Tag: patients

  • Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Sans avoir pris connaissance des détails du décret, le président du comité héraultais de la Ligue contre le cancer ne veut pas y croire. « Je ne pense pas que les malades du cancer seront touchés. C’est un effet d’annonce pour faire passer la pilule. Il y aura forcément des dérogations pour les affections de longue durée*. Sans quoi, cela signifie que nous sommes en banqueroute. Ce serait une remise en cause totale de notre système de protection sociale selon lequel la solidarité aide ceux qui en ont le plus besoin », estime le professeur Jean-Bernard Dubois.

    Et pourtant, en l’état actuel des annonces de Stéphanie Rist, il y a de quoi s’alarmer. Le 23 juillet, la ministre de la Santé a annoncé que le plafond des franchises médicales sera relevé de 100 à 200 euros annuels (toujours 1 euro par boîte de médicament et par acte paramédical, 2 euros par consultation médicale, examen radiologique ou analyse, 4 euros par transport sanitaire). Le lendemain, elle enfonçait le clou pour l’Assurance maladie en promettant une baisse des remboursements dentaires, des transports sanitaires et autres médicaments jugés « moins efficaces ». Le tout dans une logique comptable d’économies de bouts de chandelle (1,5 à 1,7 milliard d’euros pour les déremboursements) afin soi-disant de « lutter contre les abus ».

    Inflation des tarifs des complémentaires santé ?

    Une logique inacceptable selon les associations car elle revient à faire payer davantage les malades. « Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’Assurance-maladie », a tout de suite dénoncé France assos santé. « Il vaudrait mieux lutter contre les fraudeurs plutôt que punir tout le monde », regrette Gilles Loison.

    Si on sait déjà que 18 millions de Français ne seront pas concernés (mineurs, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), femmes enceintes), le secrétaire héraultais du Secours populaire s’inquiète des répercussions chez les plus fragiles. « Nous recevons des publics qui ne sont pas en capacité de se payer une mutuelle et qui parfois, faute de moyens, renoncent à des soins dentaires ou sur des lunettes alors qu’ils sont la porte d’entrée de la santé. »

    De son côté, Que choisir Ensemble craint que les complémentaires santé qui ont déjà augmenté leurs tarifs de 25% en 3 ans (selon une étude de cette association de consommateurs), ne répercutent encore la mesure sur ses tarifs. « Ce sera pour elles un prétexte », prévient Claude Gaubert. Selon le responsable communication montpelliérain de l’asso qui fêtera ses 50 ans en septembre, aucun patient n’a à gagner à s’enfermer dans une logique où le privé prend une part de plus en plus importante des soins. « Quand vous donnez 100 euros à la Sécu, il vous en revient 95. Et seulement 80 quand c’est une complémentaire santé qui doit rémunérer ses actionnaires. » Une logique aussi fustigée par Gilles Loison au Secours populaire. « On va vers des soins à deux vitesses avec une sorte de système à l’américaine. Ils veulent la mort du système de Sécu d’après guerre. »

    * Cancers, diabétiques, AVC, maladies psychiatriques, neurodégénératives, insuffisances cardiaques, rénales…

  • La Boîte à bijoux : nouvelle forme de soins au CHU de Montpellier

    La Boîte à bijoux : nouvelle forme de soins au CHU de Montpellier

    C’est la deuxième intervention au CHU de Montpellier pour la journaliste de Radio Clapas Laure Méravilles, qui s’est prise de passion pour le milieu hospitalier. « J’ai débuté en pédiatrie », explique celle qui a d’abord coordonné le projet sonore Portraits de doudous. Mêlant radio et photo, il donnait la parole aux enfants malades et à leurs doudous à travers une exposition et des podcasts. « Au moment du montage, je me suis questionnée sur ce que je devais faire des enregistrements de ceux qui n’étaient plus là. Je suis allée poser la question au service de soins palliatifs et c’est comme ça que s’est faite la rencontre », raconte-t-elle.

