Tag: IA

  • Chez Orange, l’intelligence artificielle inquiète les salariés

    Chez Orange, l’intelligence artificielle inquiète les salariés

    « Rien ne nous confirme que l’IA ne va pas nous remplacer. » À Avignon, l’inquiétude grandit chez les conseillers clients d’Orange. Depuis décembre 2025, deux outils d’intelligence artificielle (IA) y ont été testés, avant d’être généralisés partout en France. Or, d’après le syndicat FO Com, les résultats de cette expérimentation n’ont jamais été communiqués aux salariés.

    Pour Sandra Dubois, déléguée syndicale FO Com Orange Grand Sud-Est, ces nouveaux dispositifs marquent un tournant : « L’IA s’alimente du discours des conseillers, ce qui n’était pas le cas avant. » L’un des outils juge la manière de conduire un appel, tandis que l’autre assiste en temps réel le conseiller dans ses échanges avec les clients. Les salariés redoutent les conséquences de ces dispositifs sur l’emploi. « On doit alimenter l’IA qui peut nous remplacer. On scie la branche sur laquelle on est assis », fustige Sandra Dubois.

    FO Com alerte aussi sur la dégradation des conditions de travail. Selon le syndicat, la moitié des appels sont enregistrés et analysés par l’IA, sans que les conseillers sachent à quel moment ils le sont. Les résultats, matérialisés par des croix rouges ou vertes, seraient ensuite repris pour évaluer le travail des salariés. « Les conseillers se disent fatigués, stressés et ont l’impression d’être surveillés en permanence », dénonce la syndicaliste.

    Pas d’impact sur l’emploi selon la direction

    Cette situation intervient dans un contexte de réduction des effectifs. « À Gap, on était 200 en 2014, contre 50 aujourd’hui, précise Sandra Dubois. Avec l’IA, ça va s’intensifier et des services, comme à Avignon, Aix, Toulon ou Nice, vont disparaître. »

    FO Com réclame à l’entreprise un accord pour encadrer l’usage de l’IA. Une demande restée sans réponse jusqu’à présent. Contactée par La Marseillaise, la direction d’Orange assure, de son côté, que ces outils n’ont « pas d’impact sur l’emploi ». Elle indique utiliser l’intelligence artificielle « dans le respect du dialogue social et de l’utilisation des données personnelles, conformément à la réglementation de la CNIL ».

    FO Com conteste cette lecture et indique avoir saisi la CNIL, il y a deux mois. « On veut obliger Orange à se justifier et à poser un cadre pour éviter les pratiques abusives, notamment sur l’enregistrement d’appel », insiste Sandra Dubois. L’instance ne s’est pas encore prononcée. « Le dialogue avec Orange sera possible si, grâce à la CNIL, on arrive à avoir un vrai rapport de force », conclut Sandra Dubois.

  • Un « sommelier de poche » développé grâce à une IA

    Un « sommelier de poche » développé grâce à une IA

    Laurent Vagharchak, créateur de cette intelligence artificielle (IA), est parti d’un constat simple : « La plupart des gens ne sont pas experts, ni même initiés en vin, mais aiment en boire. Malheureusement, souvent, le commun des mortels se heurte à la centaine voir le millier de références disponibles, et repart les mains vides ou avec un vin choisi au hasard. »

    Selon lui, 73% des clients se disent « perdus » face au rayon vins. Pour résoudre ce problème, cet ancien restaurateur a eu une idée : proposer une application aux grandes surfaces, magasins spécialisés ou restaurants. « Dans l’exemple d’une grande surface, vous avez de petites languettes dans les rayons, il suffit soit de scanner un QR code, soit de faire un contact avec votre téléphone, comme pour payer. Ensuite, une page web arrive directement sur le téléphone du client, et, à partir de là, un parcours est mis en place. En une quinzaine de secondes, il permet de suggérer le bon vin selon les préférences, un accord avec un plat, ou une occasion. »

    Nommé Leboncru.app, cet outil s’appuie sur plus de 265 000 références. Cette base œnologique comprend cépages, régions, profils aromatiques et accords mets-vins. Le tout est croisé en temps réel avec l’assortiment effectif du point de vente et ses prix réels. Chaque recommandation est proposée sur trois paliers de prix, avec un argumentaire rédigé, comme le ferait un sommelier. « Une fois le choix du client fait, l’IA peut même le guider dans le rayon via un plan 2D ou 3D pour mettre la main sur la référence », ajoute l’Aubagnais.

