Tag: Montpellier

  • Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Si ce n’est la victoire à la primaire de son favori
    pour l’Élysée, Raphaël Glucksmann, on ne peut pas dire que le contexte actuel ravisse Michaël Delafosse.

    Face à la presse, le maire PS de Montpellier confie volontiers sa double préoccupation du moment : l’austérité du gouvernement qui guette et la menace de l’extrême droite qui plane. « L’extrême droite est mon combat. Je ne veux pas que mon pays tombe entre ses mains. R. Glucksmann a la sincérité de ses engagements. » S’il ne porte pas J.-L. Mélenchon dans son cœur, M. Delafosse tranche. « Le candidat le plus à gauche ou le plus à droite du champ républicain aura mon soutien au second tour face au RN. »

    Voilà qui a le mérite de la clarté quand d’autres jouent aux apprentis sorciers. L’édile PS redit aussi son indignation face à la répression des lycéens. « Il n’est pas acceptable que des jeunes aient perdu la vue ou une main. On a besoin de dialogue », insiste-t-il, solidaire des manifestations sans cautionner les quelques débordements.

    40 M€ pour le Corum

    Ce qu’il juge « inquiétante », c’est aussi la prochaine cure d’austérité d’un État exsangue qui menace les dotations et donc les futurs investissements des collectivités locales. Si le plan du gouvernement est appliqué tel quel, la Métropole de Montpellier perdra 27 millions d’euros de crédits et la Ville, qui a « la dotation la plus faible » rapportée à sa population, 6 millions. Dur mais pas assez pour céder à la résignation. « Soit on se lamente, soit on est churchillien. On va s’adapter, on va y arriver », positive le maire et président. Sans renoncer à ses projets, il prévient toutefois qu’il « va falloir phaser, prioriser nos choix ». Voire réduire la voilure.

    D’autant qu’une tuile n’arrivant jamais seule, les travaux de remise en état du Corum (fermé entre deux et trois mois) sont évalués à 40 millions d’euros. Pas question de renoncer à la promesse de création de 30 000 emplois. Pour cela, le socialiste compte mener à bien les grands chantiers : Service express régional métropolitain (Serm), Ligne à grande vitesse (LGV), Contournement routier ouest (COM)… en mettant en concurrence les répondants souvent gloutons aux marchés publics.

    Des écoles climatisées

    « Il n’y a pas d’acquis, ni de rente à Montpellier. On n’est pas la bête sur qui on vient se servir. » Grâce aux industries culturelles et créatives, au numérique (sortie de la dépendance à Microsoft en vue) ou à la santé (rénovation du CHU), M. Delafosse, qui s’apprête à mener une mission économique au Québec, espère devenir le « territoire le plus rapide pour les implantations d’entreprises ». Il attend aussi une « bonne nouvelle » pour le projet de reprise d’anciens salariés de la librairie Sauramps, liquidée cet été.

    Pour faire des économies, l’édile compte se débarrasser au plus vite du bâtiment de l’ancienne mairie. « Il nous coûte 400 000 euros par an en énergie. » À long terme, il projette d’ouvrir l’espace entre l’Esplanade et Antigone. Dans ce mandat sera mené le réembélissement de la place du Peyrou. Face aux risques climatiques accrus, il promet de poursuivre la « désimperméabilisation » de la ville et pour la première fois, accepte de « climatiser » les écoles trop exposées aux canicules.

    Le logement restera prioritaire. En lançant l’Office foncier solidaire, M. Delafosse s’engage à produire 4 000 logements via le Bail réel solidaire (BRS). Il promet de construire 4 résidences sociales pour les seniors, plus de logements étudiants et, via Altemed, des logements à loyers modérés aux salariés (dispositif In Medio). S’il rappelle que « l’hébergement d’urgence est de la responsabilité de l’État », le maire promet 7 nouvelles pensions de famille et d’ouvrir l’été des lieux frais de repos pour offrir aux sans-abri « quelques heures de sommeil ».

    Enfin, tandis que l’expérimentation sur l’encadrement des loyers arrive à échéance en novembre, M. Delafosse va demander à la poursuivre. « Au-delà des quolibets sur les réseaux sociaux, on me remercie dans la rue de l’avoir fait. Ce n’est pas un frein. Comme la mutuelle communale et maintenant la multirisque habitation communale que nous proposons, c’est une mesure qui protège le pouvoir d’achat de la France qui travaille et peine à se loger. »

  • Evars : le Planning familial dénonce les freins du rectorat de Montpellier

    Evars : le Planning familial dénonce les freins du rectorat de Montpellier

    Le constat de Mia Ferret, du Planning familial de l’Hérault, est sans détour. Alors que le nouveau programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) est entré en vigueur à la rentrée 2025, l’association voit son accès aux établissements scolaires considérablement réduit dans l’académie de Montpellier.

