Tag: Santé

  • [#DisMoiPourquoi] Posez les questions insolites des enfants aux chercheurs

    [#DisMoiPourquoi] Posez les questions insolites des enfants aux chercheurs

    Dis-moi pourquoi y a-t-il des inégalités entre les humains ? Quand l’eau chauffe dans une casserole, elle fait des bulles ? On peut glisser en chaussette et pas pieds nus sur du carrelage ? Pourquoi les fourmis trouvent toujours le chemin du sucre, elles ont un GPS dans leur tête ?

    Pour nous éclairer, Laboratoires, instituts, muséum d’histoire naturelle, centre de recherche, Universités… grâce aux Petits Débrouillards, pas moins de 21 acteurs se plient en quatre du 2 au 12 octobre. La biologie, la physique chimie, les science humaines et sociales, l’écologie, la santé et l’approche globale One health… Tous les domaines sont concernés.

    Tout le monde peut participer !

    Vous avez une question ? Posez -là depuis chez vous, à l’école ou à la bibliothèque. Donnez nous le prénom de l’enfant, son âge, sa classe, son école et sa ville. En partenariat avec les Petits débrouillards, les scientifiques répondent à tous individuellement.

    Et envoyez le tout par mail à : dismoipourquoi@lamarseillaise.fr
  • Le déremboursement des cures menace l’avenir de Balaruc

    Le déremboursement des cures menace l’avenir de Balaruc

    Balaruc-les-Bains ne s’appelle pas ainsi pour rien. Cette commune de 7 000 habitants située au bord de l’étang de Thau est la première station thermale du pays. Elle a accueilli en 2025 plus de 50 000 curistes, dont une bonne part venait sur ordonnance médicale. Une cure thermale est prescrite dans le cadre du traitement d’une maladie chronique. Un séjour est remboursé à 65% par la Sécurité sociale. Or le 8 octobre, la ministre de la Santé a annoncé vouloir un transfert de cette prise en charge vers les mutuelles. L’objectif serait d’économiser 200 millions d’euros dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027.

    Si la mesure s’appliquait, une catastrophe économique en cascades serait à craindre selon Didier Calas, conseiller municipal et président-directeur général de la société Balaruc-les-Bains Eaux Thermales. Les équipements thermaux de la Ville ont ceci de particulier qu’ils sont gérés par la Spleth*, une « société publique locale ». L’entreprise est une société anonyme de droit privé dont les actionnaires sont tous des collectivités publiques, à commencer par la commune qui en détient 85%. Selon Didier Calas, un désengagement de la Sécurité sociale compromettrait la venue de plus de la moitié des curistes. Les emplois de 390 salariés sont en jeu.

    Une chute de l’activité de la Spleth pèserait aussi directement sur les finances de la commune. En 2025, Balaruc a perçu 7,5 millions d’euros de redevance et 1,7 million d’euros de dividendes. La moitié de ces sommes est versée dans un budget annexe qui sert au remboursement des emprunts de la Spleth. Le reste contribue aux recettes de la Ville. Par ailleurs, une diminution de la population saisonnière pourrait entraîner une baisse des dotations de l’État. Compte tenu de la croissance de sa population dix mois dans l’année, la Ville de Balaruc reçoit actuellement une somme correspondant à une collectivité de 20 000 habitants.

    Un territoire fragilisé

    « La ville a bien vécu de cette manne du thermalisme. On a des actions sociales très fortes avec des tarifs très avantageux pour les services publics payants, comme le périscolaire ou les crèches. Le thermalisme a rejailli sur la ville depuis 10 ans », explique Didier Calas. L’action municipale en faveur du cadre de vie des résidents permanents et saisonniers pourrait être remise en cause. La ville emploie 200 agents, ce qui est important pour une collectivité de cette taille. Les habitants n’ont pas connu de hausse de la taxe foncière depuis 2003. La réflexion sur des projets portés à l’échelle intercommunale pourrait être suspendue. Loïc Linares (PS), le président de Sète agglopôle Méditerranée, évoque la transformation de l’entrée de ville de Balaruc, un futur parking répondant aux besoins des curistes ou bien la rénovation de logements.

