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  • [Rue de la République] Pierre-Marie Ganozzi : « À Marseille, nous voulons qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue »

    [Rue de la République] Pierre-Marie Ganozzi : « À Marseille, nous voulons qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue »

    Du plan écoles à la sécurité

    Didier Gesualdi : Vous êtes le nouvel adjoint du Printemps marseillais à la sécurité, vous succédez à Yannick Ohanessian après vous être occupé du plan écoles. Vous pouvez tout faire ? Vous êtes bon partout ?

    J’espère devenir bon partout en tout cas. M. le maire m’a confié cette délicate tâche de la sécurité. C’est un vrai beau défi. Il y a eu le plan écoles, maintenant la sécurité, c’est une vraie marque de confiance. Je mets tout en œuvre avec son aide et avec les fonctionnaires de police pour améliorer la sécurité globale à Marseille et pour lutter contre le sentiment d’insécurité qui est également très fort dans notre ville.

    Léo Purguette : Quel bilan tirez-vous du plan écoles ?

    Le plan écoles continue d’avancer. Nassera Benmarnia est très bien entrée dans ses nouvelles fonctions. On est aujourd’hui sur la vague 4 qui est en train d’être lancée en projet. Il y a des dizaines d’écoles dans lesquelles les travaux ont déjà commencé. Certaines vont être livrées d’ici une petite année environ. Le plan écoles avec la société publique des écoles ou, en direct avec la Ville de Marseille, continue d’avancer à un bon rythme. On peut être fier de cette réussite qui est collective, qui provient de la volonté du maire Benoît Payan avec l’aide de l’État et du président Emmanuel Macron. Quand l’État et une collectivité veulent travailler main dans la main, les services publics, la fonction publique, deviennent de véritables donneurs d’ordre et font avancer les choses.

    Didier Gesualdi : Il y a eu des batailles de chiffonniers sur les chiffres pendant la campagne électorale. Quoi qu’il arrive ça ne va jamais assez vite ?

    Évidemment, j’aimerais pouvoir tout reconstruire le plus rapidement possible. Mais nous respectons toutes les règles d’urbanisme, de conformité, les normes liées au réchauffement climatique, ça prend du temps, de l’argent mais on en est fiers parce que ceux qui en profitent ce sont nos petites Marseillaises et nos petits Marseillais.

    Léo Purguette : Vous dites respecter toutes les règles, l’ancien préfet de région a quand même signalé le contraire. Où en êtes-vous ?

    Il a signalé le contraire… oui, c’est quand même un peu confus ce qu’il s’est produit. Les services de la préfecture ont mené une enquête récemment et le nouveau préfet lui-même, M. Witkowski, a dit qu’il n’y avait aucune anomalie. Nous, on le savait. On avait travaillé avec nos avocats qui nous avaient dit qu’il y avait beaucoup de bruit pour rien. La campagne électorale a probablement servi de caisse de résonance.

    SA FEUILLE DE ROUTE

    Didier Gesualdi : Yannick Ohanessian nous disait que votre majorité avait fait plus en six ans que les autres en quarante ans. Il reste encore beaucoup à faire non ? Beaucoup de Marseillais ont le sentiment que ça ne va pas mieux.

    Je me mets dans les pas de mon prédécesseur et je m’inscris surtout dans les directives données par le maire, Benoît Payan. Nous avons déjà recruté 400 policiers durant le mandat précédent. On va doubler ce chiffre en passant à 800 recrutements sur le nouveau mandat. C’est le premier axe. C’est un vrai défi parce qu’aujourd’hui, tous les métiers de la sécurité sont en tension. À nous de faire en sorte que l’on vienne taper à notre porte. Le deuxième axe, c’est la proximité avec la volonté de créer des commissariats de police municipale dans tous les arrondissements de Marseille. Il y avait le plan écoles, il y aura très bientôt le plan commissariats avec l’objectif d’être au plus près des habitants pour pouvoir les rassurer, les renseigner, les protéger, faire du flagrant délit en cas de problème. Nous voulons assurer la sécurité de tout le monde, dans tous les quartiers.

    Léo Purguette : Ces ambitions sont très hautes alors que l’argent manque dans les collectivités. N’avez-vous pas l’impression d’en dépenser beaucoup pour compenser les manques de l’État ?

    Ce qui est sûr, c’est que nous ne ferons pas d’économies sur la sécurité. Nous allons investir dans des nouveaux commissariats, recruter des policiers mais aussi les équiper. En revanche, il est hors de question que la police municipale vienne remplacer la police nationale qui est sous l’autorité du préfet. Nous voulons qu’il y ait plus d’uniformes dans les rues, davantage de policiers municipaux et davantage de policiers nationaux. L’État s’est désengagé des services publics, d’abord la justice ensuite la santé, puis l’éducation… Il serait inadmissible qu’il se désengage de la sécurité.

    LA POLICE NATIONALE

    Didier Gesualdi : On a assisté à des échanges aigres-doux entre Benoît Payan et le préfet sur les effectifs de police nationale la nuit, faites-vous encore appel à l’État ?

    Bien sûr. C’est un domaine régalien de l’État. Ce que je veux c’est qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue que ce soit dans la journée ou la nuit parce que nos concitoyens ont besoin de les voir, d’être rassurés et en cas de flagrant délit, qu’il y ait une intervention. Avoir du bleu dans les rues, c’est nécessaire la nuit aussi. Je n’entre pas dans une bataille de chiffres mais les demandes répétées du maire de Marseille, je les ai moi-même relayées auprès de la préfète de police et du directeur de la police nationale que j’ai rencontré il y a quelque temps. Main dans la main on doit pouvoir arriver à trouver des solutions pour améliorer la sécurité à Marseille.

