Tag: Ville de Marseille

  • La collecte de sang soutenue par Anthony Gonçalves

    La collecte de sang soutenue par Anthony Gonçalves

    Plus qu’un symbole : l’espace Bargemon, à deux pas de l’hôtel de ville de Marseille, où se déroulent habituellement les conseils municipaux, s’est transformé, ce samedi, en centre de collecte de sang géant le temps d’une journée.

    En son sein : une équipe de l’Établissement français du sang (EFS) reconnaissable avec leurs blouses blanches et tout le matériel nécessaire pour collecter le précieux produit. « C’est grâce à la Ville de Marseille qu’on peut réaliser une collecte dans cet espace. Ce dimanche c’est d’ailleurs la journée mondiale des donneurs de sang, pendant 15 jours on multiplie les actions dans la région pour des collectes », campe Virginie Ferrera-Tourenc, directrice de l’EFS Paca-Corse.

    Des besoins croissants

    Pour l’occasion, l’EFS reçoit un donneur de sang bien particulier : Anthony Gonçalves (PCF), adjoint au maire de Marseille en charge de la santé. « On réalise cette action dans le cadre du partenariat que nous avons avec l’Établissement français du sang. Concrètement, la Ville favorise la collecte de sang, de plasma, de plaquettes… », développe celui qui est également oncologue médical à l’Institut Paoli-Calmettes. Il insiste sur l’importance de l’action du jour : « C’est un acte extrêmement important dans notre société : c’est une action de solidarité réelle. Comme oncologue médical, je passe mon temps à prescrire des traitements qui nécessitent qu’on ait ce soutien en globules rouges ou en plaquettes. » La directrice de l’EFS ne dit pas le contraire : « L’été est une période fragile en termes de dons. Les gens donnent un petit moins et les stocks en France sont en diminution, entre les ponts de mai et la canicule. » Elle insiste sur le fait que les besoins de l’établissement ne portent pas que sur le sang : « On a aussi besoin de dons en plasma, l’eau dans laquelle circulent les cellules. C’est très riche en protéines, avec lesquelles on peut faire des médicaments qui aident des patients au quotidien. »

    En clair, donner son sang, mais pas que, est plus que jamais nécessaire : « Les besoins en médicaments dérivés du plasma sont en augmentation partout en France. Il faut continuer à donner. La demande est toujours importante : urgences vitales, accidents de la route, traitements de cancers et greffes… Sans sang, on ne peut pas traiter les patients. » Des paroles aux actes, Anthony Gonçalves a donné son sang, souhaitant « montrer l’exemple ». Le geste n’a rien d’insurmontable : le parcours du donneur prend 45 minutes pour le sang, avec un accompagnement aux petits oignons de l’équipe de l’EFS qui met à disposition boissons et nourriture. L’élu à la santé note aussi l’aspect « non-marchand et altruiste » du don du sang à l’heure où certains pays, comme les États-Unis, rémunèrent les donneurs : « Les principes de don de sang en France sont clairs : volontariat, bénévolat, gratuité. C’est l’assurance de concrètement sauver des vies. »

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Ingres efface et puis recrée Nicolas Poussin

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Ingres efface et puis recrée Nicolas Poussin

    C’est un tableau plein de grâce et de mystère. Intrigant, immédiatement envoûtant. Il est accroché dans une encoignure du second étage du musée, les visiteurs pourraient ne pas l’apercevoir. Voici trois jeunes femmes, des vases et des cruches, la margelle d’un puits. Celle qu’on aperçoit à gauche semble avoir oublié qu’elle verse de l’eau dans un récipient. Sa silhouette est en suspens, son corps est distrait. Ses gestes restent pertinents, ses yeux et sa mémoire sont exclusivement captés par la figure centrale, une autre jeune femme qui voudrait maîtriser son émotion. Sur la droite, une troisième personne affiche une attitude impérieuse et désinvolte, un regard distant. Elle n’ignore rien de ce qui se passe à côté d’elle, mais prétend pourtant ne pas être du tout concernée.

    L’auteur de cette toile s’appelle Jean-Dominique Ingres. Sur ce petit format de grande modestie, en dépit de l’harmonie des couleurs des vêtements et de la finesse des traits des visages de ces personnes, on ne trouve quasiment rien qui puisse être aisément rattaché à Madame de Senonnes, à Jupiter et Thétis, à l’Odalisque, ou bien au Bain Turc. Le cartel nous sauve de cette indécision, il s’agit d’un épisode de la Bible. Ce tableau, c’est son titre, retrace la « Rencontre d’Eliezer avec Rébecca ». Le patriarche Abraham décide d’envoyer en Chaldée la caravane d’un homme de confiance pour qu’il puisse trouver une épouse digne de son fils Isaac.

