François Bayrou a-t-il craint le mouvement du 10 septembre ? En annonçant un vote de confiance le 8 septembre, le Premier ministre a de grandes chances de tomber mais il éteindra peut-être la mobilisation prévue deux jours plus tard.
Car l’appel à « bloquer tout » lancé sur les réseaux sociaux par des groupes nébuleux a très vite pris de l’ampleur, attisé par la présentation du budget du Premier ministre. Au vu de l’ampleur prise sur internet, le gouvernement a rapidement pris conscience de l’émergence d’un mouvement apartisan et sans chef qui rappelle en tout point celui des Gilets Jaunes. Certains d’entre eux ont d’ailleurs réactivé les groupes qui se rassemblaient sur les ronds-points mais nul ne peut pour l’heure prévoir l’ampleur de la mobilisation. Les formes d’action sont également floues entre grève, boycott de certains produits, désobéissance civile ou blocage de la circulation.
Mais une partie des Français semble bien décidée à se mobiliser. Depuis la mi-août, les groupes se multiplient sur les réseaux sociaux et notamment sur Telegram pour l’organisation de cette journée. Ces discussions ont permis l’émergence de réunions qui se sont déroulées un peu partout sur le territoire.
Dans le Gard par exemple, si des citoyens se sont déjà retrouvés à Nîmes, Génolhac ou à Alès et ont déjà tracté au « rond-point des Gilets Jaunes » route de Bagnols-sur-Cèze pour informer sur le 10 septembre, de nombreuses autres réunions sont prévues samedi 30 août comme au Stade des Costières de Nîmes (16h30) ainsi qu’à Bessèges (18h) et au Vigan (12h). Dans l’Hérault, ils étaient déjà 200 pour la 4e assemblée générale devant le Corum mardi 26 août et se sont mis d’accord pour débuter les actions à 6h du matin.
Prise de vitesse par le mouvement des Gilets Jaunes qu’elle a mis du temps à soutenir, la gauche, de LFI au PS, a cette fois immédiatement soutenu l’initiative. Jean-Luc Mélenchon a même appelé à la grève générale. « Il y a eu une première réunion à Alès où il y avait 35 personnes avec des gens qui venaient à titre personnel. L’enjeu pour nous c’est de maintenir l’autonomie et l’indépendance du mouvement, donc d’être en soutien et pas à la manœuvre. On espère que les syndicats vont s’activer parce qu’on en a besoin », rappelle Armand Crepin, chef de file de la FI à Alès.
Mercredi 27 août, la CGT a annoncé se lancer dans le mouvement : « Nous avons décidé d’appeler à la grève pour la journée du 10 septembre et on proposera à l’intersyndicale nationale une date unitaire en septembre », précise Marie Dufresne, secrétaire générale de la CGT du Gard.

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