    Des inquiétudes se font jour plus largement à l’échelle de l’étang de Thau. Selon la Spleth, les curistes dépensent en moyenne 1 800 euros pendant leur séjour. Le plus souvent les usagers des thermes séjournent trois semaines et viennent accompagnés. Une activité économique s’est développée autour de leur accueil : des professionnels de santé, des hôtels et des restaurants, une offre touristique, etc. « La Spleth est le premier employeur privé du bassin de Thau après les hôpitaux de Sète. Elle a un impact énorme avec des retombées économiques estimées de l’ordre de 250 millions d’euros », évalue Didier Calas. La fin des débats au parlement portant sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale est fixée au 26 novembre.

    * Société publique locale d’exploitation des thermes
    de Balaruc-les-Bains

  • Dans le Gard, un centre pour soigner les blessures invisibles

    Dans le Gard, un centre pour soigner les blessures invisibles

    Les blessures ne se voient pas toujours. Elles peuvent pourtant peser sur une vie entière. À Remoulins, sous les voûtes de l’ancien établissement thermal de Lafoux-les-Bains, la clinique du Pont du Gard vient d’ouvrir Hélios, un hôpital de jour consacré aux psychotraumatismes complexes. Son ambition : permettre aux patients de poursuivre leurs soins sans nouvelle hospitalisation complète.

    Violences sexuelles, maltraitances pendant l’enfance, violences conjugales, mais aussi négligences répétées : derrière ce terme médical se cachent des parcours marqués par des années d’insécurité. À la différence d’un traumatisme lié à un événement isolé, le psychotraumatisme complexe résulte d’expositions prolongées ou répétées. « Ces personnes vont essayer de s’adapter en se coupant de leur corps, de leurs émotions », explique le Dr Mehdi Ghozzi, médecin coordinateur de l’établissement. Plus tard peuvent surgir une estime de soi effondrée, des difficultés relationnelles, des douleurs chroniques ou des addictions. Des réactions que le psychiatre invite à comprendre comme des « mécanismes de survie, plutôt que comme des défaillances individuelles ».

    Depuis 2017, l’établissement, appartenant au groupe privé Emeis, développe une unité spécialisée d’hospitalisation complète. Quinze de ses 70 lits sont consacrés à ces troubles. Une prise en charge dont les besoins se sont accentués avec la libération de la parole des victimes. « Les demandes ont été particulièrement fortes lors du mouvement #MeToo », souligne le médecin. Mais le rétablissement ne suit pas le calendrier d’un séjour hospitalier. La stabilisation peut nécessiter plusieurs années, d’où ce nouveau dispositif pensé pour accompagner les patients dans la durée.

    Réapprendre à habiter son corps

    Lancé mi-septembre, Hélios a d’abord accueilli six patients, déjà connus des soignants. Le dispositif pourra en recevoir sept par cycle de cinq à six semaines, à raison de trois ou quatre demi-journées hebdomadaires. Dans les salles ouvertes sur un jardin, les ateliers collectifs mêlent psychoéducation, gestion des émotions, kinésithérapie, sophrologie, activité physique adaptée et expression artistique. L’objectif n’est pas de forcer le récit du passé, mais de trouver des points d’appui dans le présent.

    Au cœur de cette démarche, les exercices d’« ancrage » : reconnaître ce qui se passe en soi, reprendre contact avec ses sensations, retrouver un sentiment de sécurité lorsque des souvenirs traumatiques refont surface. « Ils apprennent ainsi à réguler leurs émotions et à faire face aux situations du quotidien », résume le Dr Ghozzi. Les notions sont reprises au fil des semaines, sans transformer une absence en échec. Les patients repartent avec des outils à réutiliser chez eux, dans leur quotidien.

    Ce soin à temps partiel ne remplace pas une psychothérapie individuelle. Il s’adresse à des personnes déjà suivies et suffisamment stabilisées pour participer à un groupe, surtout à proximité de Remoulins. Les professionnels espèrent ensuite associer les familles, développer des actions pour les jeunes adultes et former d’autres soignants. Autant de pistes pour faire reconnaître ces souffrances trop souvent invisibilisées. A.J.

    * Infos pratiques : Hôpital de jour Hélios, clinique du Pont du Gard, 2 avenue du Pont du Gard, à Remoulins. Renseignements au 04.66.37.66.37.

