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  • À Montpellier, une mobilisation attisée par la répression policière

    À Montpellier, une mobilisation attisée par la répression policière

    Désormais, chaque mouvement social d’ampleur en France s’accompagne d’une répression policière inédite. Les premiers blocus de lycées n’ont pas fait exception et ont confirmé qu’un mouvement constitué principalement de mineurs n’était pas une raison suffisante pour adapter le « maintien de l’ordre ». Une stratégie confirmée par le ministre de l’Intérieur sur le plateau de TF1, qui a reconnu qu’« aucune consigne de retenue » n’avait été donnée.

    Mais après qu’un lycéen lensois de 15 ans a eu la main arrachée lundi 5 octobre suite à l’utilisation d’une grenade, Laurent Nuñez a suspendu l’usage des grenades assourdissantes. La mobilisation syndicale mardi 6 octobre, entourant les cortèges lycéens jusque devant les établissements scolaires, a également permis de faire baisser la tension puisqu’aucun débordement majeur n’a été recensé. Une accalmie après dix jours de violences.

    L’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, a en effet ouvert 18 enquêtes depuis le déclenchement du mouvement lycéen. Deux concernent deux possibles tirs de LBD qui ont entraîné pour l’un une mâchoire brisée, et pour l’autre la perte d’un œil. Une enquête a même été ouverte pour tentative de meurtre. Un lycéen a en effet déposé plainte contre un policier qui « lui avait maintenu la tête sous l’eau ». Au total, 215 lycéens ont été blessés, selon les autorités.

    « Nous avons passé un cap collectivement. Dans les premiers jours du mouvement, il y a eu 5 000 arrestations, c’est le total de plusieurs mois de Gilets jaunes. À Montpellier, sur une semaine, il y a plus d’une cinquantaine d’interpellations. Et sur toutes ces interpellations, il n’y a qu’une seule personne majeure. Surtout, il y a des charges policières sans sommation », indique Sophie Mazas, avocate et présidente de la Ligue des droits de l’Homme de l’Hérault.

    Double fracture au visage

    La répression policière n’a pas épargné Montpellier. Une jeune fille de 17 ans souffre en effet de deux fractures au visage et a longtemps eu peur de perdre la vision d’un œil. « Elle a pris un coup après une charge sans sommation sur un groupe de jeunes pacifiques donc elle n’a rien vu venir. Elle a pris deux coups de bouclier dans le thorax et un coup de matraque qui lui a fracturé le visage à deux endroits. C’est hyper violent », précise Sophie Mazas qui confirme que « plusieurs enfants sont blessés » et juge « inadmissible de voir que les forces de l’ordre chargent d’aussi jeunes enfants ». Le même jour, un journaliste montpelliérain a été « volontairement percuté » par un policier à moto. Le Club de la presse de l’Hérault a immédiatement dénoncé des « intimidations et les entraves manifestes que les professionnels de l’information subissent » et confirmé que le « journaliste, qui souffre d’un gros hématome et d’éraflures au niveau du tibia, prévoit de porter plainte ».

    Dans un communiqué, l’Observatoire des libertés de Montpellier a en effet listé les violences policières observées : absence de RIO (matricule) visible, pourtant obligatoire ; usage de gaz lacrymogène contre des lycéens parfois même depuis l’intérieur de l’établissement, comme au lycée Jean Mermoz, déploiement de la police municipale qui « ne dispose d’aucune compétence en termes de maintien de l’ordre », charges policières sans sommation préalable et « prise à partie de trois medics par des policiers : leurs sacs ont été fouillés et leurs visages photographiés, notamment en vue d’une inscription au fichier des antécédents judiciaires ». La LDH a également attaqué l’arrêté préfectoral interdisant les équipements de protection individuelle (coudières, genouillères, masques, casques), mais le tribunal administratif a donné raison à la préfète au motif de la dissimulation du visage. Un appel devant le Conseil d’État est prévu.

    « La brutalité avec laquelle le gouvernement a répondu aux premiers blocus des lycéens est inédite. Tous les commentateurs ont été surpris par la démesure de la répression policière », regrette également Serge Ragazzacci, secrétaire général de l’UD CGT 34. Face à cette situation et puisque la mobilisation lycéenne, rejointe par les étudiants, ne semble pas ralentir, Sophie Mazas appelle « les adultes à venir protéger nos enfants aux abords des lycées » et à suivre « des formations par la LDH pour faire de l’observation des pratiques policières ».

