Tag: Social

  • À Digne-les-Bains, FO alerte sur les réductions d’effectifs à Sanofi et à l’hôpital

    À Digne-les-Bains, FO alerte sur les réductions d’effectifs à Sanofi et à l’hôpital

    Réductions d’effectifs » à Sanofi Sisteron, « maltraitances » à Coallia, suppressions de lits à l’hôpital… Le syndicat FO a tiré la sonnette d’alarme lundi, lors d’une conférence de presse balayant de nombreux sujets. « On ne renouvelle pas les départs à la retraite, on prend des CDD à la place », a déploré Patrice Richaud, secrétaire de FO au centre hospitalier de Manosque. Selon lui, certains salariés sont en CDD depuis trois ou quatre ans. « Depuis le 1er septembre, il y a eu une forte augmentation d’activité au bloc, et dans le même temps ils veulent passer de 30 à 24 lits en chirurgie », a-t-il par ailleurs regretté, alors que la direction de l’hôpital est en train de préparer un plan d’efficience prévoyant des réductions d’effectifs. « Pourquoi supprimer que des soignants et pas des directeurs, alors qu’on en a 17 ou 18 ? », a questionné Patrice Richaud. « On ne peut pas diriger l’hôpital public comme une entreprise », a ajouté Kevin Martin, secrétaire de FO santé 04 à l’hôpital de Digne.

    Contactée, la direction du centre hospitalier reconnaît des réductions d’effectifs, mais refuse toujours de parler de suppressions de postes. Elle renvoie à son dernier communiqué de septembre, depuis lequel « rien n’a changé ». « Les mesures peuvent évoluer en fonction des retours des médecins », précise-t-elle.

    Suppressions de postes

    Du côté de Sanofi, Samuel Bertorello et Philippe Ghizzardi, délégué syndical central d’activité chimie, ont déploré un « désengagement industriel » et une « baisse d’activité de 30% de la production annoncée ». Selon FO, 30 postes de techniciens auraient été supprimés sur une période d’un an à Sisteron. « Les 30 collaborateurs ont déjà été repositionnés entre 2024 et 2026, dont certains en interne », affirme de son côté la direction.

    « Les baisses d’effectifs concernent exclusivement des suppressions de postes sans licenciement direct », précise Philippe Ghizzardi. Selon lui, « plus d’une quarantaine de postes ont été classés sensibles pour permettre au site de se séparer de ces fonctions », ce que conteste Sanofi. « Nous n’avons pas de projet en cours sur le site de Sisteron. Concernant les équipes de production, ces évolutions relèvent d’un projet déjà annoncé en 2023, lors de la fermeture d’un bâtiment du site dédié au développement de médicaments matures, qui n’était plus adapté à la stratégie d’innovation. »

    FO est le troisième syndicat de Sanofi Sisteron, derrière la CFE-CGC et la CGT qui a la majorité absolue.

    Jessica Pichotin, secrétaire du syndicat départemental de l’action sociale, a ensuite évoqué la situation de Coallia, association qui accueille notamment des enfants placés, et dont elle est la déléguée syndicale FO. « Nous faisons face à des fermetures de services dans le domaine de la protection de l’enfance sur toute la région », a-t-elle regretté. Selon elle, « une vingtaine de postes ont déjà fermé depuis le début de l’année sur Digne suite à des pertes d’agréments ». Contacté, Coallia n’a pas pu être joint dans l’immédiat. « Les collègues qui ont perdu leur poste, ça fait plus de huit mois qu’ils sont chez eux, on attend soit qu’ils démissionnent tout seuls, soit qu’ils demandent une rupture conventionnelle, alors que nous réclamons un PSE », a avancé la déléguée syndicale.

