tag: Société

  • Agora des savoirs à Montpellier : une saison pour comprendre

    Agora des savoirs à Montpellier : une saison pour comprendre

    Depuis 2009, l’Agora des savoirs s’attache à rapprocher le monde de la recherche et le grand public. Conférences, échanges et débats permettent d’explorer les dernières avancées scientifiques, mais aussi d’éclairer les grandes questions historiques et sociales. « Alors que ne cesse de progresser dans nos sociétés un régime de post-vérité qui tend à nous faire préférer mensonges, idées reçues et opinions personnelles à l’objectivité des faits, il nous paraît essentiel de préserver et multiplier ces moments de rencontre et de discussions entre les scientifiques et les citoyens », souligne Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole. Avant de rappeler que « le savoir est une arme puissante contre toutes les formes d’obscurantisme et de haine de l’autre ».

    L’Histoire pour comprendre les résistances

    Ce premier cycle, constitué de 7 rencontres suivies de débats, accorde une place particulière à l’Histoire, aux luttes politiques et aux conquêtes de droits. La saison s’ouvrira le 4 novembre avec une conférence de Yann Potin consacrée à Marc Bloch (1886-1944), qui fut enseignant à Montpellier. Historien, combattant des deux guerres mondiales, résistant, celui qui fut assassiné par les nazis en 1944 incarne « une figure majeure de l’intellectuel engagé ». Son entrée au Panthéon en juin dernier offre l’occasion de revenir sur une œuvre « qui a profondément renouvelé les études historiques » et sur « l’inextricable alliance savante, politique et morale qu’incarne son parcours ».

    Le 18 novembre, l’historienne Éliane Viennot, autrice de La Forteresse assiégée. La France, les femmes et le pouvoir, 1860-2000 (CNRS éditions, 2026), s’intéressera à la conquête du pouvoir par les femmes en France. De l’accès aux études supérieures à la représentation politique, elle retracera les étapes de la progression vers l’égalité, mais aussi les résistances, les stratégies et les violences qui ont longtemps entretenu la domination masculine. Une conférence qui interroge les acquis et les obstacles persistants dans la société contemporaine.

    Du vivant aux crises géopolitiques

    La programmation fera également la part belle aux sciences du vivant. Le 25 novembre, une projection du documentaire Tardigrade, l’animal indestructible, suivie d’un échange avec les scientifiques Simon Galas et Myriam Richaud, permettra de découvrir ces animaux microscopiques capables de survivre à des conditions extrêmes (températures de -270 à plus de 100°C, rayons X, vide spatial, déshydratation…). Leurs étonnantes propriétés nourrissent les recherches de certains scientifiques, qui s’intéressent « à leur mode de vie et aux mystères de leur génétique, au cœur d’innovations prometteuses en médecine, pharmacie, cosmétique ou astrobiologie… qui pourraient bien révolutionner notre futur. »

    Le 9 décembre, l’historien François Godicheau proposera de « nouveaux regards sur la guerre d’Espagne (1936-1939) » : « Aujourd’hui, de nombreuses recherches et archives, mais aussi des témoignages, permettent d’écrire une nouvelle histoire de la guerre d’Espagne. Cette histoire dévoile le long travail de sape de la démocratie par les forces réactionnaires et l’extrême droite espagnole, bien avant 1936. Elle montre les mécanismes profonds de la dictature franquiste et se penche enfin sur l’expérience au jour le jour des acteurs de cet épisode majeur du XXe siècle européen. »

    Le 16 décembre, Grégoire Mettra remontera, lui, aux années 1970 pour éclairer les racines de certaines tensions actuelles au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique, à travers la politique étrangère américaine et les rivalités régionales.

