Tag: intermittents

  • Vers une rentrée sociale de haute volée

    Vers une rentrée sociale de haute volée

    C’est le mouvement féministe qui va débuter les hostilités face au pouvoir en place avec le retour des rassemblements devant les tribunaux dès le 7 septembre. S’ensuivra une journée de grève et de manifestation concernant plusieurs secteurs sensibles : les travailleurs de la santé, des industries électriques et gazières, de l’enseignement supérieur avec le soutien des étudiants, le 15 septembre. Et le rythme
    va monter crescendo jusqu’à la fin du mois avec
    la date du 26 septembre dans le viseur. Avant une journée qui va faire office de point d’orgue avec
    un appel intersyndical dans la fonction publique
    et une grande manifestation des sapeurs-pompiers à Paris, le 29. Septembre s’annonce chaud !

    7 septembre

    Retour féministe devant les tribunaux

    La mobilisation pour avoir une loi-cadre contre les violences sexuelles et sexistes sur les femmes et les enfants a été suspendue pour l’été, le 7 juillet, on va donc reprendre dès ce 7 septembre », explique Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille.

    Un appel lancé par « l’ensemble des forces qui constituent la coalition ». Coalition qui rassemble 150 organisations et associations féministes à l’origine de la mobilisation devant les tribunaux notamment lancée suite à l’affaire Lyhanna. « On veut maintenir la pression et relancer la mobilisation au plus tôt ! C’est à partir de là que la loi peut être discutée au Parlement », développe la militante féministe. En clair, la coalition espère que la pression sur le terrain appuie ses revendications et permette ainsi qu’elles soient reprises par le Parlement. « On réclame 3 milliards d’euros par an, on propose 140 recommandations, la balle est dans le camp du gouvernement. Et vu les mobilisations qu’il y a eues entre le féminicide de Lyhanna et début juillet, le gouvernement a été obligé de nous entendre », insiste Annick Karsenty. D’où l’intérêt de poursuivre la mise sous pression.

    15 septembre

    Un mouvement électrique et une grève massive dans le secteur de l’énergie

    On s’attend à des taux de grévistes jamais vus dans le secteur. » Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, est plus que confiant sur l’ampleur de la mobilisation à venir chez les travailleurs du secteur de l’énergie.

    L’intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, CFDT…) des agents des industries électriques et gazières (IEG) appelle à une journée de grève ce 15 septembre et elle promet d’être suivie. « On fait face à une attaque généralisée, avec en ligne de mire la fin du «tarif agents« suite à un rapport de la Cour des comptes », explique le syndicaliste marseillais.

    Concrètement, le gouvernement veut rompre avec ce tarif préférentiel sur l’électricité et le gaz pour les travailleurs du secteur et prévoit tout un panel de mesures austéritaires pour les petites mains de l’énergie en France. « On est dans la poursuite de la doctrine de ce gouvernement : appauvrir les travailleurs et enrichir le capital », résume Renaud Henry. Autant dire que cela ne passe pas. Et cela passe encore moins lorsqu’on sait que cette même profession était déjà mobilisée pour des augmentations salariales, l’an dernier à la même époque.

    Leur mouvement avait lancé la riposte sociale de la CGT en 2025, les électriciens et gaziers sont donc bien partis pour redevenir la locomotive du monde du travail en 2026. « C’est insupportable pour les agents : l’année passée nous avons fait grève car notre grille de salaires débute en dessous du Smic et aujourd’hui on a la présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, une ancienne ministre qui a participé aux 1 000 milliards de dettes qui vient donner des leçons à des travailleurs qui ont du mal à finir le mois. »

    De quoi surtout reposer dans le débat public la question du pouvoir d’achat et des augmentations salariales qui ne suivent pas l’inflation. « Cela fait 15 ans qu’on a des augmentations salariales entre 0,5% et 1,5%, voire 2% les grandes années où l’on faisait des grèves pour avoir un peu plus… Mais la Cour des comptes demande l’arrêt des augmentations pour le secteur », dénonce Renaud Henry. Preuve que la colère est réelle, ce sont les quatre organisations représentatives du secteur qui sont dans le coup. « Même les cadres poussent à la mobilisation », assure Renaud Henry. Avant de glisser : « La question de la reconduction de la grève se pose déjà. » Les agents comptent envoyer un message limpide au patronat et au gouvernement.

