Tag: 30

  • Les opposants aux maires RN du Gard tentent de garder de la voix

    Les opposants aux maires RN du Gard tentent de garder de la voix

    Trois élus dans le Gard bataillent chaque semaine face à la gestion municipale de l’extrême droite. Jérôme Jackel à Bagnols-sur-Cèze, Magali Nissard à Vauvert et Luc Perrin à Beaucaire. Le premier est un soutien de François Ruffin, la deuxième est socialiste et le troisième ne revendique aucune étiquette politique. Ils ne se connaissent pas, n’échangent pas et pourtant, ils mènent le même combat face à une extrême droite qui, en huit mois de gouvernance, s’en est pris à la culture, aux subventions aux associations et parfois aux locaux syndicaux comme à Bagnols.

    Aujourd’hui, ils se battent surtout pour faire entendre la voix de leurs électeurs qui n’ont pas abdiqué face à l’extrême droite. Mais en face, les élus RN tentent de museler l’opposition. « Lors du conseil municipal du mois de juin, Nicolas Meizonnet nous a attaqués de manière virulente sur notre gestion en disant que nous sommes des LFIstes », illustre Magali Nissard. « Le ton est monté après ces attaques. Après la levée du conseil, son directeur de cabinet a provoqué l’opposition. Physiquement, il ne s’est rien passé mais c’était très tendu. Au conseil municipal suivant, nous avons été obligés de rappeler que nous voulons exercer notre droit d’opposition dans le respect et dans le calme, que nous avons le droit de nous interroger et de poser des questions. Nous avons été élus pour cela, c’est notre devoir. »

    À Vauvert, comme à Bagnols, le maire Nicolas Meizonnet communique à tout-va sur les finances de la commune qu’il juge catastrophiques. En conseil municipal, il a par exemple présenté l’audit financier réalisé, sans communiquer les éléments au préalable à l’opposition qui n’a donc pas pu formuler de réponse argumentée. « Je vais saisir la préfecture car dans le règlement intérieur, il est noté que pour chaque délibération à connotation financière, la commission finance doit se réunir et donner son avis. Je suis membre titulaire de cette commission qui ne s’est jamais réunie puisque je n’ai jamais été convoquée », précise Magali Nissard qui va distribuer des tracts pour expliquer la situation financière de la commune.

    Deux recours déposés

    À Bagnols-sur-Cèze, Jérôme Jackel, déjà élu d’opposition face à Jean-Yves Chapelet lors du précédent mandat, connaît son rôle par cœur tout comme son règlement intérieur. « À la suite du conseil municipal du 23 septembre, j’ai engagé un recours devant le tribunal administratif de Nîmes afin de demander l’annulation du nouveau règlement intérieur. Lors de cette séance, j’avais présenté de nombreuses propositions d’amendements destinées à améliorer le fonctionnement démocratique de notre assemblée et à garantir les droits de tous les conseillers municipaux, particulièrement ceux de l’opposition. Or, Pascale Bordes a décidé de soumettre le règlement intérieur au vote sans organiser de vote distinct sur les amendements proposés. À quoi sert le droit d’amendement des élus si leurs propositions peuvent être écartées sans être soumises à la décision de l’assemblée ? », précise Jackel qui n’a pas non plus pu écrire dans le magazine municipal puisqu’aucune édition n’a été diffusée depuis l’élection de Pascale Bordes.

    Plus au sud, à Beaucaire, c’est justement la place accordée à l’opposition dans le magazine communal, sur Facebook et sur le site internet qui a fait bondir Luc Perrin. Suite au vote du conseil municipal sur le règlement intérieur le 22 juillet, l’élu d’opposition a attaqué cette délibération au tribunal administratif. Mais deux jours avant cette audience en référé prévue le 2 octobre, la municipalité beaucairoise a décidé d’annuler le règlement intérieur car « ils étaient sûrs de perdre ». « Aujourd’hui je suis sûr à 95% d’en déposer un nouveau d’ici un mois mais il faut que je sois sûr de gagner sinon c’est 1 500 euros de ma poche », explique Luc Perrin, prouvant avec cet exemple toute la difficulté du rôle d’élu d’opposition, surtout face au RN.

    Mais malgré ces obstacles et les nombreux messages haineux reçus sur les réseaux sociaux, les élus d’opposition au Rassemblement national dans le Gard n’ont pas dit leur dernier mot et comptent bien se faire entendre durant les six ou sept ans de leur mandat.

  • Le premier mémorial des harkis en France va naître dans le Gard

    Le premier mémorial des harkis en France va naître dans le Gard

    C’est un projet unique en France que porte aujourd’hui le Gard rhodanien. En effet, si le mémorial du camp de Rivesaltes aborde l’histoire des harkis, il traite aussi de toutes les populations (républicains espagnols, juifs, tsiganes, prisonniers de guerre) enfermées sur ce site. Pour la première fois en France, un site sera donc uniquement consacré à la mémoire des harkis, 64 ans après les accords d’Evian. Preuve que cette histoire reste douloureuse et finalement méconnue.

