Tag: monde du travail

  • [Travailleur d’aujourd’hui] Loïc, jeune pousse et grand talent

    [Travailleur d’aujourd’hui] Loïc, jeune pousse et grand talent

    Un parcours sans faute guidé par la quête de l’excellence, que le jeune homme explique simplement par le fait de « ne pas avoir peur de l’inconnu ». Pour la 25e édition du concours Talents des Cités, et après seulement sept mois d’existence de sa société, Maison Berthaz, il est devenu lauréat régional dans la catégorie « Jeune pousse », destinée aux entrepreneurs dont l’entreprise est immatriculée depuis moins d’un an. Dans le cadre du programme Entrepreneuriat Quartiers 2030, financé par l’État et la Banque des Territoires, ce concours est piloté par Bpifrance. Il récompense des créateurs d’entreprise ayant implanté ou souhaitant déployer leur activité dans les Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Loïc Sailler-Berthaz recevra son prix le 14 octobre à l’Épopée (14e), à Marseille, premier village de l’innovation éducative en France.

    Un parcours d’excellence

    Le parcours de Loïc Sailler-Berthaz est marqué par des rencontres, mais aussi par des odeurs pâtissières qui l’ont peu à peu construit et lui ont permis de réaliser un sans-faute. À 17 ans, son bac pro cuisine en poche, il enchaîne les stages. Il s’arrête sur celui en pâtisserie, chez Bricoleurs de douceur, à Marseille : « Je garde le souvenir d’une petite équipe chez Clément Higgins, le boss, au tout début de leur existence. Nous foncions les fonds de tarte un à un à la main, avec lui, avant de les cuire ». Il s’envole ensuite pour l’école Ferrandi, à Paris, qui forme l’élite de la gastronomie et du management, afin de préparer son CAP de pâtissier. Son alternance se déroule chez L’Éclair de Génie, célèbre enseigne française de pâtisserie et de chocolaterie haut de gamme fondée par le chef Christophe Adam. « Là-bas, c’est le souvenir olfactif de la pâte à choux qui reste gravé en moi. » À 18 ans, il change d’établissement et intègre l’École de boulangerie et de pâtisserie de Paris (EBP Paris). « Même réputation, encore plus sélectif, mais il se prépare à la mention complémentaire et au Brevet technique des métiers (BTM) ». Direction l’Atelier des gourmands, toujours à Paris, pour « se faire la main ».

    À 19 ans, Loïc Sailler-Berthaz se lance dans le BTM et entre en formation chez Ladurée pour réaliser des gâteaux. Il avoue : « On mangeait aussi des macarons ». Une expérience unique dans un grand atelier, avec de nombreux salariés, mais des méthodes de production restées artisanales. « On travaillait de nuit de 21h à 6h du matin. Il y avait beaucoup de jeunes. La cheffe qui occupait ce poste était très exigeante, mais il y avait une super ambiance. » Autre avantage de ce poste : le temps libre en journée lui permet de préparer des concours et de passer son permis de conduire. S’enchaînent alors le Festival national du croquembouche et la Coupe de France des écoles.

    Puis survient le Covid. Retour à Marseille pour la deuxième année de BTM au CFA du Beausset (Var), avec une alternance chez Torres (8e arrondissement de Marseille). Après un passage chez Lac, à Nice, il revient chez Torres. Loïc a 23 ans et son BM en poche : « Après 20h d’épreuves, je l’ai eu, mention Très bien, à 23 ans ». Une nouvelle expérience à Brignoles, chez Lafiteau, lui permet ensuite de progresser sur les exigences de qualité. Quelques années plus tard, le voilà installé au Carburateur, dans les quartiers nord de Marseille, où il développe aujourd’hui son activité de chocolatier.

