Tag: république

  • À Montpellier, Michaël Delafosse appelle à l’unité contre ce « racisme qui tue »

    À Montpellier, Michaël Delafosse appelle à l’unité contre ce « racisme qui tue »

    Ne laissons pas les ténèbres s’emparer de ce beau pays. Soyons unis pour combattre le racisme et l’antisémitisme. » Trois jours après l’attentat terroriste de Trappes qualifié de « raciste » par le Parquet, qui a coûté la vie à un jeune de 26 ans (Pengo Bossio Wangi) et blessé grièvement 5 personnes dont une fillette de 12 ans, c’est la gorge nouée que Michaël Delafosse s’est exprimé, lundi 26 octobre à midi.

    Devant plus de 200 citoyens, élus, associatifs… réunis pour cet appel républicain sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Montpellier, le maire socialiste a dit son ras-le-bol de cette violence, cette haine raciste qui se déchaîne trop souvent. « Hier tué car professeur enseignant la laïcité, ou citoyen parce que juif. Aujourd’hui parce que de couleur noire », a d’abord listé M. Delafosse en hommage aux précédentes victimes de la barbarie. « L’indignation, la colère, ne peuvent être sélectives. Nos silences peuvent devenir complices », insiste l’édile selon qui ne pas organiser ce rassemblement eut été « une faute ». Une marche de Plan Cabane jusqu’à la Comédie suivra le soir même en réunissant 2 000 personnes.

    Que des citoyens puissent être tués pour ce qu’ils sont est un « crime contre ce qui fonde la France ». De son côté, la présidente de Région, Carole Delga (PS), a dit son indignation. « Cette attaque a une origine et il faut la nommer. Elle s’inscrit dans un climat xénophobe que l’ultra droite et l’extrême droite entretiennent depuis des années, jour après jour, dans le débat public (…). Nous refusons que la peur de l’autre devienne un programme politique. »

    Inéligibilité réclamée

    En attendant que la qualification pénale de la tuerie de sang-froid soit établie, M. Delafosse avait lui aussi un message à faire passer. « Le racisme a tué, il tue. La parole raciste s’est trop libérée, scandaleusement propagée. Des chaînes d’info en continu laissent cours à des propos débridés qui arment les esprits. » Et le président de la Métropole de rappeler : « Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. »

    Voilà pourquoi il souhaite que change la loi. « Quelqu’un condamné pour racisme doit être inéligible. » Quant au possible motif psychiatrique que pourrait faire valoir le suspect arrêté, là encore M. Delafosse affiche son désaccord avec la règle actuelle. « Je crois qu’on ne peut se soustraire à la justice des hommes. Si quelqu’un a des problèmes psychiatriques, c’est à un jury populaire d’apprécier ce motif », dira-t-il.

    Le 26 octobre, d’autres rassemblements républicains se sont tenus à Nîmes ou Béziers à l’appel de syndicats, assos et partis politiques de gauche.

  • À Marseille, l’union sacrée des maires de Provence

    À Marseille, l’union sacrée des maires de Provence

    Le symbole était recherché. Ce lundi soir, c’est une policière municipale et un marin-pompier qui apportent le nouveau buste de Marianne dans la salle des délibérations de l’hôtel de ville de Marseille. Deux jours après l’envahissement du bâtiment qui a vu l’emblème de la République jeté au sol, au milieu des mobilisations du 17 octobre, les maires du territoire sont venus offrir à la municipalité marseillaise un nouveau buste de Marianne. En choisissant le modèle Mauger de la République radicale du début du XXe siècle, avec son bonnet phrygien retrouvé.

