Tag: Cancer

  • L’Agence régionale de santé met le paquet sur le cancer

    L’Agence régionale de santé met le paquet sur le cancer

    Avec 44 500 nouveaux cas pris en charge chaque année, la Région Paca reste particulièrement touchée par les cancers. Un enjeu de santé majeur au cœur de la feuille de route 2026-2030 de l’Agence régionale de santé (ARS) a expliqué ce mardi 27 octobre son directeur général, Yann Bubien. « Nous faisons face à une augmentation continue du nombre de cancers, liée notamment au vieillissement de la population », contextualise-t-il, vieillissement accru en Paca quand « beaucoup de personnes âgées viennent s’installer en dernière partie de vie ». Deuxième constat, les inégalités sociales et territoriales qui persistent. « On a certains dépistages qui restent insuffisamment réalisés dans notre région », convient le directeur de l’ARS Paca, or « certains cancers de mauvais pronostics nécessitent des parcours plus rapides pour être pris en charge à un stade localisé ».

    Forte de ce diagnostic, l’ARS décline 22 actions, choisies parmi celles proposées par l’Institut national du cancer, qu’elle travaille en grands axes thématiques et en projets avec les hôpitaux, les professionnels de santé, l’Éducation nationale, les collectivités et nombre d’associations. Un investissement de 115 millions d’euros sur 5 ans. Concrètement, le paquet est mis sur la prévention quand « aujourd’hui, environ 40% des cancers peuvent être évités grâce à des actions sur les comportements et sur l’environnement », assure Yann Bubien. Dans la ligne de mire, le tabac, l’alcool, l’exposition aux UV très importante sous nos latitudes ou les infections HPV entendre les papillomavirus humains. Des objectifs précis sont fixés en matière de dépistage : 42% pour le cancer du sein contre 31% aujourd’hui, 35% pour le cancer colorectal contre 26% actuellement.

    Le tabagisme, un fléau

    L’ARS entend également réduire les délais d’accès aux soins. « Pour certains cancers, notamment ceux du poumon, du pancréas, de l’ovaire, chaque semaine compte », rappelle le directeur de l’ARS. Pour améliorer le « confort » de la prise en charge, l’ARS mise aussi sur l’ambulatoire avec le développement de l’hospitalisation à domicile (HAD). « On a multiplié par 4 notre taux de recours à la chimiothérapie par intraveineuse en HAD », précise Élodie Crétel Durand, médecin et cheffe projet stratégie décennale cancer.

    Sur le cancer du poumon dont 9 sur 10 sont liés au tabagisme, et dont le diagnostic est fait tardivement faute de symptômes, un programme baptisé « Impulsion » a été lancé, Paca faisant partie des 5 régions pilotes de France. Pas moins de 20% des 18 à 79 ans de la région fument, soit 775 000 personnes. L’ARS se fixe pour mission de réduire ce chiffre à 18% d’ici 2030 avec un dépistage accru auprès des fumeurs ou ex-fumeurs, âgés de 50 à 74 ans.

    « Nous avons mis en place un premier niveau avec des centres instigateurs, en clair, des structures médicales qui vont inclure les personnes dans le parcours, les accompagner, les amener au dépistage et vont suivre les résultats », détaille Olivier Reilhes, directeur de la santé publique de l’ARS Paca. Treize centres pour le moment installés dans les Alpes maritimes et les Bouches-du-Rhône mais qui devraient passer à 30 en s’étendant sur le Vaucluse, les territoires alpins et le Var. Dans un deuxième temps, les personnes concernées peuvent bénéficier d’un « scanner thoracique à faible dose », réalisé dans 9 centres d’imagerie d’hôpitaux ou de ville. Sur 700 personnes inclues dans l’étude et 500 scans réalisés en quelques mois, dix cas se sont avérés positifs.

    REPÈRES

    Moins de décès en Paca

    Entre 2019 et 2023, environ 135 000 personnes décèdent chaque année d’un cancer dans la région Paca, dont 58% d’hommes. Mais le taux de mortalité plus « favorable » qu’au national, 185 décès pour 100 000 habitants en Paca contre 195 en France masque des « différences selon les territoires et les cancers » selon l’ARS.

    Plus de mélanomes

    La progression des cancers cutanés reste un enjeu important pour l’ARS qui dénombre une augmentation de 29% du mélanome entre 2017 et 2023. Une progression à mettre en regard avec la diminution du nombre de dermatologues dans la région s’inquiète-t-elle.