    On est à Paris entre 1801 et 1806, Ingres vient d’avoir 20 ans. Le natif de Montauban voudrait partir pour Rome, visite souvent le Louvre, songe énormément aux deux maîtres qu’il vénère, Raphaël et Nicolas Poussin. Il choisit de copier trois silhouettes qui figurent dans une vaste et beaucoup plus solennelle composition de Poussin où l’on découvre dans un décor urbain, au beau milieu de douze jeunes femmes, cette mission qu’Eliezer entreprend afin de convaincre Rébecca.

    Jeune apprenti à la fois fidèle et audacieux, Ingres supprime l’argument central et synthétise la composition de Poussin. Point de négociation, ni de demande en mariage. Eliezer, l’agitation des suivantes et les architectures du paysage n’existent pas. Rébecca accepte sobrement son destin de future compagne d’Isaac. À droite, une jeune femme déclare son indifférence en face de cette éventualité. À gauche, une troisième personne accompagne rêveusement le départ de la mariée.

  • Avant l’été, un grand nettoyage débute à Marseille

    Avant l’été, un grand nettoyage débute à Marseille

    Sur le quai de la Fraternité, les étals des poissonniers paraissent bien maigres à côté de la trentaine de véhicules de nettoyage stationnés, ce vendredi matin. Le dispositif se veut imposant, déployé pour illustrer la capacité qu’ont la Ville et la Métropole à « décaper Marseille ».

    Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille délégué à la propreté, s’en félicite : « L’opération est faite à la demande du maire. C’est une nouvelle étape dans notre relation : la Ville et la Métropole vont pouvoir travailler main dans la main. »

    Sur le Vieux-Port, l’opération devrait durer 15 jours. « La question de la propreté est essentielle à Marseille, notamment durant l’été (…). Il y a un surplus de personnes, ce qui nécessite une action renforcée, expose l’adjoint. C’est la première pierre d’une opération qui va se prolonger au-delà du cœur de ville, pour pouvoir être réalisée dans d’autres secteurs. »

    Le coût du dispositif reste flou

    Devant les agents présents, Pierre Huguet, vice-président de la Métropole délégué à l’Amélioration du cadre de vie, martèle : « Vous l’avez compris, la volonté de la Métropole est de pouvoir mettre les moyens. » Par ailleurs, les élus promettent que de nouvelles machines de nettoyage arriveront d’ici quelques semaines.

    Cette opération propreté intervient dans un contexte budgétaire tendu, alors que la Chambre régionale des comptes vient de recommander d’importantes coupes dans les finances, dans la foulée du refus des élus de la Métropole de voter son budget (lire ci-dessus). Alors que le coût précis de ce dispositif reste pour l’instant flou, les élus tentent de rassurer : « Les chiffres correspondront à la réalité économique des Marseillais. »

  • [Rue de la République] Pierre-Marie Ganozzi : « À Marseille, nous voulons qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue »

    [Rue de la République] Pierre-Marie Ganozzi : « À Marseille, nous voulons qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue »

    Du plan écoles à la sécurité

    Didier Gesualdi : Vous êtes le nouvel adjoint du Printemps marseillais à la sécurité, vous succédez à Yannick Ohanessian après vous être occupé du plan écoles. Vous pouvez tout faire ? Vous êtes bon partout ?

    J’espère devenir bon partout en tout cas. M. le maire m’a confié cette délicate tâche de la sécurité. C’est un vrai beau défi. Il y a eu le plan écoles, maintenant la sécurité, c’est une vraie marque de confiance. Je mets tout en œuvre avec son aide et avec les fonctionnaires de police pour améliorer la sécurité globale à Marseille et pour lutter contre le sentiment d’insécurité qui est également très fort dans notre ville.

    Léo Purguette : Quel bilan tirez-vous du plan écoles ?

