Tag: Richard Roméo-Giberti

  • Contre la répression syndicale, la CGT relève le front en région Paca

    Contre la répression syndicale, la CGT relève le front en région Paca

    « La seule limite à l’oppression, c’est la résistance à celle-ci ! ». Ce vendredi dans les locaux du Sporting club du Grand Port maritime de Marseille, Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional de la CGT Paca, tape du poing sur la table. Entouré par les représentants des Unions départementales CGT de la région, il vient délivrer un message fort : « On vit un moment de bascule, avec une remise en cause profonde de la démocratie sociale. La CGT est confrontée à grand nombre de situations qui nous préoccupent très fortement. »

    Forcément, le lieu n’est pas choisi au hasard et illustre la « répression syndicale » que dénonce l’organisation : au cœur du Port, alors que le secrétaire général de la CGT du GPMM, Pascal Galéoté, est confronté à une procédure judiciaire dans l’affaire de la gestion du CSE (comité social et économique, lire nos articles du 27/04 et du 29/04). « On a choisi ce lieu car il symbolise ce que vit le monde du travail en matière de durcissement des rapports sociaux », résume Patrice Kantarjian. Avant de s’exprimer concrètement sur le fond du dossier où la justice reproche aux représentants de la CGT GPMM un « abus de confiance ». « On a plus que l’impression que c’est l’activité de la CGT, ultra-majoritaire sur le port, qui est visée. Les trois quarts des salariés du port ont voté pour la CGT aux dernières élections », rappelle le secrétaire. Et de développer : « En remettant en cause les fonctionnements des CSE, on remet en cause la démocratie sociale. Sous prétexte que des organisations minoritaires seraient lésées dans les moyens à disposition, ça remet en cause le vote des salariés du GPMM. » Un appel à la mobilisation, pour le 1er juin, date du rendu de la décision de justice autour des comptes du CSE du GPMM est lancé. « Chacun doit mesurer le poids de la décision qui sera prise. Nous serons tous très attentifs à ce qui sera décidé », prévient Patrice Kantarjian.

    Un message commun et une attention partagée

    À cela s’ajoutent deux autres dossiers locaux, bien différents mais qui démontrent les mêmes attaques auxquelles fait face la CGT. « Une dizaine de camions de la gendarmerie ont été envoyés hier par le préfet pour déloger les salariés d’Eurenco du piquet ! Plutôt que de répondre aux sollicitations récurrentes de la CGT pour une médiation avec la direction, le préfet a une oreille bien plus attentive du côté de cette dernière », dénonce-t-il. Autre sujet d’inquiétude : la situation de la Bourse du travail d’Arles où la CGT est menacée d’expulsion par le maire. « Ce sont ses locaux historiques, que la CGT occupe depuis 126 ans. À Arles comme ailleurs, il est hors de question que la CGT se laisse déposséder des maisons des travailleurs. » D’où la revendication nouvelle « d’une loi pour sanctuariser les Bourses du travail » portée par le comité régional avec la confédération. Laquelle était représentée par Nathalie Bazire, secrétaire confédérale qui analyse cette accumulation d’attaques à l’encontre de l’organisation : « Les employeurs sont au service de l’extrême droite, car le syndicalisme est le dernier rempart contre celle-ci. Ce n’est pas nouveau, on l’a vécu avant la Seconde Guerre mondiale. » De quoi faire écho aux propos de Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’UD CGT Var : « On n’a pas connu d’attaques aussi massives et coordonnées du capital servi par l’extrême droite depuis bien longtemps. » Et Sylvain Moretti, son homologue du 04, résume le phénomène : « Pour remettre en cause les garanties collectives, la meilleure solution pour le patronat et l’extrême droite, c’est de s’attaquer aux dirigeants syndicaux qui portent des revendications d’un haut niveau. » Avant que Patrice Kantarjian ne tonne : « Sur tous les cas évoqués, la CGT ne sera pas spectatrice. »

  • La CGT de Toulon et son secrétaire menacés de mort

    La CGT de Toulon et son secrétaire menacés de mort

    « Une situation d’une gravité exceptionnelle, un nouveau cap qui vient d’être franchi. » C’est en ces termes que l’Union Départementale CGT du Var qualifie les menaces de mort dont ont été victimes l’UL CGT de Toulon et son secrétaire général, Patrice Moulun. Des appels « à la guillotine » de la CGT et de son représentant, « d’une violence inouïe », affichées sur des panneaux et des tableaux électriques d’urbanisme, mercredi dernier, près du pont de la Gare.

    Ces faits s’inscrivent « dans un climat délétère où la parole haineuse se libère et où certains pensent pouvoir intimider celles et ceux qui défendent les droits des travailleurs, dans un contexte marqué par une progression inquiétante des idées d’extrême droite dans le département, que nous combattons sans relâche à travers nos tracts et nos mobilisations, en lien avec les orientations portées par la CGT au niveau national », décrit l’Union Départementale. « C’est certainement en lien avec nos prises de position entre les deux tours des élections municipales. La concomitance des temps est étrange », appuie Richard Roméo-Giberti, secrétaire départemental CGT 83.