  • L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    Après 16 ans d’existence, l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions est menacé. En seulement quatre ans, ce centre de recherche scientifique et participatif a perdu près de la moitié de son budget, soit environ 300 000 euros. « Il y a une réduction générale des financements, explique son directeur Philippe Chamaret. Ça fait plusieurs années qu’on en pâtit et qu’on recherche des fonds complémentaires. Aujourd’hui, on a un manque de moyens pour le fonctionnement minimum nécessaire pour mettre en œuvre les actions. Ce n’est pas tenable de consacrer 70% du temps de travail d’une équipe scientifique à chercher des financements. »

    Le budget de l’Institut repose à la fois sur les subventions des collectivités (essentiellement la Métropole), les appels à projet « de l’Agence nationale de la recherche, de l’Ademe, etc », et sur les missions cadrées dans le temps « comme ce qu’on fait à Lyon sur les PFAS », détaille Philippe Chamaret. Aujourd’hui, « l’inversion des flux financiers de l’État vis-à-vis des collectivités fait que certaines communes et la Métropole sont en grande difficulté et réduisent leurs contributions auprès du tissu associatif », dénonce-t-il.

    La problématique n’est pas nouvelle. Jusqu’en 2018, l’Institut employait 13 personnes. Depuis, les effectifs ont été restreints à 9 salariés, dont 6 scientifiques. Mais pas question de réduire la voilure davantage. « Le schéma de l’Institut c’est avoir une équipe transversale, souligne le directeur. Enlever une personne, une fonction, ça n’aurait plus de sens. » C’est cette pluridisciplinarité qui a fait la réussite de l’organisme, pionnier en matière de sciences participatives, qui s’est aujourd’hui dupliqué dans trois autres territoires.

    Philippe Chamaret appelle à une mobilisation et à une réflexion d’ensemble pour imaginer un mode de financement plus pérenne. Avec une piste d’ores et déjà identifiée : créer une structure, un fonds ou une fondation, alimentée par tous les financeurs potentiels, « dont les industriels, qui aujourd’hui ne contribuent pas aux recherches en santé environnementale sur leurs émissions ». « On partirait sur une base plus lisible », assure-t-il. Cette concertation est une « nécessité », à l’heure où la réindustrialisation du bassin de Fos-Berre « va changer la nature des polluants ». « Si on investit pour inventer d’autres modes de production, il faut aussi investir dans la connaissance de ces nouveautés. »

  • Un grande collecte de sang organisée sur le Vieux-Port de Marseille

    Un grande collecte de sang organisée sur le Vieux-Port de Marseille

    Une grande collecte de sang éphémère se tient de 12h30 à 18h30 sur le Vieux-Port de Marseille, jusqu’à vendredi. Ce dispositif permet d’accueillir plus de 700 donneurs pendant cinq jours. Donner son sang est un acte gratuit et vital. Les produits sanguins ont une durée de vie limitée : 7 jours pour les plaquettes et 42 jours pour les globules rouges. Les prélèvements doivent rester réguliers et constants. À cette occasion, la convention de partenariat entre la Ville de Marseille, l’Union départementale pour le don de sang bénévole des Bouches-du-Rhône et l’EFS a été renouvelée, mardi, en présence d’Anthony Gonçalves, adjoint (PCF) à la santé, Robert Sichi, Président de l’UD13 et Virginie Ferrera-Tourenc, directrice de l’EFS Paca.

  • Pannes d’ascenseurs à Marseille : le bailleur PML s’engage sur l’urgence et le fond

    Pannes d’ascenseurs à Marseille : le bailleur PML s’engage sur l’urgence et le fond

    Dans le secteur de Malpassé, dans le 13e arrondissement, une délégation de locataires de Villecroze, des Oliviers, des Lauriers, des Cèdres et des Bleuets se sont mobilisés, à l’initiative de l’association Aclo-CGL pour dénoncer « des pannes récurrentes, des réparations qui tiennent trois heures ou trois jours », résume Nadia Zaimeddine. Une problématique qui concerne « l’ensemble de nos immeubles », précise l’associative.

    Sur le parvis de Frais-Vallon, trois voisines du bâtiment E6 de Villecroze sont assises sur des tabourets. « J’ai une prothèse au genou droit, à force de monter les huit étages, c’est le gauche qui flanche, déplore Rhamouna. On ne sort plus faire les courses si personne n’est là pour les remonter, sinon on reste toute la journée dehors. » à ses côtés, Halassi, 80 ans, un pied cassé, a « renoncé à aller chez le docteur ». Mirajé, 76 ans, déplore : « Mon mari est en insuffisance respiratoire. Il dort dans la voiture quand c’est en panne. » Pas mieux lotie aux Bleuets, une locataire appuyée sur sa canne déplore également devoir gravir « onze étages, ponctuellement ». Valide, Christophe n’en peut plus non plus de grimper, « après une journée de chantier, presque quotidiennement, les marches des Oliviers A ».