    Le plan écoles continue d’avancer. Nassera Benmarnia est très bien entrée dans ses nouvelles fonctions. On est aujourd’hui sur la vague 4 qui est en train d’être lancée en projet. Il y a des dizaines d’écoles dans lesquelles les travaux ont déjà commencé. Certaines vont être livrées d’ici une petite année environ. Le plan écoles avec la société publique des écoles ou, en direct avec la Ville de Marseille, continue d’avancer à un bon rythme. On peut être fier de cette réussite qui est collective, qui provient de la volonté du maire Benoît Payan avec l’aide de l’État et du président Emmanuel Macron. Quand l’État et une collectivité veulent travailler main dans la main, les services publics, la fonction publique, deviennent de véritables donneurs d’ordre et font avancer les choses.

    Didier Gesualdi : Il y a eu des batailles de chiffonniers sur les chiffres pendant la campagne électorale. Quoi qu’il arrive ça ne va jamais assez vite ?

    Évidemment, j’aimerais pouvoir tout reconstruire le plus rapidement possible. Mais nous respectons toutes les règles d’urbanisme, de conformité, les normes liées au réchauffement climatique, ça prend du temps, de l’argent mais on en est fiers parce que ceux qui en profitent ce sont nos petites Marseillaises et nos petits Marseillais.

    Léo Purguette : Vous dites respecter toutes les règles, l’ancien préfet de région a quand même signalé le contraire. Où en êtes-vous ?

    Il a signalé le contraire… oui, c’est quand même un peu confus ce qu’il s’est produit. Les services de la préfecture ont mené une enquête récemment et le nouveau préfet lui-même, M. Witkowski, a dit qu’il n’y avait aucune anomalie. Nous, on le savait. On avait travaillé avec nos avocats qui nous avaient dit qu’il y avait beaucoup de bruit pour rien. La campagne électorale a probablement servi de caisse de résonance.

    SA FEUILLE DE ROUTE

    Didier Gesualdi : Yannick Ohanessian nous disait que votre majorité avait fait plus en six ans que les autres en quarante ans. Il reste encore beaucoup à faire non ? Beaucoup de Marseillais ont le sentiment que ça ne va pas mieux.

    Je me mets dans les pas de mon prédécesseur et je m’inscris surtout dans les directives données par le maire, Benoît Payan. Nous avons déjà recruté 400 policiers durant le mandat précédent. On va doubler ce chiffre en passant à 800 recrutements sur le nouveau mandat. C’est le premier axe. C’est un vrai défi parce qu’aujourd’hui, tous les métiers de la sécurité sont en tension. À nous de faire en sorte que l’on vienne taper à notre porte. Le deuxième axe, c’est la proximité avec la volonté de créer des commissariats de police municipale dans tous les arrondissements de Marseille. Il y avait le plan écoles, il y aura très bientôt le plan commissariats avec l’objectif d’être au plus près des habitants pour pouvoir les rassurer, les renseigner, les protéger, faire du flagrant délit en cas de problème. Nous voulons assurer la sécurité de tout le monde, dans tous les quartiers.

    Léo Purguette : Ces ambitions sont très hautes alors que l’argent manque dans les collectivités. N’avez-vous pas l’impression d’en dépenser beaucoup pour compenser les manques de l’État ?

    Ce qui est sûr, c’est que nous ne ferons pas d’économies sur la sécurité. Nous allons investir dans des nouveaux commissariats, recruter des policiers mais aussi les équiper. En revanche, il est hors de question que la police municipale vienne remplacer la police nationale qui est sous l’autorité du préfet. Nous voulons qu’il y ait plus d’uniformes dans les rues, davantage de policiers municipaux et davantage de policiers nationaux. L’État s’est désengagé des services publics, d’abord la justice ensuite la santé, puis l’éducation… Il serait inadmissible qu’il se désengage de la sécurité.

    LA POLICE NATIONALE

    Didier Gesualdi : On a assisté à des échanges aigres-doux entre Benoît Payan et le préfet sur les effectifs de police nationale la nuit, faites-vous encore appel à l’État ?

    Bien sûr. C’est un domaine régalien de l’État. Ce que je veux c’est qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue que ce soit dans la journée ou la nuit parce que nos concitoyens ont besoin de les voir, d’être rassurés et en cas de flagrant délit, qu’il y ait une intervention. Avoir du bleu dans les rues, c’est nécessaire la nuit aussi. Je n’entre pas dans une bataille de chiffres mais les demandes répétées du maire de Marseille, je les ai moi-même relayées auprès de la préfète de police et du directeur de la police nationale que j’ai rencontré il y a quelque temps. Main dans la main on doit pouvoir arriver à trouver des solutions pour améliorer la sécurité à Marseille.

    Didier Gesualdi : Comment pouvez-vous contribuer à la lutte contre le narcotrafic ?