    Même si le ministère a réaffirmé la possibilité d’avoir recours à des intervenants extérieurs, « il n’y a pas de politique centralisée, ce sont les académies qui décident. Dans celle de Montpellier, on a de grosses entraves pour mettre en place l’Evars », assure Mia Ferret. Les associations expertes historiques comme le Planning familial 34, agréées pour dispenser ces séances d’éducation à la vie affective et relationnelle (pas de dimension sexuelle dans le premier degré), ont en effet été évincées des écoles. « La rectrice nous a interdit d’intervenir en primaire parce qu’il y a des débats idéologiques trop forts, notamment avec les associations d’extrême droite, qui ont des relais parentaux, des parents qui vont créer une forme de lobby auprès de l’éducation nationale pour se plaindre. Donc la rectrice dit : plus aucune association n’intervient sur ces questions à l’école », déplore la représentante du Planning.

    Dans le primaire, « plus aucune association »

    Les interventions des associations agréées se retrouvent donc désormais cantonnées au second degré (collège et lycées), au bon vouloir des chefs d’établissement. « Là encore c’est compliqué, parce que ça se fait au cas par cas. Quand on tombe sur un ou une chef(fe) d’établissement sensible à ces questions, qui connaît le Planning familial, c’est plus facile, mais on est dans une politique très individuelle : ce sont les enseignants, les chefs d’établissement qui doivent s’en emparer », poursuit Mia Ferret, qui souligne « la rupture d’égalité » induite par un tel dispositif : « Les enfants qui iront au lycée A auront des cours d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle tandis que ceux qui iront au lycée B n’en auront peut-être pas. »

    « Introduire une tierce personne libère la parole »

    « L’argument donné par la rectrice, c’est : c’est aux professeurs de le faire », rapporte la représentante de l’association. « Ce n’est pas qu’on mette en doute la compétence des enseignants », insiste Mia Ferret, mais elle estime que ce transfert de compétences pose deux problèmes : celui de la formation et celui de la parole des élèves. Car pour aborder ces sujets sensibles, les enseignants doivent être formés – comme le sont les intervenants des associations agréées. Or pour l’heure, aucune formation institutionnelle initiale suffisante n’a été proposée (lire entretien ci-dessous). Surtout, selon la représentante du Planning familial, un intervenant extérieur peut faciliter les échanges lorsqu’il est question de violences ou de sexualité. « Pour des enfants victimes de violences ou des collégiens, des lycéens qui ont des questions intimes, en parler à leur professeur peut être extrêmement gênant », explique-t-elle. À l’inverse, « introduire une tierce personne a le bénéfice de libérer la parole. Des études concrètes ont été faites sur le sujet ».

    Des interventions

    en chute libre

    Selon Mia Ferret, cette politique a des conséquences importantes sur l’activité du Planning familial de l’Hérault : « Depuis la mise en place de cette politique rectorale, il y a un an, le nombre de nos interventions a baissé d’environ deux tiers, c’est énorme. Le plus fou, c’est que c’est au moment où on a une réaffirmation légale avec un programme-cadre que le rectorat s’en empare pour dire que c’est à l’éducation nationale de le faire et que les associations agréées doivent être exclues. » Sans compter que s’ajoute à ces restrictions une question très concrète : celle du financement. Faute de disposer de crédits de fonctionnement suffisants, le Planning familial facture désormais ses interventions, explique sa représentante. Une dépense qui peut, elle aussi, constituer un frein pour les établissements.

    ENTRETIEN : Jordan Homps, Snes-FSU : « On n’a pas les capacités pour déployer l’Evars rapidement »

    Jordan Homps (Snes-FSU), enseignant au collège Frédéric-Bazille de Castelnau-le-Lez et référent Evars pour l’établissement, décrit les difficultés rencontrées sur le terrain pour mettre en place, dans les faits, cette éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle.

    La Marseillaise : Où en est la mise en œuvre dans les établissements ?

    Jordan Homps : On a un an de retard par rapport au programme qui aurait dû être mis en place l’année dernière. Depuis l’an dernier, des inspecteurs ont commencé à être formés, qui ont formé des référents au niveau académique. Ces référents ont ensuite commencé à former les réseaux publics territoriaux, qui regroupent des écoles, des collèges et des lycées… Tout cela a décalé la formation de l’ensemble des personnels. Au mieux, il y a deux personnes formées par établissement. C’est très peu.

    LM : Pourtant, chaque élève doit recevoir trois séances annuelles ?

    J.H. : Oui. À la rentrée, nous avons reçu comme consigne de fournir au moins des périodes de dates pour les trois séances. Mais la question est de savoir ce qui sera réellement organisé. Si tous les établissements ont au moins une séance par niveau, ce sera déjà formidable. Le problème, c’est que les formations ont été proposées aux seuls établissements qui en ont fait la demande. Dans certains collèges ou lycées, il est donc possible qu’il n’y ait rien.

