Tag: Santé

  • Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Une béquille pour assurer la continuité des soins pendant l’été. Le CHITS annonce une réorganisation provisoire de son pôle psychiatrique, à compter de ce lundi. Une réponse attendue face à l’avenir incertain du service, pour lequel syndicats et soignants sont mobilisés depuis plusieurs mois, notamment eu égard au départ de trois de ses quatre médecins.

    En conséquence, la capacité de l’Unité de psychiatrie sans consentement (UPSI) de La Seyne passe de dix à sept lits d’hospitalisation, au profit de celle de l’Unité intersectorielle d’hospitalisation en soins sans consentement (UIHSSC) de Toulon, renforcée de 15 à 18 lits.

    Un « beau projet » qui nécessite du recrutement

    Ce réajustement permet aux autres unités de poursuivre leurs activités normalement, et « s’accompagne d’un redéploiement des ressources soignantes (six infirmiers de La Seyne à Sainte Musse) et de renforts médicaux (recrutement de quatre praticiens en formation : deux à Toulon et deux à La Seyne-sur-Mer + recours à l’intérim) afin de garantir des conditions de prise en charge adaptées aux besoins », précise le CHITS. Des mobilités que voulait éviter l’intersyndicale CGT-Sud-CFDT, qui a toutefois obtenu qu’elles reposent sur le volontariat. Mais, à ce jour, « le nombre de volontaires reste insuffisant », alerte-t-elle.

    Pour faciliter le recrutement, notamment via l’accueil d’internes, une fédération médicale regroupant une unité de l’hôpital Sainte Musse et les deux unités seynoises a été créée, sous la responsabilité d’un professeur associé de territoire. « Le médecin de l’Unité G1 de Toulon s’est proposé de fusionner les unités G4 et G5 de La Seyne pour développer l’ambulatoire et limiter les hospitalisations en privilégiant le fait d’aller vers le patient », détaillent Bérangère Mas (Sud) et Valérie Lardet (CGT), représentantes de l’intersyndicale CGT-SUD-CFDT, pour qui ce dispositif incarne « la psychiatrie de demain ».

    S’il a permis « d’éviter le pire, à savoir la fermeture de six services psychiatries essentiels pour la population seynoise », reconnaissent les syndicats, ce plan global n’en reste pas moins une solution d’urgence, et « sera réévalué dès que les recrutements permettront un retour à une organisation pérenne », appuie le CHITS. Il conviendra donc de « rester vigilants. On espère un recrutement rapide, on ne lâchera pas la pression. Le professeur propose un beau projet mais sans psychiatres, on ne fera rien », annoncent Bérangère Mas et Valérie Lardet. En plus de cela, l’intersyndicale réclame « le maintien d’une psychiatrie de proximité à La Seyne, le respect du volontariat dans les mouvements de personnel et une transparence totale sur l’avenir des structures psychiatriques du territoire. »

  • La culture continue de s’allier au soin en Provence

    La culture continue de s’allier au soin en Provence

    Une personne ne se soigne pas seulement avec des traitements. Elle se reconstruit aussi grâce aux liens, à l’émotion, à la vie et à la création. Là où la santé protège, la culture rassemble. » Sous les arbres de l’hôpital Salvator, dans le 9e arrondissement de Marseille, Auréa Cophignon, membre de la commission santé de la Région Sud rappelle que l’égalité de l’accès à la santé va avec l’égalité d’accès à la culture. Ce mercredi, Auréa Cophignon, Yann Bubien, directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) et Claire Rannou, directrice de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), ont réaffirmé leur engagement pour la politique Santé et culture.

    Créée en 1999 par les ministères chargés de la Santé et de la Culture, cette politique a été relancée et renforcée dans la région Paca avec une nouvelle convention pour 2025-2028. Portée par l’ARS, la Drac et la Région Sud, l’objectif est de faire venir la culture aux patients, proches et personnels soignants au sein des hôpitaux, structures de santé ou médico-sociales.

    Le programme se fait en coordination entre les structures de santé et culturelles. Pour l’appel à projets de 2025, 43 initiatives ont été retenues et 39 en 2026. « Ces projets permettent à la fois à nos soignants et à nos patients d’avoir accès à la culture », se félicite Yann Bubien, directeur de l’ARS.