    Le procès de Mazan vu
    par des anthropologues

    Après les fêtes, le 6 janvier, les paléontologues Pierre-Olivier Antoine et Lionel Hautier retraceront près de 300 millions d’années d’évolution des mammifères. Une plongée dans une histoire peuplée d’espèces disparues, des premiers mammaliaformes aux géants qui ont précédé ou côtoyé les humains. Enfin, le 20 janvier, les anthropologues Perrine Lachenal et Céline Lesourd reviendront sur le procès des viols de Mazan à travers l‘ouvrage collectif Mazan, anthropologie d’un procès pour viols (Le Bruit du monde, 2025), auquel elles ont participé. « Depuis la salle d’audience jusque dans les rues d’Avignon et de Mazan, des anthropologues ont voulu suivre ce procès. L’enquête de ces quatorze chercheurs en sciences sociales, spécialistes en études de genre, a permis de recueillir des centaines de témoignages – de journalistes, avocates, membres de collectifs féministes, étudiantes, personnels de santé, commerçantes… – offrant un point de vue inédit sur cet événement. Elle donne à entendre les échos d’un procès de société et ce qu’ils révèlent des rapports de pouvoir et des relations entre les femmes et les hommes. »

    * Les conférences ont lieu le mercredi à 19 h au centre Rabelais, 27 boulevard Sarrail, à Montpellier. Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles. Les rencontres sont retransmises en direct et en différé sur la chaîne YouTube de l’Agora des savoirs, ainsi que sur Divergence, en radio numérique terrestre et via son application.

  • À Digne-les-Bains, FO alerte sur les réductions d’effectifs à Sanofi et à l’hôpital

    À Digne-les-Bains, FO alerte sur les réductions d’effectifs à Sanofi et à l’hôpital

    Réductions d’effectifs » à Sanofi Sisteron, « maltraitances » à Coallia, suppressions de lits à l’hôpital… Le syndicat FO a tiré la sonnette d’alarme lundi, lors d’une conférence de presse balayant de nombreux sujets. « On ne renouvelle pas les départs à la retraite, on prend des CDD à la place », a déploré Patrice Richaud, secrétaire de FO au centre hospitalier de Manosque. Selon lui, certains salariés sont en CDD depuis trois ou quatre ans. « Depuis le 1er septembre, il y a eu une forte augmentation d’activité au bloc, et dans le même temps ils veulent passer de 30 à 24 lits en chirurgie », a-t-il par ailleurs regretté, alors que la direction de l’hôpital est en train de préparer un plan d’efficience prévoyant des réductions d’effectifs. « Pourquoi supprimer que des soignants et pas des directeurs, alors qu’on en a 17 ou 18 ? », a questionné Patrice Richaud. « On ne peut pas diriger l’hôpital public comme une entreprise », a ajouté Kevin Martin, secrétaire de FO santé 04 à l’hôpital de Digne.

    Contactée, la direction du centre hospitalier reconnaît des réductions d’effectifs, mais refuse toujours de parler de suppressions de postes. Elle renvoie à son dernier communiqué de septembre, depuis lequel « rien n’a changé ». « Les mesures peuvent évoluer en fonction des retours des médecins », précise-t-elle.

    Suppressions de postes

    Du côté de Sanofi, Samuel Bertorello et Philippe Ghizzardi, délégué syndical central d’activité chimie, ont déploré un « désengagement industriel » et une « baisse d’activité de 30% de la production annoncée ». Selon FO, 30 postes de techniciens auraient été supprimés sur une période d’un an à Sisteron. « Les 30 collaborateurs ont déjà été repositionnés entre 2024 et 2026, dont certains en interne », affirme de son côté la direction.

    « Les baisses d’effectifs concernent exclusivement des suppressions de postes sans licenciement direct », précise Philippe Ghizzardi. Selon lui, « plus d’une quarantaine de postes ont été classés sensibles pour permettre au site de se séparer de ces fonctions », ce que conteste Sanofi. « Nous n’avons pas de projet en cours sur le site de Sisteron. Concernant les équipes de production, ces évolutions relèvent d’un projet déjà annoncé en 2023, lors de la fermeture d’un bâtiment du site dédié au développement de médicaments matures, qui n’était plus adapté à la stratégie d’innovation. »

    FO est le troisième syndicat de Sanofi Sisteron, derrière la CFE-CGC et la CGT qui a la majorité absolue.

    Jessica Pichotin, secrétaire du syndicat départemental de l’action sociale, a ensuite évoqué la situation de Coallia, association qui accueille notamment des enfants placés, et dont elle est la déléguée syndicale FO. « Nous faisons face à des fermetures de services dans le domaine de la protection de l’enfance sur toute la région », a-t-elle regretté. Selon elle, « une vingtaine de postes ont déjà fermé depuis le début de l’année sur Digne suite à des pertes d’agréments ». Contacté, Coallia n’a pas pu être joint dans l’immédiat. « Les collègues qui ont perdu leur poste, ça fait plus de huit mois qu’ils sont chez eux, on attend soit qu’ils démissionnent tout seuls, soit qu’ils demandent une rupture conventionnelle, alors que nous réclamons un PSE », a avancé la déléguée syndicale.

