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  • Les pompiers occitans sur tous les fronts

    Les pompiers occitans sur tous les fronts

    Si l’inquiétude est bien présente chez les services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) du Gard et de l’Hérault, la situation reste pour l’heure calme dans les deux départements. Tous les départs de feux ont été rapidement traités évitant ainsi à la situation de dégénérer comme dans le Var ou la Gironde. Les pompiers gardois sont par exemple intervenus sur 508 feux dans le département qui ont parcouru 836 hectares, dont 450 hectares pour le seul feu de Lédenon début juillet. Depuis la première quinzaine de juillet, aucun feu important n’a ainsi été signalé.

    Après les averses du dernier week-end de juillet et un vent qui s’est calmé, le risque incendie a été revu à la baisse dans les deux départements. Plus aucune zone n’est en « risque très sévère » même si les pompiers demandent toujours la plus grande vigilance. Trois régions de l’Hérault (Escandorgue et Larzac, Gangeois et Collines du Centre Hérault) et l’ensemble du département du Gard (à l’exception du territoire de Costières Petite Camargue) sont cependant toujours placés en « risque élevé ».

    Fin juillet, ce sont aussi d’importantes fumées qui ont touché nos départements. Après vérification, les Sdis ont indiqué que ces fumées avaient été produites par le feu de Gironde à cause « des conditions climatiques (nuages bas) ». « En raison des incendies en cours en Gironde, le département est exposé à une hausse des concentrations en particules en suspension, et particules fines », ont par la suite indiqué les préfectures qui ont mis en place « des mesures d’urgence » comme la « suspension d’utilisation d’appareils de combustion de biomasse non performants et des groupes électrogènes, de l’écobuage ainsi que le brûlage des sous-produits agricoles à l’air libre ».

    Des pompiers gardois

    en Sardaigne

    Tout en poursuivant leur mission dans leur département, les Sdis 30 et 34 sont parvenus à déployer une partie de leurs moyens vers les incendies les plus inquiétants. Pour le feu de Pontevès dans le Var (aujourd’hui fixé après 750 hectares brûlés), 20 sapeurs-pompiers et 5 véhicules sont venus en renfort du Gard ainsi que 72 sapeurs-pompiers et 19 véhicules de l’Hérault.

    En Gironde et dans les Landes où le feu n’était pas fixé à l’heure où nous écrivons ces lignes, après avoir ravagé plus de 42 000 hectares, une colonne de renfort est partie de l’Hérault ainsi que 36 sapeurs-pompiers et une équipe de feux tactiques du Gard. Le Sdis 30 a également engagé deux cadres feux tactiques en Corse (où plus de 1 000 hectares sont partis en fumée près de Corte, le feu de Biguglia est maîtrisé et celui d’Albertacce est fixé) depuis le 15 juillet, rejoints depuis par 18 sapeurs-pompiers.

    Les sapeurs-pompiers gardois participent aussi à la solidarité européenne. Ainsi, une équipe de cadres feux tactiques et une équipe de soutien sanitaire ont intégré un module de sécurité civile français en Sardaigne depuis le 12 juillet, l’île italienne étant touchée par plusieurs feux depuis le début de l’été.

  • Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    « Un anniversaire qui résonne avec les combats sociaux et démocratiques d’hier comme d’aujourd’hui », soulignent les organisateurs de cette fête annuelle de la section sétoise du PCF.

    Le débat politique ouvrira la soirée autour de l’héritage du Front populaire et de son actualité. Parmi les invités figurent Vincent Bouget, maire PCF de Nîmes, et Raphaëlle Primet, coprésidente du groupe communiste au Conseil de Paris, qui témoignera notamment de sa participation à la Flottille pour Gaza.

    Pour Vincent Bouget, cet anniversaire intervient dans un contexte qui appelle à regarder l’Histoire sans céder aux raccourcis. « Il faut faire attention avec les comparaisons entre les moments de l’Histoire, parce que forcément tout change. On n’est jamais sur les mêmes choses. Pour autant, effectivement, on peut se dire que les années 30, par un certain nombre d’aspects, notamment les crises qui peuvent exister, les impérialismes à l’échelle de la planète et la montée de courants d’extrême droite qui prônent la recherche d’une identité renfermée sur elle-même, les divisions, une forme d’autoritarisme, qui tournent le dos à l’esprit des Lumières, tout ça fait écho à la situation qu’on a actuellement. Et sans doute que l’anniversaire du Front populaire, les 90 ans, vient rappeler le danger, mais aussi les opportunités, et ce que le Front populaire a marqué dans la mémoire collective. »

    Au-delà de son contexte historique, Vincent Bouget souligne l’héritage social laissé par le gouvernement de 1936, des avancées qui, près d’un siècle plus tard, demeurent des références dans les combats sociaux. « Le fait même de poser la reconnaissance des droits syndicaux, la réduction du temps de travail, je pense aussi à la possibilité pour tous d’avoir un temps hors du travail pour vivre, ça, ce sont évidemment des acquis fondamentaux qui marquent une rupture avec ce qui se faisait avant. » Des conquêtes qui, selon lui, continuent de structurer notre modèle social.