    « Tous nous sommes venus vous témoigner notre solidarité », partageait le président (LR) de la Métropole, Nicolas Isnard, à l’origine de l’initiative, après cette « journée noire » du samedi. En insistant sur le symbole « intolérable » de cette Marianne jetée au sol. « Elle montrera qu’à Marseille comme partout en France, nul ne peut s’en prendre à la République, et que tant que nous serons ensemble pour la défendre, elle restera éternelle. »

    Face aux nombreux élus présents, le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan dénonce les « hordes de vandales qui s’en sont pris à l’idée même du contrat social ». Des « semeurs de trouble et de chaos » qui ont « sali les revendications légitimes de ceux qui ont constitutionnellement le droit de manifester ». En réponse, il insiste sur l’unité républicaine, qui dépasse les opinions politiques. « Quand la France a traversé des crises à travers les siècles, ce n’est que par l’unité de ceux qui pensaient différemment », rappelle-t-il. Et de s’en prendre à ceux qui voudraient retirer leurs moyens aux communes. « C’est grâce à nous que la France tient », défend-il.

    Dans la foule, la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, salue elle aussi la cohésion des élus. « Il faut de l’ordre en premier », assure-t-elle. « La façon de lutter contre cette racaille n’est pas la bonne, ils nous font la guerre alors il faut leur faire la guerre », lâche-t-elle, après avoir réclamé un état d’urgence.

    À l’extérieur, les gyrophares des camions de CRS illuminent d’une lueur bleue les rives du Vieux-Port. Et veillent désormais au respect des interdictions de manifester.

    « C’est grâce aux communes que la France tient. »

  • Vers un dispositif plus mobile pour sécuriser Marseille

    Vers un dispositif plus mobile pour sécuriser Marseille

    « Je ne peux pas croire que le ministre de l’Intérieur ne sera pas là d’ici quelques heures, parce que cela voudrait dire que c’est un déserteur, et je ne crois pas que Laurent Nuñez soit un déserteur », lâchait le maire (DVG) de Marseille face à la presse, ce lundi soir, en attente de réponses après les violences qui ont secoué la ville, ce samedi 17 octobre. Initialement attendu en début d’après-midi, le résidant de la place Beauvau est finalement arrivé sur les coups de 21h30 sur le perron de l’hôtel de ville, pour un entretien avec l’édile marseillais de plus de trois quarts d’heure.

    « J’ai eu des réponses sur toutes les questions que j’ai posées, j’avais des questions claires, j’ai eu des réponses claires », appréciait Benoît Payan à l’issue d’une discussion « franche et salutaire ». Face aux appels à manifester, « il appartient désormais à ceux qui sont en charge de l’ordre républicain de prendre toutes les mesures ». Et d’annoncer : « Marseille doit être protégée à la hauteur de ce qu’elle mérite, les forces de l’ordre seront là en nombre. »

    « Je suis ici pour répondre en toute franchise et transparence aux questions légitimes de Monsieur le maire », commençait pour sa part le ministre de l’Intérieur. Il décrit les évènements de la journée de samedi, avec une mobilisation de « l’ultra gauche » plus importante que prévue en matinée, puis l’arrivée de « délinquants en plusieurs points de Marseille, très mouvants ». « Les forces de sécurité intérieure ont fait un travail remarquable », défend-il. En annonçant un prochain dispositif « en extrême réactivité ». « Le président de la République m’a donné mandat pour que ce qui s’est passé samedi ne se reproduise plus », résume-t-il. La mise en place d’un couvre-feu reste en discussion avec le préfet.

    « Chair à canon »

    Plus tôt dans la soirée, le maire avait une fois de plus dénoncé face à la presse la gestion du maintien de l’ordre à Marseille, ce samedi 17 octobre, « un fiasco du début à la fin ». « Ce que j’ai vu samedi, c’est le contrat social déchiré, dénonçait-il. C’est d’avoir fait des forces de l’ordre et des lycéens de la chair à canon, avoir demandé aux forces de l’ordre de gazer des lycéens pendant qu’au même moment, en toute impunité, des dizaines de magasins étaient pillés pendant des heures sous les caméras de vidéosurveillance. » Il appelait à revenir sur les doctrines de maintien de l’ordre, face à « la déliquescence des valeurs républicaines ». « Quand j’entends des représentants de l’État confondre les manifestants et les casseurs, j’ai honte pour eux », appuyait-il en rappelant de « justes revendications ». Il l’assure, la municipalité enverra au gouvernement la facture des commerçants, mais aussi des services municipaux déployés en urgence ce week-end. « Quand nous nous substituons à l’État, que l’État paye, parce qu’il est en carence », réclamait-il.

