Tag: personnes âgées

  • La canicule a provoqué 48 décès en juillet

    La canicule a provoqué 48 décès en juillet

    Deux canicules pour le prix d’une et des données qui font froid dans le dos. Santé Publique France, l’agence nationale de santé publique, a dévoilé, ce mercredi et ce jeudi, une série d’études sur les canicules estivales et leurs conséquences sanitaires.

    La première est « relative à l’excès de mortalité observé durant l’épisode de canicule du 3 au 22 juillet 2026 ». Un épisode qui était « exceptionnel de par sa durée et son étendue géographique », rappelle l’organisme, citant notamment les 78 départements concernés pour 78,5% de la population française. D’autant que cette canicule a duré la majeure partie du mois, lequel est donc devenu « le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900 », selon Météo France cette fois. Reste que la mortalité lors de cette canicule a été en « augmentation de 9,2% » par rapport à ce qui était prévu. « 1 243 décès en excès ont été estimés : 14 713 décès observés contre 13 470 décès attendus », développe Santé Publique France, qui s’appuie sur les données de l’Insee.

    Précisons tout de même que son étude s’attarde sur la mortalité « toutes causes », et donc pas directement reliée à la canicule. Concrètement, on décompte plus de 1 200 morts de plus que ce que les analyses prévoyaient pour un mois de juillet classique. D’où le terme « excès de mortalité » utilisé par l’organisme.

    Concernant le profil des décédés, le point de Santé Publique France précise que ce sont « les personnes âgées de 75 ans et plus constituent les trois quarts des décès de ce bilan provisoire avec au moins 917 décès en excès ».

    1 397 décès observés

    Et côté géographique, « toutes les régions ont été concernées par un excès de mortalité toutes causes à l’exception de la Corse ». En Région Paca, le nombre de décès attendus était de 1 339 mais il y a eu 1 397 décès observés. D’où 48 décès en excès décomptés, plaçant la région parmi les moins touchées sur ce plan. Elle est bien loin des 236 morts excédentaires du Pays de la Loire.

    Les départements de la Région Sud s’en sortent bien : Les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence ont une « surmortalité relative » qui oscille entre 0 et 10%, le niveau le plus faible. Le département des Hautes-Alpes n’a pas été considéré comme en canicule sur toute la période et celui des Alpes-Maritimes comme n’ayant pas de surmortalité.

    Enfin, l’organisme public a sorti une autre étude, sur la canicule qui a officiellement pris fin en début de semaine, dédiée à la région Paca et notamment aux recours aux soins sur la période. « L’analyse au niveau régional des recours aux soins d’urgence indique une stabilité des passages aux urgences, des hospitalisations et des actes SOS Médecins », explique Santé Publique France. Avec tout de même « une activité en hausse » pour SOS Médecins sur le week-end du 15 août. Là encore pour des motifs « toutes causes » donc pas forcément en lien direct avec la chaleur.

  • [C’est l’été] À la Gavotte Peyret, on cultive la vie de quartier

    [C’est l’été] À la Gavotte Peyret, on cultive la vie de quartier

    Quand on arrive dans la résidence de la Gavotte Peyret, le centre social ne s’aperçoit pas du premier coup d’œil, mais tous les habitants savent où il est. Car il est au cœur du quartier, au sens littéral et figuré, et en particulier l’été.

    Créé en 1983, dans un quartier prioritaire de la ville, le centre a toujours été ouvert l’été et permet aux jeunes et aux moins jeunes de s’occuper pendant ces deux longs mois. Car si le centre social s’occupe de la jeunesse, les seniors ne sont pas laissés-pour-compte.

    « Il y a de plus en plus de personnes âgées qui sont isolées et qui ne vont pas dans les structures traditionnelles comme les maisons du bel âge », explique Djelloul Ouaret, directeur du centre social. Des sorties ou des cafés intergénérationnels sont organisés spécialement pour eux. Cette semaine ce sont d’ailleurs les aînés qui sont partis en séjour dans les Pyrénées.