    « Si l’art et la culture apportent quelque chose d’essentiel, c’est une évasion, une vibration qui échappe au protocole [médical] quelquefois lourd [de certains patients] », affirme Claire Rannou, directrice de la Drac.

    Ces initiatives permettent donc à certains de s’échapper de leur quotidien rythmé par les soins et sont également une forme de guérison.

    E.J.
  • Pour sensibiliser au cancer du col de l’utérus, le mois de juin se met au vert

    Pour sensibiliser au cancer du col de l’utérus, le mois de juin se met au vert

    Avec 3 000 nouveaux cas recensés chaque année et 1 100 décès en France, le cancer du col de l’utérus est un véritable enjeu de santé publique. Aussi, plusieurs acteurs de la santé occitans – notamment l’ARS Occitanie, l’Assurance maladie ou encore le CHU de Nîmes – ont lancé l’opération « juin vert », une vaste campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du col de l’utérus.

    Causé principalement par les papillomavirus humains (HPV), qui se transmettent lors de rapports sexuels, le cancer du col de l’utérus est le seul à pouvoir être éradiqué par des dépistages précoces, capables de prévenir la maladie. « L’objectif est de réduire de 30% la mortalité et le nombre de cas d’ici 10 ans », souligne François Mengin Lecreulx, directeur de l’ARS Occitanie.

    Car la France est à la traîne en matière de dépistage. Alors que le seuil européen acceptable est fixé à 70%, seulement 60,9% des Françaises ont été dépistées en 2025. L’Occitanie fait un peu mieux avec 63,2%. Mais là encore, on observe des disparités géographiques entre départements : le Gard est au-dessus de la moyenne régionale (63,5% en 2024) tandis que l’Hérault récolte le bonnet d’âne (59,8%). Pourtant, un dépistage précoce permet d’éviter les drames. « Il est recommandé de réaliser un premier dépistage à 25 ans car l’infection HPV peut se faire très tôt, dès les premiers rapports sexuels – 80% des femmes ont été infectées au cours de leur vie. Or le temps entre l’infection et l’apparition des premières lésions cancéreuses est de 10 ans », insiste Pierre Mares, président du Centre régional de coordination du dépistage des cancers en Occitanie (CRCDC-OC) et gynécologue obstétricien au CHU de Nîmes.

    « Aller vers »

    le public éloigné

    Le chiffre médian de l’apparition du cancer étant de 52 ans, un dépistage à 25 ans peut donc permettre d’éradiquer la maladie. Proposé à toutes les femmes de plus de 25 ans et pris en charge à 100% par la Sécu, le dépistage est réalisé par un frottis tous les 1 à 3 ans pour les 25-29 ans puis par un test HPV tous les 3 à 5 ans pour les femmes de plus de 30 ans. Tout l’enjeu pour les professionnels de santé est d’aller chercher les publics éloignés des parcours santé et donc non dépistés. « La précarité joue sur le dépistage. On remarque aussi un décrochage sur une population plus vieille, ménopausée », soutient Noémie Aldigier, directrice adjointe CPAM de l’Hérault. « Il y a une vie après 65 ans, le dépistage ne doit pas s’arrêter », confirme Pierre Mares. La Sécu organise donc des événements de sensibilisation avec l’objectif « d’aller vers » le public concerné sur le terrain afin d’informer, d’accompagner dans la réalisation du dépistage. Aussi, des centres téléphoniques ont été mis en place où les agents contactent directement ces femmes éloignées des soins afin de les accompagner. Il n’y a pas que l’Assurance maladie qui met la main à la pâte. La ligue du cancer s’y attelle également. « Nous disposons d’un proxi-bus afin de sillonner le Gard pour rencontrer des femmes éloignées de l’accès aux soins. C’est une volonté d’y aller, y compris dans les quartiers prioritaires de la Ville, (QPV) », illustre Charlotte Voulouzan, directrice du comité du Gard de la Ligue contre le cancer.