    15 septembre

    Étudiants, enseignement supérieur et santé dans la bataille

    Si ce sont les agents de l’énergie qui montent au créneau en premier lieu ce 15 septembre, ils sont loin d’être les seuls travailleurs à se mobiliser à cette date. Plusieurs autres fédérations de la CGT appellent à la grève le même jour, à l’instar de la Fédération nationale des industries chimiques (Fnic-CGT).

    Cette dernière entend pousser pour des augmentations salariales à la hauteur de l’inflation et s’opposer plus globalement au projet de budget austéritaire que prépare le gouvernement : « Sans riposte d’envergure, nous serons condamnés à vivre ou à revivre les heures les plus sombres de notre histoire sociale. » Même analyse pour la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale qui dénonce les mesures à venir avec un appel à la grève également, qui concerne toutes les structures du secteur de la santé et du médico-social : « De nouvelles dégradations s’annoncent pour les budgets de l’État et de la Sécurité sociale : restriction d’accès aux soins, suppression de personnels, augmentation du reste à charge pour les patients… »

    Ajoutons à cela l’intersyndicale de l’enseignement supérieur (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires…) qui prévoit aussi une large mobilisation, là encore contre le budget à venir. Les travailleurs de la recherche pourront aussi compter sur le soutien des étudiants puisque plusieurs organisations de jeunesse appellent aussi à la riposte. De quoi faire du 15 septembre un moment de convergence.

    26 septembre

    Culture, climat et paix au programme

    La CGT Spectacle et plusieurs organisations progressistes du monde de la culture, appellent à « une semaine d’actions à partir du 21 septembre avec comme point fort le 26 septembre » avec le mot d’ordre : « Organisons une rentrée sociale. »

    Au programme : toujours la défense des droits des intermittents notamment, avec en ligne de mire les négociations autour de l’assurance chômage. Mais aussi l’opposition aux baisses de dotations des collectivités locales qui impliquent une baisse des subventions pour les structures artistiques. Ce timing tombe à pic puisque deux dates encadrent cette semaine d’actions. Dont le 21 septembre qui marque la journée mondiale pour la paix. « Il va y avoir une série d’initiatives dans plusieurs villes. On réfléchit à un rassemblement à Istres où se trouvent des armes nucléaires », explique Michel Dolot, pour le Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. Son organisation a aussi dans le viseur son congrès national à Port-de-Bouc, en octobre.

    Et le 26 septembre s’annonce aussi comme un temps fort avec l’organisation de « marches pour le climat, la paix et les solidarités » dans plus de 50 villes en France.

    29 septembre

    La fonction publique contre le budget

    La date du 29 septembre s’annonce comme l’autre temps fort de cette rentrée sociale avec un appel à la grève de l’intersyndicale de la fonction publique au complet (CGT, FSU, FO, Unsa, Solidaires, CFDT et syndicats autonomes). « Les agents de la fonction publique que nous représentons ont toutes les raisons de se mettre en grève et de pouvoir exiger justement un autre budget puisque le lendemain le 30, Sébastien Lecornu fera ses annonces budgétaires », explique Virginie Akliouat, secrétaire de la FSU 13. Des manifestations vont avoir lieu dans plusieurs villes de la région Sud avec toujours l’objectif de faire plier le gouvernement. « Cette mobilisation est là pour influer sur les arbitrages qui vont être rendus et peser sur le débat qui va s’ouvrir pour obtenir un nouveau budget », développe la syndicaliste.

    Outre la large unité syndicale sur le sujet, qui englobe d’ailleurs les trois pans de la fonction publique, plusieurs organisations de la CGT entendent faire convergence avec les fonctionnaires, comme l’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône. Cette dernière relaie la dernière communication du Comité confédéral national (CCN) de la CGT, l’une des instances décisionnaires de la centrale syndicale : « Rejoignons-les et faisons du 29 septembre une grande journée de grèves et de manifestations pour les services publics et l’augmentation des salaires. »

    Une manière d’enfoncer le clou après le 15 septembre et peut-être de préparer de nouvelles dates de mobilisations interprofessionnelles en octobre ? En tout cas, tous les mouvements sociaux de septembre s’accordent sur un fil rouge : l’opposition au budget austéritaire en préparation.

