Tag: résistance

  • De La Ciotat à Paris, la route des « Résistants d’ailleurs »

    De La Ciotat à Paris, la route des « Résistants d’ailleurs »

    à partir de ce lundi et jusqu’au 6 décembre, l’Hôtel national des Invalides accueille « Résistants d’ailleurs ». Cette exposition trouve son origine à La Ciotat, portée par l’association citoyenne Des Amis et des Actes, engagée dans la transmission de la mémoire combattante. « C’est un moyen de parler des oubliés du récit », défend le président de l’association, Aurélien Michel.

    À travers quarante portraits de Résistants, complétés par un volet consacré à la France libre et à l’armée d’Afrique, l’exposition entend « mettre en lumière les Résistants français, dont une grande partie était d’origine maghrébine, qui ont résisté à l’occupant, qui ont versé leur sang, et pour certains été déportés, pour défendre leur pays », rapporte le président de l’association, également pilote de formation pour l’Armée de l’air et de l’espace.

    « Comment faire pour rassembler les Français autour d’une histoire commune ? » C’est la question que s’est posée ce collectif d’une vingtaine de bénévoles après avoir constaté que « dans les quartiers Nord, des gamins ne savent pas que certains de leurs ancêtres sont venus libérer Marseille en 1944 ».

    Depuis 2022, l’association travaille à la construction de cette exposition itinérante. « On est content de dire que ce projet émerge de La Ciotat et de Marseille, un peu comme l’hymne national était parti de Marseille », sourit Aurélien Michel. L’association anime des débats publics et intervient en milieu scolaire : « Notre projet est national. On pense que c’est important de présenter un nouveau récit de la Seconde Guerre mondiale, qui est celui de ces soldats blancs, noirs, maghrébins, qui se sont battus côte à côte. »

    L’exposition sera inaugurée par Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, ce lundi, à Paris.

  • Lucien Molino. La dénonciation d’une politique de guerre

    Lucien Molino. La dénonciation d’une politique de guerre

    En même temps qu’ils multipliaient les obstacles au fonctionnement de nos organisations, les gouvernants français aidaient la CFTC et FO à constituer des syndicats scissionnistes, alors qu’ils refusaient à la FSM la possibilité d’organiser une conférence syndicale africaine, mettant aussi tous leurs moyens à la disposition de l’Internationale syndicale « jaune » pour tenir des conférences. Cela ne leur réussit guère et ils essuyèrent un échec en dépit des moyens financiers mis en œuvre. La séance inaugurale de leur conférence ne put se tenir en raison de l’attitude hostile des travailleurs du Doubs, mais il n’est pas douteux que les impérialistes allaient tenter de renforcer dans tous ces pays leurs politiques colonialistes et nous devions soutenir les travailleurs des pays d’Outre-Mer dans leur résistance.

    Tous ces faits vérifient pleinement l’appréciation que nous donnions du plan Marshall quand nous disions : « Le plan Marshall, c’est l’emprise des milliardaires américains sur la France, c’est la misère et la guerre », et nous ajoutions : « Il faut nous débarrasser au plus tôt du fardeau écrasant du plan Marshall. » Si la situation de la classe ouvrière était aussi pénible et si elle s’aggravait chaque jour, si dans le même temps, l’appauvrissement gagnait les paysans travailleurs et les petites gens en général, si l’économie et les finances de notre pays étaient sur la voie de la catastrophe et de la ruine, c’était uniquement en raison de la politique de guerre suivie par nos gouvernements. La seule guerre du Vietnam avait déjà coûté plus de 1 000 milliards, ce qui représentait 40% de la totalité des salaires payés en France durant une année ! Les frais de la guerre augmentaient chaque jour, le budget de la guerre représentait encore, pour 1951, 1 300 autres milliards, et les Américains exigeaient de nouvelles dépenses. De ce fait, le budget comportait un déficit de 800 milliards de francs que les banqueroutiers de la majorité parlementaire n’avaient pas voulu prendre en compte avant les élections. La référence au péril fasciste de 1934, personnifiée cette fois par De Gaulle, transparaissait d’autant plus que la scandaleuse loi des apparentements permettait un détournement du suffrage universel aux élections législatives du 17 juin 1951. Avec ces élections, c’est l’accentuation de la contre-offensive de la droite qui se trouvait facilitée. C’était le délabrement de l’économie et l’appauvrissement de la classe ouvrière, la perspective de nouvelles charges fiscales qui allaient peser uniquement sur les masses populaires et provoquer la hausse des prix.

