Tag: subventions

  • Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    La mission locale du Pays de Martigues tire la sonnette d’alarme. Alors que les baisses de dotations se succèdent année après année, « les nouvelles économies qui pourraient nous être demandées auraient désormais des conséquences radicales et impacteraient la pérennité de notre association », écrit le conseil d’administration dans une résolution.

    La principale ressource de la structure, qui couvre six communes de l’ouest du département (Martigues, Port-de-Bouc, Sausset-les-Pins, Carry-le-Rouet, Ensuès-la-Redonne et Saint-Mitre-les-Remparts), est « la subvention versée par l’État », explique Pierre Dharréville, le président de la structure. En 2023, elle s’établissait à environ 1 million d’euros. Après des réductions de 16%, de 6% puis de 8%, « on nous annonce pour 2027 une diminution de 5,55% », sans compter une éventuelle baisse de dotation de 6% du côté de la Métropole. Au total, l’antenne perdrait plus de 80 000 euros.

    Capacité d’accueil restreinte

    Depuis 2023, la Mission locale du Pays de Martigues Côte Bleue a déjà vu son budget amputé de 353 000 euros. « La pyramide des âges a permis de contenir la charge de personnel, donc l’hémorragie », et de continuer d’accompagner 1 800 jeunes à l’année, détaille son directeur Fayçal Abed. « Aujourd’hui, on n’est plus en mesure de supporter ces baisses de dotations », assure-t-il. Des effets directs commencent à se faire ressentir, avec le non-remplacement d’une chargée d’entreprise. Deux autres équivalents temps plein sont menacés pour l’exercice 2027, avec, à la clef, une « capacité et une qualité d’accueil restreintes ».

    Fayçal Abed s’inquiète : « Moins on a d’agent pour recevoir les jeunes, moins on sera en mesure de satisfaire les besoins, d’autant que les besoins se complexifient. Le traitement ne se fait pas uniquement sur l’emploi, il se fait aussi sur la santé, la formation, le logement, la mobilité… Les situations que rencontrent les jeunes sont multi-factorielles et nécessitent plus de temps et d’engagement de nos conseillers ». Pierre Dharréville s’agace : « Ce serait quand même hallucinant qu’avec le mouvement de la jeunesse que nous avons dans tout le pays on s’attaque à un des outils qui permet de l’accompagner ». Le conseil d’administration appelle l’État à renoncer aux baisses annoncées, et la Région et la Métropole à revenir à la subvention initiale.

  • L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    Après 16 ans d’existence, l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions est menacé. En seulement quatre ans, ce centre de recherche scientifique et participatif a perdu près de la moitié de son budget, soit environ 300 000 euros. « Il y a une réduction générale des financements, explique son directeur Philippe Chamaret. Ça fait plusieurs années qu’on en pâtit et qu’on recherche des fonds complémentaires. Aujourd’hui, on a un manque de moyens pour le fonctionnement minimum nécessaire pour mettre en œuvre les actions. Ce n’est pas tenable de consacrer 70% du temps de travail d’une équipe scientifique à chercher des financements. »

    Le budget de l’Institut repose à la fois sur les subventions des collectivités (essentiellement la Métropole), les appels à projet « de l’Agence nationale de la recherche, de l’Ademe, etc », et sur les missions cadrées dans le temps « comme ce qu’on fait à Lyon sur les PFAS », détaille Philippe Chamaret. Aujourd’hui, « l’inversion des flux financiers de l’État vis-à-vis des collectivités fait que certaines communes et la Métropole sont en grande difficulté et réduisent leurs contributions auprès du tissu associatif », dénonce-t-il.

    La problématique n’est pas nouvelle. Jusqu’en 2018, l’Institut employait 13 personnes. Depuis, les effectifs ont été restreints à 9 salariés, dont 6 scientifiques. Mais pas question de réduire la voilure davantage. « Le schéma de l’Institut c’est avoir une équipe transversale, souligne le directeur. Enlever une personne, une fonction, ça n’aurait plus de sens. » C’est cette pluridisciplinarité qui a fait la réussite de l’organisme, pionnier en matière de sciences participatives, qui s’est aujourd’hui dupliqué dans trois autres territoires.