    Les minots ne sont pas pour autant en reste. Cette année, ils sont 81 à être partis en vacances : les préados dans les Alpes et les adolescents à côté du Cap d’Adge. Pour s’y inscrire, les intéressés doivent s’investir une semaine au service de leur quartier, en participant à des actions de ramassage de déchets ou repeindre des graffs. Grâce à cela, ils peuvent partir en séjour pour 20 ou 30 euros.

    S’approprier le quartier et voyager

    Des séjours qui ont permis à Emma, Hyliaa, Zahra et Jenna, 11 ans, de partir quelques jours. « Ce que j’ai préféré c’est le rafting, c’était la première fois que j’en faisais », sourit Emma. Les quatre copines viennent tous les jours au centre social « parce qu’on fait plein de choses : on est allé au Lac de Peyrolles, aux iles du Frioul, à wave land et aqualand », explique Hyliaa. Mais c’est aussi dans le quartier que les jeunes s’investissent : en faisant des fresques, des jardins partagés ou des nids pour chauve-souris.

    Aujourd’hui, c’est pour faire des crêpes et des gâteaux qu’elles sont venues. Des pâtisseries qui seront ensuite distribuées aux habitants pendant le cinéma en plein air organisé le soir même. Un événement loin d’être isolé, puisque depuis le début des vacances le centre organise régulièrement des soirées pour tout le voisinage.

    Une façon pour les jeunes de s’approprier leur quartier. Mais le centre les pousse aussi à la mobilité. « L’idée pour nous, c’est de faire découvrir d’autres lieux, car on n’est pas assignés à résidence », insiste Djelloul Ouaret. Cet été ils sont neuf de 15 à 17 ans à être partis en Tunisie pour visiter Hammamet et Tunis et pour aider à l’entretien d’une palmeraie pendant plusieurs jours. Un projet qui a motivé les jeunes durant neuf mois où il a fallu vendre des crêpes et frapper à de nombreuses portes pour trouver les financements.

    La structure aide aussi les majeurs à partir en voyage. « Les jeunes de 18 à 25 ans doivent monter un dossier, puis on les aide à faire les demandes de bourses européennes pour la mobilité, explique le directeur. Car souvent ils ne savent pas que ça existe, et les seuls qui en profitent sont les étudiants qui voyagent déjà. » Cet été cinq groupes de trois ou quatre ont pu partir en autonomie.

    Un moyen pour Djelloul Ouaret de leur montrer qu’eux aussi ont le droit de voyager.

  • Le grand retour des expulsions sans solution pour les Roms

    Le grand retour des expulsions sans solution pour les Roms

    Un terrain à la Valentine dans le 11e arrondissement, un autre dans le 15e, une caserne dans le 3e à l’abandon depuis des lustres et squattée à plusieurs reprises. Seule certitude sur ces sites occupés depuis des années par des familles originaires de Roumanie, les expulsions sont pendantes. Et « le concours de la force publique est accordé », précise maître Adam Borie, avocat au barreau de Marseille. Quant aux dates ?

    Sollicitée à plusieurs reprises, la préfecture ne répond pas. De quoi laisser l’angoisse s’installer. D’autant plus que la rentrée scolaire approche et que sur chacun des sites, de nombreux enfants sont scolarisés. La Ville, propriétaire du site, motive quant à elle la demande d’évacuation par : « Un danger sur un bâtiment qui reste occupé, une activité de ferraille et des conditions d’occupation qui présentent un danger pour eux comme pour les riverains, le non-respect des installations d’accès à l’eau, à l’électricité et à l’hygiène en dépit d’un grand travail d’accompagnement pour sécuriser le site. » Pour autant, elle avait porté « une exigence de relogement », qui incombe à l’État.

    « Les expulsions produisent une rupture dans le parcours de soins des personnes malades, le suivi des femmes enceintes et l’accompagnement social », ajoute Laurent Sapin, à l’origine de la conférence de presse. Car il se dégage un scénario trop couru pour être ignoré, dans ces injonctions à quitter le terrain. À l’écoute, le père Paul Daniel, qui a officié à la Belle de Mai, se souvient avoir ouvert les portes de la paroisse à des familles expulsées, un soir d’octobre 2012, par un fort mistral, « des enfants, des personnes âgées, des malades, épuisés par la marche », traquées par les CRS pour les empêcher de s’installer dans une nouvelle friche.

