Tag: adaptation climatique

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les élus et l’État s’engagent sur l’eau et l’adaptation au climat

    « Aujourd’hui, nous devons faire face à une réalité : le changement climatique modifie profondément le cycle de l’eau. Les périodes de sécheresse s’intensifient, les températures augmentent, les ressources en eau deviennent plus fragiles et les épisodes de pluies intenses peuvent accentuer les risques d’inondations », a expliqué mardi le président du syndicat mixte Asse Bléone, Claude Fiaert, en marge de la signature du contrat eau et climat 2026 – 2030, avec le Département, la Région, le maire de Digne et la préfète. « Après l’été que nous venons de passer, nous savons toutes et tous à quel point les questions liées à l’eau, à la préservation de nos ressources et aux risques d’inondation sont devenues concrètes et permanentes sur nos territoires », a ajouté Julien Di Benedetto, le maire de Digne-les-Bains.

    « La ressource en eau est déjà perturbée par l’action de l’homme, par les prélèvements trop importants, par les pollutions, par la modification des cours d’eau, et puis on a ce changement climatique qui vient rajouter une couche sur ces effets et qui crée un cercle vicieux avec de l’eau qui tombe à des moments très erratiques, trop au moment où on n’en a pas besoin, pas assez quand on en a besoin », a estimé Annick Mievre, directrice de la délégation Paca Corse à l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Même les pluies « ne sont plus efficaces puisque l’eau s’évapore très rapidement, les sols s’assèchent et quand il repleut à nouveau, l’eau ruisselle au lieu de s’infiltrer et crée parfois des inondations », a-t-elle précisé. De plus, « moins il y a d’eau dans les milieux naturels, plus les polluants que nous y déversons se concentrent, et plus la vie aquatique est perturbée, mais aussi plus l’eau qu’on boit est polluée, et plus on a de coût pour les services d’eau potable », a déploré Annick Mievre. Face à ces enjeux primordiaux, « tout le monde doit se mobiliser et travailler ensemble », puisque « la question de l’eau concerne tout le monde », a-t-elle martelé. C’était précisément la démarche de la signature de ce contrat eau et climat, mardi.

    Une gestion éprouvante

    Claude Bondil, conseiller départemental délégué aux routes ou encore à l’administration générale, a de son côté évoqué l’importance « d’assurer la sobriété des usages ». C’est en tout cas l’engagement que le département prend dans le cadre de ce contrat, a-t-il promis. Le budget annuel du département « pour aider les investissements sur l’eau potable, l’assainissement et l’hydraulique agricole est de trois millions d’euros », a rappelé Claude Bondil, qui espère « préserver la vitalité de la Bléone et la pérennité de la ressource en eau ».

    Jean-Charles Borghini, maire de La Brillanne et conseiller régional qui représentait le nouveau président de la Région, François de Canson (DVD), a salué « le travail collectif », « plus facile ici, où on se connaît tous ». « Nous avons été la première région en Europe à élaborer un budget vert », a-t-il affirmé.

    La préfète Isabelle Tomatis a finalement témoigné des difficultés traversées avec la gestion de l’eau, de la sécheresse et des aléas climatiques. Le traitement de la rivière de l’Asse « a été une épreuve tout l’été » pour elle, a-t-elle confié. « Depuis que je suis préfète, je n’ai jamais autant de ma vie aimé la pluie », a-t-elle ironisé, soulignant la « belle réussite collective » que représente selon elle la signature de ce contrat eau et climat.

    Les élus et représentants des différentes institutions et associations, présentes en nombre, ont ensuite visité le chantier titanesque de « restauration des continuités écologiques » sur la rivière de la Bléone, à Digne-les-Bains.

    La signature de ce contrat et la visite du chantier tombaient à pic, alors que la préfecture vient de placer, lundi, l’Asse, l’Esteron et le Lauzon en crise sécheresse.

  • Les oliviers du plateau de Valensole subissent la sécheresse

    Les oliviers du plateau de Valensole subissent la sécheresse

    « Avec la sécheresse, on ne sait pas du tout où on va. On a eu un hiver pluvieux, avec des arbres en forme ; et là, on se retrouve avec des olives toutes petites, qui tournent et deviennent noires » : Paolo Chabot, agriculteur agroécologique au moulin familial de Bonaventure, sur le plateau de Valensole, a subi de plein fouet les aléas climatiques cet été. « Le climat change trop, on n’arrive plus à faire de bons rendements de bonne qualité », regrette-t-il. Face à cette situation instable, il essaye de se diversifier et de miser sur des cultures moins vulnérables et sensibles au changement climatique. « Depuis deux ans, on essaye les oléagineux, comme le tournesol ; ou encore la moutarde », avec son père et son frère qui les a rejoints récemment sur la petite exploitation de 30 hectares. « On est assez peu à avoir la double casquette agriculteur et moulinier : il y a 10 moulins dans le 04, et que trois agriculteurs mouliniers », précise le producteur, qui a environ 800 clients agriculteurs.

