Tag: éthique

  • À Montpellier, un comité éthique pour encadrer l’IA

    À Montpellier, un comité éthique pour encadrer l’IA

    C’était il y a deux ans, en avril 2024. Quarante citoyens rendaient leurs propositions concernant l’usage de l’intelligence artificielle (IA) au sein de la Métropole de Montpellier. Réunis au sein d’une convention, ces derniers ont donc auditionné plusieurs experts pendant un mois. « Ça leur a permis d’éclairer leurs décisions. C’est un peu un reflet de la société montpelliéraine, certes, mais au-delà française et européenne sur son avis à l’instant T. Finalement, à l’échelle de l’IA, deux ans, ça paraît loin, mais ça permet de poser des bases de réflexion et sur lesquelles les gens se sont accordés. Alors ce sont des grands principes, mais des principes dont on verra à l’épreuve du temps comment ils évoluent », détaille Manu Reynaud, adjoint au maire délégué à la ville numérique et à l’intelligence artificielle souveraine.

    Avancer pas à pas

    Maîtrise de l’impact environnemental de l’IA, garantie de la protection de la vie privée, transparence, démocratiser l’IA auprès du grand nombre, telles sont ces recommandations que l’on retrouve dans la convention. « Il est essentiel qu’en toutes circonstances l’IA reste sous contrôle humain, fait valoir la convention. […] Le développement de l’IA est très rapide. Les règles juridiques suivent mais doivent s’adapter et sont souvent en retard sur les avancées technologiques. C’est la raison pour laquelle des principes éthiques doivent encadrer, de façon volontaire, l’utilisation des IA. » Excepté une recommandation relative à la vidéosurveillance, toutes les autres ont été adoptées en Conseil de Métropole. « On a une feuille de route opérationnelle qui permet de décliner ces principes métier par métier parce que quand on parle d’IA aujourd’hui, il faut bien être clair que dans le langage commun, on parle du numérique », poursuit Manu Reynaud.

    Au-delà de cette convention citoyenne, la collectivité de gauche entend mettre en place un Comité métropolitain de l’IA et du numérique au mois de septembre prochain – une recommandation portée par la convention citoyenne. « C’est un organisme auquel on donne des rapports et qui permet à un moment donné une transparence sur l’utilisation d’un certain nombre de services. Tout l’intérêt résidera dans la gouvernance de ce comité pour en faire quelque chose qui puisse permettre aussi de solliciter des avis, notamment de personnes qualifiées, extérieures à la collectivité. L’idée est d’avoir une gouvernance globale par rapport aux usages qui sont faits dans la métropole, justement pour pouvoir confronter les points de vue sur les différents choix : des choix de logiciels ou encore des choix de stratégie », insiste l’élu écologiste.

    Car l’IA et le numérique plus largement prennent une place croissante dans la société. Encadrer ces pratiques et ces usages est plus que nécessaire. L’accaparement et le vol de données, question de souveraineté face aux géants de la tech, le risque d’uniformisation de l’information, la prolifération de fake news, autant de problématiques qui deviennent des défis pour les collectivités. « Les sujets du numérique en général passaient jusqu’à maintenant assez hors du radar, parce qu’ils étaient relégués à des questions purement techniques et parce qu’on fait confiance aux techniciens. On pense alors que le numérique c’est neutre. Et quand c’est neutre, c’est indolore, incolore, c’est bien ça qui est dangereux. On commence à voir apparaître une prise de conscience au niveau de la société, une certaine défiance vis-à-vis des technologies proposées et de leur but recherché. On en arrive quand même à une prise de conscience qui commence à émerger à travers l’IA, sur la question du numérique et sur le rapport à nos données », soutient Manu Reynaud.

    Le futur comité pourra donc répondre à certaines de ces problématiques afin d’aiguiller les élus dans la prise de décision. De plus, pas moins de 1 000 agents de la Métropole ont été formés à l’IA générative avec l’éditeur Delibia, plateforme française spécialisée pour les collectivités territoriales. Une manière de lutter face au ChatGPT et aux autres logiciels américains. « On essaie d’avancer au fur et à mesure pour intéresser les gens à la question, les acculturer à un certain nombre de questions et puis essayer de tracer des pistes », espère Manu Reynaud.

