Tag: dotations

  • Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie

    « On demande au maire de Marseille de faire en sorte que ça ne soit pas une saignée pour les lycées de la ville. » Ce mercredi, devant la mairie de Marseille, les représentants du collectif qui rassemble une myriade d’organisations syndicales d’enseignants (CGT, FO, Sud et Snes-FSU) et d’associations de parents d’élèves (FCPE, PEEP et PER) du lycée Nelson Mandela sortent satisfaits de l’Hôtel de ville.

    Et pour cause, ils ont été reçus par un conseiller de l’adjointe en charge de l’éducation, Pascaline Lecorché (Place Publique), dans le cadre de leur combat au long cours contre la baisse d’heures à venir pour leur établissement. « On s’est adressés à la mairie de Marseille car ce sont les lycées marseillais qui sont ciblés. Dans le cadre des suppressions de moyens décidées au niveau national, l’académie perd 900 heures et sur celles-ci, 740 sont perdues dans les lycées marseillais », explique Alexis Avril, professeur de philosophie au lycée Nelson Mandela, qui s’exprime en tant que militant de Sud Éducation.

    Concrètement, dans le cadre d’une baisse des dotations horaires qui touchent les lycées pour la prochaine rentrée scolaire, leur établissement perdrait « 80 heures ». « 80 heures en moins, ça peut paraître abstrait mais concrètement c’est la fin des cours en demi-groupes pour les cours de français en 1ère, de philosophie en terminale et pour l’anglais en 1ère et terminale… Ce sont des années où il y a le bac, où ces heures comptent pour ce dernier. Ça veut dire faire des cours d’anglais à 30 cette année-là », poursuit Alexis Avril. Sébastien, professeur de philosophie et syndiqué au Snes-FSU abonde : « On a besoin de ces heures, c’est un moment de travail approfondi : elles servent à faire de la méthodologie, à aider les élèves en difficulté… »

    Un soutien de la mairie

    D’où la demande de soutien auprès de la mairie : « On les a sentis impliqués, à l’écoute. Et normalement, un courrier de la mairie devrait être envoyé en ce sens-là au rectorat », relate Nassima Cuvillier, pour la FCPE 13. Et justement, ils espèrent « que ça bouge » du côté du rectorat : « On devrait recevoir, début juin, une visite de personnels du rectorat pour une rencontre sur nos revendications. » Selon le collectif, la « décision définitive » à propos de la réduction d’heures serait prise le 19 juin prochain. Il reste donc du temps, et de l’espoir, pour faire infléchir la décision. « On a même écrit à Brigitte Macron qui nous a répondu ! », se félicite Vanessa Dorival, pour la PEEP (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public). Avant d’exhiber la réponse imprimée du directeur de cabinet de l’épouse d’Emmanuel Macron. De quoi faire revenir le rectorat à la raison ?

  • L’enquête publique démarre sur le tramway des Catalans

    L’enquête publique démarre sur le tramway des Catalans

    Après une concertation préalable en 2023, place à l’enquête publique. Le tramway des Catalans revient sur le tapis avec son démarrage ce lundi 4 mai. Les citoyens ayant jusqu’au 10 juin pour se prononcer et demander des détails à la commissaire enquêtrice sur ces 2,1 km de rails supplémentaires entre la rue de Rome et la place du 4-Septembre, dans une dizaine de permanences ouvertes successivement.

    Le projet, mené par la métropole Aix Marseille Provence, entend améliorer la desserte « d’équipements majeurs en donnant lieu à la valorisation de l’espace public notamment la plage des Catalans », le tout avec des aménagements « favorables aux modes doux et actifs de déplacements », comme des pistes cyclables et de la place donnée aux piétons. Quatre nouvelles stations sont prévues pour une mise en service en 2028. Le tram devrait passer devant la préfecture vers le boulevard Peytral, traverser la rue Paradis puis attaquer le cours Pierre-Puget, au bas duquel est prévu un arrêt de correspondance avec la station de métro. Il redescendra ensuite vers le boulevard de la Corderie puis l’avenue de la Corse jusqu’à la place du 4-Septembre.

