Tag: Michaël Delafosse

  • Le PS fait sa rentrée à Blois, la primaire dans le viseur

    Le PS fait sa rentrée à Blois, la primaire dans le viseur

    C’est la rentrée pour le Parti socialiste. Cadres, élus et militants se retrouvent à Blois, pour le CamPuS, université d’été du parti à la rose. À huit mois de l’élection présidentielle, celle-ci est dans toutes les têtes à mesure que les candidats à la primaire du pôle social-démocrate se dévoilent. Le scrutin, prévu les 9-10 et 16-17 octobre, a déjà son favori : Raphaël Glucksmann. L’eurodéputé et leader de Place Publique enchaîne les apparitions médiatiques et les ralliements à l’aile droite du PS. De Carole Delga, la présidente de la région Occitanie aux maires de Rouen et de Montpellier, Nicolas Mayer-Rossignol et Michaël Delafosse, des opposants revendiqués à la direction actuelle du parti. De même que le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud : « il est le choix de la victoire, à la condition que cette victoire soit préparée par un projet commun, un contrat de législature, une équipe et une majorité capables de gouverner durablement. Comme militant, comme socialiste, comme responsable d’un courant qui aspire à unir les idées et les êtres », justifie le député des Landes dans une tribune.

    À ce stade, les autres candidats déclarés à cette primaire sont les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj et l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007 Ségolène Royal. La Gauche républicaine et socialiste (GRS), représentée par l’un de ses fondateurs Emmanuel Maurel, participera également à ce scrutin. Si le maire de Saint-Ouen s’est déclaré candidat à la présidence, il n’entend pas passer par la case primaire. Même son de cloche pour François Hollande, qui s’estime au-dessus de la mêlée : « il se trouve que je suis un ancien président. Je m’adresse peut-être plus largement. Je considère que pour cette élection, il va falloir aller au-delà des formations politiques. Il faut chercher l’union, une union avec les électrices et les électeurs », dit-il.

    Faure veut l’union avec

    les écolos, tiraillés

    La candidature du Premier secrétaire du parti Olivier Faure fait peu de doutes. Il a jusqu’au 15 septembre pour se déclarer. Vendredi, il s’est présenté à Blois entouré de ses soutiens, parmi lesquels la maire de Nantes Johanna Rolland, le président de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel, la députée Dieynaba Diop et l’eurodéputé Pierre Jouvet, pour ne citer qu’eux. « Le Parti socialiste a quelque chose à dire dans cette élection présidentielle, nous allons être la surprise », veut croire le chef des Roses. Ce dernier pousse toujours pour un rassemblement. «Il n’y a pas de victoire possible sans les Écologistes. Il n’y a pas demain de majorité possible sans les Écologistes. C’est vrai à l’échelle locale et nationale. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’on puisse se retrouver et se rassembler », martèle Olivier Faure, arrivé au CamPuS, avec la députée écologiste Léa Balage El Mariky et la cheffe du groupe à l’Assemblée nationale Cyrielle Chatelain. Cette dernière a par ailleurs fait une apparition très remarquée la semaine passée aux Amfis, université d’été de LFI, aux côtés du leader du mouvement Jean-Luc Mélenchon. Quand le sénateur et ex-candidat à l’Élysée Yannick Jadot a apporté son soutien au patron de Place Publique. Les écolos sont, une nouvelle fois, tiraillés entre deux camps. Les huit mois qui suivent diront s’ils peuvent changer la donne.

  • Sauramps liquidée, la dernière page d’une institution

    Sauramps liquidée, la dernière page d’une institution

    Le silence a remplacé le bruissement des pages. Ce vendredi 3 juillet, le tribunal de commerce de Montpellier a prononcé la liquidation judiciaire du groupe Sauramps, refermant une histoire commencée en 1946 et transmise de génération en génération de lecteurs. Dans les couloirs du tribunal, comme devant les vitrines désormais figées, la stupeur avait pourtant quelque chose d’attendu : depuis des mois, la grande librairie du Triangle se vidait, ses rayons se clairsemaient, ses salariés travaillaient dans l’incertitude et les clients cherchaient en vain les nouveautés qui ne pouvaient plus être commandées.

    Placée en redressement judiciaire à la mi-juin, l’enseigne n’aura bénéficié que d’un court sursis. Aucun repreneur crédible ne s’est manifesté. Les pertes, évaluées autour de 4 millions d’euros, ont emporté les derniers espoirs d’un plan de continuation. À Montpellier, 48 salariés sont concernés. À Alès, six autres voient disparaître une librairie ouverte depuis vingt-quatre ans. Derrière le mot froid de « liquidation », il y a des métiers, des visages, des conseils donnés entre deux étagères, des paquets cadeaux de fin d’année, des livres glissés entre deux générations.

