Tag: élections présidentielles

  • En Vaucluse, le Parti socialiste fait un point de rentrée après les échéances électorales

    En Vaucluse, le Parti socialiste fait un point de rentrée après les échéances électorales

    « Les élections sénatoriales nous auront appris une chose. C’est que derrière beaucoup de listes sans étiquette, il y a des électeurs, voire des membres, du Rassemblement national », lâche ce mercredi 30 septembre Lucien Stanzione (PS), sénateur sortant de Vaucluse, lors d’une conférence de presse dans les bureaux du parti.

    L’occasion, donc, de noter « l’ancrage » qu’a le parti de Marine Le Pen sur le territoire. « Une gangrène généralisée qui se propage », regrette Lucien Stanzione. Et liste en exemple les décisions prises par les municipalités d’extrême droite de Monteux ou Carpentras, telles que les coupes de subventions au Planning familial ou à la MJC ces derniers mois. « Le ton est donné », confie-t-il.

    Pour autant, comme évoqué dans nos colonnes ce mardi 29 septembre, il faut rester au combat. « Dans le scolaire, il faut mettre la pression, car aucune annonce n’est faite », pose Joëlle Seznec, première secrétaire fédérale déléguée.

    Sans oublier l’élection présidentielle qui approche, avec comme première échéance la primaire du PS et de Place publique. Du côté de la direction des socialistes vauclusiens, où figure également le premier secrétaire délégué et trésorier Jean-Charles Dubois, le soutien est pour le premier secrétaire national, Olivier Faure. Pour la suite, Lucien Stanzione assure qu’il ne se présentera pas aux élections législatives, mais assure que les socialistes présenteront « dans un premier temps un candidat partout ».

  • David Lapendry, candidat aux présidentielles pour porter l’inclusion en politique à La-Valette-du-Var

    David Lapendry, candidat aux présidentielles pour porter l’inclusion en politique à La-Valette-du-Var

    Il n’en est pas à son coup d’essai. Déjà candidat à la présidentielle de 2022, David Lapendry, figure bien connue de la gauche dans le bassin toulonnais, réitère l’expérience en 2027. Une idée qui avait germé en 2012. Encarté au Parti socialiste, il avait annoncé vouloir participer à la primaire. « Je pensais naïvement que ça s’adressait à tous les adhérents, alors que dans les faits, c’était seulement aux têtes d’affiche. Je me suis fait retoquer », ressasse-t-il. Il s’était alors mis en retrait du militantisme jusqu’en 2017.

    « On m’a invisibilisé »

    Il rejoint alors Génération.s Var, où il fait de la lutte contre la pauvreté son leitmotiv, notamment en ce qui concerne les personnes porteuses de handicap, étant lui-même atteint du syndrome de Little, paralysie cérébrale qui affecte ses capacités motrices. « Vivre avec une aide aux adultes handicapés (AAH) est compliqué. Le revenu universel défendu par Génération.s m’a séduit », souligne-t-il. Il fait alors part à son parti de sa volonté de se présenter à la présidentielle 2022. Mais là encore, ça ne passe pas : « N’importe qui peut se présenter à la présidentielle en théorie, mais concrètement non. Je pensais que le parti allait m’aider, mais on m’a totalement invisibilisé », dénonce-t-il. Il claque la porte, poursuit sa campagne seul, mais échoue à recueillir les signatures nécessaires à sa candidature.

    Convaincu par des membres de la section varoise de Génération.s, il y revient en 2023, et en devient le co-coordinateur fin 2024. Un an plus tard, il évoque à nouveau l’idée de se présenter pour 2027. Là encore, il n‘obtient pas le soutien du parti. « Je pensais que ça allait être différent car j’étais mieux intégré. À un certain moment, on m’a demandé de taire ma candidature. J’ai été très peu écouté au sein de la gauche du Var. J’ai trouvé cela très humiliant, c’est pour cela que je vais démissionner », annonce-t-il.