  • À Martigues, la justice sociale comme boussole contre la violence

    À Martigues, la justice sociale comme boussole contre la violence

    « Ne laissons personne étouffer nos revendications : refusons la violence, rejetons l’austérité et faisons entendre la voix de la justice sociale », clame le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, au milieu du hall de l’Hôtel de Ville, lundi midi.

    L’édile condamne « sans détour les dégradations, les pillages et les violences ». Mais il insiste : « Condamner la casse n’a jamais constitué une politique, se cantonner à la sidération sans regarder d’où vient la colère est une hypocrisie. Cela fait dix ans […] que les salaires et les retraites sont bloqués alors que les factures et les prix s’envolent. Se loger est un luxe, l’hôpital craque, l’école est sans moyens, tous sacrifiés au nom de l’austérité aveugle ». « Les gouvernements n’ont répondu que par le mépris, la surdité et le passage en force face à la détresse sociale […]. Il est donc illusoire de feindre l’étonnement face à cette rancœur qui explose », poursuit-il.

    Le piège fasciste

    Pour le maire, « le risque est de voir ce désespoir récupéré par l’extrême droite, avec son lot de divisions haineuses et de reculs sociaux ». Un « piège évident » face à « l’impasse de la colère destructrice sans lendemain » et « l’instrumentalisation du désordre par le pouvoir ». « On ne combat pas l’injustice par l’émeute ou le repli sur soi, mais par le collectif, la grève et le vote », développe l’édile, tout comme « la République ne se protège pas avec des postures et de la communication. Elle se défend et se construit en s’attaquant à la racine des inégalités et en redonnant un sens concret à l’Égalité et à la Fraternité ».

  • À Manosque, les élus de la majorité dénoncent les dégradations

    À Manosque, les élus de la majorité dénoncent les dégradations

    Une vingtaine d’élus de la majorité manosquine (DVD) se sont rassemblés, lundi midi, devant la mairie, aux côtés d’environ 80 habitants, pour dénoncer les dégradations commises samedi. « La République est un bien commun, elle obéit à des lois, à des valeurs, et, ce week-end, les ennemis de la République ont sali ces valeurs-là. Ils ont détruit, ils ont pillé, ils ont cassé. C’était une forme d’insurrection », a lancé Pascal Antiq, conseiller municipal délégué qui prenait la parole en l’absence du maire (DVD). « L’histoire de France a été incendiée, pillée et mise à bas », a-t-il martelé, appelant à « ne pas tomber pas dans le panneau dans lequel ces ennemis-là veulent nous faire tomber ».

    Alors que des lycéens avaient appelé à se rassembler devant la mairie pour « montrer à notre cher maire que les lycéens et les Gilets jaunes ne sont pas des casseurs » et pour affirmer qu’ils « condamnent fermement les actes de violence, les pillages et les dégradations », appelant à « ne pas mettre tout le monde dans le même sac », aucun n’était finalement présent.

  • « Engager tout le monde à faire République »

    « Engager tout le monde à faire République »

    La Marseillaise : Pour sa rentrée, Mad Mars pose la question « S’engager en politique, ça vaut encore le coup ? ». Pourquoi ce fil rouge ?

    Olivia Fortin : Parce que beaucoup d’entre nous sommes en colère de la situation, on le voit avec le mouvement de jeunesse, et sentent que le réel pouvoir de décision sur les choses qui structurent notre monde est en réalité très loin. On est beaucoup à essayer de faire bouger les lignes localement mais dans un cadre qu’on ne maîtrise pas, et cela crée de la désespérance, surtout quand des forces obscures essaient d’apporter des réponses simplistes à des problèmes complexes. Pour nous mouvements citoyens engagés à Marseille, il est important de créer une occasion d’en débattre. Des Marseillais, nos élus Juliette Masson, Clara Jaboulay et Kader Bennacer auront la parole, mais aussi à deux personnalités qu’on apprécie : Camille Pouponneau, l’ex-maire de Pibrac qui a fait de sa démission un geste politique dans le livre Maires, le grand gâchis. Et Quitterie de Villepin qui a initié plein de mouvements démocratiques.