    Le vote au Sénat de la proposition de loi visant à réduire les délais d’intervention tarde. « Le sénateur communiste Jérémy Bacchi a promis de la pousser », rappelle Claude Dutto, militant de la section du 13e. Imrane Trocmé et Salim Alladine Abdallah, respectivement conseillers municipaux LFI sur les 4-5 et les 2-3, sont aussi à l’écoute des doléances. « Les prestataires n’ont pas de stock de pièces, c’est pourquoi nous demandons la mise en place d’une régie, qui pourrait constituer les siens », estiment les élus. Mais le circuit court reste tributaire d’une production des matériaux qui vient au mieux d’Allemagne, au pire de Chine.

    Un plan sur 10 ans

    « On entend qu’il y a une part de vandalisme dans les causes, mais c’est en troisième position, derrière le problème technique, puis le mauvais usage. Ce sont des réponses à l’urgence et sur le fond que nous venons chercher », explique Nadia Zaimeddine avant d’être reçue avec une délégation de locataires de chaque cité. Contactée, Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire et fraîchement élue à la présidence de Provence Métropole Logement (PML), reconnaît : « C’est un travail au long cours. Nous avons un parc assez défectueux. Il faut parfois changer le palier, parfois l’ascenseur entièrement. » L’été caniculaire et les micro-coupures de courant n’ont pas favorisé le fonctionnement des appareils. Des rénovations, dans les années 2000, n’ont pas permis de régler l’ensemble des problèmes. « Et nos prestataires ont un souci d’approvisionnement de pièces de rechange », confirme la présidente de l’office.

    Conscient de l’envergure de la situation, le bailleur « agit sur deux niveaux : l’instant T et la rénovation ». Un plan sur dix ans prévoit « la transformation intégrale d’une quinzaine d’ascenseurs par an, de manière à avoir accès plus rapidement aux pièces sur le territoire ». Il a par ailleurs mis en place « des réunions hebdomadaires avec l’ascensoriste Paca services pour identifier les pannes, leur durée et le suivi », indique encore Audrey Garino, qui s’est engagée « à transmettre tous les documents concernant ces problématiques à l’association de locataires ».

    Poussant la porte de sortie de l’immeuble, la représentante de la CGL s’est dite « rassurée sur nos exigences de transparence » et attend la table ronde « promise rapidement, avec une date qui reste à fixer ».

  • À Sisteron, le recrutement d’un médecin libéral confié à un cabinet

    À Sisteron, le recrutement d’un médecin libéral confié à un cabinet

    Suite au départ de plusieurs praticiens, les conseillers municipaux ont voté lundi pour le lancement d’une procédure de recrutement d’un médecin généraliste libéral. Confiée à un cabinet de recrutement, cette mission « vise à renforcer l’accès aux soins à Sisteron dans un contexte de fortes tensions sur la démographie médicale », a expliqué Géraldine Taix, adjointe déléguée à la santé. La commune est placée en zone d’intervention prioritaire par l’ARS depuis 2022. De plus, « les départs récents et à venir de praticiens risquent de porter à près de 2 900 le nombre d’habitants sans médecin traitant. Afin de répondre à cette urgence, la municipalité propose de recourir au cabinet spécialisé P&P Conseil, rémunéré uniquement en cas de recrutement effectif, tout en poursuivant d’autres pistes comme l’accueil de docteurs juniors », a précisé l’adjointe.

    Une médecin généraliste avait quitté son cabinet en 2025, et le médecin devant la remplacer n’avait pas pu obtenir les autorisations administratives pour s’installer à Sisteron, rappelle la mairie. Un autre médecin généraliste de la maison de santé vient d’annoncer qu’il partirait à la retraite le 1er janvier. « Du fait de ces départs, la situation de l’offre médicale à Sisteron est de nouveau sous forte tension », constate la mairie.