    Philippe Chamaret appelle à une mobilisation et à une réflexion d’ensemble pour imaginer un mode de financement plus pérenne. Avec une piste d’ores et déjà identifiée : créer une structure, un fonds ou une fondation, alimentée par tous les financeurs potentiels, « dont les industriels, qui aujourd’hui ne contribuent pas aux recherches en santé environnementale sur leurs émissions ». « On partirait sur une base plus lisible », assure-t-il. Cette concertation est une « nécessité », à l’heure où la réindustrialisation du bassin de Fos-Berre « va changer la nature des polluants ». « Si on investit pour inventer d’autres modes de production, il faut aussi investir dans la connaissance de ces nouveautés. »

  • Coupe de subventions en vue pour la MJC de Château-Arnoux-Saint-Auban

    Coupe de subventions en vue pour la MJC de Château-Arnoux-Saint-Auban

    L’annonce a été un choc pour les salariés de la MJC de Château-Arnoux-Saint-Auban et les jeunes qui y sont accueillis toutes les semaines : la mairie les a informés de sa volonté de supprimer la subvention de 20 000 euros dont l’association bénéficiait pour la jeunesse. L’agent du CCAS, mis à disposition pour animer le point information jeunesse, va également devoir arrêter sa mission en décembre, sur demande de la mairie. Le point information, qui permet d’orienter les jeunes de 11 à 30 ans vers la mission locale, pour leurs démarches, le permis ou encore la santé, va ainsi cesser d’exister. Une vingtaine de jeunes y sont accompagnés à l’année, et 800 jeunes bénéficient d’interventions et d’ateliers dans leurs établissements scolaires chaque année.

    « Le maire Philippe Bertrand a demandé à nous recevoir pour nous annoncer la coupure de subventions suite à un audit qu’ils ont fait après leur élection. Il conclut qu’il faut faire des économies. C’est tout leur argument », avance Chloé Droulin, coordinatrice de la MJC. « Ils nous disent qu’il n’y a plus d’argent, mais pourquoi c’est sur les jeunes qu’on fait des économies ? », se questionne-t-elle. « Nous sommes prêts à participer à un effort collectif, mais pas supprimer la totalité de la subvention pour les jeunes. »

    Les jeunes à l’origine

    d’une pétition

    Les adolescents accueillis au sein de l’association ont écrit une pétition pour défendre leur MJC. Les jeunes qui siègent au conseil d’administration de l’association vont se réunir à la rentrée pour décider de la suite de leur mobilisation.

    Quand la nouvelle est tombée, « je l’ai très mal pris, je cherchais les raisons, pourquoi nous. J’étais choquée et triste », regrette Isis, 16 ans, habituée du lieu. « J’ai toujours pas compris pourquoi la MJC », abonde Clémentine, 14 ans, qui vient tous les samedis. Seul lieu dédié aux jeunes de la commune, la MJC a accueilli une quarantaine de jeunes depuis janvier, avec un noyau de quinze adolescents qui viennent très régulièrement. Avec la coupure de subvention, l’emploi de Marie Loup-Forest Argemi, coordinatrice du projet jeunesse, est également menacé.

    « On est les seuls à avoir une coupe aussi drastique, mais ils ont annoncé des coupes budgétaires à plein d’autres associations », affirme Chloé Droulin.

    Contacté, le maire Philippe Bertrand n’a pas répondu à nos sollicitations. La pétition* rassemble à ce jour plus de 350 signatures en ligne, et près de 90 en papier, selon Marie Loup-Forest Argemi.

