Tag: Social

  • [Contre les Violences faites aux mineurs] À Volx, des soupçons de maltraitance sur des enfants placés

    [Contre les Violences faites aux mineurs] À Volx, des soupçons de maltraitance sur des enfants placés

    Des mineurs placés par l’ASE « forcés à travailler dans des champs », une animatrice leur faisant des « bisous sur la bouche » et des « massages sensuels »… Plusieurs salariés d’une structure accueillant des enfants placés à Volx (Alpes-de-Haute-Provence) ont été licenciés, ces derniers mois, après avoir dénoncé des agressions sexuelles et des maltraitances sur les mineurs.

    La secrétaire du syndicat départemental de FO action sociale, qui a accompagné des salariés licenciés de la structure d’accueil, évoque « un climat de terreur et d’intimidation » et « une peur des représailles » chez les salariés, qui relatent des « pressions » et des « menaces » lorsqu’ils tentent de dénoncer les faits.

    Les salariés dénoncent également la « prostitution » d’une des jeunes filles placées au sein de la structure. Selon eux, le directeur envoyait les jeunes travailler sur son exploitation agricole, dans les champs, « ramasser des cailloux lorsqu’ils étaient punis ». Un enfant de 16 ans, qui s’en était plaint à l’école, aurait été « intimidé » par le directeur. « Tout est fait pour que les enfants ne parlent pas. Les salariés sont licenciés les uns après les autres dès qu’ils ouvrent la bouche », expliquent des salariés. « On est toutes sous cachets, on prend des antidépresseurs. Il nous a usées, regrette l’une des animatrices. C’est l’omerta, la pègre. »

    D’anciens salariés dénoncent également des insultes proférées par le directeur à l’encontre des enfants, comme « bande de petits PD », « bande de putes », ou « si t’es pas content, rendez-vous au dojo, je vous éclate ». Ils affirment également que le directeur parlait en détail de sa vie sexuelle et « d’échangisme » aux enfants. Un éducateur serait par ailleurs « très tactile » avec les enfants et aurait « dormi » avec une enfant placée, selon les salariés rencontrés. Cette enfant est cependant revenue sur ses déclarations par la suite.

    Le Département étudie

    le dossier

    Six salariés auraient été licenciés et l’un d’entre eux aurait démissionné. Deux autres ont attaqué le directeur aux prud’hommes. « On ne lâchera pas ce dossier », lance la secrétaire du syndicat départemental de FO action sociale. Toujours selon les anciens salariés rencontrés, le directeur aurait pour projet de partir en Algérie dans la semaine pour échapper aux poursuites, ce qu’il nie.

    Le syndicat FO a eu un rendez-vous, mercredi au Département, responsable de l’ASE, avec notamment la directrice adjointe du pôle solidarités, pour évoquer le sujet. Le syndicat a également réalisé un signalement au procureur et à la préfecture. « Le Conseil départemental prend ces signalements avec le plus grand sérieux. Dès leur connaissance, les informations reçues ont fait l’objet d’un examen attentif et les démarches nécessaires ont été engagées », indique le Département.

    Selon les anciens salariés, deux structures appartenant au même propriétaire, à Saint-Michel-l’Observatoire et à Volx, ont déjà été fermées après la perte de leur agrément.

    Rencontré sur place, le directeur nie les accusations et les insultes. Il explique que les enfants ramassaient des légumes sur son exploitation pour les consommer par la suite. Il accuse en retour les salariés licenciés de maltraitances sur les enfants.

    « Tout est fait pour que
    les enfants ne parlent pas »

  • 170 caravanes bloquent le village d’Oraison

    170 caravanes bloquent le village d’Oraison

    Une ville en état de siège » : tels étaient les mots du maire d’Oraison, Benoît Gauvan (Renaissance), pour décrire la situation tendue, dimanche soir : 170 caravanes de gens du voyage ont bloqué la commune et la sortie d’autoroute pendant plusieurs heures, tentant de rejoindre l’hippodrome, alors qu’une aire de grand passage est prévue pour les accueillir.