    Qu’importe : David Lapendry va poursuivre son combat, bien conscient qu’il n’a toutefois aucune chance d’être élu. « Je veux surtout montrer qu’une personne porteuse de handicap est tout aussi légitime de se présenter », affirme-t-il. Sans renier une petite part de rêve : « Soyons réalistes, demandons l’impossible ! »

  • À Toulon, le PS veut promouvoir le Pacte du pouvoir de vivre pour répondre aux attentes des habitants

    À Toulon, le PS veut promouvoir le Pacte du pouvoir de vivre pour répondre aux attentes des habitants

    À sept mois de l’élection présidentielle, les militants socialistes souhaitent « replacer au centre des débats la place de l’économie sociale et solidaires et des associations, car nous sommes convaincus que c’est un terroir fabuleux d’élan social et de progrès », pose Jacques Blandin, secrétaire de section du PS Toulon. C’est ce que promeut le Pacte du pouvoir de vivre, qui a fait l’objet d’un « Atelier de la rose », organisé par le parti jeudi à Toulon.

    Des « propositions fortes »

    Ce collectif apartisan de 67 associations, né des Gilets jaunes, promeut « un travail commun sur les préoccupations que sont les fins de mois et l’environnement », résume Yann Fradin, membre du bureau d’Emmaüs France. Un combat porté par « des acteurs de terrain, mutualistes, associations, syndicats », décrit Isabelle Godefroy, coordinatrice PACA du Pacte et membre du PS toulonnais.

    Et il en ressort des « propositions fortes » : faire respecter la loi SRU à travers la Fondation pour le logement – parti du pacte -, notamment à Toulon « qui n’affiche que 17 % de logements sociaux », et eu égard aux « 240 000 foyers français sans logement pérenne » ; multiplier les « territoires zéro non-recours » où sont déployés des référents pour apporter des aides pratiques et juridiques, mais aussi les « territoires zéro chômeur longue-durée », expérimentés dans 85 quartiers prioritaires de la ville, qui visent des retours à l’emploi pérennes et pour lesquels « on espère que le projet de loi visant à les étendre, adopté en juin au sénat, passera en seconde lecture à l’assemblée d’ici décembre », précise Michele Monte, représentante locale d’ATD Quart Monde, mouvement qui a créé ce dispositif en 2011.

  • [Entretien] Raphaël Arnault : « Le bon sens, pour Galzi, ce n’est que vers la droite »

    [Entretien] Raphaël Arnault : « Le bon sens, pour Galzi, ce n’est que vers la droite »

    La Marseillaise : Comment se passe votre rentrée politique ?

    Raphaël Arnault : C’était très centré sur la circonscription parce que l’Assemblée nationale reprend plus tard, cette année, à cause de dissensions au sein du bloc macroniste, qui est en train de se désintégrer, se désagréger, plus la campagne présidentielle arrive. Ce qui n’est pas plus mal, parce que souvent, on est assez frustré de ne pas avoir assez de temps pour ça. On a eu plusieurs angles de bataille. Comme les barbecues populaires. C’est l’occasion d’aller directement à la rencontre des citoyens qui nous disent que sans ce genre de moments, ils ne seraient pas allés à la rencontre de parlementaires. Ce n’est pas avec trois merguez qu’on efface ce qu’il s’y passe, mais on veut montrer le lien que l’on y trouve. On est allés aussi en dehors de la circonscription, comme à Carpentras, pour faire état de ce qu’il se passe dans une mairie RN et montrer qu’il y a une capacité de résistance. Sans oublier la sortie de mon livre, la semaine prochaine, qui raconte 10 ans de militantisme qui débouchent à la députation. Avec ce que c’est, aussi, d’être dans ces institutions, avec tous les bouleversements qu’il y a pu avoir. En deux ans de mandat, j’ai l’impression d’en avoir avalé quinze !

    Comment vous projetez-vous sur les neuf prochains mois ? Serez-vous candidat à votre succession ?

    R.A. : Là, il y a la bataille du budget à l’Assemblée nationale. Ça va pouvoir permettre de faire des parallèles avec ce qui se passe aussi ici, en circonscription. Ces neuf prochains mois, il ne faut pas se mentir, on va être beaucoup tournés vers la présidentielle. Le fait est que toute la vie politique, y compris à l’Assemblée nationale, va être aspirée. Forcément, ça vient perturber un peu un mandat. En tant que député, par exemple, j’étais mobilisé sur la question de la crèche à l’hôpital d’Avignon, sur la fermeture des bureaux de poste, de la question des services publics de façon générale. Ces luttes sont liées. Pour la suite, je répète souvent que c’est un choix collectif, au niveau local et national. Tout sera à rediscuter selon les enjeux politiques et le bilan qu’on porte. Mais ce serait une immense chance de pouvoir mener ce combat-là.

