Tag: Conseil régional

  • À la Région, une COP face aux coupes

    À la Région, une COP face aux coupes

    Ce mardi après-midi, l’hémicycle du conseil régional est plein à l’occasion de la 3e édition de la COP de la Région Sud, organisée conjointement par la collectivité et la préfecture. Au total, plus de 500 acteurs du territoire, du secteur public, privé ou associatif étaient réunis pour débattre de planification écologique et d’adaptation au changement climatique, entre préparation des Jeux d’hiver et réindustrialisation en passant par le schéma régional d’aménagement.

    « Il y a une montée en puissance, nous sommes de plus en plus nombreux, se réjouit le vice-président (DVD) chargé du développement économique, François de Canson, deux ans et demi après la première édition. De plus en plus de personnes sont sensibles à cette problématique ! » Et de célébrer le Plan climat mis en œuvre depuis 2017 par la collectivité, entre plantations d’arbres, développement ferroviaire, électrification à quai des navires…

    À ses côtés, le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a fait le déplacement pour promettre de travailler main dans la main sur ces thématiques avec les élus locaux. « Le gouvernement se propose d’aller vers l’ensemble des élus volontaires pour mener à bien une transition écologique sur leur territoire pour leur donner, sous l’autorité du préfet, des moyens aussi bien en en matière d’ingénierie que de fonctionnement », défend-il. Des financements « indispensables pour poursuivre cette accélération », soulignait avant lui François de Canson en le remerciant pour les crédits attribués sur le territoire à travers le Fonds vert, qui « a connu une montée en puissance dès 2023 avec une enveloppe d’environ 160 millions d’euros ».

    Mais remerciements et promesses sonnent autrement, au lendemain de l’annonce de nouveaux gels de crédits qui s’ajoutent aux coupes déjà subies par les collectivités. Parmi les 6 milliards d’économies promis par Bercy et justifiés par les conséquences de la guerre des États-Unis en Iran, ce Fonds vert doit être amputé de 163 millions d’euros à l’échelle nationale, soit 20% de ses crédits. De quoi justifier les inquiétudes des élus locaux. « Je récuse le procès en recul environnemental », répond le ministre délégué, interrogé par La Marseillaise, en mettant en avant « 64 millions d’euros d’engagements pour la Région Sud cette année ». « Le Fonds vert n’existait pas avant 2022, donc c’est un progrès net », argumente Mathieu Lefèvre.

    Dérégulation

    Peu importe : face à l’hémicycle, c’est la dérégulation environnementale qu’il préfère défendre. « Le droit de l’environnement est très précautionneux, il ne faut pas qu’on s’enferme dans ce cadre-là au détriment de nos projets, qui sont des projets utiles pour le développement du pays », défend-il. Et d’assumer la dérégulation : « Dans un pays dont le Code de l’environnement a triplé depuis les années 2000, on peut tout aussi bien faire sur le plan de l’environnement en étant plus porté par les porteurs de projets. » Face à la presse, il rappelle qu’« il n’y a pas de transition écologique sans les entreprises », soulignant les investissements étrangers annoncés la veille. Mais, deux semaines après l’abandon du projet de giga-usine de panneaux photovoltaïques Carbon à Fos-sur-Mer, faute de protection européenne, s’il le regrette, il relativise : « Certaines décisions d’investissements ont été annulées, mais c’est ultra-minoritaire. » Tant pis pour la souveraineté et les 3 000 emplois promis.

  • La Région Sud aide Fibre Excellence

    La Région Sud aide Fibre Excellence

    « La Région Sud avait accordé un prêt de 3 millions d’euros, dont 2,3 millions restent aujourd’hui à rembourser. Elle est prête à y renoncer pour soutenir la continuité de l’activité », annonce la collectivité, dans un communiqué de presse diffusé ce mercredi, à propos de la situation de Fibre Excellence, l’entreprise produisant de la pâte à papier dont un de ses sites est situé à Tarascon. Notons que cette créance avait été prise lors de la reprise de l’entreprise en 2021 et que la proposition de la Région se fait « dans le cadre d’une solution de reprise crédible et durable ». « La Région Sud est pleinement mobilisée pour défendre les emplois et préserver ce site, un acteur important de la souveraineté industrielle de notre pays. Fidèles à nos engagements depuis 2021, nous sommes prêts à prendre nos responsabilités », développe le président du conseil régional, Renaud Muselier (Ren.).

    « Merci pour le coup

    de pouce »

    Côté CGT, on accueille cette mesure positivement mais sans sauter au plafond non plus. Laurent Quinto, représentant de la Filpac-CGT sur le site de Tarascon « remercie la Région pour le coup de pouce » et loue un acte « qui n’est pas rien ». Mais il déplore surtout que « l’intersyndicale n’ait pas été reçue par la Région Sud malgré plusieurs demandes » et décrit cette aide régionale comme « pas suffisante au regard des enjeux ». Le syndicaliste prend exemple sur la Région Occitanie dirigée par Carole Delga (PS) : « On aurait aimé que la Région Sud s’engage autant que l’Occitanie, qui propose une entrée au capital. »

  • La majorité régionale essaie de se montrer rassemblée

    La majorité régionale essaie de se montrer rassemblée

    Face à la presse ce jeudi midi, le président (Ren.) de Région promettait d’annoncer officiellement, face à son hémicycle, sa volonté d’être candidat aux sénatoriales et de laisser son siège. « J’ai oublié », confessait-il auprès des journalistes présents à l’issue de la séance plénière ce vendredi midi. Estimant avoir assez communiqué pour s’en passer finalement. Les débats face à son opposition d’extrême droite avaient pourtant été l’occasion d’allusions à cette ambition sénatoriale. « Je compte sur le futur jeune sénateur que vous êtes », narguait le député RN Franck Allisio, pour porter ses vœux nationaux. Et l’intéressé de répliquer : « Si je suis au Sénat, comptez sur moi pour corriger vos erreurs et vos bêtises. »