    *change.org/p/pétition-pour-maintenir-l-accueil-jeunes-de-la-mjc-de-château-arnoux-saint-auban

  • À Marseille, ces agriculteurs manifestent pour défendre le pluralisme syndical

    À Marseille, ces agriculteurs manifestent pour défendre le pluralisme syndical

    On nous coupe les vivres », a asséné Yoann Le Lay, éleveur dans les Alpes-de-Haute-Provence et secrétaire du réseau régional Ardear (Association régionale pour le développement de l’emploi agricole et rural). Mobilisé devant l’Hôtel de Région à l’occasion de l’assemblée plénière, vendredi matin, il a dénoncé : « Depuis 17 ans, la Région finance nos dossiers d’accompagnement pour renouveler les générations agricoles. Au mois d’août, elle a supprimé les 100 000 euros annuels pour le travail qu’on a démarré en janvier. »

    En avril, la Région justifiait alors à Ardear « avoir fait le choix de financer le réseau consulaire avec la Chambre régionale d’agriculture, l’heure n’étant pas à la dispersion, mais à l’optimisation des moyens ».

    « C’est inacceptable, les chambres consulaires ne font pas le même travail que nous », s’indigne le secrétaire de l’organisme, qui accompagne un tiers des porteurs de projets agricoles en région Paca. « On travaille dessus depuis vingt ans et on a des résultats, c’est incompréhensible », regrette-t-il.

    « La démocratie part en lambeaux », déplore Yannick Becker, porte-parole de la Confédération paysanne en région. Cet arboriculteur, maraîcher et éleveur dans les Alpes-de-Haute-Provence cible la modification de la clé de répartition de la subvention aux syndicats agricoles (lire notre article du 4 août) : « En basculant presque l’ensemble des financements sur la FNSEA-JA, la Région fragilise le pluralisme syndical et pénalise 26% des agriculteurs et agricultrices représentés par la Confédération paysanne. »

    En attente de réponses

    « C’est clairement une question de posture, insiste Yannick Becker en désignant la réorientation du budget. Ce n’est pas le moment de mettre une force représentative, qui amène un discours différent de celui de l’agriculture industrielle, de côté. » De son côté, l’Ardear reproche à la Région « une contradiction totale avec la dernière loi d’orientation agricole qui vise expressément les publics accompagnés par l’association ».

    L’Ardear indique avoir déposé un recours gracieux et la Confédération Paysanne un recours contentieux, ces dernières semaines.

    Contactée, la Région nous indique « vouloir engager le dialogue prochainement ».

  • Des finances au logement, les dossiers du conseil municipal de Marseille

    Des finances au logement, les dossiers du conseil municipal de Marseille

    À l’issue des différentes commissions et de conseils d’arrondissement particulièrement orageux, dans les couloirs de l’hôtel de ville, chacun s’accorde à dire que le conseil municipal de rentrée, qui se tient ce vendredi matin, s’annonce long. Et animé.

    Au-delà d’un ordre du jour chargé, avec quelque 167 délibérations inscrites à l’ordre du jour, les élus d’extrême droite dans les différents secteurs de la ville ont déjà exprimé leur réticence, voire leur opposition, à toute construction de logements sociaux, et surtout à une série de subventions de solidarité. Parmi elles, la Ville de Marseille renouvelle son soutien à SOS Méditerranée, qui a son port d’attache dans la cité phocéenne. Pour la première fois, ce soutien ne sera pas accueilli par les outrances haineuses de l’ex-sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier.

    Mais, dans ces délibérations, le rapport de la chambre régionale des comptes consacré à la gestion de la municipalité marseillaise de 2018 à 2024 a beau être relégué à la fin de l’ordre du jour, il est déjà au cœur de toutes les attentions. Tandis que l’opposition de droite est déjà montée au créneau, c’est le maire (DVG), Benoît Payan, qui devrait y apporter une réponse politique. La réponse technique, elle, est déjà en partie inscrite dans le budget supplémentaire. Face aux reproches d’une fiabilité des comptes insuffisante, la municipalité opère « des régularisations nécessaires sur les écritures très anciennes datant du début des années 2010 ». Mais il faut aussi ajouter 16,5 millions de dépenses supplémentaires en fonctionnement, dont 5 millions d’euros seulement pour les dépenses d’énergie face aux canicules respectives.