    Dans un message d’adieu publié par les équipes, l’émotion affleure à chaque ligne. « Après 80 ans d’existence au cœur de Montpellier et 24 ans au cœur d’Alès, les librairies Sauramps tournent une page avec beaucoup d’émotions », écrivent les salariés, remerciant « lectrices, lecteurs de tous âges, de tous horizons » pour leur fidélité, et saluant « le travail formidable des libraires » qui ont partagé leurs coups de cœur « avec passion ».

    Un gâchis social et culturel

    Sauramps n’était pas seulement un commerce. C’était une adresse populaire du livre, un lieu où l’on venait flâner, choisir un roman, chercher un manuel, discuter d’un auteur, croiser la ville. Sa disparition dit quelque chose de la fragilité d’une culture de proximité quand les charges explosent, quand les locaux vieillissent, quand les grandes plateformes imposent leur rythme et quand les pouvoirs économiques laissent les salariés porter seuls l’angoisse de l’effondrement.

    Après la décision du tribunal, la Région Occitanie et Montpellier Méditerranée Métropole ont assuré rester « plus que jamais mobilisées pour l’avenir de Sauramps ». Carole Delga, Michaël Delafosse et Christian Assaf disent apporter leur « soutien renouvelé » à la direction comme aux salariés « durement touchés ». Surtout, les collectivités veulent maintenir une perspective : « l’histoire de Sauramps n’est pas terminée », affirment-elles, en indiquant travailler depuis plusieurs semaines à un nouveau projet porté par David Lafarge, directeur général du groupe, en lien avec l’actionnaire principal François Fontès.

    L’enjeu est désormais de construire, « dans les prochaines semaines », une offre de reprise autour d’un projet « largement repensé et économiquement viable ». Plusieurs scénarios seraient en cours. La Région et la Métropole promettent d’accompagner cette reprise si elle se concrétise, au nom d’une marque jugée « emblématique » de la politique du livre à Montpellier et du rayonnement culturel régional. Une lueur, donc, mais qui ne doit pas masquer la violence du jour : 54 salariés se retrouvent au bord du vide.

    Le commerce fragile des idées

    La chute n’est pas née d’hier. Déjà sauvée en 2017 après un précédent redressement judiciaire, la librairie avait été reprise par l’architecte montpelliérain François Fontès, via Amétis. Depuis, plusieurs tentatives de relance n’ont pas suffi. Ces derniers mois, l’absence de trésorerie, les difficultés d’approvisionnement, le poids du magasin du Triangle et la perte progressive de confiance ont transformé l’institution en navire à quai. Même la Comédie du livre, rendez-vous historique du paysage littéraire montpelliérain, s’est déroulée sans elle cette année : un symbole de trop.

    Cette liquidation s’inscrit dans un secteur déjà secoué : Gibert, Furet du Nord, Decitre… les grandes enseignes du livre physique traversent une zone de tempête. Mais à Montpellier comme à Alès, la blessure est singulière. Sauramps faisait partie du décor mental des villes, de ces lieux où la culture se feuillette sans rendez-vous. Une librairie n’est jamais seulement une caisse enregistreuse : c’est un service public sans statut, tenu par des salariés passionnés, souvent peu payés, mais essentiels à la circulation des idées.

    Ce vendredi de juillet, l’année des 80 ans de Sauramps s’achève donc sur une liquidation. Peut-être pas sur une disparition totale, si le projet de reprise annoncé par les collectivités aboutit. Mais la page qui se tourne aujourd’hui, elle, est bien réelle : écrite non par les lecteurs, mais par les comptes, les loyers, les choix de gestion et l’impuissance collective à préserver, à temps, un bien commun. À Sauramps, les livres n’ont jamais manqué d’histoires. En espérant que la sienne puisse encore trouver une fin heureuse.

  • Avec Pierre Paulin, le design fait son entrée au musée Fabre

    Avec Pierre Paulin, le design fait son entrée au musée Fabre

    « On est très heureux de faire entrer le design par la grande porte au musée Fabre en consacrant cette exposition à celui qui fut assurément un des plus grands designers français », introduit Juliette Trey, directrice du musée montpelliérain. Premier en région à proposer une grande rétrospective dédiée à la carrière de Pierre Paulin, le musée Fabre a bénéficié, pour ce projet, de l’accompagnement et du prêt de nombreux objets et archives provenant du Fonds Pierre-Paulin, ainsi que de prêts du Mobilier national, avec lequel le designer a coopéré durant 40 ans. Notamment une pièce qui constitue le clou de l’exposition : le Fumoir de l’Élysée (photo 1), une commande présidentielle réalisée sous Georges Pompidou. Resté en réserve depuis son démontage en 1974 et restauré pour l’occasion, il est exposé pour la première fois à Montpellier.

