Tag: Bourse du travail

  • En déplacement à Toulon, Sophie Binet invite travailleurs, retraités et étudiants à descendre dans la rue le 5 novembre

    En déplacement à Toulon, Sophie Binet invite travailleurs, retraités et étudiants à descendre dans la rue le 5 novembre

    Si la venue de Sophie Binet dans le Var était programmée depuis plusieurs mois, elle s’est avérée plus à propos que prévue : « On ne pensait pas se retrouver dans cette situation », a-t-elle confié lors d’un meeting toulonnais suivi par de nombreux syndiqués de toutes les congrégations du département, mercredi.

    Un moment que Richard Roméo-Giberti, le secrétaire général de l’UD CGT du Var, a introduit, au vu du contexte, par un rappel historique : « Nous ne sommes pas dans la Bourse du travail historique, dont nous avons été exclus par l’extrême droite en 1995. Mais partout où cela arrivera, nous résisterons. » À travers ses mots, la volonté de « riposte », dans un des départements les plus marqués par le fer du RN. Cette résistance se construit aussi dans l’avenir, tel que l’ont montré Camille, César et Denis, trois des leaders du mouvement lycéen toulonnais, venus apporter un vent de fraîcheur salué par les vivats des travailleurs.

    Le débat budgétaire

    dans le viseur

    Après les multiples mobilisations de la rentrée (contre les violences sexuelles, grèves des pompiers, du secteur de l’énergie, de la fonction publique…), la secrétaire générale de la CGT voit dans celle des jeunes « la cerise sur le gâteau ». Et son succès un enjeu politique qui « lancera une dynamique et mettra l’extrême droite en difficulté pour l’échéance électorale à venir. Ils portent des revendications précises, mais aussi un message plus large : quel avenir nous préparez-vous ? »

    Cet avenir, les retraités, mobilisés mercredi, ont un rôle à y jouer : « Le gouvernement oppose les générations en faisant croire que, pour améliorer la situation des jeunes, il faut prendre aux retraités, alors qu’ils prennent aux deux pour donner au capital. Il faut montrer que retraités, jeunes et actifs sont main dans la main ! »

    C’est à ce titre que Sophie Binet appelle travailleurs du privé, fonctionnaires, retraités et jeunes à se rassembler le jeudi 5 novembre, après des vacances qui vont « ralentir les mobilisations étudiantes ». Pour peser, aussi, sur un débat budgétaire qui fait craindre des coupes drastiques dans les dépenses publiques. « Il faut battre le fer tant qu’il est chaud », clame Sophie Binet, rappelant par ailleurs que le RN, veut, quant à lui, « procéder à 150 milliards d’euros de coupe ». Une idée loin de déplaire au Medef, selon elle : « Ils font beaucoup de politique. Patrick Martin [président du Medef, Ndlr.] a dit qu’il serait le premier à fuir si LFI arrivait au pouvoir. On ne le retient pas ! »

    Autre échéance à venir en décembre : les élections professionnelles dans la fonction publique, motif initial de sa venue dans le Var. « Voter CGT, c’est protéger le statut de la fonction publique, mais certainement pas le statu quo. ça commence par régulariser l’ensemble des contractuels et des précaires », soutient la secrétaire générale de la CGT.

  • « La Marseillaise » partenaire de l’anniversaire du Front populaire

    « La Marseillaise » partenaire de l’anniversaire du Front populaire

    Pour saisir toute la portée pour la classe ouvrière du Front populaire en 1936 il faut « remonter aux grands mouvements historiques et notamment à 1789 ». Jean Vanhaute place d’emblée l’événement dans le temps long. Car pour comprendre combien les conquêtes sociales de 1936 structurent encore aujourd’hui le monde du travail – les congés payés en sont l’exemple le plus parlant – le responsable de l’Institut d’Histoire Sociale CGT du Gard, image son propos par des dates clés. Son récit de « l’histoire du Front populaire » a donné le coup d’envoi, lundi 5 octobre, de la quinzaine dédiée aux 90 ans de cette grande expérience politique et sociale organisée à la Bourse du travail d’Alès jusqu’au 16 octobre. Un événement dont La Marseillaise a la fierté d’être partenaire aux côtés de la Région Occitanie, de la CGT et de la CFDT d’Alès. Cette conférence-débat, animée par Françoise Verna, rédactrice en cheffe adjointe de La Marseillaise, a démontré que sans luttes il n’y a pas de progrès social. « Les conquêtes sociales ne sont pas tombées du ciel. Elles sont le résultat de mobilisations collectives. Aujourd’hui, on renvoie les citoyens à leur individualité. La leçon du Front populaire, c’est cette force du collectif », a souligné Jean-Luc Gibelin, vice-président communiste de la Région Occitanie, venu représenter la présidente de la Région, Carole Delga.