    Laure Meravilles s’est formée à la faculté de Médecine de Nîmes pour appréhender la relation avec les patients. « J’ai eu un coup de foudre pour la démarche et j’ai voulu décliner ce projet sonore et artistique chez les adultes », commente-t-elle. Inspirée par le récent modèle de biographie hospitalière, cette forme de thérapie où le professionnel et le patient construisent ensemble une biographie reliée remise à la famille après le décès, elle invente « l’audiographie » hospitalière. Durant plusieurs rendez-vous, Laure propose ainsi au patient de se livrer à propos d’un bijou qui lui appartient et d’évoquer un souvenir. Elle travaille ensuite avec Christelle Labrande pour construire le support photo de l’enregistrement qui sera remis à la famille du patient. « La voix enregistrée peut survivre à celui ou celle qui l’a portée », remarque Laure, qui veut faire de la voix radiophonique un lien entre le disparu et son entourage. « C’est une parole authentique, consentie et préparée par le patient lui-même. »

    Sylvie Galan, cadre de santé en oncologie à l’hôpital Saint-Éloi, a vu évoluer le projet. Très optimiste, elle le désigne comme un renforcement des soins de support, ces méthodes destinées à permettre une meilleure acceptation et prise en charge du patient et de sa pathologie. « C’est une thérapie, c’est un plus qui s’inscrit dans la globalité des soins proposés », affirme-t-elle. « C’est bénéfique pour les patients de parler à quelqu’un qui n’est pas du milieu médical, une relation de confiance se construit. Ils se sentent écoutés et valorisés », précise la cadre de santé.

    Humaniser les relations hospitalières

    Ce dispositif fait partie d’un large panel de soins narratifs proposés au CHU. Ces soins visent à placer le récit du patient et son écoute attentive au centre de la relation médicale, pour construire un lien plus humain et profondément empathique. « À mesure que le projet grandit, on élargit les sujets, les souvenirs à raconter et la conversation déborde », avoue Laure. Cette approche sur-mesure et très humaine est appréciée par les patients. « Je suis suffisamment à l’aise pour donner un bout de moi », confie Alexandra, patiente en oncologie. « Il y a le côté agréable de faire des rencontres et le côté agréable de se remémorer de jolis souvenirs » ajoute-t-elle. Lorsque Laure lui apporte son objet finalisé, elle est émue : elle l’offrira à sa fille.

    Le projet traduit l’alliance thérapeutique tissée entre les malades et les soignants dans le milieu hospitalier. C’est le cas de Jean-Luc, greffé du cœur en 2013 et aujourd’hui suivi en oncologie. Venu enregistrer sa photo sonore dans le studio de radio Clapas, il insiste sur sa reconnaissance envers le personnel qui a remplacé son cœur par un autre cette nuit du 31 décembre : « Je leur apporte un petit cadeau chaque année », assure-t-il. Jean-Luc est aujourd’hui engagé dans plusieurs associations et intervient dans les établissements scolaires pour parler de son expérience avec les professeurs des matières scientifiques. Il vient raconter ses tatouages et sa vie de greffé au micro : motard aguerri au look de rockeur, il porte une multitude de bagues sur lesquelles Laure le questionne. Cet enregistrement, il le fera pour raconter comment il a décidé de continuer à vivre, en explorant le monde sur sa moto.

  • Les ambulanciers de la région en plein malaise

    Les ambulanciers de la région en plein malaise

    « Pin-pon. » Les sirènes des ambulances retentissent Boulevard des dames, ce jeudi, devant l’Hôtel de Région. Ils sont 300 véhicules à bloquer les rues de la cité phocéenne. Rassemblés à l’initiative de l’inter-fédération des entreprises de transport sanitaire en raison d’un contexte économique difficile, les ambulanciers souhaitent se faire entendre par le gouvernement. « Nos tarifs sont trop bas pour assurer toutes les charges. Tout augmente, sauf nos tarifs, gelés depuis 2018. On souhaite une revalorisation des tarifs et une reconnaissance de notre métier », défend Virginie Allegre, 49 ans, chef d’entreprise et ambulancière dans le Vaucluse. « Je vois que les équipes souffrent. Les ambulanciers font de plus en plus de volume d’heures pour arriver à survivre. Mais on n’arrive pas à les payer correctement », regrette Tony Bondil, 27 ans, régulateur aux ambulances de Manosque.