    Mais passée la sidération au sein de la majorité régionale, l’heure est désormais à afficher l’unité dans les rangs. « Il nous revient collectivement de poursuivre et d’accentuer encore les dynamiques engagées, rappelait jeudi Christophe Madrolle (UCE). Nombreux sont les défis qu’il va nous falloir relever pour trouver le juste équilibre entre développement économique, développement humain et préservation de notre patrimoine naturel. » Surtout, les élus centristes se sont empressés de poser pour une photo avant la séance avec le président de Région, son héritier désigné François de Canson (DVD)… et le vice-président LR David Géhant. Si son entourage assure qu’il n’ambitionne pas de prendre la présidence et veut se consacrer à Forcalquier, un élu lui donnait du « bonjour au président de Région » à l’université des maires de Sisteron. « L’important c’est d’être rassemblés », insiste l’intéressé.

    Alors Renaud Muselier assume le contre-feu photographique. « J’ai toujours la crainte de la division, la division c’est mortel : chaque fois qu’on est divisés on perd », explique-t-il, coupant court aux rumeurs sur des ambitions de Christian Estrosi. « J’organise les trucs comme jamais on n’a organisé une transmission, une organisation, des dossiers qui sont ficelés, un avenir pour cette région, des grands projets », défend-il, en répétant : « Tout le monde est ensemble. »

  • Le RN s’oppose encore au financement des transports

    Le RN s’oppose encore au financement des transports

    Le dépôt des amendements de l’extrême droite est presque devenu un jeu routinier, dans l’hémicycle régional. Au moment d’approuver le budget primitif de la collectivité ce vendredi matin, il n’y avait donc rien de nouveau lorsque l’opposition RN s’est échinée à les multiplier pour redéployer des crédits de communication vers les autres politiques régionales afin de montrer « que d’autres choix sont possibles », affirmait sérieusement l’élue varoise (RN) Coline Houssays. Mais tandis que l’argentier de la Région Jean-Pierre Colin (Les Centristes) déroule sur « un budget de responsabilité qui garantit la poursuite des grands projets structurants », la conseillère d’extrême droite se borne à constater « un budget qui se tient avec un petit coup de pouce extérieur ». La priorité, pour l’opposition RN, restant de réduire l’investissement de la collectivité. « Ce n’est pas tant chaque projet isolément qui pose question, mais leur addition », justifie la Lorguaise. « Nous avons choisi sans hésitation de maîtriser les comptes publics pour dégager les moyens supplémentaires à nos engagements », lui donne la réplique le président (LR) de la majorité régionale, Pierre-Paul Léonelli, sans s’arrêter sur les coupes dans la santé, la politique économique, la formation (notre édition du 10/04). Face aux baisses de dotations de l’État, « ce sont presque 60 millions d’économie qu’il a fallu trouver », rappelait le président (Ren.) de Région Renaud Muselier. Désormais président de la Métropole Aix-Marseille, le vice-président (LR) à la formation professionnelle Nicolas Isnard a tenu aussi à défendre son action face au chômage en baisse. Assurant, malgré les baisses des dotations, que la collectivité « contribuera à soutenir les missions locales, les écoles de la 2e chance, dans les mêmes proportions que les années précédentes ».

    Mais l’extrême droite préfère s’échiner à coups d’amendements sur le nouveau versement mobilité régional et rural pour en réduire la portée. « Malgré lui, ce versement reste une taxe en plus sur nos entreprises », s’indigne l’élue varoise (RN) Muriel Fiol. « 97% des entreprises de la région ne sont pas concernées », rappelle encore Renaud Muselier. C’est surtout son prédécesseur (Hor.) Christian Estrosi qui monte au créneau. « Je vois l’instrumentalisation qui est faite par une partie du monde de l’entreprise », dénonce-t-il. Lui défend « une condition essentielle, quand je vois tous ceux qui demandent de nouvelles lignes, des modernisations de lignes. » Et de regretter que seule la région parisienne a obtenu un versement mobilité un point au-dessus du niveau national fixé à 2% de la masse salariale des entreprises.

    Contre les droits

    des femmes

    Pas de quoi freiner le RN qui dans la foulée s’en prend aux subventions… pour les associations de soutien aux femmes victimes de violences. « Il serait préférable de s’en tenir à vos compétences et de flécher ces budgets aux lycées », explique benoîtement l’élue maralpine RN Brigitte Lancine. « Quand elles n’ont plus d’emploi, qu’elles sont sous domination, qu’elles n’ont plus de maison, que leurs enfants sont abandonnés, vous voulez dire ne vous en occupez pas ? » s’estomaque le président de Région. Alors que son opposante veut reprendre la parole, il avertit : « Vous allez en prendre une ! » Avant de s’excuser immédiatement, repris par Christian Estrosi. Mais l’élue RN a beau dire qu’elle n’est « pas contre cette cause », elle persiste : « Ce que dit la Chambre régionale des comptes, c’est qu’il faut plus se mobiliser sur les compétences de la Région sans aller en permanence se substituer à l’État ». Tout juste rentré du conseil municipal, le député RN Franck Allisio intervient à temps pour faire voter son groupe en faveur du plan de lutte contre les violences faites aux femmes. Pas une évidence pour l’extrême droite à deux doigts de s’abstenir.

