Tag: Justice

  • [Contre les Violences faites aux mineurs] À Volx, des soupçons de maltraitance sur des enfants placés

    [Contre les Violences faites aux mineurs] À Volx, des soupçons de maltraitance sur des enfants placés

    Des mineurs placés par l’ASE « forcés à travailler dans des champs », une animatrice leur faisant des « bisous sur la bouche » et des « massages sensuels »… Plusieurs salariés d’une structure accueillant des enfants placés à Volx (Alpes-de-Haute-Provence) ont été licenciés, ces derniers mois, après avoir dénoncé des agressions sexuelles et des maltraitances sur les mineurs.

    La secrétaire du syndicat départemental de FO action sociale, qui a accompagné des salariés licenciés de la structure d’accueil, évoque « un climat de terreur et d’intimidation » et « une peur des représailles » chez les salariés, qui relatent des « pressions » et des « menaces » lorsqu’ils tentent de dénoncer les faits.

    Les salariés dénoncent également la « prostitution » d’une des jeunes filles placées au sein de la structure. Selon eux, le directeur envoyait les jeunes travailler sur son exploitation agricole, dans les champs, « ramasser des cailloux lorsqu’ils étaient punis ». Un enfant de 16 ans, qui s’en était plaint à l’école, aurait été « intimidé » par le directeur. « Tout est fait pour que les enfants ne parlent pas. Les salariés sont licenciés les uns après les autres dès qu’ils ouvrent la bouche », expliquent des salariés. « On est toutes sous cachets, on prend des antidépresseurs. Il nous a usées, regrette l’une des animatrices. C’est l’omerta, la pègre. »

    D’anciens salariés dénoncent également des insultes proférées par le directeur à l’encontre des enfants, comme « bande de petits PD », « bande de putes », ou « si t’es pas content, rendez-vous au dojo, je vous éclate ». Ils affirment également que le directeur parlait en détail de sa vie sexuelle et « d’échangisme » aux enfants. Un éducateur serait par ailleurs « très tactile » avec les enfants et aurait « dormi » avec une enfant placée, selon les salariés rencontrés. Cette enfant est cependant revenue sur ses déclarations par la suite.

    Le Département étudie

    le dossier

    Six salariés auraient été licenciés et l’un d’entre eux aurait démissionné. Deux autres ont attaqué le directeur aux prud’hommes. « On ne lâchera pas ce dossier », lance la secrétaire du syndicat départemental de FO action sociale. Toujours selon les anciens salariés rencontrés, le directeur aurait pour projet de partir en Algérie dans la semaine pour échapper aux poursuites, ce qu’il nie.

    Le syndicat FO a eu un rendez-vous, mercredi au Département, responsable de l’ASE, avec notamment la directrice adjointe du pôle solidarités, pour évoquer le sujet. Le syndicat a également réalisé un signalement au procureur et à la préfecture. « Le Conseil départemental prend ces signalements avec le plus grand sérieux. Dès leur connaissance, les informations reçues ont fait l’objet d’un examen attentif et les démarches nécessaires ont été engagées », indique le Département.

    Selon les anciens salariés, deux structures appartenant au même propriétaire, à Saint-Michel-l’Observatoire et à Volx, ont déjà été fermées après la perte de leur agrément.

    Rencontré sur place, le directeur nie les accusations et les insultes. Il explique que les enfants ramassaient des légumes sur son exploitation pour les consommer par la suite. Il accuse en retour les salariés licenciés de maltraitances sur les enfants.

    « Tout est fait pour que
    les enfants ne parlent pas »

  • [Contre les Violences faites aux mineurs] À Gap, un père jugé pour des viols incestueux

    [Contre les Violences faites aux mineurs] À Gap, un père jugé pour des viols incestueux

    D’après le dossier d’enquête, les faits auraient été commis entre 2018 et 2024. L’accusé, père d’une fillette aujourd’hui âgée de 11 ans, aurait commis à plusieurs reprises des agressions sexuelles et des viols durant ces années, au domicile familial, à L’Argentière-la-Bessée puis à Serres. En septembre 2024, après que l’enfant s’est confiée à sa tante, laquelle a alerté le personnel scolaire de son collège, un signalement est effectué.

    Selon les informations du dossier communiquées à la presse, le père se serait rendu en gendarmerie dès le lendemain du signalement pour porter plainte pour diffamation contre le personnel à l’origine de l’alerte. L’accusé évoque un geste accidentel, mais les enquêteurs le placent en garde à vue.

