Tag: Conseil régional

  • La Région Sud veut « faire un pas » sur la ligne THT

    La Région Sud veut « faire un pas » sur la ligne THT

    Le conseil régional ce vendredi a été l’occasion pour la collectivité de continuer à dérouler sa feuille de route économique, en augmentant le plafond de son fonds d’investissement « souverain », qui passe de 2 à 5 millions d’euros, afin de soutenir les entreprises stratégiques en particulier dans le secteur de la défense. Et en approuvant à son tour le principe d’une opération d’intérêt national (OIN) pour aménager le foncier nécessaire à la réindustrialisation du golfe de Fos. À l’extrême droite, l’Aixois Jean-Louis Geiger (RN) tique : « Oui à la réindustrialisation de Fos, mais pas à n’importe quel prix ». Il cible directement l’installation de la ligne très haute tension nécessaire pour alimenter les projets industriels, et soumise à enquête publique à partir du 9 novembre. « On ne va pas d’un côté se battre pour faire venir les entreprises et de l’autre côté se tirer une balle dans le pied, cette énergie nous en avons besoin pour toute la région », réplique la présidente (Hor.) de la commission entreprises, Isabelle Campagnola-Savon. Face aux oppositions en Crau et Camargue, elle promet : « Nous allons faire en sorte de faire un pas en avant, pour que chacun se dise qu’il a été entendu ».

    « Nous travaillons sur le terrain pour trouver des solutions qui satisfassent tout le monde, nous allons concilier ces enjeux », assure elle aussi la conseillère régionale (DVD) Anne-Claudius Petit. Christophe Madrolle (UCE) de son côté tacle l’imposture du RN sur ces enjeux : « Quand on est souverainiste, on vote pour les énergies renouvelables », lance-t-il.

  • Région Sud : une première séance face aux crises pour François de Canson

    Région Sud : une première séance face aux crises pour François de Canson

    Pour un baptême du feu, le nouveau président (DVD) de Région, François de Canson, a été servi. « Voilà dix jours que vous m’avez confié la présidence de cette institution, dix jours et déjà beaucoup d’évènements », euphémisait-il en ouverture de la première séance plénière qu’il présidait, ce vendredi matin, après une semaine marquée par les mobilisations lycéennes, les violences du 17 octobre et les inondations meurtrières.

    Alors en procédure d’urgence, l’hémicycle régional s’est prononcé pour des aides en faveur des commerçants victimes des pillages. « Derrière chaque vitrine brisée, c’est l’ouvrage d’une vie qui est détruit », évoque le président de Région avant de présenter ce fond déjà doté de 12 millions d’euros (5 millions de la Région et du Département, 1 million de la Métropole et de la CMA-CGM) pour des aides forfaitaires de 10 000 euros. Et d’en appeler à l’État pour « restaurer le calme et l’ordre » après avoir une nouvelle fois déploré la visite « presque en catimini » du ministre de l’Intérieur. « Je n’ose pas croire que la mairie de Marseille ne participera pas à ce fond régional », glisse de son côté le vice-président (LR) Ludovic Perney.

    Les mesures d’urgence concernent aussi les lycées. Au-delà des 3,1 millions d’euros du plan canicule, 6 millions d’euros de crédits sont votés pour réparer les établissements touchés par des violences qui « portent atteinte à un bien commun », rappelle la vice-présidente (Modem) Marie-Florence Bulteau-Rambaud.

    Motions concurrentes

    « L’émotion et la colère que suscitent ces actes ne doivent pas nous faire perdre de vue la parole des lycéens, les revendications doivent être écoutées et appellent à des réponses concrètes », insiste-t-elle. Sans pour autant que la majorité n’adopte la motion présentée par le comité représentatif du Rassemblement écologique et social, qui réclamait une conférence régionale sur les conditions d’étude.