  • Contre la smicardisation, la grève le 5 novembre

    Contre la smicardisation, la grève le 5 novembre

    Plus de 120 secteurs professionnels ont leur niveau de rémunération le plus bas en dessous du Smic ! Une affirmation qui a de quoi étonner, puisqu’il est illégal de payer en deçà du salaire minimum en France, mais qui est pourtant bien réelle. Dans un dossier au sujet des négociations salariales paru il y a quelques jours, la CGT a même décompté pas moins de 122 branches où les minima conventionnels, c’est-à-dire la rémunération plancher d’un secteur, sont inférieurs au Smic. Parmi ces branches qui paient au rabais, certaines ont des écarts avec le Smic qui ont de quoi faire froid dans le dos. C’est le cas pour le secteur hospitalier privé dont le montant du premier niveau de salaire s’établit à 1 729,36 euros, soit 137,66 euros de moins que le Smic brut à 1 867,02 euros. Au total, 32 branches ont un écart au Smic de plus de 50 euros, ce qui concerne plusieurs millions de salariés.

    Les travailleurs de ces secteurs sont bien payés au Smic en rémunération réelle, illégalités et tours de passe-passe patronaux obligent, mais cela illustre surtout l’absence de volonté des employeurs de se pencher sur des hausses réelles de salaires. Quand le Smic est régulièrement revalorisé, les négociations salariales dans les secteurs d’activité, via ces fameuses branches professionnelles, ont bien du mal à suivre. « Tous les ans, on se retrouve rattrapé par le Smic. Plusieurs niveaux de notre grille salariale, presque la moitié, sont d’ailleurs au Smic. Quand on entre dans la coiffure, on est au Smic. Et que l’on soit coiffeur débutant, coiffeur confirmé ou coiffeur tout court », expose Nadia Mimoun, référente de la branche de la coiffure pour la Fédération CGT Commerce et Services.

    Car qui dit branches professionnelles, dit grilles salariales qui définissent les niveaux de rémunération par secteur. Et les premiers échelons de ces grilles n’augmentent pas autant que le Smic. « Les organisations patronales ne veulent pas revaloriser toute la grille de notre branche. Par exemple, il va y avoir une augmentation du Smic prochainement. Nos employeurs l’attendent pour se calquer dessus », développe Nadia Mimoun également secrétaire de l’Union Départementale CGT 13. Sauf qu’à l’arrivée, on obtient des « grilles totalement incohérentes » où la progression à des échelons supérieurs n’amène à rien. « La coiffure est la deuxième branche de France qui consomme le plus de formations : diplômes, certifications, BEP ou CAP… Mais pour se retrouver au Smic puisque tous les premiers niveaux de notre grille sont calqués dessus », développe Nadia Mimoun. D’où le terme de « tassement » des grilles de rémunérations et donc de « smicardisation » de tout un pan de travailleurs. « Un débutant ou un confirmé est payé de la même manière, c’est ce qu’on appelle le tassement des grilles », abonde la syndicaliste. Avant de dénoncer : « Un des arguments des employeurs pour refuser de revoir les grilles est de renvoyer aux Négociations annuelles obligatoires (NAO). Mais dans la coiffure, il y a 70% de très petites entreprises, où il n’y a donc pas de NAO ! S’il n’y a pas d’augmentation qui vient de la branche, ça ne vient de nulle part ».

    L’ampleur du phénomène est telle que le constat vaut aussi quand l’employeur est l’État. « Quand on entre dans la fonction publique, on arrive au premier grade qui est techniquement en dessous du Smic », expose Dominique Maccari, co-secrétaire générale de la CGT de la Métropole Aix-Marseille Provence (AMP). Une situation qui concerne « les trois versants de la fonction publique », que le travailleur officie dans un hôpital public ou dans une petite collectivité. « Pour éviter que les plus basses catégories soient en dessous du Smic, ils donnent un montant en fin d’année qui rattrape le négatif », développe la fonctionnaire. Elle y met en regard l’absence de revalorisation du point d’indice, qui est la base de calcul de la rémunération des fonctionnaires, et qui est gelé depuis des années : « Vu qu’ils n’augmentaient que les plus basses catégories, et pas les autres, à un moment ça se chevauche, il y a cet effet de tassement ».