  • Les Printemps du Syndicat des avocats de France à Marseille – La robe et la cause

    Les Printemps du Syndicat des avocats de France à Marseille – La robe et la cause

    Par Swane Mas, élève avocate

    Les 22, 23 et 24 mai 2026, à Marseille, le Syndicat des avocat·es de France (SAF) investit la cité phocéenne pour trois journées de formation et de débats.

    Au programme, trois événements complémentaires – droit des étrangers, droit social et défense pénale – autour de l’engagement au sein de la profession se tiendront à la Maison de l’Avocat et au GR1, avec l’intervention à la fois d’avocats, de professionnels du droit, d’universitaires et d’acteurs associatifs. Le vendredi 22 mai, au GR1, la journée « Droit des étrangers » propose une analyse d’ensemble du Pacte européen sur l’asile et la migration et de ses traductions en droit français : architecture, applicabilité, effets sur le contentieux administratif, mobilisations du droit de l’Union, contrôle et enfermement aux frontières, évolution du contentieux de l’asile. Juristes, universitaires et associations décrypteront les écarts entre rhétorique de solidarité/efficacité et réalités de durcissement aux frontières et de procédures dérogatoires.

    Droits et garanties des salariés

    Le même jour, à la Maison de l’Avocat, la journée « Droit social » se concentre sur l’enquête interne en entreprise : droits et garanties des salarié·es, rôle des représentant·es du personnel, accès aux pièces (inspection du travail, RGPD, voies judiciaires), articulation avec la confidentialité, le régime des lanceurs d’alerte et le secret professionnel. Qui la pilote, qui peut y accéder et quelle valeur probante, y compris pénale ? Avocats, inspection du travail et représentants syndicaux croiseront leurs pratiques.

    Affirmer une boussole déontologique

    Le samedi 23 mai et dimanche 24 mai, le colloque de la défense pénale, intitulé « La Robe et la cause » se tiendra à la Maison de l’avocat sur la cohérence éthique de l’avocat.

    Est-on l’avocat·e de son client ou d’une cause ? L’éthique individuelle est-elle un guide suffisant face à la montée de l’extrême droite ? Les échanges aborderont la déontologie du pénaliste, la défense dans les procédures de violences sexuelles et sexistes, puis la place de l’avocat engagé face aux recompositions politiques contemporaines.

    Trois journées autour d’un fil conducteur : outiller la pratique, consolider les stratégies contentieuses et affirmer une boussole déontologique pour penser l’engagement des avocats.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail

    avocats@lamarseillaise.fr

  • À Montpellier, les acteurs de la scène queer se retirent de la Pride

    À Montpellier, les acteurs de la scène queer se retirent de la Pride

    « Nous alertons sur des dysfonctionnements structurels qui empêchent la Pride de Montpellier d’être véritablement représentative de la communauté queer locale », annonce d’emblée le communiqué unitaire signé par Nuit Brune, Dragnigni, Folle de Rage, La Madrediosa, La Ruche, Support your local Girl Gang, VX Production et Queer Marche.

    Dans ce texte, intitulé « La Pride au peuple », ces acteurs de la scène queer, drag et militante montpelliéraine souhaitent mettre au clair les raisons de leur retrait collectif de la marche des fiertés qui aura lieu les 19 et 20 juin.

    Entre intimidations

    et pression financière

    Ces problèmes ne datent apparemment pas d’hier et leur gravité n’a eu de cesse de se révéler, notamment lors de la Queer Night 2026, le 1er avril dernier. Cet événement organisé par l’association Fierté Montpellier Pride et leur directeur artistique, au cœur des problèmes énoncés, a mis en évidence un fonctionnement déjà bien connu des acteurs en question : « Un système dans lequel une personne non élue par les adhérents peut se retrouver avec un poids déterminant sur des décisions artistiques, financières, relationnelles ou médiatiques qui concernent toute la communauté. »

    « Dans notre communiqué nous avons parlé de pressions, de risques de blacklist, de menaces autour de bookings, de pressions juridiques liées à l’usage du mot “Pride” et de situations où l’argent ou la visibilité deviennent levier de pouvoir », précisent conjointement les structures signataires. Un fonctionnement qui n’est pas inconnu au sein de l’association : « Fierté Montpellier Pride a commandité l’an dernier un audit interne qui révèle, noir sur blanc  : “une gouvernance manquant de clarté”, “une communication et une gestion relationnelle dysfonctionnelles”, “des tensions psychosociales », et une présidence “trop incarnée”. » Si cette prise de parole sonne comme un ras-le-bol des acteurs de la communauté queer, ces derniers rappellent que c’est avant tout une volonté que la Pride « soit construite avec la communauté qui lui donne son sens. »

  • [Entretien] Sylvie Tanette : « Nous, signataires, contestons le licenciement injustifié d’Olivier Nora »

    [Entretien] Sylvie Tanette : « Nous, signataires, contestons le licenciement injustifié d’Olivier Nora »

    La Marseillaise : Que pensez-vous du départ d’Olivier Nora ?