    Didier Gesualdi : Comment pouvez-vous contribuer à la lutte contre le narcotrafic ?

    C’est un drame pour les familles et les quartiers qui en sont victimes. C’est une compétence police nationale. Il y a des enquêteurs, des brigades spécialisées, ne nous prenons pas pour ce que nous ne sommes pas. En revanche, nous pouvons apporter une aide sur les caméras de vidéosurveillance, sur les opérations « grappin » en venant enlever les voitures qui ralentissent les services de police, les chariots ou autres… C’est aussi rétablir un cadre de vie agréable pour les personnes qui y vivent.

    LA PROXIMITÉ

    Léo Purguette : Un commissariat par arrondissement, c’est à quelle échéance ?

    On se donne le mandat pour y parvenir. À l’instant T, nous avons déjà des pistes dans plusieurs arrondissements.

    Léo Purguette : Avez-vous déjà une idée du prochain qui ouvrira ?

    Les deux pistes les plus avancées sont dans le 15e et dans le 11e. Nous avons déjà celui de Canebière qui fonctionne bien, celui de Loubon, dans le 3e, qui va fonctionner encore mieux dans la prochaine période. Trouver une implantation pour un commissariat n’est pas si facile que ça parce qu’il y a un critère intangible qui est le parking pour accueillir les véhicules de police.

    Léo Purguette : Quel lien police-population ? Ces rapports sont parfois tendus voire violents.

    Nous faisons de la prévention. Une de mes premières sortie d’adjoint était à la Savine pour faire découvrir tous les métiers à uniforme aux jeunes. Il y a des enjeux de recrutement.

    LA GAUCHE ET LA SÉCURITÉ

    Léo Purguette : « Plus de bleu dans la rue », c’est un discours que l’on n’entend pas toujours à gauche. La gauche est parfois critiquée pour un supposé angélisme en matière de sécurité. Quelle est votre doctrine ?

    L’angélisme, ce n’est pas la doctrine du Printemps marseillais. Ce que nous voulons c’est que toutes les Marseillaises et Marseillais se sentent en sécurité, où qu’ils se trouvent dans la ville. On vit dans un territoire magnifique avec la plus belle rade du monde, des sites absolument remarquables, il n’est pas acceptable que des personnes puissent être agressées, se sentent en difficultés selon les endroits, que certaines femmes se fassent harceler. C’est inacceptable que l’on soit de gauche ou de droite. Peut-être qu’il y a quelques décennies, la gauche pouvait être angélique. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Au Printemps marseillais nous avons à cœur que l’on se sente bien en sécurité partout à Marseille. Nous ne voulons pas que des quartiers populaires soient abandonnés comme cela a été le cas pendant des années avec des problèmes de trafics, des services de propreté ou de bus qui ne venaient plus. Nous, nous remettons du service public dans les quartiers populaires.

    Léo Purguette : C’est votre manière de tenter de faire refluer l’extrême droite ?

    Ce que nous voulons, c’est faire vivre le vivre-ensemble. Tout le monde en parle mais comment fait-on ? On met du service public. C’est le service public qui doit permettre aux gens d’être reliés et de vouloir vivre ensemble. Ce n’est pas une évidence de vivre ensemble. Si vous avez une école délabrée, si vous appelez le 17 et qu’il ne se passe rien, si vous vous faites agresser dans la rue, si des gens vous empêchent de rentrer chez vous, vous vous sentez comme un citoyen de seconde zone. Nous à Marseille, on ne veut que des citoyens de première zone. Notre belle ville est peuplée par 900 000 Marseillaises et Marseillais qui sont fiers de l’être et ils ont raison. Nous, ce que nous voulons, c’est que notre police permette la concorde.

    Didier Gesualdi : Le moratoire sur les caméras de vidéosurveillance colle à la peau du Printemps marseillais. C’est totalement révolu ?

    D’abord, il était dans notre programme de 2020. On a donc fait ce pour quoi on avait été élu : pendant deux ans, on a fait un moratoire qui a permis d’analyser l’ensemble des caméras. On s’est rendu compte que certaines, soit ne fonctionnaient pas, soit ne servaient à rien, soit étaient dans des endroits un peu étranges pour surveiller des personnalités X, Y ou Z, ce qui n’est évidemment pas l’objectif principal. Nous avons mis les choses à plat, avec l’État, dans le cadre du plan Marseille en grand, à des endroits utiles : écoles, collèges, lycées mais aussi dans les lieux stratégiques pour lutter contre les trafics ou garantir la sécurité routière.

    L’INSÉCURITÉ

    Didier Gesualdi : Quand, à la Valentine, aux Accates, on voit des votes à 60% pour le RN lors des législatives, est-ce que c’est l’insécurité qui explique ces résultats ?

    Vous savez, quelqu’un qui est cambriolé, c’est un gros problème. Il faut d’ailleurs faire reculer cette insécurité concrète. Il faut aussi lutter contre le sentiment d’insécurité. Quand, dans la campagne, Mme Vassal disait qu’elle ne voulait pas venir au Vieux-Port à 18h de peur de se faire agresser. Excusez-moi, je suis régulièrement sur le Vieux-Port, à 18h, 20h ou 23h, il ne m’est absolument jamais rien arrivé. Il y a ce sentiment que Marseille serait une ville de non-droit, que ce serait Chicago dans les années 1930. C’est invraisemblable. Il y a une vraie insécurité qui existe, sur laquelle nous devons lutter au quotidien avec la police au plus proche des habitants. Et puis il y a ce sentiment d’insécurité qui est très fort. Le faire reculer passe par une présence policière accrue qui doit faire reculer ce sentiment-là. On vient très bien au Vieux-Port sans aucun problème.