    Dans cette lignée, Lionel Zaouati, responsable régional Paca de la Fédération CGT des organismes sociaux (CAF, CPAM ou Urssaf…) évoque même une « paupérisation des deux côtés des guichets » pour son secteur. Les salariés de ces organismes sont au contact des plus précaires alors même que « 27% des salariés des organismes sociaux demandent la prime d’activité ». Et pour cause : le premier niveau de rémunération du secteur est de 55 euros en dessous du Smic. « À cause de ça, les organismes sociaux n’embauchent plus qu’au troisième niveau de rémunération », explique-t-il. Bonne nouvelle pour les nouveaux embauchés ? Pas vraiment, car cela aboutit au fait que « les agents restent plus longtemps au 3e niveau ». « J’ai 32 ans d’ancienneté et je ne suis qu’au niveau 4 », prouve Lionel Zaouati.

    « Quand
    on entre dans la coiffure,
    on est au Smic »

  • À Forcalquier, le mouvement mise sur l’intersyndicale

    À Forcalquier, le mouvement mise sur l’intersyndicale

    Mobilisés sur le rond-point d’Intermarché samedi, de nombreux manifestants se réjouissaient de l’appel à la mobilisation intersyndicale du 5 novembre, espérant qu’il donne davantage de puissance à leur mouvement, plutôt affaibli dans les Alpes-de-Haute-Provence, où environ 80 personnes ont manifesté à Forcalquier et une petite centaine à Digne.

    Lucie, 16 ans, présente à toutes les manifestations lycéennes, était à Forcalquier. « C’est super important d’être là pour le 5 novembre. Cela va être une énorme grève. Avec mes potes, on est toujours prêts, on se met au courant de toutes les manifestations. On voudrait que le mouvement continue et ne s’essouffle pas », explique celle qui est scolarisée au lycée Esclangon, à Manosque.

    Une centaine à Digne

    L’adolescente se réjouit de la présence des syndicats : « Ils ont de l’expérience, ils savent les risques, ce qu’il faut faire si on se retrouve en garde à vue. On se sent protégés quand ils sont là ». « L’intersyndicale, c’est hyper important. Cela nous donnera plus de puissance, c’est évident », abonde Cécile Ahmed Abdi, enseignante à Sainte-Tulle et militante féministe engagée dans diverses associations. Elle sera mobilisée jeudi. « Jeudi, le monde du travail vient s’intégrer dans le mouvement », se réjouit Dylan, militant LFI.

    Lou Terrasson, 27 ans, intermittente du spectacle habitant Forcalquier, manifestait « pour la culture et contre les coupes budgétaires ». « Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres et je suis dans la catégorie des moins riches », regrette celle qui est particulièrement impactée par la hausse des prix du carburant, travaillant pour une compagnie de théâtre marseillaise, Peanuts. « Tout le monde est d’accord pour faire grève à la compagnie. » « Dès le 5, on ne consomme pas ! », lance Nelly, Gilet jaune de Forcalquier.

  • À Gap, les manifestants ne lâchent rien

    À Gap, les manifestants ne lâchent rien

    « Bienvenue, venez fêter les horreurs de ces neuf ans de macronisme ! Islamophobie, racisme,49.3, féminicides… et j’en passe », s’exclame un manifestant au micro, pour lancer la mobilisation gapençaise. Plus de 500 personnes ont défilé dans les rues du centre-ville, pancartes à la main. Une petite partie d’entre elles ont suivi le « dress code » et ont sorti les masques et costumes d’Halloween. « Pour jeudi, il faut convaincre encore plus de monde, poursuit le manifestant. C’est la grande grève, motivez-vous ! Jeudi, on paralyse le pays ! »

    Isa, qui travaille dans la restauration des milieux aquatiques, était déjà en grève lors de la mobilisation pour la fonction publique, en septembre, et le sera sans hésiter à nouveau le 5 novembre. « Je suis en raccord avec les valeurs de l’intersyndicale, et se mettre en grève, c’est aussi faire bouger les choses en interne », explique celle qui travaille dans une structure qui dépend du ministère de l’Écologie.

