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  • Un potentiel d’un million de m3 d’eau réutilisée pour la Camargue

    Un potentiel d’un million de m3 d’eau réutilisée pour la Camargue

    Pour l’heure, l’étude, dont les premiers résultats ont été présentés début février 2026, n’est pas encore rendue publique et reste dans les tiroirs des élus de la communauté de communes de Terre de Camargue. Lancée sous la présidence de Robert Crauste, elle doit désormais être analysée par les nouveaux élus de la communauté de communes.

    Car avec la défaite de Robert Crauste (DVC) battu par Charly Crespe (DVD) aux dernières élections municipales au Grau-du-Roi, l’intercommunalité, composée également d’Aigues-Mortes et de Saint-Laurent-d’Aigouze, a vu son conseil renouvelé. C’est le maire de cette dernière, Thierry Féline (DVD), jusqu’ici en charge du développement économique, qui a récupéré la présidence et devra prochainement se prononcer sur les investissements à réaliser pour une gestion durable de l’eau.

    Comme un peu partout en Occitanie, la ressource en eau se raréfie en Terre de Camargue sous l’effet du dérèglement climatique. Au-delà des questions agricoles et de la préservation des milieux naturels, ce sont les enjeux d’approvisionnement en eau liés à l’afflux touristique qui sont étudiés. En effet, la population du Grau-du-Roi est multipliée par 14 durant la période estivale, passant de 8 500 habitants l’hiver à 120 000 l’été. Pour répondre à ces besoins, la collectivité assure l’ensemble du cycle de l’eau : alimentation en eau potable, assainissement collectif et non collectif, collecte des eaux pluviales et protection des milieux aquatiques.

    C’est donc dans ce contexte que la communauté de communes a lancé une étude pilotée par le bureau d’études Ecofilae associé à BRL Ingénierie afin de mener un projet de réutilisation des eaux usées traitées (REUT). Ce projet n’est d’ailleurs pas nouveau : les communes du territoire réfléchissent à la manière de réutiliser les eaux usées depuis 2007.

    Résultats encourageants

    Cette étude s’appuie donc sur la station d’épuration
    intercommunale du Grau-du-Roi, capable de traiter l’équivalent de 100 000 habitants. Aujourd’hui, elle rejette ses eaux traitées vers des lagunes avant leur arrivée en milieu naturel. Si l’étude dresse un bilan des usages actuels, domestiques et agricoles, elle identifie aussi des scénarios possibles de réutilisation des eaux usées traitées en sortie de station.

    Les résultats, jugés comme un « potentiel intéressant », dessinent un scénario où il serait possible de réutiliser 200 000 m³ d’eau par an pour l’irrigation agricole. Jusqu’à un million de m³ est même envisagé pour des usages plus larges, dont potentiellement des usages liés à l’eau potable. Cela représente ainsi près de 30% de la consommation en eau du territoire. « Ce serait alors une première en France si ce scénario était poursuivi », souligne l’étude. La station graulenne pourrait ainsi réutiliser jusqu’à 40% de l’eau qu’elle traite (2,5 millions de m³). Une prouesse d’autant plus prometteuse que l’un des facteurs locaux à prendre en compte reste la salinité de l’eau, qui demande un traitement différent.

    Si les coûts d’un tel projet n’ont pas encore été dévoilés – ce qui devrait être déterminant dans la décision pour engager des investissements -l’intercommunalité confirme que cette étude « permet de juger des opportunités, des contraintes techniques, des coûts et des bénéfices d’une telle stratégie » afin « d’anticiper et de préparer des solutions robustes face à des tensions sur la ressource, tout en respectant les équilibres environnementaux et les usages locaux ».

  • Deux organisateurs du teknival interpellés

    Deux organisateurs du teknival interpellés

    Piégée par les festivaliers qui sont parvenus à organiser le teknival du 6 au 9 juin dans l’Hérault à la frontière avec le Gard malgré le déclenchement du plan « rave bleu », la préfecture de l’Hérault a tenté d’afficher une image de fermeté mercredi 10 juin.

    Lors d’un point presse organisé par Chantal Mauchet, la préfète, et le colonel Frédéric Schneider, commandant en second du groupe de gendarmerie, le détail de la répression de cette rave party illégale a été détaillé. Ainsi, 160 gendarmes par jour ont été mobilisés pour empêcher d’autres festivaliers d’accéder au site. 4 525 personnes et 1 812 véhicules ont été contrôlés à l’arrivée ou à la sortie du teknival. L’opération a donc coûté 105 000 euros à l’État, assure la préfète.