    LA RÉPUBLIQUE, C’EST QUOI ?

    Pierre-Marie Ganozzi : « La République c’est une utopie, c’est l’idée formidable selon laquelle nous pouvons vivre ensemble, nous devons vivre ensemble. Rien n’est facile mais nous y travaillons, avec le maire Benoît Payan et tous les élus de la majorité municipale pour que notre République, j’ai presque envie de dire la «République marseillaise» se vive au quotidien. »

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Colette Drogoz :

    Je possède un garage donnant sur la rue, je ne peux ni entrer ni sortir car des voisins se garent devant en toute impunité. Pourquoi personne ne m’aide ? Cela dure depuis 10 ans !!!!

    Bonjour Colette. Ce que je peux vous dire, c’est que normalement il faut faire le 17 dans ce cas-là. Si ça ne fonctionne pas, il faut faire allô mairie qui peut être en direct avec la fourrière. Je vais voir ce qu’il se passe concrètement pour vous car il y a eu un temps d’adaptation mais la fourrière fonctionne désormais. En 2025, on en était à 11 000 mises en fourrière. Le début de l’année 2026, on est dans des ratios encore supérieurs et nous allons recevoir de nouveaux équipements pour encore augmenter notre capacité d’intervention.

    En outre, nous sommes à la recherche d’un deuxième site pour faire une deuxième fourrière dans les quartiers sud. Je vous donne un petit scoop : ça avance bien. J’espère que d’ici la fin de l’année 2026 on aura à la fois un deuxième site de fourrière dans le sud et de nouveaux équipements. Les deux réunis permettront à la fourrière d’être encore plus performante et donc pour Colette et pour les autres de multiplier les interventions. J’ai donné des consignes très claires en ce sens : on verbalise et on met en fourrière car l’insécurité routière à Marseille, ça suffit.

  • Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    C’est demain sur le pavé toulonnais que la nouvelle édition de la Marche des fiertés est attendue. Le principe est simple : rendre visibles celles et ceux qui ont longtemps été contraints au silence à cause de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, victimes de rejets et de violences ou de stigmatisations sociales.

    Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il reste encore du boulot, d’autant plus dans la Var, où l’extrême droite exerce de plus en plus son emprise sur les consciences. Rappelons que la députée RN Laure Lavalette avait dénoncé la programmation du Théâtre Liberté sur la thématique du genre avec ce type de propos : « Non, nous ne sommes pas tous concernés par ces théories nauséabondes… propagande LGBTQI avec l’argent du contribuable. »

    Raison de plus pour venir se mobiliser dans l’espace public et dire non à toutes les discriminations qui demeurent encore hélas une réalité dans de nombreux domaines.

    Festive et revendicative

    Et toutes les avancées obtenues ont été arrachées comme toujours par la lutte et la mobilisation. La Marche des fiertés s’inscrit dans cette tradition de lutte collective.

    L’occasion aussi d’alerter sur les violences homophobes et transphobes qui continuent.

    Une Marche des fiertés revendicative donc qui n’en oublie pas pour autant la dimension festive. La joie, la créativité et l’expression collective devenant alors aussi des moyens de résistance aux passions tristes exacerbées par les réactionnaires de tout crin.

    Rendez-vous donc ce samedi 13 juin dès 13h sur la place d’Armes.

    Pour ce qui est du programme, la journée sera marquée par plusieurs temps forts politiques et associatifs. Ainsi de 14h45 à 15h15, les associations prendront la parole afin de rappeler les réalités vécues par les personnes LGBTQIA+, les combats encore nécessaires et l’importance d’une mobilisation collective face aux discriminations.

    À noter également parmi les prises de paroles annoncées, la présence du premier adjoint à la mairie de Toulon, Julien Orlandini, ainsi que de Patrice Cazaux, adjoint à la Citoyenneté. Un signe fort envoyé par la municipalité à toutes les minorités.

    Vers 17h15, le cortège aura rejoint l’avenue de la République où un discours militant sera prononcé par le Collectif Fiertés Toulon et l’association Trans-mission Var. Afin de rappeler que « la République doit protéger tous ses enfants, quelles que soient leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre ».

    Chacun devant prendre sa part dans la construction d’une société réellement égalitaire.

    La journée se terminera par la fête de 19h30 à 00h avec DJ Set sur la place de l’Equerre.

  • À Toulon, l’avenue de la République fait de la place au vélo

    À Toulon, l’avenue de la République fait de la place au vélo

    La maire de Toulon Josée Massi l’annonçait en exclusivité dans nos colonnes le 29 mai : la très réclamée piste cyclable sur l’avenue de la République va bel et bien être aménagée d’ici cet été. Une expérimentation en situation réelle qui répond ainsi à une très ancienne demande des associations et collectifs militant pour la création d’un réseau connecté permettant la pratique sécurisée du vélo et son essor comme mode de déplacement à part entière dans le Port du Levant.

    Une avancée que son prédécesseur Hubert Falco (DVD) avait toujours refusée ou renvoyée aux calendes grecques. Avec au final en 2023 une simple bande matérialisée sur le sol dans un seul sens.