    « Pendant la campagne, on avait soulevé l’idée des médecins salariés, donc on vous invite à explorer cette piste-là aussi », a suggéré Olivier Jourdan, conseiller municipal d’opposition de la liste citoyenne d’union de la gauche Demain Sisteron ! « Si le médecin libéral quitte Sisteron avant un certain délai, le prestataire doit, à ses frais, relancer la mission pour retrouver quelqu’un », précise-t-il au lendemain du conseil municipal.

    « C’est une dérive qu’il y a depuis quelques années. Comme l’État n’assure plus ses missions de services publics et d’accès aux soins de la population, on voit de plus en plus de mairies qui se mêlent et qui prennent de l’argent de la municipalité pour aller vers la santé, alors qu’à la base, ce n’est pas leur rôle. C’est peut-être de l’argent qui n’ira pas à l’école ou dans d’autres domaines qui dépendent de la mairie », regrette de son côté Cédric Volait, responsable de la CGT Santé 04.

    Au total, « huit médecins généralistes ont été recrutés, dont quatre directement par la commune et quatre via des cabinets spécialisés. Le coût total des recrutements réalisés par des cabinets spécialisés sur 8 ans est de 45 000 euros », a précisé Géraldine Taix.

    Pendant le conseil municipal, Olivier Jourdan a aussi questionné le maire sur la récente fermeture de plusieurs commerces du centre-ville de Sisteron. Une boulangerie, les deux pâtissiers et le magasin de producteurs ont fermé récemment et d’autres fermetures ont eu lieu dans les mois précédents, explique-t-il. « C’est effectivement un sujet important qui mérite que nous l’abordions avec lucidité, sans pour autant tirer des conclusions hâtives », lui a répondu Jean-Pierre Templier (DVD).

  • L’Agence régionale de santé met le paquet sur le cancer

    L’Agence régionale de santé met le paquet sur le cancer

    Avec 44 500 nouveaux cas pris en charge chaque année, la Région Paca reste particulièrement touchée par les cancers. Un enjeu de santé majeur au cœur de la feuille de route 2026-2030 de l’Agence régionale de santé (ARS) a expliqué ce mardi 27 octobre son directeur général, Yann Bubien. « Nous faisons face à une augmentation continue du nombre de cancers, liée notamment au vieillissement de la population », contextualise-t-il, vieillissement accru en Paca quand « beaucoup de personnes âgées viennent s’installer en dernière partie de vie ». Deuxième constat, les inégalités sociales et territoriales qui persistent. « On a certains dépistages qui restent insuffisamment réalisés dans notre région », convient le directeur de l’ARS Paca, or « certains cancers de mauvais pronostics nécessitent des parcours plus rapides pour être pris en charge à un stade localisé ».

    Forte de ce diagnostic, l’ARS décline 22 actions, choisies parmi celles proposées par l’Institut national du cancer, qu’elle travaille en grands axes thématiques et en projets avec les hôpitaux, les professionnels de santé, l’Éducation nationale, les collectivités et nombre d’associations. Un investissement de 115 millions d’euros sur 5 ans. Concrètement, le paquet est mis sur la prévention quand « aujourd’hui, environ 40% des cancers peuvent être évités grâce à des actions sur les comportements et sur l’environnement », assure Yann Bubien. Dans la ligne de mire, le tabac, l’alcool, l’exposition aux UV très importante sous nos latitudes ou les infections HPV entendre les papillomavirus humains. Des objectifs précis sont fixés en matière de dépistage : 42% pour le cancer du sein contre 31% aujourd’hui, 35% pour le cancer colorectal contre 26% actuellement.

    Le tabagisme, un fléau

    L’ARS entend également réduire les délais d’accès aux soins. « Pour certains cancers, notamment ceux du poumon, du pancréas, de l’ovaire, chaque semaine compte », rappelle le directeur de l’ARS. Pour améliorer le « confort » de la prise en charge, l’ARS mise aussi sur l’ambulatoire avec le développement de l’hospitalisation à domicile (HAD). « On a multiplié par 4 notre taux de recours à la chimiothérapie par intraveineuse en HAD », précise Élodie Crétel Durand, médecin et cheffe projet stratégie décennale cancer.

    Sur le cancer du poumon dont 9 sur 10 sont liés au tabagisme, et dont le diagnostic est fait tardivement faute de symptômes, un programme baptisé « Impulsion » a été lancé, Paca faisant partie des 5 régions pilotes de France. Pas moins de 20% des 18 à 79 ans de la région fument, soit 775 000 personnes. L’ARS se fixe pour mission de réduire ce chiffre à 18% d’ici 2030 avec un dépistage accru auprès des fumeurs ou ex-fumeurs, âgés de 50 à 74 ans.