  • [Entretien] Myriam Lebkiri, CGT : « Les Bourses du travail sont d’intérêt général »

    [Entretien] Myriam Lebkiri, CGT : « Les Bourses du travail sont d’intérêt général »

    La Marseillaise : Êtes-vous en lien avec l’UL de Bagnols-sur-Cèze depuis l’annonce de la maire RN qui leur demande de quitter les locaux fin novembre ?

    Myriam Lebkiri : Nous avons des échanges bien sûr, nous les rencontrons prochainement. Malheureusement, ce n’est pas un événement isolé. Depuis quelques années, nous avons un département égalité des droits et des affaires juridiques à la CGT qui permet de centraliser et de recenser ces attaques. Nous ne gérons pas les dossiers en direct, mais nous sommes en soutien aux Unions locales. Au niveau confédéral, nous apportons une analyse pour savoir si c’est une attaque politique, comme le font les mairies du RN ou si c’est un problème de discussion ponctuelle avec une mairie, qu’on pourrait solutionner rapidement. À Arles et Tarascon, il s’agit clairement de menaces sur les libertés syndicales ; le maire d’Arles refuse par exemple la médiation du tribunal. On regarde aussi si c’est une expulsion pure ou si c’est une attaque sur la non prise en charge des fluides, la dégradation des locaux, la non prise en charge de la réfection de locaux complètement vétustes ou l’affectation dans des locaux trop petits en pleine périphérie. On est actuellement en train de faire un baromètre. On estime entre 65 et 80 le nombre d’attaques sur les différentes modalités en France, particulièrement depuis cet été par des mairies du RN.

    Est-ce un point commun des mairies RN de s’en prendre au droit syndical ?

    M.L. : Oui, avec le RN, c’est presque systématique. C’est souvent la première chose qu’ils regardent. Cela accompagne leur discours contre les organisations syndicales. Ils s’en prennent au syndicat mais aussi à l’associatif, notamment l’associatif d’entraide, à la LDH et aux associations de protection des femmes et des LGBT. Mais, de plus en plus, dans des mairies qui ne sont pas RN, on retrouve le même genre de décision. On voit que l’intérêt général du syndicalisme est complètement nié un peu partout.

    Pourquoi ces Bourses du travail sont-elles essentielles ?

    M.L. : D’abord parce qu’on reçoit les salariés qui n’ont pas d’organisation syndicale. Plus de 5 millions de salariés de TPE n’ont pas d’organisation syndicale. On n’est présent que dans 40% des entreprises. Donc on reçoit énormément de salariés qui ne connaissent pas leurs droits et qui n’y ont pas accès. On remplace souvent les services publics, que ce soit sur l’accompagnement des travailleurs sans papier ou sur l’information du droit du travail par exemple. On fait aussi des entretiens dans des dossiers extrêmement compliqués de soutien aux victimes de violences sexistes et sexuelles. On y réalise aussi des formations. Les Bourses du travail sont des locaux du monde du travail qui s’ouvre aussi à l’associatif, avec des expositions, des spectacles ou des conférences. Elles sont également des zones de repli lorsque les travailleurs doivent s’organiser et qu’ils ne peuvent pas le faire dans leur entreprise. C’est pour cela qu’elles sont attaquées. Il y en a certains qui sont contre leur subvention mais beaucoup voient aussi que ce sont des lieux où démarrent les luttes, où démarre la conscience collective. Alors que l’extrême droite se fortifie aux portes du pouvoir, qu’on assiste à un affrontement de classes d’une rare violence, les Bourses du travail sont plus que jamais des lieux de résistance et d’intérêt général.

    Ces attaques contre les Bourses du travail sont-elles révélatrices d’une volonté plus large de réduire le droit syndical ?

    M.L. : Oui. De manière globale, les libertés syndicales et le syndicalisme sont attaqués. Nous avons remarqué une montée crescendo de ces attaques depuis les conflits sur la loi travail de 2016. L’apothéose des répressions, c’est quand même le mouvement de 2023 contre la réforme des retraites, où il y a eu de la répression de masse, notamment contre les salariés de l’énergie. Mais ça se propage au plus haut niveau de la CGT, puisque Sophie Binet a subi deux plaintes, moi j’en ai subi une, Gérard Ré aussi. Ce n’est pas rien comme signal envoyé. Pour le coup, la répression, elle, ruisselle. Ce sont des procédures bâillons pour faire peur aux militants, faire peur aux autres salariés et les dissuader de se syndiquer. Ces procédures nous prennent aussi du temps et de l’argent. Mais ça ne dissuade finalement pas parce que nous augmentons chaque année notre nombre d’adhérents.

    Où en est la proposition de la CGT qui réclame une loi pour sanctuariser ces Bourses du travail ?