    LM : Les enseignants sont-ils les mieux placés pour recevoir la parole des élèves ?

    J.H. : Non, c’est là que le bât blesse. C’est toute la problématique du manque de personnels médico-sociaux : infirmières, psychologues de l’Éducation nationale, assistantes sociales… Ce sont eux qui sont habilités à vraiment recevoir cette parole.

    LM : L’Éducation nationale devrait-elle s’appuyer davantage sur les associations ?

    J.H. : À défaut de former directement les élèves, ces associations, qui ont les compétences, auraient au moins pu former les personnels, ce qui aurait permis un déploiement plus rapide de l’Evars. Ça n’a pas été envisagé, alors qu’on l’avait proposé. Ils veulent tout faire en interne, mais on n’a pas les capacités pour déployer l’Evars rapidement. Ce qu’on aurait voulu, c’est un vrai plan national de formation obligatoire pour tous les personnels, avec un nombre d’heures suffisant.

    Recueilli par A.G.

  • Quand le plan de métro devient terrain de jeu pour l’art urbain

    Quand le plan de métro devient terrain de jeu pour l’art urbain

    Et si un plan de métro devenait une œuvre d’art ? C’est le pari de « Dans ses artères coule la vie », la nouvelle exposition proposée par le musée d’art urbain Parcelle 473, à Montpellier. Plus d’une centaine d’artistes y livrent leur interprétation d’un même support : une toile imprimée représentant un plan du métro parisien, au format identique pour chacun.

    « La seule contrainte, c’était le support : le plan de métro. Ensuite, chacun l’interprète à sa façon, avec son style », explique Laurent Rigail, fondateur de Parcelle 473 et galeriste à Paris. Lancée il y a quatre ou cinq ans par le collectionneur Jérôme Dauchez, cette « belle aventure » réunit aujourd’hui 120 créations. Pensée comme une exposition itinérante, la série a notamment été présentée près du Mans puis à Paris, sur la péniche Fluctu’art. Après Andrea Ravo Mattoni l’an dernier, Parcelle 473 accueille donc une nouvelle sélection issue de la collection de Jérôme Dauchez. « Ce qui m’intéresse dans la démarche de Jérôme, c’est qu’il ne collectionne pas simplement des œuvres : il collectionne des histoires, des rencontres, des artistes, des sensibilités. Sa collection s’est construite dans le temps avec la volonté de faire dialoguer des univers très différents », déclare Laurent Rigail.

    De Speedy Graphito à Bordalo II, Nasty, M. Chat, MonkeyBird, Popay ou Levalet, jusqu’aux Montpelliérains Fragments et Quentin DMR, les signatures et les générations se croisent. Peinture, collage, bombe aérosol, pochoir ou crayon : la diversité des techniques répond à celle des univers. « On a différents axes qui se dessinent : les portraits, le bestiaire, l’abstraction, le surréalisme, le très figuratif… », détaille Laurent Rigail.

    Au-delà du clin d’œil à la capitale, le plan devient ainsi un révélateur de la richesse de l’art urbain. « C’est aussi l’occasion de montrer la multiplicité des techniques et des rendus qu’on peut avoir dans l’univers du street art », souligne le galeriste. « À travers un même objet, à savoir un plan de métro, se confrontent générations, techniques et regards. Certains artistes interrogent la ville et ses règles ; d’autres ses marges, ses habitants ou ses fractures. D’autres encore font disparaître la carte presque entièrement derrière leur univers plastique. » Avec « Dans ses artères coule la vie », Parcelle 473 fait donc du musée un espace où la contrainte devient liberté : 120 plans identiques, mais autant de manières de tracer sa route.

    A.G.

    * 425 avenue des Frères Buhler. Un livre consacré à l’exposition sera disponible à l’achat.

  • Fabien, étudiant : «La pénurie de personnels, priorité des revendications lycéennes à Montpellier»

    Fabien, étudiant : «La pénurie de personnels, priorité des revendications lycéennes à Montpellier»

    Les lycéens nous ont contactés à plusieurs reprises pour nous demander de l’aide. Tous les jours, des étudiants vont les aider à bloquer les lycées et à faire tampon par rapport à la répression qu’ils peuvent subir », indique Fabien Bon, représentant du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum).

    Depuis le 1er octobre, sous l’impulsion notamment du Scum, le mouvement étudiant s’organise dans la capitale héraultaise autour de blocages universitaires. Parti de Paul-Valéry, il s’est étendu à plusieurs campus : facs de sciences, d’économie, d’éducation, mais aussi fac de pharmacie (« pour la première fois de son histoire »), fac de droit, ainsi que l’Institut régional du travail social (IRTS) ou l’institut Agro. Des blocages qui permettent aux étudiants de rejoindre les rassemblements lycéens en journée, mais aussi de porter leurs propres revendications.