    Mais dans l’opposition, l’extrême droite mise sur la surenchère, pour continuer à surfer sur les violences du 17 octobre. « Ce que nous avons vu, c’est l’islamo-gauchisme à l’œuvre », ose le député RN Franck Allisio en dénonçant « des hordes de sauvages ». Et de matraquer, comme les élus de son groupe : « Avec Marine Le Pen à l’Élysée, ce temps-là est bientôt révolu ». « Soyez prudents quand vous faites des annonces de l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen, vous aviez fait la même annonce pour Marseille et Toulon », le cueille François de Canson.

    Mais au moment d’examiner les motions déposées, majorité et opposition se retrouvent cette fois en concurrence pour retirer les aides aux élèves sanctionnés. « Je souhaite que les sanctions les plus graves puissent avoir des conséquences sur l’accès à certaines aides régionales, dans le respect du droit », insistait le président de Région. Quand Franck Allisio dénonce des mesures « illégales ». « Votre motion est sans objet », répliquait Ludovic Perney après le vote du texte de la majorité. Assumant d’aller « bien plus loin » que le RN en matière de travaux d’intérêt général pour les lycéens condamnés.

    ET AUSSI

    Trois présidents sur les JO

    Les trois présidents successifs de la Région ne se sont pas privés de rappeler les conséquences de la perte des Jeux d’hiver 2030 pour Nice, alors que la collectivité réduit de 40 millions d’euros sa contribution à la Solideo. « Vous avez décidé de rayer d’un trait de plume le pôle glace », reprochait à l’extrême droite Christian Estrosi, face aux « retombées considérables » perdues. « La perte des Jeux à Nice vous incombe », surenchérissait François de Canson, quand Renaud Muselier appuyait : « C’est une occasion qui ne reviendra plus jamais dans votre vie ». Et de craindre, parmi les conséquences, des arbitrages négatifs sur la Ligne nouvelle, tandis que la collectivité votait de nouveaux crédits pour les lignes alpines. Pendant ce temps, des militants écologistes manifestaient contre les Jeux à l’extérieur, « une aberration par rapport au bouleversement climatique » dénonçait l’ex-adjoint marseillais Sébastien Barles.

    L’indignation de Jean-Laurent Félizia

    À la tête du comité représentatif du Rassemblement écologique et social, Jean-Laurent Félizia avait soigneusement préparé sa prise de parole, l’accord passé au moment du désistement de la gauche pour faire barrage à l’extrême droite aux régionales lui permettant d’intervenir une fois par an dans l’hémicycle. Mais la prise de parole lui a finalement été refusée, la collectivité indiquant à La Marseillaise que rien n’était prévu, hors la motion déposée et lue par la majorité régionale. « C’est un manquement à la parole politique donnée et un véritable déficit démocratique », dénonce Jean-Laurent Félizia dans un communiqué, rappelant que cette intervention lui est refusée « pour la troisième fois ». Il s’en est expliqué de vive voix avec le président de Région, qui selon lui aurait promis de faire différemment à l’avenir.

  • Des lycées aux commerces, la Région Sud joue les pompiers

    Des lycées aux commerces, la Région Sud joue les pompiers

    François de Canson est passé par toutes les crises pour sa première semaine à la tête de la Région Sud, des mobilisations lycéennes aux violences qui ont marqué ce samedi 17 octobre, jusqu’aux inondations meurtrières dans l’ouest des Bouches-du-Rhône. « Cela permet de montrer que l’on sait les traiter », philosophe-t-il. Alors, logiquement, la première séance plénière du conseil régional qu’il préside, ce vendredi matin, est marquée par les réponses d’urgence, avec des aides qui doivent être votées à destination des lycées comme des commerces pillés.