    Quelle est l’idée ?

    O.F. : Évidemment nous nous tournons vers l’espoir d’une action politique partagée. L’idée est de ne pas s’en tenir à de la désespérance mais de pouvoir se dire qu’on a tous et toutes intérêt, mais aussi de la joie à trouver, dans le fait de combattre. Mad Mars est un mouvement différent d’un parti politique classique, qui par nature n’est pas amené a priori à soutenir tel ou tel candidat mais à défendre le modèle de société auquel on aspire. Et donc à être présent auprès des habitants, et des Marseillais.

    En 2027, quel peut être l’engagement national d’un mouvement local comme Mad Mars ?

    O.F. : Ma conviction, c’est que nous, élus locaux mais pas que, sommes d’une certaine façon le visage de la République. Les Français peuvent parfois se sentir abandonnés, avec d’énormes difficultés sur le pouvoir d’achat, l’accès à des services publics de base, la non-gestion de la crise climatique, avec, légitimement parfois, l’impression d’être abandonnés par un pouvoir public national qui ne prend pas en compte les injustices. Je nous vois, nous qui sommes engagés dans la société, et ce n’est pas seulement les élus, une responsabilité à combattre ce sentiment, en étant à nos places et à nos rôles, auprès des habitants, en allant discuter avec eux et prendre un prétexte pour le faire. La meilleure manière de faire campagne aujourd’hui pour la société à laquelle j’aspire, c’est d’engager tout le monde à faire République, parce que c’est le meilleur rempart à ce qu’on veut nous proposer.

  • Laurent Belsola : « Une ville de paix et de vivre-ensemble »

    Laurent Belsola : « Une ville de paix et de vivre-ensemble »

    La Marseillaise : Que vous inspire la tenue du congrès national du Mouvement de la paix à Port-de-Bouc ?

    Laurent Belsola : Je suis d’abord très fier pour la section locale du Mouvement de la paix de Port-de-Bouc, qui est tenue par Élise Taillaumard et Boulenouar Sirat. C’est une belle récompense pour le travail qu’ils réalisent depuis des années. Je rappelle qu’ils sont allés à Hiroshima, par exemple, mais ils sont de tous les combats. Les militants du Mouvement de la paix organisent d’ailleurs régulièrement des réunions au niveau départemental à Port-de-Bouc.

    À vous entendre, la paix est presque dans l’ADN de Port-de-Bouc, finalement ?

    L.B. : Nous sommes une ville de paix. Nous sommes opposés à tous les conflits, on préfère largement la négociation. On a pu voir l’embrasement des situations au Moyen-Orient, en Ukraine, en Iran. Je dis qu’il faut que la diplomatie reprenne ses droits. Que le droit international reprenne le pouvoir sur les armes et la loi du plus fort. Car voir les bombes arriver sur n’importe quel peuple sera toujours un désastre pour moi.

    Port-de-Bouc compte de nombreuses communautés issues de l’immigration, comme la communauté chypriote. La paix est-elle indispensable au vivre-ensemble, et inversement ?

    L.B. : On peut remercier les anciens qui ont créé l’association Amitié France-Chypre suite à un voyage et qui militent pour que Chypre redevienne ce qu’elle était. Nous recevrons bientôt la visite de M. le consul honoraire de Chypre à Marseille, à l’occasion d’une soirée consacrée à une chorale prochainement. Cela s’annonce comme une belle soirée. La paix et le vivre-ensemble sont des obligations dans notre ville, on ne peut vivre en paix que si tout le monde se respecte. La République est en cela un projet politique non ethnique, qui inclue toutes les différences, culturelles comme religieuses, et qui nous unit.