    Pour Fabien Bon, la convergence entre les deux mouvements se construit d’abord autour d’une même inquiétude : l’avenir. « À travers ce qu’il se passe dans les universités, les lycéens voient leur avenir. Et qu’est-ce qu’ils voient ? Qu’entrer à la fac est devenu compliqué à cause de Parcoursup, qui pratique une sélection sociale de plus en plus forte et éjecte de nombreux bacheliers de l’enseignement supérieur ; ils voient que même s’ils arrivent à entrer à l’université, en master, un sur deux sera viré via, cette fois, la sélection exercée via la plateforme Monmaster ; et ils se rendent compte que même s’ils arrivent à décrocher un diplôme, ils auront une vie de misère. Car ils voient bien que leurs parents ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts et que ça risque d’être encore plus compliqué quand ce sera leur tour », décrit Fabien Bon.

    « Se questionner sur ses conditions d’études, c’est légitime »

    « C’est ça la convergence principale avec les lycéens : cette peur de l’avenir, bouché, préempté et volé par des patrons et des politiciens. Mais ce qu’on a aussi en commun, c’est de ne pas être écoutés », considère le représentant du Scum, qui pointe « le mépris des institutions politiques » à l’égard de la jeunesse, ainsi qu’une certaine « violence médiatique ».

    « Tout le monde tourne par exemple en dérision la revendication d’en finir avec le 8 h-18 h. Mais quel travailleur accepterait de faire 8 h-18 h sans interruption, excepté une pause d’une heure à midi, enfermé dans son entreprise ? Se questionner sur ses conditions d’études, de vie, c’est légitime. » Et de poursuivre : « Je pense, moi, que le mouvement lycéen donne à toute la France un énorme cours d’éducation civique. »

    Sans compter, souligne Fabien Bon, « que mine de rien les deux derniers mouvements qui ont obtenu des choses au niveau national, ce sont les Gilets jaunes et le mouvement lycéen actuel, qui a obtenu officiellement une hausse du budget de l’éducation nationale et le déploiement en urgence de plusieurs milliers de profs. Alors que personne n’arrive à obtenir quoi que ce soit dans ce pays », insiste le représentant du Scum.

    Il salue le courage de ces jeunes « qui se politisent et prennent des risques » malgré une répression qu’il juge particulièrement violente. « Il y a des gars casqués et armés en face d’eux, dont on sait qu’ils sont capables de les mutiler. Il y a quand même un gosse de 16 ans dont la main a été arrachée par une grenade en France en 2026. C’est incroyable. »

    Quinze jours après le début du mouvement, les étudiants mobilisés restent donc « complètement solidaires des lycéens. Et le meilleur soutien qu’on puisse leur apporter, c’est de continuer à bloquer les facs, car cela permet de libérer du temps pour aller les aider tout en faisant pression, de notre côté, sur les présidences d’université pour satisfaire nos revendications sur la question de l’inscription des étudiants refusés en licence et en master et sur celle des frais différenciés imposés étudiants étrangers ».

    Au-delà des lycées et des campus, « Il y a une colère bien plus globale », assure Fabien Bon. « Les gens n’en peuvent plus. On veut pouvoir payer notre loyer tranquillement et se nourrir, tout simplement. »

  • Cinemed : Camélia Jordana et l’Égypte en grands invités

    Cinemed : Camélia Jordana et l’Égypte en grands invités

    Avec 180 films projetés, le Festival Cinemed ne fait pas de la figuration. Encore faut-il se repérer dans cette très riche programmation étalée sur neuf jours. La rédaction de La Marseillaise vous en propose un panorama non exhaustif. La soirée d’ouverture du vendredi 16 octobre sera un premier temps fort, avec la projection du prochain film de l’Italien Nanni Moretti, Les Cœurs affamés. En clôture, Nicole Garcia sera présente pour montrer en avant-première 7h40 ce matin-là, avec Marion Cotillard.

    Dans cet intervalle, le public pourra redécouvrir la filmographie de la comédienne Camélia Jordana. Celle qui est aussi chanteuse, viendra défendre Carmen, l’oiseau rebelle, un nouveau film d’animation dans lequel elle prête sa voix. Cette version à hauteur d’enfants du célèbre opéra est signée du réalisateur et illustrateur Sébastien Laudenbach (Linda veut du poulet !).