    Son adjoint au transport d’alors, Yannick Chenevard, consentait en 2003, après le « Clou rouillé » qui venait d’être décerné à la ville, qu’il manquait effectivement un tronçon permettant de traverser Toulon par l’avenue de la République. Mais il ne pourra être réalisé que lorsque le deuxième tube de la traversée souterraine serait ouvert, justifiait-il.

    À Toulon, on dépasse les autos ?

    « Aujourd’hui avec 45 000 voitures qui passent sur l’avenue de la République, et il faut avoir un peu de bon sens pour comprendre qu’il serait extrêmement difficile d’installer une piste cyclable », poursuivait-il.

    Ce que l’équipe manquait donc, pour reprendre son phrasé, ce n’était pas de bon sens mais de volonté politique. Et surtout le respect de la parole donnée puisque le deuxième tunnel a ouvert en 2014 et que pour autant rien ne s’est passé.

    Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui avec l’aménagement cyclable mis en œuvre.

    « On va voir ce que ça donne par rapport aux flux de voitures qu’amènent les embarquements de ferries. Mon objectif, c’est de faire des pistes cyclables continues, un réseau », explique Josée Massi. Et non plus de jolis tronçons non raccordés qui jettent brusquement le cycliste dans la circulation automobile.

    L’antenne de proximité de la métropole Toulon Provence Méditerranée va réaliser les travaux du 17 juin au vendredi 31 juillet, sauf intempéries.

    Alors même si ce dispositif est instauré à titre expérimental, les choses avancent dans le bon sens pour les cyclistes urbains. Le monde associatif ne cessant de saluer la qualité d’écoute de la municipalité sur ce sujet.

    La politique du tout automobile est en tout cas de toute évidence bien terminée. Sacrifier une voie de circulation au bénéfice des vélos est un signe fort.

  • Une journée d’hommages à la Résistance

    Une journée d’hommages à la Résistance

    Cette journée a été instaurée en souvenir de la réunion du Conseil national de la Résistance (CNR) du 27 mai 1943 à Paris, réunissant Jean Moulin, représentant du Général de Gaulle, les représentants des huit grands mouvements de résistance français et les représentants de six principaux partis politiques de la troisième République. Une rencontre fondatrice, qui avait pour but d’unifier et de coordonner toutes les forces et les tendances politiques de la Résistance au sein d’un seul et même mouvement.

    Bouches-du-Rhône

    À Salon-de-Provence, à 9h30, au Mémorial Jean-Moulin, sur la route nationale 583.

    À Aix-en-Provence, à 11h30, au Wagon du Souvenir au camp des Milles, chemin des déportés.

    À Martigues, à 18h, au monument aux Morts sur la place du 8 mai 1945.

    À Aubagne, à 17h, au Parc Jean-Moulin.

    À La Ciotat, à 11h, au cimetière Sainte-Croix.

    Var

    À Toulon, à 10h, sur la place Gabriel-Péri.

    À Draguignan, à 18h30, au Monument de la Résistance, sur la place de la Paix.

    À Six-Fours, le collectif Six-Fours à gauche, écologiste, régionaliste et citoyenne organise à 10h, au rond-point Jean-Moulin, une cérémonie en réponse à la « cérémonie patriotique » programmée par la mairie d’extrême droite de Frédéric Boccaletti, afin de rappeler que les racines de son parti n’étaient pas du côté de la Résistance. Et de dénoncer : « Une entreprise de récupération et de falsification de l’Histoire, salissant la mémoire des résistantes », selon le collectif.

    Vaucluse

    À Avignon, à 10h, à l’angle du boulevard de la première DB et de l’avenue Pierre-Semard, une cérémonie commémorative se tiendra à l’occasion du 82e anniversaire des bombardements de la ville d’Avignon, et à 10h45, au Monument aux Morts, place
    1ère armée d’Afrique, se tiendra la cérémonie commémorative de la Journée nationale de la Résistance.

    À Carpentras, à 11h, au Monument aux Morts du cimetière.

    À Cavaillon, à 17h, sous le péristyle de l’hôtel de ville.

    Alpes-de-Haute-Provence

    À Manosque, à 18h, au Monument aux Morts, bd Élimir-Bourges, organisée par l’association Anacr.

  • [Chroniques méditerranéennes] Être ou ne pas être espagnol

    [Chroniques méditerranéennes] Être ou ne pas être espagnol

    L’extrême droite par la voix du porte-parole de Vox au Parlement catalan, Joan Garriga, estime qu’être espagnol c’est avoir les deux parents espagnols, ce que ne dit pas la loi. Une déclaration qui se situe dans le contexte du débat sur la priorité nationale que veut imposer le parti pro franquiste dans les régions.

    C’est au Parlement de Catalogne que le député d’extrême droite, Joan Garriga, porte-parole de Vox a affirmé récemment « est espagnol celui qui est né de père et mère espagnols ». Le Roi Felipe VI appréciera, lui dont la mère est Sophie de Grèce, elle-même fille de Paul Ier de Grèce et de la princesse Frédérika du Danemark. Plus sérieusement, ces héritiers idéologiques de Franco ne supportent pas la récente décision du gouvernement de régulariser plus de 500 000 étrangers dans des conditions très réglementées. Culturellement, économiquement, humainement l’Espagne a tout à gagner à régulariser les immigrés qui sont exploités par des patrons voyous proches de l’extrême droite. Régulariser ne veut pas dire naturaliser, mais quand bien même, un travailleur qui contribue à la prospérité d’un pays, devrait avoir les mêmes droits qu’un Espagnol « pure souche ». Mais pour ces partis de droite et d‘extrême droite, au service des exploiteurs de main-d’œuvre immigrée, l’étranger n’est bon qu’à permettre d’engendrer du profit et s’il est sans-papiers c’est encore mieux, car plus corvéable à merci comme dans la province de Castellon où un réseau de trafic d’êtres humains a été démantelé par la Guardia Civil courant avril. 70 travailleurs immigrés sans-papiers étaient logés dans des conditions indignes et travaillaient 12 heures par jour sur des exploitations agricoles.