    À partir de la semaine prochaine, la borne devrait même proposer des idées de recettes à accorder avec les vins, ou à composer autour d’un ingrédient.

  • En Occitanie, « l’industrie tient la barre, les ménages accusent le coup »

    En Occitanie, « l’industrie tient la barre, les ménages accusent le coup »

    L’Insee prévoit une évolution de la croissance économique française similaire à l’année passée malgré l’instabilité géopolitique ambiante. « Le commerce mondial a progressé de 2,3 % grâce à la vigueur des exportations asiatiques, stimulée par les échanges de biens technologiques liés à l’intelligence artificielle », avance Katia Le Goaziou (Insee). Mais l’Occitanie peine à rattraper la dynamique nationale. L’activité technologique est principalement portée par l’aéronautique dans la région et l’évolution mensuelle des heures rémunérées dans l’industrie y est d’ailleurs en progrès. Cependant l’activité globale est en baisse de 0,3%, une diminution entraînée par les difficultés que rencontre le secteur de la construction. Comme toujours, la région observe des disparités entre ses territoires et si l’activité économique augmente dans l’Aveyron, l’Ariège et la Lozère, elle baisse nettement dans l’Aude et le Tarn qui font preuve d’une évolution négative de 1,5% comparé à 2025.De la même manière, là où l’emploi chute de 0,6% dans le secteur de la construction, il se rattrape dans le segment industriel de la filière aérospatiale(+0,4%). L’emploi piétine néanmoins dans la région et le taux de chômage (9,5%) surpasse de plus d’un point le niveau national (8,1%). Les défaillances d’entreprises atteignent un niveau historique(6 300 depuis janvier 2025) que les créations d’entreprises en nette hausse tentent de surpasser. Malgré une saison hivernale fournie sur le plan neigeux, la fréquentation touristique s’enlise(-0,8%). Les touristes en provenance de l’étranger affluent et redresseront peut-être la barre cet été, spécialement en Haute-Garonne, locomotive de la région quand les Pyrénées en sont le dernier wagon.

    Oriane Castan

  • [Passerelle interculturelle] La vision et les actions de la Chine pour la gouvernance mondiale de l’IA

    [Passerelle interculturelle] La vision et les actions de la Chine pour la gouvernance mondiale de l’IA

    L’intelligence artificielle ouvre une nouvelle étape dans le développement de l’humanité. Elle renforce notre capacité à comprendre et à transformer le monde, tout en devenant un moteur majeur du progrès scientifique, technologique et industriel.

    Mais l’IA présente aussi des risques, notamment en matière de sécurité, d’éthique et d’inégalités technologiques. La communauté internationale doit donc trouver un équilibre entre innovation, prévention des risques et partage équitable des bénéfices de l’IA. Dans ce contexte, la Chine défend une gouvernance mondiale de l’IA centrée sur l’être humain et fondée sur le principe d’une « IA au service du bien commun ». Elle soutient l’égalité entre les pays, la coopération, le développement inclusif et un meilleur équilibre entre développement et sécurité.

    La Chine accorde une grande importance au développement et à la gouvernance de l’IA. Elle soutient le multilatéralisme et appelle à une coordination internationale plus forte.

    Aujourd’hui, les pays ont encore des positions différentes sur la sécurité, l’éthique, les responsabilités, les règles de gouvernance et les normes techniques.

    Réduire les inégalités technologiques

    En 2023, la Chine a proposé l’Initiative mondiale pour la gouvernance de l’intelligence artificielle. Celle-ci défend une IA au service du bien commun, sûre, contrôlable, inclusive et équitable. Elle appelle aussi à la création de mécanismes de gouvernance ouverts, efficaces et applicables.

    Tous les pays doivent pouvoir développer et utiliser l’intelligence artificielle. Pourtant, de nombreux pays en développement, notamment dans le Sud global, manquent encore de technologies, de compétences et de capacités de gouvernance.

    La Chine place donc le renforcement des capacités et l’accès aux technologies au centre de son action. Elle a proposé plusieurs initiatives, dont un plan d’action pour une IA au service de tous et l’Initiative de coopération internationale « IA+ ». Elle a également contribué à l’adoption de la première résolution de l’Assemblée générale des Nations unies consacrée au renforcement des capacités dans le domaine de l’IA, ainsi qu’à la création d’un réseau mondial soutenu par l’ONU. À travers des échanges et des formations, la Chine aide les pays en développement à renforcer leurs compétences et à réduire la fracture numérique.