    S’il insiste sur les 2,9 milliards d’euros d’investissements déjà réalisés dans les lycées en dix ans, « il faut améliorer le quotidien », concède le président (DVD) de Région. Dès son élection, il avait lancé une plateforme de signalements : Allô lycées Région Sud. « Nous avons eu 600 retours en moins d’une semaine », se félicite-t-il. Parmi eux, seuls trois établissements sont concernés par des plaintes concernant l’état des locaux, assure l’édile varois de La Londe-les-Maures, en énumérant les lycées Jean-Cocteau à Miramas, Ismaël-Dauphin à Cavaillon et Adam-de-Craponne à Salon-de-Provence. Face aux dégradations, le conseil régional débloque d’emblée une enveloppe d’urgence de 6 millions d’euros. Mais, tandis que la moitié des signalements déjà effectués sur la nouvelle plateforme régionale concerne le manque d’adaptation aux canicules, il annonce un budget supplémentaire de 10 millions d’euros d’ici la fin de l’année pour y faire face, avec un premier volet de 3,2 millions d’euros pour 50 lycées qui doit être voté ce vendredi. « Nous allons faire en sorte qu’il y a un espace climatisé dans chaque établissement », promet François de Canson.

    Mais le président de Région veut aussi sanctionner plus durement les lycéens auteurs de dégradations. « Manifester, c’est bien, dégrader et casser c’est inadmissible », appuie-t-il, en annonçant porter plainte systématiquement et mettre à disposition de la justice 10 000 heures de travaux d’intérêt général. Surtout, il demande au ministre de l’Éducation de transmettre les noms des élèves sanctionnés, « afin qu’ils ne puissent plus bénéficier des aides régionales comme le pass plein air ou le pass Zou ». En s’inscrivant donc dans les pas du RN qui avait fait la même proposition, le 6 octobre dernier. « Monsieur Allisio est bien gentil, mais je l’ai annoncé depuis bien longtemps, c’est facile de répéter ce qu’on a annoncé », balaie le président de Région, lui demandant de ne pas « polémiquer ».

    Demi-tour judiciaire

    François de Canson monte aussi au créneau face aux pillages du 17 octobre dernier. « J’ai souhaité que l’on puisse agir le plus rapidement possible », explique-t-il après ces violences « inadmissibles ». Sans décolérer face à la visite « à la lampe frontale » du ministre de l’Intérieur, mardi soir, à laquelle il n’avait pas été convié là où il attendait, lui aussi, des explications, tandis que le ministre du Commerce, avec lequel il s’était entretenu par visioconférence, « n’avait pas grand-chose à nous dire ». Alors il se pose en chef de file de l’accompagnement des commerces en faisant voter, comme il l’avait annoncé, la réactivation du Fonds de solidarité régional avec une enveloppe de 5 millions d’euros pour des aides forfaitaires de 10 000 euros par commerce touché par les pillages. Le Département des Bouches-du-Rhône doit l’abonder de 5 millions d’euros, la Métropole Aix-Marseille ajoute 1 million supplémentaire tout comme la CMA-CGM, et il invite les autres collectivités à l’abonder.

    Ironie du sort, deux jours avant les pillages, la Région réclamait devant le tribunal administratif l’annulation des aides versées aux commerces par la Ville de Marseille après les émeutes de 2023. « Bien évidemment, nous n’irons pas au bout de la démarche et nous ne demanderons pas aux commerçants de rembourser », répond le président de Région, alors que le rapporteur public allait dans le sens d’une annulation. Mais il promet de mobiliser le comité régional de tourisme, qu’il préside également, afin de redorer l’image de la ville avant les fêtes de fin d’année, et de financer la réparation des caméras de vidéosurveillance.

  • Crainte d’un désengagement de l’État pour la Ligne nouvelle

    Crainte d’un désengagement de l’État pour la Ligne nouvelle

    Ce 16 décembre 2025, au moment de poser la première pierre de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA) en gare Saint-Charles, Emmanuel Macron saluait la « mobilisation collective formidable » autour du chantier. « Nous avons un projet qui va nous permettre de faire une grande dorsale européenne », expliquait-il. Mais moins d’un an plus tard, l’État tarde à être au rendez-vous de cette mobilisation collective.

    Celui-ci s’était pourtant engagé, dans le protocole signé le 21 décembre 2021, « sur un financement à parité avec les collectivités », soit 40% du coût total. Trois ans plus tard étaient bouclés les financements de la phase 1 du projet pour réaménager le plateau de la gare Saint-Charles, améliorer la navette toulonnaise, créer une gare pour l’aéroport de Nice. Depuis, les réunions de l’Agence de financement des infrastructures de transport (Afit) se poursuivent sans qu’aucun financement supplémentaire ne soit confirmé.