    Paolo Chabot « essaye de tout faire en agroécologie », ce que l’ingénieure agronome Brune de La Selle définit comme « produire avec plutôt que contre le vivant ». « Plutôt qu’éliminer les espèces qui nous dérangent, on essaye de comprendre comment elles peuvent nous être utiles », explique-t-elle. Cette approche se veut une alternative au système agro-industriel.

    « Montrer que le bio peut être rémunérateur »

    Pour s’assurer d’avoir un revenu stable, l’agriculteur vend une partie de son huile d’olive à la start-up française Revoliva, qui propose à ses acheteurs un système de parrainage d’arbres et d’abonnement annuel. « On veut montrer que le bio peut être attractif, valorisant et rémunérateur », avance Daniel Bodenheimer Morales, qui a cofondé la marque Revoliva avec son ami d’enfance Fémi Faure. « On accompagne des fermes bio en France, en Espagne et en Italie. On peut doubler la rémunération en faisant du parrainage d’oliviers. La vente directe permet de mieux rémunérer les producteurs », affirme-t-il. La start-up, dont les bureaux sont à Paris, travaille aussi bien avec des particuliers qu’avec des chefs. Une quarantaine de restaurateurs parisiens se fournissent en huile d’olive chez eux. « Tout part d’un partenariat fort avec Paolo, qui est très engagé. On s’est compris en termes de valeurs », relate Daniel. « Chaque région a un pionnier », et Paolo est celui des Alpes-de-Haute-Provence.

    Revoliva permet aux producteurs d’accéder au marché, ce qui est « extrêmement difficile » pour eux sans être accompagnés, avance le cofondateur. « Aujourd’hui, le producteur vend ses olives en vrac à bas prix, il est à la limite de la rentabilité. Les négociants qui achètent ont pour but d’augmenter leur marge, parce qu’après, ils revendent à un intermédiaire qui revend à un magasin. L’agriculteur, lui tout seul, ne peut pas organiser sa vente. Donc nous, l’utilité qu’on a pour l’agriculteur, c’est la commercialisation, la sécurisation de la vente », précise Daniel.

    La France ne produit que 3 à 5% de l’huile d’olive qu’elle consomme, alors que l’Espagne produit près de la moitié de l’huile d’olive dans le monde. L’huile d’olive Revoliva est revendue uniquement sur le marché français.

  • Climat : les citoyens veulent des engagements

    Climat : les citoyens veulent des engagements

    Le 26 septembre, plus de 150 personnes participaient à Hyères à une marche pour le climat, avant de se retrouver en assemblée citoyenne pour réfléchir aux suites à donner à cette mobilisation. De cette rencontre est née une série de propositions qui viennent d’être adressées à la première magistrate de la Cité des Palmiers Véronique Bernardini.

    Les signataires réclament des décisions sur plusieurs dossiers qu’ils jugent prioritaires : adaptation aux fortes chaleurs, alimentation, préservation du littoral, accès au logement, écoles et transports. Et annoncent une nouvelle mobilisation prévue les 14 et 15 novembre*.

    Parmi les premières préoccupations figure l’adaptation de Hyères aux épisodes de canicule. En cause entre autres l’imperméabilisation des sols bitumés accumulant la chaleur et sources d’inondation. Le collectif invite ainsi à accélérer la végétalisation des cours d’école menée dans le cadre de projets participatifs associant enseignants, enfants et services municipaux, un peu comme cela se fait à Toulon. Et demande l’adoption, avant l’été prochain, d’un plan d’adaptation fondé sur le bilan de l’été 2026.

    Parmi les propositions figurent la remise à l’air libre de cours d’eau enfouis sous certaines chaussées et le recensement des lieux frais gratuits accessibles aux personnes vulnérables.

    Agriculture et cantines

    Les citoyens plaident aussi pour le développement des composteurs collectifs en copropriété. Autre sujet central : l’agriculture et l’alimentation. L’occasion d’appeler à redonner à Hyères ses capacités maraîchères, en facilitant notamment l’installation de jeunes agriculteurs et de producteurs biologiques. Ce qui implique de recenser les terres agricoles en friche et d’étudier leur mise à disposition.

