Tag: Grand port maritime de Marseille

  • Le projet de data center flottant dans le grand port de Marseille remis à flot

    Le projet de data center flottant dans le grand port de Marseille remis à flot

    La colonisation des bassins Est du grand port maritime de Marseille – Fos par les centres de données n’est pas terminée. Depuis le début de l’année, la société NDT Saumaty 1 a déposé deux demandes successives de permis de construire auprès de la municipalité marseillaise, le premier, le 2 mars, pour la construction d’un data center « réalisé en partie en surplomb de la mer nécessitant la modification et la reconstruction du quai », le second déposé le 16 octobre pour des équipements connexes. Des demandes qui visent la parcelle de 94 hectares qui s’étend entre le port de pêche de Saumaty et le bassin Mirabeau, derrière la forme 10 de réparation navale. La municipalité avait déjà accordé au mois d’avril un permis de démolir à la même société sur cette même parcelle.

    Derrière le porteur du projet, le groupe français Data4. Un groupe qui exploite aujourd’hui onze « campus » de data centers dans six pays européens pour une puissance de 2 gigawatts. Rachetée en 2023 par le fonds canadien Brookfield Infrastructure, elle a vu le fonds britannique Arjun Infrastructures et le holding des investissements financiers du groupe Ikea, Interogo Holding, entrer à son capital au mois d’août 2025. « Nous confirmons étudier un projet de data center à Marseille sur le site d’une ancienne déchetterie industrielle située au sein du Grand Port Maritime de Marseille, avec la volonté de dépolluer, réhabiliter et revaloriser ce foncier », répond la société qui ambitionne de doubler sa présence en Europe d’ici 2030. « Le projet est actuellement en phase d’étude de faisabilité », précise-t-elle.

    Elle vient reprendre l’ancien projet d’un data center flottant installé dans le Grand port maritime, d’une puissance de 7,5 mégawatts, qui était porté par la société californienne Nautilus Data Technologies. Celle-ci s’est depuis retirée de ce domaine spécifique, mais le projet qui lui succède conserve le même nom, Nautilus.

    Celui-ci doit désormais être soumis à une consultation publique de trois mois, à compter du 18 novembre prochain, afin de pouvoir lui délivrer son autorisation environnementale. Une réunion publique est d’ores et déjà annoncée le 26 novembre prochain à partir de 17h30, au centre municipal d’animation Mirabeau.

  • Les dockers CGT en grève donnent un sens à la lutte

    Les dockers CGT en grève donnent un sens à la lutte

    Seuls les dockers et portuaires bloquent leur outil de travail ». C’est ce qu’on fait les syndicalistes CGT des bassins ouest du Grand port maritime de Marseille, vendredi matin, de 6h à 13h. De Port-Saint-Louis-du-Rhône à Port-de-Bouc, les dockers CGT du golfe de Fos ont acté la grève, la veille, après avoir « appris avec stupéfaction » l’action de tractage la CFDT Transports des Bouches-du-Rhône, « autorisée par la préfecture » d’après le syndicat des Dockers. Une cinquantaine de militants de la CFDT se sont déplacés à ce titre sur la D268, bloquant la circulation jusqu’au relais TotalEnergies de Fos.

    Le sens de la lutte

    Une autorisation qui ne manque pas de faire réagir les dockers : « Lutter, c’est d’abord se mettre en grève dans son entreprise. Lutter contre la hausse des prix de l’essence, c’est lutter contre les guerres en Ukraine, contre le génocide perpétré par le gouvernement israélien à Gaza ». « C’est lutter contre la guerre en Iran, contre le gouvernement français complice du système capitaliste qui augmente le budget de l’armée, prépare la militarisation des ports en nous faisant rentrer en économie de guerre relayé par les politiques de droite et d’extrême droite en expliquant qu’il n’y aurait pas d’autres choix », développe le syndicat CGT, rappelant les raisons de son appel à la grève du 30 octobre et de vendredi.