    « Je crois que quelque chose se passe, s’alarmait en amont du conseil de la Métropole Aix-Marseille son vice-président (DVG) aux transports, Frédéric Vigouroux. Depuis des semaines, des dossiers ne passent pas à l’Afit, qui concernent Marseille et la Ligne nouvelle ! C’est extrêmement dangereux. »

    Flambée du coût

    L’inquiétude est aussi présente pour la Région Sud. Celle-ci doit valider en séance plénière, ce vendredi, les dossiers des quatre services express régionaux métropolitains (Serm) pour Aix-Marseille, Avignon, Toulon et Nice. Un RER métropolitain qui dans la capitale régionale « s’appuie […] sur les opérations de la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur ». Mais dès ses orientations budgétaires pour l’année à venir, la collectivité s’alarme : « Le budget 2027 devra tenir compte de l’avancement du projet LNPCA pour lequel le rythme d’engagement des crédits de l’État est encore incertain. » C’est qu’il faut poursuivre les études d’avant-projet de la phase 2, en particulier pour la création de la future gare Saint-Charles souterraine. « Sans le maintien, voire la hausse, des engagements financiers, il serait impossible de réaliser les grands travaux nécessaires pour la décarbonation des transports », alerte le Comité économique, social et environnemental régional (Ceser).

    « La problématique, c’est la phase 2 », reconnaît le président (DVD) de Région, François de Canson. Il rencontrera donc lundi le préfet de région, puis vendredi 30 octobre le ministre des Transports, Philippe Tabarot, tandis que son prédécesseur Renaud Muselier (Ren.), élu sénateur, s’active en coulisses. Dès l’abandon des JO à Nice, il avait alerté sur le risque d’arbitrages défavorables. « La question de l’argent disponible est une vraie question, mais l’augmentation du coût du projet aussi : on parle d’une augmentation de 30 à 40%, pointe François de Canson. Aujourd’hui, il faut qu’il y ait rapidement un arbitrage pour qu’on puisse y voir clair. »

    Sollicité par La Marseillaise, le ministère des Transports n’a pas donné suite.

  • Une première avancée pour le lycée Marie-Curie à Marseille

    Une première avancée pour le lycée Marie-Curie à Marseille

    La mobilisation au lycée Marie-Curie a porté ses premiers fruits. Une délégation de personnels, accompagnée de la proviseure, a été reçue lundi à l’hôtel de Région par la vice-présidente déléguée aux lycées, Marie-Florence Bulteau-Rambaud (MoDem), des représentants des services et un membre du rectorat. À l’origine, une liste de revendications élaborée à la rentrée par l’AG du lycée à destination de la Région, propriétaire des locaux. L’établissement est sous les projecteurs depuis qu’un lycéen a reçu un violent coup de matraque de CRS mardi. Une enquête de l’IGPN a été ouverte.

    Mais au-delà de cet épisode, les personnels dénoncent depuis des années la dégradation de leur établissement. « L’état de Marie-Curie est connu de tous dans cette collectivité qui depuis des années promet des travaux qui, semble-t-il, étaient retardés par des complexités administratives et techniques mais qui, visiblement, ont été levées par le mouvement lycéen et enseignant et de tous les personnels de l’Éducation nationale », ironise Samuel, professeur d’histoire-géographie et délégué CGT Éduc’Action.

    « On reste mobilisés »

    À l’issue d’une entrevue d’une heure, la délégation est ressortie avec plusieurs « engagements clairs ». Le principal concerne le plan de restructuration : évalué à 53 millions d’euros, il sera soumis le 14 décembre au vote de la plénière du conseil régional. Les personnels ont aussi obtenu leur participation à une réunion de maintenance, le 4 novembre afin d’aborder les travaux urgents.