    Vous êtes régulièrement attaqué, notamment par le maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD). Comment réagissez-vous à ces attaques ?

    R.A. : Je serais inquiet si un personnage comme Olivier Galzi jugeait ma députation convenable, alors même que je défends une réelle alternative aux politiques menées depuis des années. De fait, il s’est lié d’amitié très forte avec le Rassemblement national, d’une part pour prendre le Grand Avignon, mais aussi politiquement, on voit qu’il y a des choses qui vont dans ce sens. Il y a une droite macroniste radicalisée et une extrême droite qui insensiblement s’affichent, et il se situe un peu entre les deux. Il vagabonde. Le bon sens, pour lui, c’est que vers la droite. Toute l’extrême droite me tape dessus depuis maintenant le début du mandat. Là, encore une fois, on a un nouvel acteur qui a décidé d’appuyer sur le même créneau, littéralement. Je ressens de l’inquiétude chez les habitants. Le peu de projets un peu positifs qui étaient en cours sont relégués à, soi-disant, plus tard.

    On a l’impression pour beaucoup que Jean-Luc Mélenchon est un repoussoir, parfois plus que Marine Le Pen. Comment l’analysez-vous ?

    R.A. : Jean-Luc Mélenchon fait peur à des gens qui ont de grands intérêts économiques liés à l’exploitation. Mais encore une fois, c’est plutôt positif. Ce qu’on observe sur le terrain, ce n’est pas ça. Dans les milieux populaires, non, Mélenchon n’est pas du tout considéré comme un repoussoir, bien au contraire. Maintenant, il est certain que pour gagner le pays, il va falloir s’adresser à des gens qui pensent qu’ils n’ont pas intérêt à se lier à un projet de rupture. Je pense à ceux qu’on appelle la classe moyenne, je n’aime pas trop ce terme, parce que ça ne veut un peu plus rien dire. Lorsqu’on dit que l’on va un peu redistribuer de la richesse en taxant comme il se devrait les quelques milliardaires qu’il y a dans ce pays, il y a des gens qui gagnent 4 000 euros et qui pensent qu’ils seraient liés à ça. Non, ils ne sont pas liés à la condition des milliardaires, loin de là.

    On est à un peu plus de six mois après l’affaire Quentin Deranque. Qu’en retenez-vous ?

    R.A. : Il y a eu une déferlante médiatique et des attaques politiques très fortes. Forcément, ça vient perturber une histoire militante, la question de l’antifascisme, la question aussi de la peur de l’extrême droite à ce moment-là, qui aurait pu prendre un dérapage très, très dur. Cela a aussi permis de se remettre en question sur tout un tas d’aspects. Quel antifascisme on veut, quelle limite on lui donne ou encore reconnaître qu’il a pu y avoir de grosses erreurs. Mais par contre de ne pas céder face à des gens qui voulaient réhabiliter des néo-nazis, qui voulaient réhabiliter la violence de l’extrême droite comme si ce n’était rien. Et de ce point de vue là, je pense que le pays a tenu bon.

  • Une manif anti-RN des Insoumis sans accrocs à Carpentras

    Une manif anti-RN des Insoumis sans accrocs à Carpentras

    Six mois après la victoire du RN à Carpentras, une centaine de militants de La France insoumise, derrière les députés Thomas Portes (Seine-Saint-Denis) et Raphaël Arnault (Vaucluse), ont manifesté dans les rues pour « occuper le terrain » et « documenter ce que fait l’extrême droite quand elle est au pouvoir ».

    Le rassemblement a débuté vers 16h devant l’hôtel de ville, où se tenait le soir même un conseil municipal. Le député de Seine-Saint-Denis, qui est aussi président de l’Observatoire national de l’extrême droite (Oned), a ainsi listé les décisions qui posent problème. Il cite ainsi la suppression des subventions au Planning familial ou encore l’arrêt de la « ferme bio » pour évoquer la fin de la régie agricole pour les cantines. Et évoque l’élection présidentielle à venir, assurant qu’« aucun territoire n’est prédestiné au Rassemblement national ». « En réalité, seulement 20% des personnes ici ont voté pour Hervé de Lépinau aux dernières élections. Carpentras n’est pas acquise. Mais, si Marine Le Pen ou Jordan Bardella arrive au pouvoir, ce sera 1 000 fois pire », insiste-t-il. « Ils veulent en faire une terre historique. Mais on va revenir car il y a des luttes toute l’année », abonde Raphaël Arnault.