    C’est un drame pour les familles et les quartiers qui en sont victimes. C’est une compétence police nationale. Il y a des enquêteurs, des brigades spécialisées, ne nous prenons pas pour ce que nous ne sommes pas. En revanche, nous pouvons apporter une aide sur les caméras de vidéosurveillance, sur les opérations « grappin » en venant enlever les voitures qui ralentissent les services de police, les chariots ou autres… C’est aussi rétablir un cadre de vie agréable pour les personnes qui y vivent.

    LA PROXIMITÉ

    Léo Purguette : Un commissariat par arrondissement, c’est à quelle échéance ?

    On se donne le mandat pour y parvenir. À l’instant T, nous avons déjà des pistes dans plusieurs arrondissements.

    Léo Purguette : Avez-vous déjà une idée du prochain qui ouvrira ?

    Les deux pistes les plus avancées sont dans le 15e et dans le 11e. Nous avons déjà celui de Canebière qui fonctionne bien, celui de Loubon, dans le 3e, qui va fonctionner encore mieux dans la prochaine période. Trouver une implantation pour un commissariat n’est pas si facile que ça parce qu’il y a un critère intangible qui est le parking pour accueillir les véhicules de police.

    Léo Purguette : Quel lien police-population ? Ces rapports sont parfois tendus voire violents.

    Nous faisons de la prévention. Une de mes premières sortie d’adjoint était à la Savine pour faire découvrir tous les métiers à uniforme aux jeunes. Il y a des enjeux de recrutement.

    LA GAUCHE ET LA SÉCURITÉ

    Léo Purguette : « Plus de bleu dans la rue », c’est un discours que l’on n’entend pas toujours à gauche. La gauche est parfois critiquée pour un supposé angélisme en matière de sécurité. Quelle est votre doctrine ?

    L’angélisme, ce n’est pas la doctrine du Printemps marseillais. Ce que nous voulons c’est que toutes les Marseillaises et Marseillais se sentent en sécurité, où qu’ils se trouvent dans la ville. On vit dans un territoire magnifique avec la plus belle rade du monde, des sites absolument remarquables, il n’est pas acceptable que des personnes puissent être agressées, se sentent en difficultés selon les endroits, que certaines femmes se fassent harceler. C’est inacceptable que l’on soit de gauche ou de droite. Peut-être qu’il y a quelques décennies, la gauche pouvait être angélique. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Au Printemps marseillais nous avons à cœur que l’on se sente bien en sécurité partout à Marseille. Nous ne voulons pas que des quartiers populaires soient abandonnés comme cela a été le cas pendant des années avec des problèmes de trafics, des services de propreté ou de bus qui ne venaient plus. Nous, nous remettons du service public dans les quartiers populaires.

    Léo Purguette : C’est votre manière de tenter de faire refluer l’extrême droite ?

    Ce que nous voulons, c’est faire vivre le vivre-ensemble. Tout le monde en parle mais comment fait-on ? On met du service public. C’est le service public qui doit permettre aux gens d’être reliés et de vouloir vivre ensemble. Ce n’est pas une évidence de vivre ensemble. Si vous avez une école délabrée, si vous appelez le 17 et qu’il ne se passe rien, si vous vous faites agresser dans la rue, si des gens vous empêchent de rentrer chez vous, vous vous sentez comme un citoyen de seconde zone. Nous à Marseille, on ne veut que des citoyens de première zone. Notre belle ville est peuplée par 900 000 Marseillaises et Marseillais qui sont fiers de l’être et ils ont raison. Nous, ce que nous voulons, c’est que notre police permette la concorde.

    Didier Gesualdi : Le moratoire sur les caméras de vidéosurveillance colle à la peau du Printemps marseillais. C’est totalement révolu ?

    D’abord, il était dans notre programme de 2020. On a donc fait ce pour quoi on avait été élu : pendant deux ans, on a fait un moratoire qui a permis d’analyser l’ensemble des caméras. On s’est rendu compte que certaines, soit ne fonctionnaient pas, soit ne servaient à rien, soit étaient dans des endroits un peu étranges pour surveiller des personnalités X, Y ou Z, ce qui n’est évidemment pas l’objectif principal. Nous avons mis les choses à plat, avec l’État, dans le cadre du plan Marseille en grand, à des endroits utiles : écoles, collèges, lycées mais aussi dans les lieux stratégiques pour lutter contre les trafics ou garantir la sécurité routière.