  • La Région Paca aide moins les communes pauvres

    La Région Paca aide moins les communes pauvres

    Renaud Muselier a beau répéter qu’il n’est « pas le tiroir-caisse » des autres collectivités, le conseil régional qu’il préside verse malgré tout de conséquents subsides aux communes du territoire, avec 128 millions d’euros versés en 2024. Ce sont ces millions que la chambre régionale des comptes a passés à la loupe, dans un rapport présenté à l’hémicycle régional ce vendredi. Sans trouver à redire grand-chose sur les modes d’attributions, leur suivi, leur contrôle, d’autant plus que la Région se situe dans la moyenne des subventions distribuées par habitant. Mais les chiffres présentés permettent de dessiner une géographique de ce soutien… et des municipalités laissées à la marge de ce soutien encadré, pour la moitié des cas, par des contrats signés avec la collectivité avec les dispositifs Nos territoires d’abord et Nos communes d’abord.

    « La répartition des subventions au regard du potentiel fiscal des communes met en évidence le caractère non-véritablement redistributif de l’aide régionale à l’investissement du bloc communal », épinglent ainsi les magistrats. En ajoutant que « les communes qui ont un revenu imposable par habitant ne sont pas les plus aidées ».

    Le soutien varie aussi énormément selon les départements. L’accent mis sur les territoires ruraux des Alpes, avec 324 euros par habitants pour les Hautes-Alpes, 209 euros pour les Alpes-de-Haute-Provence est défendu par la Région. Mais les Alpes-maritimes (132 euros/habitant) sont bien mieux dotées que les Bouches-du-Rhône (31 euros/habitant). Première ville de la région, Marseille n’arrive aussi qu’à la cinquième place des subventions versées, la première place étant occupée par Antibes.

    Mais la chambre régionale des comptes préfère s’attarder sur les subventions aux forces de l’ordre, en dehors du champ de compétences de la collectivité. « Il convient que la Région se conforme à la législation en vigueur », invite-t-elle. « C’est un choix politique, transparent, avec le soutien du ministère de l’Intérieur », assume Renaud Muselier. Se demandant pourquoi les magistrats ne dressent pas le même constat quand il finance les établissements de santé.

  • Pour Renaud Muselier, un dernier budget tourné vers les JO

    Pour Renaud Muselier, un dernier budget tourné vers les JO

    Pour le président (Ren.) de Région Renaud Muselier, c’est de nouveau « un budget de responsabilité, qui prépare l’avenir », qu’il compte présenter vendredi matin dans l’hémicycle régional. Mais cet avenir dessiné au fil des autorisations d’engagements et crédits de paiement ne sera plus complètement le sien, après l’officialisation de sa candidature aux sénatoriales et sa volonté de passer la main à la tête de l’institution qu’il préside depuis 2017, comme il l’a détaillé en exclusivité à La Marseillaise (notre édition du 09/04). « Je m’exprimerai à ce sujet à la fin de la plénière, pas au début », explique-t-il, pour couper court au débat.

    Avant de laisser la main fin septembre à un dauphin dont le portrait-robot ressemble trait pour trait au vice-président (DVD) à l’économie François de Canson, ce dernier budget présenté par l’ancien ministre chiraquien n’en illustre pas moins l’impulsion qu’il souhaite donner à la collectivité. Renaud Muselier célèbre 30 millions d’euros d’investissements supplémentaires grâce aux dotations européennes, un budget « 100% vert » à l’exception des infrastructures routières pour la zone industrielle de Fos et les Jeux d’hiver. Son soutien à l’industrie de guerre se concrétise, à travers un nouveau partenariat avec la Banque européenne d’investissement pour un accompagnement stratégique, juridique et financier gratuit sur la structuration de la filière, et 300 000 euros de subventions afin de créer un centre de ressources avec la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques. Les investissements dans les transports reculent significativement (-25%) après le pic de dépenses en 2025 pour l’achat des nouvelles rames qui accompagnent l’ouverture à la concurrence. Mais les dépenses de fonctionnement poursuivent leur hausse, et le président célèbre l’augmentation du trafic ferroviaire régional, « +50% de fréquentation depuis 2018 ».

    Alerte sur la formation

    Mais surtout, alors que Renaud Muselier a renoué avec le nouveau maire (UDR) de Nice Éric Ciotti pour y assurer la construction d’une patinoire olympique, le braquet des investissements est résolument mis sur les Jeux d’hiver 2030. La majorité des investissements liés aux transports concernent désormais les Alpes, et 26,6 millions doivent aussi être votés au fil de la séance pour financer les deux axes routiers menant au site olympique de Briançon. La collectivité abonde aussi significativement au budget de la Solideo (société de livraison des ouvrages olympiques), et renforce sa politique sportive, à l’image du Pass Sud Montagne de 100 euros pour les lycéens régionaux mis en place au mois de décembre dernier.

    Mais derrière l’affiche avantageuse, la collectivité a dû rogner de 5 millions d’euros ses dépenses de fonctionnement. « La formation professionnelle est la première à pâtir de ces choix politiques », s’alarme le représentant varois de la CGT au Comité économique, social et environnemental régional (Ceser) Olivier Masini dans l’avis publié ce mercredi. « Cette nouvelle diminution des moyens de la formation professionnelle intervient dans un contexte de crise sans précèdent de ce secteur marqué par la cessation d’activité de nombreux organismes de formation y compris dans notre région », déplore-t-il, s’inquiétant aussi de l’impact pour les missions locales. Dans son rapport, l’institution consultative pointe une baisse de 21% des budgets dans le domaine de la formation professionnelle. « Il y a juste eu un sujet comptable, on garde le même nombre de places de formation », défend le président de Région. Une partie de cet impact s’explique en effet par le glissement sur une année civile de la rémunération des stagiaires. « Je veux tordre le cou à l’idée qu’on fait les Jeux olympiques et qu’on sacrifie le reste, insiste cependant Renaud Muselier. On se met au niveau à cause de l’État qui se désengage ! » D’autant que la collectivité, après les 80 millions d’euros de coupes imposées l’année passée, doit réaliser un effort supplémentaire de 60 millions d’euros. « Sur deux ans, c’est une saignée importante », s’indigne-t-il. Avant de pouvoir espérer infléchir les choix budgétaires au Sénat.

