Tag: subventions

  • L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    Un pillage en règle des fonds de la recherche publique. Comme à Paris, Toulouse ou Grenoble, ingénieurs, chercheurs, directeurs de recherche se sont retrouvés ce jeudi 11 juin sur la place Charles-de-Gaulle pour dénoncer les baisses de subventions successives opérées par l’État envers les établissements publics de recherches. CNRS, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria)… Tout le monde est concerné.

    « Ils sont allés taper dans les fonds de roulement, les ressources propres fléchées et non fléchées. On est à l’os », résume Didier Gori, secrétaire régional du SNTRS (Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique)-CGT Provence Corse, ingénieur chimiste de l’environnement.

    Concrètement, toutes les strates du budget des laboratoires sont touchées. D’abord l’argent que ces derniers réussissent à décrocher dans le cadre de partenariat avec les entreprises, « qui améliore l’ordinaire et permet notamment d’acquérir du matériel ou de l’entretenir », commente le syndicaliste. C’est sur cet apport aussi que « nous réalisons les travaux préliminaires de nos recherches qui vont nous servir à décrocher des projets, car nous devons tout justifier », ajoute Véronique Alphand, du Syndicat national de la recherche scientifique (SNCS)-FSU, chercheure en chimie « en interface avec la biologie ».

    Les financements obtenus auprès de l’Agence nationale de recherche (ANR), de l’Europe sont aussi concernés assurent les syndicats. L’Agence voyant ses possibilités revues à la baisse de 9% s’indigne Didier Gori. « France 2030 sera impactée de 100 millions, la Mission interministérielle Recherche et Enseignement supérieur (Mires) de 139 millions d’euros », liste-t-il. Des coupes qui s’ajoutent au milliard d’euros d’économie annoncé par le gouvernement sur les services publics, avec 62,2 millions en moins pour les établissements de recherche publique.

    Les CDD gelés au CNRS

    Les conséquences se font sentir. Dans une lettre adressée ce vendredi 8 juin aux directeurs d’instituts, délégués régionaux et directeurs d’unités, le patron du CNRS détaille des mesures conservatoires pour coller au budget « rectificatif » où Bercy réclame l’annulation de 20 millions d’euros supplémentaires. Sur la « masse salariale limitative », 70% des recrutements ou renouvellement d’agents en CDD sont gelés jusqu’au 30 septembre. Sur les fameuses « ressources propres », 100% des recrutements d’agents en CDD sont gelés. À noter que le CNRS Paca Corse, avec ses 82 structures de recherche, 1 008 chercheurs, 1 238 ingénieurs, techniciens et administratifs dont 727 contractuels, 222 doctorants, et 277 millions d’euros de budget annuel est parmi « les investissements les plus conséquents du CNRS en région », indique son site Internet.

    Conditions de travail dégradées, turn-over important dans l’administratif, manque d’attractivité, s’ajoutent à la mise en péril des projets témoignent les manifestants. Nathan qui travaille au laboratoire d’astrophysique de Marseille, déplore la mise en concurrence à l’intérieur même de l’unité. « On met à mal la recherche fondamentale », se désole un autre collègue. Tout ça au profit d’une « économie de guerre », s’agace Didier Gori, alors que face « aux défis environnementaux, climatiques, sociétaux », la recherche a toute sa place, estime-t-il, lui qui travaille justement au quotidien sur la pollution.

    « Un pays qui n’investit plus dans sa recherche, c’est un pays qui perd sa souveraineté », pose le syndicaliste. Et un « déni démocratique », embraye Véronique Alphand. « Lutter contre le complotisme ambiant, montrer que la science ça sert c’est aussi ça l’intérêt de la recherche », assène-t-elle.

  • Levée de boucliers pour défendre le Planning familial de Carpentras

    Levée de boucliers pour défendre le Planning familial de Carpentras

    « On ne laissera pas tomber le territoire de Carpentras et les personnes vulnérables qui ont besoin que l’on soit auprès d’elles », clame Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial en Vaucluse, trois jours après que la municipalité RN de Carpentras a voté en conseil municipal la suppression des subventions qu’elle accordait à l’association.