    « Jeudi, ce sera vraiment la convergence des luttes : qu’importe l’origine sociale ou le mouvent social, on est là pour les mêmes choses », affirme Guilhem, étudiant, qui se mobilisera également jeudi. « Il faut continuer, manifester, ça porte ses fruits. Tant que l’on aura pas ce qu’on voudra, il n’y a pas de raison que ça s’arrête », estime Rodolphe, venue avec sa fille Julie, lycéenne. Eux aussi seront dans la rue jeudi.

  • [Entretien] Emmanuelle Reungoat : « Le mouvement témoigne d’une vivacité démocratique »

    [Entretien] Emmanuelle Reungoat : « Le mouvement témoigne d’une vivacité démocratique »

    La Marseillaise : Assistons-nous à un retour des Gilets jaunes ?

    Emmanuelle Reungoat : Non, je ne le dirais pas comme ça. Ce que je trouve intéressant c’est la marque symbolique laissée par les Gilets jaunes et l’impact mémoriel qu’ils ont eu. C’est l’une des principales luttes qui a marqué les esprits au cours de la dernière décennie parce que c’est un mouvement qui a été fort, massif, long et qui a subi beaucoup de répression policière. C’est aussi un mouvement qui a proposé des modes d’action directs et qui avait un rapport au pouvoir assez frontal. Le mouvement des Gilets jaunes peut redescendre dans la rue mais il ne se reproduira pas de la même manière parce que c’est un mouvement singulier et très hétérogène.

    Qu’est-ce qui différencie le mouvement actuel de celui des Gilets jaunes ?

    E.R. : On a gardé en mémoire l’image d’un mouvement de ceux qui ont du mal à finir les fins de mois mais il était socialement plus hétérogène que ça. Il y avait aussi une hétérogénéité politique forte. Le mouvement actuel l’est un peu moins même s’il gagne en hétérogénéité en élargissant ses revendications. Un mouvement lycéen rejoint par des étudiants, ce n’est pas tous les jours mais c’est classique. Ces jeunes rejoints par la majorité des syndicats de travailleurs, ça l’est beaucoup moins. Mais le mouvement reste tout de même plus proche de l’univers large des valeurs de gauche, puisqu’il demande plus de services publics, plus d’État, et scande des chants antifascistes. Ce mouvement est donc plus marqué politiquement que celui des Gilets jaunes. Pour fonder un important mouvement social, il faut une désectorisation en mêlant différents secteurs professionnels. On se demande aujourd’hui jusqu’où peut aller ce mouvement.

    Les agriculteurs qui vivent une importante crise depuis plusieurs années pourraient-ils amplifier le mouvement ?

    E.R. : Les agricultures ont un traitement différencié. Il y a des mouvements que l’on va considérer comme plus légitimes que d’autres et qui ne vont pas être mobilisés par les mêmes forces politiques. Ce n’était pas non plus un corps de métier très mobilisé au moment du mouvement des Gilets jaunes. La profession a un réseau syndical professionnel qui, quand il se mobilise, a une force de frappe importante. Mais, même s’il y a eu un appel de la Confédération paysanne à rejoindre le mouvement, ce n’est pas une profession qui, historiquement, participe à la convergence. Dans le mouvement des Gilets jaunes, il y avait des secteurs professionnels très mobilisés que l’on a moins vus ou peu vu lors du mouvement actuel. Il y avait par exemple beaucoup de femmes travailleuses dans la santé, des infirmières, des aides-soignantes, des travailleuses à domicile. Je ne suis pas sûr qu’elles soient aussi présentes dans le mouvement actuel.

