Tag: Carole Delga

  • Carole Delga lance les travaux dans les lycées et un outil d’échanges

    Carole Delga lance les travaux dans les lycées et un outil d’échanges

    Compte tenu de la liste des revendications, il y a fort à parier que les mesures annoncées jeudi 29 octobre par Carole Delga (PS) ne suffiront pas à contenter les lycéens. Mais tandis que le gouvernement est longtemps resté muet avant de concéder de timides mesures, la démarche de la présidente de Région a le mérite d’exister dans un contexte budgétaire contraint.

    Premièrement, l’enveloppe exceptionnelle de 10 millions d’euros supplémentaires afin de mieux prémunir les lycées d’Occitanie des effets du réchauffement climatique est confirmée. D’ici le mois de mai 2027, vont être réalisés des travaux visant à limiter les fortes chaleurs, en priorité dans les salles d’examen et ailleurs quand c’est possible. Vont être installés des brise-soleil, des films de peinture sur les vitres, des brasseurs d’air et quand c’est la seule solution viable : la climatisation. Hors « demandes exagérées », les travaux les plus utiles vont être lancés en « procédure d’urgence ». « On a fait une demande d’accélération auprès des architectes de France, certaines façades étant classées monuments historiques ou dans le périmètre classé », précise Carole Delga.

    Cette rallonge qui s’ajoute aux 200 millions d’euros investis dans les 226 lycées d’Occitanie, la présidente de Région l’a décidée suite aux rencontres des élus régionaux avec les chefs d’établissement et des lycéens depuis la canicule précoce du mois de mai. « 20% de hausse du nombre de jours de canicule, on n’avait jamais vu ça », rappelle la présidente socialiste.

    Un outil accessible aux lycéens par ordinateur

    De ces échanges est aussi apparu le constat que l’information avait parfois du mal à circuler. « Les lycéens manquent d’information et nos services n’ont pas été informés de certaines situations », concède Carole Delga. Voilà pourquoi sur le modèle de l’outil « Direct-Région » créé il y a peu pour fluidifier les relations avec les maires, la Région Occitanie annonce lancer la plateforme « Direct-lycées ». Accessible depuis l’Ordinateur portable offert gratuitement aux lycéens, l’outil numérique va permettre aux lycéens de faire des demandes via un formulaire. Et aussi à la Région de mieux communiquer sur ses actions concrètes dans les lycées. « Je ne considère pas les lycéens comme des enfants mais comme des adultes en devenir, des citoyens éclairés. Cet outil leur permettra de donner leur avis, d’être écoutés », résume la présidente. Jusqu’à la fin de l’année, 28 lycées tests (2 par départements sauf l’Hérault et la Haute-Garonne où ce sera 3 chacun) vont expérimenter « Direct lycées ». En janvier ou février 2027, le dispositif devrait être généralisé. La Région espère ainsi une « meilleure réactivité ». Pour l’heure, Carole Delga ne cache pas sa déception suite aux premières réponses « déconnectées » du gouvernement. « Il a été annoncé 1 000 places de plus dans la santé mais la présidente des Régions de France que je suis n’a toujours pas été contactée. J’imagine que ce sont des places d’infirmiers, de soignants, de médecins mais on n’en sait pas plus », s’étonne-t-elle. Quant à la grande mesure du prêt bonifié pour les Régions, la présidente manque de s’étrangler. « Avec des taux d’intérêt à 5%, ce n’est pas un acte de bonne gestion que de s’endetter en 2026 comme avant. »

    Plutôt que de l’argent à rembourser qui va grossir la dette, l’élue socialiste aurait préféré que l’État stoppe l’hémorragie qui a vu les Régions amputées de 1,7 milliard d’euros de dotations sur les deux dernières années. « Notre budget 2026 fait 3,5 milliards d’euros, il devrait être à 4. Si en 2027 et 2028 on nous enlève encore 100 millions d’euros, on va avoir une équation budgétaire intenable. »

  • À Montpellier, Michaël Delafosse appelle à l’unité contre ce « racisme qui tue »

    À Montpellier, Michaël Delafosse appelle à l’unité contre ce « racisme qui tue »

    Ne laissons pas les ténèbres s’emparer de ce beau pays. Soyons unis pour combattre le racisme et l’antisémitisme. » Trois jours après l’attentat terroriste de Trappes qualifié de « raciste » par le Parquet, qui a coûté la vie à un jeune de 26 ans (Pengo Bossio Wangi) et blessé grièvement 5 personnes dont une fillette de 12 ans, c’est la gorge nouée que Michaël Delafosse s’est exprimé, lundi 26 octobre à midi.