    Ce mémorial va sortir de terre à Saint-Maurice-l’Ardoise près de Bagnols-sur-Cèze, commune qui a accueilli un camp de harkis jusqu’en 1976. Construit durant la Seconde Guerre mondiale, celui-ci a accueilli les premières familles le 29 octobre 1962. Pendant plus d’une décennie, il va abriter plusieurs centaines de familles et devenir, au fil des années, un lieu de mémoire pour les descendants des harkis. Ce site va connaître un retentissement national après 2021 et la découverte d’un cimetière oublié composé de 27 tombes d’enfants. Une stèle pour rendre hommage à ces enfants a par la suite été inaugurée le 24 septembre 2024.

    Symboliquement, la Communauté d’agglomération a souhaité organiser la présentation de ce mémorial jeudi 29 octobre, soit 64 ans exactement après l’arrivée des premières familles. « Cette histoire singulière, profondément liée à notre territoire, constitue une part essentielle de notre mémoire collective », souligne Christophe Serre, le président de la Communauté d’agglomération du Gard rhodanien. « Ce mémorial s’inscrit dans notre responsabilité commune de reconnaître cette histoire, de la transmettre aux générations futures et de donner toute leur place aux témoignages de celles et ceux qui l’ont vécue. Ce mémorial dépasse la seule dimension commémorative. Il est un lieu de mémoire, de connaissance et de transmission. Un lieu ouvert à tous, permettant de mieux comprendre l’histoire singulière des harkis et de leurs familles, mais aussi d’interroger les valeurs de solidarité, de dignité et de fraternité qui fondent notre République. »

    Des baraquements reconstitués

    Après une large concertation avec d’anciens habitants, des familles et des historiens autour d’ateliers en 2024, le projet a finalement pris forme ces derniers mois. Il s’articule autour de trois lieux répartis sur 7 500m2 : une partie consacrée à l’exposition permanente, une pour la reconstitution de baraquements et la dernière pour un parcours mémoriel extérieur.

    Avant de rejoindre l’espace exposition, les visiteurs seront accueillis sur un parvis composé de silhouettes de harkis et de scènes de la vie quotidienne en photogravure sur les voiles de béton. L’exposition permanente abordera ensuite l’histoire des harkis d’une manière chronologique. Elle sera composée d’un film sur le parcours d’un enfant harki de 1962 à 1975, d’une grande frise relatant l’histoire du camp, d’archives de l’INA, de panneaux et d’écrans interactifs.

    Deux baraquements, ces abris de fortune construits dans ce camp sous-dimensionné par rapport au nombre de familles présentes et dont les fondations étaient encore présentes sur le site, seront aussi reconstitués. L’un représentera un logement avec du mobilier d’époque. L’autre s’appuiera sur « les photographies de Robert Virgitti » pour montrer une salle de classe dans l’école du camp avec là aussi « du mobilier acheté ou récupéré puis restauré : cantine en fer, poêle Godin, table en Formica, pupitres doubles d’écoliers, estrade et bureau de maître ». Enfin, le parcours mémoriel extérieur, accessible en déambulation libre, est constitué de « dix piliers de mémoire porteurs des témoignages » qui guideront le visiteur jusqu’à la stèle.

    Ce projet a été évalué à plus de 3,5 millions d’euros. Pour le financer, la Communauté d’agglomération peut compter sur un soutien de l’État (40%, soit 1,4 million d’euros), la Région (20%) et le Département (20%). La consultation des entreprises doit désormais se tenir au premier trimestre 2027 suivie de la pose de la première pierre. Les travaux doivent donc débuter l’an prochain pour une ouverture au public prévue à la rentrée 2028.

  • [Entretien] Emmanuelle Reungoat : « Le mouvement témoigne d’une vivacité démocratique »

    [Entretien] Emmanuelle Reungoat : « Le mouvement témoigne d’une vivacité démocratique »

    La Marseillaise : Assistons-nous à un retour des Gilets jaunes ?

    Emmanuelle Reungoat : Non, je ne le dirais pas comme ça. Ce que je trouve intéressant c’est la marque symbolique laissée par les Gilets jaunes et l’impact mémoriel qu’ils ont eu. C’est l’une des principales luttes qui a marqué les esprits au cours de la dernière décennie parce que c’est un mouvement qui a été fort, massif, long et qui a subi beaucoup de répression policière. C’est aussi un mouvement qui a proposé des modes d’action directs et qui avait un rapport au pouvoir assez frontal. Le mouvement des Gilets jaunes peut redescendre dans la rue mais il ne se reproduira pas de la même manière parce que c’est un mouvement singulier et très hétérogène.

    Qu’est-ce qui différencie le mouvement actuel de celui des Gilets jaunes ?