    Une aide de 3 000 euros par an qui ne sera donc plus versée. « Le Planning familial n’arrête pas de taper gratuitement sur le Rassemblement national », reprochait ainsi ce vendredi 5 juin le premier magistrat, qui est aussi député (RN), Hervé de Lépinau. Une somme « qui ne représente pas grand-chose dans notre budget de 900 000 euros. C’est plus symbolique », regrette la présidente, qui rétorque qu’elle ne « tape pas gratuitement » sur le parti à la flamme, mais que « c’est parce que nous défendons les droits fondamentaux que sont pour nous l’IVG, l’égalité hommes-femmes, la contraception, l’éducation à la sexualité. Des droits acquis en termes de santé sexuelle qui peuvent être en danger. On a des idées fondamentalement opposées », pose-t-elle.

    Le maire s’est également permis comme commentaire que la structure « n’est pas là pour pourrir davantage le cerveau » des adolescents « pour aggraver cette question de l’identification de leur identité ». Une référence à une affiche du Planning familial, datant de 2022, présentant un couple au sein duquel un homme transgenre attend un enfant. « Cette affiche peut, sortie de son contexte, questionner », concède la responsable associative. Mais elle explique que cette communication avait été réalisée dans le cadre d’une formation destinée à des personnes déjà en transition de genre. « L’information n’est ni triée, ni sélectionnée, ni expliquée, ni contextualisée. On les accompagne plus qu’on ne les bouleverse », conclut Anne-Lise Nadaud.

    « Conséquences sanitaires »

    Plusieurs formations politiques de gauche ont dénoncé cette décision. Le Parti socialiste regrette dans un communiqué que cela « apparaît comme un mauvais signal envoyé aux acteurs associatifs et à tous ceux qui œuvrent au quotidien pour la cohésion sociale et l’émancipation de chacun ». « En réalité, ce n’est pas le Planning familial qui n’aime pas le RN, mais le RN qui n’aime pas le Planning familial. La liberté pour les femmes, leur libre choix, n’est donc pas dans l’ADN du RN et donc de Monsieur de Lépinau. Chacune, chacun devra s’en souvenir », pointe de son côté la section vauclusienne du PCF. Tandis que la Ligue des droits de l’Homme rappelle que « cette décision ne peut être dissociée des positions publiques du député RN Hervé de Lépinau sur l’interruption volontaire de grossesse. Il a notamment qualifié l’avortement de délit et comparé l’IVG à des génocides tels que la Shoah ».

    Dons sur helloasso.com

  • Une crèche menacée de fermeture, les parents inquiets

    Une crèche menacée de fermeture, les parents inquiets

    La guerre est déclarée entre la communauté de communes et la crèche Hakuna Matata, ouverte en janvier à Saint-Maime : la direction et les parents craignent une fermeture, faute de subventions. Ce sont 37 familles qui risquent de se retrouver sans mode de garde et neuf salariés sans emploi. Cette crèche est « la plus remplie de l’intercommunalité », selon ses gérants. « Elle n’est pas en concurrence avec les autres, mais complémentaire : on ouvre plus tard le soir, si besoin le samedi », avance son président, Guillaume Santacreu. Selon lui, « un groupe de personnes a tout fait pour faire exploser le projet ». « Les personnes concernées font un blocage et nous mettent des bâtons dans les roues », affirme-t-il. Si la situation ne s’arrange pas, lui et sa sœur Victoria, directrice de la crèche, redoutent de devoir fermer à la fin du mois.

    « Comme j’avais peur que la crèche ferme, je me suis renseignée à celle de Saint-Michel-l’Observatoire, et la directrice m’a dit que la communauté de communes leur avait demandé de garder des places au cas où notre crèche fermait », affirme Léa, mère d’un des enfants gardés à la crèche Hakuna Matata. La majorité des enfants qui y sont gardés ont été refusés dans les autres crèches du territoire. Les listes d’attente sont longues pour réussir à décrocher une place. « Son père a dû arrêter de travailler pendant un an parce que la nounou a arrêté de le garder », témoigne Sarah Didierlaurent, mère du petit Sorën gardé à Hakuna Matata. « J’espère ne pas avoir à enlever mes enfants de cette crèche. J’en suis très contente : les horaires sont formidables pour ceux qui travaillent tard à Manosque. C’est pour ça que j’ai mis mes enfants ici », avance Léa.