    Du côté de la CFDT routiers, l’appel à la grève dénonce « la stagnation des salaires, l’intensification des rythmes de travail, pénibilité accrue, difficultés de recrutement, manque de reconnaissance et pression grandissante sur les personnels ». L’organisation appelait de ses vœux une « mobilisation unitaire et massive sur tout le territoire national ». Vendredi soir, elle revendique 2 000 mobilisés en France. Sans préciser la quantité de litres d’essence brûlés à l’arrêt, dans ce cadre.

  • Une première pierre pour le projet Phare du Port

    Une première pierre pour le projet Phare du Port

    « Retisser le lien entre ville et port. » C’est l’objectif affiché par le Port de Marseille-Fos avec le projet Phare dont la première pierre a été posée ce mercredi à deux pas de la Joliette en présence d’une pléiade d’élus locaux, représentants d’institutions ou encore de la direction de la GPMM. « Phare va être une maison commune. Phare est un futur siège social à la hauteur de ses missions, et c’est beaucoup plus que ça : C’est la réhabilitation de la halle J0, cette double halle édifiée en 1893 de 270 mètres », explique Christophe Castaner, président du conseil de surveillance du port.

    « Moderniser le port sans le renier »

    Concrètement, l’actuel siège social qui fait face à la place de la Joliette va être détruit pour être remplacé par un nouveau flambant neuf. Le hangar J0 va être complètement réhabilité pour être transformé en halles ouvertes au public et de nouveaux bureaux vont être construits. Le tout réalisé par Eiffage pour une belle enveloppe de 120 millions d’euros avec l’architecte marseillaise bien connue Corinne Vezzoni à la manœuvre. Le nouveau siège doit être « mis à disposition » pour 2028 alors que la livraison finale de l’ensemble est prévue pour 2030.

    « La plupart des Marseillais ignorent la beauté de ces halles de type Eiffel qui sont là. Notre objectif c’est de rendre ces halles aux Marseillais : avec des espaces ouverts, des commerces, des restaurants… C’est un nouveau morceau de ville », développe Christophe Castaner. Avant de résumer la philosophie : « On peut moderniser le port sans renier son identité. L’activité continue pendant que le public vient la découvrir. » En effet, cette ouverture du J0 aux Marseillais, avec l’arrivée d’espaces culturels, de squares végétalisés et une grande esplanade marque un tournant inédit dans la relation entre le port et la ville.

  • Le grand port maritime de Marseille affiche son ouverture sur la ville

    Le grand port maritime de Marseille affiche son ouverture sur la ville

    « J’ai découvert plein de choses, je pensais en gros que les bateaux rentraient, sortaient, et ça s’arrêtait là. Et puis ça m’a ouvert des perspectives avec le métier d’agent consignataire que j’ai découvert. » Le jeune Reda, en seconde GATL (Gestion administrative, du transport et de la logistique) du lycée Caucadis à Vitrolles, qui dispose aussi d’une filière qui prépare au Brevet d’initiation à la mer (Bimer), fait partie des 30 000 visiteurs du Port center. À leurs côtés, on trouve aussi des troisièmes du collège Vieux-Port.

    Ouvert depuis le 1er mai 2024, visitable tous les samedis matin après réservation auprès de l’office de tourisme ou sur demande auprès du port, ce lieu se veut « une ouverture ville-port » pour « offrir une vision globale des bassins Est et Ouest et donner à voir toutes les activités », explique Nathalie Bakhache, secrétaire générale du Grand port maritime de Marseille (GPMM). Quand ce qui se passe derrière les grandes grilles blanches reste souvent inaccessible, il ne s’agit pas là de combler un déficit d’image, assure-t-elle, mais « d’apporter une meilleure connaissance aux riverains, et aussi à l’ensemble [des habitants] du territoire ». Si le respect « du droit, des conditions financières et de sécurité sont respectées », d’autres espaces sont aussi à disposition, ajoute-t-elle, prenant en exemple l’ouverture récente de la digue du large.