    775 000

    personnes âgées de 18 à 79 ans fument en Paca, soit 20,9% de cette classe d’âge indique l’ARS. Avec une situation préoccupante pour les femmes dont 18,3% se déclarent fumeuses, un chiffre supérieur à la moyenne nationale.

  • À Marseille, un village pour faciliter l’accès aux soins dans les quartiers

    À Marseille, un village pour faciliter l’accès aux soins dans les quartiers

    À la sortie du métro à Frais Vallon, des chapiteaux ont pris place sur le parvis pour former un nouveau Village santé. Portés par la Ville depuis 2024, ces lieux rassemblent des acteurs de la santé au cœur des quartiers populaires. « On sait que dans ces zones, les gens ont des difficultés à avoir accès aux messages de prévention, de dépistage et d’accès aux soins tout court », a détaillé Anthony Gonçalves (PCF), adjoint au maire de Marseille en charge de la santé, ce mercredi. « Il ne faut pas attendre que les gens aillent vers le système de soins, mais déplacer le système en proximité », a défendu l’élu.

    Une nécessité pour gommer les inégalités sociales face au cancer en France. La dernière étude de la Drees fait apparaître que les 10% des plus modestes sont plus exposés que les plus aisés : cancers dépistables diagnostiqués plus souvent tardivement, risque de développer un cancer du poumon 2,2 fois plus élevé chez les hommes ou encore risque deux fois supérieur de développer un cancer évitable. Par ailleurs, les maladies chroniques surviennent et touchent aujourd’hui plus fréquemment les personnes aux faibles revenus, toujours selon Drees.

    « Vulnérabilité sociale »

    Au Village santé, les acteurs de la prévention se mobilisent deux jours durant pour porter l’information auprès des populations des quartiers nord et les accompagner sur le long terme. « On recherche des personnes extérieures au parcours de soins, mais aussi celles en situation de vulnérabilité sociale », souligne Myriam, du centre d’examen de santé de la CPAM à la Rose. Ces profils représentent 68 à 70% des prises en charge. Pour les accompagner, la CPAM fournit une aide à la démarche d’ouverture des droits à l’Assurance maladie, au sein du village santé.

    « Sous notre chapiteau, on réalise des dépistages instantanés pour déceler le VIH, l’hépatite C et B », explique Arthur, de l’association de promotion de la santé Réseau 13, avant d’être interrompu par deux jeunes intéressés. Gisèle, présidente de cette association basée à Frais Vallon, prend le relais : « On dépiste des jeunes de la cité, mais aussi beaucoup d’adultes ». Sur le stand du Centre de vaccinations internationales de la Ville de Marseille, les infirmières dépistent le diabète et la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) et vaccinent : « On prend en charge des patients gratuitement et sans rendez-vous, dont certains n’ont parfois pas leurs droits ouverts ».

    Le Village a attiré les habitants du 13e arrondissement, mercredi matin. « Je suis venue me faire vacciner avec mon groupe », raconte, ravie, une formatrice de français langue étrangère tout juste arrivée du Brésil. À 41 ans, elle accompagne de nouveaux arrivants de tout âge, en recherche d’informations. « On m’a pris ma tension et j’ai fait le point sur mes vaccins », confie une autre habitante de Frais Vallon, venue « vérifier que tout allait bien ».

  • Le cancer d’Ana Gouffier n’a pas eu raison de sa passion

    Le cancer d’Ana Gouffier n’a pas eu raison de sa passion

    En 2024, Ana Gouffier réalisait une année exceptionnelle, marquée par plusieurs podiums régionaux et une qualification aux championnats de France de semi-marathon. « J’arrivais à courir en 1h40, avec de nombreuses victoires. J’avais fait une année hallucinante », se souvient celle qui s’est mise à la course à pied trois ans plus tôt, après la naissance de son deuxième enfant par césarienne. Jusqu’au jour où l’Aubagnaise, née en Roumanie, est contrainte d’abandonner une course à 3 km de l’arrivée. « Je me mets à vomir du sang, puis je manque de tomber dans les pommes », raconte Ana Gouffier. Les examens révèlent alors un cancer des ovaires. « Il y avait d’autres symptômes auxquels je n’avais pas fait attention », ajoute-t-elle.

    Cette épreuve lui a appris à écouter son corps. « Quand il y a un doute, c’est qu’il n’y a pas de doute. Il faut se faire confiance et être attentif aux signaux d’alerte. Moi, je n’ai pas voulu les écouter. J’étais focalisée sur la performance », reconnaît Ana.