    Jean Vanhaute relate la prise de conscience des classes populaires, sans aucun droit sous l’Ancien Régime, puis actrices de l’abolition des privilèges pendant la Révolution en 1789. « Si des historiens disent que la Révolution française fut bourgeoise, petit à petit la classe ouvrière va naître et prendre conscience de sa condition. » Et de citer 1830, 1848 et, surtout, 1871 et la Commune. « Ce fut essentiel. Pendant quelques mois, les ouvriers ont vu concrètement qu’une autre société était possible », insiste Jean Vanhaute. En 1895 la naissance de la CGT est aussi une date clé pour le mouvement ouvrier.

    « 1936 est parti des usines »

    Fort de ces décennies d’histoire sociale, le sursaut face au nazisme et au fascisme, au pouvoir en Allemagne en 1933 et depuis 1920 en Italie, marque le début de la naissance du Front populaire, après le coup de force des Ligues d’extrême droite, le 6 février 1934. Face au péril, la CGT se réunifie et la SFIO, le PCF, puis les radicaux s’unissent aux législatives du printemps 1936. Surtout, dans les usines la « base » a poussé à ce sursaut et à l’unité. « Ce que les ouvrières et ouvriers vivaient, c’était des conditions de travail épouvantables, sans droits. Le Front populaire est parti des usines et pas des états-majors syndicaux et politiques », met en relief Jean Vanhaute. C’est la grande leçon de 1936.

  • [Entretien] Sylvie Brunol : « Les Bourses du travail ont construit l’unité ouvrière »

    [Entretien] Sylvie Brunol : « Les Bourses du travail ont construit l’unité ouvrière »

    La Marseillaise : Pourquoi les ouvriers ont-ils eu besoin de Bourses du travail ?

    Sylvie Brunol : Au départ, ce sont des lieux faits pour accueillir les travailleurs, les informer, les aider et organiser la solidarité. On y trouve du placement, des bibliothèques, de l’entraide, et même autrefois des cours du soir, essentiels pour l’éducation ouvrière. Et au fond, cette fonction existe toujours : aujourd’hui encore, on y vient pour un conseil juridique, pour être accompagné lors d’un licenciement, pour rencontrer un syndicat. Ce ne sont donc jamais de simples bureaux.

    Ont-elles joué un rôle dans
    la construction du syndicalisme français
     ?

    S.B. : Un rôle majeur. À la fin du XIXe siècle, il y a d’un côté les fédérations de métiers, de l’autre les Bourses du travail, notamment animées par Fernand Pelloutier. La CGT naît en 1895, mais l’unification reste incomplète. Et Montpellier joue un rôle important : en 1902, Louis Niel, secrétaire de la Bourse du travail, travaille à rapprocher les deux structures. Le congrès de Montpellier marque cette unité entre fédérations de métiers et Bourses du travail. C’est une étape essentielle dans la construction de la CGT telle qu’on la connaît.

    Dès l’origine, ces lieux dépendent pourtant beaucoup des municipalités…

    S.B. : Oui, et c’est toute l’ambiguïté. Beaucoup ont été créées dans des villes radicales ou socialistes, avec des locaux fournis ou financés par les communes. Certains syndicalistes s’en méfiaient déjà : si le pouvoir municipal change, le syndicat peut se retrouver dépendant d’un élu hostile. C’est une fragilité qui traverse toute leur histoire. À Sète, par exemple, la mairie UDF a tenté dans les années 1980 de transférer la Bourse, puis a cessé de financer certaines dépenses. Il a fallu un comité de défense et des années de mobilisation pour la maintenir. Et cette tension est presque aussi vieille que les Bourses elles-mêmes. Toujours à Sète, dès 1901, le maire Honoré Euzet refuse de remettre les clés aux syndicats avec l’autonomie prévue par leurs statuts. Il faudra son départ et l’élection d’une municipalité ouvrière pour que la Bourse leur soit officiellement remise en 1902.

    L’histoire fournit aussi des exemples plus brutaux…

    S.B. : Le patronat et l’extrême droite ont toujours menacé les syndicats. Mais sous Vichy, on change clairement d’échelle. La CGT est dissoute en novembre 1940. À Béziers, en 1942, les locaux de la Bourse sont attribués à des organisations liées à la « Révolution nationale » pétainiste, tandis que des militants CGT entrent dans la clandestinité et la Résistance. Je ne dis pas qu’on peut plaquer mécaniquement cette histoire sur l’actualité, ce serait faux. Mais elle montre que quand un pouvoir veut contrôler ou affaiblir le syndicalisme, les lieux où les travailleurs s’organisent deviennent très vite une cible. Cela doit nous pousser à être vigilants.

    Êtes-vous inquiète des attaques actuelles contre les locaux syndicaux ?