    M.L. : Il y a une mission ministérielle qui doit rendre son rapport en décembre. Nous demandons que les Bourses du travail soient sanctuarisées pour que ce ne soit pas le fait du prince. Aujourd’hui, tout dépend de qui est à la tête de la collectivité. Et dépendre de la volonté d’une collectivité quelconque, ça ne fonctionne pas parce que c’est extrêmement précaire. Un accueil syndical, ça ne se fait pas au troquet du coin ou chez l’élu syndical. Il nous faut donc des locaux.

  • La colère des pêcheurs calmée, mais pour combien de temps ?

    La colère des pêcheurs calmée, mais pour combien de temps ?

    La ministre savait son déplacement en Occitanie périlleux. En guise d’accueil dans les ports sétois et graulens, les bateaux étaient quasiment tous recouverts de banderoles avec des slogans comme : « Bruxelles, arrêtez le carnage ! » ou « pêcheurs à l’agonie ». « La hausse du prix du carburant a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », confirme Bernard Perez, président du comité régional de pêche d’Occitanie. En effet, l’augmentation du prix du gasoil à des niveaux records avait poussé les pêcheurs de Méditerranée à se mobiliser la semaine du 14 au 18 septembre et à annuler les sorties en mer.

    Lundi 21 septembre, Catherine Chabaud a donc échangé avec des pêcheurs héraultais et gardois. L’idée était de poursuivre le dialogue entamé avec une partie d’entre eux la semaine précédente à Paris. À la suite de ces rencontres, la ministre a notamment annoncé sa volonté de parvenir à une « révision » du plan West Med qui soit « acceptable pour tout le monde ». Ce plan de gestion européen des pêches en Méditerranée occidentale pour préserver la ressource, dont une deuxième version encore plus restrictive est entrée en vigueur début 2025, est décrié par les pêcheurs car jugé trop restrictif. La ministre a également promis des annonces le 23 septembre, qui devaient notamment concerner les prix du carburant. Après cette rencontre, les pêcheurs ont décidé de lever leur mouvement de contestation.

    Les annonces sur le gasoil saluées

    Mercredi 23, Catherine Chabaud a donc effectué plusieurs annonces comme l’accélération du paiement des aides, le lancement d’un prêt à taux zéro plafonné à 50 000 euros par entreprise mais surtout, l’augmentation des aides sur le carburant. En effet, « l’aide sera désormais indexée sur le maximum admis par la Commission européenne, soit une couverture de 70% de la hausse des coûts par rapport à la situation d’avant-crise, quelle que soit la hausse des cours dans les semaines à venir », a précisé le gouvernement dans un communiqué.

    « Sur le prix du gasoil, les annonces vont dans le bon sens. Sur le reste, nous sommes en discussion parce qu’il y a tout à construire. Les bateaux ne sont toujours pas rentables donc il faut trouver des modèles différents. Il faut notamment lutter contre la lourdeur administrative. Nous allons travailler sur ces sujets avec la ministre. Nous voulons croire en l’avenir et construire un avenir pour nos jeunes mais il faut qu’on nous donne les moyens et qu’on nous écoute », explique Bernard Perez, qui prévient : « Vu la situation actuelle, on fait au jour le jour. Si ça ne va pas dans le bon sens, on est prêt à se remobiliser. »

  • [Entretien] Yann Bisiou, université Paul-Valéry : « La priorité, ce n’est pas l’interdit mais l’accompagnement, la prévention »

    [Entretien] Yann Bisiou, université Paul-Valéry : « La priorité, ce n’est pas l’interdit mais l’accompagnement, la prévention »

    La Marseillaise : Depuis quand la consommation de protoxyde d’azote s’est-elle développée ?

    Yann Bisiou : C’est relativement récent. Il y a déjà eu un usage détourné à la fin des années 1950 mais très limité et qui ne concernait pour l’essentiel que les médecins. Cela fait une dizaine d’années que le protoxyde d’azote commence à être consommé avec une augmentation très forte ces cinq dernières années. C’est désormais une consommation du quotidien qui touche toutes les couches de la jeunesse. C’est difficile d’évaluer le nombre de consommateurs aujourd’hui car c’est un produit qui reste très peu de temps dans l’organisme et comme il est légal, il n’y a pas de statistiques sur le sujet.

    Comment expliquez-vous cette explosion ?

    Y.B. : D’abord parce que le produit était légal alors que le cannabis est interdit. La prohibition renforcée sur le cannabis a un impact sur la consommation de protoxyde d’azote. Le protoxyde d’azote va servir de produit de substitution au cannabis. Le protoxyde d’azote n’est donc pas une porte d’entrée vers d’autres drogues. Cette consommation correspond aussi aux attentes des jeunes, je le compare souvent au « binge drinking » pour l’alcool. C’est-à-dire que c’est une consommation qui va vous donner une ivresse immédiate, intense, rapide, et qui va partir.