    Les amateurs de films de genre se régaleront avec une thématique sur le cinéma fantastique arabe. Ils pourront y découvrir Papa Amin, le premier long-métrage du maître égyptien Youssef Chahine, réalisé en 1950. Le jeune cinéma égyptien fera également l’objet d’une thématique à part entière. Les multiples facettes d’un pays marqué par l’autoritarisme seront explorées, de l’entraînement des haltérophiles féminines d’Alexandrie (Lift like a girl, 2020) à la transformation d’un père tyrannique en volatil (Plumes, 2021) en passant par la condition ouvrière (L’entente, 2025).

    Le Cinemed fait une place au cinéma engagé, conscient des rapports de force à l’œuvre dans les sociétés contemporaines. La production brésilo-libanaise Furies (2026) se déroule par exemple pendant la crise bancaire que le Pays du cèdre a connue en 2019. Dans ce film de casse, une jeune femme tente de récupérer ses économies pour financer l’opération de sa petite sœur. Dans Le prix et la valeur (2026), le réalisateur Visar Morina ausculte pour sa part les conditions de vie d’une famille kosovare contrainte à l’exode rural. Le film a remporté le Grand prix du jury au festival de Sundance dans la catégorie des fictions étrangères.

    Rétrospective De Sica

    Pour qui voudrait approfondir ses connaissances du répertoire classique, une sélection des films de Vittorio De Sica, le père du néoréalisme italien, est proposée. Plusieurs séances du Voleur de bicyclette sont organisées. Le film de 1948 figure dans la liste des 39 chefs-d’œuvre recommandés récemment par Martin Scorsese à un étudiant en cinéma.

    Les spectateurs désireux de rester au fait des tout derniers développements du septième art devraient trouver leur bonheur dans les compétitions de courts-métrages. « C’est l’actualité de la Méditerranée, il n’y a que des productions récentes, dont plusieurs premiers films », conseille le directeur du festival, Christophe Leparc. « La Méditerranée est certainement la zone du monde où il y a le plus de diversité et de créativité au niveau du cinéma », ajoute-t-il.

    *En raison des aléas climatiques du mois de septembre, les lieux de la programmation
    du Cinemed ont été modifiés.
    Le public est prié de se rapprocher du service de billetterie afin de préparer sa venue.

  • « Clair obscur » en peintures

    « Clair obscur » en peintures

    La production du studio montpelliérain Sandfall Interactive a reçu en 2025 neuf prix aux Game Awards de Los Angeles, dont celui de « Jeu de l’année ».

    Dans l’exposition « Clair obscur : expedition 33 – La toile aux rêves », les visiteurs peuvent admirer plus de 80 peintures et dessins préparatoires. C’est une occasion de découvrir le métier des « concepts artists », ces illustrateurs qui traduisent en images les idées des développeurs. « Le jeu vidéo, c’est l’œuvre finale. Avant, il y a cinq années de production qui cumulent des archives et des designs absolument magnifiques », explique Marine Macq, la commissaire de l’exposition. Un documentaire retrace le processus créatif du directeur artistique qui a imaginé l’univers visuel du jeu. Nicholas Maxson-Francombe a puisé son inspiration à la fois dans le fantastique et la France de la Belle Époque.

    « Clair Obscur » est un jeu de rôle dans lequel les gamers incarnent les membres d’une équipe chargée de conjurer une malédiction. Des éléments de décors de cette quête sont recréés en taille réelle. Les fans devraient apprécier de pouvoir s’installer à la terrasse du Grand Café de lumière. D’autant plus que l’exposition est gratuite !

    Julien Bramy

  • [Quoi de neuf] Marjorie Villard et Juliette Cholvy : « On accompagne une femme, pas un cancer »

    [Quoi de neuf] Marjorie Villard et Juliette Cholvy : « On accompagne une femme, pas un cancer »

    Rémy Cougnenc : Qu’est-ce que le Montpellier institut du sein (MIS), quel est le statut de votre structure ?

    Juliette Cholvy : Le Montpellier Institut du sein (MIS) est une association reconnue d’intérêt général qui puise ses fondements dans une équipe de médecins, notamment de chirurgiens scénologues. Je ne peux que citer le docteur Cécile Zinzindohoué ainsi que son mari, le docteur Pierre Bertrand qui ont gravité autour de ce projet. À savoir qu’on accompagne une femme, pas un cancer. L’idée c’est de se dire : qu’est-ce qu’on peut faire pour l’accompagner sur son parcours et son chemin de vie ? Il y a bientôt 17 ans, ils ont écrit depuis une feuille blanche. Ils ont créé ce métier qui est le mien de coordinatrice de parcours. Très vite, les équipes en France se sont inspirées du MIS. Une fédération a été créée et nous sommes actuellement 25 instituts du sein en France jusqu’à la Réunion. On mutualise nos idées et nos projets pour accompagner des femmes et aussi des hommes (1% des cas) touchés par le cancer du sein. On collabore notamment avec nos collègues de Nîmes, le réseau Diane. La fédération représente 10% des personnes accompagnées en France.