    457 amendes forfaitaires ont ainsi été dressées, non pour la participation à cette fête géante mais pour détention de produits stupéfiants, détention d’armes blanches ou défaut d’assurance. 1 111 infractions au code de la route ont également été recensées pour « non-respect de l’arrêté préfectoral notamment ». Deux organisateurs ont été identifiés, interpellés et entendus pour l’organisation sans déclaration préalable d’un événement festif. Une quinzaine d’enceintes ainsi qu’un groupe électrogène ont aussi été saisis mais la sonorisation principale n’a pas pu être retrouvée dans son intégralité. Les pompiers sont également intervenus une dizaine de fois pour des malaises ou pour des chutes.

    L’autre point noir de ce teknival a été l’altercation survenue entre un riverain et plusieurs festivaliers. Ceux-ci ont tambouriné à sa porte en pleine nuit, ont tenté de pénétrer chez lui et se sont même baignés dans sa piscine. Après une bousculade, ils seraient aussi partis avec sa canne. « Quand on a appris cette histoire, on a essayé de retrouver ces personnes », raconte un organisateur. « Mais c’était impossible de savoir qui c’était. On a décidé de lancer une petite cagnotte entre nous pour lui renvoyer une canne. »

    Des propriétaires ont également déposé plainte, a annoncé Chantal Mauchet. Les communes concernées pourraient également saisir la justice dans les prochains jours. La préfète a par ailleurs annoncé qu’elle se constituerait partie civile pour obtenir le remboursement des moyens engagés.

  • Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Ils sont nombreux à descendre, à pied, en voiture ou en camion, du Causse du Mas neuf, entre Claret et Ferrières-les-Verrerie, vers Pompignan en ce lundi 8 juin. Yeux fatigués mais sourire aux lèvres, certains se sont effondrés sur les bancs publics pour reprendre quelques forces. Ces fêtards ont participé au teknival « Tankarville, la riposte des chaussettes sales ». « Je suis un passionné de musique et de fête. Il faut vraiment venir sur place pour comprendre l’ambiance », explique Nicolas*, un jeune d’une vingtaine d’années qui a déjà participé à des free parties un peu partout en Europe.

    Ce rassemblement illégal a débuté au petit matin du samedi 6 juin. Dans un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre après que la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet avait déclenché le plan « rave bleu », les festivaliers ont brouillé les pistes toute la nuit. Des centaines de voitures et camions s’étaient en effet rassemblées au nord de l’Hérault et dans le sud du Gard, avant de se rejoindre à Ferrières-les-Verreries vers 4 heures du matin. Sonos, amplis, scènes, château gonflable ont ainsi été rapidement installés. 160 gendarmes ont alors été dépêchés sur place et ont fermé les routes départementales pour empêcher l’accès au site (même aux journalistes !).

    Rassemblement antifa

    Pour accéder au teknival, il a donc fallu déposer sa voiture en bord de route et emprunter à pied les chemins dans la garrigue pendant près d’une heure. « Je l’ai fait samedi matin, à 5 heures du matin, en pleine nuit », témoigne un participant, tatoué de la tête aux pieds, une tente sur le dos, qui confirme avoir aidé d’autres festivaliers à sortir leur camion du fossé. Si la préfecture annonçait avoir contenu le rassemblement à 2 000 personnes, beaucoup estimaient plutôt le nombre de participants à 5 000.

    Guidé par la musique, il faut donc traverser des zones boisées pour apercevoir les premiers camions. Mais avant d’arriver, une voix résonne dans la forêt : « Si tu peux faire le tour, ici c’est une zone Natura 2000. » Max*, deux sacs-poubelles à la main ramassent tous les papiers toilettes de la zone. « Ce n’est pas le plus marrant mais on tient à laisser la zone propre. » Proche de l’organisation, Max s’est porté volontaire pour le bar et pour nettoyer le site. « La tuile ici c’est la zone Natura 2000. Mais on a rencontré un responsable du site avec qui on a pu échanger. Après, nous avons mis de la rubalise pour empêcher les gens de venir sur cette zone. Il y a aussi une petite fleur jaune qui est protégée donc on a essayé d’en parler, nous avons mis des photos au bar pour que les gens fassent attention. Après la fête, des équipes vont revenir sur le site pour nettoyer », explique-t-il sous le bourdonnement d’un drone qui surveille la zone.