    La marche de cette économie de guerre, cela signifiait un nombre toujours plus grand pour les fabrications liées à la guerre et un nombre restreint d’entreprises de matières premières pour les produits de consommation. Les impérialistes étaient pressés, ils multipliaient leurs provocations et poussaient au maximum leurs préparatifs de guerre. Nous constations que notre pays se couvrait de bases américaines, que nos usines tournaient à plein régime pour la production des armements.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Le résistant Fernand Gontelle distingué à Allauch

    Le résistant Fernand Gontelle distingué à Allauch

    Engagé au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI) du Champsaur durant la Seconde Guerre mondiale, il participe à des missions de liaison et de ravitaillement. Arrêté par la Gestapo et la Milice, il parvient à s’évader avant de rejoindre le maquis et de prendre part aux combats de la Libération. « Cette distinction salue son engagement au service de la France », souligne la Ville.

  • [Témoignage] Lucien Limousin, le devoir de mémoire d’un enfant de déporté

    [Témoignage] Lucien Limousin, le devoir de mémoire d’un enfant de déporté

    Mon fils, cette période est révolue, nous devons l’oublier. » Ce sont les mots que les parents de Lucien Limousin lui ont longtemps répétés à propos de la guerre. Une période sombre qu’ils ont très peu évoquée, mais qui a profondément marqué celui qui est aujourd’hui vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône et ancien maire de Tarascon pendant douze ans, une ville passée aux mains du Rassemblement national lors des municipales de mars dernier.

    « J’ai décidé de ne pas me représenter. Mon premier adjoint a tenté de prendre ma suite, mais il a échoué. ça fait très mal de voir ça, c’est quelque chose que je n’aurais sûrement pas voulu. Surtout au regard des valeurs que j’ai héritées de ma famille, ce n’est pas dans mes gènes », confie cet homme de 78 ans.

    Le devoir de mémoire

    Lucien Limousin n’a jamais raconté son histoire, ni celle de ses parents. Mais à la veille de la sortie du film Moulin, réalisé par László Nemes, il a décidé de témoigner. Pour la mémoire, mais aussi pour les générations futures. « C’est important de vous recevoir dans cet espace muséal, parce que Jean Moulin avait de la famille à Saint-Andiol. C’est ici que vivaient ses grands-parents », souligne-t-il. « C’est une des communes dont je suis élu. J’ai à cœur de mettre en avant la politique que mène le conseil départemental pour soutenir les anciens combattants et le devoir de mémoire. »

    Mais ce ne sont pas uniquement des considérations politiques qui ont conduit Lucien Limousin à prendre la parole. « Je suis le fils d’un déporté. Mon père habitait le Pas-de-Calais. Il était le fils de parents, donc mes grands-parents, communistes. Un jour, la Gestapo est arrivée pour arrêter mon grand-père qui avait été prévenu et n’était pas rentré. Mon père avait alors 18 ans, était présent à la maison et comme il était assez grand, c’est lui qu’ils ont pris. Il a été interné à Valenciennes puis transféré à la forteresse de Huy, en Belgique. Il a eu la reconnaissance du titre d’interné, puis au fil du temps, grâce au travail d’associations, tous ceux qui ont été internés en Belgique ont eu le titre de déportés politiques », raconte-t-il.

    La violence et les coups

    « Quand il est rentré de là, il est parti au Service du travail obligatoire. Dans ce camp de travail, comme quoi tout malheur peut être bon, il a rencontré ma mère, qui était Polonaise. Mes grands-parents, eux, avaient été fusillés, victimes de la germanisation de la Pologne. Il est ensuite rentré avec celle qui est devenue ma mère. »

    C’est à Tarascon-sur-Ariège que naît Lucien Limousin. « Tarascon, pour moi, c’est une véritable destinée, du sud-ouest de la France vers la Provence », sourit-il.