    L’enfer, c’est les autres

    Malgré la douleur physique et mentale, la pensionnaire de la SCO Sainte-Marguerite et de l’association course pour la mémoire a fait preuve d’un courage et d’une détermination sans nom. « L’objectif, c’est d’essayer, à chaque fois, de faire mieux, de m’entraîner davantage. Pas forcément pour me prouver quelque chose, mais plutôt pour me dire que je me bats avec mon corps, et non contre lui », souligne-t-elle, consciente que le regard des autres est un poids supplémentaire. « Comme j’ai eu un traitement et pas de chimiothérapie, parce que j’ai eu une ablation de la partie cancéreuse, je n’ai pas perdu tous mes cheveux. C’est devenu une maladie invisible. On me faisait donc des remarques comme “si tu ne perds pas tes cheveux, c’est que tu n’as rien de grave” ou “avant tu étais super forte, maintenant t’es nulle” », déplore-t-elle.

    Son retour sur le chemin de l’entraînement n’a pas été de tout repos. « Tout le club était passé devant moi. Je n’arrivais plus à avancer », confie l’ingénieure d’études. Elle a persévéré en multipliant les entraînements, mais elle a mis un an avant d’accepter de courir avec « ce petit truc en plus ». Et pour aller de l’avant, elle est repartie de zéro, avec le soutien du Martégal Samir Dahmani, spécialiste du demi-fond. « Il m’a coaché jusqu’au marathon de Paris où j’ai atteint mon objectif de 3h30 », se félicite Ana, pour qui aucune distance ne l’impressionne. Elle s’attaque désormais aux championnats du monde master outdoor (W35), aux Pays-Bas, en 2028.

  • [Quoi de neuf] Marjorie Villard et Juliette Cholvy : « On accompagne une femme, pas un cancer »

    [Quoi de neuf] Marjorie Villard et Juliette Cholvy : « On accompagne une femme, pas un cancer »

    Rémy Cougnenc : Qu’est-ce que le Montpellier institut du sein (MIS), quel est le statut de votre structure ?

    Juliette Cholvy : Le Montpellier Institut du sein (MIS) est une association reconnue d’intérêt général qui puise ses fondements dans une équipe de médecins, notamment de chirurgiens scénologues. Je ne peux que citer le docteur Cécile Zinzindohoué ainsi que son mari, le docteur Pierre Bertrand qui ont gravité autour de ce projet. À savoir qu’on accompagne une femme, pas un cancer. L’idée c’est de se dire : qu’est-ce qu’on peut faire pour l’accompagner sur son parcours et son chemin de vie ? Il y a bientôt 17 ans, ils ont écrit depuis une feuille blanche. Ils ont créé ce métier qui est le mien de coordinatrice de parcours. Très vite, les équipes en France se sont inspirées du MIS. Une fédération a été créée et nous sommes actuellement 25 instituts du sein en France jusqu’à la Réunion. On mutualise nos idées et nos projets pour accompagner des femmes et aussi des hommes (1% des cas) touchés par le cancer du sein. On collabore notamment avec nos collègues de Nîmes, le réseau Diane. La fédération représente 10% des personnes accompagnées en France.

    Rémy Cougnenc : Où êtes-vous basés à Montpellier ?

    Juliette Cholvy : Nous sommes à la clinique Clémentville. On a la chance d’avoir beaucoup de professionnels de l’association qui sont bénévoles au MIS et nous permettent d’avoir des locaux au sein de la clinique pour accompagner au plus près des patientes.

    Olivier Nottale : Il faut savoir que lorsqu’on fait un don, l’argent va aux patientes, au fonctionnement de l’association…

    Juliette Cholvy : Tout à fait, notre comptabilité est transparente grâce aux membres professionnels qui participent via des cotisations. Juliette et moi-même sommes les deux seules salariées. Ces dons nous permettent de mettre en place des projets, d’accompagner gratuitement, sans contrainte financière et sans limite dans le temps. On organisait il n’y a pas longtemps un spectacle caritatif avec Marie Salanon qui s’appelle « Les deux moches du fond ». Nous sommes une association loi 1901 mais le fait d’être reconnue d’intérêt général permet plus facilement à des donateurs publics ou privés de nous faire des dons, avec le rescrit fiscal associé. Pour faire un don, vous pouvez vous rendre sur le site du MIS.