    Quel regard portez-vous sur la loi Ripost ?

    Y.B. : Nous sommes à la troisième loi en cinq ans (2021, 2024, 2026) et quand je vois une accumulation de lois, je ne suis pas optimiste. Au lieu de considérer le protoxyde d’azote comme un stupéfiant, ce qui est le cas dans certains cas, on a créé une catégorie à part. Il fait partie des produits d’usage courant susceptibles de détournement mais on lui applique le régime des stupéfiants. C’est une zone floue, où les professionnels de l’alimentation ont toujours le droit d’acheter du protoxyde d’azote, ce qui fait quand même beaucoup de monde. Je pense que cette loi Ripost c’est avant tout de l’affichage et qu’elle ne règle pas le problème. Sur les stupéfiants, on a interdit, avec des sanctions quand même très raides, l’usage de cannabis et l’usage de cocaïne. On assiste à une explosion de la consommation de cocaïne – multipliée par trois en cinq ans – donc je ne vois pas comment on peut être efficace avec une loi qui ne l’a pas été pour le cannabis ou la cocaïne. Les pouvoirs publics, les autorités, devraient quand même s’interroger sur l’efficacité de leur stratégie. Il y a un million de consommateurs par an de cocaïne, avec une loi qui va jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité avec peine incompressible pour les organisateurs d’un trafic international. Ça n’a pas l’air d’être d’une efficacité redoutable.

    Des politiques de prohibition ont-elles fonctionné ?

    Y.B. : Oui mais il faut que plusieurs facteurs soient réunis. D’abord, il faut qu’on soit capable d’appliquer la prohibition. Dans l’hexagone, on ne peut pas contrôler les consommations, ni du cannabis, ni de la cocaïne, ni du protoxyde d’azote, parce que le nombre de consommateurs est trop important. La deuxième condition pour que ça marche, c’est qu’il faut un substitut aux consommateurs. Quand on a interdit l’absinthe, on a fait la promotion du pastis, un produit moins dangereux, et ça a marché. La troisième condition, c’est qu’il ne faut pas que ça soit un phénomène de société. Aujourd’hui, il y a environ 400 stupéfiants et il y en a 395 qui ne posent pas de problème. La prohibition pour ces substances fonctionne. Par contre, la cocaïne, le cannabis, l’ecstasy posent problème. Pour le protoxyde d’azote, l’État n’est donc pas en mesure d’appliquer son interdit et c’est ce qu’on a connu aux États-Unis avec l’alcool. Il faut donc se dire que la priorité, ce n’est pas l’interdit mais l’accompagnement, la formation, la prévention. C’est aussi notre modèle de société qu’il faut questionner pour comprendre pourquoi les jeunes d’aujourd’hui recherchent des ivresses rapides et intenses.

    Votre solution c’est donc avant tout de réaliser de la prévention…

    Y.B. : Sur le protoxyde d’azote, on a clairement une problématique d’image. Il y a donc un travail de prévention et d’information à faire. Mais est-ce que l’on sait faire de la prévention dans un système prohibitionniste ? C’est très compliqué puisque vous n’avez pas le droit de parler du produit. Il ne faut jamais oublier qu’un consommateur connaît la dangerosité du produit, plus ou moins bien, mais il en a conscience. S’il a déjà consommé, il en connaît les effets. Si vous ne pouvez pas commencer par expliquer que cette consommation est un plaisir dangereux, éphémère et qu’il y a d’autres moyens d’aboutir à un plaisir plus intense que de prendre du protoxyde d’azote, la base même de votre travail de prévention est sapée.

  • Grève le 15 septembre : la CGT énergie se joint à la santé

    Grève le 15 septembre : la CGT énergie se joint à la santé

    La situation dans la santé, à l’hôpital ou en Ehpad, ne fait plus la une de l’actualité. Pourtant, la situation reste critique dans ces structures. Encore plus après l’été que les agents ont enduré, devant faire face à un afflux de patients à cause des canicules à répétition. « Il y a une journée où on a dépassé les 230 passages aux urgences, ce qui n’était jamais arrivé », confirme Romain Sabran, le secrétaire général de la CGT du centre hospitalier Alès-Cévennes.