    De son côté, la jeune fille décrit plusieurs scènes d’agression et de viols commises au domicile familial. Le père reconnaît alors devant les enquêteurs des faits de pénétration et d’attouchements non consentis, des actes qu’il explique avoir commis sous le coup de la colère. Il affirme également avoir lui-même été victime de viol de la part de son grand frère durant son enfance. Il est mis en examen et placé en détention provisoire.

    L’accusé se rétracte après avoir reconnu les faits

    Quelques mois plus tard, l’accusé se rétracte, revient à sa version d’un geste accidentel et affirme que sa fille ment. Les analyses ont pourtant révélé des traces de son sperme sur les vêtements et les draps de la victime. Renvoyé en début d’année devant la cour criminelle des Hautes-Alpes, il comparaît à huis clos pour viols incestueux sur mineur. Il encourt 20 ans de réclusion criminelle. L’avocat de la défense, Me Philip, a fait savoir que le prévenu conteste les faits. Me Lourenço, avocate de la victime, estime quant à elle que la condamnation ne fait aucun doute et que l’enjeu réside plutôt dans l’étendue de la peine prononcée.

    Le procès se déroule dans un contexte national déjà tendu, marqué notamment par le drame de l’affaire Lyhanna, une fillette de 11 ans enlevée et assassinée le 29 mai dernier à Fleurance (Gers). À 19h, plusieurs personnes se sont rassemblées devant le palais de justice pour réclamer une politique nationale d’ampleur contre les violences faites aux femmes et aux enfants.

  • Violences sur mineurs, les contradictions coupables de Gérald Darmanin

    Violences sur mineurs, les contradictions coupables de Gérald Darmanin

    Par Julie Jarno, Barreau de Marseille

    Le ministre de la Justice a déclaré, le 7 juin, avoir demandé aux procureurs de reprendre « l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », soit 70 000 dossiers dans le sillage de l’affaire Lyhanna : cette réaction politique opportuniste ne peut faire que choquer les professionnels concernés. En effet, le garde des Sceaux pointe des dysfonctionnements dans la gestion du profil du principal suspect, une plainte d’août 2025 à son encontre n’étant toujours pas traitée à ce jour. En réalité, rien d’exceptionnel dans ce délai, rien d’exceptionnel dans cette manière de faire et, surtout, dans cette manière de ne pas faire grand-chose. À Marseille, ce sont 30 000 plaintes qui sont en attente d’être traitées, et qui, parfois, ne le seront jamais : des plaintes qui attendent dans les placards de commissariat et qui seront, pour de nombreuses d’entre elles, classées sans jamais avoir été enregistrées au parquet. Combien de plaintes pour violences sur des enfants parmi celles-ci ? À Marseille, ce sont moins de 70 procureurs qui gèrent l’intégralité de la politique pénale de la 4e juridiction du pays dont le ressort couvre en réalité 21 communes et plus d’un million d’habitants. Parmi ces 70 procureurs, seuls 8 sont affectés spécifiquement à la section qui gère à la fois les violences conjugales, les violences sur mineurs, la délinquance des mineurs et la protection de l’enfance. Assurer la politique pénale signifie (liste non exhaustive) : traiter les plaintes, coordonner des enquêtes, prendre des décisions quant à l’issue de ces enquêtes, requérir des peines lors des audiences pénales. Ce travail est colossal et les procureurs sont aidés pour ce faire par des dizaines d’agents, greffiers ou adjoints administratifs. Or à Marseille, outre le nombre de procureurs insuffisants, le bureau d’ordre pénal, le service qui gère l’arrivée de l’ensemble des plaintes issues de tous les commissariats du ressort, risquerait de ne plus disposer que de deux agents à compter de septembre, la suppression du 3e poste étant envisagée pour raisons budgétaires. Quand des plaignants, ou leurs avocats, relance ce bureau pour savoir où en sont les plaintes déposées, parfois pour des faits très graves, parfois pour des plaintes anciennes, la réponse la plus courante est « cette plainte n’a pas encore été enregistrée. Merci de renouveler votre demande dans 6 mois ». Alors, Monsieur le ministre, vos annonces faisant peser la responsabilité de la mort d’une enfant sur des procureurs en particulier est une attaque particulièrement perfide à l’égard de vos équipes. Notre pays dispose de quatre fois moins de magistrats que la moyenne européenne. Augmenter le nombre de magistrats, de greffiers et de personnel administratifs dans nos juridictions, et vous verrez que, comme par magie, les plaintes seront correctement traitées et que, sans doute, des enfants seront épargnés.

