Tag: Marie Dufresne

  • [Entretien] Marie Dufresne : « Seul un jeune sur 10 a un emploi dans le Gard »

    [Entretien] Marie Dufresne : « Seul un jeune sur 10 a un emploi dans le Gard »

    La Marseillaise : Comment jugez-vous la situation de l’emploi dans le Gard ces derniers mois ?

    Marie Dusfresne : C’est difficile, notamment à cause des fermetures de Solvay et maintenant de la Verrerie du Languedoc. On assiste à une désindustrialisation qui entraîne une perte de beaucoup d’emplois. La verrerie, c’est 164 emplois, c’est énorme. Ce sont 164 familles impactées. C’est une catastrophe pour le département, qui est déjà très sinistré au niveau de l’emploi. Les plans sociaux se multiplient donc l’état de l’emploi dans le Gard est catastrophique. On a un taux de chômage qui est important puisqu’il dépasse les 10% [contre 7,7% au niveau national, Ndlr.]. On assiste aussi à des licenciements déguisés sous forme de ruptures conventionnelles qui se multiplient et font baisser les chiffres des licenciements.

    Que pensez-vous des dernières propositions du Medef, qui veut créer un CDI pour les jeunes rappelant le CPE du gouvernement De Villepin de 2006 ?

    M.D. : C’est un contrat avec un sous-Smic qui est aussi plus facile à rompre. Le patronat veut également un nouvel assouplissement des conditions pour les recours au CDD. Je suis dans la même ligne que notre secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, qui a annoncé sur les plateaux de télévision que c’est une déclaration de guerre. Le Medef est revanchard de sa défaite subie il y a 20 ans avec le CPE. S’ils osent remettre le couvert, ils retrouveront les syndicats sur leur route pour s’y opposer fermement. Le gouvernement Lecornu prévoit encore 400 millions d’économies sur l’assurance chômage. Il y a deux thèmes qui sont sur la table des négociations : les droits après la rupture conventionnelle et le recours aux contrats courts. Clairement, le patronat joue le pourrissement pour faire échouer les négociations.

    Quel est l’état de l’emploi des jeunes dans le Gard ?

    M.D. : Les moins de 24 ans ne sont que 10% à avoir un emploi. Un jeune sur dix, c’est dingue… Si on ajoute ce nouveau CDI, ça sera encore pire. Ce nouveau contrat ne ferait que précariser encore plus la jeunesse et ajouter une violence sociale supplémentaire. Clairement, on n’est pas du tout dans une bonne dynamique.

    En quoi un fort taux de chômage influe-t-il sur les conditions de travail des salariés ?

    M.D. : Les conditions de travail sont plus difficiles pour les salariés car ils ont peur de perdre leur emploi, donc ils ne disent rien. C’est aussi plus difficile de négocier des augmentations de salaires. On le constate aussi sur la répression syndicale, de plus en plus forte. On dit aux salariés : « Si tu t’engages dans cette voie syndicale, tu risques d’être ciblé. » On est en plein recensement sur cette répression et on constate qu’il y a un nombre considérable de militants qui sont attaqués en justice. Mais la conséquence, c’est qu’on constate aussi que depuis deux ans, la CGT enregistre une augmentation des adhésions.

  • « Ce que nous voulons en 2026 » en Occitanie

    « Ce que nous voulons en 2026 » en Occitanie

    Marie Dufresne, secrétaire de l’Union départementale CGT 30

    « Lutter contre la répression syndicale et l’extrême droite »

    Pour Marie Dufresne, secrétaire de l’Union départementale CGT du Gard, 2026 s’inscrira dans la continuité d’un syndicalisme de combat. « Pour l’année 2026, nous continuerons de revendiquer de meilleures conditions de travail et salaires pour les travailleurs et les travailleuses, et de les soutenir dans leurs luttes. » Dans un contexte inflationniste et marqué par la dégradation des droits sociaux, la CGT garde une ligne claire : accompagner les salariés sur le terrain, dans les entreprises comme dans les services publics.

    Autre axe majeur : la défense des libertés syndicales. « Nous nous mobiliserons contre la répression syndicale et en soutien à notre secrétaire générale Sophie Binet attaquée pour injure publique. »

    Une affaire vécue comme un symbole, souligne-t-elle. L’UD CGT du Gard se mobilisera aussi dans la campagne des élections professionnelles.