    Mardi 15 septembre, il accompagnera une délégation d’Alès et des alentours à Montpellier pour manifester devant la préfecture. « On a toujours un absentéisme élevé, notamment dans les maisons de retraite. On est à 15-16% d’absentéisme, ce qui est bien au-dessus de la moyenne nationale. Quelques structures ont fonctionné tout l’été en sous-effectifs. Des lits ont été fermés durant l’été, notamment des lits d’ambulatoire et d’hospitalisation de jour. Des lits en pédopsychiatrie ont aussi été fermés temporairement », décrit Romain Sabran.

    Face à cette situation loin d’être isolée, la CGT appelle à se rassembler devant la préfecture entre 12h et 14h. Une délégation doit d’ailleurs être reçue par la préfète. Les agents souhaitent ainsi continuer d’alerter sur leur situation mais aussi peser dans le débat à venir sur le financement du budget de la sécurité sociale. « On a besoin d’un renfort de personnel. On demande aussi des hausses de salaires car avec le tassement des grilles, des agents se retrouvent aujourd’hui en dessous du Smic et reçoivent donc une indemnité compensatrice. Il y a aussi la question de la formation du personnel car on emploie de plus en plus de gens non qualifiés, notamment dans les Ehpad. On demande aussi l’abrogation de la fameuse taxe sur les salaires, qui est en grande partie responsable des difficultés financières des hôpitaux », liste Romain Sabran.

    Les énergéticiens

    en colère

    Les acteurs de la santé ne seront pas les seuls en grève mardi 15 septembre. Quatre organisations syndicales de l’énergie, dont la CGT, appellent également à la mobilisation. C’est un rapport de la Cour des comptes préconisant de revenir sur le tarif agent qui a mis le feu aux poudres. « Le tarif agent permet de payer 10% de l’électricité », explique la secrétaire générale de la CGT Énergie du Gard, Élodie Constantin. « Mais en contrepartie, on a des salaires qui sont inférieurs au salaire du commun des mortels. C’est un droit hérité de la création du statut de 1946. »

    Les agents sont donc appelés à se rassembler devant les préfectures. 300 d’entre eux sont ainsi attendus devant la préfecture du Gard à Nîmes. « Il y a de la colère parce qu’il n’y a pas que le tarif agent. Ils remettent aussi en question les heures supplémentaires et les astreintes alors qu’on ne peut pas s’en passer car on n’a pas assez d’agents. Si on veut supprimer les heures supplémentaires, il faut doubler les effectifs. Il y a aussi un problème de formation. On demande aussi le retour à un prix garanti car l’énergie est un bien commun », détaille Élodie Constantin.

    Une situation d’autant plus compliquée que les agents de l’énergie ont également été particulièrement sollicités face aux canicules et aux incendies. « Déjà en décembre, il y avait eu une tempête puis en janvier des inondations. Avec les canicules, nos ouvrages souffrent et il faut des agents sur le terrain. En ville, des agents vont travailler en soute et quand il fait 40 degrés dehors, il fait 60 dans la soute », conclut Élodie Constantin.

  • À Béziers, la CGT rassemblée contre la « répression syndicale »

    À Béziers, la CGT rassemblée contre la « répression syndicale »

    La CGT à NephroCare et l’union locale CGT de Béziers appellent la population à se rassembler vendredi 4 septembre pour soutenir le délégué syndical du site qui est convoqué par la direction « à un entretien préalable pouvant déboucher sur une sanction disciplinaire allant jusqu’au licenciement ». Pour la CGT, ce rassemblement est un nouvel exemple de « répression syndicale » exercée par le centre de dialyse.

    Cas de harcèlement ?

    « Après les élections de mai, la CGT est devenue majoritaire sur le site », précise Jacqueline Mirebien, l’ancienne déléguée syndicale partie à la retraite cet été. « Nous avons aussi envoyé un mail sur un danger grave et imminent car la climatisation ne fonctionnait pas. Dans les salles de dialyse, la température est montée jusqu’à 35 degrés. Il y a aussi beaucoup de turn-over et le personnel n’est parfois pas remplacé. La situation est catastrophique et pour nous, c’est tout cela qui fait que la direction a convoqué le délégué syndical. Ils veulent s’en prendre à la CGT et le meilleur moyen c’est de s’en prendre à son délégué syndical, d’autant que les autres élus sont jeunes. »

    La direction du site affirme de son côté que cet entretien fait suite à du harcèlement, la déléguée syndicale CFDT, en maladie depuis, a en effet réalisé un signalement à sa direction. Un argument balayé par Jacqueline Mirebien qui est également mise en cause par cette salariée : « C’est à la suite du CSE de mars qu’il y a eu ce signalement sauf qu’il ne s’est rien passé. La direction a diligenté un cabinet d’avocats parisiens pour faire une enquête et rendre un rapport. J’ai demandé à la direction que ce rapport nous soit envoyé avant mon départ à la retraite le 30 juin mais elle a refusé. »