    Pour revenir aux déclarations des députés catalans d’extrême droite, la palme revient à celle d’Alberto Tarradas du même parti que Joan Garriga qui, lui, a fait référence en séance parlementaire, au slogan raciste de supporters, lors du match amical Espagne Égypte : « Qui ne saute pas est musulman. » Ce triste sire de Vox, a ainsi interpellé la députée de Esquerra Republicana Catalana (ERC) Najat Driouech, qui est de confession musulmane au cours d’un débat parlementaire, le député devait ajouter « si vous ne sautez pas ce n’est pas grave, on ne vous déportera pas pour ça, tout au moins pour le moment… ». Pour le moment l’Espagne et son gouvernement de gauche ne sombrent pas dans l’ignominie trumpiste relayée par les sbires de Vox, elle fait preuve d’humanisme et de pragmatisme.

    La nationalité n’exige pas « la pureté du sang ». Si un étranger vient s’installer et répond aux critères légaux, il pourra prendre la nationalité espagnole, comme ça était le cas des parents du jeune et célèbre footballeur du Barça, Lamine Yamal, qui aujourd’hui est espagnol.

    Et puis, rappelons un point d’histoire qui a marqué ce pays. Ces étrangers qui sont venus de 53 pays pour défendre la République, il y a 90 ans, alors qu’elle était agressée par le fascisme, ces femmes et ces hommes des Brigades Internationales qui ont versé leur sang pour la paix, la justice, la liberté, fidèles à ces valeurs universelles, méritaient la nationalité espagnole. Elle fut accordée sous la pression des associations mémorielles, en 1996 par le gouvernement socialiste de l’époque, à 600 brigadistes survivants dont 80 Français. Une décision qui faisait écho 58 ans plus tard au discours d’adieu aux brigades internationales prononcé par Dolorès Ibarruri « la Pasionaria » le 1er décembre 1938 « … Camarades des Brigades Internationales ! (…) Nous ne vous oublierons pas ; et quand l’olivier de la paix se couvrira de nouveau de feuilles mêlées aux lauriers victorieux de la République espagnole, revenez ! ». Je ne sais pas vous, mais moi c’est cette Espagne humaine et chaleureuse que j’aime, vivement des lauriers victorieux pour une nouvelle République espagnole.

    Journaliste, président de l’Association pour le souvenir de l’exil républicain espagnol (Aseref)

  • À l’Élysée, les maires du Gard réclament des moyens

    À l’Élysée, les maires du Gard réclament des moyens

    À l’invitation du président Emmanuel Macron, près de 500 maires ont été réunis jeudi à l’Élysée. Parmi eux, six élus gardois : Vincent Bouget (PCF, Nîmes), Christophe Rivenq (LR, Alès), Sylvie Arnal (DVG, Le Vigan), mais aussi Pascale Eugène (DVG, La Grand-Combe), Julie Mercier (SE, Le Garn) et Théo Guigue (SE, Sauzet). Un « casting » arrêté par la préfecture, censé refléter la diversité des communes et des sensibilités.

    Derrière la mise en scène républicaine, une réalité : les maires gardois sont venus chercher ce que l’État retire au quotidien – des moyens, des effectifs, du respect. La journée s’est ouverte par des ateliers avec des membres du gouvernement, autour de plusieurs thèmes annoncés : sécurité, climat, services publics, relations État-collectivités.

    Vincent Bouget, une parole offensive venue de Nîmes

    Fraîchement élu maire et désormais président de l’Agglomération, Vincent Bouget s’est saisi de cette tribune pour porter un message clair : « J’ai accepté cette invitation dans un seul but : décrire à Paris la situation de Nîmes », a-t-il affirmé, évoquant « un engagement impératif pour renouer avec la sécurité dans tous les quartiers, donner les moyens de l’émancipation par l’école et défendre le pouvoir d’achat des habitants ».

    À Alès, Christophe Rivenq résume l’ambiance d’une phrase : « Une grand-messe » utile pour le réseau. Vincent Bouget a lui insisté sur la nécessité d’actes concrets. Derrière les mots, des dossiers locaux précis : sécurité dans les quartiers populaires, avenir de l’école publique, ou encore la base de sécurité civile de Garons. Dans un département marqué par de fortes inégalités, sa prise de parole s’inscrit dans une ligne politique assumée : faire remonter les besoins du terrain et rappeler que les collectivités ne peuvent être les variables d’ajustement des politiques nationales.

  • Josée Massi confirme la feuille de route pour ses cent premiers jours

    Josée Massi confirme la feuille de route pour ses cent premiers jours

    Après ses deux victoires consécutives, à la tête de la Ville puis de la Métropole, la première magistrate de Toulon a le vent en poupe pour poursuivre la transformation de la ville. Et ce sans attendre. C’est ce qu’elle a rappelé jeudi soir devant la presse en déclinant aux côtés de son premier adjoint Julien Orlandini la feuille de route des 100 premiers jours du nouveau mandat.

    « Parmi les 110 engagements de campagne, voici les mesures prioritaires sur lesquelles nous travaillons déjà », commence-t-elle après avoir rappelé sa méthode basée sur l’écoute et la concertation avant la prise de décision.