    Cette campagne œuvre à une meilleure sensibilisation au dépistage, mais aussi à la vaccination contre les HPV, notamment pour un public jeune.

    Vacciner 80% des élèves de 5e d’ici 2030

    Dès 11 ans, les filles et les garçons peuvent recevoir deux injections du vaccin (trois injections pour les 15-26 ans). Cette vaccination peut se faire par le médecin traitant ou en milieu scolaire. Une manière de prévenir le virus, mais qui ne remplace en aucun cas le dépistage. « L’objectif est de vacciner 80% des 5e [onze ans] en 2030. Nous en sommes cette année à 51% des filles et 32% des garçons. On progresse d’année en année », avance François Mengin Lecreulx. le Gard et l’Hérault sont à la traîne avec 46,7% des Gardoises et 48,6% Héraultaises vaccinées contre 27,9% de Gardois et 30,7% d’Héraultais.

    Mais grâce au travail de terrain mené par les professionnels, ce chiffre devrait progresser.

  • La CGT veut sauver le centre de santé Joliot-Curie à Port-Saint-Louis

    La CGT veut sauver le centre de santé Joliot-Curie à Port-Saint-Louis

    La nouvelle direction de l’Union locale CGT de Port-Saint-Louis-du-Rhône a été élue jeudi, dans le cadre du congrès de l’organisation syndicale.

    Un moment incontournable de la démocratie ouvrière qui dresse le bilan et ouvre la voie de l’activité durant les trois prochaines années. Mais l’urgence du moment, pour le responsable réélu, reste la santé. « Notre centre de santé est désertifié et l’épée de Damoclès reste au-dessus tant que nous ne saurons pas ce que devient Oxance, en plan de sauvegarde » resitue le secrétaire général à propos du centre de santé Joliot-Curie créé par la CGT après trois ans de lutte en 1961.

    Des réunions publiques

    en septembre

    « La CGT est historiquement attachée au centre et on ne le laissera pas à l’abandon. Nous allons mener le combat pour sa sauvegarde avec la population, des réunions publiques sont prévues en septembre », prévient-il.

    Les autres préoccupations de l’Union locale sont dirigées vers les travailleurs de la logistique, « corvéables à souhait, à la polyvalence non rémunérée », où « la pénibilité des tâches a de grosses conséquences sur leur état de santé » selon le document du congrès proposé aux syndiqués. Le congrès a également adopté une motion pour dénoncer la répression syndicale. « Nous réaffirmons notre entière solidarité avec nos camarades Sophie Binet, secrétaire générale confédérale, Pascal Galéoté et Bernard Cristalli du GPMM ainsi que tous les militants poursuivis pour leur engagement syndical. » Mais aussi, « nous nous opposons à l’expulsion de ses murs historiques de la Bourse du travail d’Arles ». L’adversité forge la camaraderie.

  • À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    « On ne manquera pas de s’étonner qu’un orage, phénomène atmosphérique ordinaire, particulièrement dans notre région, puisse faire fermer un EHPAD », regrette le syndicat Force ouvrière des retraités de Vaucluse dans un communiqué ce mardi 9 juin, en écho à la fermeture en urgence de la maison de retraite « L’Âge d’or » à Cucuron suite à un orage fin mai.

    L’endommagement du système de sécurité incendie a poussé l’ARS à décider d’une fermeture anticipée, alors qu’un arrêt était prévu initialement en 2029. « Plusieurs équipements associés à la sécurité incendie ont été impactés, notamment le déclenchement de l’alarme sonore, les portes coupe-feu et le dispositif de désenfumage », précise l’Agence régionale de santé. Les premiers résidents ont déjà pu déménager.

    « Dépérissement organisé »

    L’ARS précise que 22 des 28 résidents disposent d’une solution d’accueil et que « les recherches se poursuivent activement pour les six autres résidents, avec plusieurs visites d’établissements actuellement en cours ».

    Le syndicat estime de son côté que des « explications s’imposent ». Dans son communiqué, FO refait un historique des décisions de ces dernières années, entre travaux d’extension avortés et refus de nouveaux pensionnaires dans l’optique de fermer le site.