    Un élan de solidarité

    Un véritable élan de solidarité a été initié par les parents d’enfants gardés à Hakuna Matata. L’une des mamans, qui a réussi à obtenir un rendez-vous avec le président de la communauté de communes, propose « une opération escargot dans son bureau », ou encore « une pétition en ligne à pousser sur tous les canaux possibles et imaginables ».

    Jeudi, les gérants de la crèche ont réussi à obtenir un rendez-vous le 30 juin avec la CAF, le Département et la communauté de communes. Les gérants de la crèche demandent 180 000 euros, puis 150 000 euros par an à l’intercommunalité.

    Contacté, le président de la communauté de communes explique que l’intercommunalité « compte déjà quatre crèches publiques ». « On savait qu’une telle activité était vouée à l’échec. Je refuse toute participation », explique-t-il. Selon lui, il y a assez de places pour accueillir les enfants dans les autres crèches. Le sujet est inscrit à l’ordre du jour du prochain conseil communautaire, qui aura lieu mardi à 14h30.

  • Les pompiers du 13 déjà parés, le Département insiste sur la prévention

    Les pompiers du 13 déjà parés, le Département insiste sur la prévention

    « Bienvenue dans l’un des 60 centres de secours du département ! » À la caserne de Mimet en pleins travaux d’extension et de rénovation, Richard Maillé (DVD), conseiller départemental délégué à la protection des massifs forestiers, a d’abord tenu à rappeler à quel point le Département investit dans la lutte contre les incendies. Pas moins de deux millions, dont 50% de subventions de la collectivité, pour ce seul site où travaillent 45 hommes et femmes pour assurer les gardes, dont trois professionnels, les autres étant volontaires. « Nous avons aussi construit à Gardanne, Istres, Port-de-Bouc, Aix, Allauch, Plan-de-Cuques, pour un coût entre 5 et 10 millions à chaque fois », ajoute l’élu.

    Alors qu’une première vague de canicule a frappé dès le mois de mai, les 7 500 sapeurs des Bouches-du-Rhône se préparent à affronter une nouvelle saison de lutte contre les feux, « comme tous les ans », commente Richard Maillé, même s’il convient que le terme de saison a perdu de son sens. « On peut se poser la question, on a déjà eu un feu en février, il y a 3 ans à Auriol », se souvient-il.

    Débroussailler,

    une obligation

    En attendant une réunion de tous les services en préfecture pour faire un point, la stratégie des pompiers 13 est déjà rodée. « On agit avec une évaluation massif par massif, pour affiner », explique l’élu. Côté dispositif, sont déployés des agents dans les vigies à l’affût de la moindre fumerolle, des patrouilles du Sdis (Service d’incendie et de secours) avec des véhicules légers, des membres de l’association départementale des comités communaux feux de forêt, des agents de l’ONF (Office national des forêts), tous « prêts à bondir », détaille l’élu, complétés par des groupements d’interventions répartis dans 80 sites. En cas de journée à risque, 700 pompiers 13 de plus que les 500 intervenants au quotidien dans le département, peuvent être mobilisés. « C’est selon la règle des 30 », illustre le conseiller départemental, un cocktail explosif composé de température à « 30 degrés, de vent à 30 km/h, d’un taux d’hygrométrie de 30% ou moins ».

    Mais le message, c’est également de rappeler à quel point la prévention peut peser dans la balance quand le feu, d’origine humaine dans 80% des cas, se déclenche. Montrant de la main la colline parsemée de maisons noyées dans les arbres, Richard Maillé martèle la nécessité de respecter les obligations légales de débroussaillement (OLD). « Seulement 20% [d’entre elles] sont respectées », déplore-t-il, encore marqué par le feu des Pennes-Mirabeau qui avait détruit en juillet 2025 plus de 750 hectares, atteignant allègrement l’Estaque après avoir été poussé par le vent. « Je me souviens de cette maison qui brûlait encore le lendemain, à cause d’un cyprès trop près de la cuisine… Il y a encore des gens n’ont pas compris que c’était pour leur bien », s’agace Richard Maillé, précisant qu’un nouvel arrêté a été pris par le préfet.