    Des droits à défendre

    Elena, qui vit à Marseille depuis 15 ans, « représente une association de soutien aux familles roms » et témoigne : « On en a marre de changer d’endroit à chaque fois que la police vient nous déloger. À chaque fois, c’est justifié par la question de la sécurité. Mais il n’y a jamais de solution durable. » Elle argumente et interroge : « Quand dans les bidonvilles ont été évacués, des logements ont été construits pour reloger. Pourquoi les autorités ne choisissent pas le dialogue plutôt que l’expulsion qui coûte plus cher. Évacuer un terrain, c’est 4 000 euros. » Et répond à son tour : « On nous demande pourquoi on vit en groupe. C’est pour se protéger des violences. » Car les cas n’ont pas manqué, d’attaques violentes, de tentatives d’incendie.

    « Oui, il y a des nuisances qui peuvent excéder les voisins », reconnaît Framboise Robert, responsable de l’association culturelle Arte Cavhalo. Rare signataire à connaître la situation de très près pour avoir travaillé plus de 16 ans avec les enfants des squats. « Mais si on nous laissait le temps d’organiser des activités avec des aides, bien encadrées, bien gérées, avec un budget au lieu de couper les subventions des associations, ça pourrait bien se passer. » À Gardanne ou à Lyon, des expériences d’accompagnement ont fait leurs preuves. « Ici, les projets sur les friches Euromed n’ont fait que repousser les squats, de Bougainville à Gèze, à la Belle de Mai », regrette-t-elle.

    « Nous devons faire entendre notre voix » ont convenu les familles. « Nous sommes ici pour dire que ces familles ne sont pas seules », a rappelé Laurent Sapin avec à ses côtés une militante de Front commun et Imram Trocmé, élu LFI des 4-5. Une représentante d’Un centre-ville pour tous et du Collectif d’habitants organisés du 3e (CGO3) propose « d’agir ensemble, de créer des liens ». Le premier pas se fera sur le plan judiciaire. Sans toit, ces familles ne sont pas sans droits. Maître Adam Borie annonce : « Ces familles n’étaient pas représentées lors de l’ordonnance. Elles ont droit au débat devant un juge. Nous allons saisir le Juge de l’exécution. » De quoi gagner un délai.

  • À Oraison, l’Ehpad s’équipe face à la canicule

    À Oraison, l’Ehpad s’équipe face à la canicule

    « Beaucoup de résidents sont seuls, isolés, n’ont pas de famille. Beaucoup disent que leurs enfants les ont mis à l’Ehpad pour être tranquilles ». Ada Knol, retraitée néerlandaise installée à Puimichel depuis 36 ans, donne de son temps pour faire du bénévolat et passer du temps auprès des résidents de l’Ehpad public d’Oraison. « Certains perdent la mémoire. Le personnel n’a pas le temps de discuter avec eux. Être là, poser sa main sur leur bras, leur sourire, ça fait déjà tellement de choses, c’est très important ! », insiste la bénévole. « Il y en a qui me disent : “je dois rester ici jusqu’à ma mort, alors à quoi ça sert la vie ?” ».Cet isolement est d’autant plus accentué par la période de canicule, pendant laquelle les résidents ne peuvent que très peu sortir. « C’est encore plus difficile pour eux avec la canicule, ils souffrent plus, avec la fatigue, la déshydratation », constate Ada Knol.

    Face à la vague de canicule précoce, l’Agence régionale de santé (ARS) a débloqué des budgets pour acheter des climatiseurs, que l’Ehpad a pu disposer dans ses couloirs. Les chambres, elles, restent non climatisées. « Il fait chaud dans les chambres qui n’ont pas la clim. On vient plus régulièrement, on est plus vigilants pendant les périodes de forte chaleur », explique Audrey Llopis, qui vient tous les jours rendre visite à son père, atteint d’une maladie neurodégénérative.

