Tag: patients

  • Aurore Bergé et le Centre hospitalier de Toulon signent une convention pour faciliter les dépôts de plainte des femmes victimes de violences

    Aurore Bergé et le Centre hospitalier de Toulon signent une convention pour faciliter les dépôts de plainte des femmes victimes de violences

    Aurore Bergé poursuit son tour de la région. En visite à Avignon, pour l’inauguration des nouveaux locaux dédiés à l’accueil des femmes victimes de violences, puis à Briançon, pour celle d’un banc symbolique contre les violences faites aux femmes, jeudi, la ministre déléguée à l’Égalité homme-femme était à Toulon, vendredi après-midi. Plus précisément à l’hôpital Sainte-Musse, pour découvrir le parcours patients dédié aux violences intrafamiliales.

    Première étape : la Maison des femmes. Depuis sa création en 2024, ce dispositif dédié à l’accueil, l’évaluation des besoins et l’orientation des victimes de violence, a déjà accueilli plus de 330 patientes. Il participe aussi à la diffusion des bonnes pratiques en milieu hospitalier, avec plus de 300 membres du personnel – médical comme administratif – formés, et mène son action en lien avec d’autres structures, telles que le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles du Var (CIDFF 83), qui apporte un soutien juridique.

    Il sera possible de déposer plainte à l’hôpital

    Sur l’aspect médical, les services d’urgences gynécologiques et obstétricales incarnent un lieu déterminant pour les cas de violences sexuelles. Là aussi, le personnel est formé pour repérer et prendre en charge les victimes, reçues ensuite par un référent violence.

    Le volet juridique, lui, est assuré par l’Unité d’accueil médico-judiciaire (UAMJ) et l’Unité d’accueil pédiatrique enfants en danger (Uaped). Lancées en 2023, elles accueillent des victimes de violences mineures et majeures engagées dans une procédure judiciaire à travers une prise en charge globale (médico-psychologique, médico-légale et judiciaire), en regroupant tous les acteurs concernés (médical, police, gendarmerie, justice, services sociaux).

    Tout l’esprit de la nouvelle convention signée, ce vendredi, par la ministre, la direction du centre hospitalier de Toulon-La Seyne (CHITS) et les services de police et de gendarmerie. Celle-ci va plus loin puisqu’elle permettra désormais les prises de plaintes de femmes victimes de violences au sein des hôpitaux de Toulon, La Seyne et de Hyères. Celles-ci n’auront plus à se déplacer : c’est un agent qui viendra directement à l’hôpital.

    Une avancée qui a pour but « d’éviter que la victime ne revienne en arrière sur la décision courageuse de déposer plainte et donc de quitter de manière définitive le conjoint violent », affirme Aurore Bergé. Mais il ne s’agit pas pour autant d’un couteau sous la gorge. La convention permet désormais aux victimes de conserver les procès-verbaux de leurs examens médicaux pendant trois ans. « C’est important parce que la parole met parfois du temps à se libérer », appuie Aurore Bergé.

    Sur la formation des policiers et gendarmes, et alors que le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, ciblé par une plainte pour viol sur mineur en août 2025, n’avait jamais été interrogé dans ce dossier par les enquêteurs (lire page 20), la ministre assure que « celle-ci existe, avec un guide d’entretien pour prendre la plainte », celles pour violences sexuelles demeurant « prioritaires sur tout autre motif quand on vient au commissariat ». Mais il faudra aller plus loin eu égard à l’évolution de la « définition pénale du viol, avec l’intégration de la notion de non-consentement, la question de la soumission chimique… »

    L’objectif est désormais d’étendre ce type de convention à « 100% des hôpitaux », indique Aurore Bergé. Avec, espère-t-on, un effet rapide. Rappelons que moins d’une femme sur cinq ose déposer plainte pour violence conjugale, et que 63 ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année.

  • Les infirmiers libéraux veulent de la rentabilité

    Les infirmiers libéraux veulent de la rentabilité

    En marge de son assemblée générale mardi dernier, le Sniil 83 tenait une réunion publique pour aborder le dossier chaud du moment : celui de l’avenant 11, destiné à créer le statut d’infirmier référent, mentionné dans le dossier médical du patient au même titre qu’un médecin traitant. Une avancée « qui paraît minime sur le papier, mais qui est importante car ça va permettre de valoriser la position de l’infirmier et faciliter l’échange d’informations avec les pharmaciens, les médecins, les familles… C’est l’infirmier qui fait le lien avec tout le monde, mais ce n’était écrit nulle part » explique Lazhar Abdelaziz, infirmier libéral à La Seyne et vice-président du Sniil 83.