    L’INSÉCURITÉ

    Didier Gesualdi : Quand, à la Valentine, aux Accates, on voit des votes à 60% pour le RN lors des législatives, est-ce que c’est l’insécurité qui explique ces résultats ?

    Vous savez, quelqu’un qui est cambriolé, c’est un gros problème. Il faut d’ailleurs faire reculer cette insécurité concrète. Il faut aussi lutter contre le sentiment d’insécurité. Quand, dans la campagne, Mme Vassal disait qu’elle ne voulait pas venir au Vieux-Port à 18h de peur de se faire agresser. Excusez-moi, je suis régulièrement sur le Vieux-Port, à 18h, 20h ou 23h, il ne m’est absolument jamais rien arrivé. Il y a ce sentiment que Marseille serait une ville de non-droit, que ce serait Chicago dans les années 1930. C’est invraisemblable. Il y a une vraie insécurité qui existe, sur laquelle nous devons lutter au quotidien avec la police au plus proche des habitants. Et puis il y a ce sentiment d’insécurité qui est très fort. Le faire reculer passe par une présence policière accrue qui doit faire reculer ce sentiment-là. On vient très bien au Vieux-Port sans aucun problème.

    LA RÉPUBLIQUE, C’EST QUOI ?

    Pierre-Marie Ganozzi : « La République c’est une utopie, c’est l’idée formidable selon laquelle nous pouvons vivre ensemble, nous devons vivre ensemble. Rien n’est facile mais nous y travaillons, avec le maire Benoît Payan et tous les élus de la majorité municipale pour que notre République, j’ai presque envie de dire la «République marseillaise» se vive au quotidien. »

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Colette Drogoz :

    Je possède un garage donnant sur la rue, je ne peux ni entrer ni sortir car des voisins se garent devant en toute impunité. Pourquoi personne ne m’aide ? Cela dure depuis 10 ans !!!!

    Bonjour Colette. Ce que je peux vous dire, c’est que normalement il faut faire le 17 dans ce cas-là. Si ça ne fonctionne pas, il faut faire allô mairie qui peut être en direct avec la fourrière. Je vais voir ce qu’il se passe concrètement pour vous car il y a eu un temps d’adaptation mais la fourrière fonctionne désormais. En 2025, on en était à 11 000 mises en fourrière. Le début de l’année 2026, on est dans des ratios encore supérieurs et nous allons recevoir de nouveaux équipements pour encore augmenter notre capacité d’intervention.

    En outre, nous sommes à la recherche d’un deuxième site pour faire une deuxième fourrière dans les quartiers sud. Je vous donne un petit scoop : ça avance bien. J’espère que d’ici la fin de l’année 2026 on aura à la fois un deuxième site de fourrière dans le sud et de nouveaux équipements. Les deux réunis permettront à la fourrière d’être encore plus performante et donc pour Colette et pour les autres de multiplier les interventions. J’ai donné des consignes très claires en ce sens : on verbalise et on met en fourrière car l’insécurité routière à Marseille, ça suffit.

  • Marseille reste suspendue au couperet préfectoral

    Marseille reste suspendue au couperet préfectoral

    Le maire (DVG) de Marseille avait été le dernier à prendre la parole lors de la conférence des maires le 21 avril, pour défendre le refus de voter le budget métropolitain. Et n’avait eu de cesse, dans la foulée, de cibler les attributions de compensations versées aux autres communes. La copie rendue ce jeudi par la Chambre régionale des comptes ressemble à un douloureux retour de flammes : la municipalité marseillaise paye le plus lourd tribut, avec une perte sèche de 36 millions d’euros sur la dotation de solidarité communautaire négociée en 2023. Sans compter les restrictions imposées à la RTM désormais dirigée par la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, ou sur la gestion des déchets.

    « C’est une équation mathématique qui est proposée par la Chambre régionale des comptes, ce n’est pas un exercice politique, et ce n’est pas ce qu’on lui demandait », souligne-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. En affichant une satisfaction sur l’exercice réalisé par les magistrats, « qui va dans le détail pour comprendre le fonctionnement du budget métropolitain », et le constat, « un réquisitoire assez sévère de la majorité précédente ».