    Ils demandent la publication des chiffres permettant d’évaluer le respect des objectifs de la loi Egalim dans les cantines scolaires, ainsi que la préparation, avec les parents et les producteurs, d’une organisation privilégiant les circuits courts et l’agriculture biologique après l’échéance du contrat actuel avec Elior, prévue en 2028.

    Concernant la loi Littoral les signataires réclament un plus grand engagement de la municipalité à sa défense, notamment au sein de l’Association nationale des élus des littoraux (Anel). Et souhaitent également relancer le comité consultatif de la presqu’île de Giens afin que les habitants puissent prendre part aux réflexions.

    La difficulté à se loger dans la commune est un autre sujet soulevé par l’assemblée. Parmi les pistes, se trouve un encadrement plus strict des résidences secondaires et des logements vacants.

    Sur tous ces points, les signataires demandent à la municipalité de s’engager avant la fin de l’année. « Nous n’attendons pas seulement des intentions, mais des décisions », précise Caroline Moulin. En tout cas tout le monde se dit prêt à travailler de concert avec la Ville pour l’intérêt général.

    * Le mouvement appelle les habitants à signer son appel sur le site 26septembre.org et à le contacter à l’adresse : mpchyeres@gmail.com

  • La Région Occitanie veut tenir le cap malgré les coupes

    La Région Occitanie veut tenir le cap malgré les coupes

    C’est un lieu qui dit déjà une partie du message. Vendredi 18 septembre, les élus régionaux gardois ont choisi le Centre d’art contemporain de Nîmes, au cœur de Pissevin, pour effectuer leur rentrée. Un équipement culturel implanté dans un quartier populaire, qui a accueilli 10 000 visiteurs en 2025 et auquel la Région vient de porter son soutien de 19 000 à 24 000 euros.

    Une façon d’ouvrir une matinée où les annonces concrètes ont côtoyé un refrain beaucoup moins réjouissant : celui des budgets qui se resserrent. Selon la Région, les décisions budgétaires nationales ont réduit ses ressources de 500 millions d’euros en trois ans. Les élus ont notamment réaffirmé leur volonté de maintenir la culture à 3% du budget de fonctionnement régional.

    L’effort affiché concerne d’abord les lycées. Pour les 231 000 élèves d’Occitanie, la collectivité mobilise 74 millions d’euros : manuels, LoRdi, premiers équipements professionnels ou transports scolaires gratuits, avec également une aide à la cantine renforcée pour les familles les plus précaires. « La rentrée reste la moins chère de France », revendique Fabrice Verdier, conseiller régional délégué aux ressources humaines et au dialogue avec les syndicats, reprenant le mot d’ordre de l’exécutif régional.

    Dans le Gard, 6 400 ordinateurs doivent notamment être distribués cette année et 18 000 élèves bénéficient de la gratuité des transports scolaires. Sur les mobilités, Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région en charge de la question, met en avant la progression de la « gratuité par l’usage ». Selon l’élu, celle-ci est passée de 600 000 à 7 millions de tickets pour les moins de 27 ans entre 2019 et 2026. Dans le Gard, plus de 30 000 jeunes sont inscrits au dispositif « +=0 ». La Région accélère aussi sur le vélo : au lycée Lucie-Aubrac de Sommières, une trentaine de vélos à assistance électrique sont mis à disposition. Une expérimentation menée dans huit établissements d’Occitanie avant une possible extension.

    « Il va falloir que l’État soit à nos côtés »

    L’été a aussi rattrapé la rentrée politique. Après les épisodes caniculaires, une cartographie de la vulnérabilité thermique des lycées est en cours. Isolation, brasseurs d’air, protections solaires, végétalisation ou salles refuges doivent permettre de cibler les prochains investissements. « Face aux contraintes budgétaires, il va falloir que l’État soit à nos côtés », prévient Aurélie Génolher.

    Les inquiétudes sont plus franches sur la formation. Julie Delalonde alerte sur la baisse des financements nationaux de l’apprentissage : « Ça réduit considérablement l’offre disponible… Or, pour beaucoup de jeunes, c’est la seule formation possible ! » L’élue pointe également l’absence annoncée de nouveaux crédits de l’État en 2027 pour la formation des demandeurs d’emploi. La Région a, de son côté, adopté un plan régional de formation 2027-2030 doté de plus de 660 millions d’euros.

    À l’autre bout du tableau, plusieurs projets prennent forme dans le Gard. La Région doit participer à la future école de kinésithérapie portée par le CHU de Nîmes, tandis qu’une formation d’aide-soignant en apprentissage doit ouvrir au Vigan. Au Mas de Mingue, à Nîmes, un centre de santé est annoncé d’ici 2027, en partenariat avec la Ville.