    Un financement hypothétique

    Pas moins de 41 900 habitants ont été recensés par la Métropole à 500 mètres du tracé pour 22 700 voyageurs attendus par jour en 2030. Cette dernière espère « réorganiser la circulation sur les boulevards, créer des lignes de transports en commun en site propre ». Après les terrassements préalables, la restructuration des réseaux, viendra la création de la plateforme proprement dite pour permettre le fonctionnement du tramway puis la création d’un parking souterrain de 220 places et de trois pôles d’échange place Estrangin, à Saint-Victor et place du 4-Septembre. Quelque 470 arbres seront plantés ou conservés le long de la ligne, assure la Métropole.

    Le projet, approuvé en 2021, s’inscrit dans les priorités du plan Marseille en grand, lancé alors par le gouvernement avec, à la clé, des financements. Il avait suscité des remous deux ans plus tard lors de la phase de concertation, une partie des habitants du 7e arrondissement dénonçant son coût, 76 millions d’euros. Pour la maire de secteur, Sophie Camard (GRS), aujourd’hui réélue, cette ligne n’était pas non plus une priorité. Le projet faisait également partie des propositions de la candidate de la droite et du centre à la mairie de Marseille et alors présidente de la Métropole, Martine Vassal (DVD).

    Mais la donne a changé. Les nouveaux élus métropolitains n’ont pas voté le budget de la collectivité, dénonçant la réduction des dotations de l’État. Au total, 123 millions d’euros manquent à l’appel. De quoi hypothéquer largement l’avenir du tram des Catalans…

  • À Marseille, le préfet accueille les maires, en plein marasme budgétaire

    À Marseille, le préfet accueille les maires, en plein marasme budgétaire

    Pas de déclaration officielle mais la promesse d’une discussion sur les finances publiques… Lors de la réception des maires des Bouches-du-Rhône élus ou réélus ce mercredi 29 avril, le préfet Jacques Witkowski a effleuré la question alors que la Métropole Aix Marseille Provence s’est placée sous la tutelle de l’État la veille. La majorité des élus refusant de voter son budget, pointant le désengagement de l’État avec la baisse des dotations. Quelque 123 millions d’euros manquent à l’appel. Lors de sa visite à Marseille le 24 avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu, reconnaissait une copie « dure pour les intercommunalités », sans faire de propositions.

    « Une opération vérité »

    « On a un travail à faire qui va durer un mois, un mois et demi. Une fois qu’on l’aura achevé, j’aurai des choses à dire » nous répond Jacques Witkowski, précisant que la Chambre régionale des comptes allait être saisie en début de semaine prochaine. Il rappelle au passage les hypothèses sur la table : voter un budget à l’équilibre, un budget en déséquilibre, un budget partiellement ou pas du tout, et «  c’est une autre procédure qui s’ouvre ».

    Interrogé, Nicolas Isnard (LR), président de la Métropole, le martèle : il ne s’agit pas pour lui d’un bras de fer, mais d’une « opération vérité ». « La solution viendra d’en haut, nous plaçons l’État face à ses responsabilités », estime l’élu. Réforme des financements de l’État, hausse de l’impôt, du versement mobilité par les entreprises… « Il faut que l’État décide », assène-t-il.

  • La majorité de Port-de-Bouc confiante dans son budget

    La majorité de Port-de-Bouc confiante dans son budget

    « Il y a bien deux projets différents », assure Akrem M’Hamdi à l’adresse de l’opposition au moment de débattre du budget primitif lors du conseil municipal de ce mardi soir.

    L’adjoint (PCF) aux finances a présenté un projet de budget 2026 reposant sur 34 millions d’euros de dépenses de fonctionnement. Quant aux dépenses d’investissement, chiffrées à 13 millions d’euros, l’adjoint présente des « dépenses d’équipements publics », notamment pour « la nouvelle base nautique, le confort thermique de la médiathèque et du théâtre, et pour finir le projet seanergies », à l’automne.

    Mais il y a un écueil. « 11,24 millions d’euros de recettes viennent de la Métropole. Un seul million en moins et c’est l’asphyxie », alerte l’adjoint. L’opposante Véronique Martinez, élue sur la liste d’extrême droite de Pascal Spanu (RPR), estime que « ces chiffres doivent être redéfinis » au regard de « la baisse de 26% des aides aux communes du Département dans le budget voté le 14 avril ». Et considère « imprudent de voter pour 9 millions d’euros de recettes d’investissement sans anticiper, alors qu’il n’y a aucune certitude sur les aides de la Métropole ou du Département », plaide l’élue.