  • [Entretien exclusif] Renaud Muselier : « Pourquoi je suis candidat au Sénat »

    [Entretien exclusif] Renaud Muselier : « Pourquoi je suis candidat au Sénat »

    La Marseillaise : Il se murmure que vous songez à vous présenter aux sénatoriales. Êtes-vous candidat ?

    Renaud Muselier : J’annoncerai ce jeudi à ma majorité, avec une expression orale ce vendredi lors de la plénière qui a lieu pour le budget, ma décision d’être candidat. Après les municipales, la prochaine étape, qui est la mère des batailles, c’est la présidentielle. J’entends y participer dans le cadre de ce que je sais le mieux faire : avoir un candidat unique et des soutiens rassemblés pour gagner. Depuis ma position de président de Région, ma voix n’est pas assez forte. J’ai donc décidé d’être candidat au Sénat. Je pense que j’ai servi mon pays en servant la région, je veux désormais servir notre région en servant mon pays. Nous avons ici le sentiment du travail accompli et la certitude que nous avons été un laboratoire d’innovation politique. Nous avons créé une majorité plurielle, c’était une nécessité imposée par la contrainte, puis nous avons eu une pratique du pouvoir, un exercice novateur de l’expression de l’intérêt général, une manière de gouverner en additionnant les différences qui a prouvé qu’il était possible de demeurer fidèle à ses idées et ses valeurs sans sombrer dans le sectarisme ou la brutalité des comportements. Ici à la Région, on a multiplié les succès, su faire face aux crises, donné une ligne, un cap. On a surtout su suppléer aux insuffisances d’un État obèse, au mieux engourdi, au pire pétrifié. Et aujourd’hui je vois qu’à l’Assemblée un certain nombre de parlementaires veulent s’en prendre aux régions au prétexte d’une proposition sur l’Alsace, avec, au bout, un dépeçage de notre organisation territoriale. Je le refuse. Les Régions ne sont pas des territoires avec lesquels on peut faire sécession au gré des humeurs du moment ou des petits calculs électoraux. C’est dans ce contexte que je serai candidat aux élections sénatoriales en septembre.

    Cela signifie-t-il que vous quittez le conseil régional ?

    R.M. : Si je suis élu, je céderai la présidence tout en restant conseiller régional ayant en charge les Jeux olympiques, les affaires internationales et l’Europe.

    À qui souhaitez-vous céder la présidence ?

    R.M. : Question naturelle. Mais la réponse s’inscrit dans un cadre plus large et plus collectif. Quels sont les enjeux ? Un certain nombre de personnes dans la majorité régionale vont faire campagne pour la présidentielle, je veux garantir cette liberté pour chacun mais protéger la Région des turbulences que cela peut générer. Après, il faut un profil type et mécaniquement un respect territorial. Quand on regarde les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, qui ne manquent pas de gens de qualité. C’est trop petit. Le Vaucluse, il y a des évolutions politiques avec la victoire à Avignon mais il y a trop de travail pour venir ici. Dans les Bouches-du-Rhône, tout le monde est servi. La victoire de Nicolas Isnard fait en sorte que la totalité des vice-présidences de droite et du centre à la Métropole Aix Marseille Provence, sont des membres de ma majorité. Dans les Alpes-Maritimes, le désordre est encore important. Il faut attendre tranquillement que ça se décante et que les écuries se définissent dans le cadre de la présidentielle. Donc on arrive dans le Var. Je pense que le profil type c’est quelqu’un qui a été élu et réélu…

    … Dès le premier tour ?

    R.M. : Quelqu’un qui est président d’une communauté d’agglo, qui a participé à la victoire à Toulon, qui est vice-président à la Région. Un profil type s’écrit naturellement. Mais ce n’est pas le débat du jour. C’est l’organisation qui est importante. Les vice-présidents resteront vice-présidents. Le cabinet restera le cabinet. Les équipes resteront les équipes. C’est l’intelligence collective qui doit perdurer.

    Avec François de Canson dans votre fauteuil, ce serait la première fois qu’un Varois accéderait à la présidence de la Région.

    R.M. : D’abord je veux dire que cette démarche que j’engage s’est faite dans d’autres régions. C’est vrai en Bretagne avec Jean-Yves Le Drian et Loïg Chesnais-Girard, dans les Pays de la Loire avec Bruno Retailleau et Christelle Morançais, en Auvergne-Rhône-Alpes avec Laurent Wauquiez et Fabrice Pannekoucke… Ça s’est fait deux fois dans le Grand est, c’est désormais M. Leroy qui en est président. C’est susceptible d’arriver en Corse avec l’élection de M. Simeoni à la mairie de Bastia. Ensuite, le Var est un département qui a beaucoup grossi, il est de même taille que les Alpes-Maritimes en réalité, donc il n’est pas incohérent qu’il puisse nous donner un président.

    En apprenant votre décision, certains diront que vous désertez le combat des prochaines régionales, qu’elles sont perdues d’avance.

    R.M. : On m’a toujours annoncé que je vais perdre. C’est assez amusant parce que tout en disant cela, on me demande toujours de partir au combat. On m’avait annoncé la défaite aux régionales, le raz-de-marée RN aux municipales. Ils sont où ceux qui ont annoncé cela ? Peuvent-ils ressortir leurs écrits, leurs propos, leurs passages télé pour nous expliquer qu’on allait tous être dévorés ? La vérité c’est que sur 29 têtes de liste issues de ma majorité, 28 sont gagnants ! Il n’y en a qu’un qui a perdu, c’est Nice. C’est à part. Quand je regarde le nombre de communes dans la région et que j’additionne les listes divers droite et sans étiquette qui forment ce grand collectif de la droite et du centre, j’en ai 94% ! 2,5% d’extrême droite. Ont-ils progressé ? Oui. La pression est-elle importante ? Oui. Mais avec ma méthode régionale, ils perdent systématiquement.