    Trop peu de moyens pour la prise en charge

    des patients dépendants

    Un progrès qui en amène d’autres, notamment l’accès aux pansements simples (hors chirurgie) pour les infirmiers à partir de 2027 (qui pourront désormais les prescrire eux-mêmes, sans avoir besoin de l’aval d’un médecin) et la revalorisation des AMI (actes techniques hors cadre de la dépendance, tels que les prises de sang, les vaccinations, les pansements…) et AMX (actes techniques dans le cadre de la dépendance, comme les injections d’insuline, ponction, surveillance…) de 3,15 à 3,35 euros à partir de novembre, avant de passer à 3,45 euros un an plus tard.

    Pour Lazhar Abdelaziz, et en dépit d’une légère augmentation du forfait déplacement en 2025 (de 2,50 à 2,75 euros), « cela reste insuffisant en cette période d’inflation ». D’autant plus dans le cas des patients sujets à la dépendance, sujets au Bilan de soins infirmiers (BSI), un forfait décomposé en trois niveaux selon l’importance de la dépendance (BSA, BSB, BSC), et dont seul le dernier échelon a été revalorisé (de 28,70 à 31,80 euros). « C’est un forfait unique journalier, que vous fassiez deux, trois ou quatre déplacements, et peu importe le temps passé sur place, on touche la même chose », dénonce le vice-président de la Sniil, qui rappelle par ailleurs que « ce sont des montants bruts soumis de 46 à 52% de charges. C’est peu rentable au point que certains infirmiers ne veulent plus faire ces prises en charge. » Et conclut, en promettant des mobilisations si la situation ne s’améliorait pas : « On se sent extrêmement isolé. Les applaudissements à 20h nous ont fait chaud au cœur mais n’ont pas arrangé notre quotidien. »

  • Actes fictifs pour escroquerie massive, le dentiste minimise

    Actes fictifs pour escroquerie massive, le dentiste minimise

    Jugé pour escroquerie aggravée et blanchiment au préjudice de la Sécurité sociale, le docteur Mohamed Cherif a expliqué mercredi avoir été « conciliant par naïveté pour satisfaire des patients » tout en voulant s’assurer un train de vie luxueux. La facilité à frauder sans contrôle a posteriori l’aurait entraîné « dans un engrenage, une fuite en avant » où il dit avoir « perdu pied ».

    « L’engrenage, c’est l’appât du gain »

    De septembre 2020 à février 2023, ce praticien de 37 ans installé dans les quartiers nord, a facturé 10 883 actes non réalisés, médicalement non justifiés ou en utilisant frauduleusement des cartes vitales dans le cadre du tiers payant intégral pour 100 patients ciblés par l’enquête. La CPAM a évalué son préjudice à 2 660 658 millions d’euros. « Je n’ai pas eu l’impression d’avoir des montants aussi importants qui transitaient sur mon compte. Je reconnais un manquement, une faute. Je n’ai pas perçu l’intérêt personnel quand j’étais dans la spirale, car j’avais des charges, des impôts et je courais derrière un train de vie », a-t-il dit dans des explications assez confuses.

    À son interpellation, le 7 février 2023, les enquêteurs ont saisi 94 objets de luxe évalués à 358 000 euros dans son appartement de standing à la Joliette acheté 705 000 euros et un autre à Montpellier. La totalité en valeur des saisies est de 1 140 765 euros. « L’engrenage, c’est l’appât du gain », résume la présidente Margaux Kennedy qui le ramène à la réalité du fonctionnement atypique de son cabinet, boulevard Labro dans le 16e. « Vous figuriez au premier rang des dentistes français en remboursement par patient. 53,49% des actes ont fait l’objet d’une facturation par télétransmission non sécurisée, car sans lecture de la carte Vitale du patient. 56% de vos patients sont à la CMU contre 8% en moyenne dans le référentiel région avec des remboursements de plus en disproportionnés chaque année. »