    Il y a aussi « les mégots jetés depuis la fenêtre de la voiture ». Le long des routes départementales, « en 2026 nous avons doublé la mise pour les OLD avec 1,5 million d’euros et on aide aussi les communes », se félicite l’élu.

  • À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    Contrairement à son homologue de Vauvert, Pascale Bordes avance masquée à Bagnols-sur-Cèze. Déjà comme députée, l’avocate avait adopté la stratégie de dédiabolisation de son parti et évitait sagement toute polémique. Désormais à la tête de la troisième ville du Gard, elle tente de conserver cette image consensuelle. Lorsqu’elle a été écartée de toutes les vice-présidences de l’agglomération du Gard rhodanien, l’édile s’est simplement fendue d’un communiqué laconique, se limitant à répondre aux « nombreuses interrogations d’habitants du territoire ». Côté communication, tout est donc verrouillé. Ses adjoints sont peu présents sur le terrain et c’est bien le cabinet de la nouvelle maire qui gère toutes les demandes.

    « Elle avance masquée », confirme Elian Cellier, secrétaire de la section bagnolaise du PCF. « Pour l’instant, elle ne commet pas d’erreurs majeures. Les adjoints ont consigne de ne rien dire. Sur certaines manifestations, il n’y a même pas de représentant de la mairie. Depuis les élections, j’ai assisté à plusieurs vernissages par exemple et je ne sais toujours pas à quoi ressemble l’adjoint à la culture. »

    Face aux contraintes budgétaires, Pascale Bordes a lancé plusieurs audits notamment sur la question de la couverture de la piscine. Elle fustige aussi le coût de la passerelle piétonne au-dessus de la Cèze, grand sujet de débat durant la campagne municipale. « Ils se plaignent mais lorsqu’ils étaient dans l’opposition, ils ont voté pour ces projets. Aujourd’hui, Pascale Bordes se plaint de l’endettement de la ville mais elle n’est jamais venue en conseil municipal lorsqu’elle était dans l’opposition pour alerter sur ces sujets. Et en même temps, elle a accordé toutes les majorations réglementaires d’indemnités d’élus, même celles qui ne sont pas obligatoires. Cela va coûter 54 000 euros par an à la commune pour les neuf adjoints », fustige l’élu d’opposition Jérôme Jackel (Debout).

    Coupe dans

    les subventions

    Lors du dernier conseil municipal où a été voté le budget primitif, une coupe dans les subventions aux associations a bien été prévue mais la majorité a joué le flou, disant étudier au « cas par cas » l’attribution de ces subventions. Pour l’heure, les associations ne savent donc pas à quelle hauteur leurs subventions vont être amputées. « La municipalité a prévu une coupe de plusieurs centaines de milliers d’euros. Le budget pour les associations était de 953 000 euros en 2023 et il passe cette année à 465 000 », explique Jérôme Jackel. Autre économie décidée sur le dos des associations : le camion qui livrait habituellement le matériel municipal lors d’événements ne sera plus mis à disposition. Ce sont donc désormais à elles de s’organiser.

    La grogne et l’inquiétude commencent donc à se faire sentir dans les associations bagnolaises. Le foot et le handball seraient notamment visés par d’importantes coupes. Le club de foot avait en effet déjà été la cible de la candidate d’extrême droite en campagne qui jugeait que la somme allouée au regard des résultats était trop élevée. « Pour l’instant on est dans le flou, on ne se sait pas qui va être raboté en premier. Mais je pense que le foot va prendre un coup de rabot. J’ai bien peur qu’elle utilise la scission du club puisque Pont-Saint-Esprit veut remonter un club, pour justifier le coup de rabot de peut-être 50% », prévient Jérôme Jackel avant d’ajouter : « Le tissu associatif, c’est la force vive d’un territoire. Si une mairie n’est pas capable de venir en soutien de ses forces vives, que fait le territoire ? Il meurt. »