    Des bambins aux étudiants

    Face à cet ordre du jour chargé, le conseiller d’opposition (Ren.) Romain Simmarano tiquait, face à la presse : « Il y a des absences qui pèsent plus que des présences. » En reprochant à la majorité de ne pas inscrire d’ores et déjà ses promesses de campagne phares. Les dossiers pourtant ne manquent pas. À commencer par le logement (notre édition du 15/10) avec la présentation d’un plan de lutte contre la vacance à Marseille et la validation, après celle en bureau de la Métropole, des conventions pour les opérations d’intérêt national de requalification de quatre copropriétés dégradées, à Marseille. S’y ajoute aussi la relance de l’assurance logement, avant des tarifs renégociés encore à la baisse.

    Au-delà du renouvellement des gratuités d’activités pendant les prochaines vacances scolaires et de la prise en charge par le centre communal d’action sociale des gratuités du périscolaire, la municipalité doit approuver les financements d’une nouvelle crèche municipale à Malpassé (13e), d’une trentaine de berceaux, pour 1,8 million d’euros. En même temps qu’elle fixe ses orientations en matière d’accueil du jeune enfant face aux carences dans les quartiers populaires et la multiplication des très lucratives micro-crèches privées.

    Le projet d’un deuxième réseau de chaleur doit aussi être présenté, d’abord dans le 13e arrondissement pour raccorder les résidences de la Rose et de Frais-Vallon à la copropriété du parc Corot, pour une première phase prévue à l’horizon 2031. Un réseau qui atteindrait à terme, en 2036, quelque 46 km pour desservir 195 bâtiments en récupérant la chaleur de l’usine de potabilisation de Sainte-Marthe, des industries locales et d’une centrale biomasse. Enfin, l’ordre du jour rejoint l’actualité des mobilisations, avec une nouvelle aide en soutien aux étudiants, avec pour l’instant une amorce de 100 000 euros.

  • À Marseille, les élèves de Marie-Curie salués en mairie des 4-5

    À Marseille, les élèves de Marie-Curie salués en mairie des 4-5

    « Notre devoir est d’écouter et de comprendre, et à la jeunesse mobilisée je veux dire simplement que je vous ai entendu, que je vous comprends et que je vous soutiens », lance Didier Jau, maire écologiste des 4e et 5e arrondissements de Marseille en préambule de la séance, mardi soir. Il confirme par ailleurs que des espaces municipaux seront ouverts, à la demande, durant les vacances d’automne. L’édile a glissé un mot pour Enzo, élève du lycée Marie Curie « blessé mercredi dernier alors qu’il se mobilisait pacifiquement aux côtés des enseignants ».

    Face aux élus et aux habitants présents, Antonin prend la parole au nom de ses camarades : « nos attentes sont les mêmes que les élèves de Saint-Exupéry dans le 15e arrondissement de Marseille, de Saint-Denis en banlieue parisienne, de Lyon, ainsi que de tous les autres établissements mobilisés dans ce mouvement : travailler dans des conditions dignes et saines ». C’est en ce sens que vient la question de la rénovation du bâti : « Que devons-nous attendre ? Que des élèves fassent des malaises de chaleur dans les classes l’été ? Que nos toits perforés finissent par nous tomber sur la tête ? Que des étudiants tombent malades dans des classes dépourvues de quelque chaleur que ce soit l’hiver ? ». Et demande, à la mairie d’arrondissement d’accorder des subventions à son lycée.

    Lycéens, enseignants et personnels de l’établissement ont déjà arraché une première victoire et pas des moindres. La vice-présidente de la Région en charge des lycées s’est engagée, la veille, à faire voter une enveloppe de 53 millions d’euros pour la restructuration de l’établissement. « Je ne sais pas si vous mesurez ce que ça représente dans le budget lycée de la Région. C’est à peu près la moitié. C’est la preuve que seule la lutte paye ! », pousse Imrane Trocmé, élu insoumis du secteur. « Si nous voulons que ce mouvement authentiquement social puisse porter et faire aboutir ses revendications, nous devons l’accompagner », renchérit William Leday, adjoint Génération.s, au maire. Les élus d’extrême droite n’ont, quant à eu, pas adressé un mot aux lycéens

  • Le conseil municipal de Martigues sollicité pour confier l’urbanisme industriel à l’État

    Le conseil municipal de Martigues sollicité pour confier l’urbanisme industriel à l’État

    C’est la pierre angulaire du renouveau industriel du territoire, du moins pour le volet administratif. Le conseil municipal de Martigues, prévu jeudi soir à 17h45, est sollicité pour émettre un avis sur le périmètre concerné par l’Opération d’intérêt national (OIN) sur la commune.