    La présidente évoque le cas exemplaire d’un patient qui a fait l’objet de « 202 facturations d’actes de prothèses fixes pour un versement indu de 49 683 euros alors que son état dentaire était parfait exception faite de 2 dents dont une dent de sagesse, présentant une atteinte carieuse ». Ici un même acte facturé neuf fois. Là 35 couronnes pour un patient de 36 ans dont deux couronnes sur 13 mêmes dents dans un délai proche. Ou ces 5 assurés facturés le même jour de plus de 67 000 euros alors que le dentiste est à Montpellier. « J’ai fait des soins ce jour-là au cabinet, peut-être pas sur la totalité. J’étais très négligent. Je surfacturais sachant que j’allais avoir une longue période d’absence. »

    « J’ai jamais mutilé des patients »

    Le rapport d’enquête de quatre dentistes conseils de la CPAM conclut à un ratio d’actes fictifs très majoritaires avec forte suspicion de partage de remboursements : 15 familles représentent 47 des 100 patients ciblés par les enquêteurs. Son compte professionnel montre en effet un fonctionnement « à flux inversé » : c’est le dentiste qui fait des chèques à ses patients ! « À partir du moment où j’étais impliqué dans des actes fictifs, il m’a été demandé par certains patients une rétribution et j’ai fait certains virements à certains patients », reconnaît le prévenu, « mais j’ai jamais mutilé des patients, je me suis toujours refusé à cela ».

    Le spécialiste avait recours à une intermédiaire rémunérée, Fella Cherif, 32 ans, qui a « industrialisé le processus » et qui répond de complicité d’escroquerie avec dix autres faux patients. La jeune femme a fourni au dentiste une trentaine de cartes vitales et des photos de bouches. Elle a reconnu à la barre qu’elle touchait 1 500 euros à chaque carte Vitale présentée et 10% sur les facturations fictives. En un an, elle a perçu 58 000 euros et 22 300 euros pour ses proches.

    Le réquisitoire est attendu aujourd’hui.

  • Un dentiste au cœur d’une vaste escroquerie à la CPAM

    Un dentiste au cœur d’une vaste escroquerie à la CPAM

    Un chirurgien-dentiste marseillais de 37 ans comparait aujourd’hui et jusqu’à vendredi devant la 6e chambre correctionnelle, accusé d’escroquerie en bande organisée et blanchiment. Les malversations présumées commises entre septembre 2020 et février 2023 du docteur Mohamed Cherif, associé au sein d’un cabinet du quartier de Saint-André (16e), ont été révélées fin 2022 par une mutuelle intriguée que ce dentiste ait pu poser 35 couronnes sur un patient de 36 ans, dont à deux reprises sur 13 dents. La Caisse primaire a alors passé au crible un panel de 279 patients et découvert une facturation systématique et répétée de plusieurs prothèses, souvent sur une même dent ou de la bouche entière de patients parfois très jeunes. Les 100 assurés les plus facturés à tort représentaient 11 246 actes et forfaits. La CPAM a établi son préjudice total à 2 660 658 euros.

    L’enquête de la brigade financière n’a pas détecté de délabrement volontaire comme ce fut le cas pour les dentistes Guedj, père et fils, condamnés définitivement en 2023 à 5 ans et 8 ans de prison ferme pour la mutilation de 374 patients. Certains patients n’ont jamais subi de soins et ne connaissaient même pas le dentiste. Des patients ont reçu des soins cotés avec la carte Vitale d’une autre personne. Des bénéficiaires de la CMU ont reçu des soins normalement non remboursés mais que le dentiste cotait par assimilation en soins remboursables.

    Le praticien le plus remboursé de France

    Le montant des honoraires du dentiste a explosé, passant de 451 000 euros en 2019 à 1 314 000 euros en 2021. À tel point que le dentiste figurait au premier rang national pour le remboursement moyen par patient. Une seule patiente a porté plainte en 2023 découvrant des consultations pour prothèse dentaire du dentiste qu’elle n’avait jamais vu. Tous ses actes fictifs ont été facturés 34 743 euros.

    Porsche Panamera saisie

    L’épouse, chirurgien-dentiste aussi, disait tout ignorer des malversations de son époux. Le couple possédait cinq voitures dont une Porsche Panamera que la justice a saisie avec 376 000 euros en bijoux, vêtements, articles de luxe, une sculpture et deux appartements pour 740 000 euros. Le dentiste estimait dépenser 15 000 à 20 000 par mois en bijoux, montres, cadeaux, hôtels, vacances.

