Tag: Benoît Payan

  • [Procès rue d’Aubagne] Les débats entrent dans le vif et la polémique

    [Procès rue d’Aubagne] Les débats entrent dans le vif et la polémique

    Après une journée à débattre d’incidents de nullité, le président de la cour Fabrice Naudé a invité les prévenus à « jeter les bases de leur ligne de défense ».

    Premier à s’exprimer, Xavier Cachard, avocat du syndic de copropriété et propriétaire au numéro 65 rue d’Aubagne. Il s’en est d’abord pris à la « presse qui titrait lundi “le procès de la cupidité et du mépris” ». « Je ne peux pas entendre que j’étais indifférent aux parties civiles ni que j’ai tout fait pour retarder les travaux et que je me suis enrichi sur la misère ! Il n’y a ni cupidité ni enrichissement », a clamé M. Cachard qui a réfuté aussi que son appartement fut un taudis. Sa maladresse éclate pour expliquer qu’il n’a jamais empêché la prise d’un arrêté de péril. « Je tutoie Julien Ruas. Si je veux empêcher un arrêté, je l’appelle, mais ça n’existe pas, je ne le ferai jamais. » On a vu meilleure entrée en matière.

    « Je veux démontrer que je n’ai commis aucune faute pénale », susurre l’architecte Richard Carta qui a constaté le péril grave imminent mais a abandonné les habitants dans l’immeuble, pour vite aller dans un avion pour Copenhague. « Le 18 octobre, il ne m’est apparu aucun élément me permettant d’envisager un effondrement pour décider l’évacuation des habitants. »

    Julien Ruas se livre tout en douceur à ses juges. L’ancien adjoint en charge de la gestion des risques s’incline sur les huit morts. « Je ne peux pas venir devant vous sans une pensée pour les victimes de la rue d’Aubagne et le fait que j’ai fait appel n’y enlève rien. » Il souligne à la cour qu’il a été relaxé en première instance sur quatre manquements mais condamné pour n’avoir pas lancé de travaux d’office. « Mais nous ne pouvions pas mobiliser les fonds disponibles sur le 65 », assure-t-il.

    En marge du procès, le maire de Marseille a répondu lundi soir au Collectif du 5 novembre et aux autres associations qui dans une tribune parue le 8 octobre dans La Marseillaise, lui demandaient d’encadrer la protection fonctionnelle accordée à Julien Ruas. Selon nos informations, la Ville a versé plus d’un demi-million d’euros à la défense de M. Ruas : 209 000 euros partagés entre les trois premiers avocats de M. Ruas au cours des quatre années de la phase d’information judiciaire. Puis la Ville s’est acquittée de 156 000 euros d’honoraires pour les deux avocats du procès de première instance. Le même montant a été versé pour le procès en appel, ce qui porte à ce jour l’ardoise totale de cette protection fonctionnelle décriée à plus de 521 000 euros.

    « Je partage votre colère face à l’indécence des sommes en jeu », reconnaît le maire qui dit ne pas se résoudre « à ce que l’argent des Marseillaises et des Marseillais doive financer les sommes exorbitantes destinées à la défense de celles et ceux qui, par le passé, n’ont pas été à la hauteur de leur mission ». Le maire dit s’être employé à « limiter autant que possible les frais pris en charge en écartant plusieurs factures d’honoraires présentés par l’ancien élu qui étaient manifestement excessives ». Selon nos informations, la Ville a réduit non pas d’un tiers, mais de la moitié les montants des factures initialement présentées.

    Benoît Payan s’en remet au garde des Sceaux, Gérald Darmanin, pour réformer par décret le régime de la protection fonctionnelle en fixant un « plafond national » et pour que ne soient pris en charge que des « montants strictement nécessaires et proportionnés à l’exercice effectif des droits de la défense ».

    « Que l’on arrête de nous balader avec des éléments de langage compassionnel et onctueux, et que l’on mette en place les outils réels et la transparence de l’administration pour rétablir un peu d’équité devant la justice », lui ont répondu lundi les associations. « Un plafonnement sur simple décision du conseil municipal peut suffire. »

  • Pour la cour, ce procès de la rue d’Aubagne sera « nécessairement différent »

    Pour la cour, ce procès de la rue d’Aubagne sera « nécessairement différent »

    Lever de rideau lundi du procès en appel des effondrements de la rue d’Aubagne. Près de trois cents personnes ont pris place dans le calme dans cette même salle des procès hors normes à la caserne du Muy. 106 parties civiles se sont constituées au nouveau procès du drame du 5 novembre 2018 qui doit retenir la cour d’appel d’Aix-en-Provence délocalisée à Marseille jusqu’au 18 décembre.

