Tag: Culture

  • Un ciné-débat à Manosque établit le lien entre 1936 et 2026

    Un ciné-débat à Manosque établit le lien entre 1936 et 2026

    Les mêmes affrontements, les mêmes combats, les mêmes interrogations » : avec son ciné-débat sur le Front populaire organisé vendredi, l’assemblée citoyenne du bassin manosquin a voulu mettre cette période charnière de l’histoire politique et sociale du XXe siècle en résonance avec l’actualité, entre difficultés sociales et économiques grandissantes, montée de l’extrême droite et instabilité politique. « 1936 renvoyait à 2026 », soulève Jean-Claude Cauvin, l’organisateur de cette soirée, également membre de la section de Manosque du PCF.

    Des enseignements à tirer pour les luttes actuelles

    Le documentaire de France 3 1936, le Front populaire entre joie et colères a été projeté en début de soirée. Ce dernier rassemble des témoignages d’ouvriers et d’acteurs politiques de l’époque, à gauche comme à droite, ayant vécu cette période. Le film raconte la société de l’époque, ses réalités, ses fractures politiques et ses transformations culturelles et sociales qui ont façonné la France.

    La projection a été suivie d’un échange un échange avec Gérard Leidet, président de Promémo et historien spécialiste du mouvement ouvrier, qui a contribué à la réalisation du documentaire en tant qu’expert. Les échanges ont porté sur les enseignements à tirer pour les luttes actuelles comme pour la perspective politique. « L’incontournable rassemblement des forces de gauche » a notamment été évoqué, raconte Jean-Claude Cauvin. « Une voie nouvelle ne saurait déboucher sans rassemblement de toutes les forces de gauche, sans la reconnaissance de leur diversité et surtout sans un puissant mouvement populaire avec au cœur le monde du travail », avance-t-il, qualifiant l’union de la gauche d’« indispensable, mais très compliquée ».

    Dans les prochains jours, avec la suite de la mobilisation, « ce qui va être fondamental, c’est l’irruption du monde du travail dans le mouvement, et la journée du 5 novembre va être déterminante », espère le communiste, fondateur de l’assemblée citoyenne du bassin manosquin. Cette association a pour objectif de promouvoir l’éducation populaire, la défense des droits humains et combattre les logiques financières.

  • Le HeroFestival revient pour une 12e saison à Marseille

    Le HeroFestival revient pour une 12e saison à Marseille

    Le programme s’annonce chargé ces samedi 7 et dimanche 8 novembre. De 9h30 à 18h30, les visiteurs pourront plonger dans les univers du cinéma, des mangas, des jeux vidéo et des séries, en compagnie de plus de 100 artistes locaux, nationaux et internationaux.

    Parmi les invités figurent notamment Holly Marie Combs, interprète de Piper Halliwell dans la série culte Charmed, ainsi que Laurence Bréhéret, voix française notamment de Mrs. Bucket dans Charlie et la Chocolaterie et de Cersei Lannister dans Game of Thrones. Les talents locaux ne seront pas en reste, à l’image de Jérôme Alquié, auteur et dessinateur de bande dessinée.

    Sur près de 30 000 m², le festival promet une immersion sensorielle complète : outre les cerisiers en fleurs, les ateliers jeux et les animations, des aliments du « foodcourt » de l’univers de Broadway se glisseront dans l’assiette des visiteurs. « Le voyage se fait aussi dans les papilles », sourit Annabelle Fouques-Lefèvre, coorganisatrice du festival.

    Elle se félicite de « l’ambiance hyper familiale » de l’événement. La diversité du public constitue en effet l’une des marques de fabrique du HeroFestival. Jeunes, familles et seniors s’y retrouvent pour partager leurs passions, notamment le cosplay et les univers de l’imaginaire. « Même les enfants ont de petits costumes », souligne Elise, jeune habituée du festival. Celle qui fréquente la manifestation depuis le collège apprécie notamment « l’effet famille » où « personne ne se juge ».