    Maison Sailler-Berthaz.
    211 Chem. de la Madrague-Ville, 13015
    maisonsailler-berthaz.com

  • Parents d’élèves, enseignants et travailleurs aux côtés des jeunes

    Parents d’élèves, enseignants et travailleurs aux côtés des jeunes

    « Ils nous donnent une belle leçon. Quand je vois les lycéens, les étudiants et les adultes qui sont là aujourd’hui, ça promet des jours heureux ». Gilet blanc de la Ligue des Droits de l’Homme sur le dos, Bernard Eynaud, co-président de l’organisation pour les Bouches-du-Rhône a plus que l’habitude de battre le pavé et en a vu des défilés sur la Canebière. Pourtant, ce mardi, il a des étoiles dans les yeux devant la fougue et la ténacité de la jeunesse : « Ils portent des revendications importantes qu’il faut prendre au sérieux. Si j’étais jeune aujourd’hui, je serais également très inquiet ». Leurs revendications le concernent malgré l’écart générationnel : « Au-delà des questions factuelles, comme l’état des établissements, c’est l’inquiétude autour du dérèglement climatique, c’est le fascisme qui n’est pas loin ».

    Avis partagé par Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union Départementale CGT 13 qui juge le soutien des travailleurs au mouvement lycéen plus que nécessaire : « On doit leur permettre de porter leurs revendications qu’on trouve justes ». Et sur le fond, il juge que les syndicats des travailleurs « ont les mêmes revendications » que la jeunesse. « Pas besoin d’être syndicaliste pour vouloir la fin de Parcoursup : c’est une usine à inégalités, c’est du stress pour les enfants comme pour les parents », martèle-t-il. Justement, les syndicats d’enseignants étaient encore de la partie ce mardi avec des appels à la grève. « La FSU appelle à la grève car les revendications des lycéens et étudiants sont également celles que nous portons : rénovation du bâti scolaire, des moyens humains en nombre dans tous les métiers, fin de Parcoursup… », développe Virginie Akliouat, secrétaire générale de la FSU 13.

    « C’est notre place »

    Plus que les enseignants, c’est tout un pan du monde du travail qui a défilé aux côtés de la jeunesse, à l’image de plusieurs agents hospitaliers marseillais aux blouses blanches colorées d’un badge rouge de la CGT AP-HM et aux pancartes limpides : « Arrêtez de mutiler les enfants, on a déjà assez de travail ! ». Même des élus locaux ont apporté leur pierre à l’édifice, à l’image de Marie Batoux (DVG), adjointe au maire de Marseille (DVG) en charge de la lutte contre les discriminations : « Je défends le service public comme projet de société fondamental. On doit converger largement dans cet objectif-là ». Et certains travailleurs viennent aussi, et surtout, avec la casquette de parent. « C’est évidemment notre place d’être dans les manifs ! On soutient les revendications des lycéens car on les porte depuis des années », conclut Christophe Merlino, président de la FCPE 13.

  • « Soutenir et protéger, oui. Contrôler, non » : la consigne de la jeunesse

    « Soutenir et protéger, oui. Contrôler, non » : la consigne de la jeunesse

    Les lycéens essayent de transformer l’essai. Après une semaine de blocus dans les établissements de France, les organisations syndicales rejoignent le mouvement, ce mardi ,pour une « journée noire ». À Martigues, la veille, les enseignants de Jean-Lurçat ont proposé aux élèves, aux parents, à la communauté éducative et au monde du travail de se retrouver à la Maison des jeunes et de la culture pour penser aux suites de ce mouvement social inédit.

    Et il y en aura une. Les lycéens ne sont pas près de lâcher l’affaire. « Il ne faut pas que ça s’atténue, plaide l’une d’entre eux dans l’audience. Le gouvernement prépare son budget et a encore proposé de couper 1 500 postes d’enseignants, dont 1 200 dans le public. Ils mettent de l’huile sur le feu et en même temps ils essayent de l’éteindre de manière forcée, sauf que ça ne marchera pas. »

    Ce mardi, trois rassemblements sont d’ores et déjà prévus sur le territoire. À Martigues, une marche partira de la place Jean-Jaurès pour arriver devant l’hôtel de ville, où le maire recevra une délégation d’élèves. À Istres, rendez-vous est donné devant l’établissement Arthur-Rimbaud à 7h puis à 8h15 devant la sous-préfecture. À Salon-de-Provence, l’action a lieu à 10h devant Adam-de-Craponne.

