Tag: Alès

  • Alès veut se tourner vers la jeunesse étudiante

    Alès veut se tourner vers la jeunesse étudiante

    Après l’été difficile -marqué notamment par des menaces de mort attribuées à la DZ Mafia et une protection policière renforcée- le maire d’Alès avait retrouvé le sourire pour présenter la rentrée scolaire dans sa ville. Il a d’abord insisté sur les chiffres : plus de 3 000 enfants seront accueillis dans les écoles primaires et élémentaires publiques (850 en privé), huit classes Ulis sont toujours ouvertes à Alès et ce sont au total 8 500 élèves qui effectueront leur rentrée en septembre, en comptant les collégiens et les lycéens. « Les effectifs baissent légèrement en primaire mais les 9-16 ans sont globalement plus nombreux », s’est-il félicité.

    Pour cela, la Ville s’est dotée d’un budget « revalorisé » de 6,5 millions d’euros (2,8 millions hors ressources humaines) dont plus d’un million est consacré aux cantines pour les 1 130 repas servis en moyenne par jour. Des travaux se sont déroulés cet été pour sécuriser l’école de Promelles (après que des tirs ont été entendus l’an dernier à proximité de l’établissement), poursuivre l’accessibilité pour tous et pour que chaque école soit dotée « d’une pièce climatisée ». « Je ne pense pas que climatiser toutes les classes pour un mois et demi par an soit très rentable », a précisé l’édile.

    Alès, ville étudiante ?

    Christophe Rivenq a également insisté sur la rentrée étudiante, car le maire souhaite « créer une dynamique de vie étudiante sur l’agglomération ». « Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait de nombreuses formations post-bac à Alès mais que ces instituts ne discutent pas entre eux », explique-t-il. Face à cette situation, le Bureau des étudiants (BDE) de l’école des Mines d’Alès, qui accueille 1 400 élèves chaque année – première école généraliste d’Occitanie et top 23 ex æquo du palmarès 2026 de l’Étudiant, qui évalue 170 écoles d’ingénieurs – portera un BDE interétablissement pour piloter des projets communs.

    Une journée d’intégration inter-établissements sera aussi organisée le 13 octobre dans les arènes avec, au programme, parcours découverte de la ville, jeux, quiz et la présence d’un village étudiant salle Cazot. Durant l’année, la Ville prévoit aussi l’organisation de rencontres sportives, culturelles et festives.

  • À Alès, le Cratère lance une saison de folie

    À Alès, le Cratère lance une saison de folie

    Sous le chapiteau pouvant accueillir jusqu’à 650 personnes et qui est également doté d’un espace bar-restauration et d’un espace d’exposition, Olivier Lataste, le directeur du Cratère, était fier de présenter la programmation de la saison 2026-2027. Une saison intitulée « La Prairie en folie », qui se déroulera entièrement « hors les murs ». En effet, les travaux au Cratère ont débuté en mars dernier et doivent durer 18 à 20 mois pour une réouverture au public prévue début 2028.

    « Pour l’instant, le planning des travaux est respecté. En attendant, nous allons continuer d’adapter l’accueil sous ce chapiteau pour qu’il soit le plus agréable possible. On nous a par exemple fait remarquer que les sièges étaient un peu durs donc nous allons tous les molletonner », explique Olivier Lataste. Le 5 septembre, jour du forum des associations à Alès, les équipes du Cratère accueilleront aussi le public sur l’esplanade devant le chapiteau pour lui présenter la saison et répondre à ses éventuelles questions. Deux spectacles gratuits (14h30 et 17h30) rythmeront aussi cet après-midi.

    Les grands rendez-vous

    Le premier grand rendez-vous à lancer la saison au Cratère sera le Rebond du festival C’est pas du luxe, qui est issu d’un partenariat avec les associations Un toit pour tous, le CCAS, Appel et la Croix-Rouge. Quatre spectacles gratuits de danse et de cirque sont proposés les 9 et 10 octobre. L’événement sera immédiatement suivi de la Semaine Méditerranée (13 au 18 octobre) où « nous avons pu faire venir des artistes du Maghreb, d’Égypte ou du Liban », précise Lataste. Deux expositions accompagneront ces cinq jours de représentations, dont l’une sur Gaza et l’autre proposée par SOS Méditerranée pour l’anniversaire de l’association. Le mois d’octobre continuera d’être chargé avec la traditionnelle semaine du Hip-hop (19 au 25 octobre), organisée en partenariat avec l’association All Style qui accueille encore les meilleurs danseurs internationaux de la discipline et propose de nombreux ateliers à Alès mais aussi à La Grand-Combe, à Allègre-les-Fumades, à Bessèges, Uzès et Bagnols-sur-Cèze. Le 5e battle international, moment phare de la semaine, aura lieu le 24 octobre (15h).