    Peut-on appliquer la méthode Muselier sans Muselier ?

    R.M. : Je ne suis pas unique au monde. C’est une technique, une méthode, un mode d’emploi. Tous ceux qui ont gagné dans leur commune, l’ont suivi. J’ai toujours dit « ne soyez pas candidats les uns contre les autres », ils ne l’ont pas été. Ça marche quand même. Partout où il y a eu division, il y a eu défaite. Vous voulez qu’on parle de Fos ? De Menton ? De La Seyne ? De Carpentras ? Oh ! Quand il y a l’union avec du travail dans la proximité, de l’efficacité, comme chez M. Isnard, ce sont des endroits où le RN est à 60% et nous gagnons à 80%. Le national ce n’est pas le local !

    La méthode d’unité maximale
    de la droite et du centre a été éprouvée à Marseille et n’a pas fonctionné. Comment l’expliquez-vous
     ?

    R.M. : Je pense qu’on a eu dans la région une efficacité maximum sauf pour Nice et Marseille. D’abord l’extrême droite n’a pas gagné ce scrutin, je remercie tous ceux qui nous ont aidés à ce qu’elle ne le gagne pas et j’en veux beaucoup à ceux qui se sont divisés pour la faire gagner. À Fos, c’est les divisions de la gauche, à La Seyne, ce sont les miens qui font perdre. Et à Toulon, c’est tous ensemble qu’on gagne. Bravo Mme Massi, merci M. Bonnus et Mme Brunel.

    Vous faites comme si Marseille et Nice étaient des exceptions. Ce sont de très grosses exceptions !

    R.M. : D’abord sur l’exception marseillaise, je soutiens Mme Vassal, c’est mon amie. Ça n’a pas marché. Je le regrette. Il y a toutes une série de paramètres qui entrent en compte. M. Payan n’était pas mon candidat mais il a été élu par les Marseille. Respect. Bravo. Je lui fais ma salutation républicaine. Mais la ville était à gauche, elle reste à gauche. On ne l’a pas perdue.

    Vous avez perdu les élections…

    R.M. : Oui mais on garde la Métropole.

    Avec une ampleur historique.

    R.M. : Ça n’a pas marché du tout. Et ça me gêne tout particulièrement parce que j’étais le président de son comité de soutien. Donc je le prends aussi pour moi. Quelque part c’est une claque pour moi aussi. Certains m’ont dit « tu comprends j’aime pas Vassal », mais pourquoi tu ne votes pas pour moi alors puisque je la soutiens ? Bon, on a fait 5. Ça arrive dans la vie. On fera plus la prochaine fois ! J’ai essayé de fabriquer une nouvelle génération. Il y a plein de jeunes très bien dans cette équipe, il y a des moins jeunes qui sont malheureux et je suis malheureux pour eux. C’est une page qui se tourne, une autre s’écrira. M. Payan est conforté et pour la première fois de sa vie, il est élu maire. Tant mieux pour lui.

    Et Nice ? Que s’est-il passé ?

    R.M. : Je ne sais pas comment l’histoire s’écrira. Est-ce que ce sera le fruit de la haine de deux hommes qui ont tout fait ensemble ? Ou d’une brillante stratégie de l’un par rapport à l’autre dont le bilan exceptionnel n’a pas pesé ? Ou l’histoire d’un mec d’extrême droite qui cache l’étiquette et demande à Bardella de ne pas venir ? Pour quelle raison la gauche ne s’est-elle pas retirée ? Est-ce justement toute cette histoire commune qui fait que là-bas, elle ne veut pas ? Il nous faudra prendre du recul, analyser les erreurs. Contrairement à Marseille, il y aura des conséquences nationales. Il y a un RN camouflé en union des droites qui avance d’une manière terriblement efficace.

    Les épreuves des JO prévues à Nice auront-elles lieu à Lyon ?

    R.M. : D’abord je ne parle jamais du plan B même s’il existe. Le plan A, c’est le projet Estrosi-Muselier validé par le comité d’organisation des Jeux olympiques, les fédérations nationales et internationales et le CIO, est conforme aux normes des JO. Le projet alternatif de M. Ciotti est au niveau d’un championnat du monde junior d’après ce que me disent les fédérations et le CIO. Il y a quand même un vrai gap. J’ai constaté que M. Ciotti était contre les JO de Paris et puis quand il a vu le succès il a dit que c’était bien. Il était contre le JO à Nice parce que c’était piloté par M. Estrosi et puis il a réalisé en cours de route que c’était bien. Je l’ai eu au téléphone, au-delà des divergences politiques je veux garder les Jeux pour ma région. C’est environ 700 millions de retombées économiques pour Briançon, 700 millions pour Nice, 700 millions pour le reste. Tous ceux qui ont gagné les élections dans les Alpes sont pour les Jeux. Lui, maintenant, il est demandeur. On n’a pas le choix, il faut décider entre le 20 et le 30 avril, il faut lancer les appels d’offres en mai. Nos équipes se sont vues le 1er avril – ce n’est pas une blague – que des techniciens pas de politiques. Prochain rendez-vous le 17 avril. Je pense qu’on va y arriver.

    Vous voulez vous impliquer dans
    la présidentielle, qu’est-ce que cela veut dire concrètement
     ? Vous êtes favorable à une primaire ? Vous êtes candidat dans ce type de dispositif ?