    Le maire (PCF) Laurent Belsola oppose à ces objections le fait qu’il s’agit d’un budget prévisionnel, « il y a toujours des recettes et dépenses pas prévues ». « Le président de la Métropole [Nicolas Isnard, Ndlr.] pourtant LR, a engagé le bras de fer pour dire “ça suffit” et pour répondre à tous les besoins de la population. Nous, on avance dans notre façon de faire », assure l’édile.

    Akrem M’Hamdi développe : « On voit bien 2 projets différents. Ce que vous appelez la responsabilité, c’est dépenser moins et fragiliser des gens déjà fragiles. Notre logique est avant tout de rechercher des recettes et, en fonction et en responsabilité, de développer nos projets. Évidemment qu’on se battra pour nos dotations. 9 millions d’euros d’investissement n’est pas exceptionnel, on est déjà monté à 13 millions. Nous sommes dans un étau austéritaire mais pour le moment nos finances nous sourient », affirme l’élu.

    Excédent ou pas ?

    Mais la confiance n’est pas de mise pour l’opposition, du moins sur le plan budgétaire. Lors de la présentation du compte financier unique 2025, l’adjoint aux finances vantait une « structure financière très solide » reposant sur un résultat cumulé de 334 000 euros. Mais Véronique Martinez ne le voit pas ainsi : « Le fonctionnement et l’investissement sont en réalité déficitaires, et le budget ne devient excédentaire que grâce au reste à réaliser », selon l’élue. « Le relevé d’orientation budgétaire présentait une différence de 6,7 millions en dépenses de fonctionnement, et presque deux millions de recettes. Je m’en remets au contrôle budgétaire préfectoral », annonce l’opposante.

    À cela, Akrem M’Hamdi enjoint à « faire preuve d’honnêteté » arguant que « ce n’est pas un bilan annuel, comme dans une entreprise. Nous sommes bien excédentaires ». Avec la majorité, l’élu prend simplement acte de cette initiative.

  • La majorité martégale forte de sa capacité d’investissements

    La majorité martégale forte de sa capacité d’investissements

    Public hors-norme pour le premier conseil municipal ordinaire de Martigues. Les habitants se sont pressés dans la salle de l’hôtel de ville, contraints parfois de s’asseoir à même le sol, pour assister au débat d’orientation budgétaire. Henri Cambessédès, premier adjoint au maire, a présenté une situation financière solide et étayée à travers 60 pages de documents distribués aux nouveaux élus.

    La Ville s’éloigne « du spectre de l’effet ciseaux », note Roger Camoin (PS), adjoint de quartier. En 2024, les recettes progressent de 2,07% tandis que les dépenses diminuent de 0,44%. Résultat des courses : l’épargne brute s’établit à plus de 9 millions d’euros, l’épargne nette (diminuée du remboursement de la dette) à plus de 5 millions d’euros. « Nous assistons à un rebond que nous devrons pérenniser », affirme Henri Cambessédès.

    L’encours de la dette se stabilise quant à lui à 34,63 millions d’euros, après un emprunt de 6 millions d’euros en 2025, soit une diminution de 37% depuis 2015. « Et si on remonte plus loin dans notre historique, nous avions 63 millions de dette en 2009 », note l’adjoint. La capacité de désendettement de la Ville est de 3,8 années, bien en deçà de la strate qui est de 7,9 années.

    23 millions d’euros d’investissements

    « Ce budget se profile mieux que le précédent, mais ce n’est pas le calme olympien, tout peut basculer selon les objectifs ou les décisions de l’État ou de la Métropole », tient à souligner Roger Camoin, alors que le contexte national et international est instable, entre des tensions persistantes sur le prix de l’énergie, des taux d’intérêt qui demeurent élevés et une diminution des dotations de l’État.