    Rémy Cougnenc : Nous avons aussi Marjorie Villard qui était patiente devenue partenaire du MIS…

    Marjorie Villard : Je ne fais pas partie du MIS, j’étais accompagnée par lui, aujourd’hui je collabore. Il y a 3 ans, j’ai été touchée par le cancer du sein. Je n’étais pas du tout dans le milieu médical, c’était même chose qui me freinait un peu. Mais le fait d’avoir été malade, d’avoir suivi un parcours de soins assez chargé et d’être accompagnée par Juliette, très proche de moi, ça m’a beaucoup touché et donné envie d’aider à mon tour. Pour faire le trait d’union entre les malades et les patients. Du coup, je me suis formée en préparant un DU au CHU. Depuis un an, j’ai créé une auto-entreprise et je travaille à la clinique Clémentville. Jusque-là, j’étais dans l’administration à l’Éducation nationale. J’ai toujours été dans les actions pour recueillir des dons, j’ai créé des associations… Ce qu’on fait a du sens, surtout quand on a été soi-même touchée. Je ne vois que des patientes malades et le bien que je leur fais, ce serait-ce qu’en les écoutant. En tout cas ce sont les retours qu’elles me font.

    Olivier Nottale : Ce que vous apportez est différent de ce que font les médecins…

    Marjorie Villard : C’est complètement différent de ce que font les médecins. Il n’y a pas la dimension médicale. Si la patiente outrepasse son questionnement et que ça part sur du médical, je l’arrête parce que je ne suis pas médecin, même si j’ai certaines connaissances. Ce n’est pas mon rôle.

    Rémy Cougnenc : Votre apport est-il plus de l’ordre du psychologique ?

    Marjorie Villard : Un peu, oui. On est dans l’écoute, dans l’empathie, la bienveillance. On peut parfois donner des conseils sur les effets secondaires : la perte des cheveux, l’hormonothérapie… Cela dépend du profil des patientes. Avec certaines, je ne vais quasiment pas parler de la maladie parce qu’elles vont être préoccupées par d’autres choses personnelles. Je les reçois au service ambulatoire de la clinique. Dès qu’un patient entre dans un box pour descendre au bloc, je vais le voir. Il s’agit des femmes qui vont subir une intervention chirurgicale pour un cancer du sein mais aussi des patients d’autres cancers qui vont se faire poser un porte-à-cathéter, une chambre implantable pour injecter la chimiothérapie. Je peux ensuite revoir ces patientes au service chimio après l’intervention, prendre de leurs nouvelles. Mais pour le suivi c’est ensuite le MIS qui prend le relais.

    Olivier Nottale : C’est important de ne pas se sentir seul…

    Marjorie Villard : Tout à fait. Des personnes malades sont isolées, sans famille, sans amis. Elles ont besoin de nous : des médecins, du MIS et patients partenaires. On est une épaule pour écouter. Il y a aussi les personnes qui ont leur famille mais ne sont pas toujours comprises par leurs proches (…).

  • Vaucluse : un bus médical mobile pour dépister le cancer du sein

    Vaucluse : un bus médical mobile pour dépister le cancer du sein

    Jacqueline Bouyac, vice-présidente de la Région, le confesse. « Moi la première, on se dit toutes, oui je vais prendre rendez-vous et on laisse traîner alors qu’il ne faut pas négliger ce dépistage ». Ce mardi matin, devant la gare de Jonquières, l’élue traduit un chiffre : seules 57% des femmes en âge cible (50-74 ans) du dépistage du cancer du sein réalisent une mammographie au mieux tous les deux ans.

    Pour améliorer ce taux, qui est pénalisé aussi par les délais de rendez-vous de plusieurs mois, et en ciblant les communes rurales et populations plus vulnérables, un mammobile vient d’être lancé. Soutenu par la Région, l’Agence régionale de santé ou l’assurance maladie, ce bus itinérant permet de réaliser des radios et échographies du sein. Un projet porté par trois centres de cancérologie de la région (Sainte-Catherine à Avignon, IPC à Marseille et Lacassagne à Nice). Après des passages dans les Bouches-du-Rhône mais aussi dans le Mercantour, ce mammobile faisait étape pour la première fois en Vaucluse.

    Un examen pris en charge à 100%

    Sur rendez-vous, 17 femmes ont pu être dépistées. À l’instar d’Isabelle, 57 ans, dont le profil ressemble à celui décrit par Jacqueline Bouyac. « J’avais deux ans de retard pour une mammographie, on reporte en se disant qu’on a pas le temps, c’est ma fille qui travaille à l’IPC qui a pris rendez-vous pour moi », témoigne cette professeure vivant à Camaret. Bien lui en a pris car les résultats de la mammographie ont décelé un kyste, fort heureusement « sans gravité » après une échographie plus poussée. « Il y a un staff complet, c’est très rassurant », approuve Isabelle.