    Le festival Temps du Cirque prendra le relais à partir du 5 novembre pour une dizaine de jours où les acrobaties seront à l’honneur. À ne pas manquer : les voltigeurs de la compagnie grand-combienne Cirkvost, dont les trois représentations promettent le plus grand des spectacles.

    Comme chaque année, le Cratère mettra les femmes en haut de l’affiche avec le festival Les femmes font bouger le monde (du 2 au 13 mars). Autre incontournable pour la scène nationale alésienne : le festival Itinérances. Ce festival de cinéma d’Alès revient pour une 45e édition du 19 au 29 mars. Puis, le Cratère clôturera la saison des grands événements avec La Prairie en fête les 24 et 25 avril, un week-end où la Prairie accueillera toutes sortes d’animations gratuites comme du Tai-chi, yoga, DJ Set et des constructions en bambou.

    Un théâtre très politique

    À la manœuvre sur la programmation, Olivier Lataste, qui n’avait pas hésité à monter au créneau lors de l’entre-deux-tours des élections municipales pour réaffirmer son opposition au Rassemblement national, n’a de nouveau pas hésité à programmer des pièces sociales et politiques. Ce sera notamment le cas avec L’art d’avoir toujours raison, méthode simple, rapide et infaillible pour remporter une élection, de la compagnie Cassandre, qui ouvrira la saison sous le chapiteau le 29 septembre. Du pain et des jeux, qui « prend comme point de départ un match de foot pour raconter notre société », est programmé le 7 octobre. Le football sera encore au programme avec Nous le Red Star (16 et 17 décembre). La pièce revient sur l’histoire de ce club populaire qui a marqué plusieurs générations.

    Marasme, une pièce du collectif La Cabale repérée lors du festival d’Avignon, devrait également surprendre plus d’un spectateur le 16 janvier. Côté humour, c’est Djamil le Shlag, de la bande à Pierre-Emmanuel Barré et Guillaume Meurice, qui se produira le 30 janvier grâce à un partenariat avec le festival Lol et Lalala. Olivier Lataste a également souhaité mettre en avant deux pièces prévues les 26 et 27 février : Le dîner chez les Français de V. Giscard d’Estaing nous replonge dans ce septennat de 1974 à 1981 puis, le lendemain, la même troupe jouera Génération Mitterrand, un dialogue entre trois électeurs socialistes en 1981 qui ont pris des trajectoires différentes depuis : l’un vote Mélenchon, l’autre Macron et le troisième Le Pen.

    Trois autres dates sont à cocher avec L’ange du foyer (6 mars) qui traite des féminicides, Parler pointu (20 et 21 avril) du Gardois Benjamin Thozolan qui offre un pastis pendant la pièce aux spectateurs tout en abordant l’histoire de son accent, puis la Géopolitique du petit pois (27 avril), une pièce écologiste où le spectateur repart avec des tonnes de connaissances.

    Danse, concert et arts de rue

    Pour les amateurs de musique, la saison s’ouvrira avec l’incontournable Orchestre national de Barbès (2 octobre), qui vient de fêter ses 30 ans d’existence. Le 4 novembre, la danse s’emparera du chapiteau avec les locaux de la compagnie Pernette pour leur spectacle Murmures, qui fait défiler les quatre saisons. Pernette reviendra sous le chapiteau le 23 janvier avec Wakan, un spectacle « nourri des danses sacrées du monde, de ces liens invisibles entre terre, ciel et corps ». À ne pas rater non plus le concert dessiné Méditerranée, histoires d’un continent kaléidoscope d’Aurel et Christine Zayed, qui est un prolongement de la bande dessinée du même nom (24 mars).