    « On a agi de manière respectueuse envers cette communauté en mettant à disposition ce terrain, en investissant, en faisant en sorte de les accueillir dans de bonnes conditions. Quand vous vous retrouvez dans une ville en état de siège, toutes les rues du village étaient bloquées, le rond-point d’entrée était bloqué, l’accès autoroute était bloqué, je trouve que le respect en face n’a pas été là », a-t-il regretté, lundi, lors d’une conférence de presse aux côtés de la préfète Isabelle Tomatis et du président de Durance Luberon Verdon Agglomération, Camille Galtier (DVD).

    « Quelle image on donne quand on demande à des maires de s’engager, de faire des aires permanentes et quand on envahit de cette manière-là un village qui a fait l’effort de le faire ? , s’est-il interrogé. « Hier, ils ont rasé quatre ans de travail d’acceptation par la population. »

    La préfète a elle aussi « regretté » et « dénoncé un comportement à la fois irresponsable et intransigeant de cette communauté », qui a refusé de s’installer sur l’aire de grand passage prévue à cet effet. « L’argument qui est avancé est de dire que l’aire ne correspond pas à la loi qui demande 4 hectares. Or, la loi dit aussi qu’il peut y avoir des dérogations de la part du préfet et c’est précisément dans le cadre de cette dérogation, parce qu’il était très difficile de trouver un terrain de 4 hectares à l’époque, que le schéma départemental avait validé le principe de deux aires d’accueil, explique la préfète. Nous sommes à la moitié de la mise en œuvre de ce schéma départemental, mais toujours étant, sur Oraison, il y avait une aire de grand passage prête à accueillir une communauté des gens du voyage, quand bien même elle n’avait pas annoncé son arrivée. »

  • À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    Voilà 137 ans que la IIe internationale socialiste, réunie à Paris le 20 juillet 1889, a décidé de faire du 1er mai une journée de manifestation dédiée aux droits des travailleurs. Sanctuarisée au fil du temps, elle devint un jour férié et chômé en France en 1946, et est célébrée dans le monde entier en tant que Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs.

    Une loi « au nom du profit »

    Sauf que cet acquis est aujourd’hui remis en cause. Il l’a d’abord été de manière diffuse par François Bayrou, qui, alors Premier ministre, proposait en juillet 2025 de supprimer deux jours fériés, sans les cibler précisément, pour générer des recettes supplémentaires dans le cadre du projet de budget 2026. En avril, son successeur, Sébastien Lecornu, a remis l’idée sur la table en autorisant « les boulangers indépendants artisans, les fleuristes indépendants artisans (à) ouvrir ce 1er-Mai ». De quoi ouvrir une brèche, après avoir repoussé, sous la pression syndicale, un projet de loi. C’est une proposition de loi qui sera examinée par le Sénat ce 16 juin examinera. Si elle se limite aux boulangers et fleuristes, le danger de la généralisation est réel.

    De quoi susciter la colère de l’intersyndicale Unsa-CGT-Solidaires-FSU dans le Var. « Après les retraites, les droits sociaux et les services publics, le gouvernement veut banaliser le travail le 1er-Mai au nom du profit et des lobbies économiques », dénonce-t-elle, appelant à se mobiliser ce même jour, à 12h, devant les locaux de l’Union patronale du Var.

    « Faire travailler davantage celles et ceux qui peinent à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix [..], aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain », pointent les syndicats, qui dénoncent également les manœuvres de « l’extrême droite, [qui] tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat. Elle vote contre les intérêts des salariés, les droits syndicaux, les solidarités ». Avant de conclure : « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division ! »

  • Le savoir se partage en plein air à Montpellier

    Le savoir se partage en plein air à Montpellier

    Dimanche 7 juin, au pied d’un immeuble du quartier populaire de La Paillade, les « Cours dehors » ont fait leur retour dans une édition spéciale consacrée aux oraux du bac. Trois élèves de Première et trois de Terminale y ont présenté des sujets susceptibles de tomber en fin de mois : littérature pour l’oral de français, économie, sciences ou philosophie pour le grand oral.

    Un second rendez-vous est prévu dimanche 14 juin à 15h au Jardin des Plantes, pour poursuivre cette mise en partage des savoirs avec les habitants.