    Si le mammobile est mis en lumière en ce mois d’Octobre rose, le dispositif est voué à s’inscrire dans la durée. Ici, « cela évite de se rendre à Orange ou Carpentras et permet d’aller vers les personnes isolées, de manière intimiste et personnalisée », apprécie Maëva Renaudeau, adjointe au maire de Jonquières en charge de la santé. Mais « le chemin est encore long pour atteindre l’objectif de 80% de taux de dépistage », admet Nadia Bendraya, directrice adjointe de l’ARS Vaucluse. « Les difficultés financières ne doivent pas être un obstacle à la santé », assure Hugo Magnard, sous directeur de la caisse d’assurance maladie 84. Ce dépistage étant couvert à 100% par la CPAM, « sans avance de frais ».

    Octobre rose à l’hôpital d’Avignon

    Dans le cadre d’Octobre rose, l’hôpital d’Avignon organise, ce mercredi 14, une journée d’information, de prévention et d’accompagnement gratuite et ouverte à tous à partir de 10h. Le public et les professionnels pourront rencontrer les équipes de l’hôpital ainsi que des partenaires engagés dans l’accompagnement des personnes touchées par la maladie. Plusieurs stands seront proposés : stand d’autopalpation sur mannequin, conseils nutritionnels adaptés, ateliers autour des soins de support… Concert (10h-11h) et exposition photos sont aussi au programme.

  • Quand les Marseillais voient la vie en rose

    Quand les Marseillais voient la vie en rose

    Courir pour une noble cause, comme la lutte contre le cancer du sein, donne des ailes aux courageux participants. Ils étaient près de 1 800 à s’être donné rendez-vous, dimanche matin au parc de la Maison Blanche – Charles-Aznavour, au cœur du 9e arrondissement de Marseille, pour prendre le départ de la 5e édition de Marseille en Rose.

    Premier rendez-vous du mois de l’inclusion, cet événement, créé par Cathy et Richard Taillandier, rassemble chaque année des coureurs et des marcheurs de tous âges autour d’une même ambition : se mobiliser, ensemble, contre le cancer du sein et faire de la solidarité une force collective. « Tout le monde se porte et on est tous dans la même galère. C’est une très belle expérience », lance Marie, pour sa première participation à Marseille en Rose. Venue seule sur place, elle a finalement retrouvé deux collègues sur la ligne de départ.

    Se surpasser contre le cancer du sein

    Les participants pouvaient choisir entre plusieurs parcours, de 2 à 10 kilomètres, selon leurs envies et leur niveau. Et malgré les apparences, tourner en rond dans la boucle du Parc de la Maison-Blanche peut faire rapidement perdre la tête, même pour les coureurs les plus aguerris. « J’ai commencé à avoir un point de côté au septième kilomètre, je me suis dit que j’allais arrêter », raconte Marie. Elle s’était fixé l’objectif de parcourir 10 kilomètres.

    Portée par la cause d’Octobre Rose, elle s’est finalement surpassée, franchissant la ligne d’arrivée le bras levé et le sourire aux lèvres. Cet accomplissement symbolise davantage qu’une simple prouesse sportive. « J’ai un membre de ma famille proche qui a été atteint par un cancer du sein. Je ne pouvais pas être insensible à un tel événement », confie Marie, pour qui voir la vie en rose prend aujourd’hui tout son sens.

  • IA et cancérologie : un mariage au cœur du débat

    IA et cancérologie : un mariage au cœur du débat

    « On ne peut pas avancer sur des sujets aussi complexes d’innovation sans mutualiser » défendait le professeur Norbert Vey, directeur général de l’Institut Paoli-Calmettes (IPC), en ouverture de la matinée de débat autour de l’intelligence artificielle (IA) dans la prise en charge des cancers. Ce nouveau rendez-vous, issu de la série de débats publics engagée depuis des années à l’IPC a rassemblé chercheurs, patients, professionnels de santé et curieux dans la salle de conférences de l’institut médical.

    L’objectif de cette matinée n’était pas d’être « pour ou contre » l’IA, dont l’ère a déjà débuté, mais d’en explorer collectivement les bénéfices, les risques et les perspectives d’amélioration. « On vise une prise de conscience sur des sujets qui collent à la réalité, qui puisse porter au-delà du cercle des professionnels » expose Elizabeth Belarbi, chargée des relations presse de l’institut.