    Une partie de l’activité irait vers l’Ehpad de Cadenet, dont les travaux d’agrandissement sont en cours. Et que cette fermeture, « au-delà des explications techniques, s’inscrit dans le virage domiciliaire que l’ARS, au nom du gouvernement, et le Conseil départemental promeuvent », conclut le syndicat.

  • Dans le Var, précautions de mise contre l’introduction de la rage

    Dans le Var, précautions de mise contre l’introduction de la rage

    Malgré sa réputation de mal d’un autre siècle, la rage continue de représenter un danger de nos jours, et ce jusqu’à chez nous. En 2025, 370 animaux domestiques (chiens, chats, furets…) ont été introduits illégalement dans le département en provenance de pays non indemnes de rage (pays du Maghreb et de l’est de l’Europe).

    Une situation à surveiller, car la maladie est 100% mortelle lorsque les premiers signes cliniques (anxiété, hypersalivation, agitation, troubles de la conscience, similaires à ceux des animaux) apparaissent, après une période d’incubation de un à deux mois : « Elle se transmet essentiellement par morsure, griffure, une brèche cutanée avec de la salive qui contamine la peau puis remonte les voies nerveuses par les nerfs périphériques », explique le docteur vétérinaire Laurent Magne. « Quand ça atteint le système nerveux central, la course est perdue. »

    D’autant plus que la maladie a récemment sévi en France : six personnes sont décédées entre 2017 et 2025 après avoir subi des morsures d’animaux à l’étranger, tandis que deux cas de chiens infectés (dans la Loire en 2015, et dans le Var en 2023) ont été recensés. Dans ce contexte, comme l’a rappelé mercredi lors d’un point presse la directrice départementale de la protection des populations Nathalie Guerson, il demeure impératif, « quand on ramène un animal de l’étranger, de s’assurer qu’il soit soumis à un vaccin homologué dans l’Union européenne, mais aussi dans l’autre sens, quand on emmène son animal dans des zones non indemnes ». Cela permettrait, selon le docteur Magne, de diminuer les risques de contamination « de 90-95%, même si le risque zéro n’existe pas ».

    De même, en cas de morsure par un animal à l’étranger – subie par un homme ou un animal -, il convient de réagir vite, « car c’est une course contre la montre », prévient Nathalie Guerson. « Même si on a été exposé au virus, le vaccin et l’immunité auront le temps de se mettre en œuvre. Il faut donc rapidement consulter un centre anti-rabique, bien savonner, désinfecter la plaie au moment de la morsure. » Des réflexes qui peuvent sauver des vies et éviter une potentielle épidémie.

  • La CGT de l’hôpital d’Arles vent debout contre la fusion des services

    La CGT de l’hôpital d’Arles vent debout contre la fusion des services

    « Nous avons déclaré l’alerte aux risques psychosociaux car les agents sont en pleurs dans nos bureaux. » L’air est soudain devenu glacial à l’entrée du centre hospitalier d’Arles ce jeudi après-midi, à l’écoute de la secrétaire générale du syndicat CGT Anne-Marie Lesage. Le syndicat a tenu une conférence de presse en plein air avec les agents de l’hôpital pour alerter le public sur les conditions de travail.

    Particulièrement en ce qui concerne l’organisation du service de cardiologie, qui est prévu de fusionner avec celui de gastro-entérologie. « La direction veut supprimer 28 lits dans ces deux services, au prétexte que nous ne sommes pas remplis », explique la syndicaliste. Conséquence première, les agents « changent tout le temps d’horaires ce qui complique énormément la vie de famille », détaille-t-elle. « C’est aussi notre organisation personnelle qu’ils remettent en cause » tance Julie* aide-soignante du service de cardiologie, « c’est annoncé pour dans 15 jours, au mépris total des agents et des usagers », insiste-t-elle.

    Des risques sanitaires ?

    Cette décision inquiète également les agents pour leurs patients. Amélie*, infirmière en cardiologie, fait part d’un « manque de formation dans les spécialités » des patients d’autres services hébergés en cardiologie. Alors, la demande d’une infirmière en renfort a été faite. « Demande refusée, manque d’argent oblige », lâche-t-elle.