  • L’extrême droite fait son entrée dans les instances du Sénat

    L’extrême droite fait son entrée dans les instances du Sénat

    Avec 15 sénateurs, le RN et ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR) obtiennent en effet un poste de vice-président de la Haute assemblée, qu’ils occuperont à tour de rôle avec deux autres groupes lors des trois prochaines années, selon la composition du Bureau ratifiée mardi. Le sénateur RN du Pas-de-Calais Christopher Szczurek, désigné par son groupe, pourra donc diriger des séances dans l’hémicycle à partir du 1er octobre 2028, en tant que vice-président. En attendant, il occupera pendant deux années le poste de secrétaire du Bureau, selon les accords noués lors d’une réunion des présidents de groupe mardi midi.

    Le règlement du Sénat prévoit une représentation proportionnelle des différents groupes parlementaires au sein du Bureau. Arrivé ex æquo avec le groupe des Indépendants et le groupe écologiste avec 15 membres, le groupe d’extrême droite doit donc partager ce poste clé avec ces deux autres formations. Les six autres groupes du Sénat obtiennent une vice-présidence. Le groupe Les Républicains, de loin la première force de l’hémicycle avec 124 sénateurs, en aura deux, occupés par le sénateur des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi et la sénatrice de Loire-Atlantique Laurence Garnier, une proche de Bruno Retailleau. Le sénateur communiste Pierre Barros figurera également parmi les élus à cette vice-présidence. Le groupe CRCE (Communiste Républicain Citoyen et Écologiste – Kanaky) devient le quatrième du palais du Luxembourg avec 18 élus.

    Le Bureau est présidé par le président du Sénat Gérard Larcher (LR), réélu confortablement jeudi pour la sixième fois.

    « Séparation étanche » avec le groupe RN-UDR

    Les trois questeurs du Sénat, chargés notamment de la direction administrative et financière de l’institution, ont été reconduits. Il s’agit du LR Antoine Lefèvre, du centriste Olivier Cigolotti et de la socialiste marseillaise Marie-Arlette Carlotti. À noter également la désignation par le groupe écologiste du sénateur Place publique Bernard Jomier comme vice-président du Sénat. Cet élu, soutien de Raphaël Glucksmann, vient de quitter le groupe socialiste pour siéger au groupe écologiste, une décision qui a suscité le mécontentement de sa formation politique, celle-ci affirmant ne pas avoir validé ce choix.

    Parmi les secrétaires, figure la sénatrice communiste du Pas-de-Calais Cathy Apourceau-Poly qui occupera cette fonction jusqu’au 1er avril 2028 avant d’être remplacée par le sénateur du parti radical de gauche des Alpes-de-Haute-Provence Jean-Yves Roux. Le sénateur centriste des Hautes-Alpes Jean-Michel Arnaud a vu sa présence au bureau du Sénat renouvelée.

    Face à l’arrivée historique d’un groupe RN-UDR, la présidente du groupe écologiste Mélanie Vogel a écrit mardi aux autres présidents de groupe pour appeler à l’instauration d’un « cordon sanitaire » vis-à-vis de l’extrême droite. Elle les invite notamment à « ne pas collaborer avec ce groupe, ne cosigner aucun texte ni aucun amendement avec ses membres, ne voter aucune de leurs initiatives », selon ce texte dont l’AFP a eu copie.

    La sénatrice regrette aussi le « règlement corseté » du Sénat, qui empêche selon elle toute opposition à l’arrivée du RN au sein du Bureau. À l’Assemblée nationale en revanche, un vote est possible si les chefs de groupe ne s’accordent pas sur la composition du Bureau. Le RN compte actuellement deux vice-présidents au Palais Bourbon.

    Le président du groupe socialiste écologiste et républicain Patrick Kanner a aussi regretté l’application « automatique » de ces dispositions, dans un courrier à Gérard Larcher publié sur les réseaux sociaux. M. Kanner appelle à « dresser une séparation étanche » avec le groupe RN-UDR. « Le Sénat ne saurait être le lieu où s’émoussent les convictions ou se fissurent les digues. Il doit au contraire s’affirmer comme le rempart le plus solide, le gardien le plus inflexible de notre héritage républicain », a-t-il encore écrit.

  • [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    La Marseillaise : Les jeunes sont à nouveau mobilisés aujourd’hui pour réclamer des moyens pour l’enseignement. Comment l’ancienne professeure de mathématiques analyse-t-elle la situation ?