    Pour faire face à la chaleur écrasante, l’établissement public a mis en place une procédure stricte : « on barricade, on ferme les volets dès qu’on peut », témoigne Amandine Bourjac, aide-soignante. « Avec l’âge, les résidents perdent la sensation de soif, alors on met en place des tours d’hydratation toutes les deux heures », explique-t-elle. « On a adapté les goûters : toute l’année, ils ont des gâteaux secs. Là, on leur donne des glaces et des fruits », ajoute Mylène Goudet Ramirez, cadre de santé. Le personnel surveille les résidents de près pour s’assurer qu’ils s’hydratent. « On essaie de le prendre à temps : si on a quelqu’un qui ne boit pas, qui est fatigué dans son lit, on va le perfuser et le lendemain, ça va mieux », explique Margot Mansuy, infirmière.

    Rompre l’isolement

    Pour pallier l’isolement des résidents sans famille, l’Ehpad a deux animatrices dédiées, une coordinatrice de la vie sociale et des bénévoles, détaille la cadre de santé. L’établissement accueille également des jeunes en service civique dont la mission est de rompre l’isolement. Des créneaux de visio sont aussi mis en place pour permettre aux résidents de rester en contact avec des proches éloignés. Une aide-soignante dédiée prend en charge les troubles anxieux. « Mes cinq enfants voulaient me prendre chez eux, mais je ne voulais pas être un poids pour eux », témoigne Yvette Robert, résidente aux Tilleuls. Son voisin, José Flores, orphelin espagnol, a quitté son pays pour fuir le franquisme, après le décès de son père à la guerre, qu’il n’a pas connu. « J’ai été hospitalisée à Marseille après une chute, puis mon fils, médecin à Manosque, m’a rapprochée ici », raconte Juliette Khatchian. Son fils l’appelle trois fois par jour pour vérifier qu’elle va bien. « On est bien, mais on n’est plus chez nous. Si j’avais la possibilité, je serais restée chez moi jusqu’à la mort, comme mes parents », regrette Juliette Khatchian.

    L’Ehpad compte une centaine d’agents, 80 résidents, et fait aussi de la prise en charge à domicile. « L’été, on signale les résidents aux mairies, les CCAS mettent en place des choses. Ils peuvent enfoncer la porte si on n’a plus de nouvelles », explique Mylène Goudet Ramirez. « On manque d’argent » pour avoir suffisamment de renforts pendant l’été, regrette la cadre de santé. « On est en déficit, on n’a pas l’argent à la hauteur de notre mission. On fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a » déplore-t-elle.

  • Vent de colère après l’annonce d’économies sur la santé

    Vent de colère après l’annonce d’économies sur la santé

    Le débat, déjà rejeté à l’Assemblée à l’automne dernier, revient sur la table pour freiner les dépenses de santé. En 2024, le gouvernement avait déjà doublé les franchises médicales, passant de 0,50 à 1 euro. Aujourd’hui, leurs montants unitaires restent inchangés, avec 2 euros par consultation et 1 euro par boîte de médicaments. Jusque-là plafonné à 50 euros par an chacun, le plafond pourrait doubler avec la nouvelle mesure. Un rapport de la Cour des comptes, publié en mai, chiffre à 48 millions le nombre d’assurés concernés. Les mineurs, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale d’État, ainsi que les femmes enceintes en fin de grossesse en restent dispensés.

    Selon la ministre de la Santé, la mesure représente seulement « un petit effort extrêmement mesuré à ceux qui achètent plus de cinquante boîtes de médicaments par an et qui vont plus de vingt-cinq fois chez le médecin ». Un discours que rejette Valérie Ollier, présidente du Syndicat général des pharmaciens des Bouches-du-Rhône. Elle dénonce une mesure qui « pointe du doigt tous ceux qui consomment, alors que la plupart en ont besoin, en particulier les personnes âgées et celles qui ont des pathologies avec des douleurs ».