    Au niveau de la sécurité, les premières actions portent notamment sur l’augmentation des effectifs de police municipale et leur intégration renforcée dans les quartiers en proximité avec les habitants, en priorité Saint-Jean-du-Var et le Pont du Las.

    Mais également est-il précisé l’analyse complète de l’éclairage public pour identifier les zones à sécuriser. Ainsi que l’installation d’un conseil de rappel à l’ordre dans une démarche de prévention de la délinquance des mineurs et de la récidive des auteurs d’incivilités, avec la convocation des parents et le rappel des droits et des devoirs.

    Concernant la proximité ensuite, la majorité engage, entre autres, le lancement d’une concertation sur les marchés, en commençant par celui du cours Lafayette. Ainsi que les aménagements des espaces dédiés aux maisons de santé à Claret et au Pont du Las.

    Mais aussi le très attendu déploiement de la démarche « Toulon&Vous » avant le lancement de l’application éponyme. L’objectif étant, rappelle Julien Orlandini, « de faciliter la saisine de la ville par les habitants et valoriser ce qui a été fait ». On note également la mise en place des budgets participatifs et la préparation d’une consultation citoyenne.

    Consultation citoyenne

    Josée Massi a bien entendu annoncé la poursuite de la rénovation et la végétalisation des écoles, avec en 2026, Jean-Aicard et Brusquet, et l’équipement de brasseurs d’air dans 58 classes. Des améliorations vont également être apportées au niveau des inscriptions périscolaires.

    La culture poursuit également sa tournée obligée dans les quartiers avec cet été « Jazz à Toulon » qui s’étend hors du centre-ville.

    Pour ce qui est de l’attractivité, un point d’étape sur les travaux du stade Mayol va être réalisé et une nouvelle pelouse hybride installée dès cet été, pour un montant de 817 000 euros.

    Autre gros morceau d’importance : l’étude et la conception des grands projets structurants comme Mayol-Pipady, la cité judiciaire, le pôle social et culturel de la Beaucaire ou encore le Jardin Verlaque.

    Les usagers du vélo vont également recevoir très positivement l’identification annoncée de nouvelles pistes cyclables, notamment sur l’avenue de la République, ainsi qu’un marquage sur le boulevard de Strasbourg pour réduire les conflits d’usage et rappeler la présence tout aussi légitime des cyclistes urbains sur cette artère.

    La gratuité du stationnement pour les professionnels de santé en exercice est également actée.

    Ainsi que le lancement d’études sur les concessions des quartiers Pont du Las et Saint-Jean du Var, un peu sur le même modèle que le centre-ville, afin d’avoir des opérateurs capables de préempter du foncier dans une démarche d’aménagement, de dynamisation et d’animation, sans attendre un plan d’actions prioritaires pour ces quartiers.

    « En parallèle, nous poursuivons et accélérons les projets déjà engagés dans le budget 2026 », reprend Josée Massi. Comme celui de la Base nautique de la 4e anse du Mourillon où l’opération de désenvasement vient de se terminer le mois dernier.

    Concernant le complexe sportif de la Casa Italia, la première magistrate explique que le dépôt de permis est prévu pour la fin de l’année. L’occasion de rappeler que celui concernant la médiathèque Trucy, à Saint-Jean-du-Var l’a été en décembre dernier. « Par ailleurs, un des événements qui me tient particulièrement à cœur, Dimanche en roue libre sera expérimenté avant la fin de l’année 2026 », conclut Josée Massi. Force est de constater que, non seulement l’équipe est bien en place mais qu’elle est en plus bien lancée.

  • Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    « La cellule anticorruption a vocation à regrouper les dossiers de corruption et d’atteinte à la probité pour avoir une vision transversale et panoramique, assurer un traitement centralisé pour mettre en œuvre des stratégies face à l’infiltration et la pénétration du crime organisé », pose solidement le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessonne, qui a dévoilé hier les premiers résultats de cette « COC » créée il y a six mois, le 1er octobre 2025.

    « Détecter et poursuivre » sont les pivots de cette cellule qui traite tous les corps de métier impactés par un phénomène corruptif en expansion : agents pénitentiaires, policiers, militaires, gendarmes, auxiliaires de justice, avocats, notaires, opérateurs privés à des postes stratégiques, dockers, agents de sécurité, élus, agents publics « jusqu’aux personnels des services judiciaires car nous ne sommes pas épargnés », se désole le procureur dont la cellule a lancé plusieurs enquêtes flash pour des levées de doute rapides. Si les signalements abondent chaque semaine, il n’y a pas toujours au bout des infractions. « On imagine le pire et on trouve de l’incompétence, une erreur de bonne foi, du je-m’en-foutisme, l’absence de tout repère professionnel », observe aussi le procureur.

    « On est très fortement impactés à Marseille »

    « Jusqu’alors on s’arrêtait à l’écume des choses, la face émergée de l’iceberg, que sont les violations de secrets, les consultations de fichiers, les remises illicites d’objets, l’objectif de cette cellule est d‘aller au-delà. » La montée en puissance a été rapide. Partant d’un portefeuille de 17 dossiers récupérés dans différents services, la cellule est montée à 31 dossiers. Le stock actuel est de 28 dossiers, trois dossiers ayant été clôturés : un classement sans suite, une condamnation d’un policier syndicaliste marseillais corrompu (La Marseillaise du 3 avril) et un transfert à la Jirs.