    Mais face à la lourde peine infligée aux finances communales, on insiste : « Ce sera au préfet de trancher, les recommandations ne l’obligent en rien. » Même si l’avis ne dresse pas plusieurs options possibles, comme certains élus métropolitains l’espéraient. « Si le préfet choisit de toucher la dotation de solidarité communautaire, cette coupe serait très difficile à encaisser pour de nombreuses communes, appuie l’entourage du maire. La Métropole est faite pour faire de la solidarité entre les villes, le préfet connaît son fonctionnement et sera dans la recherche d’une solution pour l’intérêt général. » En se défendant de chercher à mettre la pression sur la préfecture. Même si on reconnaît qu’il faudra trouver des solutions politiques, à compter de 2027. D’autant plus face aux promesses d’un « new deal métropolitain » lancées dans la campagne des municipales, qui avec ces coupes imposées trouvent des obstacles de taille sur leur route.

  • Face à l’habitat indigne, les acteurs locaux prônent une réponse collective

    Face à l’habitat indigne, les acteurs locaux prônent une réponse collective

    À Marseille, selon l’Adil, 27 770 logements sont aujourd’hui qualifiés de potentiellement indignes dans le parc privé : moisissures, risque d’effondrement, concentration de plomb… Le sujet n’est pas nouveau. L’Hôtel du Département a accueilli, ce mercredi, une conférence-débat dédiée à ce sujet, organisée par l’Adil des Bouches-du-Rhône. « Un habitat est considéré comme indigne lorsqu’un logement possède des conditions qui ne répondent pas à des exigences minimales, portant atteinte à la santé ou à la sécurité des personnes », explique Thierry Moallic, directeur de l’Adil 13.

    Les acteurs locaux de l’habitat tentent de répondre « collectivement » à ce fléau. La plateforme « Signal Logement », lancée par le gouvernement, permet aux habitants de signaler en ligne leur situation. 3 475 signalements ont été réalisés dans le département en 2025, selon l’Adil.

    Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’Égalité des chances, rappelle l’importance du relogement : « Il faut proposer un logement pendant les travaux du bâtiment, et pas seulement dans les hôtels. Il est nécessaire d’anticiper ces besoins avec la Métropole. » Autre volonté : étendre le « permis de louer » actuellement appliqué dans le quartier de Noailles, à Marseille : « Dès le préavis de départ, les professionnels de l’immobilier ont l’obligation de prendre connaissance des problématiques. On ne peut pas louer un logement insalubre », déclare Laurence Pont, présidente de la Fédération nationale de l’immobilier des Bouches-du-Rhône.

    Des variables sociales

    Plusieurs conditions favorisent l’habitat indigne. « Les offres dignes et abordables sont insuffisantes. Les ménages sont de plus en plus précaires et la résolution des désordres est complexe et très longue, témoigne Cyrille Guiraudou, membre de l’Association de défense des locataires HLM (ADLH). Il y a un sentiment de redevabilité envers le bailleur qui a été le seul à fournir un toit, mais aussi un sentiment de honte et une peur de se retrouver à la rue. »

    Selon Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille déléguée au logement et présidente de l’Office Provence Métropole Logement, une vingtaine de propriétaires ont été condamnés, cette année.

  • L’été marseillais revient avec un programme riche et festif

    L’été marseillais revient avec un programme riche et festif

    Le coup d’envoi de l’Été marseillais, organisé pour la 7e année consécutive par la Ville de Marseille, se fera au diapason du début de la saison estivale : le 21 juin, piétons et musiciens pourront envahir la corniche Kennedy (7e) en toute sécurité, à l’occasion d’une édition nocturne de l’opération la Voie est libre. De 17h à 23h, Marseillaises et Marseillais pourront donc célébrer la Fête de la musique au bord de l’eau, où seront installées cinq scènes aux styles musicaux éclectiques : latino, musiques urbaines, hits, musiques électroniques et disco. Une première étape d’un été qui s’annonce chargé.

    Côté musique, la traditionnelle Scène sur l’eau, installée au Vieux-Port, accueillera pas moins de 24 artistes marseillais, francophones et internationaux pour un total de dix concerts gratuits (lire sur lamarseillaise.fr). C’est Julien Clerc, icône de la chanson française, qui ouvrira le bal le 3 juillet, à la veille de la Pride Marseille. De nouvelles scènes feront aussi leur apparition cette année, notamment au stade nautique Florence-Arthaud (8e).

    Autre nouveauté : des DJ sets seront proposés tous les vendredis dans le cadre des « week-ends guinguette ». Dès 19h, ils se tiendront à l’Espace Mistral, à l’Estaque (16e) en juillet, puis au parc du Grand séminaire (14e) en août. Le karaoké géant, qui offre à tous la possibilité de devenir la star d’un soir, reviendra lui aussi, le 15 août, à partir de 19h sur l’esplanade du J4 (2e). Il sera suivi d’un feu d’artifice et d’un spectacle de drones.