    Transformer les principes

    en actions

    La communauté internationale a déjà adopté de nombreux principes sur la gouvernance de l’IA, mais ceux-ci doivent encore être transformés en actions concrètes.

    La Chine souhaite renforcer la coopération dans les stratégies de développement, les règles de gouvernance et les normes techniques. Son objectif est de fournir davantage de biens publics dans le domaine de l’IA et de contribuer à un système mondial de gouvernance plus ouvert, plus inclusif et plus équitable.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Sébastien Lecornu expose sa vision pour remettre la France en mouvement

    Sébastien Lecornu expose sa vision pour remettre la France en mouvement

    Session « spéciale » des Rencontres économiques. Sur scène, ce jeudi soir, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pris la parole aux côtés d’Éric Maury, patron d’April, ainsi que de Philippe Aghion, prix Nobel d’économie 2025 et membre du Cercle des économistes.

    « La France traverse une période compliquée, pose d’entrée Philippe Aghion. Notre dette publique a presque doublé depuis l’an 2000 (…). On possède le deuxième déficit le plus élevé de la zone euro en 2025. Ces fragilités interviennent au moment même ou le pays doit absorber des chocs externes de grande ampleur. »

    Notamment à l’ère de l’intelligence artificielle. « Financer l’IA ne doit pas consister à punir le capital existant, mais à mobiliser l’épargne vers le capital productif de demain », juge Eric Maury.

    Sébastien Lecornu, qui rappelle prendre rarement la parole publiquement, accepte alors de donner « un peu de perspective » : « Je prends le risque, d’autant que lundi, le gouvernement va affronter sa 13e motion de censure depuis neuf mois, mais je pense qu’on est dans un moment ou il est bien de se poser pour réfléchir. » L’occasion de partager ce qui « l’inquiète » et ce qui le « rassure ». Sur le premier volet, le Premier ministre regrette « l’aversion profonde au temps long », « la déconnexion furieuse entre la vie politique intérieure et la géopolitique globale » et s’interroge : « Comment avons-nous pu être battus sur le plan culturel ? Le sujet n’est pas qu’un rendez-vous technique au Parlement, c’est évidemment le rendez-vous de l’an prochain. Il faut que les élites, pas seulement économiques, acceptent de reprendre leur bâton de pèlerin et expliquer pourquoi au fond, il faut s’y prendre différemment dans un monde aussi compliqué ».

    Sur les motifs d’espoir, « nous sommes dans un pays où l’État tient », assure Sébastien Lecornu : « Le paradoxe, c’est que notre État fonctionne ! » Seconde raison « sur laquelle j’ai de l’optimisme, c’est qu’on résiste sur un certain nombre d’appuis sur lesquels nous sommes forts ». Parmi eux, l’énergie, le logement « sur lequel on repart », l’agriculture, les réseaux de PME et d’innovation… Maintenant, « il va falloir embarquer les Français. On ne va pas décréter le progrès, il y en aura si on embarque le peuple ».

    Selon le Premier ministre, il faut « qu’un dialogue social s’engage vite sur la question de l’IA et son impact sur le droit du travail », le tout avec « patriotisme » et avec urgence d’éloigner le « populisme » et « en regardant en face le sujet de la dépense publique ».

  • Préfecture et Sdis mettent les bouchées doubles contre les feux

    Préfecture et Sdis mettent les bouchées doubles contre les feux

    « Notre département compte 470 000 hectares de forêt, soit un taux de boisement de 60%. Cette richesse est vulnérable. L’année 2025 a marqué une aggravation sensible du risque avec 196 incendies recensés, contre 120 en 2024. Et depuis le 1er janvier 2026, dix feux ont déjà été déclarés, sans compter ceux de ce week-end », a rappelé, lundi, la directrice de cabinet de la préfète, Fabienne Monmarson, avant de présenter le dispositif de prévention et de lutte contre les feux de forêt aux côtés du Sdis. « Notre climat devient plus sec et chaud chaque année », a complété Jean-Claude Castel, président du Sdis 04.

    « Les premières patrouilles ont été mises en œuvre dès ce matin, compte tenu du niveau de danger et de l’analyse qui a été faite hier soir », a annoncé le colonel Sylvain Besson, directeur départemental du Sdis. Il estime que « deux feux sur trois pourraient être évités » dans le département, entre « jets de mégots et travaux réalisés dans de mauvaises conditions ».