    29 septembre

    Les pompiers montent à Paris

    Plus qu’un symbole, l’ensemble des syndicats de pompiers appelle à une manifestation à la capitale ce 29 septembre après un été plus que rude pour leur profession. « Il va y avoir du monde à Paris, des sapeurs-pompiers de toute la France et des personnels administratifs », assure Laurent Guilloteau, pour la CGT Sdis et pompier des Bouches-du-Rhône. Pour faire monter la pression en amont, l’intersyndicale a justement déposé un préavis de grève dès le 8 septembre jusqu’au 20 octobre.

    Et aussi

    8 septembre. Grève dans les librairies à l’appel de la CGT et SUD de la profession à l’occasion de négociations dans le secteur sur les salaires.

    10 septembre. Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT va être dans le Var, le 10 septembre. Une visite pour préparer les élections professionnelles dans la fonction publique mais pas uniquement puisqu’un passage à l’arsenal de Toulon est aussi au programme.

    7 au 11 septembre. La Confédération nationale des buralistes annonce des mobilisations du 7 au 11 septembre avec un rendez-vous à Salon-de-Provence, le 9 septembre.

    15 septembre. Le secrétaire général de Force ouvrière, Frédéric Souillot, sera à Marseille, ce 15 septembre, pour un meeting de rentrée de l’Union départementale FO des Bouches-du-Rhône.

    20 septembre. Manifestations prévues dans plusieurs villes contre la loi dites du « permis de tuer ».

    28 septembre. De nombreuses associations féministes appellent à la mobilisation dans le cadre de la journée mondiale pour le droit à l’avortement.

  • L’organisation du Delta festival placée en liquidation judiciaire

    L’organisation du Delta festival placée en liquidation judiciaire

    Douze ans après sa création sur les plages du Prado, l’organisation du Delta Festival a annoncé dans un communiqué que le tribunal avait prononcé ce vendredi la liquidation judiciaire de la SAS Delta Agency, société organisatrice de ce qui est devenu l’un des plus importants festivals de musiques actuelles du sud de la France.

    Fondé en 2014 par les Marseillais Matthieu Predal et Olivier Ledot, alors étudiants, le Delta Festival s’est progressivement imposé dans le paysage culturel national. Électro, rap, pop et musiques actuelles s’y sont succédé au fil des éditions avec des artistes comme DJ Snake, David Guetta, Martin Garrix, Damso, Soprano ou Angèle et jusqu’à 150 000 festivaliers. Même si la billetterie au rabais des dernières semaines (un pass acheté pour un pass offert) ne laissait rien présager de bon, cette liquidation intervient après une année 2026 mouvementée.

    À quelques jours de l’édition 2026, une série de témoignages de femmes accusant Olivier Ledot, cofondateur et président du festival, de violences sexuelles présumées ont entraîné le retrait de plusieurs collectifs partenaires et la déprogrammation d’artistes. Après la mise en retrait d’Olivier Ledot et l’ouverture d’une enquête indépendante, le festival s’était maintenu du 23 au 26 juillet.

    Situation économique impossible à surmonter

    Dans un message intitulé « On voulait vous écrire une dernière fois », l’équipe rappelle les difficultés accumulées ces dernières années : « Les annulations liées au Covid en 2020, la tempête de 2023, les inondations exceptionnelles de 2024, le mistral de 2025, puis des grêlons de la taille de balles de tennis le samedi 25 juillet 2026. Nous avons tout affronté, tout encaissé, sans jamais rien lâcher », écrit-elle. Mais selon l’organisation, « l’ampleur nationale » de l’affaire Ledot, les annulations d’artistes et de la journée du samedi « journée de plus forte affluence » ont mené à « une situation économique devenue impossible à surmonter ».

    La liquidation a des conséquences sociales importantes. « 23 personnes vont être licenciées pour motif économique », précise le communiqué. L’organisation rappelle aussi que chaque édition faisait travailler des centaines de techniciens, intermittents, agents de sécurité, restaurateurs, fournisseurs et associations…

    Les créanciers, y compris les festivaliers concernés par l’annulation du 25 juillet, disposent désormais de deux mois pour déclarer leur créance. Pour autant, la page n’est peut-être pas totalement tournée. Une reprise reste juridiquement possible et pourrait faire revivre une marque devenue emblématique de l’été marseillais.