    Ne vit-on pas actuellement les conséquences de l’incapacité d’Emmanuel Macron de répondre aux revendications des Gilets jaunes à l’époque ?

    E.R. : Si, c’est très juste. C’est l’une des caractéristiques de ce gouvernement de se montrer incapable de se mettre en discussion avec la société civile ou avec d’autres forces sociales. D’autant que ce gouvernement a une légitimité électorale très relative depuis les dernières législatives. C’est très risqué de réduire les revendications de la population à des gestes de communication parce que le grand débat national d’Emmanuel Macron n’était pas une réponse, c’était un détournement de l’attention. Quand on fait ça, on prend le risque de saper les fondements démocratiques à savoir la croyance dans les institutions et la confiance dans les gouvernements. C’est ça que le président Macron paye aujourd’hui avec ce mouvement. Mais je trouve très positif qu’il y ait ce mouvement social très important qui se mette en place et notamment de la part des lycéens. Cela témoigne d’une vivacité démocratique. C’est plutôt une bonne nouvelle qu’une grande partie des gens croient encore en la politique pour changer la vie et pour formuler des demandes de transformation sociale.

    Comment ressortent les syndicats de cette situation ?

    E.R. : Il faudra du temps pour répondre à cette question. Le mouvement des Gilets jaunes était assez distant, si ce n’est assez méfiant, à l’égard des syndicats. C’était notamment lié aux trajectoires professionnelles des manifestants qui avaient évolué dans des secteurs où les syndicats ne sont pas présents. Dans le mouvement actuel, c’est différent, les syndicats sont au soutien des lycéens et des étudiants. L’un des effets forts des luttes sociales, c’est la mise en relation des différents acteurs qui peut perdurer dans le temps. Cela transforme les sociabilités et crée des réseaux qui peuvent se remobiliser après. Ça peut changer à bas bruit un paysage politique pendant plusieurs années.

    Comment analysez-vous la réponse policière du gouvernement ?

    E.R. : Il y a une forme de brutalisation du maintien de l’ordre qui a franchi une étape dans ce mouvement social. La réponse principale à ce mouvement est sécuritaire. Et il n’y a pas que de la répression policière, il y a aussi l’usage de l’appareil judiciaire avec beaucoup de garde à vue et beaucoup de comparutions immédiates. Les autorités utilisent aussi le droit administratif avec des restrictions de circulation, des interdictions de manifester dans certains lieux, dans certains centres-villes, etc. Tout cela est utilisé pour limiter le mouvement social et réduire les capacités de mobilisation. On franchit une étape en termes d’intensité, ce qui n’est pas du tout rassurant du point de vue de l’État de droit. Cela a deux effets : ça pousse certains à descendre dans la rue pour défendre leurs droits. Mais ça contribue aussi à la diminution du mouvement. On a beaucoup et très fortement critiqué la Pologne et la Hongrie ces dernières décennies, quand il y avait des restrictions des libertés publiques. On n’en est pas là, mais le risque est bien présent.

    Entretien réalisé par Tristan Arnaud

  • À Manosque, le projet de renouvellement urbain présenté au public

    À Manosque, le projet de renouvellement urbain présenté au public

    Plus de mixité sociale en mélangeant logements privés et sociaux : tel est l’objectif affiché du projet de renouvellement urbain du quartier prioritaire Alicante – les Plantiers, présenté jeudi soir lors d’une réunion publique organisée au cinéma CGR, à Manosque. « Le projet a démarré en 2018 avec ce qu’on appelle le NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain), créé pour mener à bien la politique de reconquête de certains espaces publics qui abritaient des populations fragiles qui vivaient très en deçà des seuils de pauvreté, comme c’est le cas sur le quartier Alicante, en déshérence depuis de trop nombreuses années », a expliqué le maire, Camille Galtier, également président de l’intercommunalité DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération).