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  • Initier les jeunes à la justice pour prévenir la délinquance

    Initier les jeunes à la justice pour prévenir la délinquance

    « Le tribunal vous reconnaît coupable de deux ans de prison, dont un an avec sursis probatoire ! », lance une toute jeune présidente de tribunal. Robes d’avocat enfilées, dossiers sous le bras… Le public, s’il y en avait eu un, aurait presque cru à une audience classique de comparutions immédiates. Pourtant, ce mercredi, les magistrats et avocats du tribunal judiciaire ont cédé leur place à des élèves de quatre classes de troisième, issues de quatre collèges aixois.

    Dans le cadre du concours -Justice citoyen, projet porté par l’association Objectifs compétences de demain (OCD) et plus largement inscrit dans le cadre du projet Limit’s – visant à limiter l’entrée des jeunes dans le narcotrafic – ainsi que dans le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), les élèves ont endossé les rôles de prévenus, procureurs et avocats, le temps d’une matinée.

    Sur la base du volontariat, les collégiens ont effectué, en amont, « beaucoup de recherches sur le vocabulaire, les procédures », explique Pascal Macia, pour OCD. Un exercice « transversal », croisant éloquence et citoyenneté.

    « On est même allés au Repère jeunesse pour s’entraîner en conditions réelles. Ca va améliorer mes compétences à l’oral, ça me fait repousser mes limites », retrace Maysa, élève du collège Gisèle-Halimi. Elle incarne une avocate de la défense qui plaide pour un père accusé de coups et blessures sur un professeur, qu’il pense être l’auteur de viols sur sa fille. Il s’agit de l’une des quatre thématiques choisies par les élèves. Les trois autres portent sur le trafic de stupéfiants. Sur ce thème, « il faut tirer la sonnette d’alarme et les prévenir du danger », estime Olivier Poulet, procureur adjoint du tribunal et membre du jury. Plus largement, poursuit-il, cette journée permet aux élèves de « découvrir comment marche la justice, surtout dans cette période ou nous sommes extrêmement décriés ».

    La présidente du tribunal évoque l’affaire Lyhanna

    Évoquant le contexte actuel, Hélène Judes, présidente du tribunal et membre du jury, est revenue sur les fondements – parfois oubliés – du système judiciaire. « C’est difficile, dans la situation actuelle, de ne pas vous parler de l’actualité qui, j’imagine, vous interroge. Vous êtes de jeunes gens, je pense que, comme nous, vous avez été touchés par ce drame vécu par la petite Lyhanna. Bien sûr, comme tous les Français, nous pensons bien fort à elle et à sa famille, déroule Hélène Judes. Mais la justice ne se résume pas à cette affaire, heureusement (…). On oublie, dans le discours actuel, que la justice, c’est aussi les conflits du quotidien (…). La justice, c’est aussi ce que la nation, ce que nos élus, qui viennent manifester en grande pompe avec leur belle ceinture, veulent bien lui donner. Cette année, notre budget a encore bien été amputé (…). Chaque citoyen qui paie des impôts donne 6,50 euros par mois à la justice. Même pas le prix d’un kebab avec des frites… C’est ça, la justice aussi. »

  • Perrier : l’eau claire se trouble encore à Vergèze

    Perrier : l’eau claire se trouble encore à Vergèze

    À Vergèze, on ne compte même plus les gouttes d’eau qui font déborder la bouteille. Fleuron industriel du Gard pendant des décennies, Perrier se retrouve de nouveau pris dans la tourmente du scandale des eaux minérales. Pour rappel, en janvier 2026, plus de 200 000 bouteilles contaminées au Pseudomonas aeruginosa, une bactérie susceptible de provoquer des infections graves chez les personnes fragiles, ont dû être détruites. Or en mai 2026, une enquête de France Info révèle que près de 900 000 bouteilles ont été détruites depuis juillet 2025, et que plus de deux millions sont actuellement immobilisées sur le site gardois de Nestlé Waters, propriétaire de la marque. Quelques semaines plus tôt, le groupe avait pourtant assuré au média que des analyses de vérification avaient « finalement écarté une quelconque contamination ».

    Plus troublant encore : près de 14 millions d’autres bouteilles, ayant pourtant fait l’objet de détections similaires, ont finalement été autorisées à la vente par la préfecture du Gard. Le chiffre claque comme un bouchon qu’on arrache trop vite. L’ARS Occitanie a assuré dans un communiqué d’urgence que les contrôles de Nestlé étaient « tous conformes ». On notera l’élégance du procédé : c’est le contrôlé qui contrôle.