    Un gain de temps et

    de performance encadré

    L’IA prend déjà place en cancérologie pour épauler les soignants. « C’est notre copilote » s’amuse Nicolo Mezzina, gastro-entérologue à l’IPC. Au quotidien, l’IA l’aide lors de dépistages du cancer du côlon, en identifiant les zones qui présentent des excroissances et des lésions de quelques millimètres seulement. « C’est une deuxième paire d’yeux pour ne rien louper mais le mot final nous revient », assure-t-il.

    De même du côté de l’imagerie médicale, où les scanners thoraciques s’affichent désormais en couleur grâce à l’intervention de l’IA qui détecte et colorise les nodules à vérifier. « C’est un vrai gain de temps » constate Gilles Piana, responsable de l’Unité de radiologie Interventionnelle. Mais de préciser : « l’utilisation d’IA seule induit une validation de tous les faux positifs : aux mains de radiologues peu expérimentés, elle ne les rend pas meilleurs ».

    La nécessité de garder

    un contact humain

    Un gain de temps vital salué unanimement par les soignants, mais que les patients espèrent dédié à l’amélioration de leur prise en charge. « Est-ce que le temps libéré par l’IA ne va pas pousser à plus de consultations ? », interroge Jacques, membre du comité des patients et des aidants de l’IPC. Il est rejoint par Sofia, inquiète à propos de la perte d’humanisation qu’elle trouve si importante dans son propre parcours de soins. Elle aime parler d’IH pour « intelligence humaine » et s’attache à dire que « l’excellence du soin se caractérise par l’accompagnement, le contact, et rien ne pourra le remplacer ».

    Chez les professionnels de santé, les avis divergent à propos des bénéfices de l’utilisation de l’IA générative par les patients. Infirmière de pratique avancée, Séverine Boulant observe de l’anxiété chez les patients qui consultent Chat GPT pour tenter de comprendre leur diagnostic et « se heurtent à une masse d’information et très peu de réponses à leurs questions ». Alexandre de Nonneville, oncologue, trouve au contraire l’accès à l’IA en amont d’une consultation bénéfique pour un patient : « ses questions sont plus concrètes », observe-t-il.

    Coûts réels et éthiques

    Sandrine De Montgolfier, professeure en éthique de soin et santé publique à la chaire de recherche de l’Institut National du Cancer, ébauche une solution : « il serait intéressant que l’IA soit une passerelle pour mieux communiquer entre patients et soignants, via une traduction plus explicite des données ». En clôturant cette matinée de débat à l’IPC, elle attire l’attention sur le coût réel de l’IA dans le domaine médical, pas encore bien évalué d’après elle. « Maintenance, systèmes de sécurisation des données, dépenses d’énergie, recrutement d’experts… Qui va endosser ce coût à l’échelle de notre système de santé ? Et contre quelle autre action de santé ? » La question reste en suspens.

    DANS LA RÉGION

    Dans les Bouches-du-Rhône, dépistage et sensibilisation

    Le département des Bouches-du-Rhône déploie plusieurs actions de sensibilisation et de dépistage des cancers féminins. Le Gynécobus, un dispositif itinérant offrant des consultations gynécologiques gratuites, fera escale à Arles le 14 octobre sur la place de la République. Tandis que les Centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) de chaque ville du département organisent régulièrement des ateliers de sensibilisation jusqu’au 31 octobre.

    Dans le Vaucluse, un documentaire sur le périple à vélo de femmes malades

    Le film documentaire Résilientes, racontant l’épopée à vélo de l’association les Roses du Sud, sera projeté à Cavaillon, Sauveterre, Apt, L’Isle-sur-la-Sorgue, Cucuron et Saint-Rémy-de-Provence pendant le mois d’octobre. Réalisé par Olivier Meissel, il revient sur le dépassement de soi des 19 femmes touchées par le cancer du sein qui ont parcouru 260 km à vélo entre Cavaillon et Sète.

    Dans le Var, activités sportives et stands de sensibilisation

    À Toulon, des stands d’information seront installés les 7, 13 et 15 octobre pour proposer des dépistages gratuits, sensibiliser avec des casques de réalité virtuelle et apprendre les zones à surveiller régulièrement grâce à des bustes d’autopalpation. Du 2 au 14 octobre, plusieurs activités d’aquagym, de music-entretien, d’aqua-zen et de circuit training seront organisées dans des gymnases et piscines de la ville.