    E.R. : On a gardé en mémoire l’image d’un mouvement de ceux qui ont du mal à finir les fins de mois mais il était socialement plus hétérogène que ça. Il y avait aussi une hétérogénéité politique forte. Le mouvement actuel l’est un peu moins même s’il gagne en hétérogénéité en élargissant ses revendications. Un mouvement lycéen rejoint par des étudiants, ce n’est pas tous les jours mais c’est classique. Ces jeunes rejoints par la majorité des syndicats de travailleurs, ça l’est beaucoup moins. Mais le mouvement reste tout de même plus proche de l’univers large des valeurs de gauche, puisqu’il demande plus de services publics, plus d’État, et scande des chants antifascistes. Ce mouvement est donc plus marqué politiquement que celui des Gilets jaunes. Pour fonder un important mouvement social, il faut une désectorisation en mêlant différents secteurs professionnels. On se demande aujourd’hui jusqu’où peut aller ce mouvement.

    Les agriculteurs qui vivent une importante crise depuis plusieurs années pourraient-ils amplifier le mouvement ?

    E.R. : Les agricultures ont un traitement différencié. Il y a des mouvements que l’on va considérer comme plus légitimes que d’autres et qui ne vont pas être mobilisés par les mêmes forces politiques. Ce n’était pas non plus un corps de métier très mobilisé au moment du mouvement des Gilets jaunes. La profession a un réseau syndical professionnel qui, quand il se mobilise, a une force de frappe importante. Mais, même s’il y a eu un appel de la Confédération paysanne à rejoindre le mouvement, ce n’est pas une profession qui, historiquement, participe à la convergence. Dans le mouvement des Gilets jaunes, il y avait des secteurs professionnels très mobilisés que l’on a moins vus ou peu vu lors du mouvement actuel. Il y avait par exemple beaucoup de femmes travailleuses dans la santé, des infirmières, des aides-soignantes, des travailleuses à domicile. Je ne suis pas sûr qu’elles soient aussi présentes dans le mouvement actuel.

    Ne vit-on pas actuellement les conséquences de l’incapacité d’Emmanuel Macron de répondre aux revendications des Gilets jaunes à l’époque ?

    E.R. : Si, c’est très juste. C’est l’une des caractéristiques de ce gouvernement de se montrer incapable de se mettre en discussion avec la société civile ou avec d’autres forces sociales. D’autant que ce gouvernement a une légitimité électorale très relative depuis les dernières législatives. C’est très risqué de réduire les revendications de la population à des gestes de communication parce que le grand débat national d’Emmanuel Macron n’était pas une réponse, c’était un détournement de l’attention. Quand on fait ça, on prend le risque de saper les fondements démocratiques à savoir la croyance dans les institutions et la confiance dans les gouvernements. C’est ça que le président Macron paye aujourd’hui avec ce mouvement. Mais je trouve très positif qu’il y ait ce mouvement social très important qui se mette en place et notamment de la part des lycéens. Cela témoigne d’une vivacité démocratique. C’est plutôt une bonne nouvelle qu’une grande partie des gens croient encore en la politique pour changer la vie et pour formuler des demandes de transformation sociale.

    Comment ressortent les syndicats de cette situation ?

    E.R. : Il faudra du temps pour répondre à cette question. Le mouvement des Gilets jaunes était assez distant, si ce n’est assez méfiant, à l’égard des syndicats. C’était notamment lié aux trajectoires professionnelles des manifestants qui avaient évolué dans des secteurs où les syndicats ne sont pas présents. Dans le mouvement actuel, c’est différent, les syndicats sont au soutien des lycéens et des étudiants. L’un des effets forts des luttes sociales, c’est la mise en relation des différents acteurs qui peut perdurer dans le temps. Cela transforme les sociabilités et crée des réseaux qui peuvent se remobiliser après. Ça peut changer à bas bruit un paysage politique pendant plusieurs années.

    Comment analysez-vous la réponse policière du gouvernement ?

    E.R. : Il y a une forme de brutalisation du maintien de l’ordre qui a franchi une étape dans ce mouvement social. La réponse principale à ce mouvement est sécuritaire. Et il n’y a pas que de la répression policière, il y a aussi l’usage de l’appareil judiciaire avec beaucoup de garde à vue et beaucoup de comparutions immédiates. Les autorités utilisent aussi le droit administratif avec des restrictions de circulation, des interdictions de manifester dans certains lieux, dans certains centres-villes, etc. Tout cela est utilisé pour limiter le mouvement social et réduire les capacités de mobilisation. On franchit une étape en termes d’intensité, ce qui n’est pas du tout rassurant du point de vue de l’État de droit. Cela a deux effets : ça pousse certains à descendre dans la rue pour défendre leurs droits. Mais ça contribue aussi à la diminution du mouvement. On a beaucoup et très fortement critiqué la Pologne et la Hongrie ces dernières décennies, quand il y avait des restrictions des libertés publiques. On n’en est pas là, mais le risque est bien présent.