    Car les besoins immédiats sont nombreux : volets métalliques défectueux, sanitaires dégradés, matériel informatique insuffisant (cinq ordis pour 167 enseignants), vidéoprojecteurs hors services… « On ne souhaite pas que les travaux prévus figent le lycée dans son état, d’ici 2033 ce sont 10 000 élèves qui vont y passer », souligne Samuel.

    « Notre lutte n’est pas égoïste. Nous exigeons la même qualité d’écoute et les mêmes résultats pour l’ensemble des lycées de la région qui sont en souffrance », insiste le représentant syndical invitant la collectivité à piocher si besoin dans les fonds prévus pour les JO 2030 ou ceux, non-obligatoires, versés à l’enseignement privé. Surtout, les difficultés de l’éducation nationale demeurent. « On reste mobilisés avec nos lycéens », conclut Samuel. « Ce point d’étape est une victoire qui nous donne encore plus de détermination pour continuer le mouvement. »

  • Sans concurrent, François de Canson largement élu président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Sans concurrent, François de Canson largement élu président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Comme dans un fauteuil ou presque… François de Canson (DVD), finalement seul candidat à la succession du désormais sénateur Renaud Muselier (Ren.), a été élu ce lundi 12 octobre président du conseil régional avec 83 votes pour et 39 blancs sur les 122 votants de l’hémicycle.

    Pas de surprise mais tout de même une clameur de joie dans les rangs de la majorité et sur le balcon des invités. Entouré de Christian Estrosi, ex-maire de Nice et de Renaud Muselier, le maire de La Londe-les-Maures, troisième vice-président de la Région, président du comité régional de tourisme savoure sa victoire. Malgré sa lourdeur, l’intervention du président du groupe d’opposition RN ne viendra pas la gâcher. « Vous êtes désormais à la barre du Titanic » lui balance Franck Allisio, revenant sur l’élection de Christian Estrosi « avec les voix de la gauche », et le bilan de Renaud Muselier, « un mandat marqué par les reniements typiques du “en même temps” macroniste ». Et de se targuer des « succès électoraux » de sa famille politique avec des municipales « exceptionnelles » à « Nice, Cagnes-sur-Mer, Toulon… » Le lapsus, la préfecture varoise ayant été remportée par la droite avec Josée Massi (SE), n’a pas manqué de faire réagir les bancs de la majorité.

    En face, Pierre-Paul Leonelli dénonce ces « leçons pathétiques » avant de l’étriller sur les sénatoriales. Et de se féliciter de la « continuité » à la tête de la Région, saluant la « loyauté », le « dévouement » et la « capacité à rester soudés » de ses collègues, « malgré la diversité de nos courants ».

    Le point dans les lycées

    En tribune, François de Canson acquiesce. Homme de « transition », il rend hommage aux agents du conseil régional avant de réagir à l’actualité : celle du mouvement lycéen, la collectivité étant en charge de l’entretien et du fonctionnement des établissements. Reconnaissant la « crise existentielle », dénonçant la violence, il annonce une inspection générale, l’ouverture d’une plateforme d’alerte afin de recueillir les demandes des élèves, parents, agents et professeurs. Des brigades d’intervention, « capables de traiter rapidement les problèmes matériels les plus urgents » sont mises en place, un état des lieux sera présenté « lors d’une prochaine séance ».

    Lutte contre l’antisémitisme, réussite des JO 2030, soutien aux structures de santé et au monde économique, adaptation au réchauffement climatique, souveraineté, sont pour lui autant de priorités. Surtout, il réaffirme le « style » de Canson : un élu de proximité. « Aimer les territoires, c’est commencer par aimer les gens qui y vivent » assène-t-il, raison pour laquelle, « je serai chaque semaine, deux jours entiers en déplacement sur le terrain, département par département ». Sa « manière d’exercer le pouvoir ». Dans la droite ligne, il entend mettre le paquet sur « la subsidiarité ». « La puissance régionale » ne devant « jamais se construire au prix de l’impuissance locale », il organisera une convention régionale des maires le 17 novembre à Aix-en-Provence. Le tout en respectant un budget contraint car « chaque euro public est un euro confié ».