    Une « bienveillance » que les organisateurs revendiquent. Année après année, le HeroFestival s’impose comme une « safe place » pour les cosplayers, toujours plus nombreux à fréquenter l’événement. Cassandra, cheffe de projet du festival, espère accueillir cette année « au moins 43 000 visiteurs ».

    Un événement professionnalisant

    Qui a dit que cosplay et insertion professionnelle ne faisaient pas bon ménage ? Pour la cinquième année consécutive, la mission locale de Marseille tiendra un stand au sein du festival afin de présenter aux jeunes visiteurs différentes opportunités d’emploi et de formation. « Cette jeunesse est stigmatisée. Parfois, elle n’a pas de visibilité sur son avenir », affirme Eddy, membre de la mission locale de Marseille.

    L’objectif est d’offrir à cette jeunesse une perspective nouvelle, révélant parfois un lien entre ce qu’ils aiment et les attentes professionnelles. « Un jeune qui anime un live, c’est de l’aisance à l’oral et de la technique. Ces passions sont déjà de la compétence », souligne Josette Furace, présidente de la mission locale.

  • À Forcalquier, le mouvement mise sur l’intersyndicale

    À Forcalquier, le mouvement mise sur l’intersyndicale

    Mobilisés sur le rond-point d’Intermarché samedi, de nombreux manifestants se réjouissaient de l’appel à la mobilisation intersyndicale du 5 novembre, espérant qu’il donne davantage de puissance à leur mouvement, plutôt affaibli dans les Alpes-de-Haute-Provence, où environ 80 personnes ont manifesté à Forcalquier et une petite centaine à Digne.

    Lucie, 16 ans, présente à toutes les manifestations lycéennes, était à Forcalquier. « C’est super important d’être là pour le 5 novembre. Cela va être une énorme grève. Avec mes potes, on est toujours prêts, on se met au courant de toutes les manifestations. On voudrait que le mouvement continue et ne s’essouffle pas », explique celle qui est scolarisée au lycée Esclangon, à Manosque.

    Une centaine à Digne

    L’adolescente se réjouit de la présence des syndicats : « Ils ont de l’expérience, ils savent les risques, ce qu’il faut faire si on se retrouve en garde à vue. On se sent protégés quand ils sont là ». « L’intersyndicale, c’est hyper important. Cela nous donnera plus de puissance, c’est évident », abonde Cécile Ahmed Abdi, enseignante à Sainte-Tulle et militante féministe engagée dans diverses associations. Elle sera mobilisée jeudi. « Jeudi, le monde du travail vient s’intégrer dans le mouvement », se réjouit Dylan, militant LFI.

    Lou Terrasson, 27 ans, intermittente du spectacle habitant Forcalquier, manifestait « pour la culture et contre les coupes budgétaires ». « Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres et je suis dans la catégorie des moins riches », regrette celle qui est particulièrement impactée par la hausse des prix du carburant, travaillant pour une compagnie de théâtre marseillaise, Peanuts. « Tout le monde est d’accord pour faire grève à la compagnie. » « Dès le 5, on ne consomme pas ! », lance Nelly, Gilet jaune de Forcalquier.

  • La coordination contre l’extrême droite passe les mairies RN au crible

    La coordination contre l’extrême droite passe les mairies RN au crible

    La Coordination départementale contre l’extrême droite (Codex 83) documente depuis 2014, dans le Var, les frasques des élus du parti à la flamme. Dans sa dernière publication, elle met en lumière la fragilisation des contre-pouvoirs et la réduction de la place accordée à certaines expressions culturelles, associatives et politiques.

    À Fréjus, par exemple, le maire David Rachline est notamment épinglé pour une modification du règlement intérieur du conseil municipal accordant davantage d’espace à la majorité au détriment de l’opposition, dans le bulletin municipal. Mais aussi pour la banderole visant les personnes sous obligation de quitter le territoire français, installée sur la mairie, qui a nécessité une intervention du préfet avant d’être retirée. Une majorité qui non seulement continue de distiller son idéologie mortifère, mais gère aussi la commune sans épargner ses administrés. En témoigne le vote d’une hausse de 22,4% de la taxe foncière, mais aussi des tarifs de cantine et du périscolaire. Et ce, alors que le RN fait régulièrement mine de défendre le pouvoir d’achat, rappelle Pascal Brun (Visa). L’occasion de dénoncer une fois encore l’imposture sociale du parti à la flamme.