    Côté cirque, la compagnie Gravity, constituée de huit Australiens qui avaient déjà enchanté Alès, jouera Ten Thousand Hours les 4, 5 et 6 février, une « ode aux innombrables heures passées à devenir ce qu’ils sont aujourd’hui  ».

  • Alès-Bessèges : le retour du train sur les rails

    Alès-Bessèges : le retour du train sur les rails

    Il y a quatorze ans, les trains s’arrêtaient et les rails commençaient à disparaître sous les herbes. Aujourd’hui, la ligne Alès-Bessèges revient peu à peu dans le paysage. Après trois mois de consultation publique, la première phase du projet, entre Alès et Saint-Ambroix, a franchi une nouvelle étape. Sur 557 observations recueillies, 459 sont favorables à la réouverture de la ligne, contre 98 défavorables. Plus de 6 000 visites ont par ailleurs été enregistrées sur le dossier numérique.

    Un résultat qui donne du souffle à un projet porté de longue date par la Région Occitanie, les associations d’usagers et de nombreux élus locaux. Mais derrière la promesse de revoir circuler des trains se cache un chantier conséquent. Près de 40 millions d’euros doivent être mobilisés pour régénérer les 19 kilomètres de cette première portion : renouvellement complet des voies, remise en état de près de 130 ouvrages d’art, sécurisation des passages à niveau, nouveaux équipements de signalisation et rénovation des haltes de Salindres, Saint-Julien-de-Cassagnas et Saint-Ambroix. Une nouvelle halte est également prévue près du lycée Jean-Baptiste-Dumas, à Alès.

    25 minutes pour rejoindre Alès

    Pour la Région, les 40 millions ne constituent pas seulement une dépense, mais un investissement de long terme. La ligne rénovée est conçue pour durer au moins cinquante ans. Surtout, elle doit offrir une alternative crédible à la voiture : 25 minutes seraient nécessaires entre Saint-Ambroix et Alès, contre près de 40 minutes aux heures de pointe par la route. Les études tablent sur 650 à 750 voyageurs quotidiens en semaine scolaire, avec sept allers-retours par jour.

    Les défenseurs du projet espèrent aussi rapprocher le nord du bassin cévenol des lycées, de l’hôpital, des emplois et des formations d’Alès, et ainsi désenclaver le territoire. Des pôles d’échanges multimodaux sont prévus à Salindres et Saint-Ambroix. « C’est une augmentation de la valeur des territoires qui est évidente », défend Jean-Luc Gibelin, vice-président régional chargé des transports. Le chantier devra aussi composer avec un milieu naturel qui a repris ses droits depuis 2012. Chauves-souris, papillons protégés et zones humides feront l’objet de mesures spécifiques. Des rails soudés doivent limiter bruit et vibrations.

    Le dernier mot revient à l’État. Après le rapport de Nicole Pulicani, la préfecture devra se prononcer sur l’autorisation environnementale. La Région conserve son cap : Saint-Ambroix en 2028, puis Bessèges en 2030. Le retour du train n’est pas acquis, mais il se dessine.

  • Des toiles pour prolonger l’été sous le ciel cévenol

    Des toiles pour prolonger l’été sous le ciel cévenol

    Alors que la rentrée se profile doucement, le territoire grand-alésien s’offre un petit rabe de plaisir estival sous les feux des projecteurs, avec un rendez-vous devenu incontournable sur le territoire : le festival Ciné été.

    Initiée il y a 13 ans par Alès Agglomération et organisée par l’association Itinérances en partenariat avec Cineplanet, la manifestation propose des séances en plein air dans différentes communes de l’agglo, prolongées, les deux derniers jours, par la projection de films en avant-première au Cineplanet, le multiplexe art-et-essai d’Alès.

    « Chaque année, les villages qui souhaitent nous recevoir s’inscrivent et on voyage partout dans l’agglomération pour proposer des séances de projection en plein air, gratuites et familiales », explique Julie Plantier, chargée de la communication d’Itinérances, qui organise également, chaque printemps, le festival de cinéma d’Alès. Objectif : offrir une culture vivante et partagée au plus près des habitants, au cœur du milieu rural. « L’idée est d’aller vers des communes qui n’ont pas forcément d’accès aux grandes salles de cinéma. »

    Pour les premières soirées de cette 13e édition, du 24 au 29 août, le festival investira les places publiques de quatre communes du territoire où seront projetés, à 21h, « des films coups de cœur » adaptés à un public familial : Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, de Ken Scott (24 août, Martignargues), Vingt Dieux, de Louise Courvoisier (25 août, Branoux-les-Taillades), Partir un jour, d’Amélie Bonnin (25 août, Lézan) et Sur un fil, de Reda Kateb (26 août, Mons). Chaque projection, gratuite, est enrichie d’animations artistiques, musicales et précédée d’un court-métrage d’animation.