    Caméras et objectifs ont braqué les visages de 14 prévenus revenus répondre de huit homicides involontaires, de blessures involontaires aggravées, et pour certains de mise en danger d’autrui et de soumission à des conditions d‘hébergement indignes. Les visages sont crispés, conscients que se joue ses prochaines semaines leur sort pénal définitif, avec peut-être moins indulgence qu’il y a deux ans. Une voiture aux vitres fumées débarque Amine Kessaci au procès. Le président de Marseille Habitat – la SEM de la Ville poursuivie pour l’abandon du 63 rue d’Aubagne – débarque avec ses gardes du corps fébriles. Aux familles qui viennent l’embrasser, le jeune homme dit : « C’est important d’être là et de rappeler à tout le monde que chacun doit être responsable. » L’adjoint au maire de Marseille avise la cour qu’il sera retenu aux assises pour l’assassinat de son demi-frère. « Notre démarche reste inchangée : contribuer à la recherche de la vérité, dans le respect de la justice et de la décision que rendra la cour », a-t-il posté sur X.

    « Il y a 8 ans, deux immeubles s’effondraient, entraînant au premier chef la mort de 8 personnes. Cette seule circonstance doit nous inviter à une forme de mesure », a débuté le président de la cour, Fabrice Naudé, qui sait que les débats ne manqueront pas « de susciter à nouveau des réactions ». Il balaye le trouble que peut susciter un procès d’appel dans la même salle qu’en première instance. « Cette unicité de lieu pourra donner un sentiment de déjà-vu, mais ce procès sera nécessairement différent ; différent d’abord parce que les 4 magistrats de cette cour ne sont pas les mêmes. Ils ont des profils, des expériences, des sensibilités différentes ; différent aussi car la cour est comptable de son raisonnement devant la chambre criminelle de la Cour de Cassation. »

    Appelé à témoigner avec d’autres collectifs, Un Centre Ville Pour Tous paraît aborder ce procès dans l’offensive, outrée par la mansuétude du jugement de première instance. Déjà, elle dénonce « les responsabilités politiques » dans la genèse de ce drame, « les stratégies de pourrissement du bâti pour évincer des populations précaires du centre-ville », « la connivence entre les milieux politiques et l’immobilier » que Xavier Cachard, l’un des prévenus, incarne à ses yeux.

    « Il y aura moins de pleurs et plus de rage car on pensait que les prévenus allaient montrer plus de compassion », assure Linda, la cousine de Cherif Zemar, mort dans le taudis loué par Xavier Cachard.

    « Ce procès dépasse Marseille. Il interroge la République tout entière sur sa capacité à protéger chacun de ses citoyens » a déclaré sur X, le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) dont la constitution de partie civile de la Ville a été rejetée en première instance, eu égard à la mise en cause du service de la gestion des risques sous Gaudin. « L’habitat indigne n’est pas une fatalité. Il prospère lorsque la vulnérabilité des habitants devient une opportunité économique, lorsque les alertes restent sans réponse et lorsque le droit à un logement digne demeure une promesse inachevée », a encore rappelé Benoît Payan.

    Passées les batailles de procédure, les premières prises de parole des prévenus sont attendues mardi. La cour a déjà salué « la pleine disponibilité » de tous les experts convoqués « pour apporter le maximum d’éclairage sur les faits, pour la confrontation précieuse des analyses et l’échange des points de vue sur ce qui a pu se passer ou pas ».

    « Il y aura moins de pleurs et plus de rage »

  • L’exigence de justice résonne toujours dans la rue d’Aubagne

    L’exigence de justice résonne toujours dans la rue d’Aubagne

    Huit poignantes minutes de silence respectées devant les 63-65, rue d’Aubagne en mémoire des victimes du 5 novembre 2018, puis une minute de bruit à hauteur des Halles Delacroix pour Mohamed El Khalfioui, décédé suite à l’effondrement d’un immeuble en travaux en juin. Dimanche, Noailles et Marseille ont rendu hommage aux victimes du mal-logement.

    Plusieurs centaines de personnes ont répondu à l’appel du Collectif du 5 novembre et de nombreuses associations, pour cette marche pour un logement digne organisée à la veille de l’ouverture du procès en appel du drame de la rue d’Aubagne. « Nous voulons faire de ce procès un moment d’éducation populaire », lâche Kévin Vacher au nom du Collectif du 5 novembre, appelant à des « condamnations exemplaires » y compris pour Marseille Habitat, le bailleur social de la Ville.

    « Le modèle économique qui a conduit à ce drame n’a pas changé, la municipalité doit aller plus loin », martèle de son côté Patrick Lacoste (Un centre-ville pour tous), citant le maire de New York, Zohran Mamdani, avant d’appeler à faire pression pour la mise en place d’un encadrement des loyers sur la commune.