    Elle prend l’exemple d’une patiente en oncologie : « À chaque fois qu’elle fait un traitement, elle a une visite obligatoire chez le médecin. Donc, parfois, c’est deux ou trois visites dans la semaine. Le message qu’on donne à cette personne, c’est qu’elle coûte cher à la société, c’est culpabilisant ». Pour la pharmacienne, « une solution plus judicieuse » reposerait sur la Sécurité sociale qui « pourrait, avec les systèmes informatiques actuels, déceler qui est le “superconsommateur” qui coûte cher et vérifier pourquoi il coûte si cher ».

    « C’est un plafond que les Français, en moyenne, n’atteignent pas. En moyenne, ça fera 18 euros en plus pour les Français », tentait de rassurer Stéphanie Rist en fin de semaine sur Franceinfo. Pourtant, à la pharmacie du Grand Pavois, où exerce Valérie Ollier, plusieurs clients dépassent déjà le seuil des 50 boîtes par an.

    Un coût supplémentaire pour les patients

    C’est le cas d’une cliente de 86 ans, atteinte de Parkinson, qui achète six boîtes par mois. Après la mesure, 22 boîtes ne lui seront plus remboursées, soit 22 euros de dépenses en plus par an. « Ça arrange peut-être le gouvernement, mais c’est nocif pour nous. En plus, on est mal informés à ce sujet », réagit la patiente. Sa pharmacienne s’indigne du poids que l’on fait peser sur ses épaules : « Son traitement mensuel a été prescrit par un spécialiste. Il faut à tout prix qu’elle le prenne pour pouvoir vivre normalement. Les politiques ne se rendent pas compte de ce que c’est que de vivre avec une maladie chronique ».

    Pour Valérie Ollier, le raisonnement du gouvernement « n’est pas fait dans le bon sens » : « Il y a certainement des mesures à prendre au niveau financier, mais ce n’est pas parce que les gens consomment plus. Si on la compare aux autres pays européens, la France n’est pas en surconsommation, le nombre de boîtes de médicaments est même en recul depuis quatre ans dans l’hexagone. Ce sont les nouveaux traitements, très chers, qui font exploser le budget de la Sécurité sociale. Il vaudrait mieux que l’État voit avec les laboratoires pourquoi ces médicaments sont si chers. Ce n’est pas la boîte de Doliprane à 2 euros qui va changer la donne ». Et de synthétiser : « on est là pour soigner, pas pour faire le percepteur de l’état ».

    Même inquiétude chez Stéphanie Gauthier, 55 ans, suivie pour une hypothyroïdie, une tension oculaire et une dépression.

    « Sans mon traitement, je meurs, tout simplement »

    Elle dépasse déjà le plafond actuel. « Je vais payer davantage mes médicaments car le remboursement sera moindre, mais je n’ai pas choisi d’avoir ça ! Ce n’est pas normal », s’offusque-t-elle. La patiente dénonce aussi un coût élevé des franchises par boîtes qui contiennent déjà peu de comprimés : «J’ai besoin de 30 comprimés par mois, c’est complètement illogique de faire des boîtes à seulement 10 comprimés. Je suis prête à payer un petit peu, mais là 1 euro par boîte… »

    Les syndicats, déjà mobilisés en septembre dernier, dénoncent aujourd’hui un « passage en force pendant l’été ». Valérie Ollier insiste sur les inégalités d’accès aux soins qu’engendre la mesure : « On a choisi un système où tout le monde paie en fonction de ses moyens. Si c’est comme ça, on change de système, comme aux États-Unis ou en Angleterre ».

    Andréa Goyard de Castro

  • L’été des Petits Frères des Pauvres contre l’isolement des aînés à Marseille

    L’été des Petits Frères des Pauvres contre l’isolement des aînés à Marseille

    Pour que les personnes âgées ne soient pas seules pendant les vacances, qu’elles aient encore des projets », s’enthousiasme Anne Salvador, bénévole depuis 20 ans au sein de l’association les Petits frères des pauvres et responsable de la campagne Le Marnier. Bastide avec un grand jardin, la maison d’accueil à la journée et siège de la branche marseillaise de la structure, se remplit de bénévoles et de personnes âgées pour les journées estivales. « Toute l’année on accompagne des personnes de plus de 50 ans souffrant de solitude, qu’elles habitent à domicile, en maison de retraite ou à la rue. L’été, on organise 20 journées estivales de rencontre et d’activité », explique Anne Salvador.