    Le monde du travail

    à disposition des lycéens

    Pour la suite, les lycéens plaident pour l’unité et la transversalité. Avec un mot d’ordre : l’organisation. La communication se met en place, à travers la création de groupes sur des messageries sécurisées. Daniel Bretonès, secrétaire syndical de l’Union locale, propose : « On peut vous imprimer des tracts, vous prêter des locaux pour des assemblées générales, vous acheter des bombes de peinture ou des draps pour faire des banderoles. N’hésitez pas, sollicitez-nous et tenez-nous au courant pour qu’on puisse être là pendant les blocages, pas pour faire à votre place, mais être là pour vous protéger en cas de débordements ».

    La communauté éducative se met aussi à disposition de ses élèves, qui pointent du doigt « ce dont on se plaint depuis des années en menant des mouvements bien sages qui sont pas entendus », salue Amélie Barbet, enseignante de français, qui interroge : « Qu’est-ce qu’on peut faire pour vous aider ? »

    Pour Victoria, élève de terminale à Paul-Langevin, la réponse est claire : « Il faut qu’on soit accompagnés, aidés et soutenus par les professeurs et tous les corps de métiers pour que notre message soit porté plus haut, plus loin et plus fort. Cependant, il ne faut pas que les adultes s’approprient cette lutte qui est la nôtre. » Et de résumer : « Soutenir et protéger oui, mais en aucun cas contrôler ou s’approprier nos revendications ».

  • La nationalisation au cœur des Assises de l’industrie

    La nationalisation au cœur des Assises de l’industrie

    « Quand on parle de l’industrie, il faut rappeler qu’elle se construit avec les travailleurs », lance Serge Allègre, secrétaire général de la Fédération nationale des industries chimiques Fnic-CGT. L’union locale CGT de Martigues a renouvelé ses Assises de l’industrie avec la formule de l’an dernier, à savoir une réunion publique, jeudi soir, en la salle Raoul-Dufy, avec le maire (PCF), Gaby Charroux, et le bureau d’études Proneos pour invités, aux côtés de Serge Allègre et de nombreux responsables syndicaux du territoire.

    Car ce « territoire façonné par la pétrochimie, la métallurgie et des générations de travailleurs », comme le rappelle Virginie Piazolla de l’UL, n’échappe pas aux dynamiques qui agitent le monde du travail. Serge Allègre dresse un constat amer dans sa filière. « Nous assistons depuis 2024 à une accélération de la mainmise du capital sur nos outils. Les 890 000 salariés de la chimie ont subi 180 plans antisociaux, supprimant 12 000 emplois indirects et 75 000 induits », liste le responsable. « 95% de ces plans se font dans des entreprises sans difficultés financières qui perçoivent des millions d’euros d’aides publiques », affirme-t-il.

    Nationaliser pour quoi ?

    Le secrétaire général de la Fnic-CGT estime à près de « 2 880 milliards d’euros d’aides publiques jetés aux actionnaires parasites en vingt ans ». Référence aux travaux du sénateur (PCF) Fabien Gay, rapporteur d’une commission d’enquête ayant évalué à 211 milliards d’euros les aides publiques accordées aux entreprises en 2023. « Ça aurait pu servir à investir dans nos outils de production et à nationaliser les grands secteurs comme l’énergie », avance Serge Allègre, en nuançant : « Pas une nationalisation étatique, mais une réappropriation par les travailleurs pour répondre aux besoins et investir dans l’outil de production ».

    Ces Assises soulèvent une contradiction dans le mouvement social actuel. « Est-ce que l’état est un bon patron ? », résume le secrétaire général de l’UL, Daniel Bretonnès. « EDF est possédé par un État-actionnaire et reverse des dividendes alors qu’on est en plan social », explique Stéphanie Villeton, de la centrale de Martigues. « La SNCF est une entreprise nationalisée, mais à gestion capitaliste, avec les mêmes considérations pour la santé et la sécurité des travailleurs, tance Jérémy Zucchelli, de l’UL de Miramas. Avec ceux au pouvoir, ça signifie nationaliser les pertes et privatiser les profits », argue-t-il.