    Plafonner la protection fonctionnelle de Julien Ruas

    « Ils ne comprennent que le rapport de force. Si on ne reste pas déterminé et en colère, ils nous roulent dessus comme d’habitude », assure de son côté Camille François (Syndicat du logement de Marseille). « Ce drame qui n’aurait jamais dû avoir lieu pourrait se reproduire », prévient Bernard Eynaud (LDH) aspirant à faire du logement un droit pour tous à Marseille, en France et en Europe.

    En tête du cortège qui a déambulé dans la rue d’Aubagne de la place Paul-Cezanne à la rue Vacon, Mariella et Domenico, les parents de Simona, et Liliana, la maman de Fabien, tiennent le portrait de leur enfant disparu à la main. « Ne lâchez rien. Moi, je ne lâcherai jamais. Il y a eu un avant et un après effondrement, j’espère qu’il y aura un avant et un après procès », pose avec dignité, Liliana, s’avouant prête à reconnaître sa culpabilité, celle d’avoir inculqué à son fils la confiance en la parole des autres, et par là même celle de ceux qui lui disaient que l’immeuble ne s’effondrerait pas, si les accusés reconnaissent leur responsabilité à la barre du tribunal.

    Les députés (LFI) Manuel Bompard et Sébastien Delogu, suivis du maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, se sont joints à la foule. Ils ont signé dans la semaine avec Hendrik Davi (L’Après), présent du début à la fin de la marche, un courrier adressé au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, relayant la demande portée par les associations de plafonnement de la prise en charge des frais de justice de Julien Ruas. L’ancien adjoint (LR) de Jean-Claude Gaudin, en charge des périls, a été condamné en première instance. Sa défense aurait, selon les calculs du collectif, déjà coûté 365 000 euros.

  • Pour Emmanuel Macron, l’ordre et les regrets

    Pour Emmanuel Macron, l’ordre et les regrets

    Deux chaises brisées, un tag anarchiste et le buste de Marianne le nez brisé. En amont de la visite éclair d’Emmanuel Macron à Marseille ce lundi, les derniers vestiges de l’envahissement de l’hôtel de ville, en marge des violences du 17 octobre, ont été laissés en l’état, exposés au regard présidentiel. À son retour du Proche-Orient, une semaine après une allocution télévisée sans réelles promesses, le chef de l’État a en effet choisi la cité phocéenne pour s’exprimer sur un mouvement social qui ne faiblit pas.

    « C’est tout à fait vrai qu’à Marseille comme ailleurs, il n’y avait pas assez de forces de l’ordre le 17 octobre, parce que nous n’avions pas du tout anticipé ce qui s’est passé », a reconnu Emmanuel Macron, dans un rare mea-culpa jupitérien, après un échange en privé avec le maire (DVG) de Marseille. Un raté dans lequel Benoît Payan voit la conséquence ultime de la suppression d’une préfecture de police de plein exercice. « J’avais dit qu’on paierait un jour cette histoire, on l’a payé », souffle-t-il. En espérant un rapide retour en arrière. Mais l’Élysée avait annoncé un déplacement axé sur l’ordre, et c’est l’ordre que promet le président de la République. « Samedi [24 octobre, Ndlr], les manifestations se sont tenues dans tout le pays et l’ordre a été tenu », insiste-t-il.

    Dans la foulée, le chef de l’État assure que les dispositifs mis en place seront encore améliorés pour les prochaines mobilisations. Les préfets sont invités à maintenir les couvre-feux, en lien avec les municipalités, « dans des territoires où l’on sent encore des tensions ». « Nous continuerons d’avoir des tracés de mobilisation déclarés, demandés par les syndicats représentatifs, qui se feront en dehors des centres-villes », annonce aussi Emmanuel Macron en se félicitant que « le droit de manifester a été préservé ». Cela malgré les interdictions, parfois retoquées par la justice, malgré les changements de pied au dernier moment des préfectures. « On tient la République aujourd’hui sans l’état d’urgence mais cela ne veut pas dire que si les choses devaient se dégrader, c’est un interdit ou un tabou », menace-t-il.

    Réponses tardives

    Face aux journalistes qui insistent sur le bilan du 17 octobre, le chef de l’État finit par s’agacer. « J’ai plutôt un goût pour l’avenir », s’irrite le président en fin de règne. L’avenir immédiat, c’est réparer, en premier lieu pour les commerçants touchés. « Un fonds a été mis en place par l’État, abondé par les collectivités locales, par le privé aussi, et nous allons continuer en allant chercher les assureurs », esquisse-t-il en promettant d’accompagner les collectivités touchées. Sans aller jusqu’à l’indemnisation totale des dommages pour les commerçants, que le maire de Marseille avait réclamée par courrier au Premier ministre. « Des mesures complémentaires de l’État sont attendues pour soulager les commerçants. Mais cet engagement national doit se traduire par des démarches simples et des moyens rapidement mobilisables », réclame aussi le président (DVD) de Région, François de Canson.