    Participant à des free-parties depuis vingt ans, Max avait levé le pied ces dernières années mais a décidé de revenir face la nouvelle répression policière : « C’est un événement antifasciste et celui-ci avait un vrai message : nous nous opposons à la répression policière et à la loi que le gouvernement tente de passer parce qu’il est inconcevable que des gens aillent en prison pour avoir fait de la musique. » Pendant les trois jours de fête, la culture prônée par les organisateurs, qui se sont appuyés sur de la musique mais aussi du théâtre, des sculptures (dont l’une de 5 mètres de haut ou une autre appelée « la machine à laver les mascu ») et des feux d’artifice, arborait le message d’une opposition à la criminalisation des organisateurs portée par la loi Ripost. Tous reprenaient ainsi le slogan : « Sous les paillettes, la rage. »

    Au-delà de la répression, les teuffeurs voulaient aussi défendre un art de vivre qui s’extrait de la société consumériste et du capitalisme.

    * Les personnes interrogées souhaitaient rester anonymes.

  • Barjac m’en chante : un festival toujours plus ouvert

    Barjac m’en chante : un festival toujours plus ouvert

    Toujours soutenu par les collectivités, Barjac m’en chante porte la chanson française dans le nord du Gard. Dans un contexte où la culture est attaquée par les mairies d’extrême droite et où les subventions fondent comme neige au soleil dans de nombreux départements, le festival garde son identité et revendique sa capacité à ouvrir les consciences. « J’ai vraiment la chance d’être dans un endroit très privilégié car on est très soutenus par nos tutelles publiques. Par les temps qui courent, c’est assez rare », confirme Julie Berthon, directrice artistique du festival. « Maintenant, il faut que nous arrivions à donner envie au public de venir, de susciter la curiosité, de bien montrer que ce n’est pas un festival qu’on fait entre nous. La chanson est un vecteur populaire donc il faut franchir le premier pas pour ceux qui ne connaissent pas, et à coup sûr, ils reviendront. »

    Pour confirmer ce pari cette année, Julie Berthon s’est appuyée sur une programmation toujours aussi riche avec 30 concerts prévus tout en gardant les changements opérés ces dernières années qui ont bien fonctionné comme la dernière journée organisée exclusivement sous le chapiteau avec un concert surprise suivi d’un concert debout.

    Une édition féminine

    Côté programmation, c’est donc Vincent Dedienne qui ouvrira la première soirée samedi 25 juillet. L’acteur et humoriste, vainqueur de deux Molières de l’humour pour ses spectacles, s’est en effet essayé à la chanson en sortant un album l’an dernier intitulé Un lendemain soir de gala. « La démarche de Vincent Dedienne s’inscrit parfaitement dans l’histoire de Barjac m’en chante. Avec lui, la chanson a plein d’affinités avec le théâtre, avec l’écriture, avec la poésie. Cela montre aussi qu’il n’y a pas de frontières et que la chanson, c’est un moyen d’expression comme un autre. Vincent Dedienne parle beaucoup entre les chansons en y emmenant tout son savoir-faire d’homme de théâtre », précise Julie Berthon. Pour cette soirée d’ouverture, il sera accompagné de l’autrice compositrice et bassiste franco-québécoise, Marion Cousineau, qui allie chanson et slam.

    La directrice artistique du festival est aussi très fière pour cette 31e édition d’avoir pu composer une « programmation féminine » : « Il y avait la volonté d’arriver au moins à la parité concernant les artistes principaux. Mais l’équilibre homme-femme chez les musiciens est une catastrophe. Les femmes sont encore nettement minoritaires et ça va encore mettre des années avant que les musiciennes se sentent légitimes. »

    Lundi 27 juillet, Romain Didier, un habitué du festival, partagera la scène avec Alissa Wenz, « une chanteuse que j’aime beaucoup », reconnaît Julie Berthon. « Elle est aussi autrice, puisqu’elle a déjà écrit deux romans, dont un qui est paru assez récemment et que je conseille à tout le monde, qui s’appelle “Le désir dans la cage” ». La veille, Nicolas Moreau propose un spectacle original en reprenant les chansons les plus populaires du cinéma.