    À Six-Fours, c’est le peu de respect pour la démocratie municipale qui est pointé, avec un maire coupant volontiers le micro à son opposition en séance publique et refusant une salle de réunion au Parti communiste. Sans compter les subventions sucrées au club de foot historique ainsi que son interdiction d’accéder aux équipements sportifs, avant qu’une décision de justice ne vienne remettre, du moins en partie, un peu d’ordre.

    À Salernes, la Codex s’inquiète des conséquences d’une plainte du maire RN contre un militant antifasciste dont le tort est de documenter les déclarations et les pratiques de ce parti sur Facebook. Mais aussi de la convocation du gérant du cinéma pour la programmation de films sur la Palestine.

    La conception étriquée de la culture par le RN est également épinglée. à Six-Fours, le festival La Vague classique est remis en cause avec une volonté municipale clairement exprimée de réduire les dépenses qui y étaient jusque-là consacrées.

    Climatosceptique, l’extrême droite n’aime pas non plus les mobilités douces et n’a pas de mot assez fort pour critiquer les aménagements de la maire SE de Toulon, Josée Massi. Alors que 500 cyclistes par heure en période de pointe ont été comptabilisés sur la nouvelle piste cyclable de l’avenue de la République. À La Seyne, le maire annonce d’ailleurs la suppression de 200 mètres de piste cyclable avenue Gambetta, afin de créer une trentaine de places de stationnement. On voit en effet les priorités.

    Toujours concernant l’ex-Cité des Chantiers, la Codex pointe la décision du 1er magistrat de priver de parole l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (Anacr) lors de la commémoration de la Libération de la ville.

    À Puget-sur-Argens, où le maire LR a reçu le soutien officiel du RN, la coordination rapporte des propos « insultants » tenus par une élue de la majorité envers une citoyenne dénonçant des contrôles au faciès. Tandis qu’à Saint-Raphaël, le maire de droite dure Frédéric Masquelier est accusé d’avoir fait pression pour « éliminer » une opposante municipale de gauche dans le cadre de sa carrière professionnelle.

    Bien sûr, nos lecteurs connaissent déjà la plupart de ces affaires, dont nous nous sommes fait l’écho dans nos colonnes. Mais mises bout à bout, elles donnent une vision encore plus vertigineuse de l’ampleur des dégâts à l’œuvre dans ce département.

  • Une crise sociale secoue le Théâtre du Briançonnais

    Une crise sociale secoue le Théâtre du Briançonnais

    Depuis plusieurs semaines, le Théâtre du Briançonnais est en proie à une profonde crise interne. L’élément déclencheur : une publication Facebook, fin août, qui rend publique des accusations de violences conjugales visant son directeur, Romaric Matagne. D’autres signalements, qui concernent à la fois la sphère professionnelle et la sphère privée du dirigeant, ont émergé. Ce qui a conduit la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) à saisir le parquet de Gap, qui a ouvert une enquête préliminaire pour des soupçons de violences sexistes, physiques, verbales et psychologiques.

    Si les accusations publiques sont nouvelles, les souffrances au travail au théâtre seraient bien plus anciennes, selon le collectif #ThéâtreDebout, créé mi-octobre. « Plusieurs salariés s’interrogeaient déjà depuis longtemps sur certaines difficultés professionnelles, managériales ou relationnelles au sein du théâtre », explique le collectif, qui réunit des salariés, des anciens salariés, des artistes ou encore des spectateurs. « Tensions, épuisement, pressions »… Selon le collectif, la situation se serait aggravée depuis la rentrée : « Il y a un cumul de problématiques de fonctionnement qui ressortent en ce moment, parce que le contexte fait que nous avons pris du recul sur la manière dont nous travaillons au quotidien au théâtre. » Au-delà de ce qu’il qualifie de « système problématique », le collectif dénonce une mauvaise gestion de la crise de la part du directeur et du président, René Bonnet : « En termes de dialogue social, c’est catastrophique. L’écoute concernant les souffrances est inexistante. On se retrouve face à un président qui est occupé à prendre la défense du directeur plutôt que de prendre conscience de la souffrance des salariés. » Le collectif demande la mise à pied du directeur actuel et le départ du président, ainsi que la refonte d’un conseil d’administration.