    Sylvie Tanette : Il souhaitait attendre la fin d’année avant de publier le nouveau livre de Boualem Sansal. Décision à laquelle Vincent Bolloré s’opposait, lui qui tenait fermement à ce que l’ouvrage soit publié début juin. En tant qu’actionnaire, Vincent Bolloré n’était pas en position de décider des dates de parution. Ce n’est pas son rôle, mais celui de l’éditeur Olivier Nora. Nous, auteurs et autrices signataires de la lettre commune, avons protesté contre cette éviction injustifiée. Licencier des salariés sur des désaccords, racheter des médias pour les contrôler… Ce sont des schémas plutôt classiques dans ce système de pensée bolloréen que nous ne soutenons pas.

    En quoi consiste, selon vous,
    ce «
     système » ?

    S.T. : C’est une volonté de mainmise du milliardaire Vincent Bolloré sur les maisons d’édition. Lors de son rachat du groupe Hachette, c’était sur la maison d’édition Fayard qu’il intervenait le plus. En seulement quelques mois, les ouvrages de plusieurs politiques d’extrême droite, comme Marion Maréchal, Éric Zemmour ou Jordan Bardella avaient été publiés.

    Dans cette lettre ouverte publiée mercredi dernier, plus d’une centaine d’écrivains ont annoncé leur départ de la maison d’édition. Vous aviez déjà quitté Grasset depuis 2023. Pourquoi ?

    S.T. : Le rachat, en 2023, des éditions Grasset par le groupe Hachette, m’a rapidement inquiété. Ainsi, j’ai préféré partir avant de me retrouver dans un système qui ne me convient pas. Je craignais notamment ce qu’il est en train de se produire actuellement, avec l’arrivée d’un financier à la tête de la direction. Avant, Grasset était une maison avec un agenda de parution réfléchi par des professionnels. Leurs choix étaient littéraires. L’arrivée du gestionnaire Jean-Christophe Thiery marque l’arrivée de futurs choix éditoriaux qui seront avant tout politiques et commerciaux.

    Vincent Bolloré a qualifié,
    dans le «
     JDD » ce dimanche,
    les signataires de «
     petite caste
    qui se croit au-dessus de tout et
    de tous
     ». Que pensez-vous de cette contre-attaque ?

    S.T. : C’est extrêmement choquant. J’ai grandi dans les quartiers Nord, m’accuser de faire partie d’une caste est très mal venu. Il peut y avoir de l’entre-soi, mais comme dans d’autres milieux. C’est une attaque très vulgaire, une tentative de ramener la population à soi.

    300 auteurs appellent à la création d’une « clause de conscience » pour les maisons d’édition. Pourquoi n’avez-vous pas signé cette tribune publiée par « la Tribune Dimanche » ?

    S.T. : Dans l’idée, je suis complètement d’accord avec cette tribune, mais j’avais peur qu’elle soit précipitée. Cela faisait à peine deux jours que la première lettre commune avait été portée. Concernant la suite, nous continuons de nous parler, entre auteurs, pour réfléchir à ces éventuelles clauses de conscience qui, je l’espère, porteront leurs fruits.

    Propos recueillis par Calypso Sadousty

    Deux éditeurs de la région livrent leurs analyses

    David Gaussen Directeur éditorial des éditions Gaussen, à Marseille

    « Contrairement à ce que les gens pensent, la réglementation du marché du livre, en France, ne favorise pas du tout la diversité. Elle avantage surtout les grosses machines. Le clivage idéologique est en marche depuis plusieurs années. Je pense que les librairies ne sont plus des lieux neutres. ça pose un problème en poussant à des productions de plus en plus marquées idéologiquement, d’un côté ou de l’autre. »

    Propos recueillis par M.-L.T.