    Rémy Cougnenc : Où êtes-vous basés à Montpellier ?

    Juliette Cholvy : Nous sommes à la clinique Clémentville. On a la chance d’avoir beaucoup de professionnels de l’association qui sont bénévoles au MIS et nous permettent d’avoir des locaux au sein de la clinique pour accompagner au plus près des patientes.

    Olivier Nottale : Il faut savoir que lorsqu’on fait un don, l’argent va aux patientes, au fonctionnement de l’association…

    Juliette Cholvy : Tout à fait, notre comptabilité est transparente grâce aux membres professionnels qui participent via des cotisations. Juliette et moi-même sommes les deux seules salariées. Ces dons nous permettent de mettre en place des projets, d’accompagner gratuitement, sans contrainte financière et sans limite dans le temps. On organisait il n’y a pas longtemps un spectacle caritatif avec Marie Salanon qui s’appelle « Les deux moches du fond ». Nous sommes une association loi 1901 mais le fait d’être reconnue d’intérêt général permet plus facilement à des donateurs publics ou privés de nous faire des dons, avec le rescrit fiscal associé. Pour faire un don, vous pouvez vous rendre sur le site du MIS.

    Rémy Cougnenc : Nous avons aussi Marjorie Villard qui était patiente devenue partenaire du MIS…

    Marjorie Villard : Je ne fais pas partie du MIS, j’étais accompagnée par lui, aujourd’hui je collabore. Il y a 3 ans, j’ai été touchée par le cancer du sein. Je n’étais pas du tout dans le milieu médical, c’était même chose qui me freinait un peu. Mais le fait d’avoir été malade, d’avoir suivi un parcours de soins assez chargé et d’être accompagnée par Juliette, très proche de moi, ça m’a beaucoup touché et donné envie d’aider à mon tour. Pour faire le trait d’union entre les malades et les patients. Du coup, je me suis formée en préparant un DU au CHU. Depuis un an, j’ai créé une auto-entreprise et je travaille à la clinique Clémentville. Jusque-là, j’étais dans l’administration à l’Éducation nationale. J’ai toujours été dans les actions pour recueillir des dons, j’ai créé des associations… Ce qu’on fait a du sens, surtout quand on a été soi-même touchée. Je ne vois que des patientes malades et le bien que je leur fais, ce serait-ce qu’en les écoutant. En tout cas ce sont les retours qu’elles me font.

    Olivier Nottale : Ce que vous apportez est différent de ce que font les médecins…

    Marjorie Villard : C’est complètement différent de ce que font les médecins. Il n’y a pas la dimension médicale. Si la patiente outrepasse son questionnement et que ça part sur du médical, je l’arrête parce que je ne suis pas médecin, même si j’ai certaines connaissances. Ce n’est pas mon rôle.

    Rémy Cougnenc : Votre apport est-il plus de l’ordre du psychologique ?

    Marjorie Villard : Un peu, oui. On est dans l’écoute, dans l’empathie, la bienveillance. On peut parfois donner des conseils sur les effets secondaires : la perte des cheveux, l’hormonothérapie… Cela dépend du profil des patientes. Avec certaines, je ne vais quasiment pas parler de la maladie parce qu’elles vont être préoccupées par d’autres choses personnelles. Je les reçois au service ambulatoire de la clinique. Dès qu’un patient entre dans un box pour descendre au bloc, je vais le voir. Il s’agit des femmes qui vont subir une intervention chirurgicale pour un cancer du sein mais aussi des patients d’autres cancers qui vont se faire poser un porte-à-cathéter, une chambre implantable pour injecter la chimiothérapie. Je peux ensuite revoir ces patientes au service chimio après l’intervention, prendre de leurs nouvelles. Mais pour le suivi c’est ensuite le MIS qui prend le relais.

    Olivier Nottale : C’est important de ne pas se sentir seul…

    Marjorie Villard : Tout à fait. Des personnes malades sont isolées, sans famille, sans amis. Elles ont besoin de nous : des médecins, du MIS et patients partenaires. On est une épaule pour écouter. Il y a aussi les personnes qui ont leur famille mais ne sont pas toujours comprises par leurs proches (…).

  • « Dreamland » fête ses 20 ans à Montpellier

    « Dreamland » fête ses 20 ans à Montpellier

    C’est l’histoire d’un gamin montpelliérain qui dévore mangas japonais, comics et jeux vidéo, rêvant de dessiner à son tour. Par la suite lycéen au Mas-de-Tesse (Jules-Guesde) puis étudiant à l’université Paul-Valéry, Reno Lemaire « observe tout autour de lui et se met à l’écoute de sa ville ». Ce décor nourrira Dreamland, manga dont le premier volume paraîtra en 2006. « Les rues, les places, les rames du tramway servent de cadre quotidien à la vie diurne de Terrence », lycéen timide en terminale à Montpellier qui vit une adolescence banale tout en essayant de séduire Lydia, la fille qu’il aime. Mais la nuit, dès qu’il s’endort, il bascule dans Dreamland, le monde des rêves.