    Depuis fin mai, l’affaire dépasse la seule chaîne d’embouteillage. Le 19 mai, une quarantaine d’agents de la DGCCRF et des officiers de police judiciaire ont perquisitionné le site de Vergèze ainsi que le laboratoire d’analyses de Vittel, dans le cadre d’une information judiciaire pour « tromperie » ouverte après une plainte de l’ONG Foodwatch. Et un autre front est apparu : celui de l’environnement, avec des difficultés signalées dans le traitement des eaux usées et la consommation d’eau du site. Tout cela deux mois à peine après que Nestlé Waters ait organisé une visite orchestrée de son usine pour rassurer l’opinion publique.

    Encore plus récemment, Bonneval, minéralier savoyard, a saisi les tribunaux administratifs du Gard et des Vosges pour faire annuler les arrêtés autorisant Nestlé Waters à commercialiser Perrier, Contrex et Hépar sous l’appellation « eau minérale naturelle » tout en recourant à des filtres de microfiltration à 0,45 micron : une désinfection partielle que la réglementation interdit. La Maison des eaux minérales naturelles a de son côté interpellé la ministre de la Santé, qui a prudemment renvoyé la balle aux préfets.

    Face à la tempête, Nestlé Waters a sorti son parapluie communicationnel, piloté par une nouvelle directrice de communication fraîchement issue du cabinet de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Le groupe assure que « tous les produits commercialisés peuvent être bus en toute sécurité » et que leur protocole relève du fonctionnement normal d’une usine agroalimentaire. Mais à force de révélations, la bulle de confiance semble chaque jour un peu plus proche d’éclater pour Perrier.

  • Documents volés : Sébastien Delogu sera jugé le 21 octobre

    Documents volés : Sébastien Delogu sera jugé le 21 octobre

    Poursuivi pour «la diffusion sur les réseaux sociaux et notamment sur son compte Instagram de documents relatifs à la vie privée et professionnelle de M. Isidore Aragones» rappelait la présidente, Sébastien Delogu sera finalement jugé le 21 octobre prochain, a décidé le tribunal correctionnel de Marseille ce mardi après-midi.

    Dans le cadre d’un conflit social au sein de la société Laser propreté, qui assurait le nettoyage de la gare Saint-Charles à Marseille, le parlementaire avait exhibé dans une vidéo le 24 septembre 2024 plusieurs courriels de l’éphémère président du conseil d’administration de la société, membre du bureau du Crif (conseil représentatif des institutions juives de France) Aix-Marseille.

    Parmi ces documents, un échange avec un responsable de l’armée de l’Air israélienne pour faire venir une délégation, un mail relatif à un voyage en Israël, un autre relatif à une vente aux enchères… Des documents qui avaient été dérobés une semaine plus tôt lors d’une mobilisation sociale, et dont la diffusion représentait «un risque direct d’atteinte à la personne et aux biens», soulignait la présidente. Absent à l’audience en raison d’un «climat très tendu» expliquait son avocat Me Yones Taguelmint à l’AFP, le député s’était dépeint en «lanceur d’alerte» après son audition.

    Dernier renvoi

    «La défense ne sera pas en état de présenter ce dossier de façon convenable», plaidait son conseil en soulignant qu’il n’a reçu le dossier qu’au mois de mai, tandis que se multiplient les procédures dans lesquelles le député est partie civile. Ainsi pour la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité le 7 juillet de l’auteur de menaces de mort en ligne contre le parlementaire. «Plus nous allons nous approcher de la présidentielle, plus il y aura une cristallisation», répondait le conseil du Crif Me Benjamin Ayoun en dénonçant de la part du député «une volonté d’être en lutte contre le Crif, contre M. Aragones, et contre tout ce qui peut avoir une position pro-Israël».

    Le parquet ne s’opposait pas au renvoi, qui sera le dernier dans cette procédure a indiqué la présidente.

  • [Maj] Une offre de reprise pour Fibre Excellence mais des inquiétudes

    [Maj] Une offre de reprise pour Fibre Excellence mais des inquiétudes

    « L’offre a été déposée à 12h, lundi 1er juin. L’objectif est de créer une nouvelle entité qui reprendra l’intégralité des actifs et des salariés », a annoncé la direction du groupe Fibre Excellence, qui emploie 670 salariés sur les sites de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Il s’agissait de la date butoir fixée par le tribunal de commerce de Toulouse pour le dépôt des offres de reprise. C’est la seule qui aurait été déposée.