    Cette initiative s’inscrit dans PailladeCampus, projet porté depuis plus de cinq ans par Nourdine Bara avec l’idée de faire de La Paillade une école à ciel ouvert. « J’ai cette sensation que libérer les savoirs enfermés, libérer la jeunesse dehors, est de nature à réenchanter un tout petit peu nos vies, à transfigurer la ville, à lui amener ce qui lui manque d’espoir, ce qui nous manque de solidarité, ce qui nous manque de dialogue entre la jeunesse et le public », explique-t-il.

    Les élèves prennent ainsi la parole dans des parcs, sur des places, au pied des immeubles, devant les habitants, dans un cadre qui donne à l’exercice scolaire une portée collective.

    Jeunesse ambassadrice

    de savoirs

    Pour Nourdine Bara, l’école dehors telle qu’il la défend ne consiste pas seulement à déplacer les cours dans la nature. « On est vraiment dans une autre idée de relation à la ville, de relation aux habitants », souligne-t-il. À La Paillade, les jeunes sont placés « au cœur de la cité » avec une « fonction sociale » : partager des connaissances. « C’est une jeunesse ambassadrice de savoirs sur l’espace public », précise-t-il avec fierté.

    L’enjeu, insiste-t-il, dépasse la préparation scolaire. « J’aime l’idée que ces jeunes, qui vont présenter un devoir qui normalement est à usage unique devant un jury, trouvent à cet effort une autre gratification », confie-t-il. Dans la rue, ils peuvent éprouver « le plaisir très humain d’avoir intéressé des gens, d’avoir suscité des questions et des encouragements ». L’exercice peut aussi les aider à aborder l’oral « plus en confiance ».

    Mais Nourdine Bara place surtout son projet du côté du lien social : « Ce qui m’intéresse, c’est qu’il leur reste quelque chose qui grandit l’être qui est en eux. » Une ambition appelée à s’élargir dès la rentrée prochaine, avec la Maison de l’architecture de l’Occitanie Méditerranée : « On va travailler avec un urbaniste, des élèves en architecture, des concepteurs d’agora, pour déterminer dans la ville ces endroits où nous pourrions, comme à La Paillade, créer des lieux de rendez-vous récurrents où des jeunes, de tout-petits jusqu’à des universitaires, viendraient faire le partage de savoirs au micro. » À La Paillade, le savoir ne se récite plus seulement devant un jury : il se partage, dehors, avec toute la ville.

  • [Entretien] Frédéric Souillot, FO : « Arrêter de penser que le service public est un coût »

    [Entretien] Frédéric Souillot, FO : « Arrêter de penser que le service public est un coût »

    La Marseillaise : Quels sont les enjeux sociaux du moment selon vous ?

    Frédéric Souillot : Les enjeux sociaux dans le pays à l’heure actuelle, c’est la remise en cause de notre protection sociale collective en permanence. On l’a vu encore cette semaine avec les programmes des uns ou des autres. Donc pour contrer cela, on s’est mis d’accord entre les organisations professionnelles et les cinq organisations syndicales représentatives pour parler d’agenda autonome. Et on se voit la semaine prochaine, le 18 au soir, pour parler de notre agenda social autonome. Dans cet agenda social, on va parler de modèle productif à quatre quinquennats. Et autour du modèle productif, comment est-ce qu’on parle de transport, logistique, services et protection sociale collective. Et une discussion pour la reprise de la gouvernance de notre système de retraite par répartition par les employeurs et les salariés, ce que nous avions jusqu’en 1996. C’est nous qui définirons les orientations, les montants des cotisations pour les uns ou pour les autres, une gestion paritaire, comme on le fait pour notre retraite complémentaire. Je me dis que, dans un contexte de budget d’austérité, quand nous reprenons la main, nous, pour la pratique contractuelle et conventionnelle, c’est une bonne idée. Ce n’est pas qu’on ne travaille pas assez, c’est que nous ne sommes pas assez nombreux à travailler. On a le taux d’emploi des 15-25 ans 8 points en dessous de celui de l’OCDE. Au niveau de l’Europe, on est à 17 points en dessous. Et au niveau des seniors, 55-64 ans, on a encore le plus bas taux d’emploi de toute l’Union européenne. Donc on doit reprendre les choses en main, les interlocuteurs sociaux.