    De son côté, le Rassemblement écologique et social, instance régionale consultative emmenée par Jean-Laurent Félizia, pour offrir une tribune et un espace d’expression aux représentants de la liste de gauche et écologiste, a rappelé qu’il s’était « désisté en 2021 pour éviter à l’extrême droite de ravir la Région » et qu’il demeurait « attentif aux orientations politiques régionales du nouveau président et de la commission permanente ».

  • François de Canson pour succéder à Renaud Muselier

    François de Canson pour succéder à Renaud Muselier

    Avant même que ne soit lancée pleinement la bataille des sénatoriales, Renaud Muselier (Ren.) avait clairement annoncé son soutien à François de Canson, « le meilleur de très loin », lançait-il, en juin, à la veille de sa dernière séance. Devant la presse, après avoir démissionné officiellement de son poste car élu sénateur, Renaud Muselier mettait logiquement en avant « un maire réputé, un élu local reconnu qui sera un président compétent ».

    Maire (DVD) de La Londe-les-Maures (Var), président de la Communauté de communes Méditerranée Porte des Maures, troisième vice-président de la Région Sud et président du comité régional du tourisme, François de Canson s’est dit prêt à prendre la suite et sera donc candidat, ce lundi 12 octobre. Il fait indéniablement partie des fidèles de l’ex-président de la Région, qui n’entend pas s’éloigner totalement des affaires régionales. Depuis le Palais du Luxembourg, Renaud Muselier restera ainsi « conseiller régional spécial » sur les fonds européens, les Jeux olympiques d’hiver 2030 et le département des Bouches-du-Rhône.

    Son poulain compte néanmoins mettre sa patte. Il assurait, dès avril sur l’antenne d’Ici Provence, qu’il serait « un président de terrain, au contact des habitants et du territoire, quelqu’un qui connaît les bassins de vie ». Il indiquait également se « préparer » sur le tourisme, l’économie et mettait en avant sa connaissance des « grands dossiers », entendre « les équilibres budgétaires, les contraintes de l’action publique, les attentes des habitants ». Et d’enfoncer le clou : « Continuité ne veut pas dire immobilisme. Je ne serai pas un clone, il y aura un style François de Canson. »

    Un candidat unique ?

    Reste à savoir s’il sera le seul candidat. Premier vice-président de la Région, Christian Estrosi (Horizons) assure actuellement l’intérim. En 2019, il avait laissé la présidence à Renaud Muselier afin de se consacrer à son mandat de maire de Nice. Battu et « trahi » par son ex-bras droit, Éric Ciotti (UDR), qui lui a ravi la place et basculé à l’extrême droite, il pourrait vouloir reprendre son fauteuil à la Région, même s’il n’a rien déclaré officiellement. En mai dernier, trois de ses proches, conseillers régionaux et élus dans les Alpes-Maritimes, Roger Roux, Bruno Bettati et Colette Fabron, ont aussi quitté la majorité de Renaud Muselier, lui imputant « l’échec des JO », laissant entrevoir des dissensions au sein du groupe. De son côté, l’opposition RN n’a rien laissé filtrer sur une éventuelle candidature.

    Pour être élu au premier ou au deuxième tour, le candidat devra obtenir la majorité absolue des 123 membres du conseil régional. Si aucun ne l’obtient, un troisième tour est organisé, à la majorité relative. La majorité de Renaud Muselier compte 80 sièges et le groupe RN-UDR-Indépendants 39.

  • Franck Allisio se sépare de son collaborateur accusé d’antisémitisme

    Franck Allisio se sépare de son collaborateur accusé d’antisémitisme

    En pleine affaire Bardella, voilà un dossier qui plombe un peu plus encore l’effort de respectabilité du Rassemblement national. Le député RN des Bouches-du-Rhône, Franck Allisio, a d’ailleurs annoncé, vendredi, mettre fin au contrat de son attaché parlementaire Louis Grégoire, après la publication d’une enquête de Libération consacrée à d’anciennes publications diffusées sur Facebook par ce collaborateur.

