« La seule limite à l’oppression, c’est la résistance à celle-ci ! ». Ce vendredi dans les locaux du Sporting club du Grand Port maritime de Marseille, Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional de la CGT Paca, tape du poing sur la table. Entouré par les représentants des Unions départementales CGT de la région, il vient délivrer un message fort : « On vit un moment de bascule, avec une remise en cause profonde de la démocratie sociale. La CGT est confrontée à grand nombre de situations qui nous préoccupent très fortement. »
Forcément, le lieu n’est pas choisi au hasard et illustre la « répression syndicale » que dénonce l’organisation : au cœur du Port, alors que le secrétaire général de la CGT du GPMM, Pascal Galéoté, est confronté à une procédure judiciaire dans l’affaire de la gestion du CSE (comité social et économique, lire nos articles du 27/04 et du 29/04). « On a choisi ce lieu car il symbolise ce que vit le monde du travail en matière de durcissement des rapports sociaux », résume Patrice Kantarjian. Avant de s’exprimer concrètement sur le fond du dossier où la justice reproche aux représentants de la CGT GPMM un « abus de confiance ». « On a plus que l’impression que c’est l’activité de la CGT, ultra-majoritaire sur le port, qui est visée. Les trois quarts des salariés du port ont voté pour la CGT aux dernières élections », rappelle le secrétaire. Et de développer : « En remettant en cause les fonctionnements des CSE, on remet en cause la démocratie sociale. Sous prétexte que des organisations minoritaires seraient lésées dans les moyens à disposition, ça remet en cause le vote des salariés du GPMM. » Un appel à la mobilisation, pour le 1er juin, date du rendu de la décision de justice autour des comptes du CSE du GPMM est lancé. « Chacun doit mesurer le poids de la décision qui sera prise. Nous serons tous très attentifs à ce qui sera décidé », prévient Patrice Kantarjian.
À cela s’ajoutent deux autres dossiers locaux, bien différents mais qui démontrent les mêmes attaques auxquelles fait face la CGT. « Une dizaine de camions de la gendarmerie ont été envoyés hier par le préfet pour déloger les salariés d’Eurenco du piquet ! Plutôt que de répondre aux sollicitations récurrentes de la CGT pour une médiation avec la direction, le préfet a une oreille bien plus attentive du côté de cette dernière », dénonce-t-il. Autre sujet d’inquiétude : la situation de la Bourse du travail d’Arles où la CGT est menacée d’expulsion par le maire. « Ce sont ses locaux historiques, que la CGT occupe depuis 126 ans. À Arles comme ailleurs, il est hors de question que la CGT se laisse déposséder des maisons des travailleurs. » D’où la revendication nouvelle « d’une loi pour sanctuariser les Bourses du travail » portée par le comité régional avec la confédération. Laquelle était représentée par Nathalie Bazire, secrétaire confédérale qui analyse cette accumulation d’attaques à l’encontre de l’organisation : « Les employeurs sont au service de l’extrême droite, car le syndicalisme est le dernier rempart contre celle-ci. Ce n’est pas nouveau, on l’a vécu avant la Seconde Guerre mondiale. » De quoi faire écho aux propos de Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’UD CGT Var : « On n’a pas connu d’attaques aussi massives et coordonnées du capital servi par l’extrême droite depuis bien longtemps. » Et Sylvain Moretti, son homologue du 04, résume le phénomène : « Pour remettre en cause les garanties collectives, la meilleure solution pour le patronat et l’extrême droite, c’est de s’attaquer aux dirigeants syndicaux qui portent des revendications d’un haut niveau. » Avant que Patrice Kantarjian ne tonne : « Sur tous les cas évoqués, la CGT ne sera pas spectatrice. »

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