    La manifestation s’est tenue globalement dans le calme, à l’exception de deux personnes qui ont tenté de provoquer les manifestants. L’une a crié « Islamistes » et « Fils de putes » en direction du cortège, avant d’être rapidement éloignée par les forces de l’ordre. L’autre a scandé « Vive la France » à plusieurs reprises avant d’adresser des doigts d’honneur aux participants une fois à distance. Ces provocations n’ont suscité aucune réaction notable, si ce n’est quelques rires gênés.

    « Liberté de manifester »

    Si Hervé de Lépinau a tenté, en vain, de faire annuler la manifestation, l’événement a créé un mouvement inédit du côté des deux groupes d’opposition. Qui se sont unis pour la première fois depuis les élections municipales, alors qu’aucun des deux candidats étiquetés à gauche n’avait voulu se retirer lors du scrutin, ce qui avait entraîné la large victoire du RN. Cette fois, une communication des deux listes a été faite, main dans la main, contre la majorité et en faveur de la « liberté de manifester ». « Notre propos porte sur un principe démocratique qui doit s’appliquer à toutes et tous : la liberté de manifester et la liberté d’expression. Nous pouvons être en désaccord profond avec un parti politique, avec ses propositions ou avec les personnes qui le représentent. Cela ne peut pas, à lui seul, justifier que l’on cherche à empêcher ses militants, ses élus ou ses sympathisants de se réunir et de s’exprimer. Dans une démocratie, on ne devrait pas avoir à être d’accord avec une manifestation pour accepter qu’elle puisse avoir lieu », avancent les deux groupes dans le communiqué.

    Pas de local municipal

    La section locale du PCF a exprimé « sa vive réprobation devant cet acte antidémocratique et apporte son entier soutien à la section de LFI ». « Une fois encore, Monsieur le maire et son équipe confondent lutte politique et activité démocratique d’une municipalité élue pour répondre aux besoins de la population sans discrimination. Nombre de leurs actes démontrent la confusion qu’ils opèrent entre l’un et l’autre. Une telle attitude propre au RN et à l’extrême droite quand ils sont au pouvoir fait craindre le pire s’ils prenaient les rênes de l’État », poursuit la section.

    Un débat devait se tenir dans une salle municipale, mais la mairie a refusé d’en mettre une à disposition. Une requête en référé-liberté déposée par les Insoumis devant le tribunal administratif a été rejetée dans l’après-midi. Pour les juges, ce refus ne portait pas atteinte à la liberté d’expression de LFI. Rejetés également, les éléments relatifs aux risques de trouble à l’ordre public avancés par la municipalité. Faute de salle, le débat n’a pas pu se tenir, décision dont le maire s’est réjoui sur les réseaux sociaux. « Carpentras 1 – La France Insoumise 0 ! » « On aimerait aller sur le fond, mais je crains que ce ne soit pas possible », regrette Julien Gautier, candidat LFI aux sénatoriales.

  • Les buralistes réunis à Salon-de-Provence contre la fiscalité du tabac, le RN en soutien

    Les buralistes réunis à Salon-de-Provence contre la fiscalité du tabac, le RN en soutien

    « J’ai l’honneur de remettre le prix de l’obésité fiscale à l’État français », lance cette animatrice de la Confédération des buralistes face à un peu moins d’une centaine de buralistes rassemblés sur la place Jules-Morgan, mercredi matin, à Salon-de-Provence.

    Ces buralistes sont venus pour beaucoup du Gard et du Var. Ils étaient, selon leur confédération, plus de 500 à répondre à l’appel afin de « témoigner d’un ras-le-bol fiscal qui alimente en premier lieu le marché parallèle et les trafics », expose l’organisation dans son communiqué. « La situation économique du réseau se dégrade, les volumes de tabac vendus dans le réseau légal ont été divisés par deux en dix ans et le développement du marché parallèle fragilise directement les entreprises et le monopole » de l’État sur la vente du tabac, argumentent les buralistes.