    C’est ce que souligne Alan Pirrottina, du bureau d’études Pronéos et compagnon de route de la CGT : « La socialisation des moyens de production est une chose, mais elle nécessite la démocratie populaire dans les entreprises et de reposer le droit des travailleurs au centre. » « Il faut que les salariés aient le pouvoir décisionnaire », conclut Daniel Bretonnès.

  • Le PCF alésien annonce une rentrée chargée

    Le PCF alésien annonce une rentrée chargée

    Cette nouvelle direction, « rajeunie et féminisée avec 50% de ses membres en activité professionnelle », n’a pas lésiné cet été pour préparer la rentrée. Après avoir vu la gauche disparaître du conseil municipal, le Parti communiste alésien souhaite repartir à l’offensive. Pour cela, il s’est déjà mobilisé cet été contre « la décision du maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas (ED) d’augmenter les tarifs de la cantine et de la garderie » et a lancé une « campagne de solidarité auprès des familles victimes des incendies » tout en réclamant « davantage de moyens humains et matériels pour les sapeurs-pompiers, pour l’Office national des forêts et une politique publique de prévention et d’adaptation face aux conséquences du changement climatique ». La section alerte également sur la fermeture d’une classe à Bagard et soutient la mobilisation à l’école Joséphine-Baker au Près-Saint-Jean pour l’ouverture d’une classe supplémentaire.

    « Nous voulons aussi porter haut et fort les intérêts des travailleurs et les porter avec eux : hausse des salaires bruts, retraite à 60 ans à taux plein, réindustrialisation, revalorisation du point d’indice… Les sujets ne manquent pas », détaille la nouvelle secrétaire de section, Cécile Alphon-Layre. Pour cela, le PCF alésien participera aux journées d’actions du 15 septembre sur la santé et l’énergie et surtout celle du 29 septembre pour la fonction publique.

    Lutte contre l’extrême droite

    Face à la montée de l’extrême droite (44% aux dernières élections municipales à Alès) et les violences qui l’accompagnent, la section organise un « forum unitaire contre les idées d’extrême droite et la montée des fascismes » le samedi 26 septembre (14h-23h à l’espace Cazot, entrée libre). 28 collectifs, organisations politiques, associations et librairies locales se sont joints à l’appel pour proposer des débats et conférences avant une grande soirée musicale. Ce premier forum unitaire sera également l’occasion de rappeler la violence qui s’est exercée au Prolé lors de la feria 2025 par le groupuscule Bloc Montpelliérain et d’appeler à un grand rassemblement le 6 octobre (8h30) pour l’ouverture du procès de trois de ses membres. « Nous sommes soulagés qu’il y ait un procès mais aujourd’hui, le caractère prémédité et politique n’est pas mentionné. Or, ils ne sont pas venus par hasard donc les avocats des victimes vont vraiment insister sur ces deux points », souligne Cécile Alphon-Layre.

    Après ce rendez-vous attendu depuis de longs mois maintenant, le PCF alésien participera le 16 octobre aux initiatives organisées autour de l’anniversaire du Front Populaire et organise un débat le 17 octobre sur les menaces contre la culture avec Pierre Dharréville, Denis Lanoy et Patrick Malavieille.

  • Dans le Vaucluse, un collectif dénonce la baisse des indemnisations des malades

    Dans le Vaucluse, un collectif dénonce la baisse des indemnisations des malades

    Face aux réductions demandées par l’État sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, le Collectif Amiante Pays de Sorgues (Caps) 84 se mobilise. L’association assure en effet que le gouvernement a demandé aux partenaires sociaux de trouver 800 millions d’euros d’économies sur ces branches, « pile le montant des recettes supprimées pendant la réforme des retraites de 2023 », regrette Guy de Zordi, président de la structure.

    « Dites aux victimes de l’amiante, aux familles endeuillées, que l’on veut réduire les dépenses sur leur dos. Que les malades coûtent trop cher. Alors que ce sont parfois des ouvriers exposés à des substances cancérigènes depuis des années. Ce sont des attaques contre le monde du travail », poursuit-il, excédé. « On a déjà les personnes qui sont touchées par la maladie, et là, elles vont être touchées encore deux fois parce qu’on va refuser les indemnités », abonde Michel Solbès, secrétaire de la Caps.