    « On fait de la cardio depuis longtemps, faire une autre discipline dans deux services est dangereux pour les patients », insiste Sylvie, une troisième infirmière de cardiologie, déplorant « deux-trois jours de formation » seulement.

    Et soulève un autre problème : « Les patients en gastro-entérologie, qui viennent par exemple pour une coloscopie, ne sont pas “propres” par rapport à ceux de cardiologie, où on accueille des soins intensifs, dont des arrêts cardiorespiratoires. » « Ils veulent fusionner deux spécialités différentes avec des pathologies incompatibles dans un même service, ce qui met à mal la qualité des soins », reprend sa collègue Amélie, parlant de « risques pour les patients différents aussi ».

    Le dialogue social est malgré tout compliqué. « Quand on parle de revendications ou de fatigabilité, qui se reporte sur les patients, on nous répond qu’on exagère, et que personne n’est irremplaçable », déplore Sophie. « On travaille dans le stress et sous tension en permanence. La direction vient nous voir pour faire des annonces de changement de planning en pleine journée difficile, c’est désolant », se déleste l’infirmière. Sa collègue Julie l’assume : « Beaucoup d’agents cherchent ailleurs, et moi j’attends une nouvelle affectation. Ce projet de fusion ne me plaît pas et après 26 ans de cardiologie comme aide-soignante je suis contrainte de partir. »

    Un plan d’efficience

    Suppression de deux aides-soignantes sur trois au bloc opératoire, manque de personnel, de formation, suppression de lits, fusion de services : l’éléphant dans la pièce est le plan d’efficience de l’Agence régionale de santé (ARS) dénoncé par la CGT. « On fait des économies sur le personnel », tranche Anne-Marie Lesage. « Comment allons-nous soigner la population du territoire ? La direction répond à nos alertes en disant c’est obligé, c’est l’ARS. Mais ça ne nous satisfait pas », insiste-t-elle. « On cotise tous pour avoir droit à des soins de qualité sans regarder son statut social », objecte son collègue brancardier.

    « L’opposition est complètement solidaire avec vous face à cette casse du service public », assure aux agents Lucille Venet, élue de l’Union pour Arles au conseil municipal.

    La revendication principale reste l’arrêt de la fusion de ces deux services.

    * Les prénoms ont été changés

  • À Manosque, des agriculteurs sensibilisés aux risques

    À Manosque, des agriculteurs sensibilisés aux risques

    Risques chimiques, harcèlement au travail, violences sexistes et sexuelles… Une dizaine de travailleurs du secteur agricole ont assisté à une journée de prévention des risques chimiques et psychosociaux, ce jeudi.

    « 50% des salariés sont en détresse psychologique, tous secteurs confondus, et le secteur agricole est particulièrement touché », avance Caroline Mantero, responsable du service politique travail de la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP). « C’est un vrai danger qu’on a du mal à appréhender. Cette journée donne des éléments de bonnes pratiques et permet de faire de la prévention avant que le risque naisse », explique-t-elle.

    « Le stress est un phénomène biologique totalement naturel, une réponse du corps pour pouvoir agir et faire face à une situation. Mais le cortisol, l’hormone du stress, devient problématique et peut causer des pathologies si on en sécrète tout le temps », a expliqué Sandrine Mocaer, ingénieure de prévention à la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets).

    Elle a ensuite listé les facteurs de risque pouvant conduire à l’apparition de troubles psychosociaux : l’intensité et la complexité du travail, les exigences émotionnelles, les rapports sociaux, les conflits de valeurs ou encore l’insécurité du travail.

    Caroline Mantero a ensuite donné des exemples de cas de harcèlement au travail reconnus par la Cour de cassation, comme être sollicité pour des dossiers en cours alors qu’on est en arrêt maladie. Elle a rappelé l’obligation de nommer un référent violences sexistes et sexuelles pour les entreprises de plus de 250 salariés, et l’obligation de lancer une enquête en cas de droit d’alerte du CSE concernant une situation de harcèlement moral ou sexuel. Une procédure de recueil des plaintes doit être mise en place, comme par exemple une boîte mail dédiée. Un signalement doit être accusé de réception, des échanges doivent être mis en place et un compte rendu doit être rédigé à chaque étape. Les travailleurs agricoles présents l’ont notamment interrogée sur les délais de prescription en cas de harcèlement au travail.