    Après un mois entier de mobilisations lycéennes et face à un mouvement qui fait tache d’huile, le tempo n’est-il pas mauvais pour apporter des réponses ? « À coup sûr », reconnaît Emmanuel Macron. « J’ai demandé au gouvernement de répondre aux demandes légitimes qui sont à la racine de ce mouvement social », explique-t-il désormais en promettant « des annonces fortes et des avancées pour changer les choses et pouvoir enclencher des chantiers à très court terme » pour les lycéens. Celles-ci ont été déclinées par le gouvernement dans la soirée, avec des « évolutions fortes » sur Parcoursup et une marche arrière sur les suppressions de postes (lire par ailleurs).

    Face à la crise sociale qui s’enracine toujours plus profondément, « il y a une réponse politique et sociale, c’est le travail du gouvernement pour les jours à venir », annonce aussi Emmanuel Macron. En évoquant la « discussion » nécessaire entre représentants syndicaux et patronaux. Cela au moment même où le monde de la finance mise sur l’adoption par ordonnances d’un budget austéritaire, après deux mandats marqués par les baisses d’impôts des plus privilégiés.

    Besoin de justice fiscale

    « Le rétablissement de l’ordre n’est pas une politique », reproche de son côté Benoît Payan, à l’issue de la visite élyséenne. « À force de n’avoir pas entendu ce qui se passait dans le pays, nous avons un pays dans une situation catastrophique », appuie-t-il. Face à la presse, il reprend les propositions formulées à huis clos auprès du président de la République, de la suppression de Parcoursup à la mise en place d’un fonds pour la rénovation des établissements d’enseignement supérieur, l’embauche de professeurs. Face à la crise sociale, il propose une TVA réduite de 5,5% sur 50 produits, une augmentation immédiate du Smic de 100 euros. « Ça ne se finance pas avec de l’air ni des mots, il faut que la question de la justice fiscale soit remise au centre des débats », lance-t-il. Comme une plateforme programmatique qu’il partage, tout en rappelant qu’il ne vise aucunement l’Élysée. « Certains aspirent à occuper la magistrature suprême, il leur appartient de se montrer à la hauteur », lâche-t-il, après avoir réclamé depuis des jours une sortie politique à la crise.

    « Nous n’avons pas du tout anticipé ce qui s’est passé. »

  • Emmanuel Macron en visite éclair à Marseille ce lundi

    Emmanuel Macron en visite éclair à Marseille ce lundi

    Déplacement-surprise pour le chef de l’État ce lundi à Marseille. Après un nouveau week-end de mobilisation, il se rend dans la cité phocéenne pour rencontrer Benoît Payan. Il visitera notamment la salle des mariages de l’hôtel de Ville qui avait été dégradée par des émeutiers. Emmanuel Macron a aussi prévu d’échanger avec les forces de sécurité et les commerçants qui ont été victimes des casseurs.

    Plus d’information à venir sur lamarseillaise.fr et dans La Marseillaise de ce mardi.

  • Marseille : des milliers pour défendre les libertés

    Marseille : des milliers pour défendre les libertés

    Venant de toutes artères de Marseille mais aussi des communes voisines où les regroupements étaient interdits, des dizaines de milliers d’étudiants, de militants, de retraités, de chômeurs, ont convergé samedi à Marseille dans une ambiance enjouée et déterminée pour la seule manifestation autorisée par la Préfecture, un acte II d’une grande puissance protestataire.

    « C’est une grande satisfaction, un ouf de soulagement pour nous la CGT et les autres syndicats d’avoir emmené cette manifestation pour la liberté d’expression de nos revendications » s’est félicité en fin de parcours Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13. Il revendiquait 100 000 manifestants contre 17 000 selon la Préfecture dans ce cortège intersyndical CGT, FSU et Solidaires colossal.

    Le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) a salué le « calme » de la manifestation et un dispositif policier qu’il a estimé cette fois « à la hauteur de l’enjeu » après les folles exactions du 17 octobre. Plus tard, il rejoignait le poste de supervision urbain, des débordements sporadiques ayant lieu avec des dégradations et des pillages dans une ambiance de lacrymogènes et de feux de poubelles. Dimanche matin, la Préfecture comptait pour tout le département 7 commerces pillés ou dégradés, 71 interpellations dont 40 majeurs et 61 gardes à vue.

    Pour le préfet, cette manifestation dérogatoire s’est déroulée « dans de bonnes conditions ». Lancé à 14h15, après une minute de silence aux Réformés en hommage aux victimes de l’attentat criminel raciste de Trappes, l’immense cortège emmené par la CGT et de nombreux militants et élus communistes prenait la direction de la gare Saint-Charles, sécurisé par les dockers CGT. Postés sur la Canebière près d’un canon à eau, des CRS continuaient de barrer l’accès de l’hypercentre à de potentiels fauteurs de trouble pour ne pas répéter le sac du 17 octobre.