    Une fête fidèle

    à l’esprit populaire

    La soirée entend aussi renouer avec l’esprit des fêtes populaires qui jalonnent l’histoire du mouvement communiste. « Je pense que c’est peut-être l’esprit du Parti communiste, où il y a à la fois des repas partagés, du débat politique et de la culture. Oui, c’est généralement ce qu’on aime bien mélanger. C’est le modèle de la Fête de l’Humanité d’ailleurs, évidemment toutes proportions gardées. »

    Une dimension historique qui, selon Vincent Bouget, dépasse les seules mesures sociales adoptées en 1936. « C’est aussi la considération qui a été donnée à tous, et notamment aux ouvriers, à ceux qui ne l’avaient pas et qui étaient considérés comme des gens avec moins de droits, moins de considération », estime-t-il. Une mémoire qui reste, selon lui, particulièrement actuelle alors que les débats sur le travail, les droits sociaux et la place de chacun dans la société demeurent au cœur des préoccupations.

    À Sète, cette célébration prendra donc la forme d’un rendez-vous à la fois politique et festif, dans la continuité d’une tradition qui dure depuis 57 ans. Des rassemblements qui permettent de faire vivre une certaine conception de la politique, où la réflexion collective côtoie la convivialité et la culture. Une manière également de rappeler, à travers l’histoire du Front populaire, que les conquêtes sociales sont le fruit de mobilisations collectives.

    Après le débat, les participants pourront partager un apéro-tapas, une sardinade et une brasucade avant de se retrouver autour d’un bal populaire. La section sétoise du PCF invite les habitants à venir partager « une soirée festive, populaire et engagée, fidèle à l’esprit de fraternité qui anime cette fête depuis cinquante-sept ans ».

  • Les activités de plein air en pleine adaptation

    Les activités de plein air en pleine adaptation

    S’il y a bien quelques courageux prêts à affronter des températures tutoyant les 40 degrés, la plupart des touristes et des habitants du territoire ont délaissé les chaussures de marche ces dernières semaines. Quelques parcours plus courts et ombragés attirent toujours quelques téméraires aux heures les plus « fraîches » de la journée mais globalement, les sentiers de randonnée sont boudés depuis la première canicule fin mai.

    Une tendance que confirme Nicolas Friedli, le gérant du tout nouveau café rando à Saint-Jean-du-Gard où passe le très prisé chemin de Stevenson : « On constate une baisse sur le chemin de Stevenson même si c’est encore difficile de savoir pourquoi et ce que cette baisse représente. L’an dernier, il y avait déjà eu une amorce de baisse sur le Stevenson qui se confirme cette année même si j’ai l’impression qu’il y avait plus de monde en avril et en mai. On voit bien que quand ils arrivent, les marcheurs sont épuisés à cause de la chaleur. »

    Grimpéo, une entreprise qui propose toute sorte d’activités dans le Gard, a également abandonné les parcours d’escalade en été et s’adapte pour les autres sorties. « On essaie d’adapter les horaires. Par exemple pour les via ferrata, on les fait le matin pour qu’il fasse moins chaud sur la falaise. Ce qui est compliqué ce sont les marches d’approche des sites qui peuvent être ensoleillés ou physiques et qui peuvent durer une heure. C’est surtout le retour qui est difficile parce qu’on remonte des gorges et il y a un peu de dénivelé, mais pour l’instant, on a des réservations comme d’habitude, sauf sur la première semaine de juillet qui était plus calme », explique Élodie qui gère les réservations pour Grimpéo.

    À la recherche

    de fraîcheur

    Cet été, ce sont surtout les loueurs de kayak et de pédalo qui se frottent les mains même s’ils gardent tous un regard sur le niveau des cours d’eau. « L’eau est bonne même si avec la chaleur il y a un peu plus d’algues », explique Aziz, gérant de la base nautique de Laroque, à la frontière entre Hérault et Gard : « Comme chaque année, il manque un peu d’eau mais je m’attendais à pire parce qu’on a un débit de 2,4 m³/s, habituellement on tombe en août à 2 m³/s. On peut donc toujours descendre la rivière. Avec ces chaleurs, il y a beaucoup de monde qui vient se baigner et faire des activités parce que l’autre avantage de la rivière, c’est qu’il y a toujours un petit coin d’ombre. »