    S.B. : Oui. Il y a toujours eu des conflits avec des municipalités de droite comme de gauche. Mais aujourd’hui, avec les mairies RN de Carcassonne ou Bagnols-sur-Cèze, on voit se multiplier les décisions concernant directement ces lieux : la mairie de Carcassonne a engagé une procédure pour faire quitter la Bourse du travail aux syndicats ; à Bagnols, elle a annoncé la fin de la mise à disposition des locaux du centre Mendès-France. Derrière la question immobilière, il y a la capacité de se réunir, d’accueillir les salariés, de construire une action collective. Je pense aussi à l’Italie : le siège de la CGIL a été saccagé en 2021 par des militants d’extrême droite. C’était avant l’arrivée de Giorgia Meloni au pouvoir, mais pour moi cet épisode reste un avertissement sur la fragilité des libertés syndicales.

    Pourquoi faut-il encore défendre ces lieux en 2026 ?

    S.B. : Parce qu’ils servent toujours. On y accompagne des salariés, des chômeurs, des précaires, parfois des travailleurs sans papiers. On y trouve des conseillers du salarié, de l’aide juridique, mais aussi un espace pour s’organiser collectivement. La liberté syndicale ne vit pas seulement dans les textes : elle a besoin de lieux. Le Préambule de 1946 reconnaît d’ailleurs le droit de chacun à défendre ses intérêts par l’action syndicale. Si je devais résumer, je dirais simplement : « les droits pour tout le monde ».

    Entretien réalisé par Axel Jolidon

    « Sans vouloir
    faire de parallèle mécanique avec les années 30, certains mécanismes historiques doivent nous pousser
    à rester vigilants. »

  • Alès, l’exemple d’une lutte victorieuse

    Alès, l’exemple d’une lutte victorieuse

    Il y a près de quinze ans, les syndicats alésiens ont engagé un important bras de fer avec la mairie d’Alès pour sauver leur Bourse du travail située dans le quartier de Rochebelle. Si le maire Max Roustan (LR) n’avait pas prévu d’expulser les syndicats, il refusait de financer les travaux. Les syndicats avaient bien un bail emphytéotique pour se protéger, mais ils craignaient, devant l’état de délabrement de l’ancienne filature construire au milieu du XIXe siècle, qu’un arrêté soit pris pour fermer le bâtiment et ainsi les priver de locaux. Bernard Vire, l’ancien secrétaire de l’UL CGT, est à la manœuvre pour alerter sur l’état du bâtiment, mal isolé, qui connaît alors de nombreuses fuites d’eau entraînant l’apparition de moisissure sur les murs.

    « La lutte a duré dix ans. On a fait beaucoup de recherches et on s’est rendu compte que le bâtiment était classé monument industriel. Ici, il y a en effet eu une magnanerie, un hospice et même une caserne. Cela a permis de gagner cette rénovation parce que des subventions ont été débloquées par l’État », explique Martine Sagit, la secrétaire de l’UL CGT d’Alès. En effet, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine finance 80% des travaux, ce qui pousse la municipalité à financer le reste.

    La première partie de ces travaux débute en 2017 pour près de 300 000 euros, permettant de refaire les menuiseries, le toit et la peinture. Une fois le premier étage (qui abrite les locaux des syndicats) refait à neuf, la suite des travaux se poursuit avec le rez-de-chaussée (le sol est complètement refait à neuf) et l’isolation, permettant aux syndicats de bénéficier d’une grande salle d’accueil du public pour les différents événements. « Cette rénovation a aussi permis à d’autres syndicats non confédérés comme la FSU ou Solidaires d’avoir un local et d’être présents à la Bourse du travail », se félicite Martine Sagit.

    Et comme un symbole, malgré son opposition initiale, c’est Max Roustan qui inaugure le bâtiment le 16 décembre 2023. Un mois plus tard, ce sera au tour de Sophie Binet, toute nouvelle secrétaire générale de la CGT, de venir couper le traditionnel ruban rouge. Depuis, la Bourse du travail ne désemplit pas, accueillant de nombreux événements et expositions. La CGT revendique même l’accueil de 120 personnes par mois par son service juridique. Symbole de l’importance de ces structures.

  • Les lycéens et travailleurs d’Arles manifestent ensemble

    Les lycéens et travailleurs d’Arles manifestent ensemble

    « On a exactement les mêmes revendications qu’eux ». C’est donc tout naturellement que Lucile Venet, professeure de biologie au lycée Pasquet et syndicaliste FSU, est venue soutenir la mobilisation lycéenne arlésienne, ce mardi. Il y avait déjà du monde au départ, à 10h, devant la Bourse du travail d’Arles. Le cortège a rejoint la sous-préfecture, où une délégation de lycéens et de syndicalistes enseignants a été reçue. Au plus fort de la mobilisation, les organisateurs ont compté 1 100 participants, contre 530 selon la police.