    Entretien réalisé par Tristan Arnaud

  • [Exposition] Le Cercle de l’avenir met Cuba sous les projecteurs

    [Exposition] Le Cercle de l’avenir met Cuba sous les projecteurs

    L’objectif c’est faire connaître la réalité cubaine et développer les liens de solidarité et d’amitié », précise Marcel Rubio. Touchés par le blocus américain qui a été renforcé ces derniers mois par Donald Trump et face au manque d’approvisionnement en pétrole, nécessaire à la production d’électricité sur l’île, les Cubains sont actuellement en grande difficulté. « À l’agression contre le Venezuela a succédé, le 29 janvier, la mise en place de facto d’un blocus énergétique sur Cuba par la Maison Blanche. Conséquence immédiate : à l’exception d’un pétrolier humanitaire russe fin mars, plus aucun pétrolier n’est arrivé sur l’île, alors qu’il en faudrait au moins sept par mois pour que Cuba fonctionne a minima », ajoute le président du Cercle de l’avenir qui s’était rendu à Cuba en 2024 alors que « la situation était déjà difficile mais il y avait du carburant donc on pouvait encore se déplacer facilement ».

    C’est donc face à cette situation que le Cercle de l’avenir de Nîmes accueille jusqu’au 15 novembre les photos de Gérard Abizanda, un artiste touche à tout, de la peinture à la sculpture en passant par l’écriture de bandes dessinées. Cette exposition est issue d’un voyage réalisé en 2014. Les photos de Gérard Abizanda, dont une partie de sa famille vit à Cuba, mettent en lumière les habitants, les paysages, l’architecture et la vie quotidienne des Cubains sur leur île.

    Aider Cuba Coopération

    Tous les bénéfices de cette exposition seront reversés à l’association Cuba Coopération. « Après l’envoi de deux conteneurs de matériel médical en juillet, le Parti communiste appelle à organiser des actions d’informations et de solidarité partout en France. Au Cercle de l’Avenir nous répondons à cet appel aujourd’hui certes, mais c’est aussi depuis plusieurs années que nous travaillons avec Cuba Coopération pour continuer à tisser des liens de solidarité et d’amitié avec le peuple cubain », conclut Marcel Rubio.

    * 25 rue Nicot, Nîmes

  • À Bagnols, la situation entre la Mairie et la CGT se tend

    À Bagnols, la situation entre la Mairie et la CGT se tend

    La nouvelle maire d’extrême droite de Bagnols-sur-Cèze avait-elle envisagé une telle passe d’armes avec la CGT ? Rien n’est moins sûr. Tout a commencé avec la volonté de Pascale Bordes (RN) de récupérer avant le 30 novembre les locaux de Mendès-France où sont logés quatre syndicats et six associations.

    Les syndicats et responsables associatifs concernés ont tenu un point presse lundi 19 octobre pour réaffirmer leur refus de quitter leurs locaux et se disent prêts à engager un bras de fer avec la municipalité. Ils lui ont d’ailleurs écrit à plusieurs reprises pour demander la présentation du projet pour les locaux de Mendès-France qui justifierait leur départ. Aucun plan n’a été présenté en conseil municipal, mais Pascale Bordes a précisé auprès de Midi Libre qu’elle souhaitait rassembler ici des services municipaux éclatés sur plusieurs sites, et peut-être y installer les locaux de la police municipale, signe que rien n’est encore décidé.

    En parallèle, la CGT a lancé une campagne pour informer la population de cette décision et des conséquences qu’elle pourrait avoir, à la fois pour les travailleurs mais aussi pour les adhérents des associations concernées.

    Contre le travail

    du dimanche

    La municipalité a également consulté les organisations syndicales pour l’ouverture des commerces quinze dimanches par an, dont dix pour les commerces de grande distribution et cinq pour les concessions automobiles. « L’Union locale CGT du Gard rhodanien a émis un avis défavorable à l’ensemble des propositions », précise le syndicat qui rappelle que le repos dominical est un droit arraché en 1906 et que les ouvertures le dimanche favorisent avant tout les grandes enseignes au détriment des commerces de proximité. « À Bagnols, les inquiétudes s’accumulent : départ possible du cinéma, recul des ambitions pour la Pyramide, incertitudes sur la poursuite du partenariat Ville-Département autour du musée Albert-André… À force de fragiliser tout ce qui faisait la vie de notre cité, que restera-t-il à ses habitants, sinon des commerces ouverts plus longtemps avec un pouvoir d’achat en baisse constante ? », interroge la CGT.