    R.M. : Ça veut dire que ce qui est applicable au plan local pour éviter des défaites et des raz-de-marée doit être bien intégré au niveau national. Munich c’est d’abord les esprits. Il faut se battre ! Je suis viscéralement gaulliste, j’entends me porter à l’avant-garde de ce combat. C’est la présidentielle de tous les dangers. Le pays est divisé. Des clans hostiles s’y affrontent sans se préoccuper de l’intérêt supérieur de la Nation. On assiste à des attitudes irresponsables et j’ose le dire, criminelles, dans un contexte ou la France comme l’Europe sont confrontées à un nouvel ordre mondial. Je suis un des plus vieux, je peux constater avec mon expérience que les rivalités d’ego sont souvent inversement proportionnelles à la qualité de ceux qui les entretiennent. Elles risquent de donner un funeste laissez-passer à une victoire des extrémistes et à une défaite de la France. C’est au Sénat, à l’Assemblée, dans les formations politiques qu’il faut être aujourd’hui pour faire entendre cette voix-là. Il n’en faut qu’un sinon on perdra !

    Comment imaginez-vous procéder pour n’en garder qu’un ?

    R.M. : Dans la mesure où on n’arrive pas à se départager aujourd’hui, il faut au moins avoir un pacte. Travailler sur un socle commun. C’est assez facile sur la santé ou sur l’école. C’est plus compliqué sur les questions économiques et fiscales. Il y a un effort à faire sur les finances, réparti équitablement. Sur l’international aussi. Il faut un pacte sur les valeurs, la laïcité, la performance de notre État. On peut faire ce qu’on veut, si on ne le modifie pas, ça ne marchera pas. Je l’ai dit au président de la République : quand on a fait nos lois olympiques, la loi Notre-Dame de Paris, on a sorti des choses en temps et en heure qu’on aura jamais sorti autrement. Et on n’a pas éclaté le droit du travail ni pété les normes environnementales… Pourquoi on ne ferait pas une grande loi comme ça, pour deux ans, sur la totalité de notre pays ? Pour éviter de mettre 5 ans à faire une crèche et que toutes ces règles qui s’additionnent aux normes coupent les pattes de tout le monde. Il faut simplifier, décentraliser…

    Vous ne répondez pas sur la primaire.

    R.M. : Je n’ai pas la réponse. Je vous ai répondu sur les ego démultipliés. Ça va se décanter. Quand vous êtes un homme de droite comme moi, qui a tout vécu, vous savez que le gagnant d’une primaire un an avant, il est battu. On n’a que ça comme expérience. M. Philippe me va très bien, M. Attal me va très bien, quelqu’un issu de LR me va très bien. Mais il faut qu’il n’y en ait qu’un à la sortie. Ça rentre dans les esprits. Si le bloc central veut être devant Mélenchon, il ferait bien de faire attention à ne pas finir derrière M. Glucksmann.

    Qu’allez-vous proposer ? Un comité de liaison entre les forces de la droite et du centre ? Cette discussion ne peut pas voir lieu qu’au Sénat ?

    R.M. : Je le dis avec humilité, je crois que je suis respecté. On peut m’aimer, ne pas m’aimer mais il est rare qu’on conteste le travail que j’ai fait et mon mode de gouvernance. Mais je vois bien que cette puissance de baron local élu et réélu, ne pèse pas au niveau national. Je suis président délégué des Régions de France… On n’a pas accès au Premier ministre, au gouvernement, au Parlement… Ce n’est pas possible ! Donc jusqu’à maintenant je menais les combats locaux, mais il y a la présidentielle à gagner. Avant je pouvais faire les deux, aujourd’hui on ne peut plus. Il faut que je monte à Paris, que je fasse entendre ma voix et mon expérience.

    Dans les Bouches-du-Rhône, les sénatoriales sont un scrutin de liste. Avec qui serez-vous candidat ?

    R.M. : Je suis candidat dans un calendrier respectueux de mes amis. Je ne prends la place de personne. Patrick Boré qui était mon ami n’est plus là. M. Le Rudulier ne peut pas être candidat. Peu de gens sont capables de porter un discours rassembleur, anti-extrêmes, pro-décentralisation, pro-place des maires dans la Métropole qu’il faut revoir au plan législatif. La liste viendra.

    Vous êtes Marseillais donc il vous faut une Aixoise en numéro 2. Mme Devesa plutôt que Mme Boyer ?

    R.M. : Il me faut des voix. Je crois qu’on peut faire quatre sièges. Il faut une belle liste. Il faut du nord, du sud, de l’est, de l’ouest, des hommes, des femmes, un peu toutes les sensibilités, des gens qui s’entendent, un projet. Je veux être le chef de ce projet, le proposer en tant que tel. La liste ce sera plutôt fin mai, début juin.

    Où allez-vous siéger ? Votre sensibilité actuelle, Renaissance, est un peu marginale au Sénat.

    R.M. : Vous savez, au Sénat on n’arrive jamais à retrouver ses petits. Moi je suis un LR-Renaissance, un Muselier-Modem-Horizon-centriste-droite. Dans une élection comme celle-là, vous êtes élu par vos maires. Tous les grands maires ici, sont chez moi, en dehors de Marseille. Tous les grands maires je les ai aidés. Avec la convention régionale des maires, les contrats de territoire qu’on a passé, font en sorte qu’il n’y a pas de différence politique entre eux et moi. Je ne suis pas arrivé avec les subventions de la Région en disant « je suis Renaissance  », j’étais là pour aider à bien ficeler des dossiers avec l’Europe pour avoir des résultats. Je m’inscris dans cette logique-là.

    Vous en avez parlé avec Gérard Larcher ? Vos amis parisiens ?

    R.M. : J’ai prévenu tout le monde à Paris. Que ça soit M. Larcher, M. Attal, M. le président de la République, M. le Premier ministre. Vous savez, je fais les choses dans l’ordre parce que je sais comment ça marche.

    Que vous ont-ils dit ?

    R.M. : Après la surprise, ils trouvent que c’est plutôt une bonne idée.