    Marion Mazauric, Directrice des éditions Au Diable Vauvert, à Vauvert (Gard)

    « Bolloré est un industriel qui mise sur la culture pour contrôler les textes, après avoir investi dans les médias. Il fait une double concentration horizontale et verticale pour tenir, d’un point de vue idéologique, la fabrication des idées, des manuels scolaires, des télés, la fabrication de l’opinion. C’est gravissime. Il y a cinq ans, je contribuais au collectif Stop Bolloré, on n’a pas été assez entendu, y compris dans les professions éditoriales. On n’a pas été capables de mettre des lois de régulation. »

    Propos recueillis par M.-L.T.

  • IA : un projet pour mieux accompagner les patients âgés

    IA : un projet pour mieux accompagner les patients âgés

    « Ce projet a pour but de répondre à une problématique concrète », déclare Raquel Urena, maître de conférences en intelligence artificielle pour la santé à Aix-Marseille université. Selon les chiffres de l’Inca, l’âge médian des personnes diagnostiquées d’un cancer est de 68 ans pour les femmes et de 70 ans pour les hommes. Raquel Urena poursuit : « On n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi certains patients résistent aux traitements mieux que d’autres. » C’est la problématique de l’accompagnement des personnes âgées dans leur traitement de cancérologie qui a poussé le docteur onco-hématologue Louis Tassy à lancer le projet. « Il a pour but de développer une intelligence artificielle qui, en rentrant les données médicales des patients, permet de déterminer quels types de conséquences ils risquent fortement de rencontrer », explique Raquel Urena. Elle ajoute que « concrètement, elle fonctionne en s’appuyant sur la base de données des dossiers médicaux de la Sécurité sociale, et trouve des correspondances entre différents patients et prédit ainsi les effets secondaires et permet des réponses plus adaptées », précise-t-elle.

    L’importance de l’éthique

    « La question de l’éthique avec de tels outils est très importante », lance Abdou Simon Senghor, ingénieur de recherche à AMU, il précise également que « dans le processus, nous sommes en étroit lien avec les professionnels de santé, c’est un outil d’aide mais il ne doit jamais devenir obligatoire dans le processus de soin », pose-t-il. Des entretiens avec des médecins seront réalisés ainsi que le suivi de patients témoins, ont-ils annoncé. Ce projet s’appuie sur une IA d’aide à la décision, qui ne réfléchit qu’à partir de sa base de données et ne génère aucun contenu : « L’IA que tout le monde connaît, comme ChatGPT peut générer du faux contenu, mais la nôtre ne produit que des résultats concrets, elle ne peut pas halluciner », déclare Raquel Urena. Cette dernière et Louis Tassy ont rapidement été rejoints par Sandrine de Montgolfier, maître de conférences en éthique médicale à AMU, qui veille à une correspondance totale du projet avec les normes et les bonnes pratiques.

  • Boris Touaty, un jeune entrepreneur toulonnais très engagé

    Boris Touaty, un jeune entrepreneur toulonnais très engagé

    Il a l’humilité des grands, le sourire de celui qui sait respecter l’autre quel qu’il soit, et le talent d’un grand communicant. Boris Touaty n’est de toute évidence pas seulement le grand entrepreneur qui a su redonner vie à une marque des Cafés Maurice, qui a fêté cette année ses 150 ans d’existence, et donc à tout un pan du patrimoine toulonnais. Il est aussi quelqu’un qui sait se mettre au service du collectif et qui ne transige pas avec ses valeurs pour faire des affaires et diriger ses équipes. Autant d’atouts qui nous ont poussés à essayer de dresser le portrait de ce jeune acteur de l’économie locale aux multiples casquettes et à l’avenir prometteur.

    L’arrière-arrière-petit-fils de Marc Maurice Lévy, le créateur la maison familiale fondée en 1875 à Toulon, est fier aujourd’hui des multiples récompenses qui viennent couronner son travail éthique et solidaire. Avec pour commencer le Trophée Inclusion handicaps Var 2025 obtenu dans la catégorie « Coup de cœur du jury », qui valorise « un engagement humain et durable » en faveur de l’inclusion et son action exemplaire. Une distinction décernée par Ladapt, l’association nationale qui œuvre pour l’insertion sociale, pour son partenariat depuis 5 ans avec l’Établissement et service d’accompagnement par le travail (Esat) de Six-Fours, l’Avath, et la valorisation du travail protégé ainsi réalisée.

    « C’est un très beau prix », confie Boris Touaty modestement en mettant en avant « une collaboration humaine, efficace et parfaitement intégrée au fonctionnement de l’entreprise ».