  • À Nîmes, les femmes de chambre en grève depuis plus d’un mois

    À Nîmes, les femmes de chambre en grève depuis plus d’un mois

    Après un pique-nique solidaire devant l’Imperator le 15 octobre dernier, les femmes de chambre ont reçu le soutien de 3 000 personnes le 17 octobre. En effet, pour la journée de mobilisation, le cortège nîmois s’est arrêté devant l’hôtel de luxe pour marquer son soutien à leur combat. « Cette mobilisation montre que les enjeux de rémunération, de pénibilité, d’effectifs et de conditions de travail dépassent le seul cadre de l’établissement. Après plus d’un mois de mobilisation, les témoignages de solidarité toujours plus nombreux renforcent la détermination des femmes de chambre à poursuivre leur combat », souligne David Goslin, le délégué syndical CGT de l’Imperator qui accompagne cette mobilisation depuis le début. Une caisse de grève, via notamment une cagnotte Leetchi*, a également été ouverte pour les soutenir, avec déjà de nombreux dons.

    Déjà en grève durant l’été, les femmes de chambre se sont à nouveau mobilisées à partir du 18 septembre, souhaitant que cette grève en pleine feria fasse plier la direction. Elles réclament notamment une « revalorisation salariale du taux horaire brut de 12,31 à 13,17 euros » (soit 86 centimes de l’heure), des effectifs « adaptés à la charge réelle de travail », des temps de nettoyage « réalistes » et des équipements « ergonomiques adaptés » ainsi qu’une « meilleure prévention des troubles musculosquelettiques et la reconnaissance de la pénibilité de leurs métiers ».

    Après plus d’un mois de grève et de débrayages, la direction n’a consenti qu’à tenir deux réunions de négociations qui n’ont pas permis d’entériner un accord. « Cette absence de nouvelle rencontre constitue une préoccupation majeure », précise David Goslin.

    L’inspection du travail saisie

    Depuis le début du mouvement, la CGT dénonce les actions de la direction, qu’elle accuse de vouloir contourner le droit de grève de ses salariés d’abord par l’embauche de personnels en CDD aux premières heures de la grève puis en faisant appel à « des personnels cadres du siège du groupe Centaurus dans les activités d’entretien des chambres de L’Imperator ». La CGT dénonce notamment que cette nouvelle organisation ait été décidée « sans information ni consultation préalable du CSE ».

    David Goslin a d’ailleurs saisi à plusieurs reprises l’inspection du travail à ce sujet. La dernière saisine date du lundi 19 octobre : « La CGT considère que le recours répété à des cadres du siège pour effectuer l’entretien des chambres alors que les salariées du service sont en grève nécessite un examen attentif. Il appartiendra à l’Inspection du travail d’apprécier les faits signalés », précise-t-il.

  • [Entretien] Pascal Rousson : « Prévue en 2026, la réouverture complète de la ligne de la rive droite du Rhône est décalée à 2031 ou 2032 »

    [Entretien] Pascal Rousson : « Prévue en 2026, la réouverture complète de la ligne de la rive droite du Rhône est décalée à 2031 ou 2032 »

    La Marseillaise : Rappelez-nous pourquoi la ligne est actuellement fermée en semaine ?

    PR : Elle est fermée depuis le 16 mars 2026 à cause de travaux de régénération de la voie, c’est-à-dire de gros travaux sur les rails et le ballast. Ce sont des travaux indépendants de la réouverture de la ligne qui se font tous les 40 ans. C’est un investissement réalisé par SNCF Réseau de 230 millions d’euros. La ligne sera fermée jusqu’au mois de juin 2027. Après plus d’un an de fermeture, nous craignons que la ligne soit à nouveau fermée parce qu’il faut réaliser des travaux d’aiguillage. Il semblerait qu’une fermeture partielle soit envisagée mais ce n’est pas encore sûr. Je ne comprends pas pourquoi ces travaux ne sont pas réalisés actuellement.

    Quand la ligne de la Rive droite du Rhône a rouvert, tous les travaux devaient se terminer en 2026. Comment a évolué le calendrier ?

    PR : Il a pris énormément de retard. On est passé d’une réouverture complète prévue en 2026 à une réouverture décalée à 2031 ou 2032. La mairie de Villeneuve-lez-Avignon vient de voter le budget pour son Pôle d’échanges multimodal (PEM). L’ouverture de cette gare est prévue pour décembre 2027, après des travaux sur les quais et les passerelles. En septembre 2027, les travaux de la gare de Roquemaure débutent pour une réouverture en décembre 2028. Des travaux ont également commencé ce mois-ci sur la gare du Teil (en Ardèche, Ndlr). Aujourd’hui, les trains montent au Teil à vide pour effectuer leur retournement. Ils transporteront des voyageurs dès l’an prochain. Une enquête publique environnementale a également débuté sur le bas de la ligne, entre Nîmes et Villeneuve-lez-Avignon, qui va durer deux ans. Celle-ci va valider la suite des travaux.

    Quels sont ces travaux prévus ?