  • Un ciné-débat à Manosque établit le lien entre 1936 et 2026

    Un ciné-débat à Manosque établit le lien entre 1936 et 2026

    Les mêmes affrontements, les mêmes combats, les mêmes interrogations » : avec son ciné-débat sur le Front populaire organisé vendredi, l’assemblée citoyenne du bassin manosquin a voulu mettre cette période charnière de l’histoire politique et sociale du XXe siècle en résonance avec l’actualité, entre difficultés sociales et économiques grandissantes, montée de l’extrême droite et instabilité politique. « 1936 renvoyait à 2026 », soulève Jean-Claude Cauvin, l’organisateur de cette soirée, également membre de la section de Manosque du PCF.

    Des enseignements à tirer pour les luttes actuelles

    Le documentaire de France 3 1936, le Front populaire entre joie et colères a été projeté en début de soirée. Ce dernier rassemble des témoignages d’ouvriers et d’acteurs politiques de l’époque, à gauche comme à droite, ayant vécu cette période. Le film raconte la société de l’époque, ses réalités, ses fractures politiques et ses transformations culturelles et sociales qui ont façonné la France.

    La projection a été suivie d’un échange un échange avec Gérard Leidet, président de Promémo et historien spécialiste du mouvement ouvrier, qui a contribué à la réalisation du documentaire en tant qu’expert. Les échanges ont porté sur les enseignements à tirer pour les luttes actuelles comme pour la perspective politique. « L’incontournable rassemblement des forces de gauche » a notamment été évoqué, raconte Jean-Claude Cauvin. « Une voie nouvelle ne saurait déboucher sans rassemblement de toutes les forces de gauche, sans la reconnaissance de leur diversité et surtout sans un puissant mouvement populaire avec au cœur le monde du travail », avance-t-il, qualifiant l’union de la gauche d’« indispensable, mais très compliquée ».

    Dans les prochains jours, avec la suite de la mobilisation, « ce qui va être fondamental, c’est l’irruption du monde du travail dans le mouvement, et la journée du 5 novembre va être déterminante », espère le communiste, fondateur de l’assemblée citoyenne du bassin manosquin. Cette association a pour objectif de promouvoir l’éducation populaire, la défense des droits humains et combattre les logiques financières.

  • À Forcalquier, le mouvement mise sur l’intersyndicale

    À Forcalquier, le mouvement mise sur l’intersyndicale

    Mobilisés sur le rond-point d’Intermarché samedi, de nombreux manifestants se réjouissaient de l’appel à la mobilisation intersyndicale du 5 novembre, espérant qu’il donne davantage de puissance à leur mouvement, plutôt affaibli dans les Alpes-de-Haute-Provence, où environ 80 personnes ont manifesté à Forcalquier et une petite centaine à Digne.

    Lucie, 16 ans, présente à toutes les manifestations lycéennes, était à Forcalquier. « C’est super important d’être là pour le 5 novembre. Cela va être une énorme grève. Avec mes potes, on est toujours prêts, on se met au courant de toutes les manifestations. On voudrait que le mouvement continue et ne s’essouffle pas », explique celle qui est scolarisée au lycée Esclangon, à Manosque.

    Une centaine à Digne

    L’adolescente se réjouit de la présence des syndicats : « Ils ont de l’expérience, ils savent les risques, ce qu’il faut faire si on se retrouve en garde à vue. On se sent protégés quand ils sont là ». « L’intersyndicale, c’est hyper important. Cela nous donnera plus de puissance, c’est évident », abonde Cécile Ahmed Abdi, enseignante à Sainte-Tulle et militante féministe engagée dans diverses associations. Elle sera mobilisée jeudi. « Jeudi, le monde du travail vient s’intégrer dans le mouvement », se réjouit Dylan, militant LFI.

    Lou Terrasson, 27 ans, intermittente du spectacle habitant Forcalquier, manifestait « pour la culture et contre les coupes budgétaires ». « Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres et je suis dans la catégorie des moins riches », regrette celle qui est particulièrement impactée par la hausse des prix du carburant, travaillant pour une compagnie de théâtre marseillaise, Peanuts. « Tout le monde est d’accord pour faire grève à la compagnie. » « Dès le 5, on ne consomme pas ! », lance Nelly, Gilet jaune de Forcalquier.