    Pour autant, il ne sait que très peu de choses sur cette période de la vie de ses parents. « Je n’ai que très peu de détails sur leurs conditions de détention. J’ai en mémoire que mon père m’avait raconté qu’un jour, l’un de ses compagnons de détention, qui était particulièrement âgé, était tombé parce qu’il n’arrivait pas à transporter ce qu’on leur demandait et mon père s’est précipité pour le ramasser. Il s’est fait rouer de coups pour avoir aidé un vieil homme », se souvient-il. « Ma mère, elle, avait une cicatrice, du coin de la bouche vers le menton, et ce n’est que plus tard qu’elle m’a avoué avoir reçu un coup de cravache d’une kapo dans les camps de travail. »

    Un souvenir douloureux qui résonne avec le contexte actuel. « La situation géopolitique est difficile à travers le monde. On voit bien que la guerre est à nos portes et nous avons besoin de faire attention. D’où l’importance du film pour rappeler aux jeunes, mais pas que, ce qu’une idéologie peut entraîner comme haine et discrimination. »

  • Une soirée de solidarité avec Cuba

    Une soirée de solidarité avec Cuba

    Une soirée de soutien à Cuba se tiendra, ce vendredi à 18h30, salle Robert-Veret à Ribers, à l’initiative du comité de Laragne du Mouvement de la Paix. Le documentaire De la Camargue à la Ciénaga de Zapata sera diffusé en présence de son réalisateur Alain Sabatier. « Le film montre l’effort incroyable des Cubains sur l’écologie et le travail de la terre », explique Halima Bois, la présidente du comité local.

    Un débat pour penser la résistance sera ensuite organisé avec Alain Sabatier et Nicole Giraudi, présidente de France Cuba 13, qui sont « tous les deux au fait de ce que traverse la population cubaine ».

    Depuis la mise en place du blocus énergétique mis en place par Donald Trump en janvier 2026, la population peine à subvenir à ses besoins vitaux. « Elle est affamée, n’a plus de carburant, subit des coupures d’électricités très longues… De plus en plus de personnes, en particulier les nouveau-nés, décèdent faute de matériel médical », alerte Halima Bois. À cela s’ajoutent les mesures coercitives de l’administration Trump contre les entreprises étrangères, qui se voient contraintes de cesser leurs activités dans le pays.

    « Il faut faire entendre la voix des Cubains, qui tiennent encore même si c’est très difficile. On a besoin de solidarité pour stopper ce blocus. » Elle appelle à se souvenir du côté avant-gardiste des Cubains, notamment en ce qui concerne l’agroécologie. La participation à la soirée est libre et bénéficiera à la population cubaine.

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Défense de la paix

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Défense de la paix

    Avec cette prise de position ferme de la CGT, dans laquelle les dockers de Marseille et les inscrits maritimes ont joué un grand rôle, nous nous heurtions à l’opposition des directions FO et CFTC qui voulaient interdire aux syndicats toute action débordant le cadre professionnel. Leenhardt et Gaston Defferre s’employaient dans Le Provençal contre la CGT et le PCF.

    Les événements ultérieurs confirmèrent qu’il existait dans le mouvement ouvrier français une autre tradition qui ne pouvait rester à l’écart du rassemblement et de la lutte pour la paix. En août 1948, à Wroclaw, en Pologne, se tint un congrès mondial des intellectuels pour la paix avec la participation d’écrivains comme Aragon. En novembre, les assises pour la paix et la liberté rassemblèrent à Paris 12 000 délégués ; la délégation marseillaise était de 200 et parmi elle de nombreux militants qui n’appartenaient pas à la CGT.