    De leur côté, Romaric Matagne et René Bonnet ont porté plainte pour diffamation le 13 octobre. « Romaric Matagne est toujours en poste parce que ni la Drac, ni qui que ce soit ne lui a communiqué un quelconque signalement le mettant en cause, et justifiant que le théâtre prenne une quelconque mesure à son encontre », a précisé leur avocat, Me Roland Lienhardt, qui parle de « calomnies » et « d’entreprise de déstabilisation ». « Ceux qui manifestent pour qu’il en soit autrement sont animés par des principes contraires à l’esprit démocratique, poursuit-il. Et ils sont soutenus par une organisation qui se revendique de l’anarchisme. » Le collectif est soutenu par le STUCS, le syndicat des travailleurs unis de la culture et du spectacle. « L’anarcho-syndicalisme constitue une tradition syndicale historique parfaitement légale », répond le collectif, qui précise que plusieurs de ses membres sont adhérents à la CGT.

  • [Exposition] Le Cercle de l’avenir met Cuba sous les projecteurs

    [Exposition] Le Cercle de l’avenir met Cuba sous les projecteurs

    L’objectif c’est faire connaître la réalité cubaine et développer les liens de solidarité et d’amitié », précise Marcel Rubio. Touchés par le blocus américain qui a été renforcé ces derniers mois par Donald Trump et face au manque d’approvisionnement en pétrole, nécessaire à la production d’électricité sur l’île, les Cubains sont actuellement en grande difficulté. « À l’agression contre le Venezuela a succédé, le 29 janvier, la mise en place de facto d’un blocus énergétique sur Cuba par la Maison Blanche. Conséquence immédiate : à l’exception d’un pétrolier humanitaire russe fin mars, plus aucun pétrolier n’est arrivé sur l’île, alors qu’il en faudrait au moins sept par mois pour que Cuba fonctionne a minima », ajoute le président du Cercle de l’avenir qui s’était rendu à Cuba en 2024 alors que « la situation était déjà difficile mais il y avait du carburant donc on pouvait encore se déplacer facilement ».

    C’est donc face à cette situation que le Cercle de l’avenir de Nîmes accueille jusqu’au 15 novembre les photos de Gérard Abizanda, un artiste touche à tout, de la peinture à la sculpture en passant par l’écriture de bandes dessinées. Cette exposition est issue d’un voyage réalisé en 2014. Les photos de Gérard Abizanda, dont une partie de sa famille vit à Cuba, mettent en lumière les habitants, les paysages, l’architecture et la vie quotidienne des Cubains sur leur île.

    Aider Cuba Coopération

    Tous les bénéfices de cette exposition seront reversés à l’association Cuba Coopération. « Après l’envoi de deux conteneurs de matériel médical en juillet, le Parti communiste appelle à organiser des actions d’informations et de solidarité partout en France. Au Cercle de l’Avenir nous répondons à cet appel aujourd’hui certes, mais c’est aussi depuis plusieurs années que nous travaillons avec Cuba Coopération pour continuer à tisser des liens de solidarité et d’amitié avec le peuple cubain », conclut Marcel Rubio.