    « On vient de Carpentras, on tenait à manifester dans une ville où ça a de l’ampleur » expliquent Alia et Ludivine, motivées comme jamais. « Nous sommes en guerre contre ce gouvernement corrompu » proclame la pancarte de la mère. « Tout ce que j’ai retenu de la Marseillaise, c’est aux armes citoyens ! » dit celle de sa fille. Les pancartes en disent long et gros sur la colère sociale concentrée sur Emmanuel Macron, figure d’un pouvoir honni. « La voilà ta République en marche, connard ! » conspue celle d’Émilie venue avec Pierre son papa. « La répression policière fait peur, mais ça fait longtemps qu’on n’a pas ressenti des émotions aussi fortes en manif. Ça redonne de l’espoir d’être tous ensemble » assure ce dernier.

    « Ils fabriquent la misère puis nous facturent la survie » a écrit Céline, éducatrice spécialisée qui n’a pas eu peur de venir « pour défendre les lycéens et les travailleurs sociaux » et qui est comblée de voir « tout ce monde de tous âges ». « M-A-C-R-O-N, Menteur, Arrogant, Corrompu, Répressif, Odieux, Narcissique » a écrit en grosses lettres Oscar, jeune chômeur pour qui « c’est un ras le bol accumulé de ces dix dernières années, le gouvernement Macron, la gestion de la crise Covid et des gilets jaunes, l’ignorance des cahiers de doléances, même l’affaire Epstein, tout !!! » Des Scop-Ti (ex-Fralib) sont là. Des parents d’élèves aussi. « On est un collectif de 360 parents « vaillants et révolutionnaires » des lycées de Marseille.

    Eva et son ami sont descendus d’Aix pour dénoncer les conditions d’enseignement à la faculté de droit Robert Schumann, mais pas que : « On n’arrive pas à joindre les deux bouts, on a peur de l’avenir. » Eugène, 19 ans, en BTS de cybersécurité, s’est déguisé en banane et en tutu rose pour demander lui aussi de « meilleures conditions matérielles d’études. »

    « Manu, Manu, jusqu’à la victoire ! » « Tout le monde emmerde le Rassemblement national ! » « Siamo tutti antifascisti ! » claquent dans les mains la foule hétérogène de ce très long cortège sécurisé par les dockers de la CGT qui a emprunté les allées Léon Gambetta, le boulevard d’Athènes, la gare Saint-Charles, la Place Marceau pour ensuite se disperser à la Porte d’Aix où des CRS finissent par gazer des manifestants boulevard des Dames. « La liberté est un droit fondamental. Sans elle, il n’y pas de véritable justice, pas d’égalité et pas d’avenir ! » venait de conclure au mégaphone une militante CGT. « Nous voulons la paix, la liberté pour construire un monde plus juste. Ne restons pas silencieux, continuons à défendre nos droits. La liberté a besoin d’hommes et de femmes prêts à la défendre ! Ensemble faisons vivre la liberté et rendez vous au 5 novembre ! » « Je suis là en solidarité avec la jeunesse quand je vois tous les coups qu’ils se sont pris pour exprimer leurs revendications » dit Jessie, mère de quatre enfants venue de Vitrolles pour affirmer son « droit à manifester ».

  • L’appel à la prudence de Benoît Payan avant le couvre-feu

    L’appel à la prudence de Benoît Payan avant le couvre-feu

    Le maire de Marseille qui avait salué le «calme» et un dispositif policier «à la hauteur de l’enjeu» appelle les Marseillais à la prudence ce soir dans un post sur le réseau X : «À la fin de la journée, plusieurs groupes d’individus tentent de se livrer à des pillages dans différents secteurs de la ville. La Police Municipale et le Bataillon de Marins-Pompiers interviennent aux côtés de la Police Nationale. Je demande à l’ensemble des Marseillais de rester prudent et de faciliter le travail des forces de l’ordre et de secours.La priorité est de préserver la sécurité des habitants, des commerces et de ramener le calme dans la ville.»

    Le maire est actuellement au centre de supervision urbain avec la directrice de la police municipale pour suivre la situation avec attention et assister le commandement. Quelques commerces à ce stade ont été victimes de tentatives d’effraction. La police municipale est mobilisée aux côtés de la police nationale et du bataillon des marins pompiers qui fait preuve d’une grande réactivité pour intervenir dans le cadre de ses missions.

    Un couvre feu est instauré de 23h à 5h du matin dans le centre-ville et les principales zones commerciales de Marseille.

  • Pour Benoît Payan, interdire « n’évite pas la casse »

    Pour Benoît Payan, interdire « n’évite pas la casse »

    À leur demande, les maires de Paris, Lyon et Marseille ont été reçus en fin de journée, ce jeudi, durant deux longues heures par le Premier ministre. L’édile de la cité phocéenne, venu réclamer des garanties de l’État pour encadrer une nouvelle manifestation, ce 24 octobre, n’est pas ressorti franchement serein. Même s’il a assuré que le Premier ministre était « conscient » de la situation, devant la caméra de BFMTV en milieu de soirée.