    PR : Ce sont les travaux sur les gares de Marguerittes, Remoulins et Aramon pour créer des passerelles. L’enquête devrait se terminer en 2028 et j’espère que les travaux débuteront l’année suivante. Les réouvertures de ces gares devraient ensuite s’étaler à partir de 2030. L’ouverture de la dernière gare, celle de Laudun-L’Ardoise, est prévue en 2032. En 2029, Pont-Saint-Esprit devrait aussi être un terminus où les trains pourront se retourner, ce qui évitera de monter jusqu’au Teil. Ça va permettre de gagner du temps pour avoir des horaires intéressants pour les gens qui travaillent et pour les étudiants.

    Comment expliquez-vous que le calendrier ait pris autant de retard ?

    PR : Il y a plusieurs raisons. Il y a des contraintes de procédure administrative, qui sont très longues. Le cahier des charges a aussi changé entre-temps. Par exemple, il va y avoir des travaux sur tous les passages à niveau pour les sécuriser entre Nîmes et le Teil alors qu’initialement on espérait qu’il n’y ait des travaux que sur les passages à niveau près des gares. Il y a aussi eu les travaux de régénération de SNCF Réseau, qui ont été décalés dans le temps à plusieurs reprises et qui nécessitent, à un moment donné, d’être réalisés. Mais, le problème, c’est surtout le budget. Car je rappelle que le financement de la partie ferroviaire est assuré à 100% par la Région. Et la Région a eu, en trois ans, 400 millions d’euros de dotation de l’État en moins. Donc forcément, le budget est étalé sur plusieurs exercices.

    Votre regret, c’est surtout que ces travaux interrompent une dynamique, puisque la ligne enregistrait un nombre croissant de voyageurs depuis sa réouverture…

    PR : Oui, chaque année depuis trois ans, le nombre de voyageurs augmentait parce que cette ligne répond à un besoin sur un territoire industriel comme le Gard rhodanien. Elle répond aussi à la demande, parce qu’avec le prix de l’essence qui explose, c’est une manière de faire des économies. Face au dérèglement climatique, les gens veulent aussi de plus en plus de mobilités douces. Donc les chiffres augmentent alors que la dernière année, on a eu quasiment 20% de suppression de trains à cause du manque de conducteurs.

    L’augmentation de la fréquence de passage des trains reste l’autre combat que vous menez. Combien d’allers-retours à terme sont-ils prévus ?

    PR : Aujourd’hui, on n’a que cinq allers-retours. À terme, au moment de l’ouverture complète, il doit y avoir environ 10 allers-retours. Entre le PEM de Villeneuve-les-Avignons et les ouvertures de Marguerittes et Remoulins, les chiffres vont exploser. Marguerittes sera à 8 minutes de Nîmes et Remoulins à 12 minutes. Aujourd’hui, on demande surtout que les études soient compactées pour gagner du temps et qu’il y ait bien des conducteurs sur chaque train à la réouverture.

  • La décharge oubliée du Gard depuis 12 ans

    La décharge oubliée du Gard depuis 12 ans

    À l’image des déchets désormais recouverts, certains n’ont pas vraiment intérêt à ce que le sujet de la décharge de Saint-Martin-de-Valgalgues ressorte de terre. En 2014, ce dossier avait pourtant connu un tournant qui semblait décisif. De l’amiante avait été découvert sur les parcelles jouxtant cette décharge et l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) avait alors ouvert une enquête. Mais depuis, la justice n’a donné aucune information sur la moindre avancée dans ce dossier.

    France nature environnement, qui a organisé du 7 septembre au 7 octobre une grande campagne nationale pour recenser les décharges sauvages oubliées sur tout le territoire national, a mis celle de Saint-Martin, au nord d’Alès, en lumière. « Avec 500 000 m3, elle est hors norme », prévient Rémy Coulet de la FNE-Ocmed. « En plus, elle n’a jamais été reconnue en tant que décharge, puisqu’elle a été réalisée au motif fallacieux de constituer le merlon. On a accumulé là tous les déchets de façon irrégulière, en contradiction avec toutes les règles concernant le stockage des déchets. »

    Sujet explosif pour Alès agglomération

    En réalité, ce sujet inquiète depuis les années 2000. Devant les nuisances sonores du pôle mécanique ouvert en 1999, un merlon, présenté comme un mur anti-bruit, est proposé. En 2002, les premiers dépôts commencent et vont s’accélérer à partir de 2005. Les déchets provenant de l’ancien hôpital, de la maison de retraite d’Alès ou des tribunes de l’ancien stade Pibarot sont par exemple déposés ici. « Toutes les ruines des travaux qui étaient faits aux alentours d’Alès étaient déposées dans ce mur anti-bruit », rappelle Alain Martin, ancien employé municipal de Saint-Martin et membre de l’association Clarté et Démocratie, qui avait alerté dès 2007, avec plusieurs riverains, sur la nature des matériaux déposés.

