« Je ne peux pas croire que le ministre de l’Intérieur ne sera pas là d’ici quelques heures, parce que cela voudrait dire que c’est un déserteur, et je ne crois pas que Laurent Nuñez soit un déserteur », lâchait le maire (DVG) de Marseille face à la presse, ce lundi soir, en attente de réponses après les violences qui ont secoué la ville, ce samedi 17 octobre. Initialement attendu en début d’après-midi, le résidant de la place Beauvau est finalement arrivé sur les coups de 21h30 sur le perron de l’hôtel de ville, pour un entretien avec l’édile marseillais de plus de trois quarts d’heure.
« J’ai eu des réponses sur toutes les questions que j’ai posées, j’avais des questions claires, j’ai eu des réponses claires », appréciait Benoît Payan à l’issue d’une discussion « franche et salutaire ». Face aux appels à manifester, « il appartient désormais à ceux qui sont en charge de l’ordre républicain de prendre toutes les mesures ». Et d’annoncer : « Marseille doit être protégée à la hauteur de ce qu’elle mérite, les forces de l’ordre seront là en nombre. »
« Je suis ici pour répondre en toute franchise et transparence aux questions légitimes de Monsieur le maire », commençait pour sa part le ministre de l’Intérieur. Il décrit les évènements de la journée de samedi, avec une mobilisation de « l’ultra gauche » plus importante que prévue en matinée, puis l’arrivée de « délinquants en plusieurs points de Marseille, très mouvants ». « Les forces de sécurité intérieure ont fait un travail remarquable », défend-il. En annonçant un prochain dispositif « en extrême réactivité ». « Le président de la République m’a donné mandat pour que ce qui s’est passé samedi ne se reproduise plus », résume-t-il. La mise en place d’un couvre-feu reste en discussion avec le préfet.
Plus tôt dans la soirée, le maire avait une fois de plus dénoncé face à la presse la gestion du maintien de l’ordre à Marseille, ce samedi 17 octobre, « un fiasco du début à la fin ». « Ce que j’ai vu samedi, c’est le contrat social déchiré, dénonçait-il. C’est d’avoir fait des forces de l’ordre et des lycéens de la chair à canon, avoir demandé aux forces de l’ordre de gazer des lycéens pendant qu’au même moment, en toute impunité, des dizaines de magasins étaient pillés pendant des heures sous les caméras de vidéosurveillance. » Il appelait à revenir sur les doctrines de maintien de l’ordre, face à « la déliquescence des valeurs républicaines ». « Quand j’entends des représentants de l’État confondre les manifestants et les casseurs, j’ai honte pour eux », appuyait-il en rappelant de « justes revendications ». Il l’assure, la municipalité enverra au gouvernement la facture des commerçants, mais aussi des services municipaux déployés en urgence ce week-end. « Quand nous nous substituons à l’État, que l’État paye, parce qu’il est en carence », réclamait-il.

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