    Audience décisive le 17 juin

    Considérant « qu’il est établi que la SAS Fibre Excellence est dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible et est en conséquence en état de cessation des paiements », le tribunal avait placé l’entreprise en redressement judiciaire, dans sa décision du 27 avril. Il estimait cependant que « l’entreprise semble avoir les moyens de se diriger vers un plan qui aurait pour finalité la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif » et avait accordé six mois de délais d’observation. L’entreprise est revenue à la barre du tribunal le 3 juin mais l’audience décisive est fixée au mercredi 17 juin « afin de déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ». En mai, Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, avait fait savoir que la collectivité était prête à intégrer la gouvernance de l’entreprise et à investir 5 millions. Elle avait rencontré, avec les représentants des salariés, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin. Et de promettre : « Je continuerai à me mobiliser. » Vendredi, la direction de Fibre Excellence a fait savoir que l’offre de sauvetage des deux dernières usines de pâte à papier de France avait obtenu le soutien des Régions Occitanie et Sud. L’offre a été présentée aux salariés. La relance de l’activité de cette entreprise survient après le désengagement de son actionnaire indonésien. « C’est la seule offre, a réagi Laurent Quinto, délégué CGT. Alors il faut y aller ! » Avec un bémol : « Ce plan de reprise doit permettre de redémarrer l’activité avec une trésorerie saine et retrouver un investisseur pour appuyer la relance. Il faut que, d’ici le 17 juin, l’état prenne une décision sur l’augmentation du prix de rachat du kWh sur lequel repose ce plan. » Jeudi, l’intersyndicale en appelé au Premier ministre pour maintenir l’ensemble de la filière bois.

  • Deux ans d’inéligibilité pour le suppléant d’un député RN de Plan-de-Cuques

    Deux ans d’inéligibilité pour le suppléant d’un député RN de Plan-de-Cuques

    Suppléant et attaché parlementaire du député RN José Gonzalez, Stéphane Simond a été reconnu ce lundi matin coupable de complicité et usage de faux et de tentative d’inscription indue sur les listes électorales. Habitant à Allauch, celui-ci avait fait réaliser une fausse attestation d’hébergement pour pouvoir se présenter comme tête de liste RN à Plan-de-Cuques où il a été réélu au conseil municipal (notre édition du 03/06). « C’est bien lui qui a demandé d’établir un faux en novembre 2025 pour demander une inscription sur les listes électorales », a pointé le juge qui l’a condamné à trois mois de prison avec sursis, une amende de 1 500 euros et surtout deux ans d’inéligibilité. « C’est un élu de la République qui a mis en danger la sincérité du vote », insistait le juge.

    5 000 euros pour

    la commune

    L’ami qui lui a signé l’attestation, Jean-Marc Gigante, écope lui d’une amende de 1 500 euros dont 1 000 euros avec sursis, et d’un an d’inéligibilité, reconnu coupable de faux et de complicité de tentative d’inscription frauduleuse sur les listes électorales. « Même si vous n’aviez pas conscience du risque, l’élément intentionnel est présent », expliquait le juge, en ironisant : « Il est peu crédible que Stéphane Simond vous demande de faire un faux document sans vous dire pourquoi. » Ils devront tous deux verser solidairement 5 000 euros à la commune pour son préjudice matériel.

  • [Entretien] Laurence Blisson, Syndicat de la magistrature : « Un phénomène systémique entretenu par le manque de moyens »

    [Entretien] Laurence Blisson, Syndicat de la magistrature : « Un phénomène systémique entretenu par le manque de moyens »

    La Marseillaise : Dans l’affaire Lyhanna, le président de la République et le garde des Sceaux excluent tout manque de moyens. Est-ce entendable ?

    Laurence Blisson : Il y a une émotion évidente vis-à-vis de la famille. De manière générale, pour tout magistrat, voir se produire ce type d’acte, ce n’est jamais quelque chose d’anodin. L’idée, ce n’est pas d’empêcher une discussion. Mais entendre le président de la République soutenir qu’il ne peut pas y avoir de question de moyens, c’est sidérant par rapport à l’état médiocre des moyens judiciaires et policiers qui sont dédiés aux questions de protection de l’enfance. C’est méprisant pour tous les enquêteurs, les magistrats qui, au quotidien, passent leur temps à essayer de prioriser pour, justement, éviter ce type de situation. Les signalements répétés sur ce sujet témoignent de l’insuffisance structurelle et endémique des moyens que ce soit dans le champ de la prévention ou des enquêtes. Il y a un problème systémique de traitement des violences sexuelles, le syndicat le dénonce depuis plusieurs années.