    En marge de cette itinérance territoriale, un préambule exceptionnel sera proposé dès le vendredi 21 août à la Bambouseraie en Cévennes, à Générargues. Dans le cadre du 170e anniversaire du jardin botanique, le public pourra assister à la projection en plein air du film Touchées, réalisé par la Gardoise Alexandra Lamy, en présence de la comédienne et réalisatrice. Ce long-métrage, en partie tourné à Anduze et dans les environs, raconte le parcours de trois femmes qui se reconstruisent à travers un atelier de thérapie par l’escrime après avoir été victimes de violences (séance gratuite, sur réservation).

    Le dernier temps fort se déroulera au Cineplanet d’Alès les 28 et 29 août, avec la projection, en avant-première, de cinq films* remarqués lors du dernier festival de Cannes : Quelques mots d’amour (28 août, 18h), « une comédie dramatique juste, tendre et lumineuse sur la pudeur des sentiments familiaux » ; L’Espèce explosive (28 août, 21h), « un thriller rural halluciné entre polar et burlesque » ; Le Corset (29 août, 14h, à partir de 7 ans), « une chronique rurale bouleversante et épurée » ; Garance (29 août, 18h), « le portrait foudroyant, humain et réparateur d’une jeune actrice trentenaire en prise avec ses démons et la dépendance » ; et La Bola Negra (29 août, 21h), « le choc esthétique et queer de la rentrée », récompensé par le prix de la mise en scène (ex æquo). Les plus jeunes ne seront pas oubliés, avec deux séances familiales programmées le 25 août autour d’un programme de courts-métrages Le Rat scélérat (10h, à partir de 3 ans) et du film d’animation Les Bad Guys (14h, à partir de 6 ans).

    * 7 euros. Moins de 14 ans : 6 euros.

  • À Alès, Darmanin entre soutien et promesses

    À Alès, Darmanin entre soutien et promesses

    À quelques mètres de l’hôtel de ville, les mots se veulent fermes. Jeudi 13 août, Gérald Darmanin est venu à Alès apporter son soutien à Christophe Rivenq, maire LR placé sous protection policière depuis les graves menaces reçues en juillet : deux balles de 9 mm dans une enveloppe, et des inscriptions signées « DZ NG ».

    Après quarante-cinq minutes d’entretien à huis clos, le garde des Sceaux salue « un maire courageux » et assure que « l’enquête progresse grâce aux policiers de la police judiciaire ». Le Parquet national anticriminalité organisée est désormais saisi. Sans confirmer l’implication de la DZ Mafia, revendication d’ailleurs démentie par des hommes se présentant comme membres du groupe criminel, Gérald Darmanin dit espérer que les investigations permettront, « dans les prochaines semaines », de mettre fin aux menaces.

    Un tribunal pour enfants dès 2027

    Mais derrière la démonstration de soutien, le déplacement devait aussi apporter du concret. Gérald Darmanin a confirmé la création, début 2027, d’un tribunal pour enfants à Alès, revendication ancienne du monde judiciaire. Un juge des enfants, un parquetier spécialisé et des greffiers doivent renforcer une justice des mineurs jusqu’ici largement organisée depuis Nîmes. La Ville fournira les locaux.

    Le ministre a également évoqué un possible déménagement du Service pénitentiaire d’insertion et de probation, aujourd’hui à l’étroit. Neuf policiers supplémentaires doivent par ailleurs rejoindre Alès en septembre, renfort décidé avant les menaces contre le maire. Dans une ville gagnée par le narcotrafic, l’État promet policiers et magistrats. Reste à espérer qu’après les effets d’annonce, les moyens suivront. Et que la réponse ne s’arrêtera pas au tout-sécuritaire.