    Discrète, Pascale Bordes va devoir, dans les prochains mois, assumer ses choix. Car si elle coupe dans les subventions aux associations, elle devra ensuite justifier l’important investissement promis dans la sécurité avec notamment le recrutement de policiers municipaux (le coût d’un policier municipal est estimé entre 62 000 et 63 000 euros par an) pour qu’ils soient disponibles 7j/7 et 24h/24 et « armés comme une BAC ». Tout cela épaulé par « un centre de supervision moderne ». Pour l’heure, l’ancienne députée s’est contentée de lancer un audit sur la sécurité mais le coût de ses promesses de campagne interroge sur sa réelle capacité à les mettre en œuvre. « Pour une commune comme Bagnols, un tel audit coûte déjà entre 40 000 et 60 000 euros », s’agace Jérôme Jackel qui préférerait que l’argent soit utilisé autrement. « Nous, au quotidien, on ne voit aucune différence. Les dealers sont toujours là. La ville est toujours aussi sale. Les problèmes sont toujours les mêmes », résume Elian Cellier.

  • Locations dans un immeuble en péril : David Bertin condamné

    Locations dans un immeuble en péril : David Bertin condamné

    Absent au délibéré, l’investisseur marseillais David Bertin a été reconnu coupable de mise en danger de la vie d’autrui, après avoir loué des meublés touristiques au 21 rue d’Anvers, frappé d’un arrêté de péril grave et imminent. Il est également déclaré coupable d’escroqueries au préjudice des banques et de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), d’abus de biens sociaux et, pour finir, de travail dissimulé.

    La 6e chambre correctionnelle, présidée par Lola Vandermaesen, l’a condamné à trois ans d’emprisonnement, dont 21 mois avec sursis, et 200 000 euros d’amende, pour moitié avec sursis. Le parquet avait requis quatre ans de prison, dont un ferme. Ayant déjà effectué quatre mois de détention provisoire, il pourra exécuter le reliquat de sa peine ferme en détention à domicile sous surveillance électronique. À titre de peines complémentaires, il lui est interdit de gérer pendant cinq ans et d’acquérir tout bien immobilier pendant sept ans. Le tribunal lui inflige également cinq ans d’inéligibilité, mais a écarté la confiscation du bien immobilier, support des infractions, estimant la mesure « contre-productive » s’agissant de biens en péril et non évalués.

    Un auteur qui « privilégie les gains financiers »

    Le tribunal s’interroge, dans son jugement, sur « sa capacité à respecter l’interdit pénal », estimant que « tout le système mis en place par David Bertin n’est possible que par la fraude à chaque niveau », s’agissant d’un individu « propriétaire d’une trentaine de biens immobiliers », qui « privilégie les gains financiers au respect du Code pénal et à l’humain » et, surtout, qu’il « a réitéré des faits au cours de l’instruction alors qu’il était mis en examen et avait été placé en détention provisoire ».

    Son ex-compagne, Manon, est également déclarée coupable de mise en danger d’autrui, de location de mauvaise foi d’un local en péril, d’escroqueries bancaires par fournitures de faux. Elle écope d’une peine d’avertissement de huit mois de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et trois ans inéligibilité.

    Ex-associé de David Bertin, Omar Mbarki est condamné pour mise en danger de la vie d’autrui, ayant remis des clés à un sans-papiers (et non deux comme écrit dans notre édition du 6 mai 2026) en n’ignorant pas la présence de quatre étais au milieu du salon, l’existence d’un arrêté de péril et le fait que David Bertin était en détention provisoire pour location malgré péril. Il écope d’une peine d’avertissement de 6 mois avec sursis et 5 000 euros d’amende compte tenu de son patrimoine immobilier.

    Au plan civil, David Bertin devra verser 243 681 euros à l’Agence nationale de l’habitat et 500 euros de préjudice moral avec exécution provisoire. En échange des subventions allouées, il devait mettre en location longue durée, avec des loyers sociaux, ses huit appartements au 17 rue du Musée et d’autres au 117-119 rue Saint-Pierre, mais il les avait fait prospérer en locations saisonnières. Il devra indemniser la Ville de Marseille de 500 euros pour préjudice moral. Deux femmes de ménage non déclarées obtiennent 4 000 euros de préjudice moral.