    Le camion de l’Avath est d’ailleurs en train de récupérer le café torréfié dans le magasin-atelier de la place Camille-Ledeau pendant cet entretien. « Tous nos paquets, c’est-à-dire 80 000 par an, sont tous ensachés à la main par les équipes de l’Esat que je tiens à remercier d’ailleurs », précise-t-il.

    Un engagement social

    La deuxième actualité de Boris Touaty, c’est le couronnement d’une mention honorable au Global Coffee Awards des Cafés Maurice. « On a été à la lisière du troisième prix, c’est-à-dire de la médaille de bronze de ce concours international dans lequel 1 500 cafés ont concouru », lâche-t-il fièrement, surpris par ce succès qu’au fond il espérait mais auquel, dit-il, il ne s’attendait vraiment pas.

    Et de poursuivre : « Ils ont retenu la qualité exceptionnelle de notre café et de notre torréfaction. C’est la reconnaissance d’un travail de longue haleine, de mes équipes aussi, surtout. Et en particulier de Julien, mon torréfacteur qui est là depuis 7h du matin, un passionné qui fait un travail remarquable. »

    Il relève au passage que le café qui vient d’être récompensé est celui qu’il vend le plus. Des clients donc qui, les premiers, ont consacré cette création Maison Maurice recette numéro 1, qui est en fait le premier assemblage créé il y a 5 ans.

    Sur son implantation au cœur de Toulon, l’entrepreneur se dit ravi de l’aubaine, en rappelant, qu’il y a quelques semaines, le gouvernement a salué la dynamisation incroyable de ce centre-ville. Le résultat, rappelle-t-il, d’un travail mené depuis 20 ans, avec la réhabilitation de la place de l’Équerre, de la rue des Arts, la rue Pierre-Semard, la rue d’Astour, les Halles… À la question de savoir comment on peut rester fidèle à ses valeurs tout en développant son affaire, autant dans le choix de ses fournisseurs que dans le pilotage de sa boîte, il répond simplement : « Quand on peut le faire, faisons-le, un maximum ! »

    Il compte à son actif des initiatives menées avec des producteurs, notamment sur l’éducation des enfants en Colombie, et la collaboration avec des coopératives entièrement gérées par des femmes. « C’est un gros combat aussi dans certains de ces pays », souligne-t-il. Le président de l’association des commerçants du centre-ville, l’Office du commerce et de l’artisanat de Toulon dit également porter une grande attention sur ce qui est fait ou transformer localement. Mais ne cache pas que tout cela a un coût parfois difficile à assumer dans un contexte de pouvoir d’achat contraint et des cours du café qui grimpent. En revanche, Boris s’insurge contre la culpabilisation des consommateurs concernant leurs achats plus ou moins éthiques : « C’est trop facile de faire des reproches. Tout le monde n’a pas les mêmes moyens ! »

    D’autant que l’entrepreneur est lui aussi tiraillé par les mêmes contradictions. C’est-à-dire l’envie de vendre au meilleur prix tout en proposant des choses qui soient bien socialement et environnementalement. « Alors nous, on essaye de faire un mix un petit peu entre les deux. C’est-à-dire qu’on n’a pas forcément que des cafés qui portent tous des labels mais on sait qu’ils sont produits dans de bonnes conditions. Parce que, je vais sur place. Et je me rends compte de la réalité des choses, sur ce qui se passe vraiment au niveau des conditions de travail et les salaires. »

    « Les valeurs humaines »

    Des inflexions humanistes qui amènent forcément La Marseillaise à transposer ce type d’exigences professionnelles à un environnement plus directement politique. La manœuvre manque peut-être un peu de subtilité mais l’enjeu des prochaines échéances électorales à Toulon en vaut la peine. D’autant qu’il s’agit moins de savoir pour qui iront ses préférences que de nous éclairer, au regard du citoyen et entrepreneur responsable, le profil idéal pour le job. « Ce que je mets au premier plan ? Les valeurs humaines, sans hésiter. C’est très important, je crois. »

    Ses craintes ? C’est que les Toulonnais se déterminent un peu trop comme ils le feraient dans une élection nationale en oubliant les enjeux locaux.

