C’est un lieu qui dit déjà une partie du message. Vendredi 18 septembre, les élus régionaux gardois ont choisi le Centre d’art contemporain de Nîmes, au cœur de Pissevin, pour effectuer leur rentrée. Un équipement culturel implanté dans un quartier populaire, qui a accueilli 10 000 visiteurs en 2025 et auquel la Région vient de porter son soutien de 19 000 à 24 000 euros.
Une façon d’ouvrir une matinée où les annonces concrètes ont côtoyé un refrain beaucoup moins réjouissant : celui des budgets qui se resserrent. Selon la Région, les décisions budgétaires nationales ont réduit ses ressources de 500 millions d’euros en trois ans. Les élus ont notamment réaffirmé leur volonté de maintenir la culture à 3% du budget de fonctionnement régional.
L’effort affiché concerne d’abord les lycées. Pour les 231 000 élèves d’Occitanie, la collectivité mobilise 74 millions d’euros : manuels, LoRdi, premiers équipements professionnels ou transports scolaires gratuits, avec également une aide à la cantine renforcée pour les familles les plus précaires. « La rentrée reste la moins chère de France », revendique Fabrice Verdier, conseiller régional délégué aux ressources humaines et au dialogue avec les syndicats, reprenant le mot d’ordre de l’exécutif régional.
Dans le Gard, 6 400 ordinateurs doivent notamment être distribués cette année et 18 000 élèves bénéficient de la gratuité des transports scolaires. Sur les mobilités, Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région en charge de la question, met en avant la progression de la « gratuité par l’usage ». Selon l’élu, celle-ci est passée de 600 000 à 7 millions de tickets pour les moins de 27 ans entre 2019 et 2026. Dans le Gard, plus de 30 000 jeunes sont inscrits au dispositif « +=0 ». La Région accélère aussi sur le vélo : au lycée Lucie-Aubrac de Sommières, une trentaine de vélos à assistance électrique sont mis à disposition. Une expérimentation menée dans huit établissements d’Occitanie avant une possible extension.
L’été a aussi rattrapé la rentrée politique. Après les épisodes caniculaires, une cartographie de la vulnérabilité thermique des lycées est en cours. Isolation, brasseurs d’air, protections solaires, végétalisation ou salles refuges doivent permettre de cibler les prochains investissements. « Face aux contraintes budgétaires, il va falloir que l’État soit à nos côtés », prévient Aurélie Génolher.
Les inquiétudes sont plus franches sur la formation. Julie Delalonde alerte sur la baisse des financements nationaux de l’apprentissage : « Ça réduit considérablement l’offre disponible… Or, pour beaucoup de jeunes, c’est la seule formation possible ! » L’élue pointe également l’absence annoncée de nouveaux crédits de l’État en 2027 pour la formation des demandeurs d’emploi. La Région a, de son côté, adopté un plan régional de formation 2027-2030 doté de plus de 660 millions d’euros.
À l’autre bout du tableau, plusieurs projets prennent forme dans le Gard. La Région doit participer à la future école de kinésithérapie portée par le CHU de Nîmes, tandis qu’une formation d’aide-soignant en apprentissage doit ouvrir au Vigan. Au Mas de Mingue, à Nîmes, un centre de santé est annoncé d’ici 2027, en partenariat avec la Ville.
Reste l’économie. Jalil Benabdillah, vice-président de la Région chargé de l’économie, de l’emploi, de l’innovation et de la réindustrialisation, décrit « une rentrée économique très contrastée », entre entreprises fragilisées et secteurs industriels porteurs. Décarbonation, aéronautique ou spatial sont ciblés, tandis qu’un rapprochement avec Nîmes Métropole autour du développement économique est évoqué. Derrière le catalogue des annonces, une question traverse ainsi cette rentrée : combien de temps les collectivités pourront-elles maintenir leurs investissements alors que leurs marges budgétaires se resserrent ?

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