    La déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité femmes-hommes a ensuite fait un point sur les violences sexistes et sexuelles, rappelant qu’une femme sur deux a déjà été victime d’une forme de violence sexiste ou sexuelle au cours de sa carrière. « Seulement 5% des cas sont portés devant la justice », a-t-elle détaillé.

    Limiter la contamination de produits chimiques

    Les risques chimiques ont ensuite été abordés pendant l’après-midi. « Les produits chimiques, c’est aussi ce qu’on ne fabrique pas volontairement, comme le vin ou les poussières de bois cancérigènes », a précisé Amal Belghazi, chargée de la prévention en agriculture pour la Dreets. Elle a rappelé que la réglementation imposait des pictogrammes et qu’un produit naturel pouvait aussi être un produit chimique dangereux, comme l’amiante ou le pétrole, cancérogènes. « La première cause de maladie professionnelle, c’est les poussières de farine, qui causent des problèmes respiratoires, a-t-elle expliqué. Quand je perce un mur, je peux être exposé à des produits chimiques dangereux. » La voie cutanée est la principale voie d’exposition, mais reste pourtant la moins bien appréhendée.

    Amal Belghazi a insisté sur l’importance de limiter la contamination en veillant à l’hygiène des vêtements de travail, afin d’éviter que les produits phytosanitaires utilisés sur le lieu de travail ne soient ramenés au domicile.

    Des visites médicales post-exposition doivent être organisées pour les salariés exposés aux risques, et les risques particuliers doivent être déclarés, a rappelé Karine Vinci de la DDETSPP 04. Les travailleurs agricoles volontaires ont ensuite participé à un cas pratique : un salarié retrouvé inanimé dans une chambre froide à atmosphère contrôlée.

    Cette journée de prévention est organisée, chaque année, pour les travailleurs agricoles, employeurs ou salariés. L’année dernière, ce sont les risques liés à la chaleur et les logements saisonniers qui avaient été mis à l’honneur. Ces journées sont organisées par la Commission paritaire hygiène, sécurité et des conditions de travail en agriculture (CPHSCT), dont les membres sont désignés par les syndicats.

    En 2024, un quart des maladies professionnelles étaient liées au risque chimique et le nombre de maladies professionnelles des agriculteurs reconnues par la MSA était en hausse de 8%.

  • Au Centre pénitentiaire de la Farlède, une grève pour plus de sécurité après la prise d’otage d’une infirmière

    Au Centre pénitentiaire de la Farlède, une grève pour plus de sécurité après la prise d’otage d’une infirmière

    À l’entrée du Centre pénitentiaire de la Farlède, ce jeudi matin, trône une banderole sur laquelle on peut lire : « Prenez soin de nous comme on prend soin de vous. » Un message qui fait écho à la prise d’otage subie par une infirmière dimanche dernier, ressentie comme « une prise d’otage générale, qui a eu beaucoup de répercussions au niveau des salariés », décrit Ludivine, l’une des infirmières de l’établissement. Celles-ci se sont toutes réunies en blouses blanches, dès 7h, devant le centre pénitentiaire, répondant à l’appel à la grève des syndicats FO du Centre hospitalier Toulon-La Seyne (CHITS) et de l’établissement psychiatrique du Var.

    Un mouvement soutenu par les syndiqués FO Pénitentiaire avant leur prise de poste, la grève ne leur étant pas permise. Et qui pourra être reconduit « pour faire comprendre qu’on a besoin de réponse », affirme Jessica Michel, secrétaire générale FO CHITS, reçue ce vendredi par l’Agence régionale de santé (ARS), en compagnie de membres du personnel. « On va exiger de mettre la pression sur la direction du centre pénitentiaire pour mettre en œuvre les choses qu’on a demandées », promet-elle.