    Sur la décision du préfet des Bouches-du-Rhône d’interdire toute manifestation dans le département, de suspendre les transports et d’étendre le couvre-feu aux majeurs samedi soir, après la mise à sac du centre-ville, il n’est « pas sûr que ça serve à grand-chose ». Benoît Payan réclamait des comptes, dénonçant un dispositif dépassé par les événements au point qu’il envisage de mobiliser toute sa police municipale le 24, bien que cela ne soit pas son rôle. « Le risque zéro n’existe pas. Pour moi, l’attention est maximale. L’attention avec deux orthographes, vous comprenez » ; a-t-il déclaré, estimant qu’« on doit être focus sur la journée de l’acte II. Mais comme on peut être aussi focus sur la journée du 31, sur la journée du 5…
    En attendant, il faut aussi des réponses politiques
    . »

    Au sujet des conditions de sécurité, « il y a évidemment besoin d’éviter les casses, les pillages », estime-t-il, avant de s’indigner : « Je ne veux plus vivre en tant que maire ce que j’ai vécu, ce que nous avons vécu, la semaine dernière. » Il a assuré avoir eu néanmoins « des garanties sur des nombres conséquents de policiers en plus par rapport à la semaine dernière ».

    Pour autant, Benoît Payan souhaite également « qu’on puisse manifester en sécurité dans ce pays », estimant que « l’État de droit », « fondement du pacte républicain », devait être « préservé à tout prix ». « J’ai entendu parler de “quoi qu’il en coûte” dans ma vie. Je crois que ce qui est le plus important et que le “quoi qu’il en coûte” le plus important, c’est la République », assène l’élu. Il insiste : « Ce n’est pas parce qu’on interdit une manifestation que l’on évite la casse. »

    Pour des indemnisations « à la hauteur »

    Sur les dégâts du 17 octobre, dans une lettre envoyée à Sébastien Lecornu la veille, l’élu avait également réclamé des indemnisations « à la hauteur » pour les commerçants touchés, 500 commerces en tout, dont au moins 317 saccagés ou pillés. Un bilan « plus lourd encore que celui de l’été 2023 », a-t-il affirmé. Au-delà des premières mesures d’urgence, l’élu a demandé la mise en place d’un dispositif exceptionnel d’indemnisation, « garantissant la prise en charge intégrale des dommages matériels directement liés à ces violences, notamment les destructions, les dégradations, les vols de stocks, de mobilier et d’équipements, ainsi que les dépenses supplémentaires engagées pour sécuriser les commerces et permettre leur réouverture ».

    Un dispositif qui doit « s’accompagner d’un mécanisme spécifique de compensation des pertes d’exploitation, y compris pour les commerces qui, sans avoir été directement pillés ou dégradés, ont dû fermer ou subir une baisse importante de leur activité en raison des violences et de leurs conséquences sur la fréquentation du centre-ville ».

    Pour Benoît Payan, « les commerçants marseillais n’ont pas à supporter le coût d’une défaillance de l’État dans l’exercice de l’une de ses missions les plus fondamentales : garantir l’ordre public et la sécurité de nos concitoyens ». Sans donner de détails sur la réponse apportée, il a réaffirmé, jeudi soir, sa volonté de voir indemnisés « celles et ceux qui, aujourd’hui, n’ont plus de travail, celles et ceux qui ont tout perdu ».

  • Gérald Darmanin en service après fiasco

    Gérald Darmanin en service après fiasco

    Suite à la bérézina de samedi dernier, les ministres défilent dans la cité phocéenne, dont une bonne partie du centre-ville a été mise à sac en marge de la manifestation. Après Laurent Nunez pour l’Intérieur, descendu de Paris lundi soir et bien vite reparti, c’était au tour du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, de relayer l’intransigeance gouvernementale, ce mercredi 21 octobre, devant le tribunal judiciaire de Marseille.

    Il a tenu à rendre hommage aux agents de son ministère qui, « tout ce week-end, depuis 48 heures », se sont démenés pour faire « fonctionner de façon excellente le service public de la Justice », ose-t-il, quand sous l’ère Macron 1 puis 2, les fonctionnaires n’ont eu de cesse d’être attaqués, « dégraissés » et méprisés. Avec 2 500 gardes à vue au niveau national, il a fallu « qu’on double, voire qu’on triple le nombre de comparutions immédiates », poursuit le ministre, fier d’annoncer que 917 personnes ont été « déferrées avec poursuite », au point qu’à Marseille, Lille, Bordeaux ou Toulouse, « tous les dépôts sont pleins ». Et ce sans impacter les affaires courantes, assure Gérald Darmanin.