    L’Oclaesp diligente alors une enquête : sur « les 13 prélèvements, 10 fois ils sont tombés sur de l’amiante à 50cm de profondeur ». Une phase d’enfouissement est alors déclenchée pour recouvrir tous les matériaux laissés pendant plusieurs années à l’air libre. En 2013, malgré l’avis défavorable du commissaire enquêteur, le maire UMP de l’époque Alain Marrot, a tout de même fait voter une modification du plan local d’urbanisme permettant de valider a posteriori la création de ce mur anti-bruit. Sauf que l’année d’après, le tribunal administratif de Nîmes a invalidé cette délibération et condamné la municipalité à verser 1 200 euros aux plaignants. Pour le nouveau maire Claude Cerpédès (PCF) et les riverains, cette décision confirme le caractère illégal de la décharge. Sauf qu’après cette décision, la justice n’a plus jamais communiqué sur les suites du dossier.

    « Ce dossier est en train de s’enliser », regrette Rémy Coulet. « Lucie Pialat, une riveraine qui a été par la suite première adjointe, a déposé plainte. La mairie s’était aussi constituée partie civile. S’il n’y a pas de procès et pas de condamnation, c’est révoltant et c’est la place à l’impunité parce que les protagonistes sont parfaitement identifiés. Suite à notre campagne, Lucie Pialat a demandé au tribunal d’Alès la communication du dossier d’enquête et a aussi relancé la procureure générale de la cour d’appel de Nîmes. »

    Et Alain Martin d’abonder : « C’est un scandale écologique et financier. Tout ça était organisé par l’Agglomération. L’enquête devra identifier tous les responsables mais on connaît aussi les transporteurs qui sont venus déverser ici. »

  • Christine Portero-Espert s’installe au Vigan

    Christine Portero-Espert s’installe au Vigan

    Après le traditionnel dépôt de gerbe au monument aux morts et un bref échange avec la presse, Christine Portero-Espert a rencontré une bonne partie des maires réunis pour l’occasion dans la cour de la sous-préfecture du Vigan (où aucun sénateur ni le député de la circonscription n’était présent).

    Face aux élus locaux, la représentante de l’État a retracé son parcours et ses souvenirs de jeunesse passés dans la région lors d’un stage de tennis ou de ses « premiers pas de ski de fond sur le Mont Aigoual ». Surtout, la nouvelle sous-préfète a insisté sur sa « disponibilité » et sa « détermination ». « Je veux être une sous-préfète dans la proximité, dans le concret pour faire avancer les choses. Il faut envoyer des signaux positifs à nos concitoyens », a-t-elle insisté.

    Cette mère de deux grands enfants a passé la quasi-totalité de sa carrière au ministère de la Santé après avoir décroché une maîtrise scientifique à l’université de Montpellier. Pendant près de trente ans, elle a occupé différents postes à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales puis à l’ARS (Agence régionale de santé) où elle s’est spécialisée dans les inégalités d’accès aux soins. Une expérience très utile sur ce territoire où le sujet de la maternité de Ganges devrait ressurgir rapidement.

    Directrice de projet du plan de résilience pour l’eau des Pyrénées-Orientales jusqu’à sa nomination au Vigan, Christine Portero-Espert devra également rapidement s’emparer de ce sujet alors que le dérèglement climatique se fait de plus en plus sentir dans les Cévennes où une partie des agriculteurs manque d’eau l’été. « Tous les territoires sont différents donc je ne peux pas transposer ce qui a été fait dans les Pyrénées-Orientales dans cet arrondissement mais clairement c’est une expérience qui m’a permis d’acquérir des outils, des manières de fonctionner et des projets qui me sont intimes. C’est une boîte à outils qui va m’être très utile pour travailler ces questions de sécurisation », explique-t-elle tout en soulignant qu’il faudra « trouver des solutions dans des délais acceptables et dans la réalité économique du moment ». « C’est l’une de mes priorités », confirme-t-elle.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « On ne sait jamais quand la cocotte-minute va péter »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « On ne sait jamais quand la cocotte-minute va péter »

    La Marseillaise : Comment sentez-vous le contexte social alors que les prix des carburants continuent d’atteindre des sommets ?

    Serge Ragazzacci : On a l’impression d’être dans une cocotte-minute. La mobilisation lycéenne est d’autant plus forte que la réponse du gouvernement, dès les premiers jours, a été d’une extrême violence. Forcément, ça a levé un mouvement de protestation qui est légitime. Il y a eu beaucoup d’émotions vis-à-vis des images qui ont pu circuler. Mais au-delà de cet épisode, ça fait un moment qu’on est dans une cocotte-minute et on ne sait jamais à quel moment elle va finir par péter, parce qu’on a une crise sociale extrêmement importante avec une question en particulier du pouvoir d’achat. Notre société est en souffrance, elle vit mal. Et on a un gouvernement qui a maltraité l’ensemble des institutions, des syndicats et qui fait preuve d’autoritarisme. Cela crée les conditions de mouvements sociaux qui ont parfois du mal à émerger car les sujets de mécontentement sont extrêmement nombreux, et il y a parfois du mal à trouver les lignes de convergence. Mais aujourd’hui, le gouvernement est sous pression, puisque les sujets que les jeunes portent sont aussi les sujets que nous avons portés le 29 septembre, en particulier sur l’avenir des services publics. Ce n’est pas un hasard que le mécontentement se fasse sentir en ce moment car nous sommes en plein débat sur le budget de l’État. Qui prévoit, pour l’instant, d’accroître les difficultés du service public.