    Mardi 28 juillet, c’est au tour d’Hélène Piris d’occuper l’espace Jean-Ferrat, pour un spectacle engagé qui révèle l’absurdité de notre monde ultra-libéral et capitaliste. Cette critique se poursuivra avec le groupe « Les Goguettes, en trio mais à quatre », qui s’est fait connaître sur internet avec des reprises très politiques. Le 29, le double plateau accueillera l’univers musical et poétique de Louise O’sman puis le groupe Bonbon Vaudou, qui chante en français et en créole. « C’est une petite entorse mais on reste dans la francophonie. Je suis vraiment très contente qu’on ouvre tous nos oreilles à ces chansons », explique Julie Berthon.

    En plus de cette programmation d’artistes connus et reconnus, dix artistes « découverte » joueront sous le chapiteau durant les six jours du festival avec des styles éclectiques comme le slam de Lémofil ou la pop de Melba (les deux programmés le mercredi 29 juillet). Trois spectacles jeunes publics auront aussi lieu dans la salle Anne-Sylvestre de l’école municipale.

  • Le service postal recule au détriment de la population

    Le service postal recule au détriment de la population

    Beausoleil à Nîmes, Tamaris à Alès, Bouisson-Bertrand et Sarrail à Montpellier. Les bureaux de poste disparaissent les uns après les autres ces dernières années. Un coup dur pour les populations, qui voient par la même occasion un distributeur de billets et/ou un bureau de banque fermer. Depuis plusieurs années, la direction de La Poste assume cette politique en la justifiant par une baisse de l’envoi de courrier.

    « On ne peut pas nier que le courrier diminue, mais par contre le nombre de colis à distribuer, lui, augmente fortement. Il y a des livreurs privés mais beaucoup délèguent à La Poste surtout dans des coins reculés où ce n’est pas rentable pour eux », explique un postier. La ruralité n’est en effet pas épargnée par la diminution du service postal. C’est par exemple le cas à Mandagout, dans les Cévennes gardoises, où le maire Emmanuel Grieu vient d’alerter la sous-préfète du Vigan, Anne Levasseur, sur les changements opérés par La Poste. « Nous avons lancé une pétition qui a recueilli une centaine de signatures », explique l’édile. « Nous voulons que le service s’améliore donc on va en parler à la sous-préfète qui est référente poste pour le département, parce que la direction de La Poste n’est jamais joignable. Nous voulons recevoir notre courrier. Il n’est parfois pas livré, ou avec du retard, ou chez le voisin. Les facteurs changent tout le temps sauf que chez nous, il y a 36 hameaux et si on ne connaît pas, on est en difficulté. »

    Un postier ayant plus de quinze ans d’ancienneté et souhaitant rester anonyme, confirme : « Tous les deux ans, il y a une réorganisation et on nous rajoute toujours du travail. Sauf qu’on nous a dit qu’on ne pouvait plus faire d’heures supplémentaires. Moi, on m’a allongé ma tournée de l’équivalent de deux heures de charge supplémentaire alors que j’étais déjà en difficulté. La direction me dit que c’est possible, qu’elle a fait ses calculs et que ça passe. Je ne sais pas comment ils font leurs calculs, on essaie de leur expliquer que ce n’est pas possible mais ils ne veulent rien entendre. J’ai signalé tous les jours que je ne pouvais distribuer que l’urgent et les colis. Et même malgré ça, je ramenais des colis et le courrier restait dans le bureau pendant des semaines. »

    Pissevin en sursis, Estanove aussi

    La mobilisation s’organise aussi dans les capitales héraultaises et gardoises. À Nîmes, c’est le bureau de poste dans le quartier Pissevin qui a cristallisé la fronde depuis la fin mai, lorsque la direction de La Poste a informé le maire qu’elle allait fermer le bureau suite aux plaintes des agents obligés de travailler dans des locaux insalubres. Grâce à la mobilisation de la nouvelle municipalité et du préfet du Gard Jérôme Bonet, une solution transitoire a été trouvée. Le bureau restera ouvert au moins tout le mois de juin. En effet, il sera accessible quatre matinées par semaine (lundi, mardi, jeudi et vendredi), en espérant que de nouveaux locaux soient trouvés d’ici là.

    « Nous cherchons à pérenniser le bureau dans le cadre de la rénovation urbaine avec un nouveau site pour accueillir la poste  », indique le cabinet du maire Vincent Bouget, qui appelle la population à poursuivre la contestation. Le centre social des Mille Couleurs a également lancé une pétition pour mobiliser les habitants du quartier.