  • À Istres, Robin Prétot veut mettre fin à « la culture de la gratuité »

    À Istres, Robin Prétot veut mettre fin à « la culture de la gratuité »

    Pour Robin Prétot, cette séance est la première à être vraiment « politique ». Deux mois après son arrivée au pouvoir, le nouveau maire (LR) affiche une rupture claire avec son prédécesseur. Alors qu’un audit financier et ressources humaines (dont les premiers éléments devraient être révélés en juillet) est en cours, la majorité entame d’ores et déjà une démarche de rationalisation avec une vente aux enchères de 150 biens mobiliers communaux, dont 55 véhicules « d’un parc qui en compte plus de 300 », qui aura lieu samedi 27 juin sur l’esplanade Charles de Gaulle.

    « On n’est pas là pour venir remplacer les voitures personnelles des familles. (…) Il y a un problème d’inéquité dans cette collectivité », justifie Robin Prétot, qui affirme avoir évalué les besoins de chaque service avant toute reventilation. Certains biens de la régie Nexus, officiellement liquidée, seront aussi en vente. Les retombées financières pour la Ville devraient osciller entre 100 000 et 140 000 euros.

    La cession de la mairie annulée

    Exit, également, les places exonérées dont bénéficiaient les agents de la collectivité. La Ville en réintègre une partie à la vente. Gain minimum estimé : 40 000 euros. Concernant les Nuits d’Istres, ces tickets gratuits passeront de 400 à 234. « C’est la fin de la culture du tout gratuit, assène Robin Prétot. Pas plus tard que ce matin je suis tombé sur les réseaux sociaux sur quelqu’un qui revendait une place exonérée. On ne se fait pas d’argent sur le dos de l’argent public. »

    Pas d’économie, en revanche, du côté des subventions versées aux associations et aux organisations syndicales. Pour cette fois en tout cas. Si le montant reste précisément le même qu’en 2025, à savoir 5,9 millions d’euros, Michèle Leban, première adjointe au maire déléguée à l’administration municipale, annonce : « Vu nos contraintes budgétaires actuelles, on ne sera sûrement pas en capacité de faire la même chose l’année prochaine. »

    Dans le même temps, le conseil municipal a voté l’annulation de la délibération relative à la vente à la Métropole de l’ancienne mairie pour un euro symbolique. « À l’époque, l’idée de l’ancienne majorité était d’éviter d’avoir à assumer 4 millions d’euros de travaux de rénovation », rappelle le conseiller d’opposition David Gibaud, interrogeant : « Quel est le projet de la majorité ? Pour quel coût ? » Rien n’est arrêté, mais le maire a des idées : lancer un appel à projet ou y réinstaller des services municipaux. Une chose est sûre : la majorité « ne veut pas dépendre de la Métropole pour l’avenir de ce bâtiment qui fait partie de notre patrimoine ». Robin Prétot se veut rassurant : « C’est de l’investissement. Ne vous inquiétez pas il y a des subventions qui existent. Bien sûr qu’il y aura un coût, mais c’est un choix politique. »

  • Après Carbon, la transition dans l’ombre

    Après Carbon, la transition dans l’ombre

    Cela devait être le plus grand site d’assemblage de panneaux photovoltaïques d’Europe, un symbole de souveraineté industrielle et de transition écologique. L’annonce, ce mardi, de l’abandon du projet de giga-usine Carbon, à Fos-sur-Mer, est donc un séisme dans le grand chantier de la décarbonation de la zone industrialo-portuaire. « Faute de perspectives suffisamment établies pour engager les ressources additionnelles requises, nous avons pris la décision d’arrêter le projet », explique la start-up lyonnaise. Enterrant la perspective d’une production de 10 millions de panneaux photovoltaïques par an, avec 3 000 emplois directs à la clé.

    « C’est forcément une déception quand on investit sur un projet riche pour le territoire en termes économiques, d’emplois et de perspectives », reconnaît la présidente (Hor.) de la commission entreprises de la Région Sud, Isabelle Campagnola-Savon, qui marque sa surprise face à cette annonce. « C’est un mauvais signal », s’inquiète de son côté la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille, quand le président du Syndicat des énergies renouvelables, Jules Nyssen, alerte sur « un signal catastrophique qui traduit toute la difficulté à constituer des filières stratégiques en Europe ».