    « On est très fortement impacté par le phénomène à Marseille », reconnaît le procureur qui passe en revue les cas : un élu dont il ne dira rien, deux auxiliaires de justice, six agents des services judiciaires, neuf affaires impliquant des agents pénitentiaires et treize affaires concernant des policiers. Les infractions vont du détournement de fichiers à la corruption passive, de la participation à association de malfaiteurs à la violation du secret professionnel ou de l’instruction. Deux dossiers vont bientôt toucher la barre de la 6e chambre correctionnelle.

    Cartographie des risques

    Une problématique généralisée se dégage sur des recrutements rapides sans enquête sérieuse de moralité, mais surtout la consultation de fichiers avec détournement de données. « C’est un vrai sujet qui impose des réflexions au niveau de l’administration centrale sur la traçabilité, les contrôles aléatoires surtout dans une société totalement numérisée. L’inspection des services judiciaires et l’Agence française anticorruption sont venues la semaine dernière cartographier les risques et les points de fragilités. On attend un retour de cet audit sur les failles de sécurité », explique Nicolas Bessone.

    Cette cellule a pour mérite de redresser des pratiques. Le président du tribunal judiciaire s’est emparé du sujet de l’accès des agents du tribunal aux différents fichiers d’État. La directrice de greffe a procédé à un audit et une remise à plat des droits d’accès des agents, droits qui finissaient par rester ouverts après des mutations internes.

    « Désormais chaque agent du tribunal qui ouvre son ordinateur voit une fenêtre s’ouvrir l’avertissant qu’il traite des données sensibles qui ne doivent faire l’objet d‘aucunes compromissions et dont on pourra vérifier l’utilisation irrégulière », observe le procureur. « La multiplication en quelques années des applicatifs et des fichiers a amélioré le fonctionnement des services mais il a aussi banalisé l’importance des fichiers », note Jean-Yves Lourgouilloux, le vice-procureur chargé de la grande délinquance économique et financière.

  • Belles enchères de 350 biens mal acquis repris aux voyous

    Belles enchères de 350 biens mal acquis repris aux voyous

    Il n’y a pas que des yachts et des villas que les juges confisquent aux trafiquants. Le tribunal de commerce était le théâtre vendredi d’une vente exceptionnelle organisée par l’Agrasc avec les Domaines d’objets confisqués. 350 lots de bijoux, d’or, de montres, de vêtements et de maroquinerie de luxe issus des scellés des tribunaux de Marseille, Aix-en-Provence, Draguignan et Nice sont partis sous le marteau des commissaires-priseurs.

    Portée par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués et son partenaire, les Domaines qui l’organisaient, cette vente a permis de mettre en exergue que « la justice ne se limite pas à sanctionner les auteurs mais aussi à restituer aux citoyens ce qui leur revient, tout en témoignant de la fermeté des institutions face à la criminalité organisée et aux trafics » explique Charlotte Hemmerdinger, la directrice de l’Agrasc.

    « Cette vente représente déjà tout le travail accompli en amont par les enquêteurs de police, de gendarmerie, des douanes. Elle permet à l’État de récupérer des sommes non négligeables » souligne pour La Marseillaise, Franck Rastoul, le procureur général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence, présent avec des chefs de juridiction pour le lancement des enchères. « Il faut évidemment des réponses pénales contre les trafics et notamment des peines d’emprisonnement, mais on sait très bien que pour lutter il faut être capable d’infliger une sanction patrimoniale pour reprendre l’argent généré par les trafics et ces biens de luxe vendus qui sont des vecteurs de blanchiment. »

    Estimée à 750 000 euros, les organisateurs espéraient atteindre 1,2 million d’euros. « On verra à la fin, mais il ne faut pas perdre de vue que ces sommes considérables sont à mettre en regard avec les millions d’euros qui chaque semaine sont générés par les reventes de stupéfiants. On ne peut que se féliciter de la multiplication de ces ventes vertueuses qui sont la partie émergée de l’iceberg. C’est la réaction de l’État face aux trafics et l’Agrasc joue un rôle essentiel », ajoute M. Rastoul.

    Le procureur et les claquettes Louboutin !

    L’appât du gain et un goût immodéré pour le luxe tapageur qui motivent les délinquants s’exposent dans les vitrines surveillées par des vigiles. Des bagues, des colliers, des boucles de grands joailliers Cartier, Van Cleef & Arpels, Bulgari, Boucheron, Mauboussin ou Chopard sont âprement bataillés, à la fois en direct dans la salle et en ligne pour les enchérisseurs discrets ou très éloignés sur les plateformes de vente Drouot.com et Moniteurdesventes.com. Mise à prix 12 000 euros, une bague de marque inconnue en or gris ornée d’un diamant ancien de 5,87 carats, a été adjugée à 24 200 euros. tous les acquéreurs doivent s’acquitter d’une taxe de 11%. Réservés aux professionnels, plusieurs lots de plaques d’or étaient proposés dont un de 620 gr d’or à 24 carats adjugé 71 920 euros.

    Les hommes n’étaient pas en reste pour se disputer des articles de grandes marques d’horlogerie : des montres Rolex, Hublot, Chopard, Audemars Piguet, Breitling, Patek, etc. Une Rolex GMT-Master II mise à prix 30 000 euros s’est vendue 54 000 euros. Une montre Werk en titane et or rose s’est vendue 32 200 euros pour une mise à prix de 6 000 euros. Débuté à 12 000 euros, un chronographe-bracelet Tourbillon Jules Audemars est parti à 27 500 euros. Le coup de marteau pour une superbe montre Yacht-Master en or rose estimée à 8 000 euros s’est posé au prix triplé de 24 500 euros.