    À Montpellier, dans le quartier d’Estanove, le bureau de poste garde aussi ses portes closes depuis le 12 novembre. Officiellement, il est fermé pour travaux suite à des dégâts des eaux. Mais la population craint que cette fermeture ne soit définitive. Elle a donc aussi lancé une pétition, qui a récolté plus de 400 signatures. Le 27 mai, elle s’est également rassemblée devant la mairie de Montpellier pour faire entendre son mécontentement et son inquiétude. Un nouveau rassemblement est prévu le samedi 13 juin devant le bureau d’Estanove, même si la direction a promis, suite à la première manifestation, qu’il serait rouvert progressivement à partir de la deuxième quinzaine de juin.

  • L’édition 2026 de la fête de Lézan annulée

    L’édition 2026 de la fête de Lézan annulée

    Après une édition 2024 record qui s’est déroulée en pleine campagne législative, la fête effrontée de Lézan avait été contrainte de réduire la voilure l’an dernier après le saccage des installations électriques. Cette année, le Parti communiste est obligé d’annuler l’événement à cause de contraintes organisationnelles. « Ce n’est pas de gaieté de cœur, je suis même triste d’avoir dû prendre cette décision », prévient Muriel Blachère, co-secrétaire du PCF dans le Gard en charge de l’organisation de la manifestation.

    Rebond en 2027

    « Entre les élections municipales qui ont demandé beaucoup d’énergie aux militants, les réunions en vue du congrès (du 3 au 5 juillet) qui demandent du temps, et des militants qui partent en vacances, on ne pouvait pas organiser la fête cette année », explique Muriel Blachère. Habituellement organisée fin juin, la fête avait en effet été décalée au 11 juillet pour tenter justement de s’adapter au calendrier. « On a pris cette décision très tardivement pour essayer de trouver une solution. On a reculé au maximum pour voir les possibilités, mais ce n’était pas possible. » Toutes les places réservées sur la plateforme HelloAsso seront remboursées.

    La fête effrontée devrait donc naturellement revenir l’an prochain. Face au vandalisme du transformateur électrique en 2025, le PCF a opté sur la location de deux groupes électrogènes pour la scène et la guinguette afin d’assurer la fête en 2027. « On voulait faire un grand événement cette année avec l’élection de Vincent (Bouget). Mais on reviendra l’année prochaine en espérant qu’il n’y aura pas le RN au pouvoir. Dans tous les cas, elle aura un sens important. Elle sera soit belle et rebelle, soit joyeuse pour fêter la défaite du RN », prévient Muriel Blachère. T.A.

  • [Sénatoriales] Denis Bouad : « Il faut être uni à gauche et y aller à fond »

    [Sénatoriales] Denis Bouad : « Il faut être uni à gauche et y aller à fond »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir changé d’avis et être aujourd’hui candidat aux sénatoriales ?

    Denis Bouad : J’ai 73 ans et j’ai effectivement dit que j’étais prêt à passer la main le cas échéant. Puis j’ai regardé ce qu’il se passait. J’ai vu qu’il y avait beaucoup de candidats à ma succession et qu’il allait même y avoir des candidats dissidents s’ils n’étaient pas investis par le parti. J’ai ensuite vu Carole Delga qui n’a pas apprécié que j’ai pris cette décision sans lui en parler, ce qui est vrai d’ailleurs. Elle m’a dit que j’avais fait une bêtise et qu’il fallait que je me présente. La présidente du Département (Françoise Laurent-Perrigot) m’a aussi dit que je faisais une bêtise. J’ai ensuite vu ce groupe d’élus, de toute sensibilité politique du Département et de la Région, qui me demandaient d’y retourner. C’est ce qui m’a poussé à me présenter. Il faut aussi dire que le PS avait dit que si le sortant ne se représentait pas, c’est une femme qui devait être investie. Katy Guyot était alors candidate mais il y a eu une levée de boucliers et elle s’est retirée. Il ne restait alors plus que des hommes. J’ai trouvé ça un peu cavalier donc ça m’a aussi poussé à revenir.

    Comment appréhendez-vous cette échéance ?