    « Deux entreprises ferment chaque semaine »

    Le taux de rentabilité d’une entreprise d’ambulances varie entre 2 et 5%, selon eux. Mais les trois quarts seraient en déficit. « Notre société fait un chiffre d’affaires conséquent. Mais là, on a passé trois ans en négatif. Ça ne peut plus durer, ça va nous pousser vers la faillite », poursuit Tony.

    Depuis 2013, les coûts des entreprises ont explosé de 40%. Les tarifs des prestations des ambulanciers, eux, ont augmenté de seulement 10%, décrivent-ils. « On a plus aucune rentabilité. On arrive plus à assumer nos salariés et on nous en demande plus tous les jours. Ça fait des mois qu’on demande des audiences au ministre, des mois qu’on alerte, et on a aucun résultat. Les ambulanciers sont à bout. Deux entreprises ferment chaque semaine en ce moment. On est à un seuil où on a besoin que le gouvernement nous écoute, nous entende et prenne des mesures pour nous aider. Sinon, c’est toute la profession qui va s’effondrer. On est un maillon essentiel dans la chaîne de soins, ça va se retentir de tous les côtés », exprime Anthony Abihssira, représentant départemental de la fédération nationale des ambulanciers privés. Les transports sanitaires privés sont l’un des derniers services de proximité présents sur l’ensemble du territoire. « C’est aussi pour les patients qu’on se mobilise. Si on venait à disparaître, je pense que ça serait très compliqué pour certaines personnes », se désole Virginie Allegre.

    La mobilisation est nationale. Près de 400 ambulances se sont réunies à Paris, le 26 juin. Les ambulanciers se rassemblent ce vendredi, à Lyon.

  • Le dentiste escroc écope de deux ans de prison ferme

    Le dentiste escroc écope de deux ans de prison ferme

    Le tribunal a largement dépassé les réquisitions et condamné lundi pour escroquerie en bande organisée et blanchiment un dentiste marseillais, Mohamed Cherif, 37 ans, pour avoir détourné en quatre ans 2 660 658 euros à la CPAM avec 11 246 actes et forfaits surfacturés ou totalement fictifs sur 100 patients.

    La 6e chambre correctionnelle présidée par Margaud Kennedy a considéré que ce jeune dentiste s’est lancé dans un schéma de fraude deux ans seulement après avoir obtenu son diplôme. « Dès le début, il a reconnu le mode opératoire de ses agissements. Il a été le premier bénéficiaire du produit de l’escroquerie et s’est considérablement enrichi. » Ces faits sont « d’une particulière gravité au vu de l’ampleur des détournements en moins de trois ans au préjudice du système de santé qui repose sur la solidarité nationale pour permettre notamment l’accès aux soins des plus démunis ».

    « La majorité de ses actes ont été purement fictifs », estiment les juges qui ont écarté la thèse défendue par le praticien qu’il aurait voulu arranger ses patients et il aurait été pris dans une spirale devant une imposition qui allait crescendo. S’agissant du délit de travail dissimulé au sein de son cabinet, le tribunal l’a relaxé.