    Samedi vous inaugurez le branchement à quai des navires de croisière. Ce sera donc l’une des dernières réalisations de votre mandat ?

    R.M. : Je vais être très heureux d’avoir initié ça. Mais regardez le paradoxe politique. Je pense que les Marseillais aiment leur port mais ne supporte plus d’être enfumé. Je crée les escales zéro fumée quand M. Payan nous fait une pétition contre les bateaux. On n’a pas pu en parler pendant la campagne. Samedi, on va l’inaugurer et c’est M. Payan qui va couper le ruban. J’éclate de rire. C’est cocasse. Mais je ne regrette rien, je crois que l’économie doit trouver une solution par rapport à l’environnement. C’est ce que j’ai écrit dans ma COP d’avance et mon premier budget vert d’Europe. Je le prouve. Je suis content pour le Port et les Marseillais. Pareil, je crois à la réindustrialisation décarbonée des bassins ouest. Ce n’est pas pour ça qu’il faut brûler les flamants roses !

  • [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    Forte de 54,34% des suffrages, la nouvelle majorité du Printemps marseillais s’assure une avance confortable avec 73 élus sur les désormais 111 sièges du conseil municipal, version réforme de la loi PLM, soit 10 de plus qu’en 2020. Pour mémoire il y a 6 ans, en pleine crise sanitaire, il avait fallu ferrailler dur pour que l’écologiste Michèle Rubirola prenne la tête de la Ville, avec le soutien de Samia Ghali (DVG) qui briguait elle aussi le poste dans un premier temps.

    Devenue finalement maire adjointe, cette dernière a désormais intégré le Printemps marseillais et fait partie des piliers sur lesquels s’appuie le Printemps nouvelle mouture. Tout comme Pierre Huguet (G.s), ex-adjoint à l’Éducation, Éric Méry, ex-adjoint à l’Urbanisme, le député PS Laurent Lhardit, les socialistes Joël Canicave, ex-adjoint aux Finances, Anthony Krehmeier, maire des 2-3 réélu, ou encore Yannick Ohanessian ex-adjoint en charge de la Tranquillité publique. Jusqu’alors en charge du Logement, Patrick Amico (GRS), bien que 71e sur la liste, est aussi de retour.

    On retrouve également les communistes, Audrey Garino, Jean-Marc Coppola, Nathalie Tessier, respectivement en charge de la Solidarité, la Culture et le Droit des femmes dans la mandature écoulée. Rangs du PCF qui se trouvent renforcés avec Anthony Gonçalves, oncologue et chef de file du parti pour ces municipales, Mohamed Itrisso, militant des quartiers nord et cofondateur du collectif SOS Comores et Ibrahim Mze, responsable du collectif fédéral du logement du PCF 13.

    Troisième de la liste, le militant écologiste, Amine Kessaci, devenu symbole national de la lutte contre le narcotrafic après l’assassinat de deux de ses frères, va également peser dans l’hémicycle.

    Une opposition RN

    Il y a aussi les petits « nouveaux » qui ne le sont pas vraiment, ayant déjà fait leurs preuves dans les secteurs ou à la métropole, comme Emilia Sinsoilliez, ex-première adjointe au maire des 2-3, Enda Amraoui, présidente du collectif pour une société plus inclusive, « Plus jamais sans nous » et ex-adjointe à la mairie des 4-5, Juliette Masson, ex-déléguée aux Écoles dans les 6-8 ou Jean-Marc Signes, ex-conseiller métropolitain écologiste, élu dans les 11-12. Côté société civile, Karim Touche, directeur général de la Ligue de l’enseignement 13 ou Yahya Güngörmez, représentant du Conseil démocratique kurde à Marseille font leur entrée.

    En face l’extrême droite. Franck Allisio, ayant totalisé 40,29% des voix, se pose en leader d’une opposition passée de 9 à 34 élus. Cumul des mandats oblige, il devra sans nul doute démissionner de la Région. Il s’appuiera sur des historiques comme Jean-Marc Graffeo, responsable départemental de Reconquête !, la députée RN Gisèle Lelouis ou Eléonore Bez, conseillère régionale. Il pourra compter sur une ribambelle d’ex-élus de secteur, Sophie Arrighi, Thibaut Charpentier, Jessy Nakache, ou Gérard Audibert. Figure aussi Jean-Baptiste Rivoallan, ancien président du groupe de la droite marseillaise à la métropole.

    Droite marseillaise atomisée avec 4 élus seulement dont Martine Vassal (DVD), présidente du Département, son bras droit Romain Simmarano (Ren.), Fabienne Bendayan, ex-présidente du Crif Marseille et Stéphane Pichon, président du Conseil régional de l’ordre des pharmaciens.

  • La Région en butte aux coupes budgétaires de l’État

    La Région en butte aux coupes budgétaires de l’État

    Jamais une séance plénière du conseil régional n’aura été aussi rapide. En moins de deux heures ce vendredi matin, l’entièreté de l’ordre du jour était balayée. Et pour cause, il n’y figurait, en dehors des questions orales et motions, que deux points à l’ordre du jour. Dont un passage obligé : le débat d’orientations budgétaires, préalable à l’adoption du budget prévue au mois d’avril.

    En guise d’introduction, le vice-président (Centriste) délégué aux finances Jean-Pierre Colin alerte sur « un amoncellement inquiétant de nuages ». L’addition des coupes budgétaires certes est moins sévère que ce qui était initialement prévu. Mais aux 60 millions d’euros déjà retirés en 2025 s’ajoutent de nouveau 60 millions d’euros en moins pour les finances régionales. La collectivité se rattrape grâce aux hausses des taxes sur les cartes grises et la mise en place du versement de mobilité régionale, dont le taux a été rapidement divisé par deux face à la fronde patronale. « La Région se donne des moyens pour poursuivre les priorités de la mandature sans renoncement », promet l’élu seynois. À savoir la rénovation des lycées, les infrastructures routières et ferroviaires, la transition écologique et surtout l’accueil des Jeux d’hiver 2030.