    Avec des paquets vendus à 5 euros en Italie et jusqu’à 9 euros sur le marché noir, contre un prix moyen de 13,50 euros dans le réseau légal français, la progression de ce marché parallèle s’observe également à travers la récente saisie spectaculaire de 26 tonnes de cigarettes par les douaniers de Marseille au terminal à conteneurs du Grand Port maritime de Marseille (GPMM), à Fos-sur-Mer, le 7 mai. « Dans le même temps, la pression fiscale continue de s’accroître et les buralistes font face à une insécurité croissante sur le terrain », insiste l’organisation.

    Le « prix de l’obésité fiscale », remis avec un humour acide par l’animatrice de la Confédération, « récompense la gourmandise, l’insatiabilité, la boulimie fiscale », insiste-t-elle, sous les applaudissements de Marie-Pierre Callet, tête de liste RN aux sénatoriales, et des députés RN Franck Allisio, Romain Tonussi et Emmanuel Fouquart.

    Thèmes antifiscaux

    Sur les réseaux, Marie-Pierre Callet dénonce un « matraquage », Franck Allisio « l’enfer fiscal ». Ce dernier n’oublie pas de préciser que « Marine Le Pen est la seule à les écouter et demain la seule à les protéger ». Un positionnement dans la droite ligne de celui déjà adopté par Jean-Marie Le Pen aux côtés de Pierre Poujade dans les années 1950, reprenant des thèmes antifiscaux familiers à l’extrême droite française. La candidate déclarée du RN à la présidentielle a d’ailleurs adressé une lettre de soutien aux buralistes lundi, jour du lancement de la mobilisation nationale de la Confédération.

    Parmi les revendications figurent notamment le gel du prix du tabac, la fin de son indexation sur l’inflation afin de « stopper l’escalade fiscale », ou encore « alourdir fortement les sanctions contre les trafiquants, renforcer les prérogatives des policiers municipaux ».

    Les campagnes électorales sont visiblement bien lancées. La dernière étape de la mobilisation est prévue le 11 septembre, « au fief du Premier ministre », annonce la Confédération.

  • Bernard Cazeneuve voudrait se poser en rassembleur

    Bernard Cazeneuve voudrait se poser en rassembleur

    Une lettre aux Français de 85 pages, des déplacements sur le terrain, des échanges avec la presse mais Bernard Cazeneuve l’assure « je ne suis pas candidat ». Ou du moins, pas encore. Cela dépendra des « circonstances », assure-t-il, disant vouloir « créer les conditions autour des valeurs de la gauche républicaine du rassemblement le plus large possible de tous les Français », fait-il valoir ce samedi matin à Marseille. Et ce, afin de battre le Rassemblement national en 2027.

    Sa candidature, si elle est officialisée, ne sera pas validée par la primaire des Roses à laquelle il ne participera pas. Les dissensions remontent à 2022, lorsque l’ancien Premier ministre fustige l’accord conclut entre le Parti socialiste et la France insoumise pour les élections législatives. Il quitte, dans la foulée, le parti auquel il avait adhéré en 1987 et fonde, un an plus tard, La Convention. Le mouvement réunit socialistes déçus, radicaux de gauche, élus du Modem, des anciens macronistes ou apparentés.

    Soutiens régionaux

    C’est ainsi que sont présents à ses côtés ce samedi le sénateur sortant du Var et ex-socialiste André Guiol, l’ancienne députée varoise macroniste Cécile Muschotti, l’ex-candidat de Génération Écologie pour les départementales de 2021 Christian Monferrini qui est désormais référent local de La Convention. Devant cette réunion de convaincus quai de Rive Neuve, Bernard Cazeneuve fustige les « deux dégagismes d’extrême droite et d’extrême gauche », tel qu’il les nomme, « qui confondent le bruit avec la solution », écrit-il dans sa lettre. Selon lui, se tourner vers l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, candidat le mieux placé à gauche dans les sondages est un « vote inutile ». Pour lui, LFI et le RN « ne s’opposent pas comme on le croit, mais se nourrissent l’un de l’autre ».

    S’il dit ce samedi « préférer gouverner avec la gauche », il ratisse large. Quand le nom d’Édouard Philippe est évoqué, l’ancien chef de gouvernement socialiste ne s’offusque pas. « Je ne dis pas qu’il n’y aura pas de rassemblement (…) un compromis c’est toujours un sacrifice », martèle-t-il. En revanche, il se dit totalement opposé au maire Horizons du Havre sur la réforme des retraites, par exemple. Quand ce dernier veut rallonger l’âge départ à 67 ans, Bernard Cazeneuve pousse pour l’allongement de la durée de cotisation. Pour « permettre à ceux qui ont commencé tôt dans les métiers les plus pénibles de partir à la retraite comme jadis », et, pour « ceux qui le souhaitent », comme lui, avocat de profession, « de travailler beaucoup plus longtemps pour assurer le financement ».