    D.B. : Nous sommes dans un département où il y a six députés d’extrême droite, un député européen RN et deux sénateurs de droite face à une députée européenne et un sénateur socialiste. Avec les élections municipales, on a gagné Nîmes mais on a aussi perdu beaucoup de collectivités territoriales, comme le Grau-du-Roi, Vauvert, Saint-Hilaire-de-Brethmas, Bagnols-sur-Cèze… Pour les élections sénatoriales, il va donc falloir faire une campagne en disant haut et fort que nous avons cette volonté de gauche et d’union de la gauche. Parce que dans un an, il y a l’élection présidentielle, puis il y aura une dissolution. Il y a des circonscriptions qui seront très difficiles à gagner pour la gauche. Nous avons trois ou quatre circonscriptions où nous pouvons espérer l’emporter. Pour cela, il faudra une large union parce que huit mois après les législatives, les élections départementales arrivent. Et si on prend une rouste aux élections législatives, on va reprendre une rouste aux départementales. Il faut donc que dès les sénatoriales, nous ayons un élan qui soit fort.

    Le RN peut-il remporter un siège dans le Gard ?

    D.B. : Le Rassemblement national assoit sa base partout. Au-delà de sa victoire, le RN est aussi n°2 à Nîmes et à Alès. Quel sera son score ? Je ne sais pas, mais le RN va faire un score et il risque de gagner un élu. Moi, mon combat, c’est contre l’extrême droite. Donc il faut être uni à gauche et y aller à fond.

    Où en sont les discussions avec les autres forces de gauche ?

    D.B. : Je dis depuis le début qu’il faut un socialiste en tête de liste, suivi d’une communiste derrière parce qu’ils ont gagné Nîmes. Après, il faudra peut-être mettre un socialiste en 3 et puis s’entendre avec les Radicaux et les Écologistes pour les deux places suivantes. J’ai donc discuté avec plusieurs membres du Parti Communiste qui sont plutôt favorables pour que ce soit Cathy Chaulet en deuxième position. Ça me va très bien parce qu’elle est conseillère départementale, on se connaît depuis des années et on partage la même analyse sur beaucoup de sujets.

    Quel bilan tirez-vous
    de ce mandat ?

    D.B. : Nous avons une politique macroniste depuis des années qui assomme les classes populaires. Nous sommes arrivés à 3 500 milliards de dette, c’est catastrophique. En face, on a des Républicains qui s’opposent soi-disant à ce gouvernement, mais ils votent tout ce qu’il propose. Ils nous parlent toujours des problèmes d’immigration, des problèmes de triche au RSA, de triche à la sécurité sociale. Tout ce que je combats. Quand Retailleau prend la parole, ce n’est jamais très loin de ce que dit Marine Le Pen ou Jordan Bardella.

    Comment va se dérouler votre campagne ?

    D.B. : Nous ne sommes pas encore en campagne aujourd’hui car le vote n’est que le 27 septembre. Il faut que nous soyons en ordre de marche début juillet. Nous organiserons ensuite des rencontres avec les maires pour leur expliquer notre démarche et pourquoi on en est là. Il y a 129 nouveaux maires dans le département donc ce seront eux que nous allons rencontrer en priorité.

  • Passeurs de livres s’ancrent dans la culture alésienne

    Passeurs de livres s’ancrent dans la culture alésienne

    Cette année, le festival Passeurs de livres a décidé de placer son édition sous le thème de la liberté. Pour cela, le festival a fait appel à l’auteur local Lionnel Astier pour incarner cette liberté en présidant le festival. L’acteur viendra notamment y présenter sa pièce de théâtre Élise, la colère de Dieu, qui est la suite de La Nuit des Camisards. La maison d’édition indépendante nîmoise Alcide qui « explore principalement l’histoire et la photographie », sera aussi mise à l’honneur durant cette édition.

    Liberté à toutes
    les sauces

    Après une première journée jeudi marquée par des rencontres avec les auteurs, une dictée et surtout le banquet républicain, le festival se poursuit ce 5 juin avec de nouveaux dialogues organisés entre auteurs. Car Passeurs de livre n’est pas un simple salon du livre, c’est aussi un espace de débats où les auteurs confrontent leurs opinions sur des sujets choisis. Ainsi, à 14h, Marella Nappi, autrice d’Antigone l’insoumise (Les Belles Lettres-La Vie des Classiques, 2025) échangera sur la liberté avec Diane Richard (Lutter sans se trahir) et Émilie Sartre (L’économie politique du populisme). « L’écriture comme refuge de la liberté », « Souveraines de nos corps : du mythe à la réalité », « La musique : arme de la liberté ou marchandisation », « Liberté religieuse en République » avec Nicolas Cadène et « Libres ou endettés ? Le capitalisme face à nos libertés », seront les autres thèmes abordés vendredi. La journée se clôturera par un dialogue entre Lionnel Astier et le journaliste Jean Lebrun au Cineplanet.