    Le syndicat ajoute qu’il ne « tolérera jamais qu’un camarade et que l’organisation soient menacés pour son engagement syndical. S’attaquer à un militant CGT, c’est s’attaquer à l’ensemble de l’organisation, à ses valeurs de solidarité, de justice sociale et de démocratie. »

    Deux plaintes pour menaces de mort

    « Cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas reçu de telles menaces », affirme Richard Roméo-Giberti, qui dit ne pas avoir de soupçons précis quant à leur provenance. En conséquence, deux plaintes ont été déposées par le secrétaire général de l’UL CGT Toulon, et par la CGT, pour « menaces de mort ». Toutefois, cette dernière n’a pas l’intention de se laisser intimider, « bien au contraire. Nous continuerons à porter la voix des salariés, à dénoncer les politiques antisociales et à combattre sans concession les idéologies de haine, de division et de repli », en réaffirmant la « responsabilité des forces démocratiques, syndicales et associatives de se lever contre la banalisation de l’extrême droite et de défendre les libertés fondamentales. La CGT appelle à la solidarité la plus large et réaffirme sa détermination à poursuivre le combat pour l’émancipation des travailleurs. »

    D’autres actions pourraient être entreprises par l’Union départementale CGT, indique Richard Roméo-Giberti, qui précise que l’organisation réfléchit actuellement à un plan global de riposte.

  • Debout face au péril RN : à Toulon, les syndicats unis face au projet politique incarné par Laure Lavalette

    Debout face au péril RN : à Toulon, les syndicats unis face au projet politique incarné par Laure Lavalette

    « Laboratoire pour l’extrême droite en 1995 », Toulon pourrait le redevenir en 2026, et de manière « encore plus puissante », s’inquiète Alain Tournay, représentant de la FSU 83. Une crainte que partagent massivement les syndicats FSU, CGT et Solidaires, réunis, jeudi, devant la mairie de Toulon, symbole d’un danger imminent incarné par la candidature de Laure Lavalette. « Madame Lavalette est une intégriste catholique », juge Julien Saint-Roman, lui aussi représentant de la FSU 83, qui ne croit pas à la prétendue absence d’étiquette de la candidate : « Elle n’est pas apolitique. Elle est porte-parole de Marine Le Pen et appliquera son intégrisme et son nationalisme au niveau local, qu’elle montre déjà en assistant à la messe en latin tous les dimanches. »

    « L’extrême droite est dans une conquête idéologique de plusieurs centaines de villes, car ils ont un projet de changement de société », affirme Richard Romeo-Giberti, secrétaire général de l’UD CGT 83. Ce projet porte un nom : Périclès, comme le père du Parthénon, monument emblématique de l’Acropole et de la démocratie athénienne. Menée par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin, cette initiative vise à favoriser une victoire idéologique de l’alliance entre l’extrême droite et la droite conservatrice en France, notamment en remportant 1 000 mairies en mars.

    Toulon, première métropole française dirigée par le FN de 1995 à 2001, est une cible stratégique. « En prenant une ville de cette ampleur, ils espèrent avoir des sénateurs. Quand ils en auront, ils agiront sur la Constitution, comme ils l’ont fait dans d’autres pays et ne rendront plus le pouvoir », accuse Richard Romeo-Giberti.

    « Se dessine une école qui assume les inégalités »

    Ce que craignent les syndicalistes, c’est donc la stratégie de conquête du pouvoir du parti lepéniste, qui s’intègre dans un mouvement d’ampleur mondiale. « L’extrême droite porte des orientations racistes, antisémites, homophobes, sexistes et violentes. Elle remet en cause les principes républicains et démocratiques. Le bilan le démontre en Argentine, aux États-Unis, en Italie, en Pologne… Partout où elle arrive au pouvoir, elle s’attaque à la liberté de la presse, à l’indépendance de la justice, aux libertés universitaires et syndicales, au droit des étrangers et des personnes LGBTQIA+ et remet en cause l’accès à l’IVG et à la culture », prévient Brigitte Cheinet, secrétaire générale de l’USR-CGT 83.

    Ces orientations incarnent notamment un danger sur le plan éducatif, pointe Alain Tournay : « Le projet de l’extrême droite, c’est l’ordre contre la liberté, le pouvoir contre les droits, la hiérarchie contre l’égalité, la propagande contre les savoirs. Elle dessine une école qui assume les inégalités par la remise en cause des dispositifs qui les combattent, notamment l’éducation prioritaire, et l’exclusion voulue et assumée d’une partie des élèves. Ce sont les contours du projet Périclès. » Julien Saint-Roman complète : « L’extrême droite au pouvoir, c’est la censure dans les bibliothèques, l’exclusion des publics fragiles, notamment par le périscolaire et la cantine, de plus en plus payants et donc discriminants. »