    Reste l’économie. Jalil Benabdillah, vice-président de la Région chargé de l’économie, de l’emploi, de l’innovation et de la réindustrialisation, décrit « une rentrée économique très contrastée », entre entreprises fragilisées et secteurs industriels porteurs. Décarbonation, aéronautique ou spatial sont ciblés, tandis qu’un rapprochement avec Nîmes Métropole autour du développement économique est évoqué. Derrière le catalogue des annonces, une question traverse ainsi cette rentrée : combien de temps les collectivités pourront-elles maintenir leurs investissements alors que leurs marges budgétaires se resserrent ?

  • Ils sont des milliers à marcher à Marseille pour le climat

    Ils sont des milliers à marcher à Marseille pour le climat

    Sur le camion garé devant la préfecture de région à Marseille, ce sont les clowns Tak tak et Tik Tik qui mettent l’ambiance. «Un plan d’urgence climatique, écoutez les scientifiques», reprend après eux la foule rassemblée. Ce samedi matin à Marseille, ils étaient environ 2 000 selon les organisateurs (500 selon la préfecture de police) à marcher jusqu’à la porte d’Aix, pour «le climat, le vivant, la paix et la justice sociale», à l’appel d’une large coalition de plus de 1 200 organisations, dont Alternatiba et Greenpeace, Attac, la Confédération paysanne, la FSU, la CGT…

    «La séquence de cet été illustre les enjeux pour la Provence : des suites de vagues de chaleurs, de canicules, de feux de forêts, qui seront bientôt suivis par des épisodes méditerranéens», témoignait avant la manifestation Joël Guiot, le coprésident du groupe régional d’experts sur le climat en région Sud (Grec Sud). «Le pire reste à venir, explique-t-il.

    D’ores et déjà, les conséquences de cet été sont connues, avec une surmortalité de 8 000 décès. «J’en connaissais un, il s’appelait Denis, il avait 67 ans, et c’était mon père », témoigne, particulièrement émue, Laure, qui se présente comme citoyenne marseillaise engagée. «Il arrosait son jardin, pour réguler sa température son cœur a battu plus fort, trop fort. Il s’est arrêté.» D’autres ont connu les conséquences des feux, comme Coralie Mirguet, dont la maison à l’Estaque a entièrement brûlé le 8 juillet 2025. «Plus d’un an après l’incendie, nous commençons tout juste à entrevoir une possible reconstruction, mais pour nous, plus rien ne sera comme avant», souffle-t-elle. Au-delà du déploiement des pompiers et des Canadair, «le véritable coupable est notre inadaptation».

    Plan d’urgence

    «La question que vous avez tous au bout des lèvres et la seule qui vaille, c’est que faire ? », pose parmi les organisateurs la militante Margot Jacq. «La protection des salariés devrait être une priorité», répond la secrétaire départementale de la FSU, Virginie Akliouat. «Nos organisations syndicales s’emparent de ces questions, et ont déjà mené campagne pour adapter le bâti scolaire, pour le développement des transports publics», explique-t-elle. Et d’énumérer les revendications d’un seuil maximal de températures pour travailler, le renforcement de la médecine du travail, un chômage canicule pris en charge à 100%. «Le progrès social et environnemental sont intimement liés», complète Alice Richard, porte-parole de Solidaires dans les Bouches-du-Rhône.

    Le constat est le même pour la Confédération paysanne, d’autant que les agriculteurs sont en première ligne. «Les canicule ont tué deux paysans dans les Bouches-du-Rhône cet été», atteste le syndicat qui alerte sur la disparition des exploitations face à la perte de rendements et appelle à un autre modèle agricole, une autre gestion de l’eau.

    «Nous exigeons un plan d’urgence climatique», relaie parmi les organisateurs l’écologiste Jean-Christophe Agnel. Un plan sur trois piliers, d’adaptation, d’atténuation et d’arrêt des énergies fossiles. «Nous avons besoin d’un budget dans une logique de justice sociale», complète Margot Jacq, tandis que les militants d’Attac se lancent dans un «fiscal fitness» pour «taxer les riches».

    «Les candidats à la présidentielle doivent s‘emparer du sujet, arrêter de proposer des mesures obsolètes», réclame pour sa part le vice-président du Grec Sud. Mais si plusieurs élus sont présents, les drapeaux restent rares au milieu des pancartes, tandis que les organisateurs reconnaissent qu’ils s’attendaient à une meilleure affluence.

