Si le slogan de la ville d’Avignon a été changé ce mardi 3 novembre en « Cité des Papes et des Arts », les intermittents qui font vivre les théâtres souffrent des décisions des gouvernements successifs. Ils seront dans la rue ce jeudi 5 novembre.
À l’image de Marie Hurault, Salvatore Franco et Frieda Thouret, syndiqués CGT et tous les trois intermittents du spectacle ou en voie de le devenir. Plusieurs décisions politiques ont plombé l’activité des troupes de théâtre, telles que la baisse du Pass Culture collectif qui permet aux établissements scolaires de monter des projets artistiques et culturels. Une baisse de 10 millions d’euros est envisagée pour 2027. « Ça a été démantelé et les dotations sont beaucoup moins importantes, ce qui fait que c’est beaucoup plus difficile de jouer dans les écoles. Parfois, 5 écoles se mettent ensemble pour un même projet et ça permet de peut-être pouvoir payer nos salaires », regrette Salvatore Franco. « Au début, c’était une bonne idée car cela centralisait les démarches. Mais les enveloppes ont très vite baissé et pour construire un vrai projet, c’est un enfer », abonde Marie Hurault.
Les demandes d’économies aux collectivités ont aussi pour conséquence la baisse des subventions aux structures artistiques. À Avignon, une baisse générale d’environ 10 % a été décidée. « Ça devient compliqué de faire nos heures car les théâtres, même ceux qui sont de bonne volonté, ne peuvent pas nous accueillir », confie Frieda. Elle pointe également les réformes liées au RSA, « alors que c’est ce dont on a besoin pour vivre et pour créer à côté ».
Et la suite s’annonce compliquée pour le monde culturel. Avec une baisse globale de 5 % sur le budget de la création. Ou encore des mesures qui risquent de fragiliser l’Afdas, organisme qui finance les formations professionnelles. « Le projet de loi de finances va être une sacrée cata pour nos secteurs », pointe Ghislain Gauthier, secrétaire général de la CGT Spectacle, qui évoque également les élections présidentielles à venir et la montée de l’extrême droite. « Dans le programme du RN, on parle de 150 milliards d’euros de coupes budgétaires. On ne se rend pas compte du délire de ce programme. Le ministère de la Culture, pour donner une idée, c’est 4 milliards d’euros. On supprime l’audiovisuel public, c’est 4 milliards. Le régime des intermittents du spectacle, c’est 1 milliard », alerte-t-il.

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