    * 25 rue Nicot, Nîmes

  • Frédéric Remy succède à Charles Berling à la tête de Châteauvallon-Liberté

    Frédéric Remy succède à Charles Berling à la tête de Châteauvallon-Liberté

    Depuis décembre dernier et l’annonce du départ de Charles Berling – devenu effectif au 31 août –, après 15 années de bons et loyaux services, le nom de son remplaçant à la direction de la scène nationale Châteauvallon-Liberté était attendu avec impatience. Alors que les spéculations allaient bon train ces dernières semaines, il est désormais connu. C’est Frédéric Rémy qui a été choisi pour remplir cette lourde tâche par la ministre de la Culture Catherine Pégard, en concertation avec un jury composé d’élus locaux (parmi lesquels les maires de Toulon et d’Ollioules, Josée Massi et Robert Beneventi, ou encore le président du département Jean-Louis Masson), et du comité directeur de l’institution.

    Directeur général et artistique d’Éclat, Centre national des arts de la rue et de l’espace public et festival d’Aurillac depuis 2019, l’heureux élu n’arrive pas en terre inconnue puisqu’il a déjà travaillé dans le département, en tant que directeur de production au Théâtre Europe et du festival Janvier dans les étoiles à La Seyne-sur-Mer, de 2002 à 2014. Il a également dirigé le festival Scènes de rue à Mulhouse de 2007 à 2019, et travaillé pour plusieurs institutions comme le Panorama des chantiers de la Fai-ar (2007 à 2009) et le Centre national de création des arts de la rue à Marseille (1994 à 1999), ainsi que l’Avant-scène, Scène conventionnée à Cognac (2002 à 2008).

    Créer du lien entre le Liberté et Châteauvallon

    C’est son projet « Ce qui nous lie » qui a donc convaincu le jury : celui de faire de la scène nationale « une maison ouverte et un bien commun », capable de relier plus étroitement les deux lieux que sont Châteauvallon et le théâtre Liberté, d’Ollioules à Toulon, à travers les artistes, les publics et les œuvres, mais également de les rapprocher de leur territoire, à l’échelle des communes comme des quartiers. À ce titre, chacun des quatre cycles pluridisciplinaires qui rythmeront la saison culturelle sera inauguré par un temps fort fondateur dans l’espace public ou dans un lieu singulier. Ils seront articulés autour d’une programmation en salle et dans le mythique amphithéâtre de Châteauvallon pour l’accueil des grandes formes chorégraphiques, des rendez-vous conviviaux et inédits, afin de découvrir autrement le territoire et des résidences ouvertes.

    En termes de soutien à la création est prévu le lancement d’une plateforme pour la jeune création, en lien avec les écoles supérieures de la région, un pôle de production et de diffusion au service des compagnies du territoire et un laboratoire des écritures du paysage basé à Châteauvallon, qui intégrera les enjeux d’adaptation au changement climatique. Le projet sera soutenu par les metteuses en scène Julie Deliquet et Jeanne Desoubeaux, le chorégraphe Alessandro Sciarroni et la compagnie Munstrum Théâtre.

    Enfin, Frédéric Rémy souhaite aussi renforcer les liens avec la jeunesse, à travers la mise en place de « Classes ouvertes » conçues avec l’Éducation nationale, tout comme la présence régulière dans les quartiers prioritaires de Toulon et d’Ollioules.

  • La cinémathèque de Gap interpellée sur sa programmation

    La cinémathèque de Gap interpellée sur sa programmation

    Chaque année, les Rencontres de la cinémathèque de montagne attirent plusieurs milliers de spectateurs à Gap. Mais cette 18e édition du festival, prévue du 25 au 28 novembre prochain, a déjà un goût amer pour Sandrine Mendes. « À la lecture de la programmation, j’ai ressenti de l’incompréhension et de la colère », explique l’enseignante. Et pour cause, sur quatorze films programmés, seulement deux sont réalisés ou coréalisés par une femme. Elle est à l’initiative d’une lettre envoyée au nom de l’association de solidarité avec les femmes « Toutes pour une » à la cinémathèque et aux partenaires financiers, publics ou privés, du festival. « Nous pratiquons, travaillons, créons, filmons, racontons, vivons en montagne. Et pourtant, lorsque vient le temps de raconter la montagne sur grand écran, nous disparaissons », déplore le texte. Même devant la caméra, « aucun film étant explicitement consacré au parcours de femme » n’apparaît dans le programme. « Lorsqu’un festival de référence raconte majoritairement la montagne à travers des regards masculins et des figures masculines, il contribue nécessairement à construire un imaginaire particulier de la montagne, où les hommes sont ceux qui font et où les femmes regardent », poursuit la lettre, dont l’objectif est « d’ouvrir une discussion et d’initier un changement ».