  • Aux assises, les messages cryptés au cœur des débats du triple narchomicide

    Aux assises, les messages cryptés au cœur des débats du triple narchomicide

    à charge ! ça me démange ! », s’écrie soudainement Karim Harrat depuis le box vitré. « Vous ne pouvez pas prendre la parole de façon intempestive », tonne, dans la foulée, le président. Depuis quelques minutes, l’accusé s’agite, conteste dans sa barbe les faits déroulés à la barre par le commandant de police et estime que cette partie du dossier est délibérément montée contre lui. Dans le cadre du triple narchomicide jugé depuis le 19 octobre aux assises, à Aix, l’officier de police judiciaire retrace, dans les grandes lignes, comment les enquêteurs ont remonté la piste de plusieurs utilisateurs de Sky ECC. Développée par la société Sky Global, cette messagerie cryptée, notamment utilisée par les réseaux criminels, a été infiltrée pour la première fois en 2021 par les services de police.

    Rembobinons. En décembre 2021, les enquêteurs versent au dossier des échanges Sky ECC interceptés dans une autre procédure de la Junalco (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée), devenue Pnaco (Parquet national anticriminalité organisée) : deux utilisateurs, W7 et D2, échangent au sujet d’un « véhicule de location taché de sang », qui « semble faire état d’un corps découpé en plusieurs morceaux dans un véhicule », ainsi que d’un paiement de « 50 000 euros », résume le dossier. En croisant ces messages avec d’autres conversations liées à un point de vente de stupéfiants, ils tentent de relier des identifiants numériques aux personnes qui les utilisent. Le compte W7, utilisé sous les pseudos de « Diego Costa » et le « Rant 2 » pourrait appartenir à Karim Harrat, selon ce commandant de police. Tandis que le compte D2, utilisé sous le nom de « Keizo » pourrait être utilisé par Mahdi Z, présenté, dans d’autres affaires, comme un membre présumé de la DZ Mafia.

    « Faisceau d’indices »

    Ces rapprochements reposent sur le croisement des conversations, des pseudonymes et d’autres indices, dont une photographie de billets de train réservés au nom de Mahdi Z. Mais l’utilisateur derrière D2 reste difficile à identifier avec certitude. L’analyse des échanges conduit également les enquêteurs à soupçonner Karim Harrat d’avoir utilisé plusieurs téléphones et comptes successifs. « Ces membres [et d’autres, Ndlr.] échangeaient sur la gestion d’un point de vente de produits stupéfiants et les conversations positionnaient W7 comme le grand patron et D2 comme un exécutant missionné dans différentes tâches aux fins d’assurer le bon fonctionnement du point de vente », indique noir sur blanc le dossier. à la barre, l’officier de police judiciaire indique disposer d’un « faisceau d’indices » ayant permis aux enquêteurs d’attribuer la ligne W7 à Karim Harrat. « Dans le milieu policier, mais aussi le milieu du narcotrafic, on sait que le surnom “le Rant”, c’était Karim Harrat (…). Pour moi, mes collègues, ça ne fait aucun doute que “le Rant” et “Le Rant 2″ sont rattachés à Karim Harrat », poursuit l’officier.

    « Une question, trente secondes ! S’il vous plaît, Monsieur le président », tente d’interrompre Karim Harrat. « Défends-toi ! », entend-on depuis le banc du public. « C’est un acharnement ! Par Allah (…), c’est ma vie ! Eux, ils rentrent chez eux le soir », se défend Karim Harrat. L’un des proches de Nassim Loubani (une des trois victimes), assis sur le banc des parties civiles, se lève alors et quitte la salle en claquant la porte.

    C’est ensuite au tour des trois conseils de Karim Harrat de bondir pour enchaîner les questions. « S’agissant de l’utilisateur du pseudo “Rant 2” (…), on peut aussi mettre un autre pseudo, non ? Avez-vous d’autres éléments ? », enchaîne l’un de ses avocats, Me Hugues Vigier. Celui-ci interroge la crédibilité de l’hypothèse selon laquelle son client aurait utilisé plusieurs téléphones alors que Sky ECC était réputée être une messagerie « ultra-crypté ».