    Les journées se partagent entre petit-déjeuner, apéritif, déjeuner et activité du jour. Ce mardi 21 juillet, c’est chanson et coiffure. « C’est un moment de bonheur, très festif et c’est très bien cuisiné », applaudit Claudine, accompagnée par les Petits Frères des Pauvres depuis 2 ans. Dans le jardin, sous la tonnelle, tous partagent un moment de convivialité autour du déjeuner. Ils profitent de la fraîcheur des arbres, de la brise et du chant des cigales, particulièrement bruyant en ce milieu de journée. « Qui veut un autre yaourt glacé ? », « Qui veut des pêches ? ». Autour des grandes tables, les bénévoles servent dans la bonne humeur les personnes âgées autour de la table. Aujourd’hui, le plus jeune des convives a 65 ans, le plus vieux 95 ans.

    « Je viens pour me changer les idées »

    Les conversations fusent, Jean-Marc évoque sa jeunesse aux South-Winners, les ultras du virage sud du Vélodrome, Frederic raconte les années qu’il a passées au Brésil et Robert raconte son passé de syndicaliste à la CGT. Si l’activité du jour tourne autour de la chanson et de la coiffure, certains ne sont intéressés ni par l’une, ni par l’autre, mais viennent quand même pour vivre ce moment privilégié. « Je viens pour profiter de l’après-midi et pour me changer les idées », témoigne Jean-Marc. C’est son premier été avec l’association et il vient souvent aux journées estivales : « Il y a une bonne ambiance ! » félicite-t-il. Bébert est bénévole ici depuis 52 ans, « ce qui me plait, c’est la fraternité », déclare-t-il.

    « Il n’y a que les Petits frères des pauvres qui m’ont tendu la main, vous savez, la rue c’est dur. » Pascal, sans domicile fixe accompagné depuis un an, exprime sa gratitude.

    L’atelier chanson débute et un artiste, engagé par l’association, entame les plus grands titres « de votre jeunesse au siècle dernier » lance-t-il gentiment aux spectateurs. Tous reprennent en chœur Charles Aznavour, Jean Ferrat ou encore Luis Mariano.

    « T’es super Dominique ! Ça te va bien ! » , complimente André, responsable des bénévoles. Dominique vient de se faire couper les cheveux par la coiffeuse présente pour l’après-midi. « Prendre soin de soi ça reste important. Les personnes ici ne le font plus, surtout pour des raisons financières, alors on leur amène gratuitement un coiffeur », commente André.

    Des activités tout l’été

    « Aujourd’hui c’est un chanteur, demain ça sera peut-être un magicien, on essaie de varier les propositions, on se doit de les faire profiter au maximum », ajoute André.

    Tout l’été, les Petits frères des pauvres organisent des journées comme celle-ci, musique brésilienne, loto, accordéon, il y en a pour tous les goûts. Sophie, bénévole depuis 2 mois, a rejoint l’association pour s’occuper des aînés isolés : « C’est super important, ils ne voient personne d’autre de la journée. Ça permet de les sortir et de créer du lien social. »

    Les bénévoles aussi s’enrichissent de ces journées de partage. « C’est mon petit bonheur de venir ici, et eux ils sont trop contents », termine-t-elle.