  • [Entretien] Igor Zamichiei, PCF : « L’élection présidentielle est un moment de lutte de classe »

    [Entretien] Igor Zamichiei, PCF : « L’élection présidentielle est un moment de lutte de classe »

    La Marseillaise : Le 40e congrès du PCF s’ouvre ce vendredi à Lille. Avec quel état d’esprit l’abordez-vousj’ai relu et prolexisé, tu peux le prendre ?

    Igor Zamichiei : C’est un congrès très important :  dans la nouvelle étape de la crise du capitalisme, il ambitionne de redonner une perspective au pays et à la gauche. C’est le sens du texte que nous avons adopté, « Un communisme de conquête », qui vise à ouvrir un chemin politique pour la conquête de nouveaux pouvoirs par le monde du travail.

    Parmi les concepts clés au cœur
    du débat, il y a l’idée de défendre
    un socialisme aux couleurs de
    la France. Pourquoi cette idée fait-elle son retour
     ?

    I.Z. : On assume de reparler du socialisme, non comme une formule nostalgique, mais vraiment comme un processus de transformation sociale pour l’émancipation humaine, en prise avec les réalités du XXIe siècle. Le socialisme que l’on porte dans ce texte, c’est le pouvoir des travailleurs et des travailleuses sur l’économie, sur le travail, sur l’argent et sur l’avenir du pays, pour la réponse aux besoins, à l’écologie, à la nécessité de la paix. Pour cela, nous mettons en avant plusieurs piliers : la planification démocratique, l’appropriation sociale et publique des moyens de production, l’émancipation culturelle.

    Les militants ont fait le choix de la base commune qui défend la légitimité d’une candidature communiste. Pourquoi choisir ce chemin ?

    I.Z. : Nous abordons 2027 avec beaucoup de gravité. Pour battre l’extrême droite, renforcer la gauche et gagner des avancées pour la classe travailleuse. Ces élections, présidentielle et législatives, ne sont pas une parenthèse institutionnelle, c’est un moment de lutte de classe. C’est une des raisons de la candidature communiste. Nous voulons mettre à disposition du pays une candidature qui met au centre du débat les salaires, l’emploi, une nouvelle politique industrielle, sociale et écologique, la paix. Et une candidature qui serve aussi à préparer les législatives parce que l’enjeu c’est aussi de faire élire le plus grand nombre possible de députés de gauche, et parmi eux de députés communistes, qui seront utiles pour le monde du travail.

    Certains s’inquiètent d’une division de la gauche face à l’extrême droite…

    I. Z. : Notre réponse à l’extrême droite, c’est de reconstruire l’unité du monde du travail. Il faut unir celles et ceux que l’on cherche à diviser, sinon nous ne renforcerons pas la gauche qui aujourd’hui plafonne à 30% des intentions de vote. C’est tout le sens de la candidature communiste, on fera reculer l’extrême droite en répondant à la colère qui s’exprime dans le pays.

    Fabien Roussel avait dénoncé les ingérences de la France insoumise dans le débat des communistes.
    Le message a été entendu
     ?

    I.Z. : Notre boussole est simple : rassemblement, oui, effacement, non. Et le rassemblement doit toujours partir du réel, pas de discussions de sommet. Malheureusement, on constate que LFI a joué la division aux municipales et ne conçoit le rassemblement pour la présidentielle que derrière Jean-Luc Mélenchon. Nous continuerons à tendre la main à toutes et tous pour combattre l’extrême droite et pour gagner des avancées.

  • Des militants varois réclament une primaire pour l’union de la gauche

    Des militants varois réclament une primaire pour l’union de la gauche

    Réunis au Grand café de la Rade mercredi, les représentants de Génération.s, Les Écologistes 83, L’Après 83, et Le Var Debout ! ne s’avouent pas vaincus. Pourtant, à moins d’un an de l’élection présidentielle, le temps est compté dans l’optique de l’organisation d’une primaire visant à désigner un candidat unique à gauche. D’autant plus qu’elle se ferait sans LFI, ni le PCF, et potentiellement sans le PS, au sein duquel la question fait débat.