    « Absence de prise

    de conscience »

    Le dentiste a facturé 50% des actes sans même utiliser la carte vitale des assurés. Le tribunal rappelle que « 73% des sommes fraudées à la CPAM sont détournées par des professionnels de santé ». Il a considéré qu’une peine d’emprisonnement était « indispensable ». D’où le prononcé d’une peine de 5 ans de prison dont 3 ans avec sursis probatoire avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire. S’ajoute une amende de 200 000 euros dont 150 000 avec sursis, la confiscation de 376 000 euros en bijoux, vêtements, articles de luxe, d’une sculpture et de deux appartements pour 740 000 euros. Au regard de l’« absence de prise de conscience » et du « risque de renouvellement » des faits, une interdiction d’exercice d’activité libérale est prononcée pour 5 ans.

    Le jugement souligne le « rôle pivot » de Fella C., une patiente qui a été son « intermédiaire dans ce schéma de fraudes qu’elle a diffusé » à dix faux patients de son entourage, condamnés eux à des peines allant de 105 heures de travail d’intérêt général à 10 mois de prison avec sursis. Fella C. a perçu 58 000 euros du dentiste en l’espace de 15 mois. « Elle a bénéficié d’un deal et a reconnu avoir perçu une commission à chaque recommandation d’un patient. » 31% des sommes au titre de la CMU ont été reversées à elle et ses proches. Pour cette complicité active, elle écope de 18 mois avec sursis et 10 000 euros d’amende.

    La solidarité de l’ensemble des prévenus est prononcée pour indemniser la CPAM de la somme de 2 660 658 euros. Le tribunal l’a toutefois limitée à hauteur de 277 000 euros pour dix prévenus autres que le dentiste.

  • Aurore Bergé et le Centre hospitalier de Toulon signent une convention pour faciliter les dépôts de plainte des femmes victimes de violences

    Aurore Bergé et le Centre hospitalier de Toulon signent une convention pour faciliter les dépôts de plainte des femmes victimes de violences

    Aurore Bergé poursuit son tour de la région. En visite à Avignon, pour l’inauguration des nouveaux locaux dédiés à l’accueil des femmes victimes de violences, puis à Briançon, pour celle d’un banc symbolique contre les violences faites aux femmes, jeudi, la ministre déléguée à l’Égalité homme-femme était à Toulon, vendredi après-midi. Plus précisément à l’hôpital Sainte-Musse, pour découvrir le parcours patients dédié aux violences intrafamiliales.

    Première étape : la Maison des femmes. Depuis sa création en 2024, ce dispositif dédié à l’accueil, l’évaluation des besoins et l’orientation des victimes de violence, a déjà accueilli plus de 330 patientes. Il participe aussi à la diffusion des bonnes pratiques en milieu hospitalier, avec plus de 300 membres du personnel – médical comme administratif – formés, et mène son action en lien avec d’autres structures, telles que le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles du Var (CIDFF 83), qui apporte un soutien juridique.

    Il sera possible de déposer plainte à l’hôpital

    Sur l’aspect médical, les services d’urgences gynécologiques et obstétricales incarnent un lieu déterminant pour les cas de violences sexuelles. Là aussi, le personnel est formé pour repérer et prendre en charge les victimes, reçues ensuite par un référent violence.

    Le volet juridique, lui, est assuré par l’Unité d’accueil médico-judiciaire (UAMJ) et l’Unité d’accueil pédiatrique enfants en danger (Uaped). Lancées en 2023, elles accueillent des victimes de violences mineures et majeures engagées dans une procédure judiciaire à travers une prise en charge globale (médico-psychologique, médico-légale et judiciaire), en regroupant tous les acteurs concernés (médical, police, gendarmerie, justice, services sociaux).

    Tout l’esprit de la nouvelle convention signée, ce vendredi, par la ministre, la direction du centre hospitalier de Toulon-La Seyne (CHITS) et les services de police et de gendarmerie. Celle-ci va plus loin puisqu’elle permettra désormais les prises de plaintes de femmes victimes de violences au sein des hôpitaux de Toulon, La Seyne et de Hyères. Celles-ci n’auront plus à se déplacer : c’est un agent qui viendra directement à l’hôpital.