    Des scolaires venus

    en nombre

    Ce jour-là, des ateliers et visites guidées sont organisés pour les scolaires, « plus de 3 000 des 30 000 visiteurs, donc 10% », précise-t-elle. Sous les pieds des lycéens vitrollais, au sol du bâtiment de cette ancienne gare maritime, des photos des installations portuaires vues du ciel. Sur les murs, des écrans diffusent des vidéos mettant en avant l’histoire portuaire et dans les vitrines, des maquettes de bateaux donnent à voir le type de navires accueillis.

    Stéphane Pellen, directeur chargé de mission auprès de la secrétaire générale, 30 ans d’expérience au compteur, assure la visite. « Et ça, c’est quoi ? », interroge-t-il. Les 15 garçons et 3 filles de la section Bimer sèchent. « Ce sont les formes de la réparation navale, la 8, la 9 et la 10, plus grande du mode, l’équivalent de 4 terrains de foot », indique Stéphane Pellen. Avec 42 600 emplois dans les Bouches-du-Rhône, il insiste sur le poids économique du GPMM, sur la diversité de ses activités, du transport de passagers au trafic de conteneurs en passant par la croisière. « Le port de Marseille est polyvalent, un des rares d’Europe avec Rotterdam, même si on ne joue clairement pas dans la même division », poursuit-il.

    Il n’élude pas le revers de la médaille. « Un bateau, ça pollue », assume-t-il, même si au regard de ses capacités de transport par rapport au train, il reste à l’heure actuelle un moyen de transport imbattable, nuance-t-il. « On essaie de travailler à réduire ces nuisances avec notamment l’utilisation du gaz, on a commencé aussi à brancher les navires à quai, d’abord ceux de la Méridionale, puis vers le Maghreb et, depuis avril, trois navires de croisières peuvent utiliser l’électricité en simultané », déroule Stéphane Pellen en bon communiquant. Les petits sont repartis conquis…

  • La filière éolienne se structure, le projet DEOS se clarifie à Fos-sur-Mer

    La filière éolienne se structure, le projet DEOS se clarifie à Fos-sur-Mer

    Lors du bilan du premier semestre du Grand Port maritime de Marseille-Fos (GPMM), le 10 juillet, Hervé Martel avait prévenu : « L’éolien est une filière qui se structure, avec un jeu d’acteurs privés, français et internationaux, et un marché qui se clarifie au fil des décisions. (…) Ils y voient clair sur leur marché, on y voit clair sur nos subventions, on signe un contrat et on démarre [le projet DEOS, Développement de l’éolien offshore, Ndlr]. » Deux jours plus tard, l’institution portuaire clôturait son appel à manifestation pour trouver preneur, via une convention d’occupation temporaire, du foncier de 30 ha dans ses bassins ouest pour lancer l’aménagement de la plateforme début 2028.

    BW Ideol (concepteur de la fondation flottante en béton Damping Pool) et NGE (4e groupe français de BTP) annoncent s’être associés pour déposer leur candidature. L’accord signé prévoit un partenariat à parts égales dans Fos3F, qui vise à développer une ligne de fabrication en série dimensionnée pour produire environ 30 flotteurs par an, soit une capacité annuelle d’environ 500 MW. L’an dernier, 126 millions d’euros de financements publics avaient été sécurisés pour ce projet à 200 millions d’euros.

    Un moment clé

    Le président de BW Ideol souligne : « C’est une réponse souveraine aux besoins de la transition énergétique : des fondations conçues et fabriquées en France, à partir de matériaux sourcés localement, avec plus de 1 300 emplois directs à la clé pour le territoire. » Il rappelle : « Ce partenariat concrétise la création d’une nouvelle filière industrielle de fabrication en série de fondations flottantes, au moment où l’État lance avec l’AO10 le plus important appel d’offres jamais engagé pour l’éolien en mer. » L’attribution de l’appel d’offres, qui porte à plus de 5 GW le développement cumulé de l’éolien flottant en France dont 3,7 GW sur la façade méditerranéenne, devrait être connue d’ici le premier trimestre 2027.