    Un design utile et confortable

    Né en 1927 à Paris, Pierre Paulin, venu s’installer en 1982 dans les contreforts des Cévennes et décédé à Montpellier en 2009, fut l’un des pionniers du design moderne. À travers un parcours chronologique, cette exposition retrace les différentes étapes de sa carrière, « qui épouse véritablement l’essor du design en France », commente la commissaire Florence Hudowicz, conservatrice en chef du patrimoine au musée Fabre. Le designer a marqué son époque par sa capacité à imaginer des formes nouvelles tout en restant attentif aux usages du quotidien. Et à l’impératif de confort. « Ce qui a fait le début de sa popularité, ce sont les salons des arts ménagers et décoratifs. Dès 1953, Paulin y expose et obtient immédiatement une reconnaissance populaire », rapporte Florence Hudowicz. « On est à l’époque où la modernité est en marche, avec le réfrigérateur, l’aspirateur… Une ère nouvelle s’ouvre pour le couple moderne. Paulin veut s’adresser au plus grand nombre, montrer que le design n’est pas du luxe ou du gadget, mais qu’il peut servir à améliorer voire transformer le quotidien. » Il va notamment façonner des fauteuils devenus iconiques -Mushroom chair (1960), Ribbon chair (1966), Tongue Chair (1967) – avec une structure simplifiée et un garnissage de plus en plus souple dans lesquels le corps se love. Des créations intemporelles alliant confort et élégance au service des usages, qui continuent d’incarner la modernité et d’inspirer aujourd’hui. « Dans l’effervescence des années 1960 et 1970, marquées par l’émergence de nouveaux modes de vie, de nouvelles technologies et d’un désir de liberté, il invente des formes inédites, souples et profondément humaines », souligne Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier et président de la Métropole. « Cette exposition montre comment le travail de Pierre Paulin a été le produit de son époque, mais également sa dimension visionnaire », complète la directrice du musée.

  • Quasi unanimité pour le futur Service express métropolitain

    Quasi unanimité pour le futur Service express métropolitain

    Michaël Delafosse (PS) espérait « l’unanimité » pour « donner de la force » au projet de Service express régional métropolitain (Serm). Le président de la Métropole de Montpellier a été entendu. Mardi 23 juin, à l’exception de l’abstention de LFI, le Conseil de Métropole a voté sa feuille de route qui va être aussitôt transmise au ministère des Transports dans l’espoir que le grand Montpellier soit retenu parmi l’un des 10 projets de Serm en France (lire aussi page 16).

    Autour des grandes villes, il s’agit de bâtir un réseau de transports en commun qui maille les territoires avoisinants, une sorte de « RER métropolitain », selon le souhait d’Emmanuel Macron exprimé fin novembre 2022. Ici, le ferroviaire occupe une place de choix. En raison de la saturation de l’axe littoral Montpellier-Sète, la réalisation de la Ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan (horizon 2034 jusqu’à Béziers et 2040 vers Perpignan), jugée indispensable par Julie Frêche, sera la pierre angulaire. « Elle permettra de libérer des sillons sur la ligne historique avec 4 à 6 TER par heure. Les trois gares de Nîmes (centre, Saint-Césaire et Pont du Gard) seront associées pour travailler sur les RER entre Nîmes et Sète », précise la vice-présidente aux transports. « La ligne nouvelle n’a été que trop retardée. N’oublions pas le fret. La question du lien avec le port de Sète reste entière », rappelle l’élu PCF, Fabrice Lecomte. Enfin, Julie Frêche mise sur les pôles d’échanges multimodaux (PEM).

    Si elle souhaite « réduire la forte dépendance à la voiture » (90% des déplacements), l’élue PS songe aussi à améliorer le trafic routier, notamment les trajets domicile travail (150 000 quotidiens à Montpellier). Outre le Lien cher au maire de Saint-Géniès-des-Mourgues, Yvon Pellet (PS), le dossier prévoit la réalisation du contournement routier ouest (COM) de Vinci censé « sortir le trafic de transit des quartiers et communes » mais décrié par l’écologiste Delphine Esselin qui préférerait une « deux fois deux voies limitées à 70 km/h » plutôt qu’une liaison autoroutière entre l’A709 au Sud et l’A750 au Nord. Un serpent de mer qui affole aussi l’élue Emmanuelle Mysona (DVD). « En passant de 25 000 à 95 000 véhicules par jour, St-Jean de Védas sera sacrifiée. Il faut requalifier ce projet ».

    Un rare consensus

    Quoi qu’il en soit, l’A709 doit être requalifiée avec des sorties et entrées supplémentaires (déjà promises lors du doublement de l’A9 !) afin de « désaturer les ronds-points du Zénith et des prés d’arènes », expose J. Frêche. Pour relier Balaruc-le-Vieux à Garcia Lorca ou Baillargues à la gare Sud de France (…), des lignes de cars sur voies réservées sont prévues toutes les 10-15 minutes en heures de pointe (20-30 minutes le reste du temps de 5h à 23h). Les 4 lignes de bustrams restantes compléteront le maillage à l’Est (Le Crès, Vendargues, Castries) et à l’Ouest (Pignan, Lavérune, Cournonterral). De quoi ravir les maires sans étiquette de Cournonsec (Richard Paul) ou Saussan qui pointe les temps de trajets excessifs pour les lycéens. « Plus de pistes cyclables, c’est aussi moins de voitures sur les routes », insiste Sandrine Esserméant.