    La CGT alertait déjà

    Le tapis rouge avait pourtant été déroulé pour accueillir le projet qualifié, en juillet 2024, d’intérêt national majeur. Au moins 70 millions d’euros de subventions des collectivités et 100 millions d’euros de l’état devaient arroser la start-up, soit l’essentiel des financements qu’elle avait sécurisés. Parmi les 4 millions votés par la Région Sud, 1,5 million sont définitivement perdus. Les particuliers qui avaient investi dans le financement participatif du projet, à hauteur de 2,5 millions d’euros, perdent aussi toute leur mise.

    « Malgré l’affirmation, dès 2023, d’une volonté politique de l’Union européenne de réindustrialiser et de relocaliser la chaîne de valeur photovoltaïque, la concrétisation de ces ambitions progresse très lentement », dénonce la société Carbon pour expliquer son échec. En ciblant le libre-échangisme européen : le règlement sur l’accélérateur industriel, adopté au mois de mars dernier, élargissait le « Made in Europe » aux pays bénéficiant d’accords de libre-échange, comme la Turquie, l’Inde, le Vietnam, sans préférence européenne jusqu’en 2030.

    « C’est une erreur manifeste de leur part, ils ont des comptes à rendre sur l’argent investi », tonne l’un des secrétaires de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, Pascal Galéoté. La CGT 13 avait déjà alerté la CCI au mois d’avril. « Nous avions des références en termes de compétitivité sur ce qui s’est passé en Allemagne pour cette filière, nous avions plutôt le sentiment que ce projet venait capter des finances publiques », pointe le responsable syndical. Face à ces projets privés largement subventionnés avant de déposer le bilan, il insiste : « L’état a intérêt à prendre ses responsabilités dans le cadre des projets de transition. »

    « Nous avons tellement d’autres projets prévus qui ont avancé de manière sereine », temporise Isabelle Campagnola-Savon. Alors que 20 milliards d’investissements ont été annoncés sur la zone, « nous savions très bien que tout ne pourrait pas se faire, mais nous ne perdons pas d’emplois ». « Cette décision ne remet pas en cause la dynamique engagée sur la zone industrialo-portuaire », assure aussi le Grand port maritime de Marseille, qui explique le travail réalisé pour préparer le site de 45 hectares « contribue à renforcer notre capacité à accueillir d’autres projets industriels ». Ce qui n’empêche pas la CCI d’appeler à une réunion « afin de tirer collectivement les enseignements d’une situation qui ne doit plus se reproduire ».

    Cette annonce intervient alors que les nuages s’accumulent autour des activités de KemOne dans la chimie, d’ArcelorMittal dans l’acier. « Nous risquons d’avoir des suppressions d’emplois conséquentes », alerte Pascal Galéoté, tandis que la CGT 13 appelle à se mobiliser, ce jeudi, devant le Medef. Parmi les nouveaux projets, l’incertitude persiste sur le projet Deos de construction de flotteurs d’éoliennes et le conseil municipal d’extrême droite de Fos s’est prononcé contre le projet de production de biocarburants Elyse. « La transition écologique doit s’appuyer sur les filières historiques », insiste le secrétaire de la CGT. Quand le ministère de l’économie, malgré l’échec de Carbon, n’en démord pas : « L’atteinte d’une souveraineté industrielle sur le photovoltaïque reste possible. » Pourvu que le libre-marché ne décide pas.

    Il y a trois ans, le précédent Quechen

    L’abandon de la giga-usine de Carbon rappelle celui du fabricant de pneus verts Quechen, en 2023 : malgré 6 millions d’euros de subventions, le groupe chinois, qui promettait 130 emplois à Fos, avait renoncé, faute de terrain. Une « humiliation », évoquait le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. « On ne peut pas le comparer », modère Isabelle Campagnola-Savon. Plus récemment, la centrale solaire géante HyVence pour produire de l’hydrogène vert sur les étangs de saumure de Fos a été abandonnée, en 2024, et le projet de production de carburants renouvelables Hynovera, à Gardanne, a suivi fin 2025, à chaque fois face à la fronde des riverains.

  • La moto américaine efface le 1er mai

    La moto américaine efface le 1er mai

    Comme toutes les mairies gérées par le Rassemblement national, la politique culturelle à Beaucaire s’inscrit dans la défense des traditions locales. Ici, c’est donc naturellement la culture taurine qui capte toutes les attentions. « Une école taurine est en cours de mise en place avec une association qui a eu une subvention exceptionnelle à la création, ce qui est assez rare. Il y a aussi une novillada qui va voir le jour. Pour eux, la culture c’est la culture taurine et provençale, point », explique Luc Perrin.