    Car selon la syndicaliste, cette situation aurait pu être évitée si les infirmières avaient été écoutées. Or, « on a toujours eu des réponses négatives de la part de la direction du centre, qui rétorque qu’on ne peut pas tout faire en milieu pénitentiaire. On peut l’entendre, sauf que la sécurité des agents est notre priorité, et que ce qu’on réclame est a priori faisable ».

    La surpopulation, facteur d’insécurité pour tous

    Les mesures demandées, dès lors : la création d’un troisième poste d’infirmière le week-end – elles n’étaient que deux au moment de l’incident -, et le renforcement du dispositif de sécurité. Cela, au moyen de portiques de sécurité positionnés devant l’infirmerie, d’un système d’alarme silencieuse déclenchable à tout moment contrairement aux alarmes sonores pouvant faire davantage dégénérer les situations. Mais aussi par un réaménagement des bureaux, avec l’installation d’alarmes, et un positionnement dos à la porte pour que les soignants puissent s’enfuir plus rapidement, chose qui a déjà commencé à être mise en place cette semaine.

    Derrière ces demandes, une réalité : celle d’un système carcéral à bout de souffle, où la surpopulation (130% à la Farlède, 850 détenus pour 660 places) « met en jeu la sécurité de tous, des détenus comme des personnels pénitentiaires et génère des pertes de qualité, bien évidemment », déplore Marion, l’une des infirmières. Pour autant, elle et ses collègues n’ont jamais pensé à exercer ailleurs, elles qui évoluent dans ce milieu par vocation et humanisme au nom de « l’accessibilité aux soins pour tous, à ces personnes-là qui sont au ban de la société ». Des détenus sur lesquels elles refusent de jeter l’opprobre : « Ils sont à nos côtés et sont généralement les premiers à nous protéger », appuie Ludivine.

    Au-delà de ces revendications, le manque de reconnaissance financière est également déploré par les soignants, à qui l’on octroie seulement une famélique prime de risque de 90 euros bruts mensuels : « Une revalorisation nationale du salaire infirmier est attendue depuis des années. Est-ce que la vie d’un soignant en détention vaut 90 euros, pour soigner des gens qui, comme on a pu le voir, peuvent nous prendre en otage ? », demande Ludivine.

    Des questions adressées aux pouvoirs publics à travers une lettre ouverte, alors que les syndicats ont sollicité une entrevue avec le préfet (jusqu’ici restée sans réponse), et que des échanges auront lieu entre les directions des établissements de santé et du centre pénitentiaire, les 24 et 25 juin.

  • L’eau potable impropre à la consommation sur le port de Fos

    L’eau potable impropre à la consommation sur le port de Fos

    Interdite depuis l’année dernière, la consommation d’eau « humaine » est toujours proscrite pour ceux qui travaillent sur le Grand port maritime de Marseille (GPMM) a confirmé à nos confrères de Marsactu ce mercredi 10 juin le préfet des Bouches-du-Rhône. En cause : la présence de PFAS, des polluants dits « persistants », notamment produits par les entreprises de la chimie, à des seuils dépassant la limite de 0,1 microgrammes par litre pour 20 d’entre eux identifiés.

    Cet arrêté instaure depuis le 27 avril « des restrictions d’usage de l’eau destinée à la consommation [des] 50 000 personnes alimentées (…) par le GPMM, dans une logique de précaution et de protection des populations et dans l’attente de la mise en place d’un système de traitement », indique l’Agence régionale de santé (ARS) Paca dans une communication en date du 3 juin. Des prélèvements effectués en novembre 2024 explique l’ARS montrent la présence de PFAS sur la partie Ouest du GPMM. Elle constate « une non-conformité de l’eau à la limite de la somme des 20 PFAS », les 10 résultats s’échelonnant « entre 0,365 µg/l et 0,750 µg/l, la médiane s’élevant à 0,500 µg/l », précise-t-elle. Si la réglementation a changé le 1er janvier 2026 permettant au préfet d’intervenir, le GPMM a anticipé a-t-il indiqué à nos confrères interdisant la consommation dès 2025. Sur la source de cette pollution, « des études de modélisation pour retracer les PFAS » leur indique-t-il.