    Dans un communiqué, l’élu d’extrême droite affirme avoir reçu son collaborateur suite à la parution de l’article. « Ces écrits dont il est accusé étaient inconnus de tous et antérieurs à son recrutement par l’Assemblée nationale », déclare-t-il ce vendredi. « Afin de lui laisser le temps de la clarification, j’ai pris la décision de mettre fin à son contrat », ajoute Franck Allisio.

    Louis Grégoire travaille aux côtés de Franck Allisio depuis les municipales de 2020. Il l’a ensuite suivi au conseil régional puis à l’Assemblée nationale. L’enquête publiée le 8 octobre par nos confrères de Libération rapporte que celui-ci a partagé entre 2018 et 2022 plusieurs publications faisant référence à l’extrême droite radicale, à des auteurs collaborationnistes ou relayant des contenus à caractère raciste, complotiste et antiféministe sur un compte privé suivi par le député RN.

    Le site y a relevé pêle-mêle, « des apologies de l’Allemagne hitlérienne, des conseils de lecture collaborationnistes, des blagues racistes et des slogans fascistes », à travers des messages présentant le débarquement allié de 1944 sous un angle favorable à l’Allemagne nazie, des références à Robert Brasillach ainsi que différentes publications visant des femmes, des migrants, des musulmans ou des juifs.

  • Des échanges pour faciliter l’intégrité des élus locaux

    Des échanges pour faciliter l’intégrité des élus locaux

    Jean Maïa, président de la HATVP, était présent, ce mercredi matin au conseil régional, pour échanger avec les responsables publics de la région. La HATVP, qui est l’institution qui contrôle les déclarations d’intérêts et de patrimoine des élus, surveille également les influences étrangères, ainsi que les activités de lobbying en France.

    « Il s’agit de répondre à l’obligation de transparence démocratique. Le contrôle qui est exercé sur les élus permet de lutter contre l’idée du “tous pourris”. Il nous permet de dire que la quasi-totalité des responsables publics répondent aux exigences de probité. C’était fondamental pour moi qu’on puisse avoir ce dialogue avec les acteurs du territoire aujourd’hui et faire un point ensemble sur les perspectives dans ce domaine », affirme Jean Maïa.

    Les élus de la Région reconnaissent l’importance du travail de la Haute Autorité, dont la compétence s’exerce sur 18 000 responsables publics, dont 1 500 en Paca. « Je crois que le contrôle a toujours du bon quand il est fait à bon escient. Dans cette institution, il y a la volonté d’être irréprochable. Nous nous devons d’être exemplaires, une institution se doit de s’appliquer à soi-même ses propres règles. Nos administrés attendent de la rigueur de notre part et que l’exercice de nos fonctions soit vérifié et contrôlé. On l’accepte », partage François de Canson, vice-président de la Région. Il se réjouit d’avoir l’opportunité d’échanger avec Jean Maïa : « Je crois que ce temps d’échanges avec la personne qui dirige la Haute autorité est absolument indispensable pour que nous puissions nous comprendre. Les liens entre celui qui contrôle et le contrôlé doivent permettre d’établir cette relation de confiance. »

    Prévenir plutôt

    que sanctionner

    Le but de cette visite est aussi d’assurer aux élus la disponibilité de la HATVP. Jean Maïa souligne en effet la nécessité de dialoguer avec les élus locaux afin de prévenir l’enrichissement illicite et le risque de conflit d’intérêts.

    « Nous sommes une autorité de contrôle, mais pas seulement. Nous sommes également dans une optique de conseil et d’accompagnement des responsables et des collectivités publiques dans leurs démarches déclaratives. Il ne s’agit pas seulement d’un contrôle unilatéral, on a aussi énormément d’échanges avec les déclarants », précise le président de la Haute Autorité.