  • Les pompiers occitans sur tous les fronts

    Les pompiers occitans sur tous les fronts

    Si l’inquiétude est bien présente chez les services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) du Gard et de l’Hérault, la situation reste pour l’heure calme dans les deux départements. Tous les départs de feux ont été rapidement traités évitant ainsi à la situation de dégénérer comme dans le Var ou la Gironde. Les pompiers gardois sont par exemple intervenus sur 508 feux dans le département qui ont parcouru 836 hectares, dont 450 hectares pour le seul feu de Lédenon début juillet. Depuis la première quinzaine de juillet, aucun feu important n’a ainsi été signalé.

    Après les averses du dernier week-end de juillet et un vent qui s’est calmé, le risque incendie a été revu à la baisse dans les deux départements. Plus aucune zone n’est en « risque très sévère » même si les pompiers demandent toujours la plus grande vigilance. Trois régions de l’Hérault (Escandorgue et Larzac, Gangeois et Collines du Centre Hérault) et l’ensemble du département du Gard (à l’exception du territoire de Costières Petite Camargue) sont cependant toujours placés en « risque élevé ».

    Fin juillet, ce sont aussi d’importantes fumées qui ont touché nos départements. Après vérification, les Sdis ont indiqué que ces fumées avaient été produites par le feu de Gironde à cause « des conditions climatiques (nuages bas) ». « En raison des incendies en cours en Gironde, le département est exposé à une hausse des concentrations en particules en suspension, et particules fines », ont par la suite indiqué les préfectures qui ont mis en place « des mesures d’urgence » comme la « suspension d’utilisation d’appareils de combustion de biomasse non performants et des groupes électrogènes, de l’écobuage ainsi que le brûlage des sous-produits agricoles à l’air libre ».

    Des pompiers gardois

    en Sardaigne

    Tout en poursuivant leur mission dans leur département, les Sdis 30 et 34 sont parvenus à déployer une partie de leurs moyens vers les incendies les plus inquiétants. Pour le feu de Pontevès dans le Var (aujourd’hui fixé après 750 hectares brûlés), 20 sapeurs-pompiers et 5 véhicules sont venus en renfort du Gard ainsi que 72 sapeurs-pompiers et 19 véhicules de l’Hérault.

    En Gironde et dans les Landes où le feu n’était pas fixé à l’heure où nous écrivons ces lignes, après avoir ravagé plus de 42 000 hectares, une colonne de renfort est partie de l’Hérault ainsi que 36 sapeurs-pompiers et une équipe de feux tactiques du Gard. Le Sdis 30 a également engagé deux cadres feux tactiques en Corse (où plus de 1 000 hectares sont partis en fumée près de Corte, le feu de Biguglia est maîtrisé et celui d’Albertacce est fixé) depuis le 15 juillet, rejoints depuis par 18 sapeurs-pompiers.

    Les sapeurs-pompiers gardois participent aussi à la solidarité européenne. Ainsi, une équipe de cadres feux tactiques et une équipe de soutien sanitaire ont intégré un module de sécurité civile français en Sardaigne depuis le 12 juillet, l’île italienne étant touchée par plusieurs feux depuis le début de l’été.

  • Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    Le PCF sétois célèbre les 90 ans du Front populaire

    « Un anniversaire qui résonne avec les combats sociaux et démocratiques d’hier comme d’aujourd’hui », soulignent les organisateurs de cette fête annuelle de la section sétoise du PCF.

    Le débat politique ouvrira la soirée autour de l’héritage du Front populaire et de son actualité. Parmi les invités figurent Vincent Bouget, maire PCF de Nîmes, et Raphaëlle Primet, coprésidente du groupe communiste au Conseil de Paris, qui témoignera notamment de sa participation à la Flottille pour Gaza.