  • Vaucluse : le réseau électrique doit s’adapter au réchauffement climatique

    Vaucluse : le réseau électrique doit s’adapter au réchauffement climatique

    Au sein de la base aéronautique de RTE, gestionnaire d’une partie du réseau de transport d’électricité français, la chaleur, encore bien présente en cette fin septembre avec 30 degrés affichés ce vendredi 25 septembre, se voit aux traces de transpiration des employés qui s’occupent des hélicoptères. Et si les hommes en souffrent, le réseau aussi.

    Comme le rappelle Gilles Odone, directeur délégué de RTE, « les fortes chaleurs ont un impact sur la consommation d’électricité, mais ça a aussi un impact, ça on le sait moins, sur la capacité des lignes ». Une adaptation du réseau est donc nécessaire. Les dernières installations, qui ont une durée de vie d’environ 80 ans, doivent être adaptées à une augmentation de 4 degrés d’ici l’année 2100. Un programme de plus de 24 milliards d’euros est lancé pour adapter le réseau sur les 15 prochaines années.

    Les hautes températures rencontrées cet été ont aussi comme conséquence de détendre les câbles, qui parfois sont longs de plusieurs centaines de mètres. L’une des missions quotidiennes des hélicoptères est de contrôler l’état et la proximité avec des obstacles de ceux-ci à l’aide, entre autres, de radars. Une mission pour l’heure inaccessible aux drones, bien plus économiques. Ce, alors que RTE est le premier opérateur de drones en France. « La réglementation se durcit en France et les longs vols sont compliqués à mettre en place », concède Stéphane Duval, directeur des Services et Travaux Héliportés (STH). Les 100 000 kilomètres de lignes sont contrôlés chaque année.

    Lutte contre les incendies

    La gestion des incendies fait aussi partie du quotidien des pilotes d’Airtelis, filiale de RTE. Depuis 2020, des hélicoptères Super Puma sont mis à disposition de la Sécurité civile de juin à septembre afin d’intervenir rapidement sur les feux. Pendant l’été 2026, 300 missions ont été effectuées dans ce cadre. Dont, par exemple, l’important incendie dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne). Mathieu, pilote de RTE, est ainsi parti 7 jours cet été pour aider les pompiers sur place, avec un officier pompier à son bord. « On n’éteint rien tout seuls, on est une aide, on doit avoir l’autorisation pour chaque largage », détaille-t-il.

  • [Entretien] François Ruffin : « Sur le logement, le RN c’est Macron après Macron »

    [Entretien] François Ruffin : « Sur le logement, le RN c’est Macron après Macron »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi Marseille pour parler de logement ?

    François Ruffin : Le logement est un nœud de la société française aujourd’hui. Quand on parle de pouvoir d’achat, ce qui a le plus augmenté en quarante ans c’est le budget que les ménages consacrent aux loyers. À Marseille, c’est pareil ou même pire. Il y a 40 000 demandes de logements sociaux en attente, 20 000 qui sont inoccupés, 7% qui sont des passoires thermiques…

    Dans ce début de campagne,
    le premier parti à avoir parlé
    de logement, ça a été le RN…

    F.R. : Cela fait des mois que je le répète partout où je passe ! Marine Le Pen intervient sur un thème juste, en revanche ce qu’elle en dit est vraiment nul ! Elle ne parle pas des locataires, d’isolation, de rénovation. Il y a une obsession, les étrangers. À aucun moment elle ne parle de régulation. Elle, c’est Macron après Macron : il faut laisser faire le marché.

    Quelles sont vos solutions ?

    F.R. : Il faut peser sur les prix du logement, avec le plafonnement du prix des loyers sur l’ensemble du pays. La deuxième chose, c’est qu’ils ne doivent pas rester vides pour en faire des produits financiers ou des Airbnb. Il faut à chaque vente une commission municipale avec les élus, les associations de locataires, les propriétaires qui puisse exiger que cela reste de l’hébergement à l’année. Le troisième point, c’est de construire du bâtiment public à destination de la jeunesse : nous avons un plan qui pose la construction de 40 000 logements publics pour les étudiants, autant pour les jeunes travailleurs. Il faut aussi doubler le prêt à taux zéro pour ne pas être condamné à être locataire à vie. Enfin, le premier chantier à mettre en œuvre en termes de défi climatique, c’est l’isolation des 5 millions de passoires thermiques du pays.

    Le premier débat de la primaire socialiste avait lieu mercredi soir, vous regrettez de ne pas y être ?