    L’AO6, lui, a été remporté par Ocean Winds et Éoliennes Méditerranée Grand Large pour une capacité totale de 500 MW. La plateforme DEOS respecte son calendrier.

    Au total, 330 millions d’euros seront investis sur la zone Fos 3XL pour proposer une infrastructure, « un élément de la solution logistique » à l’opérateur choisi. Le ministre des Transports Philippe Tabarot a d’ores et déjà annoncé le concours de l’Ademe à hauteur de 82,3 millions d’euros. « On travaille à d’autres financements, notamment européens », avait précisé le président du directoire le 10 juillet.

  • Les ports de Beyrouth et Marseille partenaires

    Les ports de Beyrouth et Marseille partenaires

    « Ici, l’identité méditerranéenne est une réalité », vante Christophe Castaner, président du Conseil de surveillance du Grand port maritime de Marseille (GPMM). Il accueillait, ce mardi 21 juillet, le ministre libanais des Transports, Fayez Rasamny, et son homologue français, Philippe Tabarot, venus signer le renouvellement d’une étroite coopération entre le port de Marseille et celui de Beyrouth, déjà engagée en 2022.

    Sous les pieds de la délégation, une photographie des installations portuaires des bassins Est et Ouest aide les visiteurs à se repérer. Pas moins de 75 millions de tonnes de trafic de marchandises en 2025, développement de l’activité croisière avec 2,5 millions de visiteurs, investissement dans des projets de décarbonation, hub logistique… La direction du port trace à grands traits l’état des lieux à un ministre libanais très attentif. Nommé en janvier 2025 sur proposition du Parti socialiste progressiste, ce dernier est aussi un homme d’affaires, PDG de Rymco, une entreprise leader dans le secteur automobile au Liban.

    Explorer de nouveaux corridors d’échange

    Il est venu chercher des savoir-faire et des débouchés économiques pour un site en pleine reconstruction, six ans après l’explosion qui a ravagé une partie de la capitale libanaise le 4 août 2020 et fait plus de 220 morts et 7 000 blessés. En cause, un incendie dans un entrepôt stockant 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium. Le tout dans un pays touché de plein fouet par la guerre au Moyen-Orient. Interrogé sur l’état des infrastructures portuaires, Fayez Rasamny assure : « On a fait beaucoup de changements », insistant sur l’embauche de gens compétents quand l’accident est imputé à « des erreurs humaines et plusieurs autres choses ». « La signature de cette convention marque une nouvelle étape. Au-delà d’un simple accord, elle exprime une ambition commune : bâtir un partenariat concret, durable et tourné vers l’avenir », pose le ministre libanais.

    Et de rappeler l’objectif : « Faire du port de Beyrouth un port plus moderne, plus performant, plus transparent et pleinement intégré aux grands réseaux et au commerce international. » Il insiste sur son souhait de « développer des échanges commerciaux » et « explorer les opportunités offertes par les nouveaux corridors économiques reliant le Moyen-Orient, la Méditerranée et l’Europe, notamment dans le cadre des initiatives comme l’IMEC [Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe, Ndlr.] ». Bref, « être prêt pour le futur ».

    Ce partenariat avec Marseille reste aussi diplomatique. « Personne ne doute que le sujet n’est pas seulement celui de la stabilité libanaise, parce qu’il n’y a pas d’instabilité au Liban sans une instabilité beaucoup plus large de l’ensemble de la Méditerranée orientale », estime Christophe Castaner. Le ministre des transports français enfonce le clou. « Depuis le début du conflit au Proche et au Moyen-Orient, la France se tient une nouvelle fois aux côtés du gouvernement libanais pour soutenir les forces armées libanaises, avec notamment l’envoi de véhicules de transports blindés pour répondre aux besoins de populations déplacées », a précisé Philippe Tabarot. Et de porter le message d’Emmanuel Macron, qui a assuré que « la France continuera à apporter son soutien aux efforts déterminés des autorités libanaises pour garantir la souveraineté de l’État, le seul à même d’assurer la stabilité, l’intégrité territoriale du Liban et de répondre aux besoins des populations ». Un cessez-le-feu « robuste et durable » étant « à ce titre indispensable ».