    « Nous avons mis en place un premier niveau avec des centres instigateurs, en clair, des structures médicales qui vont inclure les personnes dans le parcours, les accompagner, les amener au dépistage et vont suivre les résultats », détaille Olivier Reilhes, directeur de la santé publique de l’ARS Paca. Treize centres pour le moment installés dans les Alpes maritimes et les Bouches-du-Rhône mais qui devraient passer à 30 en s’étendant sur le Vaucluse, les territoires alpins et le Var. Dans un deuxième temps, les personnes concernées peuvent bénéficier d’un « scanner thoracique à faible dose », réalisé dans 9 centres d’imagerie d’hôpitaux ou de ville. Sur 700 personnes inclues dans l’étude et 500 scans réalisés en quelques mois, dix cas se sont avérés positifs.

    REPÈRES

    Moins de décès en Paca

    Entre 2019 et 2023, environ 135 000 personnes décèdent chaque année d’un cancer dans la région Paca, dont 58% d’hommes. Mais le taux de mortalité plus « favorable » qu’au national, 185 décès pour 100 000 habitants en Paca contre 195 en France masque des « différences selon les territoires et les cancers » selon l’ARS.

    Plus de mélanomes

    La progression des cancers cutanés reste un enjeu important pour l’ARS qui dénombre une augmentation de 29% du mélanome entre 2017 et 2023. Une progression à mettre en regard avec la diminution du nombre de dermatologues dans la région s’inquiète-t-elle.

    775 000

    personnes âgées de 18 à 79 ans fument en Paca, soit 20,9% de cette classe d’âge indique l’ARS. Avec une situation préoccupante pour les femmes dont 18,3% se déclarent fumeuses, un chiffre supérieur à la moyenne nationale.

  • 1,7 million d’Occitans invités à la vaccination

    1,7 million d’Occitans invités à la vaccination

    Vingt-quatre mille hospitalisations, 12 000 décès. Voilà le triste bilan de la grippe saisonnière l’an passé en France.

    Parce que rien ne vaut la prévention, l’Assurance maladie, qui incite au respect des gestes barrières en présence de personnes à risques, vient de lancer, le 13 octobre, la campagne vaccinale 2026-2027.

    En Occitanie, 1 706 454 personnes dites « fragiles » viennent de recevoir leur bon les invitant à aller se faire vacciner gratuitement contre la grippe, le Covid et autres virus de l’hiver. Sont concernées les personnes âgées de plus de 65 ans, les personnes souffrant de maladies chroniques (diabète, cancer…), d’obésité, les femmes enceintes ainsi que les nourrissons de moins de 6 mois (voire leur entourage). Les aides à domicile et les professionnels de santé sont incités également, eux qui seront peut-être obligés par la loi dès mars 2027, si l’avis de la Haute autorité de santé est suivi.

    2 000 décès par an évités

    En Occitanie comme ailleurs, la couverture vaccinale progresse (27,7% chez les moins de 65 ans à risques soit +3,7 points en deux ans et 55,8% chez les seniors de plus de 64 ans, soit +2,8 points) mais reste « en retrait comparé à la moyenne française [respectivement 28,9% et 56,7%] », regrette François Mengin-Lecreulx. Le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie rappelle que la seule « grippe n’est pas un virus anodin ». Elle peut donner lieu à des complications type « infections pulmonaires, cardiaques (…) et des surinfections », liste la professeure Anke Bourgeois.

    Parce qu’on estime que 2 000 décès annuels pourraient être évités en France grâce à la vaccination (70% des seniors hospitalisés ne sont pas vaccinés), les publics à risques vont être sensibilisés par SMS, appels téléphoniques, spots télé… Y compris pour la vaccination Covid qui n’a convaincu l’an passé que 14,2% des publics à risques, dont 60,3% dans les Ehpad (contre 82,2% contre la grippe). « Les deux tiers des vaccinations sont faites par les pharmaciens, puis les infirmiers et les médecins », précise Philippe Trotabas, directeur de l’Assurance maladie de l’Hérault.