    Former les syndiqués

    La formation restera également au cœur de l’activité syndicale : « Comme chaque année, nous proposons des formations syndicales pour former les syndiqués sur leurs mandats et sur les propositions CGT pour une nouvelle société. » Un travail qui s’accompagne d’un combat idéologique : « Nous formons aussi pour lutter contre les idées d’extrême droite. » En 2026, la CGT du Gard entend donc poursuivre son rôle d’organisation de classe : agir, soutenir et mobiliser, comme réaffirme sa secrétaire départementale, décidée à ne laisser personne seul face aux pressions patronales et aux reculs sociaux.

    Axel Jolidon

    Fabien Bon, porte-parole du Scum, le Syndicat de combat universitaire de Montpellier

    « Un mouvement social pour en finir avec la précarité étudiante »

    S’il tire un bilan particulièrement négatif de l’année 2025, le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum) reste confiant et déterminé à continuer sa mobilisation en faveur du niveau de vie des étudiants.

    « Sur l’année scolaire 2024-2025, nous avons distribué 15 000 colis alimentaires aux étudiants, dénombre Fabien Bon, élu au conseil d’administration du Scum et porte-parole. Et ça ne suffit pas. La demande est tellement forte qu’on a dû ouvrir une épicerie solidaire sur le campus universitaire de Béziers. »

    Plus de logements étudiants

    Pour 2026, le syndicat aspire à la formation d’un « mouvement social déterminé et puissant ». Manque de places en master, secteur du logement en tension, frais d’inscription en augmentation pour les étudiants internationaux ou encore système de calcul des bourses jugé « infantilisant » et « injuste » , le Scum espère faire « reculer le gouvernement sur ses réformes qui précarisent les étudiants ». « Le logement est un problème central. En 2026, nous allons solliciter les candidats aux élections municipales pour qu’ils s’engagent à fournir du foncier à bas prix pour la construction de logements étudiants. Les pénuries, les loyers exorbitants, les appartements insalubres ou les propositions indécentes faites à des jeunes femmes en échange d’un logement, ce n’est plus possible. »

    Le Scum espère que plus aucun étudiant ne devra vivre en dessous du seuil de pauvreté. « On ne veut plus les voir attendre dans le froid pour quelques boîtes de conserve. »

    L.B.

    Magali Boisset, éleveuse de poules pondeuses et présidente du Civam bio 34

    « Il faut avoir plus de petits producteurs qui s’installent »

    Éleveuse de poules pondeuses à Vacquières, Magali Boisset espère de cette nouvelle année « avoir plus de jours de repos. Parce qu’il ne faut pas oublier que l’élevage c’est 7 jours sur 7, c’est un métier passion mais qui est épuisant parce qu’il n’y a pas de vacances, il n’y a pas de week-end. » Pour ce faire, celle qui est aussi la présidente du Civam bio (Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural bio) de l’Hérault plaide pour « qu’il y ait plus de petits producteurs qui s’installent notamment en poule pondeuse par exemple, ou en production de volailles de chair afin de finaliser la structuration de la filière ». Ce qui permettrait -en plus d’avoir une alimentation de meilleure qualité car bio et locale- d’avoir des remplaçants qui tourneraient dans différents élevages.

    L’agriculture ne doit pas être abandonnée par l’État

    Et ainsi de militer pour la prolongation et la revalorisation du crédit d’impôt bio. « Il y a eu une diminution des aides pour l’agriculture biologique, notamment les aides de la PAC. Or, aujourd’hui, ce crédit d’impôt bio bénéficie à peu près à la moitié des agriculteurs en bio en France. Ce serait un signe fort de l’engagement de l’État », soutient Magali Boisset. Et il n’y a pas que l’agriculture bio qui a besoin d’être soutenue par les pouvoirs publics en ces temps difficiles. « J’ai une pensée pour les éleveurs bovins avec un espoir pour 2026 d’une vaccination générale et un soutien financier et psychologique auprès des éleveurs en difficulté. On est vraiment solidaire parce que se faire abattre tout son troupeau c’est vraiment dur à vivre économiquement et psychologiquement. Ce n’est pas parce qu’un animal est destiné à produire de la viande que l’éleveur n’est pas attaché à la bonne santé de son troupeau et de ses bêtes », insiste la présidente du Civam bio 34.