  • [Collectivités] Montpellier vise la souveraineté numérique

    [Collectivités] Montpellier vise la souveraineté numérique

    Et si Montpellier apprenait à se passer de Microsoft ? La Métropole et la Ville veulent réduire leur dépendance aux géants technologiques étrangers et reprendre le contrôle de leurs données. Adoptée à l’unanimité en conseil de Métropole le 13 octobre, la trajectoire de souveraineté numérique fixe un cap pour les six prochaines années : privilégier des « solutions numériques souveraines, interopérables, réplicables et européennes ».

    L’enjeu est d’abord celui de la souveraineté et de la protection des données, dans un contexte de tensions géopolitiques et de cyberattaques. « La donnée, c’est le pouvoir. La maîtriser est une condition de notre souveraineté », résume le maire et président de la Métropole, Michaël Delafosse. Mais la dépendance aux géants du numérique pèse aussi sur les finances. La collectivité entend ainsi abandonner Microsoft 365, utilisé quotidiennement par les agents pour Word, Excel ou Teams. Selon Manu Reynaud, vice-président de la Métropole délégué à la souveraineté numérique, la facture atteint « 1,8 million d’euros de licences par an. Et à chaque renouvellement de contrat, tous les 3 ans environ, on nous propose une augmentation de 15 à 40% sans forcément de plus-value », indique-t-il. La collectivité a donc décidé de remplacer Microsoft 365 par une autre suite collaborative. Au total, quelque 600 logiciels seraient à remplacer dans un délai de deux ans, selon les éléments présentés lors du débat.

    « Il ne s’agit pas d’être pour ou contre Microsoft, pour ou contre une société américaine, il s’agit de ne plus être dépendant technologiquement et financièrement », insiste Manu Reynaud. Pas question, pour autant, de tout changer du jour au lendemain : la transition devra prévoir « des alternatives offrant un service équivalent ainsi que l’accompagnement des agents dans ces nouveaux usages, car les agents et les utilisateurs sont la clé du changement », insiste l’élu en charge du dossier.

    Un outil public

    ouvert aux communes

    L’enjeu dépasse les factures. Cyberattaques, tensions internationales et concentration des données entre les mains de quelques entreprises font peser des risques sur la continuité des services publics. « Ce qui se joue derrière, ce sont nos libertés, notre souveraineté et notre capacité à la maîtriser », alerte Michaël Delafosse.

    Montpellier ne part pas de zéro. La collectivité utilise déjà des logiciels libres, développe certaines applications en interne et dispose d’un portail d’open data. Avec d’autres métropoles, elle a également contribué à la démarche TIE Break (trajectoire d’indépendance numérique européenne), destinée à mesurer les dépendances numériques et à organiser leur réduction.

    La prochaine étape consiste à réfléchir à la création d’un opérateur public de souveraineté numérique. « Ce que nous construisons ici, c’est une infrastructure publique numérique et une plateforme territoriale. Nous allons organiser cette trajectoire avec l’intégralité de nos opérateurs publics », détaille Manu Reynaud. La TaM, Altémed avec ACM Habitat, la Régie des eaux, l’office de tourisme, Montpellier Events, les services funéraires pourraient ainsi être associés à cette démarche, ouverte également aux communes volontaires. « L’idée n’est pas de construire une forteresse numérique. C’est un écosystème public, ouvert, interopérable et résilient », souligne l’élu.

  • À Manosque, le projet de renouvellement urbain présenté au public

    À Manosque, le projet de renouvellement urbain présenté au public

    Plus de mixité sociale en mélangeant logements privés et sociaux : tel est l’objectif affiché du projet de renouvellement urbain du quartier prioritaire Alicante – les Plantiers, présenté jeudi soir lors d’une réunion publique organisée au cinéma CGR, à Manosque. « Le projet a démarré en 2018 avec ce qu’on appelle le NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain), créé pour mener à bien la politique de reconquête de certains espaces publics qui abritaient des populations fragiles qui vivaient très en deçà des seuils de pauvreté, comme c’est le cas sur le quartier Alicante, en déshérence depuis de trop nombreuses années », a expliqué le maire, Camille Galtier, également président de l’intercommunalité DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération).