    Le cortège mêlant lycéens, professeurs, syndicalistes et parents était accompagné par un fort dispositif de service d’ordre de la CGT, les chasubles rouges de l’hôpital d’Arles et des dockers ouvrant et fermant la marche. « Notre présence dans leur manif, c’est pour que tout se passe bien, ces jeunes veulent être écoutés et la violence est tout ce qu’ils trouvent à la fin », explique Magali Raffin, professeure en lycée pro et militante de la CGT Éduc’action.

    Tout part de la Bourse du travail

    Tout est parti d’une rencontre. « Des élèves du lycée Pasquet sont venus nous rencontrer à la Bourse du travail pour nous demander de l’aide et du soutien. On leur a proposé d’organiser une AG et cette manif », détaille Magali Raffin. « C’est un symbole énorme » pour cette dirigeante de l’Union locale CGT en lutte pour garder son local à la Bourse du travail.

    Ce soutien est bienvenu pour les lycéens. Amaury Stantina rappelle que la semaine dernière, lors du blocage du lycée Pasquet, « la police était des deux côtés de la rue, ne laissant aucune fuite possible, et gazait sans sommations ». Il estime qu’« il est nécessaire que les syndicats de travailleurs et de lycéens se retrouvent pour demander un changement de politique » face à « la violence systémique et le manque d’argent partout ». Et illustre : « Ça fait une semaine qu’on est dans la rue et là, on voit 500 millions d’euros en moins pour l’éducation nationale » dans le projet de budget du gouvernement. « Un foutage de gueule » assène-t-il.

    Pour la Bourse du travail, comme pour les profs et les élèves, il s’agit d’un « rendez-vous de convergence des luttes ». Une convergence dont Lucile Venet et Amaury Stantina espèrent qu’elle sera victorieuse.

  • Fortes mobilisations lycéennes partout dans la Région

    Fortes mobilisations lycéennes partout dans la Région

    A Toulon

    Depuis 7h, les lycéens de Bonaparte rejoints par des camarades d’autres établissements, bloquent leur lycée, avec le soutien de syndicalistes (CGT, FSU, Solidaires, FO). Un cortège sera lancé à partir de 9h et arpentera les rues de la ville, jusqu’à la Préfecture, où un rendez-vous entre syndicats, lycéens et le préfet du Var est prévu à 12h30.

    Parmi les syndicalistes CGT, on trouve des militants venus de différents secteurs (Educ’action, Retraités, Cheminots…). «Il y a eu un appel aux militants qui a été lancé pour sécuriser le cortège et protéger les minots», explique Colette Moulun, de la CGT Finances Publiques. «Et puis leur apporter du soutien dans leur action. Si les jeunes sont dans la rue c’est qu’il y a un malaise profond. Dans la société actuelle, ils ont toutes les raisons d’être inquiets. Le traitement que le gouvernement leur réserve est dégueulasse (sic), entre manque de professeurs, parcoursup, la militarisation, le chômage, les mauvaises conditions de travail, et plus largement le climat et toutes les conséquences du capitalisme, la jeunesse a un avenir des plus sombres.»

    Comme de nombreux parents d’élèves, Marjorie est présente ce matin en compagnie de ses deux filles, Rose, élève au lycée Jean Aicard de Hyères, et Emma, étudiante en Master à Toulon. «Je suis là, déjà, par rapport aux difficultés induites par parcoursup et pour l’accès aux masters», indique-t-elle. « Le projet de loi du sénat limite la progression des enfants après le bac, c’est inadmissible.» Mais de manière générale, elle désire également soutenir un mouvement qu’elle considère comme injustement discrédité et réprimé : «Je vois les réseaux sociaux, les médias, et je suis choquée. Là, on voit que les gamins ont des pancartes, écoutent de la musique, alors que les images qui tournent ne montrent que de la violence, des enfants qui perdent leurs yeux… Ils ont le droit de manifester. Ce ne sont pas des méchants, pas des casseurs juste des élèves qui en ont marre de leur situation scolaire.»

    À Toulon, les manifestants sont arrivés devant la Préfecture du Var vers midi. Une délégation composée de représentants de plusieurs lycées du Var, de syndicalistes et d’enseignants s’apprête à être reçue par le préfet du Var d’ici quelques instants.

    Guillaume Afonso, le directeur de cabinet du préfet du Var, briefe la délégation avant que celle-ci ne soit reçue.

    Reçus par le préfet et le Directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) du Var, lycéens et étudiants Toulonnais dénoncent le dédain qui leur a été opposé. Il est 14 heures. «C’est de l’irrespect envers la jeunesse. Nous sommes légitimes de nous exprimer», s’indigne Camille, membre du conseil de vie lycéenne du lycée Bonaparte. «Leur logiciel n’a pas changé, vous oui, et le monde s’est déplacé quelques vertèbres grave à vous. Gloire à vous !» les a encouragés Richard Romeo-Giberti, secrétaire de la CGT du Var, les enjoignant à «poursuivre le mouvement».