    Devant plus de 200 citoyens, élus, associatifs… réunis pour cet appel républicain sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Montpellier, le maire socialiste a dit son ras-le-bol de cette violence, cette haine raciste qui se déchaîne trop souvent. « Hier tué car professeur enseignant la laïcité, ou citoyen parce que juif. Aujourd’hui parce que de couleur noire », a d’abord listé M. Delafosse en hommage aux précédentes victimes de la barbarie. « L’indignation, la colère, ne peuvent être sélectives. Nos silences peuvent devenir complices », insiste l’édile selon qui ne pas organiser ce rassemblement eut été « une faute ». Une marche de Plan Cabane jusqu’à la Comédie suivra le soir même en réunissant 2 000 personnes.

    Que des citoyens puissent être tués pour ce qu’ils sont est un « crime contre ce qui fonde la France ». De son côté, la présidente de Région, Carole Delga (PS), a dit son indignation. « Cette attaque a une origine et il faut la nommer. Elle s’inscrit dans un climat xénophobe que l’ultra droite et l’extrême droite entretiennent depuis des années, jour après jour, dans le débat public (…). Nous refusons que la peur de l’autre devienne un programme politique. »

    Inéligibilité réclamée

    En attendant que la qualification pénale de la tuerie de sang-froid soit établie, M. Delafosse avait lui aussi un message à faire passer. « Le racisme a tué, il tue. La parole raciste s’est trop libérée, scandaleusement propagée. Des chaînes d’info en continu laissent cours à des propos débridés qui arment les esprits. » Et le président de la Métropole de rappeler : « Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. »

    Voilà pourquoi il souhaite que change la loi. « Quelqu’un condamné pour racisme doit être inéligible. » Quant au possible motif psychiatrique que pourrait faire valoir le suspect arrêté, là encore M. Delafosse affiche son désaccord avec la règle actuelle. « Je crois qu’on ne peut se soustraire à la justice des hommes. Si quelqu’un a des problèmes psychiatriques, c’est à un jury populaire d’apprécier ce motif », dira-t-il.

    Le 26 octobre, d’autres rassemblements républicains se sont tenus à Nîmes ou Béziers à l’appel de syndicats, assos et partis politiques de gauche.

  • En Occitanie, Michaël Delafosse et Carole Delga appellent l’Etat à se réengager

    En Occitanie, Michaël Delafosse et Carole Delga appellent l’Etat à se réengager

    Trente-trois millions et cinq cent mille euros. En l’état actuel du projet de loi de finances 2027, voici le montant de la perte de dotations de l’État qui guette la Métropole (27,25M) et la Ville de Montpellier (6,3M). Du côté des Départements et de la Région Occitanie, pas encore de chiffre officiel. Mais l’ardoise serait encore plus salée étant donné que l’État a prévu de faire les poches des Départements et des Régions pour 1 milliard d’euros de plus chacun. « Pour l’Occitanie, ce devrait être entre 100 et 200 millions en moins. Soit l’équivalent de deux années consécutives de rénovation de nos lycées », illustre le vice-président régional, Kamel Chibli (PS).