    À l’Espace Bagouet, illustrations, planches manuscrites et documents de travail racontent cette aventure graphique qui déploie son univers foisonnant au fil des tomes. L’exposition permet de suivre l’évolution du trait de Reno Lemaire, mais aussi sa manière de construire un monde peuplé de créatures fantastiques, de pouvoirs et de personnages hauts en couleur. Elle s’attarde notamment sur le « remaster » des dix premiers volumes, entrepris à partir de 2022. Reno Lemaire y redessine ses débuts, faisant dialoguer le trait du jeune auteur avec celui acquis depuis.

    Près de 800 000 exemplaires vendus

    Vingt ans après ses débuts, Dreamland a changé d’échelle. La série compte désormais 24 tomes et approche les 800 000 exemplaires vendus. Elle s’est aussi exportée au Japon en 2024, tandis qu’un artbook de 400 pages et de nombreuses déclinaisons entretiennent l’univers auprès des lecteurs et collectionneurs. Cette année anniversaire marque une nouvelle étape, avec l’adaptation animée de Dreamland, diffusée à partir du 17 octobre sur ADN et Crunchyroll. Du papier à l’écran, du français au japonais, l’univers imaginé à Montpellier poursuit ainsi son voyage.

    L’exposition s’inscrit au cœur de cette aventure. Dreamland témoigne d’une appropriation française des codes du manga, devenue une histoire internationale sans renier son ancrage montpelliérain.

    * Entrée libre. Fermé les lundis.

  • Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    C’était une promesse de campagne de Michaël Delafosse, elle sera tenue. Mardi 6 octobre, le conseil municipal a validé à l’unanimité le souhait de la Ville de bientôt proposer aux Montpelliérains (ouverture possible aux 31 communes de la métropole) une assurance multirisques habitation communale.

    Va être lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) avec déploiement des offres en janvier 2027. « Nous dupliquons la recette de la mutuelle communale qui garantit des prix de 20% inférieurs à ceux du marché et une hausse maîtrisée (3% au lieu de 4,5%) », résume Julie Frêche (PS). « Nous allons essayer d’offrir un niveau de protection qui soit le plus satisfaisant possible proposé par l’assureur, pour protéger le pouvoir d’achat », abonde le maire socialiste.

    Après la gratuité des transports ou la mutuelle communale qui cartonnent, ce choix fort résulte d’un constat accablant. À Montpellier, la précarité est supérieure à celle de l’Hérault, département déjà pauvre. Le revenu médian stagne à 1 787 euros, soit 270 de moins que la moyenne héraultaise (-400E comparé à la France). Le taux de pauvreté atteint 31%. Or, le logement représente le premier poste de dépenses (28%). Lesquelles bondissent chaque année, dont celle de l’assurance habitation (+11% en 2026, +13% en 2025), rappelle J. Frêche. « La hausse du coût de la vie frappe tout le monde. C’est le sens du bouclier social bâti depuis 2020. »

    Rapport de force inversé

    Fait rare, la mesure a convaincu l’ensemble des élus, y compris les Insoumis de l’opposition. « Toute aide au pouvoir d’achat est bonne à prendre », salue Rhany Slimane (LFI), tandis qu’Antoine Bertrand (LFI) pointe le phénomène de « non-assurance et de mal assurance avec réductions des garanties ». Ce dernier nuance toutefois. « La Ville ne crée pas un service public municipal de l’assurance. Elle joue en réalité un rôle de courtier, d’intermédiation. » Pour A. Bertrand, il faudra veiller au « niveau des franchises, les exclusions de garanties, les plafonds d’indemnisation, l’évolution des cotisations dans le temps (3 ans) ». Et ne pas renoncer à une véritable politique du logement. « On a besoin de mobiliser les logements vacants, amplifier la rénovation thermique, développer le logement social, mieux encadrer les loyers. »

    Du côté du groupe communiste, Clara Gimenez promet de continuer à militer pour le 100% Sécu. « On continuera à se battre pour la nationalisation des assurances car (…) à l’heure du changement climatique, les exigences de rentabilité des actionnaires des grandes assurances ne vont pas dans le sens de la protection des habitants. »

    D’ici là, M. Delafosse joue la transparence. « Il y a des transferts de charges, de fiscalité sur les mutuelles santé. Même dans les contrats collectifs employeurs, elles répercutent sur les tarifs. Les primes d’assurance liées à la sinistralité augmentent à cause des incidents climatiques qu’on subit. » La mutualisation permet néanmoins de négocier des tarifs réduits. « Seul face à son assureur, un habitant ne pèse rien mais au nom de 300 000 Montpelliérains, la Ville inverse le rapport de forces », insiste J. Frêche. À l’avenir, cette méthode devrait être utilisée sur les alarmes, les brasseurs d’air ou les contrats d’énergie.