    Une avancée qui a pour but « d’éviter que la victime ne revienne en arrière sur la décision courageuse de déposer plainte et donc de quitter de manière définitive le conjoint violent », affirme Aurore Bergé. Mais il ne s’agit pas pour autant d’un couteau sous la gorge. La convention permet désormais aux victimes de conserver les procès-verbaux de leurs examens médicaux pendant trois ans. « C’est important parce que la parole met parfois du temps à se libérer », appuie Aurore Bergé.

    Sur la formation des policiers et gendarmes, et alors que le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, ciblé par une plainte pour viol sur mineur en août 2025, n’avait jamais été interrogé dans ce dossier par les enquêteurs (lire page 20), la ministre assure que « celle-ci existe, avec un guide d’entretien pour prendre la plainte », celles pour violences sexuelles demeurant « prioritaires sur tout autre motif quand on vient au commissariat ». Mais il faudra aller plus loin eu égard à l’évolution de la « définition pénale du viol, avec l’intégration de la notion de non-consentement, la question de la soumission chimique… »

    L’objectif est désormais d’étendre ce type de convention à « 100% des hôpitaux », indique Aurore Bergé. Avec, espère-t-on, un effet rapide. Rappelons que moins d’une femme sur cinq ose déposer plainte pour violence conjugale, et que 63 ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année.

  • Les infirmiers libéraux veulent de la rentabilité

    Les infirmiers libéraux veulent de la rentabilité

    En marge de son assemblée générale mardi dernier, le Sniil 83 tenait une réunion publique pour aborder le dossier chaud du moment : celui de l’avenant 11, destiné à créer le statut d’infirmier référent, mentionné dans le dossier médical du patient au même titre qu’un médecin traitant. Une avancée « qui paraît minime sur le papier, mais qui est importante car ça va permettre de valoriser la position de l’infirmier et faciliter l’échange d’informations avec les pharmaciens, les médecins, les familles… C’est l’infirmier qui fait le lien avec tout le monde, mais ce n’était écrit nulle part » explique Lazhar Abdelaziz, infirmier libéral à La Seyne et vice-président du Sniil 83.

    Trop peu de moyens pour la prise en charge

    des patients dépendants

    Un progrès qui en amène d’autres, notamment l’accès aux pansements simples (hors chirurgie) pour les infirmiers à partir de 2027 (qui pourront désormais les prescrire eux-mêmes, sans avoir besoin de l’aval d’un médecin) et la revalorisation des AMI (actes techniques hors cadre de la dépendance, tels que les prises de sang, les vaccinations, les pansements…) et AMX (actes techniques dans le cadre de la dépendance, comme les injections d’insuline, ponction, surveillance…) de 3,15 à 3,35 euros à partir de novembre, avant de passer à 3,45 euros un an plus tard.

    Pour Lazhar Abdelaziz, et en dépit d’une légère augmentation du forfait déplacement en 2025 (de 2,50 à 2,75 euros), « cela reste insuffisant en cette période d’inflation ». D’autant plus dans le cas des patients sujets à la dépendance, sujets au Bilan de soins infirmiers (BSI), un forfait décomposé en trois niveaux selon l’importance de la dépendance (BSA, BSB, BSC), et dont seul le dernier échelon a été revalorisé (de 28,70 à 31,80 euros). « C’est un forfait unique journalier, que vous fassiez deux, trois ou quatre déplacements, et peu importe le temps passé sur place, on touche la même chose », dénonce le vice-président de la Sniil, qui rappelle par ailleurs que « ce sont des montants bruts soumis de 46 à 52% de charges. C’est peu rentable au point que certains infirmiers ne veulent plus faire ces prises en charge. » Et conclut, en promettant des mobilisations si la situation ne s’améliorait pas : « On se sent extrêmement isolé. Les applaudissements à 20h nous ont fait chaud au cœur mais n’ont pas arrangé notre quotidien. »

  • Actes fictifs pour escroquerie massive, le dentiste minimise

    Actes fictifs pour escroquerie massive, le dentiste minimise

    Jugé pour escroquerie aggravée et blanchiment au préjudice de la Sécurité sociale, le docteur Mohamed Cherif a expliqué mercredi avoir été « conciliant par naïveté pour satisfaire des patients » tout en voulant s’assurer un train de vie luxueux. La facilité à frauder sans contrôle a posteriori l’aurait entraîné « dans un engrenage, une fuite en avant » où il dit avoir « perdu pied ».