    Face à cette nouvelle cure d’austérité qui s’ajoute aux baisses drastiques de ces dernières années (moins 800 millions pour la Région en 10 ans), Michaël Delafosse et Carole Delga ne restent pas silencieux. Le maire de Montpellier s’est fendu d’un courrier au gouvernement et aux parlementaires. Il leur demande un amendement correctif. « Montpellier a la dotation globale de fonctionnement (DGF) la plus faible de France rapportée à son nombre d’habitants », pointe M. Delafosse (PS). Sans renoncer à son « bouclier social » (transports gratuits, mutuelle communale, tarifs réduits à la cantine…), il s’inquiète pour le calendrier de certains projets. Rappelant que les collectivités produisent 70% de l’investissement public et qu’il ne souhaite pas toucher aux taux d’imposition, l’édile PS prend les devants. « Il va falloir phaser nos investissements, prioriser nos choix. J’espère qu’on sera entendus sinon on va réduire mécaniquement nos investissements. »

    Du côté de la Région Occitanie qui ne dispose plus qu’aucun levier fiscal et a été durement mise à contribution depuis deux ans, la coupe est pleine. « Si on nous ponctionne encore l’an prochain, je ne vois pas comment on va pouvoir répondre aux défis du changement climatique, avec l’effet ciseau de la croissance démographique », redoute Kamel Chibli.

    Carole Delga promet que l’éducation restera la priorité numéro 1 de la Région qui investit dans ses lycées (dont 75% ont été rénovés) 10 euros de plus par habitant comparé à la moyenne. Toutefois, la présidente socialiste s’inquiète, elle aussi, du « désengagement de l’État », au point de lancer, le 15 octobre, un appel à la mobilisation pour sauver l’apprentissage et la formation professionnelle. En un an, ses recettes pour l’apprentissage ont chuté de 88% (15,2M à 1,88M). Avec pour conséquence une menace sur 10 000 places de formation et 4 000 apprentis avec 200 à 250 sessions de formations qui pourraient fermer ainsi que 58% de filières CFA. Avec la suppression de ces crédits pour l’emploi, l’Occitanie estime subir une perte d’environ 100 millions d’euros au moment où « le chômage remonte, que les mutations économiques accélèrent les besoins de reconversion et que les entreprises peinent à recruter ».

  • 800 000 euros de la Région Occitanie pour soutenir les chalutiers

    800 000 euros de la Région Occitanie pour soutenir les chalutiers

    « Je connais les difficultés que vous traversez et je mesure votre inquiétude face au manque de visibilité sur votre avenir. Entre le prix du carburant, les contraintes réglementaires, la raréfaction de certaines ressources et les conséquences du changement climatique, c’est tout un secteur qui est aujourd’hui fragilisé », a déclaré la présidente de Région Carole Delga le 13 octobre, à l’occasion d’une rencontre organisée « avec une large représentation régionale de pêcheurs pour échanger sur leurs difficultés et construire avec eux des réponses concrètes ».

    En septembre, les pêcheurs de Méditerranée ont mené un mouvement de grève d’ampleur et bloqué plusieurs ports et dépôts pétroliers pour protester, notamment, contre la flambée du prix du gazole et les contraintes réglementaires. Face à ces difficultés immédiates, la Région a décidé de mobiliser « une nouvelle enveloppe d’urgence de 800 000 euros pour soutenir la flottille chalutière », indique la présidente socialiste. Répartie entre les navires « proportionnellement au nombre d’équivalents temps plein (ETP) à bord », cette aide sera soumise au vote des élus régionaux en novembre, « pour une mise en œuvre dès cette année ». Désireuse de « porter l’enveloppe totale de cette aide à 1,2M d’euros », la Région « sollicitera à ce titre les autres collectivités du littoral afin qu’elles contribuent à cet effort collectif pour maintenir l’emploi à bord des navires ».

    Un plan de résilience

    pour préparer l’avenir

    Cette annonce s’ajoute à une aide « exceptionnelle » de 500 000 euros débloquée par la Région et les collectivités partenaires à destination des pêcheurs en étangs, « particulièrement touchés par les effets de la canicule marine ». La Région a par ailleurs également prévu de renforcer les indemnités d’arrêt temporaire des chalutiers en 2027, en allouant 1M€d’euros de fonds européens FEAMPA, gérés par la collectivité. « Les aides pourront ainsi être bonifiées de 30% », assure-t-elle.

    Au-delà de ces mesures d’urgence, la Région prépare « un plan de résilience de la pêche en Occitanie », qui sera soumis au vote le 19 novembre. Il doit notamment soutenir la transition énergétique des navires, réduire leur consommation de carburant, accompagner la restructuration des criées et renforcer les connaissances scientifiques sur les écosystèmes et le changement climatique. La valorisation des produits de la pêche régionale et le renouvellement des générations sont également annoncés comme des priorités.