  • La Boîte à bijoux : nouvelle forme de soins au CHU de Montpellier

    La Boîte à bijoux : nouvelle forme de soins au CHU de Montpellier

    C’est la deuxième intervention au CHU de Montpellier pour la journaliste de Radio Clapas Laure Méravilles, qui s’est prise de passion pour le milieu hospitalier. « J’ai débuté en pédiatrie », explique celle qui a d’abord coordonné le projet sonore Portraits de doudous. Mêlant radio et photo, il donnait la parole aux enfants malades et à leurs doudous à travers une exposition et des podcasts. « Au moment du montage, je me suis questionnée sur ce que je devais faire des enregistrements de ceux qui n’étaient plus là. Je suis allée poser la question au service de soins palliatifs et c’est comme ça que s’est faite la rencontre », raconte-t-elle.

    Laure Meravilles s’est formée à la faculté de Médecine de Nîmes pour appréhender la relation avec les patients. « J’ai eu un coup de foudre pour la démarche et j’ai voulu décliner ce projet sonore et artistique chez les adultes », commente-t-elle. Inspirée par le récent modèle de biographie hospitalière, cette forme de thérapie où le professionnel et le patient construisent ensemble une biographie reliée remise à la famille après le décès, elle invente « l’audiographie » hospitalière. Durant plusieurs rendez-vous, Laure propose ainsi au patient de se livrer à propos d’un bijou qui lui appartient et d’évoquer un souvenir. Elle travaille ensuite avec Christelle Labrande pour construire le support photo de l’enregistrement qui sera remis à la famille du patient. « La voix enregistrée peut survivre à celui ou celle qui l’a portée », remarque Laure, qui veut faire de la voix radiophonique un lien entre le disparu et son entourage. « C’est une parole authentique, consentie et préparée par le patient lui-même. »

    Sylvie Galan, cadre de santé en oncologie à l’hôpital Saint-Éloi, a vu évoluer le projet. Très optimiste, elle le désigne comme un renforcement des soins de support, ces méthodes destinées à permettre une meilleure acceptation et prise en charge du patient et de sa pathologie. « C’est une thérapie, c’est un plus qui s’inscrit dans la globalité des soins proposés », affirme-t-elle. « C’est bénéfique pour les patients de parler à quelqu’un qui n’est pas du milieu médical, une relation de confiance se construit. Ils se sentent écoutés et valorisés », précise la cadre de santé.

    Humaniser les relations hospitalières

    Ce dispositif fait partie d’un large panel de soins narratifs proposés au CHU. Ces soins visent à placer le récit du patient et son écoute attentive au centre de la relation médicale, pour construire un lien plus humain et profondément empathique. « À mesure que le projet grandit, on élargit les sujets, les souvenirs à raconter et la conversation déborde », avoue Laure. Cette approche sur-mesure et très humaine est appréciée par les patients. « Je suis suffisamment à l’aise pour donner un bout de moi », confie Alexandra, patiente en oncologie. « Il y a le côté agréable de faire des rencontres et le côté agréable de se remémorer de jolis souvenirs » ajoute-t-elle. Lorsque Laure lui apporte son objet finalisé, elle est émue : elle l’offrira à sa fille.

    Le projet traduit l’alliance thérapeutique tissée entre les malades et les soignants dans le milieu hospitalier. C’est le cas de Jean-Luc, greffé du cœur en 2013 et aujourd’hui suivi en oncologie. Venu enregistrer sa photo sonore dans le studio de radio Clapas, il insiste sur sa reconnaissance envers le personnel qui a remplacé son cœur par un autre cette nuit du 31 décembre : « Je leur apporte un petit cadeau chaque année », assure-t-il. Jean-Luc est aujourd’hui engagé dans plusieurs associations et intervient dans les établissements scolaires pour parler de son expérience avec les professeurs des matières scientifiques. Il vient raconter ses tatouages et sa vie de greffé au micro : motard aguerri au look de rockeur, il porte une multitude de bagues sur lesquelles Laure le questionne. Cet enregistrement, il le fera pour raconter comment il a décidé de continuer à vivre, en explorant le monde sur sa moto.

  • [Entretien] Luc Cervellin, Shift Project : « On vit l’été le plus frais du reste de notre vie »

    [Entretien] Luc Cervellin, Shift Project : « On vit l’été le plus frais du reste de notre vie »

    La Marseillaise : En quoi cette vague de chaleur révèle-t-elle l’impréparation des gouvernements successifs alors que nous avions déjà connu une canicule dévastatrice en 2003 ?