    F.R. : J’ai toujours eu pour objectif de rassembler la gauche et de rassembler les gens. Je me disais qu’il fallait une grande primaire, de Poutou à Hollande, cela a été refusé du côté insoumis comme des socialistes qui ont décidé de faire leur petite primaire. C’est leur terrain avec leurs arbitres, mais j’étais disposé à laisser parler les suffrages : ils veulent faire ça dans l’entre-soi avec un suffrage censitaire. C’est la victoire des gauches qui ne veulent pas se réconcilier et c’est la garantie de la défaite. Parce que le sujet, c’est de rassembler le pays pour ne pas se retrouver dans la situation de l’Allemagne avec une gauche des métropoles qui gagne à Berlin mais une extrême droite qui gagne dès qu’on s’éloigne du cœur des grandes villes.

    Vous êtes en campagne, vous êtes prêt à aller jusqu’au bout ?

    F.R. : Je n’ai jamais dit que j’irai jusqu’au bout, coûte que coûte, tout seul. Mon objectif est de poser des thèmes dans la campagne parce qu’il me semble qu’ils sont majoritaires. Notre thème prioritaire doit être le portefeuille des Français, nous devons marteler les questions économiques et sociales. J’œuvrerai jusqu’au bout pour qu’il y ait la possibilité d’une candidature de rassemblement majoritaire, sans mettre comme préalable que ce soit Ruffin à la fin.

  • Nîmes, la ville minérale face à la fournaise

    Nîmes, la ville minérale face à la fournaise

    À Nîmes, l’été semble désormais déborder du calendrier. Après des vagues de chaleur à répétition, septembre a encore fait tomber des records dans le Gard, le thermomètre pointant jusqu’à 38,2°C à Nîmes-Courbessac. Cet été, la ville a dépassé les soixante journées à plus de 35°C. Le 8 septembre, une semaine seulement après la rentrée, les cours ont même été suspendus dans trois lycées nîmois, où certaines salles approchaient les 35°C.

    Un avant-goût de ce avec quoi la cité romaine va devoir composer. Son centre historique très minéral, ses rues étroites et son bâti ancien emmagasinent la chaleur. Et tous ne disposent pas des mêmes armes pour y faire face. Au CHU, les médecins l’ont constaté cet été  : précarités sociale, économique ou médicale aggravent l’exposition. Quand un logement reste à 35°C, fermer les volets ne suffit plus. Travailleurs en cuisine ou dans les commerces, personnes âgées, enfants, habitants de logements mal isolés et même animaux subissent ainsi beaucoup plus durement la fournaise.

    Cet été, la réponse immédiate s’est déjà installée dans le quotidien municipal : registre canicule du CCAS, bâtiments climatisés ouverts comme refuges, carte des îlots de fraîcheur et, en cas de vigilance rouge, gratuité des piscines et musées. Dans les 83 écoles, 2 200 ventilateurs et 1 100 brumisateurs ont été déployés, tandis que la ventilation nocturne est expérimentée.

    Sortir de la gestion de crise

    Mais gérer l’urgence ne suffira pas : la nouvelle majorité veut désormais agir sur la ville elle-même : parcours fraîcheur entre fontaines et points d’eau, voiles d’ombrage, permis de végétaliser renforcé, cours d’école désimperméabilisées et végétalisées. À noter que 1,78M d’euros ont déjà été engagés cette année pour le confort thermique des écoles.

    Symbole de ce changement de cap, la fontaine de la place aux Herbes, seule fontaine d’eau potable de l’Écusson, a été remise en service début août après plusieurs années d’arrêt, désormais avec un système à la demande. En parcourant le centre, les nouveaux élus n’avaient « pas trouvé une seule fontaine, cela nous a vraiment saisis ! », raconte Agnès Charaix-Py, adjointe à la végétalisation et à la renaturation.

    À plus long terme, la municipalité veut bâtir avec des paysagistes et les habitants un vaste plan de végétalisation, en identifiant les rues et places à renaturer. « L’arbre est le meilleur outil », défend l’adjointe, qui assume aussi le retard pris : « On est vraiment en retard comparé à d’autres villes de la même strate. » Brumisateurs sobres en eau inspirés de Grenoble et voiles d’ombrage, comme à Séville, doivent également être expérimentés dès les prochains étés. Le futur parc des anciennes pépinières Pichon, 14,5 hectares au sud du centre-ville, doit enfin constituer, à partir de 2027, un nouveau relais de fraîcheur à l’échelle de la ville.

    Le chantier dépasse donc largement quelques arbres et fontaines. Entre transformation de l’espace public et adaptation du bâti, Nîmes s’engage dans un travail de long terme dont les premiers effets seront scrutés dès les prochains étés.