    A Gap

    À Gap, le cortège a prévu de passer par plusieurs lycées. Quelques minutes avant le rassemblement, les syndicats (CGT, FO, Solidaires, FSU, La Conf’) s’organisent.

    A Avignon

    Devant le lycée Mistral, à Avignon, quelques centaines de jeunes se rassemblent avant de rejoindre les élèves d’autres rassemblement. Les syndicats et les parents d’élève entourent les manifestants qui chantent devant l’établissement, fermé aujourd’hui.

    14h30, c’est maintenant au tour des étudiants de manifester dans Avignon. Plus de 500 lycéens et étudiants défilent ensemble avec le soutien des syndicats et des enseignants. Le tout dans le calme.

    A Marseille

    La circulation a été fermée au niveau des Réformés à Marseille. La tête de cortège avec les lycéens encadré par les syndicats s’est mis en marche sur la Canebière.

    Après un vote à main levé les lycéens ont répondu favorablement à la proposition de rencontre avec la Direction des services de l’éducation nationale, à la condition que ses représentants sortent de leurs bureaux pour les rencontrer. Le cortège doit arriver en fin de matinée devant la DSDEN à Nédelec.

    Le cortège marseillais s’est arrêté sur le cours Belsunce. Dans foule, des lycéens, des étudiants, des enseignants, des parents. La manifestation repart en direction de la rue de Colbert en scandant « la jeunesse emmerde le Front national» balancé dans la sono du camion en tête.

    Il est midi, et l’intersyndicale annonce 30000 manifestants a Marseille. La préfecture de police en a compté 4800.

    La manifestation marseillaise prévue pour s’arrêter devant la DSDEN s’achève. A 12h30, certains jeunes décident de poursuivre la manifestation sans l’intersyndicale.

    À Martigues

    Après une marche de la place Jean-Jaurès jusqu’à l’hôtel de ville, les syndicats, les enseignants et les soutiens du mouvement lycéen ont longuement applaudi les élèves.

    Le maire de Martigues, Gaby Charroux (PCF) reçoit une délégation de lycéennes et de lycéens dans la mairie pour écouter leurs doléances et les accompagner dans leurs futures actions

    À Arles

    1100 lycéens et travailleurs ont défilé de la bourse du travail jusqu’à la sous-préfecture, sous la protection du service d’ordre de la CGT.

    A Aix-en-Provence

    «Étudier est un droit, pas un privilège», scandent lycéens et étudiants qui déambulent en masse sur l’avenue des Belges.

    Les manifestants sont passés devant le campus Schuman, toujours fermé. Ils sont 1300, selon les derniers chiffres de la police, «à peu près 2000», selon les syndicats.

    Le cortège est arrêté devant le rectorat. Un «temps de discussion» y est improvisé. Une libération de l’étudiant arrêté hier, lors des mobilisations devant le lycée Célony, est de nouveau demandée.

    Appels à rejoindre les prochaines mobilisations de lycéens, à «se structurer» pour un mouvement dans la durée… les organisations syndicales étudiantes qualifient la mobilisation «d’historique depuis mai 68» , et promet une «lutte jusqu’à la victoire»!

    Les lycéens le rappellent : «nous ne sommes pas là juste parce que nous n’avons plus de téléphones en cours». Ils rappellent la source de leur colère : des classes surchargées, des conditions de travail dégradées, un manque d’enseignants…». «Ce n’est que le début de la mobilisation lycéennes» préviennent-ils.

    «Aujourd’hui on est plus réprimés que protégés même si manifester est un droit!», scandent les étudiants. Le cortège est désormais devant le tribunal d’Aix, qui a fermé ses grilles par mesure de sécurité, pour protester contre l’interpellation d’un des manifestants hier, devant le lycée Célony.

    A Manosque

    Les lycéens manifestent calmement devant trois lycées de la ville et bloquent les rues de la commune depuis ce matin, aux côtés d’enseignants, de parents d’élèves, de la FSU, la CGT ou encore du PCF.

  • À Béziers, Robert Ménard rêve de chasser les syndicats

    À Béziers, Robert Ménard rêve de chasser les syndicats

    Pas besoin d’avoir sa carte au RN pour ne pas aimer les syndicats. Il suffit d’être d’extrême droite.

    Depuis 2014 qu’il a mis la main sur Béziers, Robert Ménard a maintes fois cherché à se débarrasser des unions locales qu’il estime gênantes, en cela qu’elles défendent les droits des salariés, combattent les idées anti-républicaines et rétrogrades.