    Cette situation est-elle inédite en France ?

    S.R. : C’est un peu inédit dans le sens où il y a un ras-le-bol général face à une situation qui est devenue catastrophique pour une bonne partie des Français. Les moments de ras-le-bol général ont toujours rencontré des mouvements sociaux. Ce qui est surtout inédit, c’est la brutalité avec laquelle le gouvernement a répondu aux premiers blocages des lycéens. Tout le monde a été surpris par la démesure de la répression policière. Nous sommes dans un temps d’extrême pression, sur fond de crise sociale, avec un gouvernement qui ne veut rien entendre aux douleurs que peuvent ressentir les travailleurs et les retraités et qui continue à vouloir leur faire les poches. Tout cela sur fond de crise démocratique, avec la perspective des élections présidentielles et une extrême droite qui n’a jamais été aussi haute.

    À la CGT, appelez-vous à élargir le mouvement lycéen ?

    S.R. : Le mouvement lycéen a sa propre vie, son autonomie, et nous, on respecte ses choix. On voit bien comment le pouvoir a essayé de faire croire que ce mouvement était récupéré par les uns ou par les autres. Si c’était si simple, on y aurait pensé avant. Mais ça a permis de noyer le débat pendant des jours et de ne pas s’interroger sur les raisons de cette colère dans la jeunesse. C’est important que le mouvement reste dans les mains des organisations lycéennes, même si elles sont faiblement représentées. Nous, on essaie de répondre à leurs sollicitations.

    Beaucoup de gens sont descendus dans la rue pour être auprès de la jeunesse et c’est une bonne chose. Mais la meilleure manière de préparer un avenir à notre jeunesse c’est de se mobiliser pour nos salaires, nos conditions de travail, l’accès à l’emploi etc… C’est pour cela qu’il y a la date du 5 novembre, qui est la suite de ce qu’on a construit le 29 septembre sur la fonction publique. Cette fois-ci, c’est une journée de grève et de manifestations interprofessionnelles, en particulier sur les questions de salaire et de pouvoir d’achat, sur les questions de services publics, d’emploi et aussi sur l’industrie, puisqu’il y a beaucoup de licenciements en cours. C’est une date de convergence qu’on a besoin de réussir pour venir en appui à la jeunesse.

    Appelez-vous aussi à la mobilisation avec les Gilets jaunes le 17 octobre ?

    S.R. : On a un peu de mal à voir quelles sont les revendications pour cette journée. La position nationale est la suivante : s’il y a des choses qui peuvent correspondre à notre cahier revendicatif, on pourra y participer. Mais pour nous, le syndicalisme se passe dans les entreprises où nous avons beaucoup de sujets avec notamment les questions de salaire et de pouvoir d’achat. Il n’y a pas un jour sans que les gens se plaignent du prix de l’essence, de l’électricité ou du prix du chariot quand on va faire ses courses. Notre responsabilité aujourd’hui, c’est donc de faire entendre ce mécontentement, de le transformer en revendication et d’aller pousser le gouvernement, mais aussi le patronat, dans leurs retranchements. Aujourd’hui, la colère, comme souvent, est dirigée contre le gouvernement, mais elle oublie le patronat alors que les entreprises du CAC 40 ont dégagé au premier semestre plus de 60 milliards de dividendes, ce qui est un record. La France est championne du monde du reversement de dividendes. Ce n’est donc pas vrai que notre pays est en ruines.

    Quelles sont les mesures d’urgence que vous réclamez pour répondre à la crise ?

    S.R. : D’abord le blocage immédiat des prix des carburants. Mais il n’y a pas que le carburant, nous demandons aussi le passage de la TVA à 5,5% sur l’électricité et le gaz. Du côté des mesures sociales, nous demandons, face à une inflation estimée entre 3 et 4%, d’augmenter le Smic à 2 200 euros bruts. On demande aussi le dégel du point d’indice. Le problème de la France, c’est que la consommation est en berne parce que les gens n’ont plus les moyens. On demande aussi un contrôle sur les 211 milliards d’aides publiques et d’exonérations sociales pour les entreprises. Malgré un rapport sénatorial, rien n’a été fait sur ce sujet. Aujourd’hui, on a donc toutes les raisons de se mobiliser et on va tout faire dans les jours et les semaines qui viennent pour inscrire la plus grande mobilisation possible.