    La CPAM évoquait des « situations probables de partages d’honoraires » entre le dentiste et des patients. Ces derniers ont réfuté toute entente, se disant très étonnés du nombre de soins supposés effectués, totalement irréaliste. Ils disaient présenter leur carte Vitale au dentiste quand il la demandait. Plusieurs patients disaient avoir perçu des virements du dentiste qui leur avait demandé de lui rendre service en encaissant des chèques contre des espèces. Une femme homonyme du dentiste lui aurait apporté une trentaine de cartes vitales dont celles de 9 membres de sa famille, soit un préjudice total pour la CPAM de 583 000 euros.

    En audition, le praticien a expliqué avoir découvert un jour qu’après avoir coté par erreur deux fois un même acte, il avait été payé deux fois et n’avait jamais reçu de réclamation de la CPAM. Il soutenait avoir voulu aider des patients bénéficiaires de la CMU qui affluaient avec le bouche à oreille, en leur faisant bénéficier de soins non pris en charge en les cotant par assimilation comme des actes remboursés ou en cotant des soins au nom d’un autre membre de la famille. Mais plus ses revenus augmentaient, plus ses charges fiscales aussi, ce qu’il n’avait pas anticipé, d’où la spirale. Il était aussi souvent absent après avoir eu le Covid et après une opération du dos, ce qui l’avait amené à toujours plus facturer, entrant ainsi dans un engrenage qui l’avait dépassé. Il estimait toutefois ne pas s’être tant enrichi que cela.

    « verbatim »

  • Journée sport pour les patients et le personnel de psychiatrie à Toulon

    Journée sport pour les patients et le personnel de psychiatrie à Toulon

    L’objectif de cet événement placé sous le thème des super héros et mené en lien avec l’ASPTT de Toulon, la Maison sport santé de Toulon Var Est et l’association Ufolep, était de favoriser les échanges interservices et interétablissements. 800 patients en psychiatrie ont bénéficié de l’activité physique adaptée depuis début 2026.

  • Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    À l’heure où l’hôpital public se débat trop souvent avec le manque de moyens, le CHU de Nîmes rappelle aussi ce qu’il peut produire de meilleur : du soin, de la recherche et de l’innovation au service direct des patients. Dans le domaine du cancer du rein, le service d’urologie de Carémeau vient de s’imposer comme le premier centre français en nombre de nouvelles inclusions chirurgicales dans le réseau UroCCR, référence nationale de la recherche clinique sur cette pathologie.

    En mars 2026, seize nouveaux patients ont été intégrés à ce réseau médico-scientifique, qui fédère plus de 60 centres hospitaliers, cliniques et centres de lutte contre le cancer. Derrière ce chiffre, il ne s’agit pas d’une simple performance comptable. Chaque inclusion permet d’alimenter une base nationale de données de santé, d’affiner les connaissances sur les tumeurs rénales et de faire progresser les prises en charge. « L’objectif est de transformer les données recueillies en progrès concrets pour les patients », résume le CHU de Nîmes. La recherche clinique ne reste pas cantonnée aux laboratoires : elle entre dans les blocs, les consultations et les parcours de soins.

    Membre actif du réseau UroCCR depuis 2021, le service d’urologie nîmois s’est hissé parmi les centres les plus dynamiques du pays, régulièrement classé dans le top 5 national. Cette première place vient couronner une progression continue : plus de 500 patients inclus, 13 publications scientifiques internationales et cinq études multicentriques en cours, dont deux prospectives. Deux études nationales sont actuellement ouvertes aux patients, parmi lesquelles l’évaluation d’une application connectée destinée au suivi post-opératoire après chirurgie rénale.

    Des données pour soigner mieux

    « Être le premier centre français en inclusions UroCCR témoigne de l’engagement quotidien de notre équipe. Pour nos patients, ce classement garantit une prise en charge à la pointe de l’innovation : chaque donnée recueillie affine la précision chirurgicale et prépare les traitements de demain », soulignent le Dr Alexis Fontenil, chirurgien urologue et responsable local UroCCR, et le Pr Stéphane Droupy, chef du service d’urologie.