    Le maire (PCF) Gaby Charroux se veut rassurant : « Face à cette réalité, nous n’avons jamais fait le choix de la résignation. Nous avons fait un autre choix, celui de la responsabilité, de la constance. (…) Dans les périodes de turbulences, les concitoyens savent pouvoir compter sur leur commune. Ils savent que les services publics sont là, qu’ils sont concrets, accessibles. »

    Pour la première année de ce nouveau mandat qui s’ouvre, la majorité de gauche entend maintenir le cap avec 23,1 millions d’euros d’investissements. Les subventions aux associations et au Centre communal d’action sociale augmenteront légèrement. Un emprunt est envisagé à hauteur de 4 millions d’euros. Les services estiment que les dépenses de fonctionnement diminueront de 0,65%, malgré des cotisations d’assurance en hausse de 53% et une augmentation de 1,92% pour la masse salariale, et que les recettes augmenteront de 2% en gardant des taux de fiscalité directe locale inchangés.

    Le budget sera présenté le 30 avril.

  • Marseille, les parents en lutte pour regagner des classes

    Marseille, les parents en lutte pour regagner des classes

    « On a déjà quelques retours d’écoles où il y a des bougés ! », lance Letizia Vignone, secrétaire du bureau départemental du Mouvement des parents d’élèves (MPE 13), mobilisée aux côtés de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE 13) contre les 152 fermetures de classes prévues dans les Bouches-du-Rhône à la rentrée 2026-2027, dont 33 à Marseille.

    Jeudi, la carte scolaire était passée au crible par les services départementaux de l’Éducation nationale. Les parents réclament une réévaluation à la hausse de la dotation des établissements des 1er et 2nd degrés. Des heures en moins, ce sont des classes supprimées et des effectifs surchargés. « Ces conditions dégradées d’apprentissage auront un impact fort sur la scolarité et donc l’avenir de nos enfants », craint une mère dont les deux enfants, scolarisés au collège Malrieu, subissent de fortes suppressions d’heures. « Il y a des réajustements à exiger », assure Letizia Vignone, qui invite à nouveau les parents à se mobiliser, à 8h30, devant la DSDEN pour les débats. Puis le rapport de force devra encore jouer le 8 avril, « où nous avons obtenu une audience auprès du recteur d’académie ». Les jeux ne sont pas faits.

    ET AUSSI

  • [Grève dans l’éducation nationale] à Marseille, les lycéens toujours mobilisés

    [Grève dans l’éducation nationale] à Marseille, les lycéens toujours mobilisés

    En première ligne depuis le début du mouvement, lancé le 5 mars, les lycéens ne s’essoufflent pas. Déterminés à défendre la qualité de leurs enseignements et les conditions de travail de leurs professeurs, ils prendront part, ce mardi, aux mobilisations organisées dans le cadre de l’appel de l’intersyndicale (FSU, Unsa Éducation, CFDT Éducation formation et recherche publiques, CGT Educ’Action et Sud Éducation), lancé le 20 mars.

    En proie à d’importantes coupes budgétaires, impliquant notamment la suppression de 4 000 postes dans l’éducation nationale, le secteur de l’enseignement est poussé à de sérieuses restructurations à la rentrée 2026. Dans le cas des lycées, c’est d’abord le nombre d’heures d’enseignement délivré qu’on menace de réduire, avec 22 établissements publics concernés dans les Bouches-du-Rhône, dont 11 à Marseille. « Certains de mes proches vont être directement impactés par cette politique d’austérité, s’inquiète Gwendal, élève de terminale au lycée César-Baldaccini (7e) et membre du Mouvement national lycéen 13 (MNL). Des spécialités doivent être supprimées, comme humanité, littérature ou philosophie. C’est triste que les générations futures n’aient pas accès aux dispositifs que nous avons connus nous. »

    D’après un communiqué de Sud éducation, publié le 9 mars, ce sont 80 heures qui devraient être perdues au lycée Nelson-Mandela (12e), 180 heures à Jean-Perrin (10e), 146 à Marie-Curie (5e), 100 à Montgrand (6e), 80 à Diderot (13e) ou encore 77 à Saint-Charles (1er).