  • Face à la vie chère, des collectivités « bouclier » en Occitanie

    Face à la vie chère, des collectivités « bouclier » en Occitanie

    À la caisse du supermarché, les maires ne peuvent pas faire baisser l’addition. Mais sur celle de la cantine, du bus ou de la médiathèque, ils peuvent agir. Face à la vie chère et à l’austérité, les collectivités tentent d’alléger les dépenses contraintes. Une autre manière de défendre le pouvoir d’achat, sans avoir la main sur les salaires.

    À Montpellier, Michaël Delafosse a baptisé cette politique « bouclier social ». Depuis décembre 2023, tramways et bus sont gratuits pour les habitants de la métropole, munis du Pass gratuité. Une frontière tarifaire demeure : les non-résidents continuent de payer. Côté alimentation, à la cantine, les repas coûtent 50 centimes pour certaines familles en grande précarité. Plus original : une Caisse alimentaire commune, soutenue par les pouvoirs publics, réunit 600 foyers qui cotisent selon leurs moyens et reçoivent chaque mois de 100 à 220 euros en monnaie alimentaire à dépenser dans des commerces conventionnés. Le CCAS propose aussi des paniers de légumes à 3 ou 5 euros. Enfin, dans 14 communes, les 15 premiers mètres cubes d’eau sont gratuits pour les abonnés disposant d’un compteur individuel. S’y ajoutent une mutuelle communale et, pour les locataires montpelliérains, l’encadrement des loyers. L’enjeu est de rendre ces dispositifs accessibles sans multiplier les démarches pour les familles.

    À Nîmes, la nouvelle majorité de Vincent Bouget a avancé ses premières mesures dès la rentrée, et a distribué des kits de fournitures scolaires aux élèves du CP au CM2, avec une dotation portée à 60 euros par enfant. Depuis le 1er septembre, les bibliothèques sont gratuites pour tous : près de 1 000 inscriptions ont été enregistrées à la mi-septembre, trois fois plus qu’un an auparavant à la même période. La Ville a également consacré 100 000 euros aux vacances de plus de 1 000 jeunes. Une mutuelle municipale reste à l’étude et un centre de santé est annoncé au Mas de Mingue en 2027.

    Le prix de la gratuité

    Les Départements disposent aussi de leviers. Le Gard plafonne à 3,50 euros le repas dans ses collèges publics. Dans l’Hérault, les aides permettent à certaines familles de payer un euro ; le Département soutient également deux épiceries solidaires itinérantes et met en avant la distribution de 16 tonnes de produits frais et la transformation d’invendus en 20 000 bocaux. La Région revendique, elle, 74 millions d’euros pour la rentrée des lycéens : ordinateurs, manuels, premiers équipements et transports scolaires gratuits pour les ayants droit. Carole Delga assure vouloir « protéger plutôt que de laisser faire ».

    Reste la question de la facture. À Montpellier, la Métropole a relevé en 2026 son taux de taxe foncière sur le bâti de 0,16% à 5,8%. « L’impôt n’est jamais agréable, mais c’est ce qui finance le commun et la qualité de vie », défend Michaël Delafosse. Des choix de redistribution, donc, mais des boucliers inégaux selon les territoires et les publics. Et aucun tarif social, aussi utile soit-il, ne remplace une hausse des salaires ou des pensions.

  • À Nîmes, les lycéens bloquent pour leur avenir

    À Nîmes, les lycéens bloquent pour leur avenir

    Eh, les gars, on lâche rien ! » Le cri fuse devant les grilles du lycée Alphonse-Daudet. Ce mardi 6 octobre, il est à peine 8 heures et le boulevard Victor-Hugo a des allures de cour de récréation insurgée. Une centaine de lycéens occupent les abords de l’établissement. Pancartes brandies, slogans repris en chœur, un barrage filtrant tient lieu de blocus. « T’as pas cours, toi ? », lance un garçon à son camarade. « Si justement, mais aujourd’hui c’est à nous de tout leur apprendre ! » Éclats de rire. Sous le regard de la police, l’ambiance est bon enfant : « On veut le bac, pas la BAC », ironisent les lycéens. La détermination, elle, ne faiblit pas.