  • Comment les Cévennes gardoises s’adaptent au risque inondation ?

    Comment les Cévennes gardoises s’adaptent au risque inondation ?

    Les Cévennes sont-elles prêtes pour les prochains épisodes cévenols violents ? Pas si sûr. Pourtant ce territoire est habitué à voir ses rivières sortir de leur lit. Les plus anciens se souviennent notamment des inondations de 1958. À l’époque le Gardon, le Vidourle et la Cèze, en crue, provoquèrent d’importants dégâts sur 45 communes, tuant plus de 30 personnes.

    Suite à cet épisode, une prise de conscience collective s’effectue. À cette époque de grands travaux, la décision est prise de construire cinq barrages qui verront le jour entre 1967 et 1982. Un autre est également construit à Villefort, en Lozère, en 1964, qui permet d’influencer les cours d’eau cévenols. Des infrastructures très onéreuses gérées par le Département. Le barrage de Sainte-Cécile-d’Andorge subit par exemple actuellement d’importants travaux de mise en sécurité et de confortement estimés à plus de 27 millions d’euros.

    Pour les trois barrages situés sur le Vidourle, c’est aussi 600 000 euros d’entretien chaque année à débourser. Ces barrages, dont deux sont écrêteurs de crue, permettent chacun de retenir 10 millions de mètres cubes d’eau. Pourtant, leur impact est limité. « Si l’orage est un kilomètre après le barrage, ça ne sert à rien », prévient Jacques Dautheville, maire de Conqueyrac et ancien vice-président de l’Établissement public territorial de bassin (EPTB) du Vidourle. L’élu a surtout constaté qu’en 2002, les deux barrages situés sur sa commune n’avaient pas empêché l’importante crue de toucher sa mairie, qui s’était retrouvée sous 1,5 mètre d’eau.

    En réalité, la plupart des habitants du territoire savent qu’il est impossible de se prémunir complètement face à ces épisodes violents.

    Adaptation du bâti

    C’est pour cela qu’un important travail de signalisation des zones inondables, mais aussi des ponts submersibles (notamment après 2024 lorsque six personnes avaient péri sur ces infrastructures) a été réalisé. Comme partout en France, le système FR-Alert s’est démocratisé depuis 2022. Les municipalités se sont également munies de plans communaux de sauvegarde (PCS) pour faire face à la crise. Alès a également créé une réserve communale de sécurité civile en 2022.

    Aujourd’hui, la compétence Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) a été cédée aux intercommunalités, qui travaillent avec les syndicats de bassin pour entretenir les cours d’eau, restaurer les zones d’expansion des crues et réduire les dommages. Mais ce sont bien les trois syndicats (Vidourle, Gardon, Cèze) qui ont en charge le Programme d’actions de prévention des inondations (Papi) permettant non seulement de construire des digues mais aussi d’adapter la vulnérabilité des bâtiments.

    Celle-ci est l’un des axes privilégiés pour se prémunir du risque. Les communes ont d’abord des plans de prévention du risque inondation (PPRI), qui permettent de réglementer l’urbanisation selon la hauteur et la vitesse possibles des eaux. Ensuite, les mairies n’hésitent plus à mettre en œuvre des relocalisations de logements dangereux c’est-à-dire racheter à leurs propriétaires les habitations dans des zones dangereuses pour ensuite les détruire, renaturer et désimperméabiliser la zone. Ce fut par exemple le cas à Alès près du ruisseau du Grabieux, où 27 ventes ont été conclues et 24 maisons détruites sur les 35 identifiées comme les plus dangereuses.

    Pour les logements restés occupés, a été créé le dispositif Alabri (Accompagnement à l’adaptation du bâti face au risque Inondation), qui n’est pas forcément connu de tous. Il permet pourtant d’accompagner les propriétaires dont le logement est situé en zone inondable, avec la possibilité de réaliser un diagnostic individuel et de lancer des travaux comme la mise hors d’eau des équipements électriques, la protection des ouvertures, l’adaptation des accès ou la création d’espaces refuges. Il permet également de débloquer des aides pour les ménages les plus modestes.

  • Des pistes en Occitanie face à la crise du climat

    Des pistes en Occitanie face à la crise du climat

    Le changement climatique pourrait amputer le produit intérieur brut (PIB) de 3,6% en 2050 en cas d’inaction climatique, selon une note du ministère français de l’Économie présentée vendredi 11 septembre par le ministre Roland Lescure.