  • À Marseille, la veille sociale crée des liens entre jeunes et personnes âgées

    À Marseille, la veille sociale crée des liens entre jeunes et personnes âgées

    « Allô bonjour ! », salue au téléphone Méline, 18 ans, opératrice de veille sociale estivale au Centre communal d’action sociale de Marseille. Cet été, vingt jeunes, dix en juillet et dix en août, passeront des milliers d’appels téléphoniques auprès des seniors marseillais pour les protéger des fortes chaleurs et de la canicule, dans le cadre du renforcement de la veille sociale du Centre. « Quand on appelle la personne, on essaye de créer un lien avec elle. On lui demande si tout se passe bien chez elle, si elle pense bien à s’hydrater », explique l’un d’entre eux. Sans oublier de leur rappeler aussi les bons gestes à adopter en cas de fortes chaleurs. « Ils ont conscience que la canicule dure de plus en plus longtemps et qu’elle est plus fréquente. Ils nous disent souvent qu’ils en souffrent », confie Méline, étudiante en prépa commerciale. Mais les appels ne s’arrêtent pas aux conseils pour faire face à la chaleur. Les opérateurs veillent aussi à ce que les personnes âgées ne soient pas isolées. « Vous avez de la famille qui vient vous rendre visite ? », demande, en ligne, l’un des jeunes à une personne âgée. « Oui, mes enfants et petits-enfants n’habitent pas loin. Je suis bien accompagnée. Pour l’instant, je touche du bois, tout va très bien », se réjouit cette senior.

    Des visites de convivialité

    Dans le cas où une personne âgée est isolée, une visite de convivialité est organisée à son domicile. Les opérateurs se rendent en binôme chez elle. L’occasion de lui donner un kit pour lutter contre la chaleur et, c’est la nouveauté cette année, de la sensibiliser aux écogestes. Mais aussi de lui tenir compagnie le temps d’une heure ou deux. « On essaye de partager un bon moment avec elle, de lui faire plaisir, pour qu’elle ne se sente pas seule », explique l’un des opérateurs. La visite est rythmée de discussions et d’anecdotes. « Ils racontent souvent leur enfance. Ce sont des personnes qui ont eu des vies remplies et extrêmement différentes. Pour les plus joueurs, on leur propose de faire un jeu de cartes », s’enthousiasme Méline. Et parfois, ce sont les personnes âgées elles-mêmes qui proposent une partie de Scrabble. « Derrière chaque appel, derrière chaque visite, il y a une attention portée à une personne. Un échange, un sourire, une présence. Souvent même une intervention qui permet d’éviter que les situations ne se dégradent. C’est cela l’esprit de la veille sociale, être présent avant qu’il ne soit trop tard. Être à l’écoute, aller vers celles et ceux qui en ont le plus besoin. Au CCAS de Marseille, nous sommes convaincus qu’une politique sociale efficace est avant tout une politique de proximité. Une politique qui protège, une politique qui innove, une politique qui ne laisse personne de côté », exprime Karim Touche, président du Centre communal d’action sociale et adjoint au maire de Marseille. À ce jour, 8 000 personnes sont inscrites dans le registre du Centre. Il est aussi possible d’inscrire quelqu’un d’autre que soit. Une initiative qui ne laisse pas indifférents les opérateurs. « Ça fait du bien. On tire des leçons de ces échanges. C’est constructif, pour les personnes âgées, mais aussi pour nous », constate Rafaël, 20 ans, opérateur et étudiant en troisième année en BUT réseau et télécommunication à Luminy. Un sentiment partagé par Méline. « J’aime le côté intergénérationnel. Je l’ai déjà fait l’été dernier. J’ai noué des liens avec certaines personnes. Revenir me permet de reprendre des nouvelles. »

  • Chaud devant !

    Chaud devant !

    Il y a une réelle mise en danger à vouloir remettre sur le marché les bouilloires thermiques (classées F et G) tel que le présentait fin juin le ministre du Logement, en plein épisode caniculaire. D’après les chiffres publiés par Santé publique France, la surmortalité survenue lors de ce même épisode est avérée, plus de 2 000 morts, dont « 40% à domicile ». Isolement, logement peu ou pas adapté… Les plus de 65 ans ont d’ores et déjà payé un lourd tribut aux conséquences du dérèglement climatique. Certes, des améliorations ont été apportées, notamment dans les Ehpad, suite au traumatisme collectif causé par la canicule d’août 2003 et son sinistre bilan de 15 000 décès. Et à l’évidence, dans l’immédiat, la clim’ sauve des vies.