    « Cette année, la représentation des femmes est insuffisante, et nous le regrettons, a répondu l’équipe du cinéma, tout en assurant qu’il s’agit d’une de leurs priorités. Le seul frein que nous constatons à nos efforts réside dans la production audiovisuelle annuelle, encore largement dominée par les hommes. » Une réponse qui ne satisfait pas Sandrine Mendes, étonnée de voir qu’une ou deux personnes seulement sont en charge de la sélection : « C’est important de s’entourer pour avoir des idées différentes, de la diversité ».

  • Marseille : des animations pour tisser des liens au centre Vallier

    Marseille : des animations pour tisser des liens au centre Vallier

    « Notre objectif est de permettre, à une partie de la jeunesse qui est éloignée des circuits associatifs et institutionnels, de créer du lien avec ces milieux ». Tels sont les mots de Didier Jau, maire écologiste des 4e et 5e arrondissements de Marseille, présent, ce mercredi, au centre Vallier, à l’occasion de cette journée d’animations. Pour lui, l’organisation de ces événements s’inscrit dans « le projet de faire de Vallier un point de rencontre culturel, sportif, familial et de la jeunesse ». Cette journée s’inscrit dans le cadre de la Semaine de prévention et protection de la jeunesse, organisée par la mairie de secteur et la Mission prévention de la délinquance auprès des jeunes en difficulté de la Ville de Marseille (MPDJD).

    De nombreux stands étaient proposés sur le complexe, notamment des associations sportives, les marins-pompiers, la police municipale ou France Travail et la Mission locale.

    « On propose des rappels aux jeunes sur leurs droits, leurs devoirs et les infractions qui existent autour de débats. Au fond, notre volonté est de promouvoir le vivre ensemble et que les jeunes reviennent sur du droit commun, explique Olivier, qui travaille pour la protection judiciaire de la jeunesse. Il faut une présence d’adultes de confiance pour que les jeunes confrontés au trafic n’y sombrent pas. »

    Djamal, lui, s’occupe des adolescents du centre municipal Beausoleil. « On a essayé de rassembler le maximum de jeunes possible pour cette journée de prévention. La présence de la police municipale est vraiment une bonne chose, ça donne aux jeunes une autre vision d’eux. C’est important en ce moment », s’enthousiasme-t-il, heureux de la mise en place du dispositif.

  • [Quoi de neuf] Bernard Morin : « Il y a le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix »

    [Quoi de neuf] Bernard Morin : « Il y a le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix »

    Françoise Verna : Vous organisez la Journée mondiale du refus de la misère à Montpellier, Pézenas et Béziers ce samedi 17 octobre. C’est une première cette coorganisation sur ses trois villes de l’Hérault ? En quoi ces liens sont importants ?

    Bernard Morin : Pézenas, cela fait plus de quinze ans qu’ils agissent ensemble en collectif. Béziers c’est la première année qu’ils le font sur les Allées Paul-Riquet et la Colonie Espagnole. Et à Montpellier cela fait 25 ans que cela existe. Pourquoi ce lien cette année entre les trois communes ? Parce qu’il y a vraiment le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix, de la société. On s’est dit qu’il serait judicieux de faire savoir à Béziers, à Pézenas et à Montpellier, aux trois coins de l’Hérault, que nous sommes reliés.

    Olivier Nottale : Justement nous sommes en ligne avec Serge Pesce depuis Béziers membre du pacte civique et du Pacte du Pouvoir de vivre biterrois. Comment construisez-vous cette journée ?