    Deux bâtiments abritant des logements sociaux ont déjà été démolis dans le cadre de ce projet, et un troisième viendra s’ajouter prochainement. Ce dernier, l’Alicante, a pris du retard en raison de la résistance d’un propriétaire qui refuse de vendre son logement au prix proposé par l’agglomération. Le bâtiment devrait être démoli « d’ici quelques semaines », selon le maire, dont le but est de « tout détruire d’ici le mois de janvier ». Il s’est défendu face aux critiques jeudi, avançant que tous les habitants avaient été indemnisés et relogés dans « des logements de meilleure qualité ».

    Une deuxième médiathèque, un hôtel d’entreprises et une maison France Services doivent notamment être implantés dans le futur quartier transformé, qui sera renommé Pompidou. Le projet doit être livré dans sa totalité fin 2030, et la première livraison devrait avoir lieu en juin 2029 avec le CCAS.

  • L’ultime bataille des salariés à la Cartonnerie Moderne

    L’ultime bataille des salariés à la Cartonnerie Moderne

    Devant les portes de l’antenne d’Entraigues de Wefold, ex-Cartonnerie Moderne, une vingtaine de salariés sont agglutinés autour de panneaux « en grève » et « fermeture définitive le 15.02.27 ». Comme les inscriptions l’évoquent, ils viennent d’apprendre que leur entreprise spécialisée dans les emballages carton de pâtisserie, forte de 120 ans d’histoire, va cesser définitivement son activité.

    Une grève soutenue par la CGT de Vaucluse a donc été lancée, ce jeudi 29 octobre, alors que des négociations se poursuivent entre la direction et les représentants des salariés. Pour l’heure, 29 personnes restent sur le carreau, dont 19 en Vaucluse, mais aussi une dizaine entre les sites de Saint-Étienne et Gap. « On veut nous donner le minimum et ça, on ne l’accepte pas. Plus de 60% d’entre nous ont plus de 50 ans et on ne retrouvera pas de boulot facilement. Surtout dans notre secteur, l’imprimerie et le carton, qui n’est pas le plus porteur », confie l’un des employés, qui souhaitent tous rester anonymes. Ils demandent donc de meilleures conditions de sortie, estimant que la fermeture est actée. « On est une ex-petite structure rachetée par une multinationale. Et on a l’impression qu’on nous propose les défauts des deux régimes, c’est-à-dire le strict minimum », glisse, exaspérée, une salariée.

    Le rachat pointé

    Au même moment, un comité social et économique (CSE) se tenait dans l’entreprise entre les représentants du personnel et la direction. « Mais ça n’a rien donné pour l’instant. L’information remonte plus haut, on n’aura pas de réponses de suite. Donc on continue la grève », confie un salarié en début d’après-midi.

    En 120 ans d’existence, l’entreprise a changé plusieurs fois de mains. Et c’est la dernière reprise qui est pointée du doigt unanimement par les personnes présentes. En effet, c’est le groupe Guillin, coté en Bourse et qui affiche un chiffre d’affaires de 885 millions d’euros, qui a racheté la Cartonnerie Moderne et ses antennes de Saint-Étienne et Gap, qui vont aussi fermer. Dans un communiqué de presse datant du 28 avril 2025, le groupe Guillin se targuait d’avoir racheté, via sa société Wefold Diffusion, les fonds de commerce des trois structures. Une acquisition qui, affirmait alors la multinationale, aurait permis à ses clients d’avoir « un écosystème unique encore plus performant, capable de répondre instantanément à l’ensemble de leurs besoins quel que soit le matériau, les usages et fonctionnalités demandés, jouant ainsi pleinement son rôle de leader français de la boîte pâtissière et du snacking ».

    « En un an et demi, il n’y a eu aucun investissement. Donc on se disait qu’il y avait une anguille sous roche. On pense qu’ils voulaient seulement récupérer nos clients », regrette une employée. Contacté, le groupe Guillin n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • À Pierrevert, des pistes forestières rénovées pour les pompiers et l’ONF

    À Pierrevert, des pistes forestières rénovées pour les pompiers et l’ONF

    Un régiment de militaires de la Sécurité civile détaché pour les travaux d’urgence d’espaces naturels, basé à Brignoles, a achevé jeudi un important chantier de rénovation de deux pistes forestières endommagées à Pierrevert et à Montfuron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, près de Manosque.