    Après une semaine de blocages et d’interpellations dans les lycées nîmois, les jeunes entendent reprendre la main sur leur mouvement. « On nous fait passer pour des casseurs, mais vous croyez qu’on se lève à 6h pour venir regarder des poubelles ? », s’agace une élève. « On voudrait juste être écoutés pour une fois. » Dans la foule, une pancarte résume l’état d’esprit : « Dans la rue aujourd’hui pour ne pas y être demain. »

    L’école de la désillusion

    Car derrière la colère, il y a du concret. Les salles transformées en fournaises l’été, les plafonds qui s’effritent, les enseignants absents et jamais remplacés. « Au dernier étage, l’été, c’est un sauna. On n’est pas là pour transpirer, on est là pour apprendre ! », ironise un lycéen. Sa voisine enchaîne : « Et après on vient nous parler de nos téléphones comme si c’était le problème numéro un. C’est du foutage de gueule ! » « Et encore, nous, à Daudet, on est plutôt bien lotis, faut être honnête », reconnaît un lycéen. « Allez voir dans les lycées des quartiers populaires, à Mistral ou Darboux. Là-bas, c’est encore pire. On se bat aussi pour eux. »

    Sans oublier Parcoursup, cette machine à sélectionner qui cristallise les angoisses. « On nous répète de travailler pour réussir. Mais même avec de bonnes notes, t’es pas sûr d’avoir une place après le bac. On fait comment, nous ? » À 17 ans, l’avenir a déjà un goût d’incertitude. « On ne demande pas la lune. Juste des profs, des classes correctes et une chance de s’en sortir. »

    La veille, Carole Delga est venue rencontrer une délégation de lycéens à Philippe-Lamour. La présidente de Région a évoqué les travaux à engager contre la chaleur, sans annonce nouvelle. « C’est bien de discuter, mais nous, on veut du concret », résume un garçon.

    Les heures passent. Des élèves d’autres établissements convergent vers Daudet, les chants reprennent de plus belle. Direction le Carré d’art, où quelque 1 500 manifestants se retrouveront à 14h avant de gagner la préfecture, aux côtés des enseignants et des syndicats. « Bon, on y va ? », lance une voix. Les sacs remontent sur les épaules. Ce 6 octobre, les lycéens ont choisi leur salle de classe : la rue. Et leur leçon du jour ressemble furieusement à un cours de lutte sociale.

  • Occitanie : le mouvement social prend un coup de jeune

    Occitanie : le mouvement social prend un coup de jeune

    Le mouvement lycéen, parti de région parisienne il y a près de trois semaines, est désormais massif, actif et déterminé dans tous les territoires de la métropole et en outremer. Dans l’Hérault et le Gard, la quasi-totalité des lycées publics, généraux mais aussi professionnels, est dans l’action pour exiger de bonnes conditions de travail, autant matérielles qu’éducatives.

    La maturité des lycéens, dont l’écrasante majorité sont des mineurs, est un motif de fierté pour leurs aînés. Si parents, professeurs ont décidé de les encadrer et de les protéger face à la répression ahurissante du gouvernement, le mouvement lycéen reçoit aussi le soutien et la participation des syndicats de salariés, au-delà de la seule communauté éducative. Ainsi, le syndicat CGT de l’Hérault de l’action sociale précisait, le 6 octobre dans un communiqué que « les revendications lycéennes, plus que légitimes, rejoignent les [leurs] », dont « un budget de l’Éducation nationale à la hauteur des besoins des élèves et des personnels de l’Éducation nationale, pour une augmentation des salaires, des embauches et des conditions de travail décentes dans le secteur social et médico-social ».