    Tout en se disant « pas opposé au Serm », Antoine Bertrand et les Insoumis de Montpellier se sont abstenus, Rhany Slimane pointant une « vision incomplète, injuste et myope ». « On nous présente un projet déjà conclu qui s’appuie au moins autant sur la voiture que sur le train », regrette Nathalie Oziol, favorable à une véritable « étoile ferroviaire » et opposée au COM. La députée parle d’une « coquille vide » en raison de l’incertitude des financements de l’État. Si Michaël Delafosse (PS) ne nie pas le sujet, il retient le positif. « Cette carte est le fruit d’un travail colossal entre 9 intercommunalités*. Quand avons-nous obtenu un document qui faisait autant consensus ? ». Une référence à Georges Frêche qui avait échoué à faire sortir le tramway de la Métropole. Une hypothèse désormais possible. « Des échanges sont prévus avec Stéphan Rossignol [président du Pays de l’Or] cet été…».

    * Sète Agglo, Pays de l’Or, Lunel Agglo, Lodévois Larzac, Clermontais, Vallée de l’Hérault, Pic-Saint Loup, Nîmes Métropole et Montpellier Métropole (avec la Région Occitanie ou la SNCF)

  • Après la gronde, Montpellier ne fait plus de zèle

    Après la gronde, Montpellier ne fait plus de zèle

    On les pensait enterrées et voici que les Zones à faibles émissions (ZFE) pourraient refaire surface. Bien que mises aux oubliettes par l’Assemblée nationale, les ZFE pourraient ressurgir à la faveur de la décision du conseil constitutionnel. « 9 Sages [les 9 membres du Conseil constitutionnel, Ndlr] ont décidé de piétiner les votes de l’Assemblée nationale, du Sénat et l’avis de 8 Français sur 10 », rumine Laurent Jaoul (sans étiquette). Opposant de la première heure à ce dispositif qui devait améliorer la qualité de l’air grâce à un système n’autorisant que les véhicules les moins polluants à circuler dans les métropoles et grandes agglomérations, le maire de Saint-Brès n’est pas pour autant surpris par ce revirement. « Je m’en doutais parce que les Sages sont à la botte de Macron, qui est favorable aux ZFE. »

    Pour autant, au motif que les ZFE constitueraient une entrave au principe de se déplacer librement voire une sorte d’assignation à résidence pour les foyers n’ayant pas les moyens financiers de changer de véhicule, Laurent Jaoul ne croit pas à un retour immédiat sous cette forme. Après une première fronde qui a conduit à une mise au placard des ZFE, « je ne vois pas comment les maires les mettraient en place ». Le maire de Saint-Brès apporte une précision importante. « Durant sa tournée des 31 communes, le président de la Métropole, Michaël Delafosse (PS), est venu me voir. Il m’a clairement dit qu’il ne voulait plus entendre parler des ZFE », affirme Laurent Jaoul.

    Les « Gueux » sortent une application référendaire

    Officiellement, aucune annonce de ce type n’a été formulée par Michaël Delafosse. Mais sa vice-présidente qui, à l’origine, tenait à la mise en place du dispositif d’État le plus tôt possible, semble beaucoup plus souple désormais. « Nous sommes dans un État de droit. Le Conseil constitutionnel a décidé, on attend la clarification de l’État », résume Julie Frêche. L’élue socialiste rappelle que les ZFE faisaient partie de la stratégie mobilités de la Métropole parce qu’elles étaient « une obligation pour les territoires de plus de 150 000 habitants ». Si elle compte continuer à « prendre sa part » dans la lutte contre la pollution, Julie Frêche ne met plus forcément les ZFE en première ligne. « Il n’y avait aucune harmonisation, le dispositif était mal pensé. Il faudrait des mesures d’accompagnement pour les personnes en difficulté. »

    Pour elle, ce sujet complexe nécessite d’y mettre de la nuance. « Il faut le traiter avec sérieux, rigueur. Et prendre en compte la grogne. » Pour autant, Julie Frêche rappelle que « la France va devoir se positionner sur le sujet, c’est une demande de l’Europe ». Allergique aux vignettes Crit’Air, Laurent Jaoul ne l’entend pas de cette oreille. Le collectif des « Gueux », qu’il avait monté avec le metteur en scène Alexandre Jardin, reprend du service. « On va lancer une application référendaire pour permettre aux citoyens de s’exprimer sur les grands sujets », confie Laurent Jaoul. Et devinez quoi ? Le questionnaire sur les ZFE sera l’un des premiers proposés ainsi qu’un autre sur les prix à la pompe.

  • Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    La gauche héraultaise conservera-t-elle ses 3 sièges de sénateurs au Palais du Luxembourg le 27 septembre ? Bien malin qui peut le dire. Car le corps électoral a profondément été modifié avec les municipales et la division guette les uns et les autres.