    Dès 2016, le maire d’extrême droite lance une première offensive pour déloger les syndicats de la Bourse du travail. « Il a essayé de nous faire payer les charges [environ 82 000 euros, Ndlr] concernant le chauffage, l’électricité, le gaz – et l’entretien au motif que cela coûtait cher et que ce n’était pas à la collectivité de payer », nous rappelait début 2026, Patricia Barbazangue, l’ex-secrétaire de l’union locale CGT.

    Unie, l’intersyndicale fait bloc. Robert Ménard recule mais supprime les 17 000 euros de subvention et fait signer aux syndicats une convention qui retire l’emploi municipal dédié à la conciergerie. Depuis, c’est la secrétaire administrative de la CGT qui s’occupe les lundis, mardis, jeudis et vendredis d’ouvrir la porte aux nombreux visiteurs de la Bourse du travail. « Les salariés viennent nous voir pour être aidés, orientés. On est d’utilité publique, la mairie devrait assumer une partie du service public », argumente Julien Rader. Au lieu de cela, l’actuel secrétaire de l’UL CGT ajoute que le syndicat doit aussi mettre la main à la poche pour le ménage deux fois par semaine.

    Réélu en 2020, Robert Ménard tente de revenir à la charge un an plus tard. Cette fois, s’il veut pousser les syndicats hors des murs, c’est « pour y loger à la place la police municipale montée  », se souvient Julien Rader. Un courrier d’expulsion est même envoyé à l’intersyndicale. Là encore, le front syndical ne cède pas à la panique. « Il cherchait à nous faire peur. On a tenu bon. Le courrier est resté lettre morte », relate le responsable syndical. « Notre solidarité a payé. S’il avait senti quelques failles, il aurait appuyé… »

    Le secrétaire de l’UL CGT en est persuadé : « Ménard ne supporte pas les syndicats. » Raison pour laquelle l’édile a un temps cherché à monter un « syndicat autonome ». « Ça n’a pas du tout pris. » Depuis, le maire d’extrême droite est réputé proche de Force ouvrière (FO), à l’instar de l’hospitalier Marc Valette, à la fois numéro 2 de FO et adjoint aux sports du maire.

    Du 3 au 10 décembre lors des élections professionnelles dans la fonction publique, la CGT s’est d’ailleurs fixée comme objectif de redevenir majoritaire à la mairie. « On a des listes complètes et de nouveaux syndiqués. On a bon espoir de reprendre le leadership à FO, positive Julien Rader. On deviendrait le premier rempart, ce serait un pied de nez énorme. »

  • À Montpellier, Delafosse promet de mieux loger les syndicats

    À Montpellier, Delafosse promet de mieux loger les syndicats

    Non, les syndicats ne sont pas des pestiférés voués à se faire chasser des Bourses du travail comme dans les mairies détenues par l’extrême droite.

    À Montpellier, si l’intersyndicale s’attend à quitter ses locaux d’Antigone (474, allée II de Montmorency) d’ici deux ou trois ans, c’est dans l’idée d’être mieux relogée.

    Lors d’une réunion début septembre, Michaël Delafosse (PS) a commencé à donner vie à l’une de ses promesses de campagne : proposer une maison des syndicats plus moderne. « Notre démocratie a besoin des syndicats pour être pleinement une démocratie sociale. Les syndicats ont besoin de moyens pour assurer la défense, l’accompagnement et le soutien des travailleurs. Leur rôle est indispensable », a indiqué le maire socialiste. Et d’insister sur le volet politique. « À l’inverse, lorsque le RN dirige des communes, il fait le choix de fermer maison des syndicats, Bourse du travail, à l’image de ce qui s’est passé à Carcassonne affaiblissant les moyens de protection des salariés ».

    « La première chose que le maire nous a dite c’est qu’il veut faire un contre-exemple aux villes d’extrême droite où les Bourses du travail sont attaquées », se souvient Mathieu Guy, présent autour de la table. Faire de Montpellier l’antithèse de Carcassonne, Béziers, Bagnols-sur-Cèze ou Arles, voilà un engagement qui plaît aux organisations. « C’est tout à son honneur d’être dans cette démarche  », salue le membre du bureau de l’Union départementale CGT de l’Hérault.

    Dans l’ancien ou du neuf ?

    Bien entendu, il y a aussi des raisons pratiques à ce choix politique. L’actuelle maison des syndicats conçue par Ricardo Bofill en 1985 dans le cadre du projet Antigone, commence à faire son âge. « Le bâtiment est très vétuste avec un chauffage et une clim’ qui fonctionnent à moitié », décrit Mathieu Guy. « Les services de maintenance galèrent à réparer la chaudière qui tombe régulièrement en rade parce qu’ils ne trouvent plus certaines pièces », illustre-t-il. Durant cet été en partie passé avec une climatisation défectueuse, le cégétiste se souvient que « des salariés ont dû être renvoyés chez eux à cause de la chaleur ».