    Une politique qui influe sur le travail des membres de la Caps, qui s’occupent des dossiers de familles touchées par l’amiante. « Avant, on avait une réponse en trois mois. Maintenant, on attend souvent pas moins d’un an et demi », illustre Édouard, membre actif. Pour le président de la Caps, « ça passera forcément par le portefeuille des Français ». Et il constate avec ses compères qu’il y a « de plus en plus d’entraves », avec « de plus en plus de justificatifs » demandés aux victimes.

    La Caps alerte les élus

    Face à cette possibilité, la structure tente de se mettre en relation avec les personnalités politiques locales. Après des discussions prévues avec plusieurs parlementaires, tels que le sénateur Lucien Stanzione (PS) ou le député Raphaël Arnault (LFI-NFP), des échanges sont également mis en place avec les maires du département. Le maire de Sorgues, Thierry Lagneau (LR), dans un courrier que La Marseillaise a pu consulter, a demandé le soutien de l’Association des maires de Vaucluse (AMV84). Il y « tient à souligner l’importance du travail accompli » par les bénévoles de la structure, « tant dans l’accompagnement des victimes de l’exposition à l’amiante que dans les actions d’information, de prévention et de sensibilisation menées auprès des collectivités et du grand public ».

    À travers cette aide de l’AMV84, la Caps pourrait sensibiliser l’ensemble des édiles vauclusiens sur ces questions. « On estime qu’il y a 70 % des écoles qui n’ont pas encore été diagnostiquées alors que c’est censé être obligatoire », précise Michel Solbès. Le collectif sera aussi présent au forum des associations de Sorgues, le samedi 5 septembre. « Il faut penser à renouveler les membres pour cette bataille », glissent les responsables. Mais pas question de stopper la mobilisation. D’autres actions sont envisagées dans les mois à venir afin d’alerter sur la problématique.

  • Des conteneurs recyclés en tremplins vers l’emploi à Berre-l’Etang

    Des conteneurs recyclés en tremplins vers l’emploi à Berre-l’Etang

    De loin, ils ressemblent à de simples conteneurs maritimes. En s’approchant, les équivalents vingt pieds entreposés sur le terrain d’Homeblok sont en réalité des bureaux, des logements ou des éco-habitats. À Berre-l’Étang, les salariés de la marque portée par LVD Energie ont ainsi construit les vestiaires du stade Roger-Martin.

    C’est dans cette unité de la filiale inclusive du Groupe la Varappe que Bernard Cazeneuve, en opération séduction dans le département ce week-end après avoir publié un texte de 86 pages dans lequel il détaille ses pistes pour redresser le pays, s’est arrêté ce vendredi.

    Pour parler avenir industriel, mais surtout saluer le volet insertion de l’entreprise, qui a accompagné plus de 40 travailleurs en 2025. Actuellement, sur les 22 salariés qui font tourner le site, la moitié sont en contrat d’insertion. Pour l’ancien Premier ministre de François Hollande, « faire passer l’insertion de la marge à la norme, c’est créer la possibilité pour chacun d’avoir accepté d’avoir accès au travail ». Et de saluer : « Cette entreprise est emblématique de ce qui marche dans les territoires. (…) L’objectif c’est d’aller chercher des citoyens très loin du monde du travail, de les familiariser à l’apprentissage d’un métier et de leur donner l’amour de la profession. Ce qui m’a marqué ici c’est qu’il y a une véritable passion de l’objet fabriqué, une véritable fierté de l’engagement. Tout ça est un facteur de développement économique mais aussi d’épanouissement individuel. »

    Un ancrage territorial

    Lucas a intégré les équipes d’Homeblok en contrat d’insertion il y a huit mois. Lui qui n’avait pas de « métier de rêve » et arrivait « sans attente » a trouvé sa vocation. « Je ne connaissais rien de la soudure en arrivant ici et ça m’a directement plu. Je me vois plus faire autre chose. Ce que j’aime c’est pouvoir transformer, rendre les choses habitables, voir ce que je produis et l’avancement de mon travail. »