    Cette dynamique s’appuie aussi sur des moyens techniques. L’acquisition d’un second robot chirurgical Da Vinci a permis au CHU d’accroître son activité en chirurgie mini-invasive. L’établissement entend désormais développer la chirurgie ambulatoire et la modélisation 3D des tumeurs du rein, afin d’améliorer la précision des gestes et la récupération des patients. Pour les malades du Gard et d’Occitanie, l’enjeu est concret : accéder, près de chez eux, à des prises en charge longtemps associées aux plus grands pôles hospitaliers nationaux.

    Dans un CHU qui réunit près de 7 000 professionnels, cette réussite rappelle combien l’hôpital public demeure un outil essentiel de progrès médical, à condition d’être soutenu. À Nîmes, la médecine de précision n’est pas un slogan réservé aux grands centres universitaires. Elle se construit au quotidien, avec des équipes, des patients, des données partagées et une ambition claire : mieux soigner aujourd’hui, tout en préparant les traitements de demain. Une démonstration utile, à l’heure où la défense de l’hôpital public passe aussi par la reconnaissance de sa capacité à innover.

  • Un atelier artistique pour les patients de l’Établissement de Psychiatrie du Var

    Un atelier artistique pour les patients de l’Établissement de Psychiatrie du Var

    Depuis lundi, dans les jardins de l’Établissement de psychiatrie du Var, on peint, danse, crée, dans le cadre d’un atelier artistique proposé par Châteauvallon et la compagnie Artmacadam. Intitulé « Invente ton Nid », ce projet porté par l’Agence régionale de santé (ARS) et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) invite des patients en psychiatrie, âgés pour la plupart de plus de 65 ans, à « concevoir leur nid, où ils peuvent rêver et s’envoler, ce qui a du sens en ces lieux », décrit Hélène Charles, coordinatrice artistique d’Artmacadam.

    Une restitution vendredi

    Les prémices de ces ateliers remontent à février : « On est venu dans leur lieu de vie pour les introduire au sujet. On a récolté beaucoup d’informations, on les a fait parler, danser… Il était important de les libérer », évoque Hélène Charles. Depuis lundi, les participants travaillent autour de réalisations évoquant le nid. « Ça peut être des nids de mots, de mouvement… On a utilisé trois médiums : la musique, la danse, les arts plastiques. En imaginant la sécurité, l’amour d’un nid à travers le mouvement du corps, en donnant des musiques, des sons qui les apaisent… C’est un projet polymorphe », décrit l’artiste.

    Pour Michelle, l’une des patientes, c’est une renaissance : « Quand je suis rentrée à l’hôpital, j’ai cru que ma vie était finie. Je me suis réveillée il y a une semaine. J’ai vécu cela tellement fort. Avec les personnes du groupe, on ne se parlait pas. Maintenant, on fait connaissance, c’est une merveille. » « On leur apporte du rêve, un rôle et ça leur donne confiance », s’émeut Hélène Charles.

    Une restitution ouverte au public, réalisée par les membres d’Artmacadam, aura lieu vendredi à 15h dans les jardins du centre hospitalier de Pierrefeu. « Ce sera une rencontre, pas un spectacle. Ça permet d’ouvrir le monde psychiatrique par le biais de l’art et de faire tomber les préjugés. Les patients nous ont fait plein de cadeaux, on va essayer de les restituer au mieux », appuie la coordinatrice artistique.

  • [Entretien] « J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid »

    [Entretien] « J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid »

    Alors qu’une jeune femme a été évacuée mardi de Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes) vers un hôpital de Marseille pour une infection possiblement liée à l’hantavirus Andes, le chef de l’État Emmanuel Macron s’est voulu rassurant en déclarant que la situation en France était « sous contrôle », le gouvernement ayant mis en place « des protocoles extrêmement rigoureux » en consultation avec les « meilleurs experts ». « Maintenant, il est important qu’il y ait une vraie coordination européenne, c’est-à-dire que les protocoles aillent vers les standards les plus exigeants qui ont été définis à très court terme, et que l’Organisation mondiale de la Santé puisse coordonner tout cela comme il se doit ». La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a écarté le scénario d’une « circulation diffuse » en France et a précisé que sur les 5 Français ayant voyagé sur le MV Hondius, une femme est « dans un état grave. »

    La Marseillaise : Que pensez-vous de la gestion de l’hantavirus pour le moment ?