    Josée Massi : Leurs revendications sont légitimes. Je suis allée à leur rencontre, la semaine dernière, avec Monsieur le préfet, le futur président de la Région et le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale) devant le lycée Bonaparte, dans lequel j’ai été élève puis j’ai enseigné, après avoir été pion comme on disait avant. Donc, je connais par cœur ces bâtiments. Je pense qu’en effet, ils ont un peu vieilli.

    Vous connaissez ma méthode, je suis plutôt pour écouter, consulter et trouver des solutions. Je regrette simplement que certains profitent de leur mobilisation pour casser. Mais, je le répète, ils ont des revendications tout à fait légitimes et il faut les écouter. Je leur ai d’ailleurs proposé une table tonde.

    Vous revendiquez depuis votre première élection une position sans étiquette. Est-ce toujours aussi important pour vous ?

    J.M. : Oui, c’est important. C’est uniquement l’intérêt général qui me guide à chaque fois. On peut avoir de bonnes idées à gauche et de bonnes idées à droite. Ce qui m’intéresse, c’est : qu’est-ce qui est bien pour les Toulonnais ? Dans ma liste, il y a des personnes de sensibilités différentes et je ne leur ai pas demandé d’être encartées. C’est pour cela que je ne me suis pas positionnée pour les sénatoriales. J’ai été beaucoup approchée pour aller sur des listes, mais j’ai fait le choix de rester cohérente. Après, la liberté de s’engager a été laissée à chacun tout en précisant simplement que rejoindre untel ou untel reviendrait à s’inscrire en sortie de la majorité municipale. Il faut être cohérent.

    Deux sénateurs RN ont été élus dans le Var. Quel regard portez-vous sur ce résultat ?

    J.M. : C’est la démocratie, il faut la respecter. Je veux d’abord féliciter les deux autres sénateurs, Françoise Dumont et Christian Simon. Ce que je crois, c’est que la division nous a coûté un sénateur. Ils auraient pu s’entendre et mettre de côté des problèmes d’ego… Quand on passe à quatre listes à droite, franchement, on peut se poser des questions. J’espère que cela servira de leçon à tous pour les prochaines échéances électorales.

    Toulon peut-elle rester la place forte qui dit non au RN, comme elle l’a fait lors des dernières législatives, en étant la seule circonscription sur les huit à ne pas mettre genou à terre devant l’extrême droite. Vous engagerez-vous dans la bataille ?

    J.M. : Je vous confirme : nous entrerons dans la bataille. Il y aura des candidats issus de la majorité municipale aux législatives, aux départementales et aux régionales. Nous n’étions pas prêts pour les sénatoriales avec une équipe issue principalement de la société civile, mais là, nous le serons. « Majorité municipale », je pense que c’est une bonne étiquette. Et comme vous le dites, Toulon est la seule circonscription du Var à ne pas avoir un député RN. J’espère bien qu’on va continuer. En tout cas, je mettrai tout mon poids dans la bataille.

    Votre prédécesseur, Hubert Falco (DVD), ne rate jamais une occasion, depuis quelque temps, de lâcher une vacherie à votre encontre…

    J.M. : C’est son droit. Je remarque que, dernièrement, il s’exprime beaucoup sur les réseaux sociaux. Mais moi, je n’ai plus de nouvelles depuis la campagne. Je pense simplement qu’il y a des données qu’il n’a pas sur certains sujets, notamment sur la cité judiciaire.

    C’est un sujet qui me tient à cœur parce que je pense qu’il est incroyable que le tribunal de Toulon soit dans un état d’insalubrité pareil. J’en ai fait un combat depuis trois ans. L’État demande maintenant aux collectivités de mettre la main à la poche. Le projet représente environ 130 millions d’euros, dont 30 millions pour une cité provisoire. Nous avons donc cherché des solutions permettant de diminuer ce coût. Il existe notamment des locaux de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) qui sont vides et sécurisés. Un chargé d’admission est venu les examiner. Il faudrait y réaliser quelques travaux, notamment pour les salles d’audience. Nous avons proposé que toutes les collectivités se mettent autour de la table et aident. Pour le moment, nous en sommes là.