  • Roesch, du cabinet de Castex, à la sous-préfecture d’Alès

    Roesch, du cabinet de Castex, à la sous-préfecture d’Alès

    « J’ai vraiment un parcours classique », lance la jeune femme devant la presse. À seulement 33 ans, Lucie Roesch coche en effet toutes les cases de ces serviteurs de l’État, bien décidée à « être utile à mon pays ».

    Diplômée de Sciences po, puis de l’École nationale de l’administration (ENA), elle devient auditrice à la Cour des comptes, puis chargée de mission auprès de son premier président Didier Migaud. En 2020, en pleine crise Covid, elle est nommée directrice de cabinet du préfet de l’Ain. L’année suivante, elle rejoint le cabinet de Jean Castex, alors Premier ministre, où elle occupe le poste de cheffe de cabinet adjointe, notamment en charge de ses déplacements. Elle quitte ensuite Matignon en mai 2022 suite au changement de gouvernement. Elle rejoint alors le secrétariat général de la préfecture de l’Aude et devient sous-préfète de Carcassonne.

    Quatre ans plus tard, elle est donc nommée à Alès, « une région que je connais peu mais qui est très attrayante ». Après avoir échangé sur les dossiers les plus importants avec son prédécesseur, Émile Soumbo, Lucie Roesch veut multiplier les rencontres. Pour sa première semaine de fonction, elle a d’ailleurs échangé avec le maire d’Alès, le procureur et a rencontré les forces de l’ordre mardi 28 juillet. « Je veux profiter de l’été, qui est normalement une période un peu plus calme, pour aller sur le terrain », explique-t-elle. Une méthode qu’elle souhaite d’ailleurs poursuivre tout au long de sa mission : « J’ai vocation à passer peu de temps dans mon bureau. J’aime aller sur le terrain, à la rencontre de la population, des entreprises et savoir où l’État est attendu. »

    Lutte contre le narcotrafic

    Lucie Roesch débarque à Alès dans un contexte difficile alors que le maire, Christophe Rivenq, a reçu des menaces de mort signées « DZ Mafia ». « C’est un contexte particulier pour le territoire et ces menaces ont choqué la France entière. J’ai réaffirmé tout le soutien de l’État à Christophe Rivenq. Nous allons poursuivre le travail très intense déjà engagé contre le trafic de drogue. C’est évident que cette actualité va donner une coloration particulière à mes premières semaines, à mes premiers mois ici », explique-t-elle.

    Dans l’Aude, Lucie Roesch avait également été confrontée aux risques, que ce soient les inondations ou les incendies, comme celui de Ribaute qui avait détruit plus de 11 000 hectares l’an dernier. Des risques auxquels elle sera à nouveau confrontée à Alès. Si elle connaît les grands enjeux du territoire, Lucie Roesch devra tout de même attendre l’installation de Fabienne Decottignies comme nouvelle préfète du Gard le 17 août pour affiner sa feuille de route.

  • Alès, l’enquête sur les menaces reçues par Christophe Rivenq se poursuit

    Alès, l’enquête sur les menaces reçues par Christophe Rivenq se poursuit

    Depuis le mardi 21 juillet, le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) s’est saisi de l’affaire qui secoue la ville d’Alès et son maire, Christophe Rivenq, depuis une dizaine de jours. Pour rappel, le 16 juillet, ce dernier a reçu une enveloppe contenant deux balles de calibre 9 mm dans sa boîte aux lettres. Celle-ci était accompagnée d’inscriptions menaçantes taguées sur le mur de son domicile. Le tout signé « DZ NG », pour DZ Mafia Nouvelle génération, en référence au groupe criminel marseillais éponyme qui se serait installé dans la ville du Gard depuis l’été 2025. Quelques jours après ce premier épisode, dans la nuit du 20 au 21 juillet, le maire était exfiltré de son domicile par le Raid après la remontée d’une menace évoquant la possible présence d’une voiture piégée, une information non confirmée à ce stade. Dès le mercredi 22 juillet, une vidéo montrant des personnes cagoulées se revendiquant de la DZ Mafia était diffusée sur les réseaux sociaux pour nier toute implication du groupe criminel. Cependant, Le Pnaco a indiqué à l’AFP n’avoir « aucune confirmation à donner à ce stade » sur l’authenticité de cette vidéo.