    Luc Cervellin : On constate que le rythme de l’adaptation ne suit clairement pas le rythme de l’accélération du dérèglement climatique. Les deux tiers des vagues de chaleur qu’on a connues depuis 1947 se sont déroulées après les années 2000. Si on suit les prévisions des scientifiques, qui ont été assez fiables jusqu’ici, leur nombre va être multiplié par cinq d’ici 2050. On vit donc l’été le plus frais du reste de notre vie. Ensuite, on remarque qu’en comparaison à 2003, on a structuré la réponse d’urgence, donc la vigilance, les points d’eau, les EHPAD climatisés, etc. Mais les causes structurelles, comme le bâtiment ou l’organisation du fonctionnement de la société, ne sont pas traitées. La climatologue Valérie Masson-Delmotte explique que notre société a été conçue pour un climat qui n’existe plus.

    La semaine dernière, le président de la République Emmanuel Macron a fait une sortie pour expliquer qu’on ne pouvait pas s’adapter à un pic aussi inédit. Pour nous, Shifters, c’est incompréhensible du point de vue même du principe de l’adaptation, parce que l’adaptation consiste justement à se préparer à des scénarios qui ont de fortes chances de se produire et on sait que des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et de plus en plus importantes ont de plus en plus de chances de se produire.

    Pourquoi faut-il toujours lancer des mesures d’atténuation du réchauffement climatique ?

    L.C. : Il faut bien comprendre que réduire les émissions reste la seule façon de limiter l’ampleur du problème. Et chaque dixième de degré compte. Pour moi, pour mes enfants et pour tout le monde, il vaut mieux vivre dans un monde à plus de 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle qu’un monde à plus de 4 ou 5 degrés, qui est la tendance actuelle. L’atténuation et l’adaptation fonctionnent ensemble parce qu’on aura beaucoup plus de mal à s’adapter à un monde à plus 4 ou 5 degrés. Et au Shift Project, on réaffirme qu’une trajectoire de neutralité carbone reste possible d’ici 2050 si on la planifie dès maintenant dans tous les secteurs.

    Le débat a beaucoup tourné autour de la climatisation ces derniers jours, quelle est la position du Shift Project sur le sujet ?

    L.C. : La climatisation est une toute petite partie de la réponse parce que beaucoup d’infrastructures, comme les rails, les ponts, les chantiers, les forêts ou les champs de blé par exemple ne se climatisent pas. Évidemment, généraliser la climatisation créerait un effet rebond c’est-à-dire que ça aggrave la cause du problème qu’elle prétend résoudre. Pour nous la bonne question c’est « comment le bâtiment est-il capable d’évacuer la chaleur qu’il accueille ? » Pour cela, il faut prioriser les solutions passives qui sont très efficaces, comme la ventilation nocturne, les protections solaires ou la végétalisation. La climatisation est vraiment le dernier maillon de cette réflexion. Dans certains cas particuliers, climatiser reste nécessaire dans les lieux publics, les EHPAD, les hôpitaux ou les écoles, et avec sobriété. Mais présenter la généralisation de la clim dans les logements individuels comme la solution d’adaptation à la canicule revient à repousser et accentuer le problème, parce que cela entraînera une hausse de la consommation électrique, un réchauffement de l’air extérieur des villes et des impacts sur la facture d’électricité des ménages.

    Quelles sont les autres propositions du Shift Project pour s’adapter à ces températures ?

    L.C. : Pour nous, il faut avant tout planifier plutôt que réagir. L’anticipation via des diagnostics de vulnérabilité est beaucoup plus efficace à long terme que de gérer chaque épisode dans l’urgence. Dans cette planification, il y a la nécessité de rénover massivement le bâti en intégrant le confort d’été comme une priorité avec des protections solaires, des brasseurs d’air, la végétalisation. Donc pas seulement l’isolation hivernale comme on le fait en ce moment. Il y a aussi des transformations de l’emploi à gérer, parce que certains métiers vont disparaître, d’autres vont émerger et ça appelle des discussions par branche, par territoire, pour s’adapter.

    L’Espagne a mis en place un congé climatique pour ces travailleurs, est-ce une bonne idée ?

    L.C. : C’est un signal politique utile, parce qu’il reconnaît que travailler dehors par 40 degrés n’est pas faisable. Mais ce n’est pas une solution structurelle. Cela traite la conséquence plutôt que la cause. Au Shift, on met vraiment l’accent sur l’adaptation organisationnelle en amont. Pour nous, il faut travailler sur les horaires décalés, le télétravail quand c’est possible et la réduction de l’activité physique aux heures les plus chaudes. Toute mesure politique doit cibler en priorité ces métiers qui ne peuvent pas télétravailler comme l’agriculture ou les métiers du soin par exemple, sous peine de voir se créer une nouvelle inégalité entre les emplois protégés et non protégés, comme on a pu le voir pendant le Covid. Aujourd’hui la loi qui impose des dispositions de rafraîchissement pour les travailleurs est appliquée de manière plus ou moins juste, plus ou moins forte suivant les entreprises, suivant les endroits, mais elle garantit pourtant aux salariés des conditions d’hydratation, d’accès à l’eau et éventuellement des douches.