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, parcours de marche et bien-être

    Ce samedi 3 octobre, la mairie d’Oraison annonce un programme chargé : parcours de marche de 8 et 11 km, divers ateliers de bien-être, repas dansant, concert… Les bénéfices seront remis à la recherche contre le cancer du sein.

  • Une Toulonnaise conçoit une solution de luminothérapie à domicile

    Une Toulonnaise conçoit une solution de luminothérapie à domicile

    Offrir aux femmes des solutions de confort intime utilisables à la maison et en autonomie : tel est le principe de « Lumidou ». Cette innovation technologique vise à donner accès à la photobiomodulation, une technique de luminothérapie basée sur l’utilisation de la lumière rouge et proche infrarouge, qui incarne une alternative aux traitements hormonaux pour lutter contre des maux tels que les sécheresses vaginales, le vaginisme (douleurs vaginales dues à des contractions du plancher pelvien), la dyspareunie (douleurs lors des rapports sexuels), les problèmes de cicatrisation… Ceux-ci peuvent émaner de « l’accouchement, auquel sont sujettes 70% des femmes en France, de la ménopause », ou encore « des traitements anti-cancéreux », détaille Marie Aubry, formatrice en santé toulonnaise et conceptrice de Lumidou.

    L’idée est née il y a deux ans, lorsque l’entrepreneuse et son associé, Patrick Quach, ont découvert, au fil de leurs recherches, l’intérêt médical, et pas seulement esthétique, de la lumière infrarouge. Mais en constatant aussi le coût onéreux des dispositifs médicaux en la matière : « La thérapie est peu remboursée, coûte entre 30 et 200 euros la séance, pour quinze séances minimum, et il y a un manque de communication entre soignant et patient sur le sujet, et des difficultés à s’équiper. Il y avait donc intérêt à ce que ce soin soit disponible à la maison pour un maximum de monde », explique Marie Aubry. Lumidou est proposé au prix de 409 euros. Son coût peut être pris en charge à hauteur de 50% dans le cadre du programme Elsee Care. Il pourra être proposé par de nombreux professionnels de santé (gynécologues, médecins, kinés…).

    Une volonté de contribuer à la recherche

    L’appareil, conçu pour durer dix ans, se veut simple d’utilisation et s’accompagne d’une application, « qui permet à la patiente d’apprendre à s’en servir et de devenir actrice de son parcours de soins », souligne sa conceptrice. Il convient de l’utiliser « deux fois par semaine, sur huit semaines. La surutilisation est sans autre risque qu’une baisse de l’efficacité », ajoute-t-elle.

    «Les premières commandes doivent être livrées en fin d’année, avec pour objectif d’apporter, à terme, « une contribution scientifique au sujet des effets de la photobiomodulation sur l’endométriose, car il n’en existe qu’une seule à date », précise Marie Aubry.

    Le projet lui a permis de devenir la lauréate varoise du concours « 101 femmes », initié par le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et Bpifrance, qui distingue 101 projets dans 101 départements.

  • Le dépistage du cancer du sein passe au numérique

    Le dépistage du cancer du sein passe au numérique

    À l’aube d’Octobre Rose, mois dédié à la promotion du dépistage et de la prévention du cancer du sein, le Centre régional de coordination du dépistage des cancers (CRCDC) Sud Paca a organisé sa conférence de presse annuelle, ce mardi. L’occasion pour plusieurs intervenants d’exposer les résultats de la structure, les nouveautés à venir et rappeler le fonctionnement de son « suivi organisé ».

    Ce suivi préventif est destiné à toutes les femmes de 50 à 74 ans et permet que la quasi-totalité des mammographies, mêmes jugées comme normales dans un premier temps, soient analysées une seconde fois par un radiologue du CRCDC.

    Le docteur Lorrena Thuillier, radiologue, a insisté sur l’importance, pour les femmes concernées, de participer à ce suivi organisé. Le cancer du sein est la première cause de mortalité par cancer, mais plus la tumeur est repérée tôt, plus il est facile d’en guérir. La radiologue rappelle que « les campagnes de dépistage seraient encore plus victorieuses si la participation à ce suivi était plus importante ».

    En effet, malgré les plus de 300 000 mammographies réalisées dans la région en 2024 et en 2025, dans le cadre de ce suivi, seulement 34% des femmes concernées participent à ce suivi du CRCDC dans la région. Le chiffre tombe à 27,5% dans les Bouches-du-Rhône, quand la moyenne nationale s’élève à 45,6%.