    « Le problème n’est pas d’investir », tente dans l’opposition d’extrême droite Coline Houssays (RN). Mais malgré cela elle réclame « une ligne rouge financière explicite ». Et s’oppose au nom de son groupe à la trajectoire financière régionale en déplorant « une région hyperactive ». « À quoi servirait un budget équilibré face à une région qui stagne ? À rien ! » l’interpelle le président du groupe majoritaire Pierre-Paul Leonelli face à la tentation austéritaire de l’extrême droite. « En ce qui concerne notre hyperactivité, tant mieux, ironise à sa suite Renaud Muselier. Mais je ne suis pas un canard sans tête qui court partout : nous nous sommes fixé un cap, et dans la région, ça fonctionne plutôt bien. » Il assume les coupes réalisées – « nous ne sommes pas le tiroir-caisse des autres collectivités » – et la priorité donnée aux Jeux « pour accélérer l’aménagement de notre territoire et avoir des arbitrages positifs sur l’ensemble de nos dossiers ». Et d’énumérer toutes les avancées récentes, du rail à l’industrie.

  • Au conseil régional, l’extrême droite veut la peau du Ceser

    Au conseil régional, l’extrême droite veut la peau du Ceser

    Dès l’ouverture de la plénière du conseil régional, ce vendredi matin, le président du Comité économique, social et environnemental régional (Ceser) Marc Pouzet avait donné le ton. « La démocratie a un coût, mais elle le vaut bien, elle ne peut être à géométrie variable », assénait-il. L’adoption en commission mixte paritaire, le 20 janvier dernier, du projet de loi de « simplification de la vie économique » prévoit en effet de rendre en effet facultative dans chaque région l’existence de cette instance consultative qui réunit représentants du patronat, des organisations syndicales et du monde associatif. « Le Ceser est utile, nécessaire et légitime, insiste Marc Pouzet. Une région qui s’appuie sur la diversité des points de vue est plus forte, plus résiliente. Nous devons continuer à débattre, à vous apporter ce dialogue indispensable entre la société civile organisée et représentative, et l’exécutif, quel qu’il soit. »

    Déjà au mois de mars 2025, un amendement adopté en commission qui prévoyait de supprimer purement et simplement le Ceser avait suscité une levée de boucliers. Le débat à l’Assemblée national l’avait finalement expurgé. Mais face à cette nouvelle attaque, l’instance a adopté une motion lors de sa réunion mercredi, dénonçant « une remise en cause majeure de la démocratie représentative, de l’équilibre républicain ». « Les Ceser sont des outils indispensables à la mise en œuvre de politiques publiques pour qu’elles répondent aux besoins de la population. Aussi, les attaquer constitue clairement un basculement dans le fonctionnement de notre République », complétait le secrétaire du comité régional de la CGT, Patrice Kantarjian.

    Dans l’hémicycle régional, c’est la vice-présidente Jacqueline Bouyac (Hor.) qui reprend la motion. « Rendre facultative l’existence même de ces assemblées affaiblit structurellement la place de la société civile organisée dans les territoires, et transforme un pilier démocratique en simple option politique », déplore-t-elle. Et d’assurer que les avis rendus pour l’instance restent utiles pour orienter les politiques du conseil régional, citant les travaux réalisés sur l’accueil des Jeux d’hiver 2030, sur l’agriculture méditerranéenne, sur les violences faites aux femmes… « Au moment où la démocratie est mise à l’épreuve, elle doit puiser dans ses institutions la force de se réinventer pour rassembler la société, poursuit l’élue. Les Ceser sont une partie de la solution, car ils sont un espace de dialogue, d’anticipation et de co-construction entre les forces vives des régions. »

    « La vraie vie »

    À l’autre bout de l’hémicycle, l’extrême droite demande le retrait de la motion. En prenant la parole, l’élue RN Laure Chevalier réduit l’assemblée qui regroupe 62 organisations patronales, syndicales et associatives à « des réunions d’entre soi d’auto-congratulation ». Et de considérer cette instance de consultation démocratique comme une simple dépense superfétatoire : « À l’heure où l’État semble devoir réduire notre budget, nous ne pouvons plus nous permettre ce luxe, il faut réduire la dépense publique. Supprimer les Ceser, c’est une option peu délétère qui fait économiser plusieurs millions d’euros. »

    « Sur le volet entre-soi, je ne crois que vous n’avez pas très bien compris ce qu’est le Ceser », ironise le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. Rappelant que les membres de l’assemblée consultative « ne nous donnent pas toujours raison, loin s’en faut ». Et pour cause, l’avis rendu sur les orientations budgétaires de la Région interpelle l’exécutif sur l’absence d’évaluation de l’ouverture à la concurrence, sur la baisse du versement mobilité régionale, sur les coupes pour la formation professionnelle. Mais malgré cela, le président de la collectivité rappelle l’importance de ces corps intermédiaires, qui arrivent à débattre pour produire « une synthèse de gens qui sont dans la vraie vie ».

    Hommage à Josy Chambon

    En ouverture du conseil régional, le président (Ren.) Renaud Muselier a rendu hommage à l’élue varoise présidente de la commission santé de la Région Josy Chambon, disparue le 30 janvier dernier. «Notre Josy s’est tue, et son silence fait un bruit immense», partageait-il. Et de saluer : «Elle ne dissociait jamais l’engagement humain de l’engagement public, un problème amenait une réponse, pas un commentaire.» Il s’engage à ce que l’institut de formation public varois des professions de santé à La Garde, qu’elle dirigeait depuis 1992, prenne son nom.