    En quoi ces vagues de chaleur touchent-elles en priorité les plus précaires ?

    L.C. : Le logement est vraiment le premier facteur d’inégalité. Près de 48% des logements ont un confort d’été insuffisant. Ceux qui sont les plus vulnérables, ce sont les quartiers populaires, parce que les logements sont plus petits, suroccupés, mal isolés, avec peu d’îlots de fraîcheur à proximité, peu de parcs, etc. Pour eux, il y a le double effet ciseaux, c’est-à-dire que ceux qui souffrent de la chaleur ont aussi le moins de moyens pour s’en protéger. Quand vous vivez dans des barres d’immeubles, vous n’avez pas forcément les moyens de faire installer la clim quand ça devient vraiment insupportable. Et ce sont aussi souvent les personnes qui ont les emplois les plus exposés. C’est pourquoi nous pensons que les moyens doivent être ciblés en priorité sur les publics et les lieux les plus vulnérables plutôt que dispersés dans une généralisation de la clim individuelle.

  • L’inquiétude grandit autour de la maternité

    L’inquiétude grandit autour de la maternité

    Lorsque la maternité de la clinique Saint-Louis a été suspendue en décembre 2022, tous craignaient qu’elle ne voit plus jamais le jour. Trois ans et demi plus tard, l’inquiétude n’est pas dissipée. Bien au contraire. « On constate qu’il n’y a pas de recherche active de la part de la direction de la clinique pour recruter du personnel alors que cette fermeture représente beaucoup de stress pour les familles. Nous constatons qu’il y a eu beaucoup plus d’accouchements d’urgence et de refus de soins. C’est aussi un gros problème pour les IVG non médicamenteuses », souligne Isabelle Boisson, membre du Collectif Maternité à défendre.

    Le Collectif a ainsi souhaité remettre la pression sur la direction de la clinique Saint-Louis qui « nous a déjà dit que la gestion de la maternité ne les intéressait pas ». Les travaux du nouveau bâtiment dans lequel est prévu un service maternité, ont pourtant débuté en octobre 2025 et devraient se terminer fin 2027. D’ici là, le Collectif espère donc qu’une équipe sera recrutée pour rouvrir la maternité. « Depuis que le chantier a débuté, nous n’avons aucune information de la part de la direction. Nous avons donc décidé de lancer notre propre annonce pour recruter du personnel et nous allons aussi contacter les organismes de formation partout en France », ajoute Priscilla Manzanares.

    Argent public

    Pour ce point presse, seuls deux élus avaient fait le déplacement : le maire de Colognac Rémy Menviel et celui de Mandagout, Emmanuel Grieu. Ce dernier a aussi souhaité alerter sur le gaspillage d’argent public puisque la direction de la clinique a touché 11 millions d’euros de l’ARS pour construire une nouvelle maternité dont l’ouverture est très loin d’être assurée.

    Lassés par ces années de combat, les élus du territoire, qui soutiennent pourtant majoritairement le travail du collectif, ne semblent plus à l’offensive sur ce sujet pourtant essentiel pour l’attractivité du territoire. En 2020, 77% des accouchements des quatre communautés de communes concernées avaient pourtant été réalisés à Ganges. Le Collectif a donc entrepris un nouveau travail : alerter tous les nouveaux élus après les élections municipales. Mais Emmanuel Grieu souhaite aller encore plus loin : « Nous pourrions organiser un week-end pour faire découvrir le territoire et les nouvelles infrastructures aux soignants. On l’a déjà fait pour les médecins mais pour cela, il faut que les élus du territoire se mobilisent. »

  • Deux organisateurs du teknival interpellés

    Deux organisateurs du teknival interpellés

    Piégée par les festivaliers qui sont parvenus à organiser le teknival du 6 au 9 juin dans l’Hérault à la frontière avec le Gard malgré le déclenchement du plan « rave bleu », la préfecture de l’Hérault a tenté d’afficher une image de fermeté mercredi 10 juin.

    Lors d’un point presse organisé par Chantal Mauchet, la préfète, et le colonel Frédéric Schneider, commandant en second du groupe de gendarmerie, le détail de la répression de cette rave party illégale a été détaillé. Ainsi, 160 gendarmes par jour ont été mobilisés pour empêcher d’autres festivaliers d’accéder au site. 4 525 personnes et 1 812 véhicules ont été contrôlés à l’arrivée ou à la sortie du teknival. L’opération a donc coûté 105 000 euros à l’État, assure la préfète.