    Ouverture à une autre méthode que la primaire

    « Les universités d’été et les congrès des partis peuvent porter conseil », espère encore Daniel Bombart (Var Debout !). Car, souligne Christophe Godard (l’Après 83), « 82% des militants de gauche veulent une primaire ». Un chiffre qui traduit l’inquiétude face « au risque de voir le RN arriver au pouvoir », appuie Jean-Pierre Luquand (Les Écologistes), qui rappelle que « depuis cent ans, les avancées sociales ont été faites grâce à l’union de la gauche ». « Le programme du NFP s’est construit en quelques jours, en 1936, Blum et Thorez se détestaient. On a connu les mêmes situations, pourquoi n’y arriverait-on pas aujourd’hui ? », demande Christophe Godard.

    Bien conscients, cependant, que l’organisation de la primaire, prévue pour le 11 octobre, reste hypothétique, les militants se veulent pragmatiques : « Si une autre méthode fait émerger un candidat, on emboîtera le pas », affirme Laurent Gilbert (L’Après). Un soutien à Jean-Luc Mélenchon, annoncé en tête à gauche, serait-il par ailleurs envisageable ? « On lui reproche de faire cavalier seul. Pourquoi ne pas rentrer dans la primaire ? S’il arrive au second tour, il sera battu sans accord et sans le soutien de toute la gauche », prévient-il.

  • La CGT de l’hôpital de Montfavet au devant du recul de la psychiatrie

    La CGT de l’hôpital de Montfavet au devant du recul de la psychiatrie

    Trois ans de lutte en plus pour Claire Moreno à la tête de la CGT de l’hôpital de Montfavet, réélue ce mercredi suite au congrès de la section syndicale d’un des plus grands établissements de santé mentale en France, qui rassemble environ 420 des 2 200 agents de l’hôpital.

    D’autant que la CGT de l’hôpital psychiatrique fête son 120e anniversaire en 2026 et que « sans nous, il n’aurait pas le même visage », glisse Gaby Adrian, tout juste élu secrétaire général adjoint.

    Et pour les trois prochaines années, un regard attentif va être porté sur les grandes transformations prévues sur le site. Comme celle présentée en grande pompe en avril dernier. Un chantier de 13,9 millions d’euros visant à « humaniser » les soins (notre édition du jeudi 23 avril). Une réhabilitation regardée avec attention car cela implique d’autres problématiques, la direction du site souhaitant adapter les conditions d’isolation des patients qui peuvent parfois être difficiles à gérer. « Humanisation oui. Mais si on réduit nos effectifs à deux pour quinze. Et que les deux doivent être avec un patient, on fait quoi des treize autres ? On veut surtout des effectifs pour éviter la frustration des patients », ajoute-t-elle. Et de pointer également la présence de mineurs dans des services pour adultes. Ou encore la demande d’escorte de police pour l’accueil de patients en détention. Tout en répétant qu’elle « dédouane la direction de cela car ce qu’il manque, c’est des budgets. Elle fait ce qu’elle peut. S’il y avait les budgets pour de la masse salariale, ils embaucheraient et on reverrait les effectifs à la hausse et on pourrait faire de la vraie psychiatrie, du vrai médico-social ». Chaque année, 22 000 personnes sont prises en charge par les services du centre hospitalier.

    Budget réduit

    Et face à la crise que traverse le secteur, elle se remonte les manches. Avec, pour les trois années à venir, « des engagements forts au niveau de la lutte contre l’extrême droite, des engagements forts sur le maintien des valeurs de la CGT et pour défendre une psychiatrie et le médico-social publics, la santé publique au service des usagers », pose-t-elle en introduction. La section syndicale se pose contre les idéologies qui vont à l’encontre du modèle social et le secteur privé qui souhaite grignoter des parts du public. « Toutes les années, ils viennent tirer sur nos budgets en disant qu’il faut réduire nos dépenses. Sauf que nous, on n’est pas une entreprise qui fournit du capital », réitère Claire Moreno. Pointant entre autres que la psychiatrie a été érigée en cause nationale « mais que l’on ferme des lits tous les ans ».

    L’élection présidentielle sera donc scrutée de près par les syndicalistes de la psychiatrie.