    À Marseille, huit procureurs, deux attachés de justice et un assistant de justice sont dans le pôle « mineur famille » du parquet qui traite des affaires dans lesquelles les mineurs sont auteurs ou victimes ainsi que des procédures d’assistance éducative – donc de toute la protection de l’enfance –, des affaires de violences intrafamiliales, qu’elles soient sur le conjoint ou sur les enfants, etc. En 2025, le nombre de procédures traitées sur la seule partie des violences intrafamiliales est de 4 093. Cela équivaut donc à 511 procédures par procureur dans l’année et ce n’est vraiment qu’une infime partie de leurs contentieux. Prétendre qu’il n’y aurait pas de question de moyens c’est scandaleux du point de vue de la responsabilité que le pouvoir politique se donne.

    Gérald Darmanin presse les procureurs généraux de « reprendre l’intégralité des plaintes qui touchent les enfants », environ 70 000, avant le 14 juillet. Est-ce possible ?

    L.B. : C’est difficile de comprendre exactement ce dont il parle. S’agit-il de procédures qui seraient déjà enregistrées dans les tribunaux et pour lesquelles une réponse pénale ne serait pas encore donnée ou de procédures qui sont dans les commissariats ? L’activité pénale va s’arrêter pour faire cet état des lieux ? Et une fois que c’est fait, concrètement, il va se passer quoi ? Les procureurs priorisent quotidiennement ce type de situation, en se demandant quelle enquête doit aller le plus vite. S’il n’y a pas d’enquêteurs supplémentaires dans les brigades des mineurs, qu’est-ce qui va se passer pour ces 70 000 procédures ? Il y a une dimension de communication politique derrière tout ça. Cette enquête elle est en cours. La période de deuil des parents et des proches de cet enfant a à peine commencé. Dans cette précipitation à vouloir chercher le fautif, on oublie que le coupable, c’est la personne qui a tué cet enfant. Il y a une impasse de la pensée. C’est assez désespérant de voir une grande partie de la classe politique s’engouffrer dans cette voie. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais réfléchir à ce qui peut dysfonctionner ou sur comment on peut faire les choses différemment. Mais je crois que là, il y a une ouverture vers toute une série de propositions démagogiques.

    Dans un communiqué, votre syndicat déplore la priorisation des « opérations de communication de type Place nette », au détriment du reste ?

    L.B. : En ce qui concerne le tribunal judiciaire de Marseille, il y a évidemment une focalisation importante sur la question du trafic de stupéfiants. Lorsque Gérald Darmanin dit « ma circulaire de janvier 2025 n’a pas été appliquée », il oublie de dire que dans ce document il y a deux lignes sur la priorisation sur les violences faites aux enfants et deux pages sur la lutte contre le narcotrafic. Le réel que vivent les magistrats et notamment ceux du parquet, c’est un empilement de circulaires qui empilent des priorités sur des priorités. Il y a peut-être un affichage d’un discours politique dans ce contexte-là, mais il n’y a pas de réel souci d’organiser les choses pour véritablement prendre en charge ce type de procédures. Dans la région, il y a énormément d’enquêtes. Les moyens policiers mis dans les brigades de protection de la famille, dans les brigades des mineurs sont insuffisants et, a fortiori, quand on est sur une telle priorisation presque obsessionnelle sur la question du trafic de stupéfiants. Les derniers débats à l’Assemblée nationale ont porté sur le rodéo urbain, sur toutes ces infractions de voie publique qui sont l’obsession politique habituelle. Donc aujourd’hui, chercher à faire porter sur la seule institution judiciaire et policière la responsabilité d’un phénomène systémique entretenu par ce manque de moyens, c’est vraiment malhonnête.

  • Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Ils réclament justice pour toutes les Lyhanna

    Marseille

    Lundi soir, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de Justice pour rendre hommage à Lyhanna et dénoncer ce que beaucoup perçoivent comme une « impunité » face aux violences « à répétition ». Banderoles et panneaux : plusieurs structures telles que le Collectif enfantiste, Femmes solidaires ou Sud Éducation manifestent à l’unisson. Sur la place, les cris de « Justice pour Lyhanna ! » ont rythmé le rassemblement.