    « 4 000 personnes sont inscrites ce matin à cette vente, et j’ai vu qu’il y en a des terres australes françaises, de Polynésie et sur trois continents avec des inscrits au Mexique, à Macao et Hong Kong », se réjouit Alain Caumeil, le directeur national des interventions domaniales (DNID). « Nous sommes en pointe ici dans la lutte contre le blanchiment », intervient Nicolas Bessone, le procureur de la République de Marseille qui souligne que son tribunal contribue à « 73% des confiscations remises à l’Agrasc sur l’ensemble du ressort de la cour d’appel et qui rentrent dans le budget de l’État. Ce sont des politiques partenariales qui portent leurs fruits ». D’exprimer avec humour le regret de ne pouvoir par déontologie participer à une enchère : « Un lot m’aurait beaucoup plu, les claquettes Louboutin ! » Estimée à 80 euros, la paire de « Pool Slides » d’occasion en caoutchouc rouge avec des traces d’usure, peut-être celle que portait l’épouse d’un caïd le jour de son interpellation, est partie à 140 euros. Les enchères se sont achevées par la vente d’un rare sac Hermès, dessiné par et pour Jane Birkin, clin d’œil peut être au duo de gangsters Bonnie & Clyde.

  • Une station routière romaine avec thermes mise au jour à Gémenos

    Une station routière romaine avec thermes mise au jour à Gémenos

    Une équipe de l’Inrap a mis au jour ces dernières semaines sur le site « Coupier Près » à l’entrée de Gémenos, les vestiges d’une station routière antique occupée entre le Ier et le IIIe siècle de notre ère. Son complexe thermal en bon état de conservation est une réelle surprise.

    En accord avec le Service régional de l’archéologie et le Groupe Perottino qui porte le projet de lotissement de 12 maisons individuelles, chemin de la République sur une parcelle de 4 000 m² où la fouille préventive est menée depuis le 19 janvier, l’Inrap ouvrira le site au grand public toute la journée de samedi 28 mars pour présenter ces premières découvertes *.

    De précédentes fouilles aux alentours avaient déjà permis de cerner les limites d’une petite bourgade occupée à cette période par des populations locales romanisées. Une équipe de 10 archéologues investiguent le site jusqu’au 25 mai. Outre quelques petites pièces de monnaie massaliote en cuivre, des bris d’objets sont remontés, ceux d’un verre à boire, d’une assiette et de bols à sauce ou à condiments. Il faudra deux années ensuite à l’équipe scientifique pour approfondir les recherches et produire un rapport.

    « Le site a révélé les restes d’un bassin enduit de marbre, des murs, des fonds de canalisations et des fosses datées de l’époque antique et médiévale du XIIe siècle », montre Elsa Sagetat, responsable scientifique de la fouille et spécialiste de l’Antiquité. « On sait qu’on est à proximité de champs, de plantations de vignes et de vergers et de trois ou quatre voies antiques. Ce site est probablement à la limite sud de l’agglomération antique avec une petite ruelle et un ensemble de constructions qui pourrait être interprété comme une petite station routière à l’entrée de l’agglomération. On a trouvé des petits fours et des éléments métalliques, des clous de sandales qui laissent penser qu’il y a eu à une activité métallurgique sur la voie et de la cavalerie. »

    La station n’est pas notée dans les grands itinéraires impériaux connus dans l’Antiquité et relevés dans la table de Peutinger qui est une copie du XIIe siècle sous forme de parchemins d’une carte routière romaine couvrant tout l’Empire romain et les conquêtes d’Alexandre le Grand jusqu’en Inde. Cette petite station de Gémenos devait partir vers le rivage marseillais en étant reliée à la voie Aurelia qui passe beaucoup plus au nord et qui reliait l’Espagne et l’Italie, estime l’archéologue.

    La salle de chauffe

    Les fondations des thermes du site impressionnent par leur état de conservation. « Ces deux pièces aménagées sur des hypocaustes (pilettes) avec du béton hydraulique étaient chauffées par le sol par une salle de chauffe avec une pièce pour l’arrivée des combustibles. C’est un petit parcours thermal dans une station routière pour voyageurs comme on en a sur les bords d’autoroute. On verra dans nos recherches s’il y avait des baignoires. L’arrivée d’eau n’a pas encore été trouvée », explique Eva Sagetat pour qui « ces thermes sont trop petits pour être publics et trop grands pour être privés ».

    Les nombreux foyers observés sur plusieurs points associés à des fragments de fer, de bronze et de plombs orientent les archéologues vers l’hypothèse de restes d’un atelier de métallurgie. « Nous allons récupérer tous les micro-restes pour comprendre à quoi servaient les pièces. Était-ce pour l’enclume, le coulage, la mise en fusion du métal ? Qu’y fabriquait-on ? Un tel atelier à l’entrée de l’agglomération, n’était pas négligeable pour refaire les hipposandales des chevaux qui tirent les charrettes. Le fer à cheval n’existait pas, c’était une sandale en fer. »

    Plus à l’ouest de la parcelle de 4 000 m² deux grands espaces rudimentaires avec des traces de chape de charbon ont été dégagées dédiés à des activités artisanales. Une pièce de petite dimension aménagée d’un béton de tuileau supporte un four construit avec des fragments de dolium, ces grandes amphores et des briques de terre cuite, laissant penser à l’espace d’une cuisine.

    Toutes ces découvertes passionnantes sont donc à découvrir samedi avec leurs inventeurs à l’occasion d’une journée dédiée au grand public.