IA : un projet pour mieux accompagner les patients âgés

« Ce projet a pour but de répondre à une problématique concrète », déclare Raquel Urena, maître de conférences en intelligence artificielle pour la santé à Aix-Marseille université. Selon les chiffres de l’Inca, l’âge médian des personnes diagnostiquées d’un cancer est de 68 ans pour les femmes et de 70 ans pour les hommes. Raquel Urena poursuit : « On n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi certains patients résistent aux traitements mieux que d’autres. » C’est la problématique de l’accompagnement des personnes âgées dans leur traitement de cancérologie qui a poussé le docteur onco-hématologue Louis Tassy à lancer le projet. « Il a pour but de développer une intelligence artificielle qui, en rentrant les données médicales des patients, permet de déterminer quels types de conséquences ils risquent fortement de rencontrer », explique Raquel Urena. Elle ajoute que « concrètement, elle fonctionne en s’appuyant sur la base de données des dossiers médicaux de la Sécurité sociale, et trouve des correspondances entre différents patients et prédit ainsi les effets secondaires et permet des réponses plus adaptées », précise-t-elle.

L’importance de l’éthique

« La question de l’éthique avec de tels outils est très importante », lance Abdou Simon Senghor, ingénieur de recherche à AMU, il précise également que « dans le processus, nous sommes en étroit lien avec les professionnels de santé, c’est un outil d’aide mais il ne doit jamais devenir obligatoire dans le processus de soin », pose-t-il. Des entretiens avec des médecins seront réalisés ainsi que le suivi de patients témoins, ont-ils annoncé. Ce projet s’appuie sur une IA d’aide à la décision, qui ne réfléchit qu’à partir de sa base de données et ne génère aucun contenu : « L’IA que tout le monde connaît, comme ChatGPT peut générer du faux contenu, mais la nôtre ne produit que des résultats concrets, elle ne peut pas halluciner », déclare Raquel Urena. Cette dernière et Louis Tassy ont rapidement été rejoints par Sandrine de Montgolfier, maître de conférences en éthique médicale à AMU, qui veille à une correspondance totale du projet avec les normes et les bonnes pratiques.

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