    Pour Vincent Bouget, cet anniversaire intervient dans un contexte qui appelle à regarder l’Histoire sans céder aux raccourcis. « Il faut faire attention avec les comparaisons entre les moments de l’Histoire, parce que forcément tout change. On n’est jamais sur les mêmes choses. Pour autant, effectivement, on peut se dire que les années 30, par un certain nombre d’aspects, notamment les crises qui peuvent exister, les impérialismes à l’échelle de la planète et la montée de courants d’extrême droite qui prônent la recherche d’une identité renfermée sur elle-même, les divisions, une forme d’autoritarisme, qui tournent le dos à l’esprit des Lumières, tout ça fait écho à la situation qu’on a actuellement. Et sans doute que l’anniversaire du Front populaire, les 90 ans, vient rappeler le danger, mais aussi les opportunités, et ce que le Front populaire a marqué dans la mémoire collective. »

    Au-delà de son contexte historique, Vincent Bouget souligne l’héritage social laissé par le gouvernement de 1936, des avancées qui, près d’un siècle plus tard, demeurent des références dans les combats sociaux. « Le fait même de poser la reconnaissance des droits syndicaux, la réduction du temps de travail, je pense aussi à la possibilité pour tous d’avoir un temps hors du travail pour vivre, ça, ce sont évidemment des acquis fondamentaux qui marquent une rupture avec ce qui se faisait avant. » Des conquêtes qui, selon lui, continuent de structurer notre modèle social.

    Une fête fidèle

    à l’esprit populaire

    La soirée entend aussi renouer avec l’esprit des fêtes populaires qui jalonnent l’histoire du mouvement communiste. « Je pense que c’est peut-être l’esprit du Parti communiste, où il y a à la fois des repas partagés, du débat politique et de la culture. Oui, c’est généralement ce qu’on aime bien mélanger. C’est le modèle de la Fête de l’Humanité d’ailleurs, évidemment toutes proportions gardées. »

    Une dimension historique qui, selon Vincent Bouget, dépasse les seules mesures sociales adoptées en 1936. « C’est aussi la considération qui a été donnée à tous, et notamment aux ouvriers, à ceux qui ne l’avaient pas et qui étaient considérés comme des gens avec moins de droits, moins de considération », estime-t-il. Une mémoire qui reste, selon lui, particulièrement actuelle alors que les débats sur le travail, les droits sociaux et la place de chacun dans la société demeurent au cœur des préoccupations.

    À Sète, cette célébration prendra donc la forme d’un rendez-vous à la fois politique et festif, dans la continuité d’une tradition qui dure depuis 57 ans. Des rassemblements qui permettent de faire vivre une certaine conception de la politique, où la réflexion collective côtoie la convivialité et la culture. Une manière également de rappeler, à travers l’histoire du Front populaire, que les conquêtes sociales sont le fruit de mobilisations collectives.

    Après le débat, les participants pourront partager un apéro-tapas, une sardinade et une brasucade avant de se retrouver autour d’un bal populaire. La section sétoise du PCF invite les habitants à venir partager « une soirée festive, populaire et engagée, fidèle à l’esprit de fraternité qui anime cette fête depuis cinquante-sept ans ».

  • Les activités de plein air en pleine adaptation

    Les activités de plein air en pleine adaptation

    S’il y a bien quelques courageux prêts à affronter des températures tutoyant les 40 degrés, la plupart des touristes et des habitants du territoire ont délaissé les chaussures de marche ces dernières semaines. Quelques parcours plus courts et ombragés attirent toujours quelques téméraires aux heures les plus « fraîches » de la journée mais globalement, les sentiers de randonnée sont boudés depuis la première canicule fin mai.

    Une tendance que confirme Nicolas Friedli, le gérant du tout nouveau café rando à Saint-Jean-du-Gard où passe le très prisé chemin de Stevenson : « On constate une baisse sur le chemin de Stevenson même si c’est encore difficile de savoir pourquoi et ce que cette baisse représente. L’an dernier, il y avait déjà eu une amorce de baisse sur le Stevenson qui se confirme cette année même si j’ai l’impression qu’il y avait plus de monde en avril et en mai. On voit bien que quand ils arrivent, les marcheurs sont épuisés à cause de la chaleur. »

    Grimpéo, une entreprise qui propose toute sorte d’activités dans le Gard, a également abandonné les parcours d’escalade en été et s’adapte pour les autres sorties. « On essaie d’adapter les horaires. Par exemple pour les via ferrata, on les fait le matin pour qu’il fasse moins chaud sur la falaise. Ce qui est compliqué ce sont les marches d’approche des sites qui peuvent être ensoleillés ou physiques et qui peuvent durer une heure. C’est surtout le retour qui est difficile parce qu’on remonte des gorges et il y a un peu de dénivelé, mais pour l’instant, on a des réservations comme d’habitude, sauf sur la première semaine de juillet qui était plus calme », explique Élodie qui gère les réservations pour Grimpéo.