    L’accent a été porté, lors de cette conférence, sur la transition numérique en cours dans le milieu de la mammographie. À l’heure actuelle, la seconde lecture des radios s’effectue sur des négatoscopes, vieux parfois de 30 ans. Cette pratique nécessite également que les radios soient transportées du cabinet jusqu’au centre de dépistage. Mais ce fonctionnement est loin d’être optimal, en matière de logistique et de délais, mais également en termes d’obsolescence du matériel médical.

    Le directeur général du CRCDC, Patrice Heid, a donc présenté, en réponse à cette problématique, l’aboutissement d’un projet de dématérialisation qui doit faciliter et accélérer le traitement des images par les radiologues lors du second contrôle. « La généralisation de ce système ferait passer les délais de traitement des images de deux semaines à cinq ou six jours », promet le directeur.

    « Ça m’a sauvé la vie »

    Cécile-Marie, 51 ans, a découvert son cancer du sein grâce au suivi organisé par le CRCDC. Atteinte d’une tumeur profonde, c’est seulement lors de la seconde lecture que son cancer a été détecté et pu être soigné. Elle a évoqué son parcours face à la maladie et à quel point ce suivi lui a « sauvé la vie ». « La présence de mes quatre enfants lors des chimios était une force », confie-t-elle.

  • Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Déremboursements, franchises : l’amère pilule

    Sans avoir pris connaissance des détails du décret, le président du comité héraultais de la Ligue contre le cancer ne veut pas y croire. « Je ne pense pas que les malades du cancer seront touchés. C’est un effet d’annonce pour faire passer la pilule. Il y aura forcément des dérogations pour les affections de longue durée*. Sans quoi, cela signifie que nous sommes en banqueroute. Ce serait une remise en cause totale de notre système de protection sociale selon lequel la solidarité aide ceux qui en ont le plus besoin », estime le professeur Jean-Bernard Dubois.

    Et pourtant, en l’état actuel des annonces de Stéphanie Rist, il y a de quoi s’alarmer. Le 23 juillet, la ministre de la Santé a annoncé que le plafond des franchises médicales sera relevé de 100 à 200 euros annuels (toujours 1 euro par boîte de médicament et par acte paramédical, 2 euros par consultation médicale, examen radiologique ou analyse, 4 euros par transport sanitaire). Le lendemain, elle enfonçait le clou pour l’Assurance maladie en promettant une baisse des remboursements dentaires, des transports sanitaires et autres médicaments jugés « moins efficaces ». Le tout dans une logique comptable d’économies de bouts de chandelle (1,5 à 1,7 milliard d’euros pour les déremboursements) afin soi-disant de « lutter contre les abus ».

    Inflation des tarifs des complémentaires santé ?

    Une logique inacceptable selon les associations car elle revient à faire payer davantage les malades. « Les patients ne peuvent plus être l’éternelle et unique variable d’ajustement des comptes de l’Assurance-maladie », a tout de suite dénoncé France assos santé. « Il vaudrait mieux lutter contre les fraudeurs plutôt que punir tout le monde », regrette Gilles Loison.

    Si on sait déjà que 18 millions de Français ne seront pas concernés (mineurs, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), femmes enceintes), le secrétaire héraultais du Secours populaire s’inquiète des répercussions chez les plus fragiles. « Nous recevons des publics qui ne sont pas en capacité de se payer une mutuelle et qui parfois, faute de moyens, renoncent à des soins dentaires ou sur des lunettes alors qu’ils sont la porte d’entrée de la santé. »

    De son côté, Que choisir Ensemble craint que les complémentaires santé qui ont déjà augmenté leurs tarifs de 25% en 3 ans (selon une étude de cette association de consommateurs), ne répercutent encore la mesure sur ses tarifs. « Ce sera pour elles un prétexte », prévient Claude Gaubert. Selon le responsable communication montpelliérain de l’asso qui fêtera ses 50 ans en septembre, aucun patient n’a à gagner à s’enfermer dans une logique où le privé prend une part de plus en plus importante des soins. « Quand vous donnez 100 euros à la Sécu, il vous en revient 95. Et seulement 80 quand c’est une complémentaire santé qui doit rémunérer ses actionnaires. » Une logique aussi fustigée par Gilles Loison au Secours populaire. « On va vers des soins à deux vitesses avec une sorte de système à l’américaine. Ils veulent la mort du système de Sécu d’après guerre. »

    * Cancers, diabétiques, AVC, maladies psychiatriques, neurodégénératives, insuffisances cardiaques, rénales…