    Salim Berrada, le chef de site, a aussi trouvé sa voie grâce à la filiale inclusive. « Je suis resté trois ans en insertion, je n’avais pas de diplôme, je suis parti de zéro et j’ai pu évoluer avec le temps. Ça prouve que quand on veut on peut, même si j’ai peut-être aussi eu une bonne étoile. » Après avoir été militaire, intérimaire, pizzaïolo, équipier McDo, agent de sécurité, le trentenaire a trouvé une stabilité dans un emploi de manager qui l’épanouit.

    Pour lui, Homeblok est un bon outil professionnel. « On propose de découvrir tous les métiers de la construction, de la menuiserie à la plomberie en passant par l’isolation, l’étanchéité, l’électricité… C’est très polyvalent. » Mais Salim Berrada pointe surtout l’aspect social de la structure. « On est une équipe, on s’entraide. Ici, on a tous un passé, on s’ouvre, il y a une confiance totale et ça nous libère un peu. »

    Pour le président d’Homeblok Laurent Laïk, tout l’enjeu des années à venir pour la filiale de la Varappe réside dans son ancrage dans le territoire. « On est en plein cœur de tout le développement pressenti, on a le double volet d’accompagner économiquement les entreprises en offrant par exemple des logements temporaires pour les gens qui vont arriver, mais aussi en proposant des candidats par rapport aux emplois qui vont être créés demain. On considère que chacun doit trouver sa place mais doit jouer son rôle dans la société. »

  • À Primark, les salariés à temps partiel veulent travailler davantage

    À Primark, les salariés à temps partiel veulent travailler davantage

    Face à une conjoncture économique difficile pour de nombreux foyers, en particulier ceux dotés de ressources limitées, il n’existe parfois qu’une seule solution : travailler davantage. Une conception très libérale du monde du travail, promue par Nicolas Sarkozy à travers son slogan de campagne pour la présidentielle 2007, qui ne traduit pas toujours une orientation politique, mais une nécessité dans la situation actuelle, avec des salaires qui ne suivent pas l’inflation.

    Les salariés de Primark, à La Valette-du-Var, sont concernés. Certains d’entre eux (86 sur les 123 vendeurs de l’enseigne), employés à temps partiel (25 heures hebdomadaires maximum), souhaitent travailler davantage, mais ne se voient pas proposer d’heures supplémentaires ou complémentaires par leur direction. « Pour beaucoup, le temps partiel n’est pas un choix, mais une contrainte. Les heures complémentaires représentent un ajout indispensable pour payer un loyer, financer des études, assurer les dépenses du quotidien ou constituer une épargne pour les mois où les revenus diminuent », dénonce la CGT Primark La Valette. Parmi eux, des contrats étudiants (8 à 16 heures), qui se retrouvent « particulièrement touchés. Pendant les vacances d’été, nombre d’entre eux ne perçoivent pas de bourse et comptent sur leur emploi pour préparer leur rentrée universitaire. Aujourd’hui, cette possibilité leur est refusée, les plaçant dans une situation financière difficile ».

    L’ombre de la grève

    Une situiation incompréhensible pour la CGT, eu égard aux récentes embauches, dont elle se félicite cependant, mais qui « ne doivent pas se faire au détriment des salariés déjà présents qui souhaitent augmenter leur temps de travail. Embaucher est une nécessité ; permettre à ces salariés de bénéficier d’heures complémentaires, lorsque l’activité le permet, l’est tout autant ».

    Alertée par les syndicats, la direction a indiqué « faire le maximum dans la mesure de [ses] possibilités économiques et organisationnelles, pour proposer des compléments d’heures lorsque les besoins de l’activité le permettent. Leur engagement (…) est reconnu, apprécié, et il constitue un élément important dans [ses] réflexions ». Des mots que la CGT considère comme « contradictoires » et « insuffisants » vis-à-vis de la situation, alors que les salariés s’étaient vus présenter la possibilité d’effectuer des heures supplémentaires lors de leur recrutement. Elle demande à la direction de « respecter les engagements affichés envers les salariés à temps partiel », sans quoi un mouvement de grève pourrait être enclenché.