    Quels sont les combats, les luttes sociales à venir dans les prochains mois selon vous ?

    F.S. : Dans les prochains mois, c’est comment est-ce qu’on arrive à arrêter de penser que le service public et le service public de proximité, c’est un coût. C’est une richesse à chaque crise, et, une fois les crises passées, ça redevient un coût. On ne regarde les choses que sous le volet économique. À partir du moment où l’État ne garantit plus l’égalité partout dans les départements ou sur les territoires, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Où que je me déplace, c’est les mêmes discussions : les fermetures de classes, de lits d’hôpitaux. Quand on va se revoir la semaine prochaine, on va certainement parler de mobilisation. Je ne sais pas comment on la fera. Depuis la loi sur la représentativité, les organisations syndicales, on a l’air de s’entendre tous, mais on se fait aussi la course à l’échalote sur les élections. Donc on va se voir et en parler pour la rentrée de septembre.

    Est-ce qu’il y a des dates importantes à venir pour FO ?

    F.S. : On va créer une date importante pour nous. Au mois d’octobre, on va faire une journée sur l’industrie et la réindustrialisation, et je veux débattre avec le ministre de l’Industrie. Je sais que sur le fond, il est d’accord avec nous. On doit réindustrialiser. Comment est-ce qu’on fait une conditionnalité des aides publiques versées aux entreprises pour maintenir l’emploi ? Comment est-ce qu’on reparle de souveraineté industrielle ? Et la souveraineté industrielle, ce n’est pas un gros mot. Ce n’est pas un mot politique. C’est ce qui fait la souveraineté de notre République.

  • La CGT de l’hôpital d’Arles vent debout contre la fusion des services

    La CGT de l’hôpital d’Arles vent debout contre la fusion des services

    « Nous avons déclaré l’alerte aux risques psychosociaux car les agents sont en pleurs dans nos bureaux. » L’air est soudain devenu glacial à l’entrée du centre hospitalier d’Arles ce jeudi après-midi, à l’écoute de la secrétaire générale du syndicat CGT Anne-Marie Lesage. Le syndicat a tenu une conférence de presse en plein air avec les agents de l’hôpital pour alerter le public sur les conditions de travail.

    Particulièrement en ce qui concerne l’organisation du service de cardiologie, qui est prévu de fusionner avec celui de gastro-entérologie. « La direction veut supprimer 28 lits dans ces deux services, au prétexte que nous ne sommes pas remplis », explique la syndicaliste. Conséquence première, les agents « changent tout le temps d’horaires ce qui complique énormément la vie de famille », détaille-t-elle. « C’est aussi notre organisation personnelle qu’ils remettent en cause » tance Julie* aide-soignante du service de cardiologie, « c’est annoncé pour dans 15 jours, au mépris total des agents et des usagers », insiste-t-elle.

    Des risques sanitaires ?

    Cette décision inquiète également les agents pour leurs patients. Amélie*, infirmière en cardiologie, fait part d’un « manque de formation dans les spécialités » des patients d’autres services hébergés en cardiologie. Alors, la demande d’une infirmière en renfort a été faite. « Demande refusée, manque d’argent oblige », lâche-t-elle.

    « On fait de la cardio depuis longtemps, faire une autre discipline dans deux services est dangereux pour les patients », insiste Sylvie, une troisième infirmière de cardiologie, déplorant « deux-trois jours de formation » seulement.

    Et soulève un autre problème : « Les patients en gastro-entérologie, qui viennent par exemple pour une coloscopie, ne sont pas “propres” par rapport à ceux de cardiologie, où on accueille des soins intensifs, dont des arrêts cardiorespiratoires. » « Ils veulent fusionner deux spécialités différentes avec des pathologies incompatibles dans un même service, ce qui met à mal la qualité des soins », reprend sa collègue Amélie, parlant de « risques pour les patients différents aussi ».