  • Mobilisation finale au Festival d’Avignon pour une culture mieux financée

    Mobilisation finale au Festival d’Avignon pour une culture mieux financée

    Un peu plus de 300 personnes étaient réunies, ce mercredi 22 juillet devant l’Hôtel de Ville d’Avignon, pour manifester, une troisième fois en quatre semaines, contre les coupes budgétaires prévues par le gouvernement dans le secteur de la culture.

    Cette mobilisation, organisée par la CGT Spectacle, a été moins suivie que les précédentes (900 participants le jeudi 9 juillet et 500 le jeudi 16 juillet). Mais l’essentiel n’est pas là. « Il y a des premiers reculs sur les annonces et de premières victoires pour nous. Et c’est grâce à la mobilisation », s’exclame Maxime Sochaud, secrétaire général adjoint de la CGT Spectacle. La ministre de la Culture a effectivement annoncé, mardi 21 juillet, que les crédits destinés à 28 structures du spectacle vivant, initialement gelés, seraient finalement versés au cours du second semestre.

    Des négociations se poursuivent avec les autres organisations syndicales autour de plusieurs revendications communes, dont celle visant à consacrer 1 % du PIB à la culture.

    La mobilisation se poursuit

    Mais si le Festival d’Avignon touche à sa fin, la mobilisation, elle, est loin de s’arrêter. La CGT Spectacle a annoncé sa présence dans les principaux rendez-vous culturels de l’été. Dès ce samedi 25 juillet, un rassemblement est prévu à Chalon-sur-Saône, à l’occasion du festival Chalon dans la Rue. Une mobilisation plus large est également annoncée pour septembre. Des échanges sont notamment prévus autour du statut des intermittents du spectacle et de la réforme de l’assurance chômage, deux sujets qui ne passent pas. « Ce n’est pas une crise, c’est une hécatombe. La culture n’est pas une variable d’ajustement », réitère Maxime Sochaud. « On s’attend à des budgets calamiteux. Le combat est devant nous », confie Joris Mathieu, coprésident du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac).

    Ainsi se termine le Festival d’Avignon 2026, dans la colère et la crainte. Et d’ici un an, la colère risque encore de grandir et la précarité s’accentuer. « Mais le combat continue. Syndiquez-vous ! », conclut Maxime Sochaud.

  • Les travailleurs de la culture mettent la pression au Medef

    Les travailleurs de la culture mettent la pression au Medef

    La banderole qui trône habituellement devant les locaux de l’Union pour les entreprises 13 (UPE13), déclinaison locale du Medef, « Plus que jamais les entreprises ont besoin de nous » a été remplacée par « le Medef tue la culture » lors d’une action coup de poing, ce mercredi matin à Marseille.

    Cette dernière a été menée par plusieurs syndicats et collectifs de travailleurs du monde de la culture et intermittents du spectacle, réunis sous la bannière de « l’assemblée générale culture 13 », qui ont momentanément occupé « la place des entreprises ». Une manière de mettre la pression sur les organisations patronales pour le dernier round de négociations autour de l’assurance chômage qui se déroulait au même moment à Paris au siège de l’Unédic, l’organisme en charge de ladite assurance. Des négociations durant lesquelles Medef, CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) et U2P (Union des entreprises de proximité) ont fait une proposition qui ne passe vraiment pas pour les petites mains de la culture : « L’augmentation de 50 heures par an du nombre d’heures minimum pour ouvrir le droit à l’indemnisation au titre de l’intermittence », comme le résume Maria, comédienne de théâtre à Marseille. Concrètement, ils devront travailler plus pour une indemnisation similaire : « C’est déjà compliqué d’en faire 507, alors 557 n’en parlons pas… »

    Débrayage à Plus belle la vie

    Si d’autres mesures de durcissement de l’assurance chômage pour l’ensemble des salariés sont discutées ce jour, la proposition patronale a des conséquences concrètes pour le monde de la culture : « On parle de 10 000 à 30 000 intermittents sur le carreau. En rehaussant ce seuil, de facto cela va exclure des personnes. D’autant qu’on fait déjà face à une baisse des subventions du ministère de la culture, des collectivités territoriales et donc du volume de l’emploi », explique Léo, pour le syndicat français des artistes CGT. Plus qu’un symbole, « l’ensemble de l’équipe technique, des figurants et quelques comédiens » du tournage de la série Plus belle la vie étaient aussi présents et « ont débrayé une heure ».