    Concernant la gouvernance locale, « ce qu’il y a sur ses affiches de campagne sont des mensonges, assène Richard Romeo-Giberti. Il y a des choses qu’elle prétend vouloir changer, mais certaines compétences sur le logement, la sécurité, la propreté, la voirie, ne relèvent pas de la municipalité. » Olivier Rosay, représentant Solidaires 83, ajoute : « L’extrême droite fait campagne sur la sécurité, sur le renforcement de la police. Nous, nous considérons que la sécurité doit être avant tout sociale. »

  • La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    Le 23 janvier, alors ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau établissait une circulaire sur les orientations générales relatives à l’admission exceptionnelle au séjour prévue par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda). Une manœuvre ayant pour but de réduire de 30% (de 30 à 20 000) les titres de séjour accordés, et de « discipliner le corps préfectoral », dénonce la CGT. Cela, en conditionnant drastiquement les conditions d’obtention de titres de séjour (7 ans de présence sur le territoire contre 5 auparavant [hors régularisations par le travail, qui restent à 3 ans], maîtrise de la langue…).

    Une orientation qui ne modifie pas la loi, ni les dispositions prévues par le Ceseda : chacun peut demander une CST (Carte séjour temporaire en salarié, ou travailleur temporaire) ou VPF (Vie privée vie familiale), pour des considérations humanitaires, pour les personnes confiées à l’Aide sociale à l’enfance ou à un tiers de confiance entre 16 et 18 ans suivant depuis six mois une formation professionnelle. L’article L-435 traite quant à lui des métiers en tension. C’est sur celui-ci qu’incite à se baser la circulaire Retailleau, alors que la liste « n’est pas finalisée et ne contiendra que très peu de métiers exercés par les travailleurs migrants car occupés et donc pas en tension », pointe la CGT.

    Les OQTF « assimilés

    à des terroristes »

    Une circulaire que dénonce l’UD CGT 83, mobilisée jeudi devant la préfecture dans le cadre de la Journée internationale sur la protection des droits des migrants. « Ces gens fuient la guerre, travaillent, et sont mis en situation de grande précarité. On veut des titres de séjour pour les travailleurs sans-papiers, un accès rapide pour les renouveler et la continuité des droits sociaux », exige Richard Roméo-Giberti, secrétaire général UD CGT 83.

    « La circulaire ralentissant la délivrance, des travailleurs sont licenciés faute de titres de séjour renouvelés à temps. L’objectif est de faire pression sur la préfecture. Les demandes de renouvellement sont réalisées quatre mois en avance, cela laisse largement le temps de les traiter », soutient Patrice Moulun, secrétaire générale de l’UL CGT Toulon. « Des corps entiers dépendent des travailleurs immigrés, comme la propreté, où 85% des salariés ne sont pas nés en France, la restauration, le bâtiment… C’est hypocrite car on les accepte pour travailler, tout en leur mettant une pression inhumaine. Certains sont même victimes de traite d’êtres humains, sans contrat ni salaire » dénonce Sébastien Bois, secrétaire du syndicat de la propreté du Var.

    Derrière tout cela est pointée la réalité de la majorité des OQTF, « souvent assimilés à des terroristes alors qu’ils ne sont pas des criminels, mais subissent la lenteur administrative. D’où leurs difficultés à aller aux prud’hommes, et les hésitations à faire valoir leurs droits, qui ne disparaissent pourtant pas avec l’OQTF », dénoncent de concert les trois syndicalistes. Ces deniers ont demandé une audience « sur les problèmes concrets, au cas par cas » au préfet, avec qui ils travaillent « depuis quelques semaines pour prendre en compte la réalité locale », et espèrent pouvoir mobiliser, par la grève, « afin de faire bouger les choses, comme ça a été le cas en Île-de-France ».

  • La CGT fête ses 130 ans et les 80 ans de la Sécu à La Seyne-sur-Mer

    La CGT fête ses 130 ans et les 80 ans de la Sécu à La Seyne-sur-Mer

    L’année 2025 marque les 130 ans de la CGT et les 80 ans de la Sécurité sociale. Pour l’occasion, l’UD CGT 83 organise un événement (ouvert uniquement à ses adhérents) vendredi, au Circoscène, pour célébrer ces avancées sociales et « rappeler ce qu’est la Sécu, son rôle fondamental et comment on la veut au XXIe siècle », précise Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’UD CGT 83, « mains ouvrières de la création des caisses de la Sécu partout en France ».

    Un événement d’autant plus important à l’heure où la Sécu est remise en cause dans son ensemble, sous l’effet du « libéralisme, du techno féodalisme, du néo fascisme et de l’alliance des droites. C’est un modèle de société servi par l’extrême droite au service du capital, une attaque finale qui veut faire passer tout ce qui est de la sphère collective et solidaire à la sphère individuelle. Une partie de la haute bourgeoisie veut un retour du misérable. On est plus que jamais dans la lutte des classes. Il faut des réponses globales », martèle Richard Roméo-Giberti, qui souhaite mobiliser le mouvement social, car « à l’heure où on nous mène une bataille sévère depuis l’Assemblée nationale, le monde du travail continue de se réunir et de réunir ceux qui souffrent. On continuera notre action dans ce moment de mélasse politique ».