    « En l’absence de mesures supplémentaires d’adaptation au dérèglement climatique et de mesures de réduction des rejets de gaz à effet de serre, le changement climatique pourrait aussi par conséquent dégrader le déficit public, de 1,8 point de PIB en 2050 », précise ce document de la Direction générale du Trésor, présenté par le ministre lors d’un séminaire consacré à ce sujet. L’impact financier commence à faire réagir l’exécutif, sur le papier. L’aveu fait dans ce rapport est frappant : « La littérature académique suggère que les solutions d’adaptation mises en œuvre jusqu’à présent auraient permis d’éviter jusqu’à la moitié des coûts liés aux dommages climatiques sur l’activité. » Mais les pistes esquissées par cette note du Trésor sont quasi inexistantes, hormis des exemples d’investissements privés. Un peu court pour élaborer une stratégie.

    Dans les communes, notamment du Gard et de l’Hérault, les mesures sont prises en particulier pour prévenir et se prémunir des phénomènes méditerranéens, ces pluies diluviennes qui pourraient déferler cet automne. À Montpellier, les jours d’inondations ou d’incendies, tous les acteurs sont réunis en cellule de crise qui sera centralisée dans le futur hôtel des sécurités. Il ouvrira dans le quartier Celleneuve début 2029.

    Mais gérer l’urgence ne suffira pas. À Nîmes, la nouvelle majorité de gauche conduite par le maire Vincent Bouget, veut désormais agir sur la ville elle-même : parcours fraîcheur entre fontaines et points d’eau, voiles d’ombrage, permis de végétaliser renforcé, cours d’école désimperméabilisées et végétalisées. À noter que 1,78 million d’euros ont déjà été engagés cette année pour le confort thermique des écoles (lire page 7). Dans le Gard Cévenol, les plus anciens se souviennent notamment des inondations de 1958.

    L’importance des barrages

    À l’époque le Gardon, le Vidourle et la Cèze, en crue, provoquèrent d’importants dégâts sur 45 communes, tuant plus de 30 personnes. Pour les trois barrages situés sur le Vidourle, c’est aussi 600 000 euros d’entretien chaque année à débourser. Ces barrages, dont deux sont écrêteurs de crue, permettent chacun de retenir 10 millions de mètres cubes d’eau. Pourtant, leur impact est limité. « Si l’orage est un kilomètre après le barrage, ça ne sert à rien », prévient Jacques Dautheville, maire de Conqueyrac et ancien vice-président de l’Établissement public territorial de bassin (EPTB) du Vidourle. L’élu a surtout constaté qu’en 2002, les deux barrages situés sur sa commune n’avaient pas empêché l’importante crue de toucher sa mairie, qui s’était retrouvée sous 1,5 mètre d’eau. (lire page 7).

    La prévention des pluies et des inondations fait l’objet d’une campagne nationale qui concerne 15 départements du pourtour méditerranéen, dont le Gard et l’Hérault. Au total, les inondations menacent 9 millions d’habitants sur le pourtour méditerranéen, en particulier en automne. Après les canicules hors normes de l’été, les épisodes orageux de grande ampleur sont attendus. Appelés phénomènes cévenols, ces intempéries sont désormais qualifiées de phénomènes méditerranéens car il concerne les régions Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse.

    Or, le coût des inondations est considérable et pourrait augmenter à l’avenir, d’où l’importance d’anticiper au maximum les éventuels facteurs de risque. Sur le pourtour méditerranéen, entre 1995 et 2022, 75 % des communes ont connu des sinistres indemnisés par les assureurs au titre du régime des catastrophes naturelles pour l’inondation ; 5 communes du département des Alpes-Maritimes ont été reconnues plus de 30 fois entre 1982 et 2025 ; 12 communes du pourtour méditerranéen ont un coût cumulé des sinistres causés par des inondations supérieur à 100 millions d’euros entre 1995 et 2022.

    Les collectivités dans le Gard et dans l’Hérault se mobilisent également via des politiques telles que le développement des transports en commun. C’est le cas à l’échelle de la Région Occitanie qui mise sur le déploiement du service public ferroviaire et d’une tarification incitative. À Montpellier la gratuité des transports sur l’ensemble des communes de la métropole a fait décoller la fréquentation des tramways et des bus. Autant d’actions de fond pour faire baisser les émissions. de gaz à effet de serre.

    Paradoxalement, le cycle de l’eau est devenu « plus irrégulier et imprévisible », avertit l’ONU, soulignant que « les cours d’eau du monde entier avaient connu en 2025 l’une des années les plus sèches depuis plus de trois décennies ».

    L’année 2025 compte désormais également parmi les plus sèches de ces 35 dernières années en matière de débit fluvial, selon un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) sur l’état des ressources en eau dans le monde.