    457 amendes forfaitaires ont ainsi été dressées, non pour la participation à cette fête géante mais pour détention de produits stupéfiants, détention d’armes blanches ou défaut d’assurance. 1 111 infractions au code de la route ont également été recensées pour « non-respect de l’arrêté préfectoral notamment ». Deux organisateurs ont été identifiés, interpellés et entendus pour l’organisation sans déclaration préalable d’un événement festif. Une quinzaine d’enceintes ainsi qu’un groupe électrogène ont aussi été saisis mais la sonorisation principale n’a pas pu être retrouvée dans son intégralité. Les pompiers sont également intervenus une dizaine de fois pour des malaises ou pour des chutes.

    L’autre point noir de ce teknival a été l’altercation survenue entre un riverain et plusieurs festivaliers. Ceux-ci ont tambouriné à sa porte en pleine nuit, ont tenté de pénétrer chez lui et se sont même baignés dans sa piscine. Après une bousculade, ils seraient aussi partis avec sa canne. « Quand on a appris cette histoire, on a essayé de retrouver ces personnes », raconte un organisateur. « Mais c’était impossible de savoir qui c’était. On a décidé de lancer une petite cagnotte entre nous pour lui renvoyer une canne. »

    Des propriétaires ont également déposé plainte, a annoncé Chantal Mauchet. Les communes concernées pourraient également saisir la justice dans les prochains jours. La préfète a par ailleurs annoncé qu’elle se constituerait partie civile pour obtenir le remboursement des moyens engagés.

  • Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Ils sont nombreux à descendre, à pied, en voiture ou en camion, du Causse du Mas neuf, entre Claret et Ferrières-les-Verrerie, vers Pompignan en ce lundi 8 juin. Yeux fatigués mais sourire aux lèvres, certains se sont effondrés sur les bancs publics pour reprendre quelques forces. Ces fêtards ont participé au teknival « Tankarville, la riposte des chaussettes sales ». « Je suis un passionné de musique et de fête. Il faut vraiment venir sur place pour comprendre l’ambiance », explique Nicolas*, un jeune d’une vingtaine d’années qui a déjà participé à des free parties un peu partout en Europe.

    Ce rassemblement illégal a débuté au petit matin du samedi 6 juin. Dans un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre après que la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet avait déclenché le plan « rave bleu », les festivaliers ont brouillé les pistes toute la nuit. Des centaines de voitures et camions s’étaient en effet rassemblées au nord de l’Hérault et dans le sud du Gard, avant de se rejoindre à Ferrières-les-Verreries vers 4 heures du matin. Sonos, amplis, scènes, château gonflable ont ainsi été rapidement installés. 160 gendarmes ont alors été dépêchés sur place et ont fermé les routes départementales pour empêcher l’accès au site (même aux journalistes !).

    Rassemblement antifa

    Pour accéder au teknival, il a donc fallu déposer sa voiture en bord de route et emprunter à pied les chemins dans la garrigue pendant près d’une heure. « Je l’ai fait samedi matin, à 5 heures du matin, en pleine nuit », témoigne un participant, tatoué de la tête aux pieds, une tente sur le dos, qui confirme avoir aidé d’autres festivaliers à sortir leur camion du fossé. Si la préfecture annonçait avoir contenu le rassemblement à 2 000 personnes, beaucoup estimaient plutôt le nombre de participants à 5 000.

    Guidé par la musique, il faut donc traverser des zones boisées pour apercevoir les premiers camions. Mais avant d’arriver, une voix résonne dans la forêt : « Si tu peux faire le tour, ici c’est une zone Natura 2000. » Max*, deux sacs-poubelles à la main ramassent tous les papiers toilettes de la zone. « Ce n’est pas le plus marrant mais on tient à laisser la zone propre. » Proche de l’organisation, Max s’est porté volontaire pour le bar et pour nettoyer le site. « La tuile ici c’est la zone Natura 2000. Mais on a rencontré un responsable du site avec qui on a pu échanger. Après, nous avons mis de la rubalise pour empêcher les gens de venir sur cette zone. Il y a aussi une petite fleur jaune qui est protégée donc on a essayé d’en parler, nous avons mis des photos au bar pour que les gens fassent attention. Après la fête, des équipes vont revenir sur le site pour nettoyer », explique-t-il sous le bourdonnement d’un drone qui surveille la zone.