    « Éradiquer le narcotrafic »

    « Les menaces, pour moi, sont réelles et il faut les prendre avec sérieux et gravité, a confié lundi à l’AFP le procureur d’Alès, Abdelkrim Grini. Un palier grave a été franchi, puisqu’on s’en prend à un élu de la République qui fait son travail et rien que son travail. » Pour « éradiquer le narcotrafic », poursuit le procureur, « il faut s’en donner les moyens. Il ne faut pas se résigner, il faut rester déterminés et mener une véritable guerre contre le narcotrafic ».

    De son côté, Christophe Rivenq a pris part à la cérémonie de prise de fonction de la nouvelle sous-préfète d’Alès, Lucie Roesch, le 27 juillet. « J’ai reçu des centaines, des milliers de messages de solidarité », a-t-il confié à l’AFP. L’élu a également assuré poursuivre sa « tâche » : « Il y a beaucoup d’inquiétude. Mais la sécurité est au top et la vie continue. On s’en sortira. »

    Le 28 juillet, le maire d’Alès a assuré son traditionnel live sur Facebook, un rendez-vous qu’il propose tous les derniers mardis du mois et dans lequel il a déclaré : « Je ne m’exprimerais pas sur l’affaire en cours, pour beaucoup de raisons que vous comprendrez plus tard. »

  • Soprano-Aznavour : 1000 voix pour un double hommage

    Soprano-Aznavour : 1000 voix pour un double hommage

    Le chant choral est en fête à Alès à l’occasion du traditionnel festival des Fous chantants qui célèbre, depuis bientôt 30 ans, un auteur-compositeur francophone auquel 1 000 choristes rendent hommage durant deux concerts dans les arènes.

    Après trois mois de répétitions, ils sont prêts. Depuis le 25 juillet, chaque soir, les Fous font monter l’ambiance dans les rues de la capitale cévenole, entre déambulation pour interpréter en avant-première quelques extraits des concerts, grand bal folk et projection en plein air des grands moments de l’édition 2025 dédiée à Zazie.

    Le temps fort du festival se déroulera vendredi 31 juillet et samedi 1er août : 1 000 choristes, 8 chefs de chœur et un orchestre en live prendront place dans les arènes pour un double hommage inédit à Charles Aznavour et Soprano, qui sera présent pour interpréter plusieurs de ses plus grands succès.

    « Ce projet favorise la transmission »

    Un rappeur marseillais à la popularité exceptionnelle et l’un des plus grands interprètes de la chanson française, décédé il y a 8 ans : deux générations, deux univers musicaux pour une rencontre pleine d’audace. « C’est un challenge. Le concept ce n’est pas de traiter d’un coté Aznavour, de l’autre Soprano, mais de faire fusionner ces deux répertoires exceptionnels », détaille Fabrice Schwingrouber, directeur artistique des Fous chantants qui a pris, il y a près de 10 ans, les rennes de la manifestation créée par son père en 1998. « On connaît surtout Soprano comme rappeur, mais c’est avant tout un chanteur doté d’une voix phénoménale, qui a une grande estime pour le travail d’Aznavour. Je trouvais intéressant de rassembler ces deux répertoires très différents en apparence », poursuit-il. « Ce projet favorise la transmission : il fait découvrir des répertoires classiques aux plus jeunes et des univers plus contemporains aux aînés. »

    À en juger par l’état des réservations (il reste encore quelques places, mais l’essentiel a été vendu*), le succès sera au rendez-vous. « Ça va être un des plus beaux shows de l’histoire du festival », promet Fabrice Schwingrouber, heureux de « faire un peu bouger les choses » et « de mettre en avant le chant choral en réunissant plusieurs publics ».

    * Billetterie ouvrira sur www.fouschantants.org,

  • Bientôt une porte de sortie pour l’aérodrome de Deaux ?

    Bientôt une porte de sortie pour l’aérodrome de Deaux ?

    Véritable serpent de mer depuis plusieurs décennies, l’avenir de l’aérodrome Alès-Cévennes a été un caillou dans la chaussure de nombreux élus. Mais le dossier semble avancer, même si les différents acteurs ne partagent pas la même vision.