    Pourquoi cet acharnement de sa part aujourd’hui ?

    J.M. : Il faudrait lui poser la question. Je suis devenue maire de Toulon en 2023 pour le dépanner, parce que j’étais la seule en qui il avait confiance et de qui il pouvait dire : « Si je dois revenir, c’est la seule qui me rendra la place. » Et l’année dernière, en juin, il a fait un communiqué me demandant d’y aller. C’est important de le rappeler. Après, il a changé d’avis. Vous pourriez me demander pourquoi, mais je ne vais pas rajouter de la polémique à la polémique. Il n’a qu’à prendre ses responsabilités. J’ai toujours été loyale, je crois que celui qui n’a pas été fidèle, c’est quand même lui. Quand je vois sa garde rapprochée, je me demande ce qu’est devenu son positionnement politique ? Certains d’entre eux sont partis rejoindre Éric Ciotti ou carrément le RN… En tout cas, puisqu’on parle de parole donnée, je tiens à rendre hommage à Michel Bonnus [ancien sénateur LR et candidat à la mairie de Toulon, ndlr] qui se bat contre la maladie et à qui je souhaite de remporter ce combat. Il avait promis que, s’il n’était pas devant, il se retirerait. Et c’est ce qu’il a fait.

    Vous êtes régulièrement attaquée par l’extrême droite. Comment le vivez-vous ?

    J.M. : Madame Lavalette cherche la polémique. C’est sa technique. Moi, je ne rentre jamais là-dedans. Elle me caricature, mais je ne réponds pas. En conseil municipal, elle cherche la confrontation. C’est la stratégie du chaos. Elle répète que j’ai été élue avec les voix de la gauche ou de La France insoumise, quelle importance ? Ce sont les Toulonnais qui ont choisi. J’ai fait 52%. Elle a fait 48%. Elle peut dire ce qu’elle veut. Et mon programme, je vais l’appliquer. Elle parle d’idéologie en critiquant la mise en place de la piste cyclable sur l’avenue de la République. Mais les résultats sont là et c’est un grand succès. Nous faisons toutes les mesures. Entre 7 et 8 heures du matin, il passe 600 vélos et on constate 5 000 voitures en moins par jour. Je regarde maintenant si elles se sont reportées ailleurs. Elle prétend aussi que la ville est saccagée par les tags de l’extrême gauche depuis mon élection. Bizarrement, elle passe sous silence ceux du groupe Némésis, des identitaires… Alors qu’il y en a beaucoup.

    L’État menace de torpiller encore davantage les finances des collectivités territoriales. Comment réagit la maire de Toulon et présidente de la Métropole ?

    J.M. : On sait qu’avec la dette colossale de la France, on va tous devoir faire des efforts. Moi, j’en suis consciente. Mais ce n’est pas nouveau, ça fait trois ans que je suis maire et qu’on construit des budgets sans savoir ce qu’on va avoir en termes de dotation de l’État. Après, j’ai regardé ce que va proposer le Rassemblement national, qui se positionne, lui, sur 150 milliards de moins. Je ne sais pas où ils vont les trouver.

    Quel regard portez-vous sur les prochaines échéances électorales nationales ?

    J.M. : Je suis résolument optimiste. Je pense que les Français, à un moment, prennent leurs responsabilités. Et ce ne sont pas ceux qui hurlent le plus qui feront l’élection. Moi, je suis relativement confiante. Je rappelle que j’étais donnée perdante face à la numéro 3 du RN, Laure Lavalette, et que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé au final. Moi, je suis relativement confiante.

  • Les rafles de 1943 à Marseille, un crime contre l’Humanité

    Les rafles de 1943 à Marseille, un crime contre l’Humanité

    « La rafle menée à Marseille dans le quartier Saint-Jean les 23 et 24 janvier 1943, ainsi que le pillage et la destruction du quartier dès février 1943, caractérisent indubitablement des crimes contre l’humanité au sens de la charte du tribunal militaire international de Nuremberg applicable aux crimes commis durant la Seconde Guerre mondiale » a solennellement exprimé mercredi le Procureur national antiterroriste (PNAT), Olivier Christen, devant plus de 70 victimes et descendants de victimes réunis au Palais Monthyon avec le collectif Saint-Jean et les avocats, Me Pascal Luongo et Me Michel Pautot.