    « Pour moi, les élections municipales, ce sont les élections les plus importantes, avec la présidentielle. Parce que le maire, c’est vraiment la personne qui est au quotidien avec toi. Il ne va pas intervenir sur des problématiques internationales ou sur des politiques d’immigration ou d’ultra-sécurité. Ce n’est pas vrai ! C’est à ça qu’il faut penser en décidant à donner les clés de la ville. » Sur le bilan, l’artisan insiste sur « le travail remarquable fait par Hubert Falco pendant 20 ans ». Et de poursuivre : « Aujourd’hui, on a un maire, Josée Massi qui est dans la continuité des grands projets. La ville tourne bien. » Pour en savoir davantage, il va falloir attendre un petit peu. Mais on peut compter sur le personnage pour poursuivre ses engagements.

  • [Entretien] « Lever les yeux sur des objets ordinaires qui recèlent des histoires édifiantes »

    [Entretien] « Lever les yeux sur des objets ordinaires qui recèlent des histoires édifiantes »

    La Marseillaise : Quelles vertus ont ces JNA centrées, cette année, sur le quotidien ?

    Nicolas Memain : C’est l’occasion de lever les yeux sur des choses qu’on ne voit plus, qui ne sont ni monumentales, ni déjà enregistrées, labellisées, recommandées. C’est une hygiène morale, éthique, de rafraîchir le regard pour le poser sur des objets ordinaires, à portée de main et qui recèlent des histoires édifiantes, des sites remarquables dignes d’être des objets culturels. Une bordure de trottoir par exemple, cette chose si banale qu’elle a disparu de notre mentalité, en raconte beaucoup à Nîmes sur l’habitat ouvrier des anciens faubourgs au XIXe.

    Le regard se déplace aussi parce que la société change ?

    N.M. : L’architecture est polysémantique. Il y a un retour à la culture perdue de la simplicité, celle du monde préindustriel qui était très économe en énergie et en matériaux. Ce sont de vraies bonnes questions. Mes étudiants me font ressentir qu’ils sont dans le refus de la construction neuve en béton armé, de la démolition. On recherche la sobriété dans la construction, son entretien, mais aussi la sobriété intellectuelle, le refus des grands gestes, du spectaculaire. On va préférer s’émouvoir sur une réalisation de Fernand Pouillon et pas sur une médiathèque de Zaha Hadid. Car Pouillon applique, dans les années 50, des recettes antiques de blocs de maçonnerie, d’empilement de pierres et c’est une leçon qu’il nous donne.

    Ces journées rapprochent le grand public des architectes ?

    N.M. : Oui, car il y a un renouveau de cette culture du quotidien, de la proximité. La France n’a jamais vraiment eu une culture grand public de l’architecture. On a une culture des palais, une culture de la bourgeoisie qui imite l’aristocratie, une culture élitiste des hautes écoles, mais les gens se passionnent aussi pour les documentaires sur les maisons de campagne à retaper et c’est de la culture architecturale grand public. Déplacer le regard sur des objets culturels dignes d’être commentés, c’est ce qu’on fait au festival off des quartiers sud à Marseille, qui a commencé jeudi, à la Villa Luce. On va marcher 11 kilomètres jusqu’à Valmante pour contempler les cités, les grands ensembles, car il n’y a pas que la bastide de La Magalone et la Cité Radieuse de Le Corbusier.

    Il y a aussi les vagues de béton de la Rouvière ?

    N.M. : On va se retenir d’en dire du mal, car la nouvelle aventure intellectuelle, c’est qu’il faut tout aimer. Mais l’ensemble de la Rouvière a, en réalité, pas mal de qualités. C’est à la fois une utopie réalisée avec sa part de banalité affligeante, mais ça reste unique au monde, ces grandes planches verticales qui dansent sur la colline. Le soir, quand les barres s’éclairent, c’est un incendie, une partition de musique extrêmement belle, une émotion vraie.

    Quelle réalisation récente vous a subjugué ?

    N.M. : J’ai en tête une opération au sud du centre pénitentiaire de Luynes, en pierre massive porteuse [Les carrés Lenfant de l’agence Jean-Michel Battesti & Associés, 2019, Ndlr.]. Ce retour de la pierre comme matériau structurel est passionnant. On sait que la pierre va respirer, garder la fraîcheur l’été et la chaleur l’hiver. Et là, c’est vraiment très très beau. Une vraie émotion de voir de l’architecture.

  • « Lever les yeux sur des objets ordinaires qui recèlent des histoires édifiantes »

    « Lever les yeux sur des objets ordinaires qui recèlent des histoires édifiantes »

    La Marseillaise : Quelles vertus ont ces JNA centrées, cette année, sur le quotidien ?