    Participant à des free-parties depuis vingt ans, Max avait levé le pied ces dernières années mais a décidé de revenir face la nouvelle répression policière : « C’est un événement antifasciste et celui-ci avait un vrai message : nous nous opposons à la répression policière et à la loi que le gouvernement tente de passer parce qu’il est inconcevable que des gens aillent en prison pour avoir fait de la musique. » Pendant les trois jours de fête, la culture prônée par les organisateurs, qui se sont appuyés sur de la musique mais aussi du théâtre, des sculptures (dont l’une de 5 mètres de haut ou une autre appelée « la machine à laver les mascu ») et des feux d’artifice, arborait le message d’une opposition à la criminalisation des organisateurs portée par la loi Ripost. Tous reprenaient ainsi le slogan : « Sous les paillettes, la rage. »

    Au-delà de la répression, les teuffeurs voulaient aussi défendre un art de vivre qui s’extrait de la société consumériste et du capitalisme.

    * Les personnes interrogées souhaitaient rester anonymes.

  • Le service postal recule au détriment de la population

    Le service postal recule au détriment de la population

    Beausoleil à Nîmes, Tamaris à Alès, Bouisson-Bertrand et Sarrail à Montpellier. Les bureaux de poste disparaissent les uns après les autres ces dernières années. Un coup dur pour les populations, qui voient par la même occasion un distributeur de billets et/ou un bureau de banque fermer. Depuis plusieurs années, la direction de La Poste assume cette politique en la justifiant par une baisse de l’envoi de courrier.

    « On ne peut pas nier que le courrier diminue, mais par contre le nombre de colis à distribuer, lui, augmente fortement. Il y a des livreurs privés mais beaucoup délèguent à La Poste surtout dans des coins reculés où ce n’est pas rentable pour eux », explique un postier. La ruralité n’est en effet pas épargnée par la diminution du service postal. C’est par exemple le cas à Mandagout, dans les Cévennes gardoises, où le maire Emmanuel Grieu vient d’alerter la sous-préfète du Vigan, Anne Levasseur, sur les changements opérés par La Poste. « Nous avons lancé une pétition qui a recueilli une centaine de signatures », explique l’édile. « Nous voulons que le service s’améliore donc on va en parler à la sous-préfète qui est référente poste pour le département, parce que la direction de La Poste n’est jamais joignable. Nous voulons recevoir notre courrier. Il n’est parfois pas livré, ou avec du retard, ou chez le voisin. Les facteurs changent tout le temps sauf que chez nous, il y a 36 hameaux et si on ne connaît pas, on est en difficulté. »

    Un postier ayant plus de quinze ans d’ancienneté et souhaitant rester anonyme, confirme : « Tous les deux ans, il y a une réorganisation et on nous rajoute toujours du travail. Sauf qu’on nous a dit qu’on ne pouvait plus faire d’heures supplémentaires. Moi, on m’a allongé ma tournée de l’équivalent de deux heures de charge supplémentaire alors que j’étais déjà en difficulté. La direction me dit que c’est possible, qu’elle a fait ses calculs et que ça passe. Je ne sais pas comment ils font leurs calculs, on essaie de leur expliquer que ce n’est pas possible mais ils ne veulent rien entendre. J’ai signalé tous les jours que je ne pouvais distribuer que l’urgent et les colis. Et même malgré ça, je ramenais des colis et le courrier restait dans le bureau pendant des semaines. »

    Pissevin en sursis, Estanove aussi

    La mobilisation s’organise aussi dans les capitales héraultaises et gardoises. À Nîmes, c’est le bureau de poste dans le quartier Pissevin qui a cristallisé la fronde depuis la fin mai, lorsque la direction de La Poste a informé le maire qu’elle allait fermer le bureau suite aux plaintes des agents obligés de travailler dans des locaux insalubres. Grâce à la mobilisation de la nouvelle municipalité et du préfet du Gard Jérôme Bonet, une solution transitoire a été trouvée. Le bureau restera ouvert au moins tout le mois de juin. En effet, il sera accessible quatre matinées par semaine (lundi, mardi, jeudi et vendredi), en espérant que de nouveaux locaux soient trouvés d’ici là.

    « Nous cherchons à pérenniser le bureau dans le cadre de la rénovation urbaine avec un nouveau site pour accueillir la poste  », indique le cabinet du maire Vincent Bouget, qui appelle la population à poursuivre la contestation. Le centre social des Mille Couleurs a également lancé une pétition pour mobiliser les habitants du quartier.

    À Montpellier, dans le quartier d’Estanove, le bureau de poste garde aussi ses portes closes depuis le 12 novembre. Officiellement, il est fermé pour travaux suite à des dégâts des eaux. Mais la population craint que cette fermeture ne soit définitive. Elle a donc aussi lancé une pétition, qui a récolté plus de 400 signatures. Le 27 mai, elle s’est également rassemblée devant la mairie de Montpellier pour faire entendre son mécontentement et son inquiétude. Un nouveau rassemblement est prévu le samedi 13 juin devant le bureau d’Estanove, même si la direction a promis, suite à la première manifestation, qu’il serait rouvert progressivement à partir de la deuxième quinzaine de juin.