    Le dialogue social est malgré tout compliqué. « Quand on parle de revendications ou de fatigabilité, qui se reporte sur les patients, on nous répond qu’on exagère, et que personne n’est irremplaçable », déplore Sophie. « On travaille dans le stress et sous tension en permanence. La direction vient nous voir pour faire des annonces de changement de planning en pleine journée difficile, c’est désolant », se déleste l’infirmière. Sa collègue Julie l’assume : « Beaucoup d’agents cherchent ailleurs, et moi j’attends une nouvelle affectation. Ce projet de fusion ne me plaît pas et après 26 ans de cardiologie comme aide-soignante je suis contrainte de partir. »

    Un plan d’efficience

    Suppression de deux aides-soignantes sur trois au bloc opératoire, manque de personnel, de formation, suppression de lits, fusion de services : l’éléphant dans la pièce est le plan d’efficience de l’Agence régionale de santé (ARS) dénoncé par la CGT. « On fait des économies sur le personnel », tranche Anne-Marie Lesage. « Comment allons-nous soigner la population du territoire ? La direction répond à nos alertes en disant c’est obligé, c’est l’ARS. Mais ça ne nous satisfait pas », insiste-t-elle. « On cotise tous pour avoir droit à des soins de qualité sans regarder son statut social », objecte son collègue brancardier.

    « L’opposition est complètement solidaire avec vous face à cette casse du service public », assure aux agents Lucille Venet, élue de l’Union pour Arles au conseil municipal.

    La revendication principale reste l’arrêt de la fusion de ces deux services.

    * Les prénoms ont été changés

  • À Manosque, des agriculteurs sensibilisés aux risques

    À Manosque, des agriculteurs sensibilisés aux risques

    Risques chimiques, harcèlement au travail, violences sexistes et sexuelles… Une dizaine de travailleurs du secteur agricole ont assisté à une journée de prévention des risques chimiques et psychosociaux, ce jeudi.

    « 50% des salariés sont en détresse psychologique, tous secteurs confondus, et le secteur agricole est particulièrement touché », avance Caroline Mantero, responsable du service politique travail de la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP). « C’est un vrai danger qu’on a du mal à appréhender. Cette journée donne des éléments de bonnes pratiques et permet de faire de la prévention avant que le risque naisse », explique-t-elle.

    « Le stress est un phénomène biologique totalement naturel, une réponse du corps pour pouvoir agir et faire face à une situation. Mais le cortisol, l’hormone du stress, devient problématique et peut causer des pathologies si on en sécrète tout le temps », a expliqué Sandrine Mocaer, ingénieure de prévention à la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets).

    Elle a ensuite listé les facteurs de risque pouvant conduire à l’apparition de troubles psychosociaux : l’intensité et la complexité du travail, les exigences émotionnelles, les rapports sociaux, les conflits de valeurs ou encore l’insécurité du travail.

    Caroline Mantero a ensuite donné des exemples de cas de harcèlement au travail reconnus par la Cour de cassation, comme être sollicité pour des dossiers en cours alors qu’on est en arrêt maladie. Elle a rappelé l’obligation de nommer un référent violences sexistes et sexuelles pour les entreprises de plus de 250 salariés, et l’obligation de lancer une enquête en cas de droit d’alerte du CSE concernant une situation de harcèlement moral ou sexuel. Une procédure de recueil des plaintes doit être mise en place, comme par exemple une boîte mail dédiée. Un signalement doit être accusé de réception, des échanges doivent être mis en place et un compte rendu doit être rédigé à chaque étape. Les travailleurs agricoles présents l’ont notamment interrogée sur les délais de prescription en cas de harcèlement au travail.

    La déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité femmes-hommes a ensuite fait un point sur les violences sexistes et sexuelles, rappelant qu’une femme sur deux a déjà été victime d’une forme de violence sexiste ou sexuelle au cours de sa carrière. « Seulement 5% des cas sont portés devant la justice », a-t-elle détaillé.