    Sur le profil de ces personnes interpellées, elles n’ont, en majorité, « jamais connu de casier judiciaire », précise-t-il, et font l’objet de peines sévères « prononcées et suivies par les magistrats du siège ». Et de donner l’exemple de cet homme de 34 ans, inconnu des services de police ou de justice, qui a volé des chaussures dans un magasin, à Marseille, et a écopé de trois mois ferme. « Ils ne voient pas le problème. Parfois, ils ont volé en famille. Il y a des gens qui sont désocialisés, mais aussi beaucoup qui ont un travail », s’étonne-t-il.

    La faute aux autres

    Selon lui, le phénomène reste lié à « des gens de moins en moins citoyens », à une série de « dysfonctionnements » de l’immigration, de l’intégration, de l’éducation, des parents voire de l’économie, avec, en bout de chaîne, « des policiers, puis des magistrats, puis des agents pénitentiaires qui se chargent des personnes qui ont de graves difficultés ».

    Sur l’absence mortifère de dialogue social, s’il reconnaît « qu’il est important d’écouter les manifestants », ce n’est pas son « travail » de ministre de la Justice, estime-t-il. Il laisse « à d’autres le soin d’avoir un avis sur la société », renvoyant le débat à la « campagne présidentielle qui arrive », où il « espère que ce sera l’occasion d’en parler ».

    Pour les victimes des pillages, il promet « d’aider les commerçants, employeurs, entrepreneurs, employés à pouvoir survivre à ces moments extrêmement difficiles ». Avec le patronat, la Confédération des buralistes, la Fédération de commerce, il entend « ouvrir la porte des tribunaux des affaires économiques pour les accompagner » et « compléter avec ce que fait le ministère de l’Économie et des Finances ».

    En marge de cette visite, le maire, Benoît Payan (DVG), qui a fait le déplacement au tribunal et a bénéficié d’une accolade marquée de Gérald Darmanin, a lui tenté de répondre aux angoisses d’une commerçante de la rue Montgrand (6e), Marjorie, encore émue des exactions de samedi dernier. « Je suis restée surveiller et protéger ma boutique, moi-même, jusqu’à 2h du matin, parce qu’on n’avait pas le choix », témoigne-t-elle tout en affichant son soutien aux manifestants. « J’entends la colère des lycéens, des Gilets jaunes, mais que va-t-on faire ce samedi ? », demande-t-elle à l’élu.

    « Je ne veux pas que les Marseillaises et les Marseillais courent le moindre risque, répond Benoît Payan. Je ne peux pas dire aux gens : “Allez, ouvrez votre commerce, faites comme si tout allait bien, la vie continue.” Je ne sais pas ce qui va se passer. Vous vous rendez compte ? Je suis maire de Marseille, je suis à l’aveugle. »

    Dans l’attente d’une décision concertée avec le préfet, l’édile se rend à Matignon, ce jeudi, où il sera reçu aux côtés de ses homologues parisien et lyonnais. Il ne s’agira pas là de causer sécurité, mais d’obtenir des garanties fortes pour les victimes et surtout d’évoquer le fond politique. « Quand on reste sourd et aveugle à ce qui se passe dans son pays et quand on s’amuse à monter les uns contre les autres, à la fin, on en paie le prix. Il faut une sortie de crise, c’est-à-dire écouter les demandes légitimes de celles et ceux qui manifestent », assène-t-il.

  • À Marseille, Aubagne et Cabriès, les mineurs bannis la nuit

    À Marseille, Aubagne et Cabriès, les mineurs bannis la nuit

    C’est le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), qui a grillé la politesse au préfet de région, encore en train de rédiger son arrêté, ce mardi 20 octobre. L’élu a annoncé en fin de matinée la mise en place d’un couvre-feu partiel, le soir, à partir de 22h.

    La mesure concerne « uniquement les mineurs et exclusivement les zones commerciales de notre ville, particulièrement touchées par les pillages survenus ce week-end et menacées si nous devions vivre de nouveaux épisodes de violences », a dévoilé Benoît Payan. Le maire de Marseille estimant que « cette décision, si elle peut soulager les commerces et faciliter le travail des forces de l’ordre, doit être accompagnée d’un déploiement suffisant de forces de police sur l’ensemble de la ville ».

    L’arrêté préfectoral, finalisé dans l’après-midi, indique qu’à « l’issue des échanges entre le préfet et le maire de Marseille », un couvre-feu est instauré de 22h à 5h jusqu’à vendredi inclus dans des secteurs « identifiés ». Sont concernés l’hyper centre-ville, du Centre Bourse au quai des Belges en passant par le cours Pierre-Puget, la rue de Rome et le bas de La Canebière, mais aussi les grands centres commerciaux comme les Terrasses du Port, Grand Littoral, Bonneveine ou la Valentine. Les trottoirs, espaces de livraison, locaux techniques ou stationnements autour de ces derniers font partie du périmètre.

