Ne laissons pas les ténèbres s’emparer de ce beau pays. Soyons unis pour combattre le racisme et l’antisémitisme. » Trois jours après l’attentat terroriste de Trappes qualifié de « raciste » par le Parquet, qui a coûté la vie à un jeune de 26 ans (Pengo Bossio Wangi) et blessé grièvement 5 personnes dont une fillette de 12 ans, c’est la gorge nouée que Michaël Delafosse s’est exprimé, lundi 26 octobre à midi.
Devant plus de 200 citoyens, élus, associatifs… réunis pour cet appel républicain sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Montpellier, le maire socialiste a dit son ras-le-bol de cette violence, cette haine raciste qui se déchaîne trop souvent. « Hier tué car professeur enseignant la laïcité, ou citoyen parce que juif. Aujourd’hui parce que de couleur noire », a d’abord listé M. Delafosse en hommage aux précédentes victimes de la barbarie. « L’indignation, la colère, ne peuvent être sélectives. Nos silences peuvent devenir complices », insiste l’édile selon qui ne pas organiser ce rassemblement eut été « une faute ». Une marche de Plan Cabane jusqu’à la Comédie suivra le soir même en réunissant 2 000 personnes.
Que des citoyens puissent être tués pour ce qu’ils sont est un « crime contre ce qui fonde la France ». De son côté, la présidente de Région, Carole Delga (PS), a dit son indignation. « Cette attaque a une origine et il faut la nommer. Elle s’inscrit dans un climat xénophobe que l’ultra droite et l’extrême droite entretiennent depuis des années, jour après jour, dans le débat public (…). Nous refusons que la peur de l’autre devienne un programme politique. »
En attendant que la qualification pénale de la tuerie de sang-froid soit établie, M. Delafosse avait lui aussi un message à faire passer. « Le racisme a tué, il tue. La parole raciste s’est trop libérée, scandaleusement propagée. Des chaînes d’info en continu laissent cours à des propos débridés qui arment les esprits. » Et le président de la Métropole de rappeler : « Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. »
Voilà pourquoi il souhaite que change la loi. « Quelqu’un condamné pour racisme doit être inéligible. » Quant au possible motif psychiatrique que pourrait faire valoir le suspect arrêté, là encore M. Delafosse affiche son désaccord avec la règle actuelle. « Je crois qu’on ne peut se soustraire à la justice des hommes. Si quelqu’un a des problèmes psychiatriques, c’est à un jury populaire d’apprécier ce motif », dira-t-il.
Le 26 octobre, d’autres rassemblements républicains se sont tenus à Nîmes ou Béziers à l’appel de syndicats, assos et partis politiques de gauche.

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