    Si les jeux sont ouverts, c’est d’abord parce que deux des trois sénateurs de gauche sortants ne se représentent pas dans l’Hérault. Il s’agit des deux élus du PRG qui siègent dans le groupe RDSE. À savoir : le viticulteur Henri Cabanel et le maire de Péret, Christian Bilhac. Le premier, qui a échoué à réformer en profondeur le statut des parlementaires et leurs privilèges, estime avoir fait le tour de la politique. Le second, plus âgé, a envie de « prendre du temps » pour lui. Mais Christian Bilhac ne restera pas spectateur. Il soutiendra Florence Brutus. Déjà numéro 2 sur sa liste en 2020, la conseillère régionale des hauts cantons de l’Hérault a l’investiture du PRG. La conseillère municipale du village de Causses-et-Veyran se dit prête à ouvrir sa liste à « toute personne à gauche en capacité de rassembler, hors LFI ». « Je suis pour une liste d’union. Notre intérêt est d’ouvrir la liste au-delà du PRG. On discute avec nos partenaires. »

    Parmi eux pourraient figurer les communistes, dont la stratégie dans l’Hérault n’a pas encore été arrêtée. Discussions possibles aussi avec le partenaire historique du PS. De ce côté-là, le sénateur sortant Hussein Bourgi a annoncé sa candidature. Qui sera sur sa liste ? Dans le lanterneau, il se murmure que Julie Frêche pourrait être en seconde position, la seule des six a priori éligible. Contactée, la vice-présidente de la Métropole de Montpellier n’a ni confirmé ni infirmé. « Je ne souhaite pas encore m’exprimer sur ce sujet. »

    Il semblerait que rien ne soit facile en raison des équilibres à préserver entre l’urbain et la ruralité mais aussi avec les partenaires potentiels dont le PCF ou peut-être les Écologistes… Le 31 mai, ces derniers ont choisi leurs 6 noms d’une liste que pourrait mener l’élue municipale d’opposition à Pézenas, Agnès Gizard. Troisième sur la liste écolo, la Lunelloise Lise Florès, favorable à l’union de la gauche, se dit ouverte à des accords. À une condition : « Ne pas être des supplétifs et faire entendre de vraies propositions écologistes en réponse aux problèmes du quotidien dans les zones périurbaines et rurales. »

    Règlements de comptes ?

    Ça bouge aussi du côté du Département de l’Hérault. Le 30 mai, Audrey Imbert (sans étiquette) a officialisé sa candidature hors des formations politiques. « Doit-on laisser ces élections sénatoriales aux seuls partis politiques quand on constate aujourd’hui leur état ? », questionne l’élue du canton de Mèze, qui estime connaître son territoire en tant que conchylicultrice.

    Elle trouvera sur sa route Aurélien Manenc. Depuis le 1er juin, le maire sans étiquette de Lunas-les-Châteaux dit vouloir incarner la candidature des territoires et de la ruralité. En tant qu’édile et pompier au Sdis, il pense « être le mieux placé pour mesurer ce que vivent mes collègues maires avec la fuite des services publics, la fermeture des écoles, les problèmes de mobilité ». Sa « vision complémentaire aux candidats urbains » concurrence directement Hussein Bourgi, dont il était le numéro 3 en 2020… « Ce n’est pas un règlement de comptes, il y avait aussi des listes PRG à l’époque », répond
    A. Manenc. Reste qu’il est soutenu par le président héraultais Kléber Mesquida (DVG). Lequel, depuis son départ du PS, semble en froid avec Carole Delga à la Région et Michaël Delafosse à Montpellier…

    Enfin, LFI montera aussi une liste sur un « programme de rupture ». Elle sera soit avec des amis de la Nupes, soit Insoumise pur jus. « Au plan national, on discute avec le PCF et les Verts », glisse le co-référent héraultais Sylvain Carrière. Le député sait qu’arracher un siège serait un exploit mais pour LFI l’essentiel est ailleurs : continuer à s’implanter et préparer la course aux parrainages pour Jean-Luc Mélenchon.

    Autant de stratégies dissonantes qui pourraient jouer des tours à la gauche le 27 septembre ? Pas forcément, même si des accords sont préférables. En 2020, 14 listes dont 6 de gauche étaient en lice dans l’Hérault et la gauche avait obtenu trois sièges sur quatre.

  • [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    La Marseillaise : Le rôle du Sénat est méconnu. À quoi sert-il ?

    Julien Audemard : C’est une chambre parlementaire, une chambre haute qui ne représente pas directement les individus mais les territoires au travers de leurs élus. C’est donc une élection indirecte. Les sénateurs ont un rôle législatif même s’il est moindre et que les députés peuvent avoir le dernier mot. C’est tout de même un contre-pouvoir fort. Les sénateurs ne peuvent pas censurer le gouvernement mais ne peuvent être touchés par une dissolution.

    Comment vont être désignés

    les délégués le 5 juin ?