    Cette « convergence » entre lycéens et syndicats de salariés s’illustre aussi dans le Gard où les unions locales CGT, FSU et FO ont signé un appel commun de soutien aux adolescents en lutte et appelé à manifester le 6 octobre. « Lors du rassemblement du 29 septembre [journée de grèves et de manifestations dans la fonction publique] nous avons donné la parole à des jeunes mobilisés. Nous leur avons proposé notre solidarité et notre soutien tout en réaffirmant un principe essentiel : leur mobilisation leur appartient et nous ne déciderons jamais à leur place », précisent les trois unions locales. Ce jeudi 8 octobre, un nouvel acte de la mobilisation lycéenne a agrégé une nouvelle fois les syndicats de l’éducation nationale et de salariés.

    Les élus locaux d’Occitanie s’engagent également. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a exprimé son soutien lors du conseil municipal, le 6 octobre : « La casse, la destruction de biens, n’est jamais la solution et doit être condamnée. Mais la violence contre la jeunesse ne peut pas être la réponse. La réponse doit être le dialogue, l’esprit de responsabilité. Nous sommes ouverts pour dialoguer. Si les lycéens souhaitent des lieux pour s’exprimer, ils seront grands ouverts. Les jeunes veulent que leurs profs soient remplacés, que l’épreuve au Bac et les emplois du temps soient lisibles, cohérents. Ils veulent sortir de l’angoisse de Parcoursup », résume l’élu, lui-même professeur d’histoire-géo. « Je tenais à faire part de mon soutien. On ne peut pas être dans une surenchère de violence et de réponses anormales », a déclaré le maire socialiste. La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), a tenu aussi à « [s]’adresser directement aux lycéennes et aux lycéens. Votre colère, je l’entends. Vous avez raison de vous mobiliser, de demander de meilleures conditions d’études, des professeurs remplacés, davantage de moyens pour préparer votre avenir. Je sais votre inquiétude de voir les inégalités se creuser et votre sentiment de ne pas être assez écoutés ». Elle était d’ailleurs aux côtés du maire communiste de Nîmes Vincent Bouget cette semaine (lire aussi p. 7).

    Pour tous les partis de gauche, LFI, PS, EELV, NPA, PCF, il s’agit d’être aux côtés de la jeunesse dans ce mouvement à bien des égards historique. « C’est une génération entière qui aujourd’hui exprime sa colère, sa volonté de trouver dans la société la place qui lui revient. Ils et elles méritent des réponses à la hauteur de leurs attentes, de leurs espoirs et non des fins de non-recevoir quand ce n’est pas la répression et la violence policière », souligne Jacques Chabalier, secrétaire de la section de Nîmes du PCF. Pour la fédération du PCF de l’Hérault, dont la secrétaire générale est aussi élue de Montpellier, Clara Gimenez, « d’autres choix sont possibles » et « la baisse démographique (…) doit permettre de diminuer réellement le nombre d’élèves par classe, de recruter les enseignants et les personnels nécessaires et de donner davantage de temps à chacun pour apprendre et réussir ». Une visée exclue par les macronistes.

  • La maintenance des TER sur de bons rails ?

    La maintenance des TER sur de bons rails ?

    L’annonce, inattendue, a pris tout le monde de court. Tandis que la création d’un centre de maintenance des Trains express régionaux (TER) est à l’étude depuis des années en Occitanie, Carole Delga (PS) a tranché.

    Vendredi 16 septembre, la présidente de Région a dévoilé par communiqué le lieu du futur centre (qui sera raccordé à la ligne ferroviaire Colombiers-Maureilhan) que sa collectivité s’engage à construire et à financer à 100%, une première en France. Il s’agit d’un terrain appartenant à la Région situé sur la commune de Colombiers, au sud-ouest de Béziers. En complément des ateliers de Toulouse et Nîmes, « saturés », ou encore de Tarbes et Perpignan, ce futur centre accueillera, dès fin 2028 ou début 2029, les 18 nouvelles rames de TER liO Regio2N pour les opérations de maintenance lourde. « Nous souhaitons disposer d’un équipement performant et adapté à l’arrivée des Regio2N sur la ligne du littoral mais aussi anticiper l’augmentation du nombre de trains liO (…) », explique l’élue socialiste qui y voit la démonstration que « la transition vers des mobilités décarbonées appelle du courage politique, de l’innovation et un fort investissement ».