    L’urgence des financements

    À moyen et long termes, l’équipement apparaît cependant dérisoire à constater que ledit « dérèglement » n’induira pas seulement une hausse des températures, mais des épisodes climatiques de plus en plus violents et fréquents : vagues de chaleur, intempéries, épisodes cévenols, inondations, etc. Si les pouvoirs publics et les collectivités tentent aujourd’hui de prendre le problème à bras-le-corps en multipliant îlots de fraîcheur, désimperméabilisation, ou en améliorant la gestion de l’eau, il reste encore à financer les mesures d’atténuation et d’adaptation à la hauteur des enjeux, notamment dans le secteur immobilier. Les plans d’austérité et d’économies annoncés à répétition par le gouvernement sont de bien mauvais augure pour répondre à un tel défi qui nous concerne tous.

  • La 50e maison du Bel Âge ouverte à Gardanne

    La 50e maison du Bel Âge ouverte à Gardanne

    « Objectif atteint ! En 2017, nous lancions l’idée d’un réseau inédit de 50 maisons du Bel Âge sur l’ensemble du territoire provençal, afin d’accompagner nos aînés au quotidien. » La présidente du Département, Martine Vassal (DVD), a inauguré, vendredi, la 50e Maison du Bel Âge.

    Ce dispositif proposent un accompagnement gratuit aux personnes de 60 ans et plus, pour leurs démarches administratives, notamment dématérialisées. Aujourd’hui, 47 000 seniors provençaux bénéficient de leurs services, assure l’institution départementale.

    Sur les 50 structures désormais recensées, 28 sont situées hors de Marseille. Parmi elles, les 18 installées dans les communes les plus éloignées des services publics assurent des opérations postales (achat de timbres, retrait et dépôt de colis ou recommandés, retrait d’argent) en partenariat avec La Poste.

    En période de fortes chaleurs, ces structures offrent des espaces d’accueil climatisés et les agents réalisent une veille sociale permanente afin de repérer et d’accompagner les personnes fragilisées.

    Au total, près de 20 000 appels téléphoniques sont passés aux 7 000 personnes isolées de plus de 85 ans pour s’assurer de leur bien-être.

  • Le Japon s’enflamme pour La Marseillaise

    Le Japon s’enflamme pour La Marseillaise

    Trente-sept heures de voyage pour disputer le Mondial La Marseillaise. Hiratsuka Yoshiharu, Yamamoto Naofumi, Nabeshima Yoshihiro se sont offert un sacré périple pour leur passion. « C’est le but absolu de notre voyage », résume Yamamoto. Programmés sur l’hippodrome Borély, les Japonais sont soutenus par un clan soudé. Genichiro Shibata permet de faire l’intermédiaire grâce à ses bases en français et en anglais. Il se mue même en vidéaste pour l’occasion et filme la quasi-intégralité de la première partie victorieuse de ses acolytes. La triplette japonaise n’avait qu’une hâte : fouler la terre du Parc Borély. « Je me suis inscrit parce que je voulais découvrir la pétanque authentique et vivre l’ambiance du grand tournoi dans le pays où ce sport est né », se réjouit Hiratsuka. Le capitaine a découvert la pétanque il y a treize ans : « J’ai commencé pour stimuler mes neurones et garder l’esprit vif, comme un entraînement cérébral. Ma passion m’a mené jusqu’à Marseille ».

    « Rencontrer des boulistes du monde entier »

    Ce dernier est particulièrement impliqué dans le développement de la pétanque dans son pays. « La communauté est majoritairement composée de personnes âgées. J’aimerais beaucoup que l’on développe la pétanque auprès des enfants et de la jeune génération », espère de son côté Yamamoto. Qualifiés pour la deuxième journée, les Japonais ont pu compter sur Nabeshima, joueur à la technique atypique : « J’ai surmonté un grand défi : je me suis blessé au poignet droit, qui était ma main directrice. J’ai alors basculé sur la main gauche depuis trois ans. Aujourd’hui, je suis capable de jouer des deux mains ! », relate celui qui a débuté la pétanque il y a dix ans. Les Japonais ne vont pas se contenter du Mondial : ils sont déjà inscrits pour la 11e Supranational de Valréas du 7 au 12 juillet. Avec une ambition qui dépasse largement le cadre du jeu : « Rencontrer des pétanqueurs du monde entier ».