    J.A. : Le collège électoral qui va élire les sénateurs le 27 septembre est constitué de tous les conseillers régionaux, départementaux, des parlementaires (députés, sénateurs), des élus municipaux (maires, élus municipaux) et leurs délégués élus le 5 juin qui représentent à eux seuls 95% du corps électoral. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, les élus municipaux vont élire entre 1 et 15 délégués en fonction de la taille de la commune. Au-delà de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit. Et dans les villes de plus de 30 000 habitants, ils vont en plus élire des délégués supplémentaires en dehors du conseil municipal : un par tranche de 800 habitants. Il n’y a pas de restriction, il faut juste être inscrit sur les listes électorales de la commune.

    En quoi les municipales ont-elles modifié le corps électoral ?

    J.A. : Au niveau national, on a eu environ 40% de renouvellement dans les mairies. Dans l’Hérault, les rapports de force restent à peu près stables même si des communes ont basculé, la plupart du temps de la gauche vers la droite ou le centre (Grabels, Juvignac, Villeneuve…). Mais cela ne pèse pas grand-chose à côté de Montpellier. Le RN a pris Agde mais ailleurs l’extrême droite a obtenu peu d’élus. La gauche ne devrait pas s’écrouler mais restons attentifs à l’offre de gauche.

    Justement la multiplication des listes est-elle risquée à gauche ?

    J.A. : Il y a un risque d’émiettement qui va surtout concerner les petits partis. Hussein Bourgi (PS) devrait être réélu. La question se pose pour Florence Brutus (PRG) qui pourrait pâtir de cet éparpillement. Ceci étant, le mode de scrutin est spécifique dans le Gard et l’Hérault : c’est un scrutin de listes proportionnelles avec l’attribution des sièges restants à la plus forte moyenne, ce qui en général est plutôt favorable aux listes qui ont obtenu peu de voix. Il faudra (maximum) 600-650 voix pour obtenir un siège sur environ 2 000 votants dans le Gard, 2 500 dans l’Hérault.

    Dans le Gard, la progression du RN peut-elle lui faire rafler un siège ?

    J.A. : Aux municipales, le RN n’a pas gagné Nîmes mais a confirmé son ancrage dans le Gard. Il a gagné Vauvert et Bagnols-sur-Cèze en conservant Beaucaire. Ils avaient déjà les 6 députés. Ceci étant, je ne pense pas que ce sera suffisant pour avoir un sénateur. Peut-être plus dans le Tarn avec le basculement de Castres, dans le Tarn-et-Garonne (Moissac, Montauban) voire dans l’Aude avec Carcassonne. Mais obtenir le soutien des élus des petites communes ne se fait pas du jour au lendemain. Pour le PCF c’est compliqué parce que, finalement, Denis Bouad (PS) repart [lire page 7]. Et il n’y aura pas que les communistes qui vont essayer de se positionner sur sa liste. L’élection à Nîmes change toutefois la donne : il y a pour le PCF un vrai levier de pression avec le PS. Il risque d’y avoir un arbitrage entre le national et le local.

    Les maires sans étiquette rendent-ils ce scrutin imprévisible ?

    J.A. : Sans tenir compte du contexte, oui sans doute. Ceci dit, les maires soi-disant sans étiquette sont soit dans de petites communes soit proches de forces partisanes donc, en réalité, on connaît leur tendance. Les autres sont très dépendants de leur intercommunalité ou du Département. L’idée d’une fronde de leur part me paraît très hypothétique. Je verrais une relative stabilité dans l’Hérault à une incertitude près. Dans le Gard, à voir à quel point la gauche peut être dispersée et s’il peut avoir des accords locaux entre la droite et des élus RN. Le corps électoral est très politisé avec une forte dimension de vote stratégique.

    Certains parlent de rapports
    de force entre le président du Département Kléber Mesquida,

    le maire de Montpellier, Michaël Delafosse et la présidente de
    la Région Carole Delga…

    J.A. : Les motivations peuvent être multiples mais dans le cas d’Aurélien Manenc (PRG et candidat dans l’Hérault) j’ai du mal à penser que cela n’a pas de lien. Kléber Mesquida [qui n’est plus au PS] a ses propres stratégies. Au-delà des guerres de personnes, il y a eu des précédents aux législatives avec des candidats soutenus [par Carole Delga] contre ceux de la Nupes.

  • Fragilisée, la librairie Sauramps sera absente de la Comédie du livre

    Fragilisée, la librairie Sauramps sera absente de la Comédie du livre

    C’est la note triste de cette Comédie du livre. Alors qu’elle fête cette année ses 80 ans d’existence, Sauramps, librairie historique de Montpellier qui fut l’une des plus importantes librairies indépendantes de France, voit son avenir menacé par de graves difficultés financières. D’après ses chiffres, les pertes cumulées s’élèveraient à 3,5 millions d’euros, en lien avec la crise du secteur. Ce n’est hélas pas la première fois que l’entreprise rencontre des difficultés. En 2017, elle avait été placée en redressement judiciaire, avant d’être rachetée par la société Amétis pour 5,3 millions d’euros.