    Deux bâtiments abritant des logements sociaux ont déjà été démolis dans le cadre de ce projet, et un troisième viendra s’ajouter prochainement. Ce dernier, l’Alicante, a pris du retard en raison de la résistance d’un propriétaire qui refuse de vendre son logement au prix proposé par l’agglomération. Le bâtiment devrait être démoli « d’ici quelques semaines », selon le maire, dont le but est de « tout détruire d’ici le mois de janvier ». Il s’est défendu face aux critiques jeudi, avançant que tous les habitants avaient été indemnisés et relogés dans « des logements de meilleure qualité ».

    Une deuxième médiathèque, un hôtel d’entreprises et une maison France Services doivent notamment être implantés dans le futur quartier transformé, qui sera renommé Pompidou. Le projet doit être livré dans sa totalité fin 2030, et la première livraison devrait avoir lieu en juin 2029 avec le CCAS.

  • À Nîmes, les femmes de chambre en grève depuis plus d’un mois

    À Nîmes, les femmes de chambre en grève depuis plus d’un mois

    Après un pique-nique solidaire devant l’Imperator le 15 octobre dernier, les femmes de chambre ont reçu le soutien de 3 000 personnes le 17 octobre. En effet, pour la journée de mobilisation, le cortège nîmois s’est arrêté devant l’hôtel de luxe pour marquer son soutien à leur combat. « Cette mobilisation montre que les enjeux de rémunération, de pénibilité, d’effectifs et de conditions de travail dépassent le seul cadre de l’établissement. Après plus d’un mois de mobilisation, les témoignages de solidarité toujours plus nombreux renforcent la détermination des femmes de chambre à poursuivre leur combat », souligne David Goslin, le délégué syndical CGT de l’Imperator qui accompagne cette mobilisation depuis le début. Une caisse de grève, via notamment une cagnotte Leetchi*, a également été ouverte pour les soutenir, avec déjà de nombreux dons.

    Déjà en grève durant l’été, les femmes de chambre se sont à nouveau mobilisées à partir du 18 septembre, souhaitant que cette grève en pleine feria fasse plier la direction. Elles réclament notamment une « revalorisation salariale du taux horaire brut de 12,31 à 13,17 euros » (soit 86 centimes de l’heure), des effectifs « adaptés à la charge réelle de travail », des temps de nettoyage « réalistes » et des équipements « ergonomiques adaptés » ainsi qu’une « meilleure prévention des troubles musculosquelettiques et la reconnaissance de la pénibilité de leurs métiers ».

    Après plus d’un mois de grève et de débrayages, la direction n’a consenti qu’à tenir deux réunions de négociations qui n’ont pas permis d’entériner un accord. « Cette absence de nouvelle rencontre constitue une préoccupation majeure », précise David Goslin.

    L’inspection du travail saisie

    Depuis le début du mouvement, la CGT dénonce les actions de la direction, qu’elle accuse de vouloir contourner le droit de grève de ses salariés d’abord par l’embauche de personnels en CDD aux premières heures de la grève puis en faisant appel à « des personnels cadres du siège du groupe Centaurus dans les activités d’entretien des chambres de L’Imperator ». La CGT dénonce notamment que cette nouvelle organisation ait été décidée « sans information ni consultation préalable du CSE ».

    David Goslin a d’ailleurs saisi à plusieurs reprises l’inspection du travail à ce sujet. La dernière saisine date du lundi 19 octobre : « La CGT considère que le recours répété à des cadres du siège pour effectuer l’entretien des chambres alors que les salariées du service sont en grève nécessite un examen attentif. Il appartiendra à l’Inspection du travail d’apprécier les faits signalés », précise-t-il.