    Le Procureur national a été accueilli par Olivier Leurent, le président du tribunal judiciaire qui a présidé en 2014 le premier procès à Paris du génocide des Tutsi au Rwanda. « La reconnaissance des crimes est essentielle et l’attente des victimes est légitime d’une justice intemporelle et surtout imprescriptible. Le devoir de mémoire est plus que nécessaire car l’oubli et l’ignorance sont la porte ouverte au renouvellement des crimes contre l’humanité. » Marseillais de naissance au sein d’une famille italienne, le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a dit combien il était important « que la vérité soit établie sur ces faits terribles commis à Marseille. »

    Une reconnaissance, un classement sans suite

    Il y avait une dimension symbolique forte pour le PNAT à venir ici-même énoncer solennellement que « des persécutions, déportations et autres actes inhumains ont été commis à Marseille à l’encontre d’un groupe de population civile expressément ciblé pour des motifs politiques, raciaux ou religieux ». Qu’en outre cette tragédie a été perpétrée « dans le cadre d’un plan concerté au nom d’un état pratiquant une politique hégémonique idéologique, la rafle ayant été menée conjointement par les forces allemandes et françaises à l’instigation des plus hautes autorités SS. »

    Olivier Christen a salué le travail d’investigation notamment archivistique mené par les gendarmes de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH) dirigé par le colonel Nicolas Philippotin, présent mercredi. 22 victimes de 20 familles ont été entendues. 17 personnes ont souhaité porter plainte pour crime contre l’humanité.

    Les enquêteurs ont identifié les 12 000 membres des forces de police et de gendarmerie françaises mobilisés pour la rafle et ont identifié 150 noms dans la liste des 100 000 collaborationnistes. « Pour celles encore vivante, il n’a pas été possible d’établir leur implication précise » a dit Olivier Christen. Les recherches en Allemagne pour retrouver des personnes n’ont pas abouti. Si la juste qualification juridique des crimes est posée, « la procédure a été classée sans suite, en l’absence de responsables pénalement poursuivables identifiés 83 ans après les faits » n’a pu que conclure le Procureur national.

    Pour autant les responsables sont connus. Heinrich Himmler, le ministre de l’Intérieur du IIIe Reich qui a donné l’ordre. Karl Olberg, le chef de la SS en France, qui écrit que « l’autorité allemande veut nettoyer de tous les indésirables les vieux quartiers et les détruire par la mine et le feu. » Sont aussi responsables Bernhard Griese, le chef des SS, Rolf Müller, le chef de la Gestapo à Marseille, René Bousquet, le chef de la police de Vichy, Antoine Lemoine, le préfet de Région, Pierre Barraud, l’administrateur provisoire de Marseille sous tutelle. Tous posent sur le même cliché pris à l’Hôtel de Ville le 23 janvier 1943 au terme de la dernière conférence préparatoire à l’Opération Sultan.

    Le maire de Marseille, Benoit Payan, voit dans cette reconnaissance « le résultat de décennies de lutte pour la mémoire de Marseille. Merci à l’ensemble des familles et associations mobilisées dans ce combat pour la Justice et la mémoire des victimes trop longtemps oubliées. Marseille se souvient. »

    « Ce travail de mémoire résonne avec une force particulière auourd’hui. À l’heure où l’extrême droite progresse et où le Rassemblement national cherche à se détacher de l’histoire du Front national, nous ne pouvons pas effacer d’où vient ce parti, fondé notamment avec d’anciens Waffen-SS », souligne pour sa part le sénateur communiste Jérémy Bacchi.

    Après deux heures de restitutions pédagogiques des 7 années d’enquête pénale et d’échanges avec quelques rescapés et de nombreux descendants de victimes, le Procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a pris la parole vers midi pour annoncer officiellement la reconnaissance par la justice du crime contre l’humanité. PHOTO D.C.