    D’autres communes sont aussi sous le coup de cet arrêté, avec la zone des Paluds à Aubagne, et celle de Plan-de-Campagne, à l’exception du cinéma, à Cabriès.

    Les adolescents non accompagnés de leur représentant légal et qui auraient envie de faire du shopping la nuit sont prévenus : ils sont passibles d’une amende de 4e classe, 90 euros minimum, le préfet Jacques Witkowski assurant que « les forces de sécurité nationales et municipales » seront mobilisées. Suite aux violences survenues samedi, Benoît Payan s’était interrogé sur la nature des consignes données aux forces de l’ordre et avait déploré leur nombre selon lui insuffisant. Attendu en début d’après-midi lundi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, avait fini par se rendre dans la cité phocéenne dans la soirée, histoire d’éteindre la polémique.

    L’armée, le GIGN et le Raid

    Concrètement, sur les promesses du ministre de mettre en place davantage de forces de l’ordre à Marseille pour encadrer la manifestation prévue ce samedi 24 octobre, rien n’est encore calé. Il s’agirait notamment de compagnies mobiles que Beauvau doit encore valider, nous confie une source policière ce mardi, sans être en mesure de quantifier pour le moment ces effectifs. « Samedi et dans les jours qui viennent, je serai aux commandes et comptez sur moi pour être extrêmement ferme », a martelé Laurent Nuñez lors des questions au gouvernement, mardi après-midi. Prévoyant d’être confronté au « même type de casseurs », il compte déployer l’armée avec les forces sentinelles, et « d’autres forces comme la BRI, le Raid, le GIGN, pour chercher ces groupes épars », précise-t-il.

    La mise en place du couvre-feu a réjoui la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, « une première décision nécessaire face aux violences et aux pillages », estime-t-elle avant d’appeler à « une fermeté absolue ». Pour Hendrik Davi (L’Après), député de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône, « la solution doit être politique » et « réside dans la justice sociale et le respect des libertés fondamentales ». Et l’élu d’appeler à la mobilisation syndicale du 5 novembre.

    Dans un communiqué commun ce mardi, Amapola Ventron, maire de Cabriès, et Romain Amaro, maire des Pennes-Mirabeau, renouvellent « leur demande à l’État de déployer des moyens militaires sur la zone commerciale, comme il l’a déjà fait à de nombreuses reprises : mise en place d’un dispositif de type Vigipirate et déploiement de militaires de l’opération Sentinelle. »

    ET AUSSI

    Couvre-feux également à Paris et Lyon

    Un nouveau couvre-feu a été instauré à Paris, autour de la place de la République et des Halles, de mardi 23h jusqu’à mercredi 6h. Le préfet du Rhône a reconduit le couvre-feu dans l’hypercentre de Lyon, à partir de mardi 21h jusqu’à 6h mercredi, estimant que cette mesure ciblée avait « contribué au calme », a annoncé la préfecture.

    Un homme fiché S interpellé à Limoges

    Dans l’enquête sur l’incendie de la mairie de Limoges, un homme, fiché S et connu pour son appartenance à l’ultragauche, a été interpellé en Haute-Vienne. La sous-direction antiterroriste (SDAT) a été saisie.

    Nuñez accuse LFI qui rétorque

    Laurent Nuñez a reproché mardi aux Insoumis d’avoir « jeté de l’huile sur le feu » en accusant le ministre de l’Intérieur « de manipuler les services de renseignements pour les diriger contre La France insoumise » lors des événements violents du week-end. Mediapart a publié une enquête lundi soir dans laquelle il assure que le ministre de l’Intérieur a donné des consignes à ses services pour faire de LFI le bouc émissaire du « fiasco » du week-end de violences, citant notamment un commissaire du renseignement territorial qui affirme qu’il lui a été demandé « texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des RT », les renseignements territoriaux. Manuel Bompard, coordinateur national du mouvement a dénoncé mardi matin « un scandale d’État » et annoncé saisir la Cour de Justice de la République.

    L’ONU condamne « tous les actes de violence »

    Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a condamné mardi « tous les actes de violence » survenus lors de manifestations ces derniers jours en France et d’autres pays européens, et a appelé les parties prenantes à « apaiser les tensions ». « Les manifestations de grande ampleur qui se déroulent en Albanie, en Belgique, en France, en Italie et au Portugal suscitent des préoccupations en matière de droits humains. Je condamne tous les actes de violence et j’appelle toutes les parties concernées à apaiser les tensions et à empêcher toute nouvelle violence », a déclaré Volker Türk dans un communiqué. « Les gens ont le droit de manifester pacifiquement et de faire entendre leurs voix. Les États doivent faciliter l’exercice de ces droits », a-t-il ajouté, déplorant à la fois les actes de vandalisme et une réponse parfois « excessive » des forces de l’ordre.