  • Manosque tient tête à l’autoritarisme

    Manosque tient tête à l’autoritarisme

    Plus d’une centaine de manifestants se sont rassemblés samedi matin sur le rond-point de l’A51, à côté du péage de Manosque, avant que la préfecture ne prenne un arrêté d’interdiction de manifester. Alors qu’une chorale militante et itinérante à vélo apprenait des chants de lutte internationaux aux manifestants, les forces de l’ordre sont allées à leur rencontre sur le rond-point et leur ont demandé de se disperser, leur manifestation n’ayant pas été déclarée en préfecture. « La préfète est en train de prendre un arrêté d’interdiction de ce rassemblement illégal », leur a annoncé Jean-Luc Thaon, le chef de circonscription de Manosque au commissariat de police nationale. « Vous avez une obligation légale de déclaration », leur a-t-il expliqué. « Il n’y avait pas de demande d’autorisation la semaine dernière, et ça s’est très bien passé. C’est un État autoritaire ! », a réagi Éliane, gilet jaune historique dans le département, au mégaphone. Des manifestants ont suggéré de se rendre à Forcalquier, « capitale de la contestation dans le département », pour protester contre un événement organisé pour octobre rose.

    « Une casse systématique des services publics »

    « La CGT participe au mouvement parce qu’on est sur les mêmes axes de revendication par rapport à la vie chère, au prix de l’essence, à la jeunesse », a expliqué Olivier Ponce, professeur au lycée Beau de Rochas à Digne et représentant de la CGT éduc’action, espérant que le mouvement « monte crescendo », malgré la baisse de la mobilisation dans le département.

    Nadège Bonanno, secrétaire de la CGT de l’hôpital, a expliqué que le syndicat n’avait pas déclaré la manifestation en préfecture pour ne pas se faire accuser de récupération, mais soutenait le mouvement. « Il faudrait que les gilets jaunes déclarent, on peut les aider pour le faire. »

    « Il y a une casse systématique des services publics, de l’éducation, de la santé », déplore Jean Michel Münch. « Mon neveu a jeté des œufs sur les flics samedi à Marseille, il a pris 12 mois, 6 avec bracelet et 6 avec sursis, c’est disproportionné ! », regrette Érin*, professeure manosquine depuis 25 ans. « Parcoursup m’a envoyé mon fils à Briançon, alors j’ai un loyer à payer à Aix et un à Briançon. Je ne pourrais pas m’en sortir financièrement sans mon conjoint, avec deux enfants en études. »

    « On refait 1789 pour ne pas revivre 1939 », avait écrit une manifestante sur son tee-shirt.

    * Le prénom a été modifié

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Le combat syndical contre l’impérialisme

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Le combat syndical contre l’impérialisme

    Ainsi, tout convergeait pour mettre en échec les fauteurs de guerre et, de fait, une 3e guerre mondiale serait écartée, la paix reviendrait au Vietnam et en Corée.

    Ceux qui croyaient avoir réduit la classe ouvrière à l’impuissance après la scission, pensant qu’elle était incapable d’avoir des forces pour secouer la misère, et qui luttaient contre la paix, constatèrent que les travailleurs n’acceptaient plus de jeûner dans leur propre intérêt et ce que les gouvernements redoutaient le plus, ce n’était pas la misère des ouvriers, mais les manifestations de leur colère !

    Ce qui est certain, c’est que sans la lutte incessante et courageuse de la classe ouvrière, sans les progrès sensibles réalisés dans l’unité d’action, cette situation aurait été encore plus sombre. Pressés par leur maître américain, nos gouvernants recherchaient de nouvelles méthodes pour imposer leur politique impopulaire. Le seul moyen pour parvenir à leur fin, c’était les atteintes à la démocratie sociale. Ils s’orientaient de plus en plus vers un autoritarisme d’État. Le droit de grève était battu en brèche. De Gaulle proclamait dans chacun de ses discours sa prétention d’amoindrir le rôle des syndicats et de les remplacer par un système de cogestion et de participation… qu’il baptisa association Capital-Travail.

    Exploitation des travailleurs des pays d’outre-mer

    Les travailleurs savaient que le grand patronat finançait la propagande démagogique et mensongère des représentants des classes possédantes par les profits réalisés sur la misère. C’était bien évident, et personne ne peut rien contre cela, la classe ouvrière défendait son pain, ses libertés et la paix avec le même soin, la même ardeur qu’elle apportait dans ses luttes quotidiennes.