    Les pompiers ont ensuite mis en œuvre une démonstration d’intervention sur un feu en temps réel, à Cruis, sur la montagne de Lure, particulièrement sujette aux incendies. Ce sont les patrouilles de l’ONF qui sont les premières à intervenir sur le terrain, avant de passer le relais aux pompiers, qui ont des véhicules avec une capacité de stockage d’eau plus importante et des tuyaux beaucoup plus longs. Des renforts aériens peuvent également être demandés. Pendant ce temps-là, au poste de commandement, un tableau recense les victimes et les personnes confinées identifiées.

    Des drones équipés d’intelligence artificielle et de caméras thermiques permettent d’identifier des départs de feu et des points chauds résiduels parfois invisibles à l’œil nu, car enfouis à 20 ou 30 centimètres sous terre. Les pompiers peuvent donner des instructions très précises aux drones, comme trouver un véhicule d’une couleur bien précise, comptabiliser les piétons ou les voitures de manière automatique. Le drone mesure l’intensité et la température du feu en temps réel. Il envoie les coordonnées GPS précises du feu aux patrouilles, ce qui peut leur faire gagner 20 ou 30 minutes dans des secteurs difficiles d’accès. « L’usage de drones permet aujourd’hui d’envisager des solutions techniques pour détecter encore plus rapidement ces départs de feu », résume le colonel Besson. Ces dispositifs de la société toulousaine Menaps, surnommés Fire Eagle, seront expérimentés dans le département cet été.

    Les gendarmes interviennent ensuite sur place pour investiguer et trouver la cause du départ de feu. Ils cherchent à identifier le sens de propagation et cherchent des traces d’hydrocarbures. Ils grattent le sol et inspectent tout sur leur passage : végétation, insectes, escargots ou encore tissus imbibés d’hydrocarbures.

    Les pompiers de Manosque ont par ailleurs fait l’acquisition, il y a quinze jours, d’un véhicule « nouvelle génération avec près de 10 tonnes de charge pour la lutte » contre le feu.

    « Neuf feux sur dix d’origine humaine »

    « Neuf feux sur dix sont d’origine humaine, dont la moitié est liée à l’imprudence. Plus préoccupant encore, la malveillance est en forte progression et a représenté 16% des départs de feu en 2025. Les investigations de la gendarmerie, notamment par l’exploitation des indices et de la vidéoprotection à Forcalquier et à Riez, ont permis d’identifier et d’interpeller des auteurs. Tout acte de mise en feu volontaire sera recherché, identifié et poursuivi », a martelé Fabienne Monmarson.

    « Débroussailler dans un rayon de 50 mètres autour des habitations situées à proximité des massifs n’est pas qu’une obligation réglementaire. C’est le geste vital pour protéger sa famille et ses voisins », a rappelé la sous-préfète.

    Dans le département, ce sont les zones autour de Manosque et de Valensole qui sont les plus à risque.

  • Mobilisés pour défendre les métiers de l’information

    Mobilisés pour défendre les métiers de l’information

    « Marianne, La Montagne, L’Yonne républicaine, Capital, Géo, Je Bouquine, La Croix, Femme actuelleOn assiste, ces derniers mois, à une avalanche de plans sociaux ou de menaces de plans sociaux », déplore Cathy Rocher, journaliste déléguée du SNJ (syndicat national des journalistes) à Midi Libre. Au côté du Club de la presse Occitanie et de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), le SNJ a impulsé un rassemblement place de la Comédie afin de relayer l’appel national des syndicats de journalistes et des métiers de la presse à manifester à Paris ce 18 juin « pour combattre les dangers qui menacent l’information, pour refuser les plans sociaux et défendre une information de qualité ».

    Selon Agnès Briançon-Marjollet, co-secrétaire générale du SNJ, 638 suppressions de postes auraient été annoncées depuis mars. Une véritable hécatombe qui touche l’ensemble des métiers de l’information : journalistes rédacteurs, mais aussi infographistes, documentalistes, correcteurs, monteurs vidéo, caméramans, rotativistes, personnels administratifs…

    L’IA, prétexte à la suppression d’emploi ?