    Luc, entré au MNL 13 au début du mouvement et élève de première à Saint-Charles, est, lui, directement concerné par ces importantes baisses de moyens : « 77 heures (…), c’est un énorme impact sur la qualité de l’enseignement qui est donnée. Par exemple, dans les classes de spécialité, qui sont les cours les plus importants, aujourd’hui on est 25 élèves. L’année prochaine, avec ces baisses de dotations, on sera 35 par salle. » Et Gwendal d’ajouter : « Notre objectif est d’élargir le plus possible la lutte, à la fois au niveau national, pour que d’autres lycées nous rejoignent, mais aussi aux autres institutions du service public. Nous nous sommes déjà unis avec certains étudiants postbac. » Le MNL 13 annonce une série d’actions organisées sur les deux prochaines semaines, qui ne prendront pas forcément la forme de blocus.

  • Primaire et secondaire, ensemble contre la baisse des moyens

    Primaire et secondaire, ensemble contre la baisse des moyens

    Les lycées Jacques-Chirac (2e), Marie-Curie (5e), Montgrand (6e) et César-Baldaccini (ex-Rempart-Vinci, 7e), ont été bloqués une nouvelle fois, mardi 24 mars, par les élèves. Au lycée Denis-Diderot (13e), une réunion publique a été organisée conjointement avec l’école primaire Malpassé (13e), en fin de journée, à l’annonce de la possible suppression de postes et de classes à la prochaine rentrée. Des professeurs de l’école Gilles-Vigneault (5e), également concernée par des fermetures de classes, ont tenu un rassemblement devant leur établissement.

    « Du public de qualité »

    Au lycée Baldaccini, mardi matin, les élèves ont bloqué les entrées de l’établissement pour la troisième fois depuis le début du mouvement, le 5 mars. « Il s’agit d’un blocage filtrant, pour permettre aux élèves qui ont des examens de passer », précise Gwendal, lycéen et membre du syndicat Mouvement national lycéen (MNL). Une délégation d’élèves et d’enseignants a été reçue par la direction pour « clarifier nos revendications », explique une professeure. Le proviseur, présent, n’a pas souhaité commenter. Selon les personnels en lutte, l’annonce d’une réduction de 50h de la dotation horaire impliquerait, dans ce lycée, « la suppression d’un poste de CPE, de plusieurs spécialités et de classes dédoublées ». Une session de tractage s’est organisée dans l’après-midi, devant le collège Gaston-Defferre, à deux pas, « pour visibiliser notre lutte et parce que 50% de ces collégiens viennent ensuite à Baldaccini. Il faut se battre pour un enseignement public de qualité et éviter l’hémorragie vers le privé. »

    Les primaires en colère

    Les écoles primaires ne sont pas en reste. Devant l’annexe Pardigon de l’école élémentaire Vigneault, une trentaine de professeurs et de parents d’élèves se sont réunis à 16h, ce mardi. « On a appris par les syndicats que la suppression d’une, voire deux classes, était sur la table. Ça voudrait dire plus d’élèves par cours, mais aussi la fermeture d’un des bâtiments de l’école, donc moins d’espace pour nos enfants », explique Célia, parent d’élève. Pierre, un autre parent, ajoute : « Notre école est en REP+, on a vraiment besoin de maintenir nos conditions d’enseignement. On risque juste de mettre nos enfants en échec. »

    Une réunion de travail doit se tenir, ce mercredi 25 mars, avec la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) et les syndicats, pour arbitrer des ouvertures et fermetures de classes. « Cette année, la DSDEN n’a pas informé les syndicats des hypothèses de travail en amont de la commission, au prétexte des élections municipales, raconte Sébastien Boistel, représentant syndical FSU-SNUipp et professeur à l’école Malpassé. On ne les a reçues que le 23 mars, alors qu’on parle quand même de la possible fermeture de 50 classes rien qu’à Marseille. » Contacté, le rectorat n’a pas encore donné suite.

    Mobilisation au collège l’Estaque

    Des parents d’élèves organisent un rassemblement, ce mercredi 25 mars, devant le collège l’Estaque (16e). Depuis le 12 janvier, un poste de professeur de français est vacant dans l’établissement. Conséquence : quatre classes de cinquième et quatrième se retrouvent sans solution de remplacement. Avec cette mobilisation, « nous souhaitons interpeller l’administration sur la situation et faire bouger les choses », explique Fabrice, l’un des parents d’élèves. Une pétition circule.