    « J’ai peur pour mes enfants », confie Rosanna pour qui ces actes ne sont « ni une erreur, ni un manque de moyens, c’est juste un manque de considération de la part des politiques actuels ». Élodie Boussarie, enseignante à Marseille et militante au syndicat Sud Éducation, partage, elle aussi, ce sentiment d’écœurement : « Je suis présente pour témoigner de ma colère envers le gouvernement qui détruit les services publics et qui aujourd’hui a l’air de s’offusquer qu’il y ait des dysfonctionnements au sein de l’Éducation nationale et de la Justice. » Cette enseignante souhaite que les financements de ces services soient optimisés afin de former tous les professionnels à ces sujets. Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille et déléguée à l’Éducation, rappelle que « nous sommes là pour Lyhanna, mais aussi pour toutes les Lyhanna. Car le sujet des violences sexistes et sexuelles est fondamental ». C’est pourquoi, « la Justice devrait se saisir rapidement des faits et instaurer une relation avec les autres corps de métiers, afin qu’une liste noire existe et que les personnes suspectées ne soient pas réembauchées dans d’autres établissements, au contact des enfants », avance l’adjointe au maire. « Ce n’est pas l’histoire d’un homme mais bien celle d’une société qui peine à écouter ses enfants », rappelle la représentante de Sud éducation lors de sa prise de parole.

    Aix-en-Provence

    Colère dans la foule. « Il aura fallu quoi, qu’une petite meure, dans des conditions que j’imagine atroces, pour qu’on réalise que ce gars-là était dangereux. Il faut que nos enfants meurent ? » s’indigne Laura. Cette mère de deux enfants, belle-mère de deux autres, vient faire entendre sa colère, comme les centaines d’autres personnes rassemblées sur le parvis du palais de Justice. L’appel a été lancé par l’association Mouv’Enfants. Ils sont pères, mères, sœurs, grands-parents. « Je suis contente de voir qu’il y a des hommes ce soir. J’avais peur que le combat ne soit que féminin. Ça manquait cruellement. » Pendant près d’une heure, la foule compacte s’est rassemblée pour rendre hommage à Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé à Fleurance, dans le Gers. Son assassin présumé, est désormais visé par neuf affaires. De quoi cristalliser l’indignation de la foule. « C’est à se demander pourquoi il faut autant de cas de plaintes. Pourquoi la justice ne met rien en action ? Ce n’est pas possible de ne pas protéger les enfants, qui sont l’avenir. On veut briser l’avenir ? » demande Julien. Pour Amandine, c’est une première manifestation, motivée par le « on n’en peut plus. Ma fille a 11 ans. Je n’ai pas besoin d’en dire plus ». À côté d’elle, Nelly regrette que la mobilisation ne soit pas plus forte. « Notre société n’a pas conscience de l’enjeu de protéger nos enfants. » La mobilisation, silencieuse, jusqu’à une minute de silence, a rapidement laissé place à l’indignation générale. « Darmanin, dehors ! », se lance la foule. Et entonne, en huant : « Victime, on te croit. Violeur, on te voit ! »

    Martigues

    « Pour celles qui prennent la plus lourde des peines, pour les victimes de ton système, je t’accuse et j’assume. » Les paroles de Suzanne entonnées par la chorale du collectif féministe l’Émeute rieuse prend tout son sens à Martigues ce lundi soir, où un féminicide a eu lieu quelques jours plus tôt.

    Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal. Plusieurs pancartes ont été réalisées pour l’occasion. Des politiques, comme « Lyhanna ne serait pas morte si la protection de l’enfance avait de vrais moyens », « protégez les enfants et les femmes, écoutez, subventionnez, formez, abritez… » ou plus confus, comme « l’inaction judiciaire tue », ou encore « justice complice ».

    « Ces horribles féminicides de Lyhanna nous ramènent toujours à la réalité de cette société patriarcale qui excuse les violences sexistes et sexuelles et ne protège pas ses enfants » recentre le conseiller départemental (PCF) Gérard Frau, arrivé en avance. « Je ne supporte pas que Macron et Darmanin disent que ce n’est pas une question de moyens. Mais forcément qu’il y a des erreurs quand les services publics sont pressurisés ! » tance l’élu, assurant que « la solution est de faire voter la loi-cadre portée par les associations féministes, réclamant 2,6 milliards d’euros pour des tribunaux dédiés et la formation des agents au contact ».

    Le maire (PCF) Gaby Charroux, venu avec son équipe municipale, demande cette « loi qui protège ». Mais aussi de « démarrer l’éducation des petits garçons dès la maternelle, le plus tôt possible, pour arrêter cette domination de l’homme sur la femme ».

    Avignon

    Un peu plus de 200 personnes étaient mobilisées ce lundi 8 juin devant le tribunal d’Avignon pour rendre hommage à Lyhanna.