    Le 6 juin, la liberté de mourir dans la dignité, de conscience, artistique, la paix, la guerre (avec Pierre Haski), l’exil, la mythologie de la liberté, la démocratie, ou encore la liberté d’informer (avec Jean-Michel Aphatie) seront au menu de la dernière journée. Pendant les trois jours du festival, un espace est également consacré aux enfants (3-10 ans) avenue Carnot.

  • À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    Contrairement à son homologue de Vauvert, Pascale Bordes avance masquée à Bagnols-sur-Cèze. Déjà comme députée, l’avocate avait adopté la stratégie de dédiabolisation de son parti et évitait sagement toute polémique. Désormais à la tête de la troisième ville du Gard, elle tente de conserver cette image consensuelle. Lorsqu’elle a été écartée de toutes les vice-présidences de l’agglomération du Gard rhodanien, l’édile s’est simplement fendue d’un communiqué laconique, se limitant à répondre aux « nombreuses interrogations d’habitants du territoire ». Côté communication, tout est donc verrouillé. Ses adjoints sont peu présents sur le terrain et c’est bien le cabinet de la nouvelle maire qui gère toutes les demandes.

    « Elle avance masquée », confirme Elian Cellier, secrétaire de la section bagnolaise du PCF. « Pour l’instant, elle ne commet pas d’erreurs majeures. Les adjoints ont consigne de ne rien dire. Sur certaines manifestations, il n’y a même pas de représentant de la mairie. Depuis les élections, j’ai assisté à plusieurs vernissages par exemple et je ne sais toujours pas à quoi ressemble l’adjoint à la culture. »

    Face aux contraintes budgétaires, Pascale Bordes a lancé plusieurs audits notamment sur la question de la couverture de la piscine. Elle fustige aussi le coût de la passerelle piétonne au-dessus de la Cèze, grand sujet de débat durant la campagne municipale. « Ils se plaignent mais lorsqu’ils étaient dans l’opposition, ils ont voté pour ces projets. Aujourd’hui, Pascale Bordes se plaint de l’endettement de la ville mais elle n’est jamais venue en conseil municipal lorsqu’elle était dans l’opposition pour alerter sur ces sujets. Et en même temps, elle a accordé toutes les majorations réglementaires d’indemnités d’élus, même celles qui ne sont pas obligatoires. Cela va coûter 54 000 euros par an à la commune pour les neuf adjoints », fustige l’élu d’opposition Jérôme Jackel (Debout).

    Coupe dans

    les subventions

    Lors du dernier conseil municipal où a été voté le budget primitif, une coupe dans les subventions aux associations a bien été prévue mais la majorité a joué le flou, disant étudier au « cas par cas » l’attribution de ces subventions. Pour l’heure, les associations ne savent donc pas à quelle hauteur leurs subventions vont être amputées. « La municipalité a prévu une coupe de plusieurs centaines de milliers d’euros. Le budget pour les associations était de 953 000 euros en 2023 et il passe cette année à 465 000 », explique Jérôme Jackel. Autre économie décidée sur le dos des associations : le camion qui livrait habituellement le matériel municipal lors d’événements ne sera plus mis à disposition. Ce sont donc désormais à elles de s’organiser.

    La grogne et l’inquiétude commencent donc à se faire sentir dans les associations bagnolaises. Le foot et le handball seraient notamment visés par d’importantes coupes. Le club de foot avait en effet déjà été la cible de la candidate d’extrême droite en campagne qui jugeait que la somme allouée au regard des résultats était trop élevée. « Pour l’instant on est dans le flou, on ne se sait pas qui va être raboté en premier. Mais je pense que le foot va prendre un coup de rabot. J’ai bien peur qu’elle utilise la scission du club puisque Pont-Saint-Esprit veut remonter un club, pour justifier le coup de rabot de peut-être 50% », prévient Jérôme Jackel avant d’ajouter : « Le tissu associatif, c’est la force vive d’un territoire. Si une mairie n’est pas capable de venir en soutien de ses forces vives, que fait le territoire ? Il meurt. »