  • Donner une seconde vie aux objets à Aubagne

    Donner une seconde vie aux objets à Aubagne

    Installée dans ses nouveaux locaux de l’Îlot d’Aubagne, lieu de vie mixant tertiaire, restauration, activités à vocation sociale et espaces naturels au 1100 chemin de l’Avelanède, la ressourcerie le Dirigeable ouvre cet été ses portes et propose six créneaux d’upcycling entre le 21 juillet et le 27 août. Au programme : réparation et customisation de vêtements, création d’un oiseau suspendu en bois, découverte de la couture ou transformation de vaisselle en objet de décoration…

    « C’est l’occasion pour les habitants du territoire de découvrir l’espace création et de repartir avec un objet fabriqué de leurs propres mains », soulignent les organisateurs. Toujours planifiées l’après-midi, les séances durent entre 1h30 et 3h, coûtent entre 12 et 25 euros et sont à destination de petits et grands.

    Espace de progression sociale

    Fondé en 2016 au sein de l’association Evolio, le Dirigeable est, au-delà d’un lieu de collecte et de revente d’objets de seconde main, un espace de progression sociale. Tout en s’inscrivant dans une démarche d’économie circulaire en encourageant les pratiques de réemploi, de réparation et de recyclage, la ressourcerie travaille à l’insertion des personnes précaires et éloignées de l’emploi en faisant de leur passage dans la structure un tremplin vers un projet professionnel durable. Les salariés en insertion, qui bénéficient d’un accompagnement social personnalisé, ont pour rôle de « trier, réparer, restaurer, créer de nouvelles pièces à la vente » et de « reconditionner des vélos et des appareils électroniques ».

    L’occasion de « remettre un pied dans le monde du travail » mais aussi de « retrouver confiance en eux en acquérant de nouvelles compétences », précise le site web de l’association. En 2025, 81 personnes en insertion ont été accompagnées par la ressourcerie.

    Inscription sur le site www.ressourcerie-ledirigeable.fr

  • Le droit aux vacances reste à conquérir

    Le droit aux vacances reste à conquérir

    C’est un anniversaire qui revêt une importance particulière. Le Front populaire fête ses 90 ans, dans un contexte où les attaques contre les droits des travailleurs et des travailleuses se multiplient. Le 10 avril dernier, un projet de loi visant à remettre en cause le caractère chômé du 1er mai était discuté à l’Assemblée nationale. En juin, Éric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes, déposait une nouvelle version de sa proposition de loi, véritable « remise en cause de la 5e semaine de congés payés », souligne Virginie Akliouat, secrétaire départementale de la FSU 13, venue participer au débat organisé par La Marseillaise en marge du Mondial des CSE Idélia, sur le thème « 1936-2026 : des congés payés au droit aux vacances pour tous ».

    Si 90 ans séparent ces deux dates, certaines similitudes sont frappantes. À commencer par « le bruit des bottes qui monte », note la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. À l’époque, le fascisme s’est emparé de l’Italie et de l’Allemagne. En France, le Parti franciste, les Jeunesses patriotes, l’Action française ou encore les Croix-de-Feu sévissent déjà.

    En 1934, le monde ouvrier se lève contre la menace. En 1936, la mobilisation aboutit à la victoire du projet de société porté par le Front populaire. « Ça a été possible par l’unité des travailleurs et des travailleuses, développe Sophie Binet. À l’époque, la CGT se réunifie. Il y a une démarche unitaire des forces de gauche, politiques et syndicales, pour lutter contre l’extrême droite. Le 2e ingrédient, c’est la mobilisation. Le seul vote des travailleurs et travailleuses et la seule victoire électorale du Front populaire n’auraient pas suffi. De grandes grèves ont permis d’aller beaucoup plus loin que ce qui avait été écrit dans le programme. »