    Cette année, pour la première fois depuis l’existence de la Comédie du livre, Sauramps ne sera pas représentée parmi les 15 librairies indépendantes accueillant des auteurs en dédicace lors du salon du livre des 22, 23 et 24 mai sur la promenade du Peyrou. « On est très heureux chaque année d’y participer, mais il faut savoir que cela représente 60 000 euros de commandes, un engagement dont le retour n’est forcément jamais garanti. Au vu de nos difficultés actuelles, c’est trop lourd », confiait récemment David Lafarge, directeur de Sauramps, dans Midi Libre.

    « On espère les retrouver dès 2027 sur le festival », déclare Régis Pénalva. « En attendant, pour cette année, les autres librairies se sont mobilisées pour se répartir la cinquantaine d’auteurs qui devaient être accueillis par Sauramps. Les invitations ont donc pu être maintenues », informe le directeur artistique de la Comédie du livre. « Nous serons tant que nous le pouvons aux côtés de la librairie Sauramps », assure de son côté Michaël Delafosse.

  • « Un espace de résistance face à la grande offensive réactionnaire »

    « Un espace de résistance face à la grande offensive réactionnaire »

    La Marseillaise : Les premiers actes du nouveau maire RN de Vauvert ont été de déprogrammer une exposition de photos à cause des opinions politiques prétendues de son auteur et de retirer ses subventions au festival Jazz à Vauvert, entraînant son annulation. Qu’en pensez-vous ?

    Michaël Delafosse : C’est extrêmement choquant et ça montre le visage de l’extrême droite. Jazz à Vauvert est un très beau festival porté par des bénévoles qui s’efforcent de faire découvrir cette musique mondialement connue. Et comme ça, sine die, on coupe la subvention, on envoie un signal hostile. L’annulation d’une exposition au motif des opinions politiques de son auteur est également inadmissible. Voltaire disait : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » À la Comédie du livre à Montpellier, on accueille des gens de toutes sensibilités. Le service public de la culture ne consiste pas à programmer ce qu’on aime ou ce avec quoi on est d’accord.

    En sanctuarisant les budgets dédiés à la culture malgré les finances fragilisées des collectivités, Montpellier fait un choix politique fort ?

    M.D. : Oui, c’est un choix politique au sens le plus noble du terme, qui fait consensus à la Ville comme à la Métropole. C’est rassurant, car les temps sont durs. Les coupes de l’État sont violentes pour les collectivités. Malgré ce, nous avons décidé de préserver le budget de la culture pour faire vivre ce service public. Le service public de la culture, ce sont 15 médiathèques réparties dans les communes de la métropole, des grands festivals [Comédie du livre, Printemps des Comédiens, Montpellier Danse puis Radio France, Ndlr.], une politique culturelle ambitieuse, tournée sur l’éducation artistique. Quand vous payez une place au théâtre ou à Montpellier Danse, elle est subventionnée, sinon plein de gens ne pourraient pas y aller. Quant à une médiathèque, ça coûte quasiment 1 million d’euros pour fonctionner. Mais nous sommes fiers d’en avoir un nombre très important pour garantir l’accès aux livres et l’éducation à la lecture.

    Ce qui nous paraît normal à Montpellier : un accès facilité à la culture, des budgets maintenus, ne l’est pas forcément ailleurs ?

    M.D. : Non ! Prenez la Comédie du livre, qui débute le 15 mai : il y a plein de festivals littéraires qui s’écroulent en France parce que les coûts sont renchéris avec l’inflation. Mais c’est un choix de tenir. Montpellier s’inscrit dans un espace de résistance face à la grande offensive réactionnaire sur la culture. Quand je fais le partenariat avec le festival de Radio France, c’est le service public de la radio qui est mis à l’honneur à Montpellier pour la musique. Quand, à la Comédie du livre, 38% des éditeurs invités sont des éditeurs indépendants, c’est une façon de résister à Bolloré et sa mainmise sur l’édition. C’est nos actes qui nous font résister. Et plus les gens nous soutiendrons dans cette démarche, plus nous donnerons de la force à ces modèles, car on voit bien que l’internationale réactionnaire mène une offensive méthodique, organisée. À nous de porter un modèle de résistance. Les collectivités territoriales ne peuvent pas tout faire, mais elles ont un rôle important à jouer. Il faut défendre le service public de la culture, car on est dans un moment politique grave sur ce sujet. Cela pourrait ouvrir la voie à quelque chose qui n’incarne plus l’idée de liberté, d’émancipation que porte la culture. Car c’est la liberté des artistes qui nous émeut, qui nous touche, c’est leur créativité. C’est le rôle du service public de la culture de permettre de montrer cette diversité de la création. La culture offre des controverses esthétiques et intellectuelles, c’est l’expression du génie humain. C’est essentiel ! Et derrière, il y a la toute la question du vivre ensemble : est-ce qu’on veut une société populiste, de la vulgarité ou est-ce qu’on croit au beau ?