    Luttes revendicatives

    Ces cinq années riches d’événements ont entre elles des caractéristiques communes. C’est la période pendant laquelle les gouvernements qui se succèdent à la tête du pays s’engagent toujours plus dans la guerre d’Indochine. C’est aussi la période liée à l’alliance atlantique dirigée contre les pays du socialisme et, en même temps, contre l’essor des forces démocratiques. Ce climat de guerre froide tente de faire supporter à la population les frais de cette politique. Notre union départementale a tenu sa place dans ce combat, qui était pour nous inséparable de la lutte revendicative. Quant au pacte atlantique, j’ai déjà évoqué novembre 1947, où le CCN de la CGT avait décidé de s’opposer au plan Marshall. Or, ce plan n’était qu’une étape dans la politique d’hégémonie mondiale poursuivie par les États-Unis. Il faut se souvenir que des accords militaires de en 1948, qui engageaient la France dans une coalition impérialiste agressive.

    Un nouveau pas fut franchi le 4 août 1949 par la signature du traité de l’Atlantique Nord, ratifié par l’Assemblée nationale en juillet. Pacte qui rassemblait, sous la direction des États-Unis, le potentiel économique et militaire des pays adhérents. Partout dans le monde s’implantaient des bases américaines ; chaque pays était concerné et les budgets de guerre augmentaient. Pour la France, ce budget atteint 600 milliards en 1949, 880 milliards en 1950 et 1 300 milliards en 1951.

    La CGT menait la lutte contre les colonialistes, la guerre du Vietnam se poursuivait ; des forces militaires françaises, de plus en plus nombreuses, étaient engagées et les navires revenaient à Marseille avec des centaines de blessés.

    D’ailleurs, à partir d’août 1950, les États-Unis apportaient leur soutien aux agresseurs, mais le peuple vietnamien résistait et infligeait défaite sur défaite au corps expéditionnaire.

    à suivre la semaine prochaine…

  • La municipalité de La Seyne a-t elle des griefs envers la Résistance ?

    La municipalité de La Seyne a-t elle des griefs envers la Résistance ?

    L’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance (Anacr) a été privée de parole pour la cérémonie du 26 août commémorant de la libération de La Seyne.

    « Et ce n’était qu’un début », s’indigne Louis Vaisse, en expliquant que lors de la réunion du comité de coordination des anciens combattants de La Seyne, le 7 septembre, l’élu délégué par la municipalité a indiqué qu’elle ne serait plus autorisée à intervenir officiellement lors de cet hommage. Et qu’elle devrait se contenter de lire le message national lors de la cérémonie du 27 mai, Journée nationale de la Résistance depuis 2013. « Ce qui, aux dires du représentant municipal, est déjà bien suffisant ! », rapporte le militant.

    Plus grave encore, le comité local qui emmène une centaine de collégiens sur les lieux de mémoire à Signes où ont eu lieu des massacres de Résistants, en sollicitant les communes de La Seyne et Six-Fours pour le prêt d’un bus, s’est vu opposer un refus tout aussi catégorique de l’élu de l’ex-cité des Chantiers. Ce dernier déclarant : « Cela vous arrange bien que cela soit à Signes. Pourquoi n’allez-vous pas dans le haut Var ? » Pour mémoire, Signes fait également partie des communes tombées dans les bras du Rassemblement national. Le parti à la flamme, héritier de celui créé avec Jean-Marie Le Pen par d’anciens membres de la Waffen SS craignant peut-être que soit rappelé que leurs aînés n’étaient pas vraiment du bon côté de l’Histoire.

    Alors que la sortie pédagogique vise à faire vivre le devoir de mémoire en évoquant deux mouvements de résistance, un réseau de renseignement, et d’expliquer ce qu’est une nécropole nationale. Mais aussi leur faire découvrir, in situ, le lieu où s’est effectuée la jonction entre une partie de l’armée du général de Lattre de Tassigny et les résistants lors de la bataille de Toulon.

    Mais pas question d’en rester là, promet Louis Vaisse.« Nous allons donc réitérer nos demandes chaque année. Et nous serons à Signes, en espérant trouver une solution pour y emmener les élèves, comme chaque année sous les municipalités précédentes », conclut le comité local.

