Après 30 mois de travaux et près de 49 millions d’euros investis (répartis entre l’État, la Région Occitanie, le Département de l’Hérault, la Ville et l’Agglo de Béziers ainsi que SNCF Gares et connexions), la gare de la cité de Riquet s’est refait une santé. En effet, ce 5 juin, le Pôle d’échange multimodal (PEM) a été inauguré devant un parterre d’élus. « Ce PEM a été fait pour créer de l’intermodalité afin d’inciter les voyageurs à prendre les mobilités décarbonées », souligne Hillaire Hautem, directeur régional de SNCF Gare et connexion.
Côté plateau des poètes, le parvis a totalement été refait et une gare routière a été créée. « Avant la gare routière, il y avait un vieux bâtiment qui accueillait les tractionnaires et deux parkings, pour les visiteurs et pour les agents. Nous avons tout reconfiguré : un bassin de rétention d’un volume d’une demi-piscine olympique a été créé ainsi qu’un bâtiment commercial et un autre pour les agents pour leur prise de service », indique Maxime Assier de Pompignan, de la SNCF Réseau. À terme, 18 bus pourront être accueillis dans cette nouvelle gare. Mais le gros des travaux est, à n’en pas douter, la pose de la passerelle permettant une meilleure accessibilité aux quais pour les personnes à mobilité réduite (PMR). Si cette dernière dessert les quais, elle relie également le plateau des poètes au canal du Midi, avec la création d’un second parvis. « Cela va permettre l’émergence d’une nouvelle polarité dans la ville », soutient Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault, saluant « une œuvre historique de rénovation et de transformation de cette vieille dame âgée de 165 ans ».
À côté de ce nouveau parvis, un parking de 320 places pour les voitures, 78 pour les vélos et 25 pour les motos a été créé en lieu et place des anciennes Halles Sernam, utilisées auparavant pour le fret. « Un des objectifs de ce chantier était d’intégrer le PEM dans son environnement. La gare devient un objet du mobilier urbain. Ce pari est réussi à Béziers », reprend Hillaire Hautem. En effet, la gare n’a plus grand-chose à voir avec la bâtisse de novembre 2023. « Cette réalisation permet de concilier technicité et beauté. Béziers est magnifiée », observe Carole Delga, présidente PS de la Région Occitanie. Fer de lance de la collectivité socialiste, le train, outre son plébiscite chez les Occitans, est également loué pour sa faible empreinte environnementale. « Le rail a une place importante dans l’avenir car il permet d’avoir des transports décarbonés. Grâce à la science, on va développer des trains avec un impact environnemental moindre. Nous allons tester les trains à hydrogène à la fin de l’année. Le train hybride est une nécessité, la totalité du réseau ferroviaire n’est pas électrifiée », poursuit Carole Delga.
L’inauguration de ce PEM marque également une étape dans la mise en service de la future LGV Montpellier-Perpignan (LNMP), la nouvelle gare étant dimensionnée pour accueillir des TGV. « La LGV est indispensable pour les trains du quotidien. La ligne la plus saturée de France est celle reliant Nîmes à Narbonne. Donc on doit développer l’offre voyageurs mais aussi le fret. Car quand on voit le chapelet de camions sur les routes, c’est dangereux, polluant et ça coûte », fait valoir la présidente de Région. Cela permettrait aussi d’assurer une continuité de grande vitesse jusqu’à Barcelone, la péninsule ibérique étant déjà équipée en ce sens.
Voilà qui soulève l’épineuse question d’une seconde gare dans le Biterrois pour desservir la LGV, dont certains, à l’instar du maire d’extrême droite de Béziers Robert Ménard, souhaitent l’implantation à Villeneuve-lès-Béziers. « Les gares sont une question complexe. On doit travailler ensemble sur ce sujet et avec l’expertise de la SNCF. Car il faut garder à l’esprit, avec la prochaine ouverture à la concurrence, que ce n’est pas parce qu’il y a une gare que les trains vont s’arrêter », insiste Carole Delga. La présidente socialiste doit rencontrer prochainement les édiles biterrois et narbonnais à ce sujet.

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