    Les rames accidentées sur le site du Capiscol ?

    Du côté de la CGT cheminots qui, via la Région, avait obtenu il y a quelques mois de la SNCF le lancement d’une étude de faisabilité pour le site du Capiscol à Béziers, on ne s’attendait pas à une telle annonce. « Face à la direction de la SNCF qui voulait tout mettre à Nîmes, on voulait un centre de maintenance à Béziers. Ce terrain de la Région près de Montady n’est pas le meilleur car on n’est pas en milieu ferroviaire et il s’agit d’une voie unique », regrette Éric Bringuier. Mais faute de grives, on mange des merles. Le secrétaire de la CGT cheminots tempère aussitôt. « Le choix d’implanter le centre entre Béziers et Narbonne, au milieu de la région, reste judicieux ».

    Le vice-président régional aux transports justifie l’implantation. « On a d’abord essuyé un refus du maire (DVD) de Narbonne. Notre terrain de Colombiers est constructible immédiatement car dérisqué, ce qui n’était pas le cas du site du Capiscol. Il y aurait eu des études environnementales à faire sur un an voire 18 mois. Et on ne passait pas dans le calendrier », explique Jean-Luc Gibelin (PCF).

    Il n’en reste pas moins que la CGT ne lâche pas l’affaire sur le Capiscol. « On va pousser pour en faire un centre de réparation pour les rames accidentées », rebondit Éric Bringuier, soulignant le potentiel en la matière. « Il n’en existe qu’un seul à Nevers, d’autres régions pourraient l’utiliser. À la SNCF de travailler au business plan. » Une option qui séduit la Région Occitanie. « Cela fait partie des accords de la convention TER. Et je partage l’idée que le site de Béziers est celui qui s’y prêterait le mieux », acquiesce Jean-Luc Gibelin. À une condition majeure : que l’État mette cette fois la main au portefeuille. « Ce n’est pas à la Région de payer en totalité, tels étaient nos accords dans la convention TER. »

    Dans l’attente d’un retour de la SNCF, une chose est acquise : à Colombiers, le centre de maintenance des TER emploiera entre 40 et 50 cheminots du bassin d’emploi de Béziers.

  • [Fibre Excellence] En Haute-Garonne, l’usine de Saint Gaudens est soutenue

    [Fibre Excellence] En Haute-Garonne, l’usine de Saint Gaudens est soutenue

    Les 270 salariés de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens ont remporté une première victoire, le 15 septembre, avec la décision du tribunal de commerce de Toulouse d’accorder trois mois d’activités supplémentaire.

    Dans un entretien à La Marseillaise, le 18 septembre, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS) affirme que les deux sites du seul producteur de pâte à papier en France, Tarascon et Saint-Gaudens, doivent être appréhendés de concert, même si le premier est désormais fermé : « J’ai défendu jusqu’au bout auprès du tribunal la solution des deux sites. Aujourd’hui je pense aux salariés de Tarascon qui ont perdu leur emploi. On ne les laissera pas tomber : pour garantir la sécurité du site, pour empêcher son démantèlement et proposer un nouveau projet avec la Région Sud. »

    Offre déposée d’ici le 22 octobre

    Pour Carole Delga, les trois mois supplémentaires obtenus pour l’usine de Saint-Gaudens, « sont une nouvelle bataille gagnée pour l’avenir de Fibre Excellence ». La décision du tribunal de commerce de Toulouse a été rendue possible par les financements mobilisés par la Région (3,5 millions d’euros), qui a également obtenu l’engagement de l’État (2 millions d’euros), pour assurer la continuité de l’activité jusqu’en décembre. Une nouvelle offre devra être déposée d’ici le 22 octobre et sera examinée lors d’une audience début novembre. Dans l’intervalle, la Région poursuivra le travail engagé aux côtés des industriels. « Nous avons un projet solide, pérenne et rentable et les conditions sont aujourd’hui réunies pour avancer », précise Carole Delga. L’industriel alsacien, Soprema et un groupe portugais font partie du tour de table. Au total, la Région Occitanie mobilisera 13 millions d’euros et, à ce stade, le projet industriel de reprise se chiffre déjà à 90 millions d’euros. « Nous resterons aux côtés des industriels et des salariés jusqu’au bout pour assurer l’avenir du dernier producteur français de pâte à papier », insiste la présidente de la Région Occitanie. Un enjeu de souveraineté industrielle.