    « L’engrenage, c’est l’appât du gain »

    De septembre 2020 à février 2023, ce praticien de 37 ans installé dans les quartiers nord, a facturé 10 883 actes non réalisés, médicalement non justifiés ou en utilisant frauduleusement des cartes vitales dans le cadre du tiers payant intégral pour 100 patients ciblés par l’enquête. La CPAM a évalué son préjudice à 2 660 658 millions d’euros. « Je n’ai pas eu l’impression d’avoir des montants aussi importants qui transitaient sur mon compte. Je reconnais un manquement, une faute. Je n’ai pas perçu l’intérêt personnel quand j’étais dans la spirale, car j’avais des charges, des impôts et je courais derrière un train de vie », a-t-il dit dans des explications assez confuses.

    À son interpellation, le 7 février 2023, les enquêteurs ont saisi 94 objets de luxe évalués à 358 000 euros dans son appartement de standing à la Joliette acheté 705 000 euros et un autre à Montpellier. La totalité en valeur des saisies est de 1 140 765 euros. « L’engrenage, c’est l’appât du gain », résume la présidente Margaux Kennedy qui le ramène à la réalité du fonctionnement atypique de son cabinet, boulevard Labro dans le 16e. « Vous figuriez au premier rang des dentistes français en remboursement par patient. 53,49% des actes ont fait l’objet d’une facturation par télétransmission non sécurisée, car sans lecture de la carte Vitale du patient. 56% de vos patients sont à la CMU contre 8% en moyenne dans le référentiel région avec des remboursements de plus en disproportionnés chaque année. »

    La présidente évoque le cas exemplaire d’un patient qui a fait l’objet de « 202 facturations d’actes de prothèses fixes pour un versement indu de 49 683 euros alors que son état dentaire était parfait exception faite de 2 dents dont une dent de sagesse, présentant une atteinte carieuse ». Ici un même acte facturé neuf fois. Là 35 couronnes pour un patient de 36 ans dont deux couronnes sur 13 mêmes dents dans un délai proche. Ou ces 5 assurés facturés le même jour de plus de 67 000 euros alors que le dentiste est à Montpellier. « J’ai fait des soins ce jour-là au cabinet, peut-être pas sur la totalité. J’étais très négligent. Je surfacturais sachant que j’allais avoir une longue période d’absence. »

    « J’ai jamais mutilé des patients »

    Le rapport d’enquête de quatre dentistes conseils de la CPAM conclut à un ratio d’actes fictifs très majoritaires avec forte suspicion de partage de remboursements : 15 familles représentent 47 des 100 patients ciblés par les enquêteurs. Son compte professionnel montre en effet un fonctionnement « à flux inversé » : c’est le dentiste qui fait des chèques à ses patients ! « À partir du moment où j’étais impliqué dans des actes fictifs, il m’a été demandé par certains patients une rétribution et j’ai fait certains virements à certains patients », reconnaît le prévenu, « mais j’ai jamais mutilé des patients, je me suis toujours refusé à cela ».

    Le spécialiste avait recours à une intermédiaire rémunérée, Fella Cherif, 32 ans, qui a « industrialisé le processus » et qui répond de complicité d’escroquerie avec dix autres faux patients. La jeune femme a fourni au dentiste une trentaine de cartes vitales et des photos de bouches. Elle a reconnu à la barre qu’elle touchait 1 500 euros à chaque carte Vitale présentée et 10% sur les facturations fictives. En un an, elle a perçu 58 000 euros et 22 300 euros pour ses proches.