    Fragile énergétiquement, le bâtiment n’est pas un modèle logistique non plus en dépit de son parking souterrain bien pratique. « On est un peu à l’étroit, il nous manque des bureaux pour loger toutes nos structures », assure Mathieu Guy. Selon lui, l’intersyndicale manque aussi d’espaces de stockage pour les tracts ou ranger l’encombrant matériel de manifestation (sonorisation). « On reçoit des grosses palettes qui n’entrent pas dans les ascenseurs qui ne sont pas des monte-charges. »

    Pour ce qui est du futur lieu, aucune décision n’a encore été prise. « L’idée de M. Delafosse c’est de partir des besoins de chaque syndicat », raconte le cégétiste Mathieu Guy. Voilà pourquoi les services de la Ville visitent actuellement chacune des centrales réparties sur les 6 étages du Carré Montmorency. La Ville prospecte l’existant mais ne ferme pas la porte à un bâtiment neuf.

    « Notre souhait, c’est d’être à proximité des transports en commun, près de la gare et d’avoir des places de parking à proximité », liste Mathieu Guy. Une seule certitude : l’actuelle Bourse du travail ne sera pas rénovée ni reconstruite sur elle-même. « La Ville a un projet immobilier. » À terme, c’est sans doute toute l’allée II de Montmorency qui pourrait être repensée. Michaël Delafosse ayant dans l’idée de mieux relier le quartier Antigone à l’Esplanade.

  • Dix jours pour célébrer les 90 ans du Front populaire à Alès

    Dix jours pour célébrer les 90 ans du Front populaire à Alès

    Après Toulouse et Montpellier, les célébrations du Front populaire font étape à Alès du 5 au 16 octobre. Les syndicats et la Région ont présenté la programmation de ces dix jours lundi 28 septembre à la Bourse du travail d’Alès. Un point presse qui fut surtout l’occasion de tisser des liens entre la situation en 1936 et celle de 2026 et de souligner l’importance de la mobilisation.

    « Il y a beaucoup de convergences entre 1936 et aujourd’hui », confirme l’élue régionale Aurélie Genolher. « C’était la crise économique marquée par beaucoup de mutations. La question du partage des richesses était récurrente. Les salariés se mobilisaient pour le temps de travail hebdomadaire quand la France sort aujourd’hui d’une bataille sur les retraites. Le fascisme qui montait. Cette célébration du Front populaire sert aussi à se rappeler que l’extrême droite, on l’a déjà essayée. »

    À ses côtés, la CGT abonde. Pour le syndicat, les conquis sociaux et la lutte contre le fascisme vont de pair. « L’important c’est de rappeler que les conquis sociaux ne sont pas des cadeaux qui sont arrivés d’un seul coup. Ce sont des combats menés quand les travailleurs étaient unis. Le but c’est aussi d’amener de l’espoir pour ne pas se laisser bercer par les idées d’extrême droite », ajoute Martine Sagit, secrétaire de l’UL CGT d’Alès. « Réduire le Front populaire à l’image des premiers départs en vacances serait oublier l’essentiel. Pour le mouvement syndical, le Front populaire constitue d’abord une formidable avancée de la démocratie sociale. Il marque l’entrée dans une époque où les salariés deviennent davantage acteurs de leur destin collectif », précise de son côté Gérard Delahaye, de la CFDT.

    Une exposition

    et deux débats

    Pour célébrer ces conquis sociaux, la Bourse du travail accueille l’exposition « L’héritage de 1936 : culture, loisirs, éducation populaire » qui met notamment en lumière la protection sociale, les droits des femmes, la représentation collective des salariés et le temps de travail. « Cette exposition permet aussi de valoriser la Bourse du travail et c’est important dans cette période où nombre de Bourses du travail sont attaquées partout en France », ajoute Martine Sagit (voir dossier p 4 à 8).

    Le vernissage de l’exposition est organisé lundi 5 octobre (19h). Il sera suivi par une conférence-débat animée par Françoise Verna, rédactrice en cheffe adjointe de La Marseillaise. Autour de la table sera notamment présent Jean Vanhaute, président de l’Institut histoire sociale CGT du Gard. « 90 ans plus tard, les défis ont changé, mais les aspirations demeurent : vivre dignement de son travail, être protégé face aux risques de la vie, être respecté dans ses droits, disposer de temps pour soi et pour les autres, progresser vers l’égalité. C’est ce message que nous avons souhaité transmettre à travers cette exposition », explique Gérard Delahaye.

    L’exposition sera aussi accessible pour les scolaires, qui repartiront avec le supplément de La Marseillaise sur le Front populaire et un livret sur les événements de 1936. Quatre classes de collège ont déjà prévu de venir la découvrir. Les élèves seront alors accompagnés par des militants de la CGT et/ou de la CFDT et pourront échanger avec eux. En parallèle de cette exposition, quatre petits documentaires sont proposés dans la salle adjacente sur le fondateur de la sécurité sociale Ambroise Croizat, le droit de vote des femmes, les origines des congés payés et le Front populaire.