    Pendant près de trois semaines, les militaires du régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile ont débroussaillé, sécurisé les deux pistes, et y ont créé des aires pour permettre aux camions de se croiser. Le bon état des pistes est particulièrement important dans cette zone, à haut risque d’incendies.

    « Les pistes s’abîment avec le temps, avec la pluie, le passage des motos, des chasseurs », explique le sergent Gauthier Sorton, chef du module pendant le détachement. Afin de réaliser le chantier, les militaires avaient à leur disposition deux bulldozers, une mini-pelle et un tracteur. Sept militaires du rang et un sous-officier sont intervenus pour ces travaux.

    L’intercommunalité DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération) a entièrement financé le chantier, qui lui a coûté environ 20 000 euros, selon Cyril Marin, responsable du service espaces naturels. « Cela aurait coûté beaucoup plus cher en passant par une entreprise privée, à peu près entre 70 000 et 90 000 euros, puisqu’on aurait dû payer la main-d’œuvre », affirme-t-il.

    Malgré quelques interruptions dues aux intempéries, qui ont compliqué l’intervention des militaires, le chantier a pu se terminer à temps.

    Plusieurs communes de la communauté d’agglomération ont « cruellement souffert des incendies au début des années 2000, donc il y a eu une réelle volonté unanime des élus, lors de la création de la DLVA, de prendre cette compétence de DFCI (Défense des Forêts Contre l’Incendie) pour mutualiser les moyens », a relaté Gilles Mégis, vice-président de la DLVA, délégué à la prévention des risques.

    Les militaires du régiment d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile interviennent sur de nombreuses catastrophes naturelles, comme des tremblements de terre ou des feux de forêt. Après des inondations, ils retirent les arbres tombés sur la route ou les voitures emportées par le courant, comme récemment dans les Bouches-du-Rhône et le Var. Pendant les intempéries, des engins du chantier ont dû y être évacués.

    Il existe trois régiments de ce type en France, à Brignoles, à Libourne et à Nogent-le-Rotrou. Le régiment de Brignoles vient de signer une nouvelle convention avec la mairie de Manosque pour revenir intervenir tous les ans pendant quatre ans. En 2025, ce régiment était déjà intervenu à Manosque pour rénover une piste stratégique de défense du massif du Luberon.

  • Des panneaux solaires pour les toitures sud-alpines

    Des panneaux solaires pour les toitures sud-alpines

    Installer des panneaux photovoltaïques sans raser des forêts : tel est l’objectif de la société coopérative Solarcyt Durance, qui propose de les placer sur les toitures de copropriétés, de bâtiments agricoles ou encore d’écoles. Avec une réunion publique organisée ce jeudi à Oraison, la coopérative espère trouver une trentaine de clients particuliers pour lui acheter son électricité, vendue comme « plus locale, éthique et écologique », explique Jean-François Bataille, son président. Avec des charges importantes, Solarcyt risque autrement de se retrouver « au pied du mur » et de devoir arrêter son activité, regrette-t-il. L’idée de cette réunion publique est ainsi de « se faire connaître » et de « lancer l’activité » de la société qui existe depuis un an.

    Pour acheter de l’électricité à Solarcyt, les particuliers doivent obligatoirement garder un fournisseur principal, et utilisent la coopérative comme fournisseur secondaire. Ils deviennent également actionnaires de la société.

    Solarcyt vend son électricité en circuit court, dans un périmètre restreint. Jean-François Bataille affirme qu’elle propose les mêmes tarifs que les principaux fournisseurs, comme Engie et EDF, sauf pour certains clients professionnels qui bénéficient de contrats négociés. La coopérative promet « un prix stable ».

    Mardi, des bénévoles de Solarcyt ont rencontré le maire d’Oraison, Benoît Gauvan (Ren.), et ont tenté de le convaincre qu’installer des panneaux solaires sur les toitures était une bonne solution pour la commune, alors que l’édile avançait en conférence de presse fin septembre que ses tentatives d’installer des panneaux sur des toits avaient été « infructueuses ».

    La coopérative est également en discussion avec l’Ehpad d’Oraison, qui comporte de potentiels lieux d’installation pour des panneaux solaires et que Solarcyt espère fournir en électricité.

    Ce jeudi à 18h, salle Louise-Bruneteaud, 4 rue Giai-Miniet, Oraison.