    « Tout ça s’emballe et l’essor de l’intelligence artificielle (IA) nous met en très grande difficulté », assure Cathy Rocher. Début mai, les syndicats du groupe Infopro Digital, qui regroupe 26 titres de presse professionnelle (Le Moniteur, L’Usine nouvelle…) ont protesté contre la volonté de leur direction de supprimer tous les postes (19) des journalistes secrétaires de rédaction – dont le travail est de corriger et d’éditer les articles – pour les remplacer par cinq « chefs d’édition » assistés par l’IA. Un exemple qui illustre bien le risque d’une lame de fond qui décimerait la profession… « Nous refusons que l’intelligence artificielle serve de prétexte à la suppression de métiers et d’emplois. Par ailleurs il faut encadrer l’utilisation de l’IA, qui pose des problèmes déontologiques. L’honnêteté serait de signaler les articles qui ont été faits avec l’IA et que ces articles soient relus par un journaliste avant publication, pour vérifier l’information », insiste la représentante du SNJ-Midi Libre.

    « Ces difficultés doivent inquiéter l’ensemble des citoyens. Car elles mettent gravement en danger l’information de qualité que tout un chacun est en droit d’attendre dans une démocratie », alertent les syndicats mobilisés.

  • Transmettre l’histoire du génocide Arménien avec l’IA

    Transmettre l’histoire du génocide Arménien avec l’IA

    « Faire connaître des histoires de famille que les jeunes n’ont pas forcément connues », tel est l’objectif de la Jeunesse arménienne de France (JAF) et de l’école numérique La Plateforme. À travers des films réalisés avec l’IA, et dans le cadre des commémorations du 24 avril 1915, les participants pourront aborder le thème du génocide des Arméniens aux côtés de l’historienne Judith Aziza, lors d’un hackathon, un événement bref de création réunissant plusieurs participants. « On part de l’initiative d’éduquer sur les contenus générés par IA. On va pouvoir se projeter dans les histoires de leurs grands-parents, à partir de photos qu’ils peuvent trouver dans leur maison », explique Bruno Smadja, créateur du Mobile Film Festival, dédié aux formats courts. L’idée est de se réapproprier et faire vivre le passé. « L’IA va servir à animer des photos et va permettre la compréhension de certains événements », développe-t-il.

    Entre transmission et héritage

    Marseille compte une importante diaspora arménienne. Ce projet permettra d’engager les jeunes dans un processus de création autour de la construction de leur propre histoire, favorisant la transmission de la mémoire. Les participants réaliseront, en une journée, des films d’une à trois minutes, fondés sur des faits historiques vérifiés, autour de la transmission et de l’héritage.

  • Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Une dystopie faite de bonhommes en plastique, qui voit leur monde sombrer dans la panique lorsque la matière dont ils sont composés est transformée en carburant… Utopsie, court-métrage réalisé par Anthony Smeyers, est l’un des 48 films d’une minute, 100% généré par IA, sélectionnés par le jury du festival MarsAI, sur le thème « Imaginer des futurs souhaitables ».

    L’événement, qui se tient vendredi, est organisé par l’école La Plateforme, qui propose des formations d’audiovisuel assistées par l’IA, et Bruno Smadja, créateur du Mobile Film Festival, qui présente des films courts réalisés à l’aide de smartphones. Tous se sont réunis, ce mercredi à l’ex-Docks des Suds, pour l’avant-première de la projection de certains courts-métrages. « L’objectif est de créer ensemble de l’attractivité pour faire le futur le plus souhaitable possible. Bruno, en apportant les formats courts, et nous, l’IA », explique Cyril Zimmermann, co-fondateur et président de La Plateforme.

    L’idée du projet est de rendre le cinéma accessible à tous. Réalisés à partir de plusieurs outils vidéos, gratuits comme payants, et de prompts (questions posées à l’IA), « ces formats courts permettent de se mettre à l’échelle de ce qui est possible. On souhaite faire émerger de nouvelles traditions, donner l’envie de créer », déclare Bruno Smadja. La durée de réalisation n’a rien à voir avec un film classique : 48h à 15 jours suffisent à créer un court-métrage 100% IA. « On a vu arriver l’IA comme un formidable outil de création. En discutant avec beaucoup de créateurs, on a compris qu’elle permettait d’exprimer des idées et de raconter des histoires sans besoin financier. »

    L’IA va-t-elle bouleverser l’industrie cinéma ? Bruno Smadja apporte une réponse nuancée : « Elle va plutôt s’intégrer petit à petit. Parce que l’émotion que peut transmettre un acteur ou une actrice sera difficilement battable par une IA. » Au risque toutefois de remplacer le travail humain. « ça aide à la réalisation d’un film, comme le font les effets spéciaux. C’est un outil », précise-t-il.