    En l’occurrence, il s’agit de l’emprise du projet de réindustrialisation et de décarbonation Fos-Berre-Provence, principalement établi sur les rives du canal de Caronte et sur toute la plateforme pétrochimique de Lavéra. Concrètement, cela veut dire que si le conseil municipal approuve cette décision, l’État prendrait la main sur les autorisations d’occupation des sols et sur les demandes de permis de construire, en lieu et place de la collectivité. Même chose pour les permis d’aménager, de démolir et pour se prononcer sur les projets soumis à déclaration préalable. Le droit de préemption est aussi transféré à l’État, qui peut décider ou non de zones d’aménagement concerté ou différé, des outils d’urbanisme.

    Des subventions

    Outre ce sujet d’ampleur, le début du conseil sera consacré à l’opération Martigues en couleurs. Trois délibérations sont prévues pour l’attribution des subventions de mise en valeur des devantures commerciales et d’activités, d’embellissement des façades et des paysages de Provence, ainsi que pour la réhabilitation des logements pour l’année 2026.

    Ce dispositif d’aide à la restauration immobilière avait été présenté avec le budget 2026, en mai dernier, et doté d’1,5 million d’euros à cet effet.

  • La politique du quotidien en débat au conseil municipal d’Istres

    La politique du quotidien en débat au conseil municipal d’Istres

    « Nous assistons à un changement de politique », estime le conseiller municipal d’opposition David Gibaud (PCF) à la lecture de l’ordre du jour du conseil municipal de ce jeudi soir. Avec 33 délibérations au menu, cela apparaît « étonnamment léger » pour l’élu.

    Particulièrement après présentation publique de l’audit financier demandé par le maire (LR) Robin Prétot (La Marseillaise du 29 septembre). « J’avais demandé à ce qu’il soit présenté au conseil municipal avant le public, car il mérite débat », regrette l’élu d’opposition. « Le ton alarmiste avec lequel il a été annoncé ne reflète pas tout à fait la réalité, il n’a pas été pointé de problème de gestion et le ton a changé », fait-il remarquer. Le changement de politique prédit par Éric Gibaud va se traduire par « des choix politiques desquels il ne sera pas possible de se cacher derrière l’ancien mandat ».

    Parmi les points à l’ordre du jour figurent la création d’une crèche privée pour le compte du ministère des Armées, une convention entre la Ville et le foyer du collège Savary pour recevoir dons et subventions pour financier les voyages scolaires, ainsi qu’un débat sur la complémentaire santé (mutuelle) des agents communaux.

    « On ne va pas beaucoup s’opposer, surtout quand des mesures semblent aller dans le bon sens comme la crèche des armées », commente David Gibaud. Mais des questions persistent : « Est-ce que ce qui est envisagé pour la complémentaire des agents suit les augmentations de tarif des mutuelles ? » souligne-t-il notamment, craignant du reste « la réduction de la participation aux voyages scolaires et les budgets des associations, qui devront soit arrêter soit facturer plus cher les licences de foot ou de basket ». Le débat est ouvert ce soir.

  • La Ville de Briançon acte la vente du fort des Têtes

    La Ville de Briançon acte la vente du fort des Têtes

    « Une séance historique » : ce sont les mots utilisés par Arnaud Murgia (DVD), le maire de Briançon, pour qualifier la séance du conseil municipal de ce mercredi 30 septembre. Pour cause, le rachat du fort des Têtes et sa cession à la Solideo, la société publique en charge des aménagements des Jeux olympiques 2030, qui prévoit de le transformer en village olympique, ont été actés. Un projet qui inquiète le groupe d’opposition de gauche Briançon territoire vivant, mais aussi plus d’une centaine de citoyens réunis dans le collectif Non au village olympique au fort des Têtes de Briançon : plusieurs dizaines d’entre eux ont fait le déplacement à la mairie pour montrer leur mécontentement face au vote. Une pétition a été lancée et récolte déjà plus de 8 000 signatures.