  • La Région Occitanie veut tenir le cap malgré les coupes

    La Région Occitanie veut tenir le cap malgré les coupes

    C’est un lieu qui dit déjà une partie du message. Vendredi 18 septembre, les élus régionaux gardois ont choisi le Centre d’art contemporain de Nîmes, au cœur de Pissevin, pour effectuer leur rentrée. Un équipement culturel implanté dans un quartier populaire, qui a accueilli 10 000 visiteurs en 2025 et auquel la Région vient de porter son soutien de 19 000 à 24 000 euros.

    Une façon d’ouvrir une matinée où les annonces concrètes ont côtoyé un refrain beaucoup moins réjouissant : celui des budgets qui se resserrent. Selon la Région, les décisions budgétaires nationales ont réduit ses ressources de 500 millions d’euros en trois ans. Les élus ont notamment réaffirmé leur volonté de maintenir la culture à 3% du budget de fonctionnement régional.

    L’effort affiché concerne d’abord les lycées. Pour les 231 000 élèves d’Occitanie, la collectivité mobilise 74 millions d’euros : manuels, LoRdi, premiers équipements professionnels ou transports scolaires gratuits, avec également une aide à la cantine renforcée pour les familles les plus précaires. « La rentrée reste la moins chère de France », revendique Fabrice Verdier, conseiller régional délégué aux ressources humaines et au dialogue avec les syndicats, reprenant le mot d’ordre de l’exécutif régional.

    Dans le Gard, 6 400 ordinateurs doivent notamment être distribués cette année et 18 000 élèves bénéficient de la gratuité des transports scolaires. Sur les mobilités, Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région en charge de la question, met en avant la progression de la « gratuité par l’usage ». Selon l’élu, celle-ci est passée de 600 000 à 7 millions de tickets pour les moins de 27 ans entre 2019 et 2026. Dans le Gard, plus de 30 000 jeunes sont inscrits au dispositif « +=0 ». La Région accélère aussi sur le vélo : au lycée Lucie-Aubrac de Sommières, une trentaine de vélos à assistance électrique sont mis à disposition. Une expérimentation menée dans huit établissements d’Occitanie avant une possible extension.

    « Il va falloir que l’État soit à nos côtés »

    L’été a aussi rattrapé la rentrée politique. Après les épisodes caniculaires, une cartographie de la vulnérabilité thermique des lycées est en cours. Isolation, brasseurs d’air, protections solaires, végétalisation ou salles refuges doivent permettre de cibler les prochains investissements. « Face aux contraintes budgétaires, il va falloir que l’État soit à nos côtés », prévient Aurélie Génolher.

    Les inquiétudes sont plus franches sur la formation. Julie Delalonde alerte sur la baisse des financements nationaux de l’apprentissage : « Ça réduit considérablement l’offre disponible… Or, pour beaucoup de jeunes, c’est la seule formation possible ! » L’élue pointe également l’absence annoncée de nouveaux crédits de l’État en 2027 pour la formation des demandeurs d’emploi. La Région a, de son côté, adopté un plan régional de formation 2027-2030 doté de plus de 660 millions d’euros.

    À l’autre bout du tableau, plusieurs projets prennent forme dans le Gard. La Région doit participer à la future école de kinésithérapie portée par le CHU de Nîmes, tandis qu’une formation d’aide-soignant en apprentissage doit ouvrir au Vigan. Au Mas de Mingue, à Nîmes, un centre de santé est annoncé d’ici 2027, en partenariat avec la Ville.

    Reste l’économie. Jalil Benabdillah, vice-président de la Région chargé de l’économie, de l’emploi, de l’innovation et de la réindustrialisation, décrit « une rentrée économique très contrastée », entre entreprises fragilisées et secteurs industriels porteurs. Décarbonation, aéronautique ou spatial sont ciblés, tandis qu’un rapprochement avec Nîmes Métropole autour du développement économique est évoqué. Derrière le catalogue des annonces, une question traverse ainsi cette rentrée : combien de temps les collectivités pourront-elles maintenir leurs investissements alors que leurs marges budgétaires se resserrent ?