    Discrète, Pascale Bordes va devoir, dans les prochains mois, assumer ses choix. Car si elle coupe dans les subventions aux associations, elle devra ensuite justifier l’important investissement promis dans la sécurité avec notamment le recrutement de policiers municipaux (le coût d’un policier municipal est estimé entre 62 000 et 63 000 euros par an) pour qu’ils soient disponibles 7j/7 et 24h/24 et « armés comme une BAC ». Tout cela épaulé par « un centre de supervision moderne ». Pour l’heure, l’ancienne députée s’est contentée de lancer un audit sur la sécurité mais le coût de ses promesses de campagne interroge sur sa réelle capacité à les mettre en œuvre. « Pour une commune comme Bagnols, un tel audit coûte déjà entre 40 000 et 60 000 euros », s’agace Jérôme Jackel qui préférerait que l’argent soit utilisé autrement. « Nous, au quotidien, on ne voit aucune différence. Les dealers sont toujours là. La ville est toujours aussi sale. Les problèmes sont toujours les mêmes », résume Elian Cellier.

  • Des associations portent plainte après un déboisement

    Des associations portent plainte après un déboisement

    « C’est un patrimoine commun qu’il est nécessaire de conserver », lancent les membres de l’association écologiste Sorève. Alertés par un riverain, en début d’année 2026, de l’existence d’importants travaux de déboisement en cours sur le bois de Castille, ils se sont alors rendus sur place pour constater l’avancée des travaux. Ce massif boisé, à cheval sur Uzès et Blauzac, est en effet classé en EBC par ces deux communes depuis plus de 40 ans et renferme aussi un site archéologique datant du néolithique. Mais le propriétaire d’une partie de ce bois, un « viticulteur influent du territoire » selon les associations, a décidé de couper une partie du bois et d’abattre des centaines de chênes blancs et verts dont certains sont pourtant centenaires. Au total, ce sont 4,5 hectares qui ont été déboisés.

    « Nous avons porté plainte auprès du procureur de la République. On espère qu’une enquête va maintenant être diligentée. Le propriétaire est passible d’amendes lourdes qui peuvent aller jusqu’à 300 000 euros », ont annoncé les membres de la Sorève et de France nature environnement qui ont tenu un point presse sur le sujet mardi 26 mai. L’occasion pour eux d’alerter aussi la population face à des communes qui déclassent ces EBC pour développer des projets comme la construction de parcs de panneaux solaires. Car l’association rappelle qu’il est interdit de déboiser une zone classée en EBC. « Cette réglementation interdit tout défrichement du bois, tout abattage d’arbres sauf pour l’entretien mais c’est limité. Lorsqu’un propriétaire souhaite faire des travaux forestiers, il doit au préalable informer la commune en présentant son projet. Ça n’a pas été le cas pour le bois de Castille », fustige les membres de l’association.

    Face aux associations, le propriétaire s’est justifié en présentant ces coupes d’arbres comme des mesures de défense contre les incendies. Il a ensuite informé les associations que les travaux réalisés ne respectaient pas sa demande et qu’il préparait même un recours contre le prestataire qui a réalisé ces travaux. « Une piste DFCI fait 6 mètres de large, ici il y a des passages où la largeur atteint 20 m », précise la Sorève.

    Informée par les associations, la municipalité d’Uzès a pris un arrêté de suspension des travaux sauf que celui-ci est intervenu alors que des centaines d’arbres avaient déjà été coupées. La commune a alors demandé aux propriétaires de déposer une déclaration préalable a posteriori. Après une enquête de la commune de deux mois, la mairie d’Uzès a finalement décidé de rejeter la demande d’autorisation de défrichement.

    Sorève, interdit

    de communiquer

    Si les membres de la Sorève ont souhaité rester anonymes, c’est parce qu’un commissaire de justice leur a interdit de communiquer sur le sujet. En effet, pour constater les travaux en cours, les membres de l’association ont été contraints de se rendre sur un terrain privé. Et quelques jours plus tard, ils ont reçu une injonction pour leur interdire d’aller sur cette propriété privée. « On nous a demandé de cesser nos agissements et publications ainsi que leur parution dans tous nos supports », précise la Sorève. « C’est un dossier sensible car le viticulteur est très connu dans la région. Mais pour nous, c’est une affaire importante car si on valide ce qui a été fait, ça veut dire qu’on accepte le fait accompli et n’importe qui peut faire ce qu’il veut d’un bois classé. C’est important que la faute soit reconnue et que des sanctions soient prises sinon tout le monde fait ce qu’il veut. »

    Les associations attendent désormais un retour de la justice mais restent vigilantes pour qu’aucune coupe d’arbres sur le bois de Castille n’intervienne dans les prochains mois.