    En effet, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Gard, propriétaire de l’aérodrome, tente depuis plusieurs années de vendre cet équipement mais ne peut le céder à moins de 2,1 millions d’euros. Si la CCI a porté un premier projet ces derniers mois, elle s’est finalement entendue avec la municipalité de Deaux pour un projet prévoyant la suspension de l’activité aéronautique.

    La CCI et la municipalité ont détaillé le nouveau projet lors d’un point presse organisé le 7 juillet. Celui-ci s’appuie sur l’implantation de panneaux solaires sur 14 hectares qui pourraient produire l’équivalent de la consommation électrique de « 7 000 à 8 000 foyers du territoire », la préservation de 21 hectares de forêt, un projet sur « 3 000m² dédié à la recherche et à l’innovation dans le domaine des énergies renouvelables » et un parcours pédagogique.

    Ce point presse fait suite au vote des élus d’Alès Agglomération, le 24 juin dernier, d’une délibération réaffirmant la nécessité de maintenir l’activité aéronautique. Au-delà des activités de loisirs, l’aérodrome propose des formations et possède surtout un pélicandrome (pour ravitailler les avions bombardiers d’eau). Certains mettent également en avant sa capacité à contribuer au désenclavement du territoire. Un argument réfuté par la CCI qui n’a recensé « que 92 mouvements, soit 46 atterrissages/décollages, liés pour les deux tiers au ravitaillement d’aéronefs privés » depuis le début de l’année. L’avenir de l’aérodrome est donc encore loin d’être tranché.

  • Les collectivités au chevet des plus fragiles

    Les collectivités au chevet des plus fragiles

    Quand le thermomètre grimpe, la solidarité ne peut pas rester un slogan. Depuis le 1er juin, CCAS, écoles, crèches, piscines et médiathèques sont redevenus les avant-postes d’un service public de proximité que la canicule met à l’épreuve. Dans le Gard comme dans l’Hérault, les collectivités activent leurs plans de protection des plus vulnérables : personnes âgées isolées, enfants, habitants précaires, agents exposés. Héritiers de la loi de 2004, née après le drame sanitaire de 2003, les maires ont aussi une responsabilité concrète : repérer, prévenir, appeler, ouvrir des lieux de répit.

    À Nîmes, le CCAS s’appuie sur le dispositif Allô Seniors pour appeler les personnes inscrites au registre canicule, organiser des visites si nécessaire et distribuer près de 1 100 colis alimentaires en juillet-août. La Ville recense aussi ses îlots de fraîcheur sur son application : fontaines, jardins publics, lieux climatisés. En vigilance rouge, musées et piscines municipales peuvent devenir gratuits, tandis que les centres sociaux élargissent leurs horaires. Dans les écoles, 2 200 ventilateurs et 1 100 brumisateurs ont été déployés, faute d’un bâti partout adapté. Les crèches, elles, bénéficient d’une climatisation intégrale, quand certains groupes scolaires disposent déjà d’espaces rafraîchis.

    L’urgence faute d’anticipation

    Montpellier pousse plus loin la logique des lieux refuges : appels de courtoisie du CCAS, clubs seniors, médiathèques, piscines, musées, fontaines publiques, mais aussi 83 écoles déjà équipées d’une salle rafraîchie à 25°C. Les crèches disposent chacune d’une pièce refuge. À Béziers, le plan canicule cible les bénéficiaires de l’aide à domicile et du portage de repas, avec un espace senior climatisé. À Alès, le CCAS adapte ses horaires d’été et s’appuie sur le plan communal de sauvegarde. Même les préfectures ajustent les règles, comme dans l’Hérault, où les chantiers peuvent démarrer dès 6h en vigilance orange ou rouge pour épargner les ouvriers des heures les plus brûlantes.

    Reste le fond du problème : ces dispositifs reposent souvent sur l’inscription volontaire, laissant parfois hors radar les plus isolés. Et les collectivités bricolent avec des budgets contraints face à des bâtiments conçus pour l’hiver, pas pour l’été. « On a travaillé sur l’économie d’énergie l’hiver mais pas du tout l’été », résume Philippe Ribot, président des maires du Gard. Ventiler, appeler, ouvrir des salles : nécessaire. Mais sans rénovation thermique massive, débitumisation et végétalisation, la protection restera trop souvent une réponse d’urgence à une crise devenue permanente.