Tag: Racisme

  • À Sisteron, l’opposition de gauche fait le bilan de six mois de mandat

    À Sisteron, l’opposition de gauche fait le bilan de six mois de mandat

    Trois élus du département ont raconté, mercredi soir, autour d’une table ronde organisée par le groupe d’opposition de gauche Demain Sisteron !, les difficultés rencontrées en tant que jeunes, nouveaux élus marqués à gauche dans un département rural, dominé par l’extrême droite.

    « Même si je suis né à Sisteron, avec mon nom et mon origine nord-africaine, ça ne plaît pas beaucoup », a regretté Farid Rahmoun, maire de Peipin, affirmant être « l’un des seuls maires d’origine étrangère du 04 et du 05 ». « Depuis petit, on me dit que je vais construire une mosquée, faire venir mes cousins et manger du couscous », a-t-il témoigné.

    Les trois élus ont abordé leur engagement dans la lutte contre l’extrême droite. « Notre rôle dans l’opposition est de surveiller les liens qui peuvent se créer entre les élus de la majorité et les élus d’extrême droite, et de lutter contre ce chemin qui se trace peu à peu entre le centre-droit, la droite et l’extrême droite, qui a l’air de plus en plus facile à emprunter », a avancé Zoé Lerouge, tête de la liste Demain Sisteron !, appelant également à « lutter contre la désinformation et tout ce qui circule et favorise les idées d’extrême droite ».

    Si les deux maires de Saint-Vincent-sur-Jabron et Peipin ne cachent pas leur engagement sur les questions sociales, ils ont présenté une liste « apolitique » pour les dernières élections municipales. « Le côté gauche, qui veut faire bouger les choses, n’est pas stratégique en contexte rural. Si je m’étais mis divers gauche, je n’avais aucune chance d’être élu », a avancé le maire de Saint-Vincent-sur-Jabron, Kerouan Le Roux (DVG, élu SE). « On sait très bien que nos villages ici votent beaucoup extrême droite », a abondé Farid Rahmoun.

    « On a pâti du fait qu’on ne nous connaissait pas, du fait de l’âge, de ne pas venir d’ici », a constaté Zoé Lerouge. « Les gens se méfient des jeunes », a abondé Kerouan Le Roux, qui était « face à une équipe qui se revendiquait d’ici » aux élections municipales. Les deux sont élus pour la première fois et Farid Rahmoun pour la première fois en tant que maire, après avoir été adjoint et conseiller municipal d’opposition.

    Le maire de Peipin a également défendu le fait de verser des indemnités à tous les élus de la majorité. « Mes 15 élus ont une indemnité. C’est du boulot, c’est normal. Si l’opposition s’investit, ils pourraient aussi être indemnisés », a-t-il affirmé.

  • La maison des communistes de Martigues à nouveau dégradée

    La maison des communistes de Martigues à nouveau dégradée

    « Chaque année, notre local est cible de tags et de dégradations » pointe la secrétaire de la section de Martigues du PCF, Laetitia Sabatier, dans un communiqué, mercredi.
    À nouveau, la maison des communistes et deux véhicules qui y étaient stationnés ont été recouverts de tags « je suis Israël » et « Dieu bénisse Israël », accompagnés de croix gammées, le jour du 7 octobre. « La croix gammée est le symbole du nazisme, de ses crimes et de la Shoah. L’afficher sur le local du parti dont les militants ont combattu le fascisme au prix de leur vie est une provocation », écrit la responsable. « La répétition témoigne du climat de haine et d’une extrême droite de plus en plus décomplexée, à Martigues comme ailleurs. Nous condamnons sans ambiguïté le racisme, l’antisémitisme et toute forme de haine. Nous refusons que le conflit au Proche-Orient serve de prétexte à des violences et des intimidations » conclut Laetitia Sabatier, indiquant avoir déposé plainte.

  • « Le RN est le FN un peu plus jeune et avec un autre visage »

    « Le RN est le FN un peu plus jeune et avec un autre visage »

    La Marseillaise : Quelle a été votre réaction aux révélations de Mediapart sur les propos tenus par Jordan Bardella ?

    Haïm Bendao : Je n’ai été ni surpris ni choqué, bien au contraire. On ne peut pas être à la tête d’un tel parti politique en balayant les idées fondatrices de ce parti. Ça devait sortir un jour ou l’autre. Ça me fait plaisir de pouvoir dire à ma communauté que je les avais prévenus. Le RN est le FN un peu plus jeune et avec un autre visage. On espère toujours que les gens changent mais malheureusement ce n’est pas le cas. Avoir ce genre d’idées à 17 ans, ça en dit long. Il y a quelque chose de profond, d’intellectuel, on n’est pas sur une erreur liée à la fougue de la jeunesse. Et vouloir adhérer, si jeune, à un parti qui était clairement affiché comme antisémite à l’époque, puis vouloir y rester et dire qu’on ne l’est pas… Pourquoi ne pas partir ailleurs dès le début alors ? Si l’on n’est pas antisémite, on claque la porte du RN et on change ses fréquentations. En parlant de fréquentations, je pense, par exemple, à un élu qui tenait une librairie négationniste. Au moins, Jean-Marie Le Pen assumait avec franchise ses idées antisémites, alors que là ils essayent de séduire. J’ai énormément de peine de voir des gens de ma communauté qui se sont alliés avec des gens de ce parti. Après le 7 octobre, avoir vu marcher une partie de ma communauté avec des élus du RN à la banderole, je me suis dit que c’était la fin. Pire, certains sont même entrés dans des synagogues… Je rappelle que le seul extrême permis dans le judaïsme, c’est de ne pas avoir d’orgueil.