    Nicolas Memain : C’est l’occasion de lever les yeux sur des choses qu’on ne voit plus, qui ne sont ni monumentales, ni déjà enregistrées, labellisées, recommandées. C’est une hygiène morale, éthique, de rafraîchir le regard pour le poser sur des objets ordinaires, à portée de main et qui recèlent des histoires édifiantes, des sites remarquables dignes d’être des objets culturels. Une bordure de trottoir par exemple, cette chose si banale qu’elle a disparu de notre mentalité, en raconte beaucoup à Nîmes sur l’habitat ouvrier des anciens faubourgs au XIXe.

    Le regard se déplace aussi parce que la société change ?

    N.M. : L’architecture est polysémantique. Il y a un retour à la culture perdue de la simplicité, celle du monde préindustriel qui était très économe en énergie et en matériaux. Ce sont de vraies bonnes questions. Mes étudiants me font ressentir qu’ils sont dans le refus de la construction neuve en béton armé, de la démolition. On recherche la sobriété dans la construction, son entretien, mais aussi la sobriété intellectuelle, le refus des grands gestes, du spectaculaire. On va préférer s’émouvoir sur une réalisation de Fernand Pouillon et pas sur une médiathèque de Zaha Hadid. Car Pouillon applique, dans les années 50, des recettes antiques de blocs de maçonnerie, d’empilement de pierres et c’est une leçon qu’il nous donne.

    Ces journées rapprochent le grand public des architectes ?

    N.M. : Oui, car il y a un renouveau de cette culture du quotidien, de la proximité. La France n’a jamais vraiment eu une culture grand public de l’architecture. On a une culture des palais, une culture de la bourgeoisie qui imite l’aristocratie, une culture élitiste des hautes écoles, mais les gens se passionnent aussi pour les documentaires sur les maisons de campagne à retaper et c’est de la culture architecturale grand public. Déplacer le regard sur des objets culturels dignes d’être commentés, c’est ce qu’on fait au festival off des quartiers sud à Marseille, qui a commencé jeudi, à la Villa Luce. On va marcher 11 kilomètres jusqu’à Valmante pour contempler les cités, les grands ensembles, car il n’y a pas que la bastide de La Magalone et la Cité Radieuse de Le Corbusier.

    Il y a aussi les vagues de béton de la Rouvière ?

    N.M. : On va se retenir d’en dire du mal, car la nouvelle aventure intellectuelle, c’est qu’il faut tout aimer. Mais l’ensemble de la Rouvière a, en réalité, pas mal de qualités. C’est à la fois une utopie réalisée avec sa part de banalité affligeante, mais ça reste unique au monde, ces grandes planches verticales qui dansent sur la colline. Le soir, quand les barres s’éclairent, c’est un incendie, une partition de musique extrêmement belle, une émotion vraie.

    Quelle réalisation récente vous a subjugué ?

    N.M. : J’ai en tête une opération au sud du centre pénitentiaire de Luynes, en pierre massive porteuse [Les carrés Lenfant de l’agence Jean-Michel Battesti & Associés, 2019, Ndlr.]. Ce retour de la pierre comme matériau structurel est passionnant. On sait que la pierre va respirer, garder la fraîcheur l’été et la chaleur l’hiver. Et là, c’est vraiment très très beau. Une vraie émotion de voir de l’architecture.

  • Joël Peyre veut des élus irréprochables

    Joël Peyre veut des élus irréprochables

    Après une proposition sur la santé avec l’installation de centres médicaux municipaux, Joël Peyre continue à mener campagne en vue des municipales des 15 et 22 mars. Candidat (PRG) déclaré, le conseiller municipal délégué aux finances a présenté, ce mardi, une charte éthique et de bonne conduite. « On ne peut pas être crédible si les élus ne respectent pas la loi et la morale, chacun devra être exemplaire et irréprochable, surtout à l’heure où un ancien président de la République va être incarcéré, ce n’est pas du luxe », pose Joël Peyre.

    Voit-il aussi localement de possibles candidats aux pedigrees peu recommandables voire condamnés ? « Oui », confirme-t-il sans « vouloir faire de la délation ». Cette charte, largement inspirée de l’association Anticor, s’articule en 7 points. « Elle sera adoptée en conseil municipal, soumise à l’approbation de tous, on verra à ce moment-là si certains ont des choses à cacher », se projette déjà Joël Peyre. En 2014 en arrivant à l’Hôtel de ville, la maire Cécile Helle (PS) avait vainement tenté de mettre en place une charte dans la même veine. « Là, les candidats s’engageront dès la campagne », précise-t-il.