  • [Hommage] Une poignée de terre du maquis Jean Grandel à Châteaubriant

    [Hommage] Une poignée de terre du maquis Jean Grandel à Châteaubriant

    C’était le premier maquis de l’Hérault. Un maquis Francs tireurs et partisans créé dans la région de Saint-Pons-de-Thomières. Deux ans après que 27 hommes, surtout des communistes et des cégétistes, avaient été fusillés le 22 octobre 1941 à Châteaubriant, le premier réflexe de ces résistants héraultais fut de donner à leur groupe le nom de Jean Grandel. Une autre de leurs motivations fut certainement que Jean Grandel, fusillé aux côtés de Guy Môquet, était né en 1891 à Montpellier et qu’il y fut secrétaire de l’Union locale CGTU. Mais sa vie héroïque tout du long justifiait à elle seule qu’ils lui rendent hommage. 85 ans après sa mort, le 19 septembre prochain à Prémian et Saint-Étienne d’Albagnan, au cœur du maquis qui portait son nom, un hommage national sera rendu à celui qui fut maire de Gennevilliers de 1934 à 1939.

    Jean-Claude Llinarès, ancien président de l’institut d’histoire sociale de la CGT de l’Hérault et président de l’Arac (association républicaine des anciens combattants) est une des chevilles ouvrières de cette cérémonie toute particulière, puisqu’une dizaine de jeunes de Gennevilliers viendront « prélever un peu de la terre du maquis pour l’apporter dans une alvéole du monument dédié aux martyrs » au mémorial de Châteaubriant en Loire Atlantique.

    Il n’avait que 50 ans quand, otage désigné « par le revanchard des négociations de 1936, Pierre Pucheu, ministre de l’Intérieur du gouvernement de Vichy », précise Jean-Claude Llinarès, Jean Grandel fut fusillé par les nazis en représailles à un attentat contre un général allemand. Avant son assassinat, sa vie avait été d’une extraordinaire richesse. Normalien, entré par concours aux PTT, aviateur pendant la première guerre mondiale, très tôt syndicaliste, Jean Grandel fut directement à l’origine de la création du syndicat unitaire du textile de Lodève.

    Affecté à Paris Poste en 1924, il aura d’importantes responsabilités syndicales qui lui vaudront d’être suspendu puis révoqué des PTT en 1929. Et en 1934, domicilié à Gennevilliers près de Paris, membre du PCF depuis 1926, il est élu conseiller général puis maire de Gennevilliers. Quand commence la guerre d’Espagne, se faisant remplacer à Gennevilliers, il s’engage contre le franquisme et organise sur place le service de courrier et de communication des Brigades internationales. En 1940, il est déchu comme 60 autres élus communistes de ses mandats. Après une période dans la clandestinité, il sera arrêté, transféré de camp en camp avant d’être fusillé.

    La veille de sa mort, il écrit à sa compagne : « Ma main ne tremble pas… J’ai vécu pour le bien du peuple ; je meurs pour lui sachant que ma mort ne sera pas inutile. Plus que jamais, j’ai confiance en l’avenir. » Un avenir qui n’est aujourd’hui pas si radieux, insiste Jean-Claude Linarès, indigné par ce qu’il appelle « la revisitation de l’histoire », « en particulier ici à Béziers, par Robert Ménard ». Mais aussi par tous ceux qui essaient de récupérer les Résistants, notamment l’extrême droite alors que le RN a été créé par d’anciens collabos, les mêmes qui ont permis que Jean Grandel et Guy Môquet soient fusillés.

    * Le rendez-vous est fixé à 10h45 à Prémian avant la montée vers le maquis, où sera prélevée la terre. Puis auront lieu les différents dépôts de gerbe à Prémian et Saint-Etienne d’Albagnan. Après le repas à 14h, conférence-débat avec Danielle Ledoux, co-autrice de l’ouvrage « Jean Grandel un homme
    du peuple dans l’Histoire
     ».