  • Le lycée Jean-Perrin rejoint la mobilisation

    Le lycée Jean-Perrin rejoint la mobilisation

    « Nous voulons que la mobilisation devienne nationale pour les jeunes », revendique Patrick Moreno, professeur d’anglais depuis 2003 et responsable FO au lycée Jean-Perrin (10e). Des professeurs réunis avec les sections syndicales, Snes-FSU, CGT Educ’Action et SNFOLC du lycée qui étaient en grève, jeudi 19 mars.

    Ils ont été prévenus en février de la suppression de 121 heures de la dotation globale horaire (DGH) allouée par le Rectorat de l’académie d’Aix-Marseille pour la rentrée prochaine. Ce jeudi matin, devant les grilles de l’établissement, une quarantaine d’entre eux tractaient et ont pris la parole à destination des élèves. « Cette journée a été mobilisatrice », se satisfait Patrick Moreno. « Les étudiants commencent à s’intéresser à la mobilisation et à avoir les informations », s’enthousiasme une professeure d’anglais.

    « Le ministère n’est pas à l’écoute »

    Teresa et Christell, représentantes des parents d’élèves du Mouvement départemental des parents d’élèves de l’enseignement public des Bouches-du-Rhône (MPE13) s’inquiètent de l’impact de cette baisse de moyens sur leurs enfants, leurs apprentissages et leur futur : « Ce qui en découle, ce sont des classes surchargées ou même des suppressions de classes et de professeurs », soulignent-elles. Alors que chaque année, le lycée accueille une centaine d’élèves en plus. Elles se désolent de voir que « le ministère n’est pas à l’écoute, l’Éducation nationale s’affaiblit » et les « élèves ne sont pas mis au centre de la table ».

    Des enseignants du lycée et les syndicats exigent auprès du Rectorat, le maintien de toutes les heures supprimées, le maintien de toutes les classes, tous les dédoublements et le maintien ou l’augmentation des moyens horaires à hauteur des besoins des élèves.

    Rassemblés en assemblée générale, les syndicats, représentants des parents d’élèves, représentants des lycéens et enseignants grévistes ont voté unanimement pour être reçus par l’administration de l’établissement sur ces suppressions d’heures. Un conseil d’administration du lycée devrait d’ailleurs avoir lieu le 30 mars sur la répartition des moyens pour la rentrée 2026.

    Une demande d’audience auprès des services du Rectorat avait été déposée pour ce jeudi 19 mars, et a été « relayée à trois reprises » selon Patrick Moreno. À l’heure où nous écrivons ces lignes, ils n’ont pas obtenu de retour. Contacté, le Rectorat n’a pas souhaité se prononcer en raison de la période de réserve électorale.

    La suppression de 3 256 postes annoncée, dans le projet de loi de finances 2026, du personnel enseignant de l’Éducation nationale à la rentrée prochaine impacte directement les établissements et les élèves. Jean-Michel, professeur en génie mécanique à la Section d’enseignement professionnel (SEP) et syndicaliste à la CGT Educ’Action, affirme que le retard de vote du budget pour 2026 a « un effet boule de neige » sur les décisions et les moyens alloués.

    « Situation de pourrissement »

    « Solidaire » avec ses collègues, c’est ce que souhaite montrer Bastien, professeur de lettres et histoire en SEP. Même si cette section n’est pas concernée par les baisses, il déplore tout de même « le manque de moyens mis en œuvre » pour répondre aux besoins particuliers des élèves en situation de handicap. « Avec une classe de 30 élèves, nous sommes censés être en demi-groupe, mais nous sommes en classe entière et il y a un manque de matériel pédagogique », explique-t-il.

    « Le budget pour l’économie de guerre augmente, mais les coupes sont drastiques pour les hôpitaux et l’éducation », s’indigne Patrick Moreno. « La jeunesse a raison de se mobiliser, c’est une situation de pourrissement », conclut-il. Il aimerait que les lycéens de Jean-Perrin s’organisent pour faire entendre leur voix dans ce mouvement.