    À la recherche

    de fraîcheur

    Cet été, ce sont surtout les loueurs de kayak et de pédalo qui se frottent les mains même s’ils gardent tous un regard sur le niveau des cours d’eau. « L’eau est bonne même si avec la chaleur il y a un peu plus d’algues », explique Aziz, gérant de la base nautique de Laroque, à la frontière entre Hérault et Gard : « Comme chaque année, il manque un peu d’eau mais je m’attendais à pire parce qu’on a un débit de 2,4 m³/s, habituellement on tombe en août à 2 m³/s. On peut donc toujours descendre la rivière. Avec ces chaleurs, il y a beaucoup de monde qui vient se baigner et faire des activités parce que l’autre avantage de la rivière, c’est qu’il y a toujours un petit coin d’ombre. »

  • La Boîte à bijoux : nouvelle forme de soins au CHU de Montpellier

    La Boîte à bijoux : nouvelle forme de soins au CHU de Montpellier

    C’est la deuxième intervention au CHU de Montpellier pour la journaliste de Radio Clapas Laure Méravilles, qui s’est prise de passion pour le milieu hospitalier. « J’ai débuté en pédiatrie », explique celle qui a d’abord coordonné le projet sonore Portraits de doudous. Mêlant radio et photo, il donnait la parole aux enfants malades et à leurs doudous à travers une exposition et des podcasts. « Au moment du montage, je me suis questionnée sur ce que je devais faire des enregistrements de ceux qui n’étaient plus là. Je suis allée poser la question au service de soins palliatifs et c’est comme ça que s’est faite la rencontre », raconte-t-elle.

    Laure Meravilles s’est formée à la faculté de Médecine de Nîmes pour appréhender la relation avec les patients. « J’ai eu un coup de foudre pour la démarche et j’ai voulu décliner ce projet sonore et artistique chez les adultes », commente-t-elle. Inspirée par le récent modèle de biographie hospitalière, cette forme de thérapie où le professionnel et le patient construisent ensemble une biographie reliée remise à la famille après le décès, elle invente « l’audiographie » hospitalière. Durant plusieurs rendez-vous, Laure propose ainsi au patient de se livrer à propos d’un bijou qui lui appartient et d’évoquer un souvenir. Elle travaille ensuite avec Christelle Labrande pour construire le support photo de l’enregistrement qui sera remis à la famille du patient. « La voix enregistrée peut survivre à celui ou celle qui l’a portée », remarque Laure, qui veut faire de la voix radiophonique un lien entre le disparu et son entourage. « C’est une parole authentique, consentie et préparée par le patient lui-même. »

    Sylvie Galan, cadre de santé en oncologie à l’hôpital Saint-Éloi, a vu évoluer le projet. Très optimiste, elle le désigne comme un renforcement des soins de support, ces méthodes destinées à permettre une meilleure acceptation et prise en charge du patient et de sa pathologie. « C’est une thérapie, c’est un plus qui s’inscrit dans la globalité des soins proposés », affirme-t-elle. « C’est bénéfique pour les patients de parler à quelqu’un qui n’est pas du milieu médical, une relation de confiance se construit. Ils se sentent écoutés et valorisés », précise la cadre de santé.

    Humaniser les relations hospitalières

    Ce dispositif fait partie d’un large panel de soins narratifs proposés au CHU. Ces soins visent à placer le récit du patient et son écoute attentive au centre de la relation médicale, pour construire un lien plus humain et profondément empathique. « À mesure que le projet grandit, on élargit les sujets, les souvenirs à raconter et la conversation déborde », avoue Laure. Cette approche sur-mesure et très humaine est appréciée par les patients. « Je suis suffisamment à l’aise pour donner un bout de moi », confie Alexandra, patiente en oncologie. « Il y a le côté agréable de faire des rencontres et le côté agréable de se remémorer de jolis souvenirs » ajoute-t-elle. Lorsque Laure lui apporte son objet finalisé, elle est émue : elle l’offrira à sa fille.

    Le projet traduit l’alliance thérapeutique tissée entre les malades et les soignants dans le milieu hospitalier. C’est le cas de Jean-Luc, greffé du cœur en 2013 et aujourd’hui suivi en oncologie. Venu enregistrer sa photo sonore dans le studio de radio Clapas, il insiste sur sa reconnaissance envers le personnel qui a remplacé son cœur par un autre cette nuit du 31 décembre : « Je leur apporte un petit cadeau chaque année », assure-t-il. Jean-Luc est aujourd’hui engagé dans plusieurs associations et intervient dans les établissements scolaires pour parler de son expérience avec les professeurs des matières scientifiques. Il vient raconter ses tatouages et sa vie de greffé au micro : motard aguerri au look de rockeur, il porte une multitude de bagues sur lesquelles Laure le questionne. Cet enregistrement, il le fera pour raconter comment il a décidé de continuer à vivre, en explorant le monde sur sa moto.