    L.D.

    Patrick Fustier, président du collectif « Sauvons le Nîmes Olympique »

    « Il y a enfin une vraie perspective d’éclaircie au Nîmes Olympique »

    Pour Patrick Fustier, président du collectif Sauvons le Nîmes Olympique, 2026 doit marquer un tournant. « Sportivement, on espère que le club va remonter en National. C’est le vœu de tous les supporters. Le Nîmes Olympique n’a rien à faire en National 2. » Le collectif veut aussi contribuer à mobiliser : « Continuer à fédérer les supporters pour qu’ils viennent au stade, c’est l’objectif. »

    Mais le chantier est aussi structurel. « On attend le départ définitif de Rani Assaf », explique-t-il, en espérant la rétrocession « du stade des Antonins, de la Bastide et de la marque Nîmes Olympique ». Les terrains d’entraînement sont à remettre à niveau : « Deux sont morts et occasionnent des blessures. » Un audit de la FFF a confirmé l’ampleur des travaux nécessaires, « et il va y avoir beaucoup d’argent à mettre ». Une étape indispensable pour espérer retrouver un centre de formation agréé.

    « Rejouer en Ligue 2 et aux Costières »

    Un autre enjeu majeur tournera autour des élections municipales. « Nous allons rencontrer tous les candidats à la mairie. On veut rendre publique leur position sur la rénovation des Costières et le retour du club dans son stade historique. » Le collectif prépare un questionnaire précis « pour que chacun dise clairement ce qu’il veut faire ». Et de regretter « l’opacité » de certains élus : « Ce n’est pas normal que des rapports sur le coût des travaux ne soient pas rendus publics. »

    Reste l’espoir, enfin. « C’est la première année depuis longtemps où il y a une vraie perspective. L’an dernier, on serrait les fesses pour ne pas descendre. Aujourd’hui, il y a un cap sportif et un cap sur les structures, même s’il reste des embûches. » Pour lui, la mission du collectif prendra vraiment fin « le jour où le Nîmes Olympique rejouera en Ligue 2… et aux Costières ».

    A.J.

  • Nîmes. 3 000 manifestants pour maintenir la pression sur le budget

    Nîmes. 3 000 manifestants pour maintenir la pression sur le budget

    À 15 heures précises, le cortège nîmois s’est ébranlé des Jardins de la Fontaine. Derrière les banderoles de l’intersyndicale, la foule s’est dirigée en direction de la Maison Carrée, en passant par le centre-ville, ce jeudi 2 octobre. « Le monde du travail a assez souffert », a lancé d’entrée Thierry Biville, secrétaire départemental FO, donnant le ton de cette journée : « Aucune de nos demandes n’a été satisfaite au cours des dernières semaines. Alors nous recommencerons, autant de fois que nécessaire. La justice sociale, fiscale et environnementale ne peuvent plus attendre un budget qui ne vient pas. »

    Comme le 18 septembre, la manifestation a réuni des enseignants, des agents hospitaliers, des retraités, mais avec une affluence en léger retrait : 3 000 participants selon les syndicats, 1 000 selon la préfecture. Le cortège a marqué une halte symbolique devant la préfecture du Gard à 16h30, avant de se disperser sur l’avenue Feuchères. Cette fois, les slogans ont visé un nouveau responsable politique : Sébastien Lecornu, fraîchement nommé Premier ministre, a supplanté François Bayrou dans la bouche des manifestants. Il faut dire que l’impatience se fait attendre. Rencontré le matin même par les syndicats, « M. Lecornu nous a annoncés ce matin ne pas pouvoir agir faute de budget. Nous le pouvons, nous, en maintenant la mobilisation », avait annoncé d’entrée Thierry Biville. La reconduite dans le cortège de la banderole piquante qui avait marqué les esprits le 18 septembre, sur laquelle était inscrit « Lecornu entre dans l’arène, vivement la feria », témoigne de cette pression maintenue sur le nouveau numéro 2 de l’État. Emmanuel Macron et Bruno Retailleau sont restés, eux, les autres cibles habituelles.