    À l’ombre des remparts de la cité des Papes, les pancartes avec des messages de « ras-le-bol » ou « un enfant n’est jamais consentant » se mêlaient à d’autres plus provocatrices telles que « la justice est du côté des violeurs » ou « moins de Darmanin, plus de moyens ». C’est avec émotion que Sara et Darla, responsables du Collectif Enfantiste de Vaucluse, ont pris la parole conjointement pour dénoncer les « défaillances de la société » tout en pointant du doigt l’enceinte du tribunal. « L’enfant devrait représenter l’avenir. Nous refusons que l’émotion et l’action s’arrêtent là. Chaque enfant mérite protection et que son intégrité soit reconnue », poursuivent-elles. Ce, juste après que Muriel Trichet, du collectif féministe Nous Toutes 84, a tenu à préciser que les organisations présentes « sont contre la peine de mort » et que « les appels à tuer les gens ne seront pas acceptés ».

    Dans la foulée de ces prises de parole, les participants se sont empressés de traverser la route afin de se rassembler devant les portes du tribunal dans la fumée de quelques fumigènes. « Comment accepter un tel bide, un tel abandon. Il n’y a aucun mot pour décrire un tel deuil » pointe les responsables associatives. « Il faut vraiment que le gouvernement prenne compte l’ampleur de ce qu’il faut faire. Plus de 100 000 cas de violences sexuelles par an. Il faut qu’il s’en empare comme cela a été fait avec le terrorisme » pointe Julien Gélas, venu manifester avec ses enfants.

    Toulon

    « Lyhanna, où que tu sois on t’aime ! Tu n’es pas morte pour rien ! » Le cri du cœur de cette maman, saisie d’un admirable courage pour témoigner des violences subies par sa fille et qui attendent encore une réponse pénale trop longue à venir, embue les yeux des quelque 500 Toulonnais et Toulonnaises venus dire leur colère devant le tribunal judiciaire lundi soir. Ce sont aussi eux qui ont donné la force, dans un élan de solidarité trop rare en cette période de désunion, à celles et ceux qui ont, comme elle, dans un mégaphone, osé se libérer d’un fardeau si lourd à porter. « Car comme l’a dit le maire de Fleurance, ce n’est pas la goutte d’eau qui fait déborder le vase, mais celle qui le renverse ! », clame Marie Giudicelli, du collectif féministe toulonnais la Raje.

    Chacun avait une bonne raison d’être là. Sur le t-shirt de Maéva, il est écrit « 1 enfant sur 5 ». Comme l’effroyable proportion de victimes d’inceste, un crime qu’elle a elle-même subi. « Je me mobilise pour mes enfants comme pour les autres. » Flore, elle, n’est pas une habituée des rassemblements populaires. « Mais la vie se charge de savoir nous abandonner. Ma conscience m’a portée jusqu’ici », affirme-t-elle.

    Les couleurs politiques, elles, n’existaient plus. Pendant 1h30, le consensus les a effacées. Celui qui appelle à « exiger une justice qui a les moyens de faire son travail et une loi qui nous protège », s’époumone Marie Guidicelli. Car « ce que les responsables politiques appellent dysfonctionnement, c’est un système de domination patriarcale ! » Un système qui a laissé périr une victime de trop.

    Digne-les-Bains

    Près de 200 personnes se sont rassemblées lundi soir devant le tribunal de Digne pour exprimer leur soutien à la famille de Lyhanna et demander que le gouvernement prenne ses responsabilités et promulgue une loi intégrale sur les violences.

    La présidente de l’association des élues des Alpes-de-Haute-Provence s’est interrogée sur « comment détecter et venir au secours de ce système qui s’essouffle par manque de moyens financiers ». « Les dossiers sont mis dans des armoires, classés sans suite pendant que des enfants meurent et sont violés », a déploré Audrey, professeure.

    « Nous n’acceptons plus que les noms de ces enfants deviennent de simples faits divers et que l’on oublie jusqu’au prénom suivant. Nous refusons le cycle de larmes, de déclarations et d’inaction », a lancé Philippe Bekalarek, militant venu de Château-Arnoux-Saint-Auban. « Combien d’enfants ont souffert pendant que les adultes détournaient le regard ? », s’est-il interrogé, exigeant « des peines réellement exécutées » et « un suivi strict des délinquants sexuels ». « L’État doit agir avant le drame et pas après les obsèques », a-t-il conclu.

    Plusieurs élus de Digne et de Sisteron étaient présents. Interrogé par une manifestante à ce sujet, le maire de Digne a répondu que la ville avait conventionné avec l’association les Papillons pour prévenir les violences sur les enfants.