  • Un plan pour relancer Fibre Excellence

    Un plan pour relancer Fibre Excellence

    « Il y a un projet viable avec un investissement à hauteur de 30 millions d’euros pour le redémarrage car aujourd’hui l’outil est fonctionnel », défend François Batista, secrétaire général de l’UD CGT 13, sur le parking devant l’usine où une vingtaine de salariés et leurs syndicats CGT et FO étaient réunis en assemblée générale. « Mais il y a urgence à agir », insistent les salariés de plus en plus inquiets de voir chaque jour les employés de la société Realtec vider leur usine de toute sorte de matériels et convaincus que les liquidateurs « veulent rendre le site inutilisable ».

    Dans un 8e arrêté depuis début septembre, pris le 22 septembre, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski précisait bien que les mandataires devaient avoir quitté le terrain pour laisser l’Ademe prendre le relais sur la mise en sécurité du site au 1er octobre. En attendant, ces derniers accélèrent la cadence. Ce mercredi 23 septembre, c’est le piquet de grève des salariés qui a été dégagé, les réfrigérateurs jetés dans l’herbe à l’entrée du site, alors que des ex-salariés de Fibre Excellence continuent gracieusement à veiller au bon fonctionnement de l’outil industriel pour éviter tout accident. « Les câblages en cuivre, l’outillage, on assiste chaque jour à un nouveau pillage, alors que leur mission c’était d’enlever les produits dangereux et les 18 000 tonnes de bois », dénonce le secrétaire général de l’UD CGT 13, qui ne se privera pas de déposer une plainte pour le vol du matériel du CSE, a priori sans danger ni pour l’environnement, ni pour la population.

    Déterminés à défendre leur projet pour la viabilité du site et de toute la filière bois et papeterie, les deux syndicats CGT et FO faisaient le point avec une poignée d’ouvriers. « Là où les autres projets ont pataugé, c’est qu’ils étaient suspendus au prix du kwh, alors qu’on n’en a pas besoin », plaide le syndicaliste. « Le nouveau projet s’appuie sur la réduction des coûts des matières premières et la qualité de la pâte, détaille Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT Fibre Excellence, moins de matière première et plus de tonnage car on travaille sur la valorisation des déchets. » Adrian Arcangeli, délégué syndical FO Fibre Excellence, précise : « Nous nous nous intégrons dans la filière du recyclage et comme la loi impose aux marchands de barquettes de changer de produits, nous proposons du made in France. »

    Un silence institutionnel

    Les salariés sont abasourdis par le « silence institutionnel » autour de l’avenir de Fibre Excellence à Tarascon. A contrario de la présidente socialiste de la Région Occitanie, Carole Delga, qui s’est engagée financièrement et dans la recherche de repreneurs pour le site de Saint-Gaudens, le président (Ren.) Renaud Muselier de la région Sud montre peu d’empressement à se porter au secours de l’usine de Tarascon, certes située aux confins de Paca. Interpellé par les salariés sur son niveau d’engagement, « il ne nous a pas encore fixé de rendez-vous, mais la Région aurait un projet sur le site, qui ne serait pas de la production de pâte à papier. Et on sait que la position stratégique de l’usine intéresse les groupes logistiques », craint Jean-Michel Bulinge.

    Leur tendre l’oreille serait pourtant intéressant. Alors que le nombre d’usines de production de papier en Europe est passé de 296 unités de production en 1991 à 129 aujourd’hui, un seuil critique est atteint. De quoi aggraver la dépendance aux importations. Un abandon du site de Tarascon menacerait une capacité stratégique dans la filière bois-papeterie, soit la mise en danger de près de 5 000 salariés induits. La filière du recyclage bois représente également un gisement de valorisation des déchets qui alimente 71% de l’industrie papetière. Et à Tarascon, les 180 millions d’euros d’investissements auraient juste été un coup d’épée dans l’eau ?