    Philippe Halfon : En termes de gestion de crise, c’est catastrophique. Disons que, si on cherchait à disséminer une épidémie, nous n’aurions pas pu faire mieux. Dans les gestions d’épidémie qu’on a connue dans le passé, lorsqu’il y avait des maladies graves comme la peste ou autre, on appliquait le principe de quarantaine. Dans le cas qui nous intéresse, on avait la chance d’avoir les patients regroupés à l’intérieur d’un bateau, où aurait pu se tenir cette quarantaine. Il aurait été possible de mettre en place un bateau médicalisé, avec tout ce qu’il faut en termes de ventilation mécanique, de réanimateurs et autres. Car bien sûr, il n’est pas question de laisser mourir les gens. Ce qui se passe actuellement est vraiment le résultat d’une très mauvaise gestion au départ. J’ai la sensation que nous n’avons rien appris du Covid. D’autant que, dans le cas du Covid, il était beaucoup plus difficile de contenir l’épidémie dans la mesure où les gens n’étaient pas au départ confinés sur un bateau.

    Que sait-on de l’Hantavirus actuellement ?

    P.H. : C’est un virus qu’on connaît depuis très longtemps. Ce n’est pas nouveau comme le SARS-CoV-2 [Virus responsable du Covid-19, Ndlr]. À l’époque on connaissait le coronavirus, mais pas le SARS-CoV-2. Là, les hantavirus sont très connus. On savait qu’il y avait des contaminations inter-humaines [la majorité des hantavirus ne touchent que les rongeurs, Ndlr]. Il existe un centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur depuis 2016 [Les Centres nationaux de référence sont des laboratoires, qui, en centralisant les informations à l’échelle nationale, participent à la lutte et au contrôle des maladies, Ndlr]. Les hantavirus ont été parfaitement décrits en médecine, dans les syndromes rénaux, dans les syndromes cardiopulmonaires, sur la base de toutes petites épidémies, très confinées.

    Quels sont les symptômes que peut impliquer une infection ?

    P.H. : Les premiers symptômes sont la fièvre, les courbatures, les douleurs articulaires, la fatigue, autrement dit les syndromes très communs des virus. Dans les cas qui nous intéressent, il y a eu des syndromes pulmonaires, avec une atteinte respiratoire, parfois hémodynamique, [circulation du sang, Ndlr] avec des hypotensions qui peuvent nécessiter une admission en réanimation. C’est ce qu’il s’est passé pour les patients décédés, ils sont morts d’un symptôme respiratoire aigu.

    Le virus est-il aussi dangereux pour tout le monde ?

    P.H. : Comme dans le cas de n’importe quelle infection, bactérienne ou virale, ce que vous voulez, l’état de la défense immunitaire du patient ou la présence de comorbidité a une grande influence. Naturellement, nous sommes tous infectés tous les jours par des virus, et des bactéries. On les sent plus ou moins passer, mais il ne se passe pas grand-chose. On a un petit coup de pompe, on est un peu fatigué, on se sent un peu fiévreux. Mais on ne sait pas forcément d’où ça vient, on ne va pas se tester. Il y a toujours un hôte et un virus, une bactérie avec son hôte. Comme dans le cas des rongeurs, qui parfois peuvent être asymptomatiques, il est possible qu’un humain infecté ne sente rien.

    Mais le taux de mortalité reste plus élevé que dans le cas du Covid…

    P.H. : Bien sûr. Dans le cas du Covid-19, on est à moins de 1%. Pour l’épidémie actuelle, si on compte 3 décès pour 8 cas, on obtient 38%. Je pense que ce chiffre très élevé de mortalité va baisser. On n’a pas encore de photographie globale. Dans d’autres cas, comme l’épidémie qui a eu lieu pendant la guerre de Corée, la première qui a été décrite [c’est le fleuve Hantaan, situé entre les deux Corées, qui donne son nom aux hantavirus, Ndlr], le taux de mortalité était de 5 à 10%. Dans d’autres cas plus récents, le taux de mortalité était de 50%. J’ai l’impression que chaque épidémie à son taux de mortalité, mais ça reste bien plus élevé que le Covid.

    Le virus est-il aussi contagieux que le Covid ?

    P.H. : La contagiosité est bien inférieure à celle du Covid. On sait que, dans les précédents cas, les épidémies sont restées très confinées, ce qui est plutôt bon signe.