    En outre, l’ARS rappelle qu’il existe des traitements préventifs pour la femme enceinte (53,8% s’étaient protégées en 2025) et le nourrisson contre la bronchiolite, maladie respiratoire très contagieuse souvent due au Virus respiratoire syncytial. Première cause d’hospitalisation des nourrissons, ce VRS peut aussi créer des infections graves chez les personnes âgées et fragiles. Outre les mesures d’hygiène à respecter, un vaccin existe pour les seniors. Enfin, un vaccin est disponible pour protéger les publics fragiles contre les infections à pneumocoques, responsables d’otites, sinusites, méningites, pneumonies… L’an passé, seuls 27,5% des seniors s’étaient fait vacciner.

  • À Marseille, les salariés de Vert Coteau refusent sa fermeture

    À Marseille, les salariés de Vert Coteau refusent sa fermeture

    Leur projet c’est le démantèlement complet de notre hôpital ! » Devant l’établissement de santé privé Vert Coteau, dans le quartier des Caillols à Marseille, les salariés font grise mine. Entre deux banderoles « Non à la fermeture 2027 », ils font état d’un hôpital à la dérive et d’une situation lunaire. Car depuis le rachat du groupe Sainte-Marguerite, dont faisait partie Vert Coteau tout comme l’hôpital voisin Beauregard, par le groupe Almaviva en février dernier, c’est la débandade. « On nous a annoncé la fermeture de Vert Coteau en juin dernier. La répartition des différentes activités, avec le personnel associé, se ferait sur d’autres structures qui appartiennent à Almaviva sur le secteur », expliquent d’une même voix Gaétan Fine, préparateur en pharmacie et Karine Cheniclet, secrétaire médicale de l’établissement, tous deux élus de l’Unsa. Problème : les représentants des salariés expliquent n’avoir « ni calendrier, ni garanties, ni tenants ni aboutissants » sur la procédure depuis. « La direction ne répond plus depuis fin septembre », martèle Karine Cheniclet.

    Déjà des emplois perdus

    De quoi laisser dans un flou artistique les quelque « 138 salariés qui partiraient sur Beauregard ». Problème : « Pour accueillir les salariés et le transfert d’activités à Beauregard, il faut des travaux… Et à ce jour, il n’y a rien de prévu », explique Sandrine Cartier, pour la CGT. Laquelle insiste : « On ne sait pas où vont aller les lits de soins palliatifs… Ils ne sont même pas dans le projet présenté ! » Concrètement, les salariés s’attendent à « une fermeture définitive à partir de janvier à horizon juin 2027 ». Mais difficile de prévoir le transfert des activités et donc la « continuité des soins des patients ». Pourtant, sur son site internet, Almaviva se targue d’avoir une structure hospitalière qui n’est pas vraiment en déclin puisque l’entreprise revendique l’hospitalisation de quelque 2 700 patients par an et 1 400 séances de chimiothérapie à l’année. Même schéma pour la santé financière du groupe, avec comme actionnaire principal le fonds koweitien Wren house infrastructure.

    Pas de quoi répondre à la question très concrète du devenir des activités hospitalières : « Il y a des activités qui risquent de disparaître : on a 10 lits de service réanimation, on ne sait pas où ils vont atterrir », s’alarme Karine Cheniclet. Et les petites mains du soin accusent déjà le coup en matière d’emploi : sur les 240 salariés qui officiaient sur l’établissement à son meilleur jour, il n’en resterait moins de 180 selon les syndicats. Contactée, Almaviva donne une autre version : « L’établissement compte à ce jour 193 salariés : ce chiffre a diminué de manière très faible, du fait de démissions ou de départs à la retraite. » Et développe : Ce projet ne prévoit aucune suppression d’emploi (…) L’ensemble des activités aujourd’hui assurées à Vert Coteau sera maintenu au sein des établissements du groupe situés à proximité dans l’agglomération marseillaise. » Quid des conditions de ces transferts ? « Le transfert des activités s’effectuera de façon progressive jusqu’à l’horizon juin 2027, ce qui laisse plusieurs mois pour que chaque étape soit préparée dans les meilleures conditions », répond Almaviva.

    De quoi convaincre les salariés ? En tout cas, l’adjoint au maire de Marseille en charge de la santé, Anthony Gonçalves (PCF), avait d’ailleurs alerté l’Agence régionale de santé (ARS) sur la situation : « Je ne peux que partager les inquiétudes et les interrogations légitimes qu’expriment les salariés. »

    « Je ne peux que partager les inquiétudes des salariés »