    « On consomme

    une énergie délirante »

    Les films d’une minute, qui défilent lors de cette avant-première, présentent pratiquement tous un même thème : celui de l’environnement. Un paradoxe lorsque l’on sait que l’IA a des conséquences néfastes sur celui-ci. « L’impact carbone est absolument terrible. Il faut penser différemment et construire des data center avec intelligence », souligne Bruno Smadja. « Je pense qu’on a besoin de définir un cadre d’utilisation, on consomme une énergie délirante. Il faut imposer des usages responsables », confirme Cyril Zimmermann.

    Mais ce cinéma, pensé comme accessible, réclame tout de même certaines connaissances. « Pour retranscrire ses idées, il faut avoir une culture audiovisuelle, comme les angles ou les postures de caméra », développe Bruno Smadja.

    Vendredi, lors du festival, cinq lauréats obtiendront une bourse de 10 000 euros, leur permettant de créer d’autres projets. « Ce n’est pas en refusant l’outil qu’on va répondre aux inquiétudes, c’est en l’utilisant bien qu’on va l’intégrer », conclut Bruno Smadja.

  • Vingt ans, le plus bel âge de la vie des Archives

    Vingt ans, le plus bel âge de la vie des Archives

    La Marseilloise, avec une Une particulière : « Jul, nouveau maire de Marseille, lance les JO 100% phocéens ! » À l’occasion des 20 ans des Archives et Bibliothèque départementales (ABD), plusieurs événements ont été organisés mardi, lançant des animations qui se poursuivront durant le mois de juin. Parmi eux, une restitution d’un projet d’éducation artistique et culturelle, réalisé par des collégiens de la cité scolaire Jacques-Chirac et André-Chénier.

    « Cette image est vraie ou fausse ? », demande un collégien qui présente une installation en forme de bateau, nommée CTRL+S, rempli de fausses informations. Durant l’année, les élèves ont réalisé un travail autour de notions du vrai et du faux et de thématiques liées à la mémoire, illustrant la manière dont les archives peuvent aborder des problématiques actuelles. « L’idée était d’ancrer les archives dans la réalité, le monde présent », souligne Marie-Claire Pontier, directrice des Archives. Le projet, porté par le Département et l’association Planète émergences, a fait appel à Germain Prévost, artiste plasticien, pour encadrer les élèves. « J’ai voulu transformer le bâtiment des Archives en bateau, car vu d’au-dessus, il a une forme de coque », sourit l’artiste. « L’objectif était d’apprendre à comment naviguer sur un océan qui serait Internet, avec son flux d’informations, et comment gérer ce que les jeunes voient sur les réseaux sociaux », développe-t-il. Driss, élève de 3e, a participé à l’élaboration du « navire ». « Je pense que c’est un projet important, on voit de plus en plus de fake news, surtout avec l’augmentation de l’utilisation de l’IA sur les réseaux sociaux », explique-t-il.

    Préserver la mémoire

    Autre temps fort, une frise photographique « 20 ans des ABD » déroulée sur le mur extérieur du jardin de la lecture, présentant le quartier d’Arenc avant Euroméditerranée, avec la construction du bâtiment et l’histoire du quartier, qui était à l’origine dans une friche industrielle. « Ce bâtiment est emblématique, c’était une première en France. Il part d’une volonté du Département d’installer deux compétences dans une même structure », note Marie-Claire Pontier. Des espaces habituellement fermés au public sont également ouverts, une manière de mettre à l’honneur l’architecte du bâtiment, Corinne Vezzoni.

    « Préserver et transmettre nos archives, c’est faire vivre notre mémoire collective et la rendre accessible à tous », rappelle Martine Vassal, présidente (DVD) du Département des Bouches-du-Rhône.

    Germain Prévost partage cette idée : « Il y a une réelle importance des lieux comme les Archives, qui sont des garants de l’information, un sanctuaire des rôles de l’histoire, permettant de préserver la démocratie », déclare-t-il.

    « Vous pourrez venir voir vos travaux quand vous serez plus grands ! », lance la directrice des Archives aux élèves. Les documents des collégiens seront rangés et conservés dans les 14 kilomètres de rayonnage, aux côtés des 415 000 archives des Bibliothèques départementales.

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