    Soutien de Joël Peyre, Philippe Pascal vient apporter sa caution sur le sujet. « L’éthique a guidé toute ma vie comme lanceur d’alerte sur l’affaire Mariani », rappelle l’ex-inspecteur de l’Urssaf et candidat DVG lors des dernières législatives. Casier judiciaire vierge pour se présenter, déclaration des intérêts patrimoniaux et professionnels, mise en ligne de tous les documents administratifs, obligation de formation des élus font partie des grands axes de cette charte. « Toute mise en examen entraînera la suspension des fonctions exécutives », prévient Joël Peyre qui ne compte utiliser une enveloppe de frais de représentation de maire « uniquement pour des repas, pas pour l’habillement ». Des mesures qu’il compte bien porter dans le cadre des discussions à gauche qui se poursuivent. « Il faut arriver à un accord, on ne peut pas faire autrement », convient-il.

  • Un tissu toulonnais riche et soutenu pour favoriser la cohésion sociale

    Un tissu toulonnais riche et soutenu pour favoriser la cohésion sociale

    « Nous avons vraiment à cœur de mettre en lumière la richesse du tissu associatif de la ville de Toulon et tous les bénévoles qui le font vivre », commence l’adjointe au maire Caroline Depallens qui a en charge parmi ses fonctions l’organisation du Forum des associations. Une vitalité expliquée par une politique volontariste de la municipalité qui, malgré les crises, a non seulement maintenu les dotations aux associations mais est parvenue à les augmenter, lorsqu’ailleurs elles faisaient les frais de rigueur budgétaire. L’élue insiste sur leur rôle joué par toutes ces structures dans le maintien de la cohésion sociale fortement ébranlée « en créant du lien entre les personnes ».

    À ses côtés Caroline Giran, également impliquée dans le déroulement de la manifestation rappelle que « les associations sont un des outils de la mise en œuvre des politiques publiques, des corps intermédiaires sans lesquels on ne pourrait pas faire grand-chose ».

    Pour donner à voir cette diversité, 330 associations qui œuvrent dans les solidarités, le sport, la culture, le développement durable ou encore la santé vont se retrouver ce samedi sur les trois étages du Palais des Congrès Neptune ainsi que sur son parvis. Un rendez-vous auquel chaque année le public répond présent. Ainsi en 2024, ce sont 12 000 personnes qui sont venues sur les stands s’informer sur les nombreuses activités proposées, prendre des contacts, ou s’engager eux-mêmes à faire vivre la solidarité en donnant de leur temps.

    12 000 personnes

    « Le bénévolat, c’est le don de soi pour le vivre-ensemble », reprend Caroline Depallens pour qui « la solidarité est l’essence même d’une ville ». Et de poursuivre : « Faire attention humainement à l’autre c’est primordial, surtout dans la période. »

    L’occasion aussi de mettre en lumière les Comités d’intérêts locaux (CIL) qui sont de véritables courroies de transmission entre les habitants et la municipalité. Ils seront cette année regroupés à l’entrée du Palais Neptune. « Ils sont un quartier. Et un quartier plus un quartier plus un quartier, ça fait la richesse de la ville », insiste l’élue.

    Une journée donc pour trouver une activité sociale, éthique, physique ou culturelle, et se connecter physiquement aux autres et à la vie de la cité, en allant à la rencontre de tous ceux qui œuvrent déjà au service de la collectivité. Avec en prime des démonstrations, entre autres de danses et d’arts martiaux. Et des conférences aussi. Parmi elles, on peut noter à 10h45 celle intitulée « une bonne assurance », animée par l’association de consommateurs UFC Que Choisir. Ou à 11h30, « Sensibilisation aux enjeux de l’énergie et du climat », par The Shifters, l’organisation qui milite pour la décarbonation de l’économie. Et à 14h45, « le changement climatique », animée par l’Association varoise pour la sauvegarde de l’agriculture, de la Nature et de l’Environnement.

    La vie associative permet aussi cela, de se lever pour faire face aux grands défis et devenir soi-même acteur du changement. Ou du moins tenter d’éclairer les consciences.