  • Des associations défavorables au projet industriel NéoCarb

    Des associations défavorables au projet industriel NéoCarb

    C’est l’une des locomotives de la décarbonation du golfe de Fos-sur-Mer. Pourtant, le projet est loin d’être neutre en termes d’impact sur la biodiversité d’après France nature environnement (FNE13), Vigueirat Nature et le Collectif Cistude, qui rendent un avis défavorable à son encontre suite à la clôture de l’enquête publique, le 30 juin dernier.

    Porté par Elyse énergie et RTE, NeoCarb prévoit d’installer trois briques de production sur le môle central des bassins Ouest du Grand port maritime de Marseille-Fos : l’une d’hydrogène bas carbone par électrolyse, l’autre d’e-methanol, la dernière de e-kérosène. Le stockage et la distribution de ces e-carburants se feraient par le biais d’une plateforme logistique dans la zone du Caban. Un site industriel à proximité d’un site Natura 2000, sur une zone naturelle dite d’intérêt faunistique et floristique, où se trouve une zone humide.

    Sur 51 ha d’emprise foncière au total, 31 ha artificialiseraient des espaces naturels sensibles, selon les associations, « dont 16 hectares de prairies psammophiles, écosystèmes à très forte valeur écologique ». « Ces habitats abritent une flore et une faune rares, parmi lesquelles le Myosotis nain et la Scammonée de Montpellier, dont près de 2 600 et 2 000 individus respectivement sont voués à disparaître sous les fondations du dépôt », affirment-elles. Pour bénéficier des autorisations nécessaires à la construction et l’exploitation de cette usine, Elyse Energy et RTE ont dû déposer des demandes de dérogation pour la destruction d’espèces protégées. Le 15 juin dernier, le Conseil national de la protection de la nature a rendu un avis défavorable à cette demande de dérogation, considérant que la séquence « éviter-réduire-compenser » n’était pas respectée et que les garanties pour éviter une perte nette de biodiversité restaient insuffisantes.

    En mai dernier, lors d’un conseil municipal, l’avis sur la demande d’autorisation environnementale concernant le projet n’avait obtenu aucun vote favorable des élus fosséens, ni dans la majorité, ni dans l’opposition.

  • Paca, première région maritime avec plus de 100 000 emplois

    Paca, première région maritime avec plus de 100 000 emplois

    Baignée au Sud par la Méditerranée, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur reste numéro un dans le pays en termes d’économie maritime. C’est ce que confirme une étude de l’Insee, en collaboration avec la Dreets et la collectivité, présentée en conférence de presse ce jeudi à Toulon et publiée dans la foulée. Cette économie maritime représentait fin 2022, quelque 25 600 emplois salariés. Si l’on ajoute les 14 200 de la marine nationale – avec le premier port militaire de France – et les 62 200 du tourisme littoral, ce sont au total 102 000 emplois salariés, soit 5,3 % de la part d’emploi salarié régional que compte cette économie.

    « Notre littoral n’est pas seulement un décor ou une destination. Il est un espace économique majeur, qui fait vivre l’hôtellerie, la restauration, les activités nautiques, les ports, les transports, le commerce et de très nombreux services », indique François de Canson, vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en charge du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs.