  • À Montpellier, une mobilisation attisée par la répression policière

    À Montpellier, une mobilisation attisée par la répression policière

    Désormais, chaque mouvement social d’ampleur en France s’accompagne d’une répression policière inédite. Les premiers blocus de lycées n’ont pas fait exception et ont confirmé qu’un mouvement constitué principalement de mineurs n’était pas une raison suffisante pour adapter le « maintien de l’ordre ». Une stratégie confirmée par le ministre de l’Intérieur sur le plateau de TF1, qui a reconnu qu’« aucune consigne de retenue » n’avait été donnée.

    Mais après qu’un lycéen lensois de 15 ans a eu la main arrachée lundi 5 octobre suite à l’utilisation d’une grenade, Laurent Nuñez a suspendu l’usage des grenades assourdissantes. La mobilisation syndicale mardi 6 octobre, entourant les cortèges lycéens jusque devant les établissements scolaires, a également permis de faire baisser la tension puisqu’aucun débordement majeur n’a été recensé. Une accalmie après dix jours de violences.

    L’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, a en effet ouvert 18 enquêtes depuis le déclenchement du mouvement lycéen. Deux concernent deux possibles tirs de LBD qui ont entraîné pour l’un une mâchoire brisée, et pour l’autre la perte d’un œil. Une enquête a même été ouverte pour tentative de meurtre. Un lycéen a en effet déposé plainte contre un policier qui « lui avait maintenu la tête sous l’eau ». Au total, 215 lycéens ont été blessés, selon les autorités.

    « Nous avons passé un cap collectivement. Dans les premiers jours du mouvement, il y a eu 5 000 arrestations, c’est le total de plusieurs mois de Gilets jaunes. À Montpellier, sur une semaine, il y a plus d’une cinquantaine d’interpellations. Et sur toutes ces interpellations, il n’y a qu’une seule personne majeure. Surtout, il y a des charges policières sans sommation », indique Sophie Mazas, avocate et présidente de la Ligue des droits de l’Homme de l’Hérault.

    Double fracture au visage

    La répression policière n’a pas épargné Montpellier. Une jeune fille de 17 ans souffre en effet de deux fractures au visage et a longtemps eu peur de perdre la vision d’un œil. « Elle a pris un coup après une charge sans sommation sur un groupe de jeunes pacifiques donc elle n’a rien vu venir. Elle a pris deux coups de bouclier dans le thorax et un coup de matraque qui lui a fracturé le visage à deux endroits. C’est hyper violent », précise Sophie Mazas qui confirme que « plusieurs enfants sont blessés » et juge « inadmissible de voir que les forces de l’ordre chargent d’aussi jeunes enfants ». Le même jour, un journaliste montpelliérain a été « volontairement percuté » par un policier à moto. Le Club de la presse de l’Hérault a immédiatement dénoncé des « intimidations et les entraves manifestes que les professionnels de l’information subissent » et confirmé que le « journaliste, qui souffre d’un gros hématome et d’éraflures au niveau du tibia, prévoit de porter plainte ».

    Dans un communiqué, l’Observatoire des libertés de Montpellier a en effet listé les violences policières observées : absence de RIO (matricule) visible, pourtant obligatoire ; usage de gaz lacrymogène contre des lycéens parfois même depuis l’intérieur de l’établissement, comme au lycée Jean Mermoz, déploiement de la police municipale qui « ne dispose d’aucune compétence en termes de maintien de l’ordre », charges policières sans sommation préalable et « prise à partie de trois medics par des policiers : leurs sacs ont été fouillés et leurs visages photographiés, notamment en vue d’une inscription au fichier des antécédents judiciaires ». La LDH a également attaqué l’arrêté préfectoral interdisant les équipements de protection individuelle (coudières, genouillères, masques, casques), mais le tribunal administratif a donné raison à la préfète au motif de la dissimulation du visage. Un appel devant le Conseil d’État est prévu.

    « La brutalité avec laquelle le gouvernement a répondu aux premiers blocus des lycéens est inédite. Tous les commentateurs ont été surpris par la démesure de la répression policière », regrette également Serge Ragazzacci, secrétaire général de l’UD CGT 34. Face à cette situation et puisque la mobilisation lycéenne, rejointe par les étudiants, ne semble pas ralentir, Sophie Mazas appelle « les adultes à venir protéger nos enfants aux abords des lycées » et à suivre « des formations par la LDH pour faire de l’observation des pratiques policières ».