    Le réquisitoire est attendu aujourd’hui.

  • Un dentiste au cœur d’une vaste escroquerie à la CPAM

    Un dentiste au cœur d’une vaste escroquerie à la CPAM

    Un chirurgien-dentiste marseillais de 37 ans comparait aujourd’hui et jusqu’à vendredi devant la 6e chambre correctionnelle, accusé d’escroquerie en bande organisée et blanchiment. Les malversations présumées commises entre septembre 2020 et février 2023 du docteur Mohamed Cherif, associé au sein d’un cabinet du quartier de Saint-André (16e), ont été révélées fin 2022 par une mutuelle intriguée que ce dentiste ait pu poser 35 couronnes sur un patient de 36 ans, dont à deux reprises sur 13 dents. La Caisse primaire a alors passé au crible un panel de 279 patients et découvert une facturation systématique et répétée de plusieurs prothèses, souvent sur une même dent ou de la bouche entière de patients parfois très jeunes. Les 100 assurés les plus facturés à tort représentaient 11 246 actes et forfaits. La CPAM a établi son préjudice total à 2 660 658 euros.

    L’enquête de la brigade financière n’a pas détecté de délabrement volontaire comme ce fut le cas pour les dentistes Guedj, père et fils, condamnés définitivement en 2023 à 5 ans et 8 ans de prison ferme pour la mutilation de 374 patients. Certains patients n’ont jamais subi de soins et ne connaissaient même pas le dentiste. Des patients ont reçu des soins cotés avec la carte Vitale d’une autre personne. Des bénéficiaires de la CMU ont reçu des soins normalement non remboursés mais que le dentiste cotait par assimilation en soins remboursables.

    Le praticien le plus remboursé de France

    Le montant des honoraires du dentiste a explosé, passant de 451 000 euros en 2019 à 1 314 000 euros en 2021. À tel point que le dentiste figurait au premier rang national pour le remboursement moyen par patient. Une seule patiente a porté plainte en 2023 découvrant des consultations pour prothèse dentaire du dentiste qu’elle n’avait jamais vu. Tous ses actes fictifs ont été facturés 34 743 euros.

    Porsche Panamera saisie

    L’épouse, chirurgien-dentiste aussi, disait tout ignorer des malversations de son époux. Le couple possédait cinq voitures dont une Porsche Panamera que la justice a saisie avec 376 000 euros en bijoux, vêtements, articles de luxe, une sculpture et deux appartements pour 740 000 euros. Le dentiste estimait dépenser 15 000 à 20 000 par mois en bijoux, montres, cadeaux, hôtels, vacances.

    La CPAM évoquait des « situations probables de partages d’honoraires » entre le dentiste et des patients. Ces derniers ont réfuté toute entente, se disant très étonnés du nombre de soins supposés effectués, totalement irréaliste. Ils disaient présenter leur carte Vitale au dentiste quand il la demandait. Plusieurs patients disaient avoir perçu des virements du dentiste qui leur avait demandé de lui rendre service en encaissant des chèques contre des espèces. Une femme homonyme du dentiste lui aurait apporté une trentaine de cartes vitales dont celles de 9 membres de sa famille, soit un préjudice total pour la CPAM de 583 000 euros.

    En audition, le praticien a expliqué avoir découvert un jour qu’après avoir coté par erreur deux fois un même acte, il avait été payé deux fois et n’avait jamais reçu de réclamation de la CPAM. Il soutenait avoir voulu aider des patients bénéficiaires de la CMU qui affluaient avec le bouche à oreille, en leur faisant bénéficier de soins non pris en charge en les cotant par assimilation comme des actes remboursés ou en cotant des soins au nom d’un autre membre de la famille. Mais plus ses revenus augmentaient, plus ses charges fiscales aussi, ce qu’il n’avait pas anticipé, d’où la spirale. Il était aussi souvent absent après avoir eu le Covid et après une opération du dos, ce qui l’avait amené à toujours plus facturer, entrant ainsi dans un engrenage qui l’avait dépassé. Il estimait toutefois ne pas s’être tant enrichi que cela.