    « Ma main ne tremble pas… J’ai vécu pour le bien du peuple »

  • Le service militaire sous l’héritage de la Résistance

    Le service militaire sous l’héritage de la Résistance

    Le nom d’Henri Fertet, Résistant fusillé en 1943 alors qu’il n’avait que 16 ans, a été attribué par le président de la République, Emmanuel Macron, à la première promotion du nouveau service national militaire, ce mardi 15 septembre, à Orange.

    Le premier d’une longue série de « baptêmes ». Il a en effet été décidé que chaque promotion de ce service national porterait désormais le nom de l’un des 1 038 « compagnons de la Libération ». « Militaires, civils, venus de tous les horizons, illustres comme anonymes, ils avaient fait le choix de la France et de la liberté, le choix de servir plutôt que subir », a expliqué le Président.

    C’est sur la place d’armes de la base aérienne 115, devant les cent premiers volontaires du dispositif, que l’annonce a été faite. D’ici à la fin de l’année, ils seront au total 300 volontaires à la Cité des Princes. 300 autres sont attendus sur la base aérienne d’Évreux (Eure), avec un objectif de 10 000 volontaires d’ici à 2030.

    Ingénieur et architecte

    « Votre époque n’est pas la sienne, votre mission ne sera pas la sienne, mais le choix qu’il fit, celui de servir la France et de défendre sa liberté, fait écho à votre engagement », a déclaré Emmanuel Macron lors de son discours, après une Marseillaise et après avoir salué les quelques centaines de militaires présents. « Henri Fertet écrivait : “Je veux une France libre et des Français heureux”. Des mots simples qui nous rappellent que si la liberté est le legs des générations qui nous ont précédés, il nous revient de la préserver, cultiver et propager. La liberté n’a de sens que dans la mesure où elle offre à chacun de vivre, d’espérer, de construire son avenir », a poursuivi le chef de l’État.

    Pour le porte-parole de l’armée, le colonel David Pappalardo, le lien avec la Résistance s’explique avant tout par le fait que « les jeunes sont mus par cette même motivation » qu’Henri Fertet, même si « le contexte est différent ». Il évoque ainsi un contexte géopolitique « qui ne manque pas d’actualité chaude, que ce soit sur le front Est de l’Alliance nord atlantique ou au Proche et Moyen-Orient ». Toutefois, il insiste sur la nécessité de « décorréler de cet engagement, qui est vraiment citoyen », de ces tensions internationales.

    Lors de sa visite, le Président a assisté à différents ateliers destinés à illustrer les entraînements quotidiens de la formation initiale des participants. Au programme : un « atelier de combat » avec des séquences de combat rapproché utilisant des armes factices, suivi d’exercices de montage et de démontage de fusils d’assaut, puis d’une séance de marche au pas.

    Parmi les volontaires figurent des profils variés, dont 38% de femmes à ce jour. L’aviateur Marius, 25 ans, et l’aviatrice Marie, 23 ans, présentés à plusieurs journalistes, font partie de ceux disposant d’un haut niveau d’études. Le premier est étudiant à l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace de Toulouse. Pour lui, ce service national tient en quelque sorte lieu de stage, puisqu’il lui « permet de démarrer des processus d’habilitation qui seraient intéressants dans la suite d’un parcours professionnel ». Il ajoute envisager de rester réserviste à l’issue de ces dix mois de service, avant d’étudier d’autres opportunités. Marie est originaire de l’île de la Réunion et sort tout juste d’un master 2 en architecture bioclimatique. Elle devrait intégrer le service d’infrastructure de la Défense. « Ce qui m’a motivée, c’est de pouvoir travailler dans mon domaine d’études », précise-t-elle, avant d’ajouter qu’intégrer l’armée était son rêve.

    « Servir
    la France fait écho à votre engagement »

  • À Montpellier, le cri d’alerte d’un militant pacifique palestinien

    À Montpellier, le cri d’alerte d’un militant pacifique palestinien

    Il devait être accompagné de Mahmoud Zwahre. Son homologue militant et chercheur ayant dû rentrer précipitamment en Palestine en raison du décès de son neveu, Mohammed Khatib a livré seul son témoignage, mercredi 9 septembre, salle Pelloutier à Montpellier. La veille face à la presse locale, ce militant cofondateur du Comité de coordination de la lutte populaire (PSCC) avait donné un premier récit glaçant.