    Cette économie de la mer est divisée en huit grands secteurs d’activité, ici nommés « segments », avec le transport maritime et fluvial et la construction-réparation navale qui concentrent l’essentiel des emplois salariés. Avec, respectivement 11 900 travailleurs pour le premier et 7 900 pour le second, soit près de quatre emplois salariés sur cinq. Dans le détail, c’est 90 % de l’emploi régional du transport maritime et fluvial qui est polarisé dans les Bouches-du-Rhône, avec les grands acteurs que sont le Grand port maritime de Marseille (GPMM), la CMA CGM et Corsica Linea. Quand le Var centralise 72 % de la construction-réparation navale, avec Naval Group et Eca Robotics.

    Les autres secteurs mentionnés sont l’intervention publique, recherche et protection de l’environnement, la logistique portuaire, les travaux publics maritimes, les produits de la mer (dont la pêche). L’extraction de matériaux marins et la production d’énergie, ne concernent pas notre zone.

    L’économie des métiers de la mer est concentrée au sein de grandes entreprises. Dès lors, les établissements de plus de 50 salariés représentent 75 % des emplois, et ceux de plus de 500 salariés emploient 10 700 personnes.

    Seuls 25 % des salariés

    sont des femmes

    Ces travailleurs de la mer gagnent en moyenne 3 910 euros net mensuels en équivalent temps plein. La part de cadres est de 40 % et les ouvriers qualifiés y sont six fois plus nombreux. À titre comparatif, le salaire moyen dans l’ensemble de l’économie régionale est de 2 470 euros par mois.

    Mais cette économie est, sans surprise, peu féminisée. Et compte une grande majorité des hommes, âgés de 25 à 49 ans. Les femmes elles, n’occupent que 25 % des postes. Une part inégale en fonction des segments, s’il y a peu d’ouvrières, il y a presque autant de femmes que d’hommes dans la logistique portuaire par exemple.

    « Cette étude va servir au diagnostic et au pilotage des politiques publiques », veut croire Olivier Tessier, directeur régional adjoint de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets), citant le « retard » sur l’éolien en mer Méditerranée, une « filière d’avenir », pousse-t-il. À ses côtés, le maire de la Londe-les-Maures, pressenti pour succéder à Renaud Muselier à la tête de la Région, appelle à ne « jamais opposer économie et écologie » : « être la première région maritime française impose de savoir concilier les usages. Notre littoral accueille des activités industrielles, militaires, portuaires, touristiques, scientifiques, de pêche, de plaisance et de protection de la nature », soulève François de Canson.

    CHIFFRES

    1,3

    En pourcentage, c’est le nombre de salariés de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui travaillent dans l’économie maritime, où sont recensés près de 4 200 établissements en 2022.

    63

    Le département des Bouches-du-Rhône concentre à lui seul 63 % de l’emploi salarié de l’économie maritime de la Région, le Var 30 % et les Alpes-Maritimes seulement 7 %.

    4 500

    En euros, c’est le salaire moyen net mensuel en équivalent temps plein dans le transport maritime et fluvial, dont 40 % des salariés sont des cadres. Le salaire moyen dans la Région est de 2 470 euros pour l’ensemble de l’économie.

  • Le Grand Port accélère ses investissements

    Le Grand Port accélère ses investissements

    Le Grand Port maritime de Marseille-Fos (GPMM) monte en puissance en termes d’engagements financiers. En 2026, l’établissement prévoit près de 125 millions d’euros d’investissements, dont 95 millions d’euros déjà engagés à la fin du mois de juin. À titre de comparaison, le Port a investi 51 millions d’euros au cours de l’année 2020. « Ce premier semestre, on est sur la conclusion de financements importants, sur l’obtention d’autorisations administratives, notamment environnementale, et sur le démarrage de premiers chantiers », précise le président du directoire, Hervé Martel.

    En février, le GPMM a signé un Projet urbain partenarial (PUP) avec la Métropole et les acteurs privés propriétaires fonciers afin d’organiser la participation au financement des routes qui vont desservir les terrains. « Ce sont 99 millions d’euros qui vont aller pour l’aménagement du môle central », précise Hervé Martel. Les premières opérations sont engagées.