    Limiter la contamination de produits chimiques

    Les risques chimiques ont ensuite été abordés pendant l’après-midi. « Les produits chimiques, c’est aussi ce qu’on ne fabrique pas volontairement, comme le vin ou les poussières de bois cancérigènes », a précisé Amal Belghazi, chargée de la prévention en agriculture pour la Dreets. Elle a rappelé que la réglementation imposait des pictogrammes et qu’un produit naturel pouvait aussi être un produit chimique dangereux, comme l’amiante ou le pétrole, cancérogènes. « La première cause de maladie professionnelle, c’est les poussières de farine, qui causent des problèmes respiratoires, a-t-elle expliqué. Quand je perce un mur, je peux être exposé à des produits chimiques dangereux. » La voie cutanée est la principale voie d’exposition, mais reste pourtant la moins bien appréhendée.

    Amal Belghazi a insisté sur l’importance de limiter la contamination en veillant à l’hygiène des vêtements de travail, afin d’éviter que les produits phytosanitaires utilisés sur le lieu de travail ne soient ramenés au domicile.

    Des visites médicales post-exposition doivent être organisées pour les salariés exposés aux risques, et les risques particuliers doivent être déclarés, a rappelé Karine Vinci de la DDETSPP 04. Les travailleurs agricoles volontaires ont ensuite participé à un cas pratique : un salarié retrouvé inanimé dans une chambre froide à atmosphère contrôlée.

    Cette journée de prévention est organisée, chaque année, pour les travailleurs agricoles, employeurs ou salariés. L’année dernière, ce sont les risques liés à la chaleur et les logements saisonniers qui avaient été mis à l’honneur. Ces journées sont organisées par la Commission paritaire hygiène, sécurité et des conditions de travail en agriculture (CPHSCT), dont les membres sont désignés par les syndicats.

    En 2024, un quart des maladies professionnelles étaient liées au risque chimique et le nombre de maladies professionnelles des agriculteurs reconnues par la MSA était en hausse de 8%.

  • Des aménagements en faveur de l’inclusion aux calanques

    Des aménagements en faveur de l’inclusion aux calanques

    « Tu entends ? On est face à la mer. » Marine, 22 ans, est accompagnée d’Ouban, son chien guide. Elle est en situation de déficience visuelle. Depuis 2008, les Parcs nationaux de France et l’Office français de la biodiversité (OFB), en partenariat avec GMF et la Fondation Covéa, mettent en œuvre des aménagements pour rendre les parcs nationaux accessibles aux personnes en situation de handicap. Cet engagement s’inscrit dans le cadre du mécénat « La nature en partage ». « Il y a une réelle volonté d’inclusion. L’objectif est de permettre à toutes les personnes qui n’ont pas l’occasion de venir de pouvoir accéder aux parcs », déclare Laurent Tollié, président de la Fondation Covéa.

    Depuis deux ans, une vingtaine de sorties en joëlette, un fauteuil tout terrain, ont été organisées aux côtés de l’association OCCP Trail La Ciotat (Olympic club des coureurs cyclistes). Frédéric Gaillanne, à l’origine de la Fondation Gaillanne, est venu essayer le dispositif, ce mercredi : « Je suis aveugle, mais ça permet aux personnes à mobilité réduite d’aller dans des lieux auxquels ils ne seraient pas allés d’habitude. » En 2003, il crée sa Fondation, une école de chiens guides destinés aux enfants aveugles et malvoyants. Marine en est une ancienne bénéficiaire. Elle a pu réaliser des balades sonores à la Fontaine de Voire, un autre dispositif proposé par le Parc. « J’ai envie qu’on me décrive le paysage, pas juste de marcher. Alors ça permet d’avoir un vrai accompagnement et de profiter plus de la randonnée », sourit-elle.

    Préserver et sensibiliser

    Autre temps fort de l’après-midi : les participants ont pu, aux côtés de deux écogardes du Parc national, vivre une expérience auditive et sensorielle. En touchant des herbes de posidonie ou en écoutant le chant du goéland, ils ont pu profiter pleinement du paysage des calanques. Présente sur place, la « calanque mobile » permet de déplacer plusieurs activités afin d’informer et sensibiliser la population sur la faune et la flore.