    L’élu d’opposition, également secrétaire de l’association Latinos Sin Fronteras, remarque qu’il est aussi très difficile pour certaines associations d’obtenir une salle  : « Il y a toujours de grandes difficultés pour avoir des réponses. Nous essayons d’organiser une fête avec l’association pour le 20 mai. On a demandé une salle il y a plus d’un mois et je n’ai aucune réponse. J’ai fait une relance, toujours sans réponse. Si ce qu’on demande ne leur plaît pas, ils préfèrent ne pas répondre plutôt que de dire non ».

    À Beaucaire, la culture chrétienne est également à l’honneur avec notamment la traditionnelle crèche installée chaque année dans la mairie malgré les multiples condamnations judiciaires. « Il y a aussi la Sainte-Madeleine, les vendanges de la Madeleine, la cuvée de la Madeleine où les maires sont toujours présents sans écharpe. Le maire assiste à des messes et on voit bien qu’il ne fait pas ça en toute discrétion, il s’affiche mais sans écharpe », détaille Luc Perrin.

    Les USA à l’honneur

    Comme depuis onze ans, les drapeaux américains ont envahi les rues de Beaucaire vendredi 1er mai. En effet, la fête des travailleurs a toujours été fustigée par l’extrême droite. Alors à Beaucaire, la municipalité RN a décidé de l’invisibiliser en organisant une grande fête de la moto américaine. Harley-Davidson, tatouages, musique country et jeeps sont au rendez-vous de cet événement qui a tout du rassemblement Maga (Make America Great Again, la devise de Donald Trump). Une procession de motards est même bénie par des prêtres. Pendant le temps d’une journée, la municipalité RN ne voit donc pas d’objection à célébrer une culture étrangère…

    « Ça fait toujours très bizarre de voir le curé bénir les motards sous une nuée de drapeaux américains. Mais cet événement a un succès énorme donc si on le critique, on passe pour un rabat-joie », explique Luc Perrin. « À Beaucaire, on met en place ces fêtes américaines pour effacer le 1er mai des calendriers », confirme Jean Vanhaute, président de l’institut d’histoire sociale de la CGT du Gard.

  • Le concours d’écriture « Voix de femmes » signe son retour

    Le concours d’écriture « Voix de femmes » signe son retour

    Rassembler les femmes face à la montée des masculinismes » et promouvoir « la force poétique et créatrice des femmes » du pourtour méditerranéen : tel est le projet de l’association Forum Femmes Méditerranée (FFM), créée il y a 34 ans par Esther Fouchier.

    Trois jours avant l’inauguration de la saison Méditerranée, le 15 mai, à Marseille, l’association FFM lance une « saison off » dans le but de porter des sujets qui ne figureront pas au programme officiel. « Les questions relatives aux droits des femmes, à l’écriture et aux résistances en Méditerranée ne sont pas assez abordées et c’est pour cela que nous organisons la journée Voix de femmes autour de l’écriture de femmes de l’Algérie jusqu’à la Bulgarie », explique Esther Fouchier. Des débats, des lectures de poèmes et un concert sont prévus sur la journée. Basée à Marseille mais présente dans chaque pays du pourtour méditerranéen via un réseau composé de la société civile locale, l’association avait lancé un concours de nouvelles annuel pour promouvoir des « textes poignants à vocation universelle ».

    « Le salon littéraire a été organisé sans aucune aide, nous avons dû économiser pour relancer ce concours de poésie, en espérant avoir la force de le poursuivre », confie la présidente du FFM avant d’ajouter : « On ne peut plus tout faire bénévolement. Nous n’avons pas pu inviter des écrivaines faute de budget. » Comme d’autres associations, le tarissement de subventions nationale et européenne se fait lourdement ressentir depuis 10 ans.

    Le salon littéraire « Voix de femmes », organisé par Forum Femmes Méditerranée, se tient le mardi 12 mai de 9h à 18h30 à la Maison des associations, 93 la Canebière (1er).