    « Le service public de la culture
    ne consiste pas
    à programmer
    ce qu’on aime
    ou ce avec quoi
    on est d’accord.  »

  • Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Responsable, juste et protecteur » pour les uns. « Trahissant la parole donnée aux électeurs » pour les autres. Voté mardi 28 avril, le budget 2026 de la Métropole de Montpellier n’a pas fini de faire parler. Pas tant pour son montant (1,7 milliard d’euros) dont 1,26 milliard de dépenses réelles parmi lesquelles des dépenses de personnel (173 millions d’euros ; +2,2%) « plutôt maîtrisées », convient le nouveau maire divers droite (DVD) de Grabels, Pascal Heymes. Pas davantage pour la charge de la dette (130 millions d’euros d’annuité) accrue en raison des 480 ME investis sur la 5e ligne de tramway. Ni même à cause d’investissements ramenés à un niveau jugé « plus soutenable » (371 ME au lieu de 450 ME et avant les 200 ME annoncés pour 2027).

    Non, ce qui a nourri les presque quatre heures de débat, c’est le choix du président Michaël Delafosse (PS), révélé la semaine dernière, d’activer le levier fiscal. Un « tournant », selon l’élu LFI de Montpellier, Antoine Bertrand. « Un mois après les municipales, c’est un déni de démocratie. Il fallait le dire pendant la campagne ! », reproche l’ancien bras droit de René Revol (LFI), battu à Grabels. S’il s’était engagé à ne pas toucher à la fiscalité à l’échelle communale, Michaël Delafosse n’avait rien promis au sujet de l’intercommunalité.

    Son choix surprise concerne uniquement la taxe sur le foncier bâti. Si les taux de la Contribution foncière des entreprises (36,58%), du foncier non bâti (5,69%), de la taxe d’habitation (12,8%), de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (14,62%) ou de la taxe pour la gestion des milieux aquatiques et lutte contre les inondations (+50 euros décidés par l’État) restent stables, le taux de la taxe foncière explose, lui, de 0,167% à 5,8%. Pour les propriétaires, cela représente un surplus estimé entre 50 à 250 euros annuels en fonction des caractéristiques du logement.

    La droite vent debout

    C’est trop selon l’élu pro-Altrad, Salim Jawhari. « Ce n’est pas une stratégie, c’est un renoncement. On demande toujours l’effort aux mêmes, aux classes moyennes et aux entreprises qui auront une double peine fiscale. » Du côté des maires, la pilule ne passe pas à Castelnau-le-Lez où le nouveau maire Julien Miro (DVD) a choisi de « baisser de 20% cette taxe et de stopper les logements sociaux ». À Montferrier-sur-Lez, l’édile Frédéric Gueydan (DVD) ne cautionne pas davantage, de même que Guy Lauret (DVD) à Vendargues (DVD), Roger Caizergues (sans étiquette) à Lavérune ou encore Virginie Martos-Ferrara (DVD) à Villeneuve-lès-Maguelone. « C’est un effort trop brutal, trop rapide. » Avec à peine 25 votes contre et 9 abstentions sur 102, la hausse est toutefois validée.

    Si la plupart des élus s’y sont résolus, c’est en raison d’une situation financière délicate. « L’État a supprimé toutes les recettes dynamiques aux collectivités », déplore Christian Assaf (PS). L’État qui « ne s’attaque pas aux plus riches (ISF +211 milliards d’exonérations fiscales) et démantèle les services publics », fustige Hervé Martin (PCF). Un choix funeste refusé à Montpellier. « Nous ne vendrons pas nos médiathèques, nos crèches, nos piscines ou notre réseau des eaux », insiste le vice-président communiste.

    S’il consent que « personne ne paye l’impôt avec plaisir », l’écologiste Grégoire Delforge assure « qu’on peut y consentir s’il est transparent, juste, exemplaire et finance une part d’avenir ». C’est le cas selon le premier vice-président, Renaud Calvat (PS), qui promet que « chaque euro dépensé doit l’être utilement ». 350 millions d’euros iront aux mobilités douces (tramway 124 ME, bustram 8 ME, bus 6 ME…), 176 ME à la transition énergétique (déchets 128 ME), 140 ME à la voirie et à l’espace public (nettoiement 47 ME, entretien voirie 19 ME, espaces verts 9 ME, éclairage 5 ME….), 117 ME à la culture (subventions aux associations 20 ME, médiathèques 15 ME…) et au sport (subventions aux clubs sportifs 8,4 ME, piscines 11,7 ME). La solidarité (rénovation urbaine, aide aux communes) sera dotée de 90 ME (aides à la pierre 34 ME), le développement économique de 44 ME (filières 4,7 ME) ou encore la sécurité de 40 ME (Sdis 20,2 ME). Au total, 1 095 euros de dépenses de fonctionnement par habitant au lieu de 595 en moyenne ailleurs. « Nous faisons plus donc nous portons plus de charges, c’est un choix politique du service public », insiste Julie Frêche (PS). « Fermer des piscines, réduire la voirie, personne ne l’a proposé », observe Michaël Delafosse. « L’impôt ne fait jamais plaisir mais il permet de tenir sur la qualité de vie. »