    La mobilisation se poursuit dans le département. L’intersyndicale éducation des Bouches-du-Rhône appelle à la grève le jeudi 26 mars avec un rassemblement à 11h aux Réformés, suivi par une manifestation jusqu’à la Direction des services départementaux de l’éducation nationale des Bouches-du-Rhône (DSDEN) et à 14h une assemblée générale des personnels en lutte à la Bourse du Travail pour décider des suites.

  • L’Occitanie maintient le cap malgré les coups fourrés de l’État

    L’Occitanie maintient le cap malgré les coups fourrés de l’État

    Trois milliards et cinq cent quatre millions d’euros. Tel est le montant du budget 2026 pour l’Occitanie, voté jeudi 12 février par le conseil régional malgré l’opposition de la droite et du RN. Un montant stable comparé à l’an passé en dépit d’un nouveau mauvais coup de l’État.

    Par le jeu pervers de la baisse des dotations qui lui sont allouées, la Région a dû composer un budget à l’équilibre avec 144 millions d’euros de recettes en moins (-108ME au titre des dotations et -36,7ME au titre de la compensation de la taxe professionnelle supprimée par Nicolas Sarkozy). « Nous sommes la Région la plus impactée après les Hauts-de-France et la Normandie alors même que l’Occitanie est la région la plus enclavée et la plus touchée par le réchauffement climatique », peste Carole Delga. Depuis 2023, le manque à gagner s’élève à 500 millions d’euros.

    La présidente socialiste n’y va pas par quatre chemins et dénonce une loi de finances « injuste » votée par le gouvernement, qui pénalise deux fois plus l’Occitanie que d’autres quand on rapporte ces sommes au nombre d’habitants (6,12 millions ici). Un effort de 20% demandé aux collectivités jugé « inégalitaire », celles-ci ne représentant que 6,5% de la dette publique et contribuant pour 70% à l’investissement public. « Cette décision est grave », estime Carole Delga, qui s’est fendue d’un courrier au Premier ministre cosigné par les 14 autres présidents de Région.

    177€ investis par habitant

    Au prix de choix de mutualisation, d’économies par-ci par-là (-0,8% sur le fonctionnement) et grâce à la mobilisation de crédits européens, l’Occitanie parvient à maintenir le cap budgétaire. Avec sobriété et efficacité. La maîtrise de la dette régionale (7 ans pour rembourser, en deçà du seuil d’alerte de 9 ans) couplée à une capacité d’autofinancement satisfaisante (509 millions d’euros) permet à la collectivité de continuer à investir (1,15 milliard d’euros). Soit l’équivalent de 177 euros investis par habitant contre 152 euros en moyenne.

    Les principaux dispositifs liés au pouvoir d’achat des familles seront maintenus. Par exemple l’ensemble des mesures (Ordis, livres et cars Lio gratuits…) qui font que l’Occitanie propose « la rentrée la moins chère de France » pour les lycéens. La Chambre régionale des comptes ayant salué la hausse de fréquentation des TER de 68% depuis 2019, pas de raison de changer de stratégie ferroviaire. Les 14 millions de billets à 1 euro continueront à être proposés cette année.

    Malgré une tentative de désengagement de l’État sur le projet de TGV Toulouse-Bordeaux-Dax, pour lequel les travaux ont débuté, Carole Delga maintient son soutien total à l’autre ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan mais ne cache pas son inquiétude. « Le recours à un Partenariat public privé (PPP) sur Bordeaux-Toulouse entraînerait un surcoût de 7,3 milliards d’euros. Sur le TGV, l’État est défaillant. »

    En 2026, la présidente socialiste compte recruter dans les maisons de santé d’Occitanie le 150e médecin. Là encore pour pallier les déserts médicaux et les errances de l’État, compétent en matière de santé publique. D’ici quelques jours sera présenté au salon de l’agriculture un « pacte de souveraineté agricole », qui sera soumis au vote en juin prochain. Afin de créer les 25 000 emplois annuels nécessaires pour contenir le chômage qui reste élevé (9,2% au 3e trimestre 2025), la Région promet aussi de maintenir ses aides à la formation et aux entreprises ainsi qu’un budget culture « volontariste ». Enfin, les « projets les plus urgents » pourront être subventionnés auprès des communes, exsangues. En juin, Carole Delga promet de s’entretenir avec les nouveaux maires élus.