    « Le moment ou jamais »

    Dans les rangs, l’ambiance oscillait entre fatigue et détermination. « Il faut maintenir la pression mais c’est dur, les citoyens s’épuisent », reconnaît Melissa Gil, présidente gardoise de la CFE-CGC. Marie Dufresne, secrétaire générale de l’UD CGT 30, reste quant à elle convaincue que « c’est le moment ou jamais d’agir. Nous en avons encore dans le ventre. Il faut profiter de ce moment propice où le budget est encore en construction pour que l’espoir que nous portons ait une portée réelle, pas seulement symbolique. » Elle rappelle que la question budgétaire n’est pas l’unique moteur de la mobilisation syndicale : l’abrogation de la réforme des retraites demeure également centrale. Elle dit également la CGT prête à reconduire une nouvelle fois la mobilisation « tant qu’un nouveau budget décent et juste ne sera pas proposé et appliqué. »

    Si la mobilisation reste syndicale, les partis de gauche, notamment le PCF, avaient relayé l’appel et étaient largement présents sur place. Dans un communiqué, les communistes dénonçaient un budget « austéritaire » et rappelaient que « le problème, ce n’est pas la dette, mais le coût du capital », qui fait écho à leur « pacte d’avenir pour la France » axé sur l’investissement public, l’emploi et la transition écologique. À la veille d’un automne social qui s’annonce tendu, syndicats et partis de gauche entendent maintenir une dynamique commune. La prochaine étape pourrait être annoncée dès la semaine prochaine.

    « Il faut profiter de ce moment propice où le budget est encore en construction pour agir. »

  • La France sera-t-elle bloquée le 10 septembre ?

    La France sera-t-elle bloquée le 10 septembre ?

    François Bayrou a-t-il craint le mouvement du 10 septembre ? En annonçant un vote de confiance le 8 septembre, le Premier ministre a de grandes chances de tomber mais il éteindra peut-être la mobilisation prévue deux jours plus tard.

    Car l’appel à « bloquer tout » lancé sur les réseaux sociaux par des groupes nébuleux a très vite pris de l’ampleur, attisé par la présentation du budget du Premier ministre. Au vu de l’ampleur prise sur internet, le gouvernement a rapidement pris conscience de l’émergence d’un mouvement apartisan et sans chef qui rappelle en tout point celui des Gilets Jaunes. Certains d’entre eux ont d’ailleurs réactivé les groupes qui se rassemblaient sur les ronds-points mais nul ne peut pour l’heure prévoir l’ampleur de la mobilisation. Les formes d’action sont également floues entre grève, boycott de certains produits, désobéissance civile ou blocage de la circulation.

    Mais une partie des Français semble bien décidée à se mobiliser. Depuis la mi-août, les groupes se multiplient sur les réseaux sociaux et notamment sur Telegram pour l’organisation de cette journée. Ces discussions ont permis l’émergence de réunions qui se sont déroulées un peu partout sur le territoire.

    La CGT et la gauche au soutien

    Dans le Gard par exemple, si des citoyens se sont déjà retrouvés à Nîmes, Génolhac ou à Alès et ont déjà tracté au « rond-point des Gilets Jaunes » route de Bagnols-sur-Cèze pour informer sur le 10 septembre, de nombreuses autres réunions sont prévues samedi 30 août comme au Stade des Costières de Nîmes (16h30) ainsi qu’à Bessèges (18h) et au Vigan (12h). Dans l’Hérault, ils étaient déjà 200 pour la 4e assemblée générale devant le Corum mardi 26 août et se sont mis d’accord pour débuter les actions à 6h du matin.

    Prise de vitesse par le mouvement des Gilets Jaunes qu’elle a mis du temps à soutenir, la gauche, de LFI au PS, a cette fois immédiatement soutenu l’initiative. Jean-Luc Mélenchon a même appelé à la grève générale. « Il y a eu une première réunion à Alès où il y avait 35 personnes avec des gens qui venaient à titre personnel. L’enjeu pour nous c’est de maintenir l’autonomie et l’indépendance du mouvement, donc d’être en soutien et pas à la manœuvre. On espère que les syndicats vont s’activer parce qu’on en a besoin », rappelle Armand Crepin, chef de file de la FI à Alès.

    Mercredi 27 août, la CGT a annoncé se lancer dans le mouvement : « Nous avons décidé d’appeler à la grève pour la journée du 10 septembre et on proposera à l’intersyndicale nationale une date unitaire en septembre », précise Marie Dufresne, secrétaire générale de la CGT du Gard.