La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur le mouvement étudiant de ces dernières semaines ?
Georges Linarès : Ce sont toujours des situations compliquées parce qu’il y a à la fois des revendications, non seulement qu’on comprend, mais aussi qu’on porte depuis quelques années – et qu’on ne porte pas seul. Pour garantir des conditions d’études qui sont correctes d’une part, et d’autre part pour assurer de bonnes conditions de travail aux chercheurs pour pouvoir innover et produire de la science.
Que répondez-vous concernant
les demandes plus locales,
comme les heures d’ouverture
de la bibliothèque ou l’exonération des frais d’études pour les étudiants étrangers ?
G.L. : Ouvrir la bibliothèque jusqu’à tard le soir et le week-end n’est pas la bonne solution. Ce sont des espaces qui sont très grands et qui coûtent très cher à chauffer ou à rafraîchir Et cela obligerait à ouvrir tout le campus et donc à sécuriser l’ensemble. Ce qui représente une facture à plus de 400 000 euros par an. Mais le besoin des étudiants est cependant bien identifié : le travail à la maison accentue les inégalités et nous devons limiter l’impact des inégalités sociales sur la réussite académique. Une salle d’une centaine de places hors campus va être ouverte jusqu’à 22 heures et le samedi pour y remédier.
Cette année, on ne peut exonérer que 30% des étudiants extracommunautaires. On peut penser ce qu’on veut de cette loi mais la loi est la loi, il y a une règle et il ne m’appartient pas de décider de respecter ou pas la loi. Mon avis personnel est que c’est une erreur de limiter l’exonération à 30% des étudiants extracommunautaires. Parce que faire venir des étudiants en France, c’est contribuer à la place de la France dans le monde mais c’est aussi drainer du potentiel intellectuel vers la France.
Qu’attendez-vous du gouvernement ?
G.L. : Il faut savoir de quel type d’université le pays a besoin. Je crois que la massification de l’enseignement supérieur, c’est-à-dire l’ouverture très large de l’enseignement supérieur, est une bonne chose pour le pays. Ce sont des perspectives qu’on ouvre à notre jeunesse. Ce sont des choix de société qui doivent se traduire budgétairement. L’argent qui est mis dans les universités, ce n’est pas une dépense, c’est un investissement pour l’avenir.

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