    En compagnie de militants de l’AFPS 34, il décrit les deux stratégies distinctes de l’État d’Israël. D’un côté, la « terreur à Gaza » où les frappes de l’armée israélienne se poursuivent malgré l’accord de cessez-le-feu, ce qui a déjà coûté la vie au moins 73 600 civils (hors disparus). « 74 200 enfants de moins de 5 ans ont besoin d’un traitement, 24 600 femmes enceintes souffrent de malnutrition aiguë. C’est orchestré car seuls 200 camions par jour entrent à Gaza au lieu des 600 autorisés », dénonce Évelyne Duval (AFPS).

    De l’autre côté, en Cisjordanie, M. Khatib pointe une logique de « transplantation méthodique » des populations. « L’armée israélienne n’intervient pas directement, si ce n’est pour faciliter aux colons israéliens l’accès aux terres occupées. » Une opération de longue haleine destinée selon lui à « anéantir les conditions de vie des Palestiniens et les pousser à l’exil ». Du côté d’Al Maghayer, à l’est de Ramallah, 27 communautés ont été détruites, assure-t-il.

    Le militant raconte comment les colons armés s’en prennent à des Palestiniens isolés, notamment des paysans dans des fermes qu’ils s’approprient. « Ils attaquent les maisons, en portant des coups, parfois en assassinant, choisissent un terrain et font du pâturage. » Afin de coordonner les déplacements des colons, des routes interdites aux Palestiniens ont été construites entre les villages occupés. En octobre, débutera la cueillette des olives. Mohammed redoute le « châtiment des colons » et de nouveaux « morts » car « les Palestiniens ne renonceront jamais à leurs vergers ». C’est pourquoi il appelle les militants internationaux à se mobiliser. « Quand ils sont présents aux côtés des familles, les colons ne se comportent pas pareil. »

    Dans les villes, les populations sont peu à peu confinées. Et la violence fait là aussi son apparition. « L’ambassadeur des USA prétend que ce sont des opérations isolées alors qu’il s’agit d’une stratégie au plus haut sommet de l’État. Le but est d’annexer les terres et changer le statut juridique de la Cisjordanie. »

    De sombres projets contre lesquels résistent les militants non armés du PSCC. Depuis son village de Bil’in, Mohammed et les siens organisent régulièrement des manifestations culturelles, parfois sous les traits de personnages d’Avatar pour dire la résistance non violente. Dès 2004, c’est elle qui avait permis la conservation de villages que l’édification d’un mur d’apartheid devait confisquer au profit d’Israël, la Cour suprême israélienne ayant donné raison à ce village frontalier. Aujourd’hui, le PSCC mène des actions de reconstruction et d’entraide appelées « Faz3a ». « On essaie d’amener l’eau, l’électricité, d’éviter les démolitions de maisons », explique-t-il.

    S’il n’attend pas grand-chose des élections législatives israéliennes du 27 octobre, il est convaincu que « le départ du gouvernement d’extrême droite de B. Netanyahou faciliterait les procédures ». Car depuis le 7 octobre 2023, Israël ne reconnaît plus le droit international. Pourtant condamnée par la Cour internationale de justice et rappelé à l’ordre par l’ONU, « elle ne rend plus de comptes », grâce à la protection américaine de l’allié Donald Trump.

    Voilà pourquoi, en plus de leur courage, les militants du PSCC comptent sur un sursaut de la communauté internationale, dont la France. « L’Europe est incapable de prendre des décisions, elle doit réagir ». De son côté, Mohammed ne lâchera pas. « Il y aura des martyrs mais notre maintien sur le territoire est notre outil de résistance. » Et Robert Kissous (AFPS 34) de conclure : « En 3 ans, plus d’un millier de Palestiniens ont été tués en Cisjordanie. Il faut empêcher ce nettoyage ethnique, retrouver la possibilité d’un État palestinien et le droit du peuple à s’autodéterminer. »