    Les congés payés font partie de ces conquis qui ne figuraient pas dans les revendications des salariés, rappelle Anthony Juan, président de la CCAS (énergie). « À l’époque, les milieux populaires n’osaient même pas toucher cette question du doigt. Ils considéraient de fait que c’était réservé à la bourgeoisie. » Non programmée, la loi est tout de même adoptée à la Chambre des députés par 563 voix contre une le 11 juin 1936, puis promulguée neuf jours plus tard. À ce moment-là, « l’idée paraît révolutionnaire, mais la France avait du retard, précise-t-il. La dernière loi qui avait été votée à ce sujet-là date de 1909 et concernait le dimanche chômé non payé pour pouvoir aller à l’église. »

    Des mesures d’accompagnement

    Pour Anthony Juan, si cette loi donne l’accès au temps libre, « elle ne donne pas forcément l’accès aux congés payés ». « Une loi sans mesure d’accompagnement, ça ne suffit pas, affirme-t-il. À l’époque, Léo Lagrange le prend en compte et c’est à ce moment-là qu’on a le billet SNCF à – 40% pour les salariés, la création des auberges de jeunesse, le soutien aux associations d’éducation populaire… Je pense qu’on est encore dans cet état de fait : le droit au temps libre existe, le droit aux congés payés reste à conquérir. »

    Aujourd’hui, certains comités d’entreprise garantissent l’accès aux vacances pour les travailleurs, les travailleuses et leurs familles. Chez les cheminots, le CCGPF assure la gestion des activités sociales des actifs, mais aussi des retraités et de leurs ayants-droits. Son secrétaire adjoint, Arnaud Hennebert, explique : « C’est en 1986 qu’on arrache au patronat les œuvres sociales, qui deviennent des activités sociales, culturelles et sportives gérées par les élus du personnel, avec du patrimoine mis à disposition. » Aujourd’hui, le CCGPF « résiste » face aux remises en cause du patronat, bien qu’étant très plébiscité. « Nous faisons partir 14 000 enfants dans des colos tous les ans, se félicite Arnaud Hennebert. 55 000 cheminots et leur famille vont encore partir en vacances cet été dans nos villages vacances, chez les partenaires du tourisme social. »

    Imestia fait partie de ces gestionnaires de centres de vacances qui ont une conception héritée de 1936. Doric Curto, son directeur général, définit le tourisme social comme étant un « tourisme relié au territoire, à toutes ces questions de l’économie sociale, solidaire et écologique », qui défend « un droit aux vacances pour tous ». « Un vrai choix est fait, celui de se dire que ces lieux doivent ressembler à la société, et à la société qu’on veut. (…) Ça consiste aussi à apporter des activités pour contenir la vague brune. On a un vrai rôle social pour permettre la démocratie et le vivre-ensemble aussi pendant les vacances. »

    Encore faut-il que tous les citoyens puissent se le permettre. « Aujourd’hui, 40% des Français ne partent pas en vacances », pointe Sophie Binet. Virginie Akliouat ajoute : « En tant que prof, il y a un enjeu très fort à ce que nos élèves puissent bénéficier des temps de repos pour partir. Pour les précaires qui ne peuvent pas bénéficier des comités d’entreprise ou des structures de tourisme social, les associations d’éducation populaire et les centres sociaux jouent un rôle primordial. Aujourd’hui, leurs budgets, qui sont liés aux collectivités territoriales, fondent comme neige au soleil. (…) Il y a des droits à défendre et à continuer à conquérir, mais il y a aussi un souci fondamental de justice sociale à avoir, pour que ces droits puissent bénéficier à l’ensemble de la population. »

    C’est ce droit à l’émancipation que défend le monde ouvrier, en 1936 avec le Front populaire, au sortir de la Seconde Guerre mondiale avec le Conseil national de la résistance, et encore aujourd’hui avec « la bataille des Comités sociaux et économiques » qu’appelle Sophie Binet. « La stratégie du capital est de transformer les travailleurs en simples consommateurs. (…) Les vacances et les loisirs sont un secteur économique qui intéresse les loups, qui essayent de le financiariser. On a besoin d’orienter l’argent de nos CSE sur des choses qu’on gère et qui nous intéressent, (…) c’est-à-dire de l’économie sociale et solidaire. »