    Sports, culture

    et convivialité

    Les parcs de la ville seront aussi mobilisés, chaque mercredi, pour divertir les plus jeunes. En juillet, c’est le spectacle Boom boom ! qui fera la tournée des espaces verts, suivi, en août, du jeu de piste Protocole Panthera.

    Côté sport, la Ville proposera aux petits Marseillais, entre le 7 juillet et le 29 août, plusieurs « journées tremplin sport », implantées directement au cœur des quartiers. Les volontaires pourront profiter d’activités sportives encadrées sur des équipements multisports. En parallèle, quatre bassins mobiles seront déployés dans les 3e, 9e, 13e et 16e arrondissements, pour favoriser l’apprentissage de la natation. Ouverts 7 jours sur 7, de 9h à 17h, ils accueilleront les enfants de 4 à 12 ans, mais aussi les adolescents, les associations et le grand public.

    À cela s’ajoutent les activités nautiques gratuites proposées à la base de Corbière (16e) et Florence-Arthaud, du 6 juillet au 31 août. Jeunes et moins jeunes sont invités, du lundi au vendredi, à découvrir gratuitement le voilier collectif, le kayak ou encore le paddle.

    La culture n’est bien sûr pas oubliée, avec le retour des emblématiques séances de « ciné plein air » et l’apparition des « jeudis à la Vieille Charité » (2e). Deux jeudis par mois, le bâtiment édifié au XVIIe siècle ouvrira ses portes, à partir de 19h, pour que le public puisse découvrir sans frais les expositions temporaires au rythme d’événements musicaux imaginés par quatre collectifs d’artistes différents.

    La saison se clôturera avec la Grande braderie, le 6 septembre, organisée de 10h à 19h dans le centre-ville et dans plusieurs noyaux villageois.

    Plus d’informations sur le site de la Ville de Marseille

  • Apprendre à nager au Novotel-Sofitel

    Apprendre à nager au Novotel-Sofitel

    « C’est le hasard qui nous a fait rencontrer l’association le Grand bleu, l’an passé. Nous avions un voiturier bagagiste qui les connaissait. Ça a été un véritable coup de cœur », lance Vincent Gaymard, directeur du Sofitel et Novotel Marseille Vieux-Port. Poursuivant : « On fête nos 50 ans cette année. Ouvrir nos portes à ses petits Marseillais, ce n’est pas neutre. Certains n’étaient jamais rentrés dans un hôtel. Ça donne du sens à notre engagement, apprendre à nager, mais aussi à respecter les océans. »

    Des partenariats nécessaires

    Dans la piscine, les enfants, bonnet jaune sur la tête, tentent l’étoile de mer encadrés par les maîtres-nageurs. La surprise, c’est le calme. Les enfants sont dans l’eau et quelques clients de l’hôtel bronzent sur des transats paisiblement.

    Grâce au dispositif d’aisance aquatique et apprentissage de la natation durant les temps scolaires, qui lie la Ville, l’État et l’association, cela fait maintenant 5 ans que les écoliers s’initient. « Cette semaine, 100 enfants ont bénéficié du dispositif. Une partie à la piscine du Novotel-Sofitel et l’autre sur le site de Corbière grâce à un bassin gonflable », explique Brahim Timricht, directeur de l’association. Il ajoute : « Ils ont pu bénéficier d’une formation en 3 temps soit avec de l’éducation à l’environnement en partenariat avec la fondation Suez, une initiation kayak paddle et des notions d’apprentissage aquatique. Les enfants pourront poursuivre la formation gratuitement avec l’association dans différents lieux*. » Depuis 13 ans, 17 000 enfants ont appris à nager avec le Grand bleu. « Nous sommes toujours en carence », soupire-t-il.

    *En juillet : piscine des Micocouliers ou sur la base nautique Florence-Artaud. En août : piscine de la Busserine , ou sur le site de Corbière tout l’été. Web : legrandbleumarseille.com

  • À Marseille, les élèves sensibilisés aux dangers numériques

    À Marseille, les élèves sensibilisés aux dangers numériques

    Huit écoles élémentaires ont eu l’opportunité, du 1er au 5 juin, de participer à une semaine de rencontres dédiée à la découverte des médias audiovisuels et numériques, animée par des équipes de l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique). Les élèves ont pu explorer les divers types de médias et ont été sensibilisés à l’usage des écrans, pour comprendre la signalétique jeunesse ou encore savoir comment réagir face à un contenu choquant. Au total, 991 élèves, du CP au CM2, ont été concernés par cette initiative portée en partenariat avec la Ville de Marseille.