    Le Parc national « est l’un des plus fréquenté, de par son emplacement, situé entre un territoire urbanisé et naturel », souligne Frédérique Figueroa, responsable du service accueil des publics. Chaque année, le Parc national des Calanques accueille environ 4 millions de visiteurs.

  • À Sisteron, une crèche fermée après des arrêts maladie à la chaîne et un licenciement

    À Sisteron, une crèche fermée après des arrêts maladie à la chaîne et un licenciement

    La décision est tombée mardi soir : la crèche Les p’tits Babadins sera fermée pendant au moins trois mois, après que l’ensemble de ses salariés se soit mis en arrêt maladie sur fond de « management toxique ». L’une des salariées a elle été licenciée suite à une grève organisée en avril. 15 familles se retrouvent ainsi du jour au lendemain sans aucun mode de garde pour leurs enfants. « La réponse à la grève a été des sanctions, un licenciement et encore plus de toxicité dans le management », affirment les parents des enfants inscrits. « Les salariées sont encore en dépression, elles ne peuvent plus sortir de leur lit, elles pleurent tous les jours », décrit Audrey Marchal, mère d’un enfant gardé aux p’tits Babadins. Le nouveau directeur, arrivé il y a un mois, est lui aussi en arrêt maladie. « Il ne dort pas la nuit à cause du stress, il travaillait 50 heures par semaine », expliquent les parents. « Même les prestataires de musique ne viennent plus car ils n’étaient plus payés. Les prestations de ménage ont cessé. »

    Interrogée par un parent, la directrice d’exploitation a répondu ne « pas être en mesure de s’engager sur une réouverture à la rentrée ». Les parents ont du mal à trouver une solution pour faire garder leurs enfants, alors que les listes d’attente sont longues et que « les trois crèches municipales sont déjà pleines ». « Je m’arrange avec mon mari qui a pris des congés, mais je crains que l’un de nous perde son travail », témoigne une maman. Certains enfants font des terreurs nocturnes depuis la fermeture de la crèche. « Mon fils m’a dit qu’il pouvait se garder tout seul », rapporte Maëlia Paumard. Contactée, la direction n’a pas répondu à nos sollicitations. Le groupe d’opposition de gauche Demain Sisteron ! alertera de la situation au prochain conseil municipal.

  • La clinique Jeanne d’Arc d’Arles en plein malaise social

    La clinique Jeanne d’Arc d’Arles en plein malaise social

    « Humilier n’est pas diriger ». Ces mots peints sur un drap étendu à l’entrée de la clinique Jeanne d’Arc d’Arles, mercredi, donnent le ton du conflit social en cours.

    « La seule demande que nous avons est le départ de notre directeur », indique Violette Vigne, secrétaire CFDT du CSE. À l’appui, une vingtaine de salariés en grève, plus une trentaine en soutien devant les portes de l’établissement en début d’après-midi. La rencontre avec la hiérarchie territoriale a débouché sur la suspension du mouvement, « le temps de voir si leurs directives sont appliquées » au local, selon la déléguée syndicale CFDT Aurore Desgrippes.

    « Nous sommes en conflit permanent depuis un an », relève l’élue au CSE. À tel point que deux mains courantes ont été déposées par deux salariés, dont une pour agression physique, et qu’un troisième a pris les services d’un avocat.

    « Les membres du CSE, vous êtes pas allés à l’école, la syntaxe s’apprend au lycée ». « Elle, elle comprend pas le français, c’est normal ». Telles sont les citations rapportées par les personnels rencontrés.

    « L’absentéisme a triplé »

    En outre, « plusieurs salariés ont été rétrogradés ou mis au placard car notre directeur n’a simplement pas envie de travailler avec », rapporte Violette Vigne. « On parle du bras droit de la direction interdite de sortir de son bureau et exclue de toutes les prises de décision », précise Aurore Desgrippes, indiquant un « absentéisme qui a triplé en un an ».

    Contacté, le groupe Elsan propriétaire n’a pas répondu à nos sollicitations. « Au moindre débordement, on reprend la grève » prévient la déléguée syndicale.