  • La fronde anti-McDonald’s gagne du terrain dans le Gard

    La fronde anti-McDonald’s gagne du terrain dans le Gard

    C’est le paradoxe sur lequel mise la direction de McDonald’s : malgré la fronde d’une partie des habitants à chaque annonce d’implantation d’un nouveau restaurant, si celui-ci parvient à ouvrir, il est très vite pris d’assaut. Le nouveau fast-food inauguré à Saint-Geniès-de-Malgoirès, bourgade de 3 200 habitants située entre Nîmes et Alès, l’illustre parfaitement. « J’ai rencontré des riverains, des locaux et des paysans de Saint-Geniès pour leur demander comment ça se passe avec ce nouveau McDo en zone rurale. Ils me disent que c’est plein. C’est incompréhensible. Mais s’il y a des gens qui sont en demande de cette bouffe-là, à ce prix-là, et que McDo offre ça, en tant que paysan, je n’ai pas grand-chose à dire », regrette Simon Le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard qui s’était mobilisé contre cette ouverture.

    La direction de McDo en est bien consciente et a d’ailleurs affiné sa stratégie ces derniers mois autour de la ruralité. L’objectif désormais affiché par l’enseigne est simple : posséder un « restaurant » à moins de 20 minutes de chaque Français. Cette ambition est désormais lancée dans tous les départements. Dans le Gard, trois McDo ont ainsi ouvert en 2025 à Saint-Geniès donc, à Garons (5 400 habitants) et Langlade (2 300).

    Exploiter

    la désertification

    Après avoir maillé la banlieue nîmoise, le groupe américain cherche désormais à s’aventurer dans le reste du département. Un projet est actuellement à l’étude aux Mages, commune de 2 100 habitants au nord d’Alès. Un permis de construire déposé en avril est actuellement à l’étude. Mais la population locale a décidé de se mobiliser pour arrêter le projet en lançant une pétition qui a déjà rassemblé 600 signatures sur papier et près d’un millier en ligne. Elle avance plusieurs arguments pour s’opposer au projet comme « l’augmentation importante de la circulation automobile », les « risques accrus pour la sécurité des piétons et des enfants », les « nuisances sonores et olfactives », la « pollution visuelle et lumineuse dans une zone classée Réserve internationale de Ciel Étoilé », ou encore « l’impact économique très négatif sur l’ensemble des restaurants et commerces déjà présents ».

    Il y a un peu plus d’un mois, les habitants du territoire d’Anduze se sont aussi mobilisés. En effet, une zone commerciale est à l’étude sur la commune voisine de Boisset-et-Gaujac où seraient implantés une boulangerie Marie Blachère, un Carrefour Market et un McDo. Une pétition a également été lancée et dépasse les 1 500 signatures. Ici aussi les élus s’opposent au projet mais les maires font aussi part de leur impuissance face à des projets construits sur des terrains privés. Il y a quelques mois, c’était à Laroque, petit village héraultais à la frontière du Gard, que s’est constitué un collectif pour s’opposer au McDo qui a rassemblé 3 000 personnes pour sa pétition.

    « Ces nouvelles implantations ne vont pas dans le bon sens », regrette Claude Gaubert de l’association Que choisir de l’Hérault. « Ça va mettre en difficulté tout un tas de petits restaurants et cantines. Cela va à l’encontre d’une approche tournée vers les circuits courts et les produits locaux. Ça pose finalement un problème d’éducation à la nourriture puisqu’ils rencontrent un public. L’éducation nutritionnelle devrait être abordée dans les écoles. »

    Aujourd’hui, élus et collectifs s’interrogent effectivement sur leur capacité à lutter face à une telle multinationale. Ses installations posent aussi une question démocratique. « On peut le faire comme à l’ancienne, à la José Bové, et tout casser. Aujourd’hui trouver des militants qui sont prêts à faire de la prison pour s’opposer à un projet de construction, c’est compliqué. Certains seraient quand même motivés chez nous. Mais pour quel but ? Nous avons un doute à la Conf’ sur la pertinence de ces actions pour faire arrêter un projet », explique Simon Le Berre.

    Surtout, McDo, qui promet à chaque projet de créer de l’emploi, exploite une ruralité abandonnée par les services publics et touchée par le chômage. Dans ces terres où les lieux de sociabilisation disparaissent, la multinationale s’implante pour devenir le lieu de rendez-vous du territoire. Au détriment du local : ses restaurants, ses camions pizzas et ses agriculteurs locaux.