    Serge Pesce : C’est un collectif qui s’est constitué à Béziers dans le cadre du Pacte pour le pouvoir de vivre, une initiative lancée par de nombreuses associations et ONG au niveau national. Il y en a une quarantaine qui agissent dans le secteur social, citoyen, caritatif le plus divers. Sur Béziers, ce groupe a associé différentes structures : ATD-Quart Monde, la Ligue des Droits de l’Homme, la CFDT, le Pacte civique et un acteur très local, la Colonie espagnole qui est implantée en plein de Béziers dans un quartier touché par la problématique de la pauvreté.

    Françoise Verna : Où peut-on vous retrouver ?

    Serge Pesce : Nous serons présents sur les Allées Paul-Riquet de 14h à 17h pour échanger avec les Biterrois et rappeler la situation de la pauvreté sur la ville. La pièce de théâtre So so Sobriété sera jouée le soir à 18h à la Colonie espagnole.

    Olivier Nottale : Le thème, cette année, de la Journée mondiale du refus de la misère est, je cite : « Défendons la paix, pour un monde habitable : justice sociale et environnementale ». C’est fondamental de lier justice sociale et environnementale ?

    Serge Pesce : Malheureusement, la situation de misère, de pauvreté, elle s’additionne, se cumule. Le premier degré de la misère, c’est la misère financière, bien sûr. Mais, ces personnes sont aussi les premières à être victimes d’une misère culturelle, d’une misère sociale, dans la qualité de la vie, le logement. Ce sont les personnes qui sont le plus nombreuses dans les passoires thermiques où l’on crève de chaud l’été et de froid l’hiver. Elles ont moins accès aux soins, aux médecins. Les personnes fragiles vivent cela dans tous les domaines de la vie.

    Olivier Nottale : L’objectif est d’être force de proposition ?

    Bernard Morin : Il faut savoir de quoi on parle en premier. Sur Montpellier, cela fait six ans que nous existons. On a commencé par bredouiller mais depuis maintenant deux ans on travaille, on agit sur le logement en lien avec la mairie, dans des commissions. Nous allons travailler avec tout le réseau de l’éducation populaire sur Montpellier en lien et avec le soutien technique de la Ville.

    Françoise Verna : Vous avez fait un travail de fond sur la pauvreté à Béziers, une des villes, si ce n’est la ville, la plus pauvre de France. Quelles en sont les grandes lignes ?

    Serge Pesce : Le seuil de pauvreté, c’est 50% du revenu median qui lui est d’environ 1 500 euros par mois. En France, 14% de la population est à ce niveau [750 euros/mois], soit 9 millions de personnes. Et bien à Béziers, nous sommes à 36%. Si l’on regarde de plus près, cela concerne une population de moins de 30 ans où il est de 48%. La situation de famille monoparentale conduit à la pauvreté presque inéluctablement. C’est une situation qui a beaucoup évolué en France : Il y avait 10% de familles monoparentales en 1968, nous avons dépassé 26% en France au début des années 2020. Et cette fois encore, spécificité à Béziers, il y a 40% de familles monoparentales.

    Olivier Nottale : Bernadette Chamouton vous êtes membre du collectif du pouvoir de vivre de Pézenas. Samedi, la Journée du refus de la misère se déroule au lycée agricole. Il y aura notamment un stand de Territoire Zéro Chômeurs. Pourquoi ce projet est en difficulté ?

    Bernadette Chamouton : Nous sommes en galère après pourtant six ans de travail sur ce projet. Tout était prêt mais le gouvernement a demandé au fonds d’investissement de bloquer l’argent et de stopper le projet qui devait démarrer début septembre. Nous avons fait signer une pétition sur le marché de Pézenas. Une lettre a été envoyée au ministre du travail et même au président, monsieur Macron. Le projet est prévu, budgété. C’est une volonté de ne pas le réaliser. Des salariés attendent un travail depuis des années.

    Nous sommes dans l’incertitude sur ce projet important mais on ne baisse pas les bras car la création du collectif a créé une ambiance citoyenne à Pézenas.

    Consultez le programme complet et écoutez l’émission en cliquant sur le lien.