    La CFDT organise ensuite un débat le vendredi 9 octobre (17h) sur « la démocratie face aux fascismes », avec Gérald Six, secrétaire général de la CFDT Occitanie et Sébastien Volpelliere, délégué syndical central. Puis un temps festif « guinguette dans l’esprit de 1936 » clôturera ces dix jours le vendredi 16 octobre (19h-21h30), avec le repas organisé par la cantine solidaire de Rochebelle. La soirée se terminera en musique avec deux concerts.

  • Les attaques contre les Bourses du travail se multiplient

    Les attaques contre les Bourses du travail se multiplient

    Si pendant la campagne des élections municipales le Rassemblement national ne parle que de sécurité et de nouveaux moyens alloués à la police, ses premières décisions une fois élu pourraient être écrites à l’avance. Le programme est simple : annuler tous les événements culturels qui ne leur conviennent pas, couper les subventions aux associations, notamment celles à vocation sociale, puis déloger les syndicats. La troisième phase est lancée à Bagnols-sur-Cèze. Après avoir annulé une dizaine de spectacles à son arrivée puis supprimé une aide de 190 000 euros à deux centres sociaux, Pascale Bordes (RN) a donc demandé aux associations et aux syndicats de quitter leurs locaux de Mendès-France d’ici le 30 novembre.

    Si cette décision pouvait logiquement être attendue, la demi-douzaine d’associations sur place qui partagent ces locaux avec la CGT, la CFDT, FO et la CFTC a été surprise par cette décision. Pour l’heure, associations et syndicats ont décidé d’écrire à la municipalité pour lui demander des précisions, notamment concernant l’avenir du bâtiment. Ils n’ont reçu aucune réponse. Si la CGT a déjà annoncé qu’elle ne quitterait pas les locaux dans ces conditions et qu’elle était prête à se battre, les autres syndicats et les associations disent encore attendre quinze jours avant de communiquer et d’agir. « Nous n’avons reçu aucune réponse à nos différents courriers, ni aucun retour sur l’engagement de la municipalité à revenir vers les syndicats et les associations pour donner la position de sa majorité sur le décalage de la date d’expulsion », précise Pascal Le Boulch, secrétaire de l’UL CGT de Bagnols, qui souhaite désormais interpeller la communauté d’agglomération et la préfecture.

    Les Bourses du travail transformées en ZAD

    Les syndicats bagnolais s’apprêtent donc à rentrer en résistance, comme le font leurs collègues à Arles et Carcassonne. Dans la préfecture de l’Aude, le nouveau maire Christophe Barthès (RN) a décidé dès le 30 avril, pour son deuxième conseil municipal, de mettre fin à la mise à disposition des locaux municipaux occupés par la CGT, la CFDT, Solidaires et la FSU. Rapidement les quatre syndicats se sont mis d’accord pour s’opposer à cette expulsion. Début juin, un commissaire de justice est venu constater que les syndicats occupaient toujours les locaux et la CGT a alors indiqué vouloir engager une procédure judiciaire. Lors d’une manifestation devant la mairie pour s’opposer à cette décision le 26 juin, le maire n’a pas hésité à sortir un tuyau d’arrosage et à asperger les manifestants depuis sa fenêtre. En attendant une éventuelle décision du tribunal, les syndicats continuent d’occuper leurs locaux.

    Une situation similaire se déroule à Arles. Il y a trois ans, le maire Patrick de Carolis (Horizons) a lui aussi refusé de renouveler la convention permettant à l’UL CGT d’occuper la Bourse du travail, comme c’est le cas depuis 120 ans. Le 9 juillet, le tribunal administratif de Marseille a finalement donné raison au maire et a demandé à la CGT de libérer les locaux occupés. Il prévoit une astreinte de 50 euros par jour si les mesures d’exécution ne sont pas justifiées dans les deux mois suivant la notification du jugement.

    Mais malgré cette décision, la CGT résiste et demande un moratoire sur les expulsions des syndicats de leurs locaux. Le 17 septembre, Sophie Binet, la secrétaire nationale de la CGT, s’est déplacée à Arles pour affirmer que la Bourse du travail était désormais une « zone à défendre » (ZAD).

    Non loin de là, la Maison des syndicats de Tarascon pourrait aussi se transformer en ZAD. Là aussi, le maire RN nouvellement élu, Alexandre Ducouret, a mis fin à la convention d’occupation des locaux par la CGT et FO notamment. Et là aussi, les syndicats ont refusé de partir. Le bras de fer entre les nouveaux maires d’extrême droite et les syndicats est lancé.