    Les délégués à ce congrès dirent de quelle façon s’était aggravée leur propre situation au fur et à mesure que les impérialistes français transformaient leur pays en base militaire. La politique de guerre développe la misère, comme le dénonçait le délégué de Conakry. Les délégués ouvriers CGT étaient chassés des administrations, comme Abdoulaye Dialo, parce qu’il était vice-président de la FSM, Sekouroum et tant d’autres.

    Nous recevions des appels pathétiques de nos camarades de la Martinique, de Madagascar, du Maroc, de l’Algérie, où les travailleurs réagissaient contre l’impérialisme. Leurs écrits, leurs déclarations montraient que tous ces pays accordaient une confiance absolue à la CGT et à la FSM.

    Dans le but de combattre cette influence et de duper les travailleurs de ces pays pour les entraîner dans une politique de guerre, les impérialistes usaient de leurs moyens habituels : la répression et la division.

    à suivre la semaine prochaine…

  • La Marseillaise et Divergence, un bouquet de bonnes ondes

    La Marseillaise et Divergence, un bouquet de bonnes ondes

    Quatre ans d’un partenariat riche en émissions « Quoi de neuf », commencé en septembre 2022 et devenu depuis une aventure collective, dans un nouveau lieu pour un nouveau projet. Nous pouvons résumer en ces termes le compagnonnage de La Marseillaise avec radio Divergence, une des plus anciennes radios associatives de Montpellier et de sa région.

    Avec sa signature sonore inimitable (à la pointe des musiques actuelles) et une grille d’émissions aussi variée qu’instructives et ludiques, Divergence s’est développée sans renier ses origines historiques, celles des radios libres, citoyennes et impertinentes. Une « ligne éditoriale » en phase avec les valeurs de La Marseillaise, née dans la Résistance en décembre 1943 et toujours animée, en 2026, par l’exigence de l’information juste et des combats progressistes du mouvement social et politique. Pour Divergence, la question sociale est aussi au cœur de la plupart de ses émissions. « Nous sommes en train de travailler à un partenariat avec la CGT de l’Hérault », précise Bruno Bertrand, le directeur des programmes.

    Football féminin et LineUp

    Cette dimension sociale se traduit également par le choix de confier des émissions à des associations telles que la Fédération des aveugles de France. Autre projet en cours de construction « un partenariat avec le Montpellier Football Club, 100% féminin, auquel La Marseillaise sera partie prenante », ajoute Bruno Bertrand. Ce sera une façon différente de raconter le sport et d’accompagner la croissance à échelle humaine de ce club qui évolue dans l’élite. La dimension culturelle, dans l’ADN de Divergence, prend également un nouvel élan puisque la radio travaille avec le tiers lieu « Restanque » géré par LineUP, fabrique culturelle et artistique. Le site est à proximité du pôle médias composé de radio Divergence, radio Clapas, autre grand média associatif de Montpellier, et de La Marseillaise. Un quartier en pleine transformation, baptisé Montpellier Sud où le pôle médias entend jouer un rôle citoyen. Aux côtés de Bruno Bertrand, pour mettre en ondes la grille des programmes de Divergence, diffusés sept jours sur sept, la réalisatrice Alice Rollet est aux manettes de la console à raison de « cinq à six enregistrements par jour » et d’« une dizaine de diffusions quotidiennes », explique la jeune femme. « La diversité des animateurs fait que chaque émission ne se ressemble pas. » Un métier où il faut conjuguer savoirs techniques et sens de l’humain puisqu’une trentaine de bénévoles assurent les émissions. Alice Rollet insiste aussi sur l’importance de la médiation, sa formation d’origine, avant de devenir une professionnelle de la radio. « Nous devons créer du lien avec le public », conclut Alice Rollet. Une ambition reçue cinq sur cinq.