    Dans une classe de CE1 de l’école Convalescents (1er), la rencontre prend tout son sens. Sur 23 élèves, 9 possèdent déjà leur propre téléphone portable. Tous ont déjà regardé des films « déconseillés » à leur âge. Une grande partie a même déjà joué à « GTA », jeu vidéo dans lequel le joueur incarne des criminels dans un univers marqué par violence et activités illégales.

    Des chiffres qui ne surprennent pas Manon Conan, cheffe du département Éducation aux médias de l’Arcom, qui dirige l’atelier : « énormément de jeunes regardent des films d’horreur et d’autres contenus très violents. Ils ont l’impression que ça ne les impacte pas. Les thématiques abordées portaient donc surtout sur la manière de se protéger lorsqu’on est exposé à ce type de contenus. » Ce constat dépasse largement cette classe. « Les réseaux sociaux sont supposés être accessibles à 13 ans – peut-être 15 demain – et aujourd’hui, 50% des enfants de 12 ans ont un compte Snapchat ou TikTok », note le président de l’Arcom, Martin Adjani, présent pour clôturer la semaine.

    Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille déléguée à l’éducation, confirme l’urgence : « Quand on discute avec le réseau de formation des professionnels de l’éducation, Canopé, ils nous disent qu’il y a une réelle demande de formation des enseignants. »

    La Ville a choisi d’agir tôt. « Depuis 2020, elle est un laboratoire innovant sur l’enseignement du numérique dans les écoles », explique Christophe Hugon, conseiller délégué aux relations avec les acteurs du numérique. Une démarche pensée sans culpabiliser les parents : « Ils sont souvent demandeurs d’outils pour que l’éducation de leurs enfants dans l’espace numérique se passe aussi bien que dans l’espace urbain. » L’Arcom envisage d’inscrire l’initiative dans la durée et de la déployer.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À l’Alcazar, le bureau et les tableautins de Louis Brauquier

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À l’Alcazar, le bureau et les tableautins de Louis Brauquier

    On lui préférera, tranquillement solaire, le miracle de la toile peinte au même endroit qui figure sur la lucarne de cette chronique. Ce qui se donne derrière les deux fenêtres, c’est presque un jeu d’enfant, un miséricordieux moment de passé-présent. Le dehors et le dedans ne s’interrompent pas. On retrouve immédiatement en deux miniatures, sans gel, sans mélancolie ni froidure, les petits pans de mur et les architectures du paysage de l’ancienne rive.

    Sur les notices de cette vue du second étage du 17, du quai Rive-Neuve, on apprend que ce tableau fut peint entre juin et octobre 1956 : commencé à Marseille depuis l’immeuble qui abrite aujourd’hui le Théâtre Badaboum, achevé pendant l’automne depuis Alexandrie. Dans cette occurrence, Brauquier dont le style exotique et minutieux avoue d’ordinaire son étroite connivence avec Gauguin ou bien avec le Douanier Rousseau, s’empare de références à la fois intimes et avant-gardistes. Les couleurs du carrelage et la géométrie de son tapis, la savoureuse sobriété du mobilier et du décor, le repos de son épouse Geotte qui lit un livre peuvent être rapprochés des bonheurs d’expression d’Henri Matisse, par exemple pendant sa période de l’Intérieur aux aubergines vécue à Collioure en 1911.

    Louis Brauquier (1900 – 1976) avait coutume de dire qu’il devint très tard « un jeune peintre ». Un courrier adressé à Gabriel Audisio date d’avril 1953 sa décision. Cet autodidacte, ce peintre du dimanche ne fit pas de grands progrès. Il ne s’acharna pas vraiment. Il comprit très vite que « c’était passionnant et difficile ».

    Au troisième étage de la Bibliothèque de l’Alcazar, on peut découvrir cette toile dans le vrac d’un petit sanctuaire aménagé selon les directives de sa sœur Eugénie Brauquier, décédée en octobre 2003, la reconstitution à la fois dérisoire et attachante du bureau-atelier de son dernier appartement, situable au 367, avenue du Prado. Louis Brauquier parlait de cet espace comme s’il s’agissait d’un grand musée d’Espagne.