    Entretien réalisé par Margot Milhaud

  • IA : un projet pour mieux accompagner les patients âgés

    IA : un projet pour mieux accompagner les patients âgés

    « Ce projet a pour but de répondre à une problématique concrète », déclare Raquel Urena, maître de conférences en intelligence artificielle pour la santé à Aix-Marseille université. Selon les chiffres de l’Inca, l’âge médian des personnes diagnostiquées d’un cancer est de 68 ans pour les femmes et de 70 ans pour les hommes. Raquel Urena poursuit : « On n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi certains patients résistent aux traitements mieux que d’autres. » C’est la problématique de l’accompagnement des personnes âgées dans leur traitement de cancérologie qui a poussé le docteur onco-hématologue Louis Tassy à lancer le projet. « Il a pour but de développer une intelligence artificielle qui, en rentrant les données médicales des patients, permet de déterminer quels types de conséquences ils risquent fortement de rencontrer », explique Raquel Urena. Elle ajoute que « concrètement, elle fonctionne en s’appuyant sur la base de données des dossiers médicaux de la Sécurité sociale, et trouve des correspondances entre différents patients et prédit ainsi les effets secondaires et permet des réponses plus adaptées », précise-t-elle.

    L’importance de l’éthique

    « La question de l’éthique avec de tels outils est très importante », lance Abdou Simon Senghor, ingénieur de recherche à AMU, il précise également que « dans le processus, nous sommes en étroit lien avec les professionnels de santé, c’est un outil d’aide mais il ne doit jamais devenir obligatoire dans le processus de soin », pose-t-il. Des entretiens avec des médecins seront réalisés ainsi que le suivi de patients témoins, ont-ils annoncé. Ce projet s’appuie sur une IA d’aide à la décision, qui ne réfléchit qu’à partir de sa base de données et ne génère aucun contenu : « L’IA que tout le monde connaît, comme ChatGPT peut générer du faux contenu, mais la nôtre ne produit que des résultats concrets, elle ne peut pas halluciner », déclare Raquel Urena. Cette dernière et Louis Tassy ont rapidement été rejoints par Sandrine de Montgolfier, maître de conférences en éthique médicale à AMU, qui veille à une correspondance totale du projet avec les normes et les bonnes pratiques.

  • Le service de psychiatrie de La Seyne-sur-Mer demande des renforts

    Le service de psychiatrie de La Seyne-sur-Mer demande des renforts

    Un poste sur quatre vacant dans 40% des hôpitaux publics, un patient sur deux soumis à des délais d’attente trop longs, et des demandes qui, en parallèle, augmentent (32% pour la pathologie, 25% pour les addictions) : la situation dans les services de psychiatrie se dégrade et les moyens n’augmentent pas, selon des chiffres de la Fédération hospitalière de France datés de 2024. Celle du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne (CHITS) en est un exemple concret. Avec trois psychiatres sur le départ (mutation, retraite…), l’inquiétude grandit au sein du service qui ne compte à l’heure actuelle que quatre, deux stagiaires et un médecin généraliste pour trois unités d’hospitalisation (dont une sous contrainte) et sept unités ambulatoires.

    En 2025, le service, basé à l’hôpital George-Sand de la Seyne, revendique 16 000 journées d’hospitalisation, un taux d’occupation de 90%, 1 100 patients suivis en extra hospitalier dont 349 à domicile, pour près de 5 000 consultations. Et si aucun recrutement n’était effectué, cela mettrait « en péril la prise en charge » ainsi que « la continuité et la sécurité des soins » dénonce l’intersyndicale CGT – CFDT – SUD.

    Aucune mesure annoncée par la direction

    « Malgré plusieurs réunions avec la Direction aucune mesure concrète n’est annoncée », dénonce cette dernière. Une situation qui « laisse planer un doute inquiétant sur l’avenir de ces services », d’autant plus « incompréhensible » que « le gouvernement déclare pour une deuxième année la santé mentale comme Grande Cause Nationale. » L’intersyndicale demande ainsi « des recrutements en urgence » pour que « l’établissement devienne une référence, un lieu où les psychiatres ont envie de venir et rester. »

    Le service a reçu le soutien de patients, regroupés au sein du collectif « Patients en Danger », et qui se sont mobilisés mardi devant l’établissement. Mais aussi celui du groupe d’opposition municipale « Alternative progressiste », pour qui « la psychiatrie publique ne peut être la variable d’ajustement des politiques hospitalières. Défendre ce service, c’est défendre une conception humaine, solidaire et ambitieuse de la santé. »