    « verbatim »

  • Journée sport pour les patients et le personnel de psychiatrie à Toulon

    Journée sport pour les patients et le personnel de psychiatrie à Toulon

    L’objectif de cet événement placé sous le thème des super héros et mené en lien avec l’ASPTT de Toulon, la Maison sport santé de Toulon Var Est et l’association Ufolep, était de favoriser les échanges interservices et interétablissements. 800 patients en psychiatrie ont bénéficié de l’activité physique adaptée depuis début 2026.

  • Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    À l’heure où l’hôpital public se débat trop souvent avec le manque de moyens, le CHU de Nîmes rappelle aussi ce qu’il peut produire de meilleur : du soin, de la recherche et de l’innovation au service direct des patients. Dans le domaine du cancer du rein, le service d’urologie de Carémeau vient de s’imposer comme le premier centre français en nombre de nouvelles inclusions chirurgicales dans le réseau UroCCR, référence nationale de la recherche clinique sur cette pathologie.

    En mars 2026, seize nouveaux patients ont été intégrés à ce réseau médico-scientifique, qui fédère plus de 60 centres hospitaliers, cliniques et centres de lutte contre le cancer. Derrière ce chiffre, il ne s’agit pas d’une simple performance comptable. Chaque inclusion permet d’alimenter une base nationale de données de santé, d’affiner les connaissances sur les tumeurs rénales et de faire progresser les prises en charge. « L’objectif est de transformer les données recueillies en progrès concrets pour les patients », résume le CHU de Nîmes. La recherche clinique ne reste pas cantonnée aux laboratoires : elle entre dans les blocs, les consultations et les parcours de soins.

    Membre actif du réseau UroCCR depuis 2021, le service d’urologie nîmois s’est hissé parmi les centres les plus dynamiques du pays, régulièrement classé dans le top 5 national. Cette première place vient couronner une progression continue : plus de 500 patients inclus, 13 publications scientifiques internationales et cinq études multicentriques en cours, dont deux prospectives. Deux études nationales sont actuellement ouvertes aux patients, parmi lesquelles l’évaluation d’une application connectée destinée au suivi post-opératoire après chirurgie rénale.

    Des données pour soigner mieux

    « Être le premier centre français en inclusions UroCCR témoigne de l’engagement quotidien de notre équipe. Pour nos patients, ce classement garantit une prise en charge à la pointe de l’innovation : chaque donnée recueillie affine la précision chirurgicale et prépare les traitements de demain », soulignent le Dr Alexis Fontenil, chirurgien urologue et responsable local UroCCR, et le Pr Stéphane Droupy, chef du service d’urologie.

    Cette dynamique s’appuie aussi sur des moyens techniques. L’acquisition d’un second robot chirurgical Da Vinci a permis au CHU d’accroître son activité en chirurgie mini-invasive. L’établissement entend désormais développer la chirurgie ambulatoire et la modélisation 3D des tumeurs du rein, afin d’améliorer la précision des gestes et la récupération des patients. Pour les malades du Gard et d’Occitanie, l’enjeu est concret : accéder, près de chez eux, à des prises en charge longtemps associées aux plus grands pôles hospitaliers nationaux.

    Dans un CHU qui réunit près de 7 000 professionnels, cette réussite rappelle combien l’hôpital public demeure un outil essentiel de progrès médical, à condition d’être soutenu. À Nîmes, la médecine de précision n’est pas un slogan réservé aux grands centres universitaires. Elle se construit au quotidien, avec des équipes, des patients, des données partagées et une ambition claire : mieux soigner aujourd’hui, tout en préparant les traitements de demain. Une démonstration utile, à l’heure où la défense de l’hôpital public passe aussi par la reconnaissance de sa capacité à innover.