    Il faut dire que « les projets industriels avancent vite, ce qui renforce la pression sur le Port pour être au rendez-vous ». Gravithy « dépose très prochainement ses autorisations ». Chez H4 « un certain nombre de sujets importants comme le sourcing électrique sont en train de se concrétiser ».

    C’est sur ce terrain que la future Zone de services portuaires n° 2, de 45 ha, devrait bientôt voir le jour. « On a obtenu les autorisations administratives, c’est l’entreprise Guintoli du groupe NGE qui a obtenu ce marché de 25,9 millions d’euros, détaille encore le président du directoire. C’est quelque chose qui était attendu par les armateurs, pour stocker et réparer les conteneurs vides. La zone n°1 est à saturation, donc cette activité se fait partiellement sur les terminaux à conteneurs qui ne sont pas faits pour ça. »

  • Le port de Marseille-Fos tire son épingle du jeu malgré la crise

    Le port de Marseille-Fos tire son épingle du jeu malgré la crise

    Çela peut paraître paradoxal. Alors que les crises se succèdent, le Grand Port maritime de Marseille-Fos (GPMM) affiche des résultats plus qu’encourageants pour ce premier semestre 2026.

    « On ne peut pas considérer que la guerre en Ukraine, la crise en mer Rouge, les tensions dans le Golfe et le détroit d’Ormuz soient des facteurs favorables au commerce mondial et à l’économie, reconnaît ce vendredi le président du directoire, Hervé Martel. Pour autant, en termes de flux, on est très peu affectés. Les origines des marchandises et des produits énergétiques sont très peu en provenance du Golfe. Le fait que le canal de Suez ne soit pas rouvert fait que beaucoup d’armateurs continuent de faire le tour de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Cette nouvelle organisation maritime temporaire a eu un impact sur les grands ports de transbordement dans l’Ouest de la Méditerranée, et un impact positif pour nous. »

    En pleine recomposition des échanges mondiaux, le port renforce son positionnement. Plusieurs accords stratégiques ont été conclus, notamment avec les ports indiens de Jawaharlal Nehru Port Trust et Adani Ports, ouvrant de nouvelles perspectives de coopération autour du corridor Imec, destiné à renforcer les échanges entre l’Inde, le Moyen-Orient et l’Europe.

    « Les sujets diplomatiques, qui sont un peu perturbés en ce moment, n’empêchent pas les autorités portuaires de se positionner à un niveau plus économique et technique », glisse Hervé Martel.

    Dans l’ensemble, les activités se portent bien, même si les performances restent contrastées selon les filières. À fin juin 2026, le trafic s’établit à 36,4 millions de tonnes, soit un retrait de
    -3% par rapport à l’année passée, notamment sous l’effet des vracs.

    Raffineries à plein régime

    D’une part, un incident survenu fin 2025 sur le réseau Natran a affecté les capacités d’importation de gaz naturel liquéfié (-46%). « La bonne nouvelle, c’est que ça devrait être réparé en septembre », souligne le président du directoire. De l’autre, la morosité de la sidérurgie provoque « une baisse de l’ordre d’un tiers » sur le premier semestre. La reprise amorcée de l’activité, avec le redémarrage du 2e haut-fourneau d’ArcelorMittal après près de 3 ans d’arrêt, ouvre des perspectives plus favorables.

    Côté vracs liquides, la filière rebondit nettement, portée par les raffineries locales qui tournent à plein régime avec des volumes mensuels proches de 2 millions de tonnes (+10%) et une trajectoire de retour aux niveaux d’avant-crise. « Le corollaire, c’est une baisse de 3% des importations des produits raffinés », note Hervé Martel.

    La filière conteneurs, elle, est particulièrement dynamique avec plus de 823 000 EVP traités à fin juin (+13%). Elle s’appuie sur une progression soutenue des échanges avec l’Asie, notamment la Chine, premier partenaire du Port, et l’Algérie.