    Le fort Vauban, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, doit être acheté à l’état pour 242 000 euros. La Ville va ensuite céder cinq bâtiments à la Solideo pour près de 47 000 euros. « Depuis des années, les élus ont cherché des solutions pour sauver ce patrimoine, a rappelé le maire avant la délibération. C’est une chance unique de le réhabiliter » La Solideo se chargera des travaux de restauration des bâtiments. Les remparts resteront à la charge de la Ville, qui sera « bénéficiaire de subventions d’un montant jamais connu ici ».

    Création de logements sociaux

    Au-delà de sauver le bâti, le projet prévoit de répondre à un besoin criant à Briançon : la création de logements sociaux. Le village olympique permettra d’accueillir près de 1 000 athlètes pendant les Jeux. La Solideo devrait ensuite céder les bâtiments au promoteur immobilier privé Linkcity, une filiale du groupe Bouygues.

    Au total, 72 logements sociaux et en accession sociale à la propriété seront disponibles au plus tard en janvier 2031. « C’était ma promesse : que l’héritage du village olympique réponde aux à l’intérêt général des habitants », a insisté Arnaud Murgia. De plus, une résidence hôtelière, des équipements de services et des places de stationnement pour les futurs habitants devraient y voir le jour.

    « Les JO font beaucoup parler, a renchéri Stéphane Régnier du groupe d’opposition Briançon Territoire Vivant. Les associations qui s’y opposent reçoivent de plus en plus de soutien. Entendez notre population et ralentissez ! Les Jeux peuvent donner de beaux projets, mais seulement si vous intégrez les citoyens. »

    « Au lieu de susciter un engouement chez les habitants, on a des incertitudes sur le coût final, les délais et cette promesse d’héritage, a poursuivi Maxime Brousse du même groupe d’opposition. Nous avons besoin d’engagements fermes pour rassurer les Briançonnais et restaurer la confiance. »

    Agathe Di Lenardo

  • [Entretien] Hami Kahia-Tani, Emmaüs : « Ce n’est pas tenable, on doit trouver des solutions »

    [Entretien] Hami Kahia-Tani, Emmaüs : « Ce n’est pas tenable, on doit trouver des solutions »

    La Marseillaise : Êtes-vous inquiet de la flambée du prix de l’essence ?

    Hami Kahia-Tani : Sincèrement, sincèrement, c’est très préoccupant pour nous. On va avoir une réunion vendredi pour en parler collectivement. Il va falloir trouver des solutions.

    Pour les livraisons de gros achats, ou pour aller chercher des dons, nous nous déplaçons en camion sur un secteur très étendu dans tout Marseille et jusqu’à La Ciotat. Les bénévoles qui œuvrent sur la communauté viennent avec leur propre voiture, ce n’est pas possible que cela leur coûte de l’argent.

    Envisagez-vous de ne plus sortir, si les prix continuent de grimper ?

    H. K.-T. : Cette solution est complètement inenvisageable, ça serait la mort assurée d’Emmaüs. Pour fonctionner, nous avons besoin de dons et de les vendre pour faire vivre notre communauté et les gens qui y travaillent. Nous ne bénéficions pas de subventions publiques pour l’accueil des compagnons, ni de dons pécuniaires de particuliers.

    Avez-vous chiffré le coût des déplacements ?

    H. K.-T. : Là, tout de suite, je ne sais pas précisément. Mais je me souviens qu’en 2022, on avait pris 40% d’augmentation sur le gazole. Et là, j’entends ce [lundi] matin, que les prix ont atteint un nouveau record dimanche. Autour de 2,41 euros le litre ?! Ce n’est pas tenable. On ne peut pas rester les bras croisés.

    Pensez-vous à des alternatives ?

    H. K.-T. : On doit trouver des solutions, nous devons nous adapter. Nous avons trois camions thermiques, pourquoi pas acquérir un camion électrique ? À Marseille, Emmaüs Pointe Rouge l’avait fait pour ses petits-déjeuners.
    Mais pour ça, il nous faut des aides… Ben, je lance un appel !