    Justement, ce soutien à la communauté juive fait partie
    de la défense du RN…

    H.B. : Ils sont capables de tout pour arriver au pouvoir. Cela me rappelle l’affaire Cahuzac, qui était capable de mentir sans cligner des yeux. Avec le désespoir ce genre d’idées s’installe très rapidement dans beaucoup de foyers. C’est peut-être étonnant pour un rabbin de dire ça, mais beaucoup de gens cherchent une religion et une politique « pompières ». C’est-à-dire que dans la galère, une famille va écouter un Bardella, un rabbin ou un imam parce qu’il promet qu’il va régler tous les problèmes. C’est très messianique comme histoire. Malheureusement, le RN et Bardella ont embrigadé du monde et sont le messie de quelque chose. Mais comment peut-on être des personnes de religion qui connaissent le passé du RN et se dire qu’il va nous sortir de quelque chose ? Cela me fait penser qu’une fois, je faisais une conférence à l’église de Saint-Joseph, à la fin, un jeune est venu me tendre sa carte du RN. Je n’ai même pas compris sa démarche, d’autant que j’étais avec un prêtre et un imam. D’ailleurs certains de ma communauté les ont suivis… Il faut avoir en tête qu’au lendemain du 7 octobre, se rapprocher de la communauté a permis à certains de prendre des galons. Mais je condamne aussi une partie de l’extrême gauche qui parle du Hamas comme un mouvement de résistance et c’est tout aussi dangereux.

    Quel message délivrez-vous
    à quelques mois de l’élection présidentielle
     ?

    H.B. : Il faut prendre le temps de dialoguer et de discuter. Cela me rappelle une anecdote. Une fois j’étais dans le bus pour la Timone avec un Maghrébin, on discutait et je lui ai dit : « Si le RN monte au pouvoir, ça sera vous les premiers et nous les deuxièmes. Nous sommes des boucliers l’un pour l’autre ». Il faut réussir à trouver de la lumière dans toute cette obscurité. Cela fait 30 ans que je suis dans les quartiers Nord, et à force de semer on récolte. Comment se fait-il qu’il y ait un seul rabbin dans toute l’Europe qui prend le temps d’aller distribuer le pain le jeudi, d’aller le vendredi à la mosquée ? Je plaide pour un espace de dialogue avec les imams et les prêtres de terrain. Il faut que les jeunes des quartiers puissent s’identifier à un discours terre à terre mais de paix.

  • Dans le Sud, le troupeau des « brebis galeuses » du RN

    Dans le Sud, le troupeau des « brebis galeuses » du RN

    Les « brebis galeuses », le terme est surexploité par le Rassemblement national dès qu’il est question de justifier les prises de paroles, écrits de ses partisans et cadres à caractère raciste, antisémite, de haine envers les musulmans, la communauté LGBT+, l’IVG… et la liste est longue. Dans ce domaine, la Provence se distingue par son lot de personnages particulièrement haineux qui pourraient former à eux seuls un troupeau.

    Ainsi, Frédéric Boccaletti, pourrait en faire partie. Ancien membre d’Égalité et Réconciliation, mouvement d’Alain Soral, proche de Jean-Marie Le Pen, admirateur de Charles Maurras le désormais maire de Six-Fours a tenu dans les années 90 une librairie nommée Anthinéa à Toulon, ville voisine. Commerce dans lequel l’élu d’extrême droite vendait des ouvrages négationnistes et antisémites. Dans sa course victorieuse à la mairie, il a emporté Alain Trillat, compagnon de longue date. Désormais conseiller municipal, délégué aux cérémonies patriotiques, aux anciens combattants et correspondant défense, ce dernier avait été épinglé par Libération pour avoir republié sur Facebook des contenus à la gloire du maréchal Pétain.

    En mars dernier, La Marseillaise révélait que Lucas Conill, l’un des colistiers du candidat RN déchu à la mairie de Gardanne Bruno Priouret, s’affichait bras suffisamment tendu pour que l’on détecte un salut fasciste sur une photo publiée sur son propre compte Facebook. À Gap, la parole se joint aux gestes lorsque Yannick Magnier, candidat sur la liste lepéniste portée par Raphaël Leroux chante, dans une vidéo exhumée par Le Media et l’association Rec (Résistons ensemble contre la cyber-haine) : « la balade des sales rebeus », « les chambres à gaz c’était le bon temps » mais surtout « je suis un nazi », « heil Hitler ». Le parquet de Gap a ouvert une enquête à son encontre pour « provocation à la haine raciale », « injure publique en raison de l’origine » et « apologie de crime contre l’Humanité ».

    Que dire de l’élue d’opposition RN à la mairie d’Avignon Anne-Sophie Rigault, épinglée par le collectif No Pasaran pour avoir mené campagne avec des proches du groupuscule antisémite Amitié et Action française, scission du mouvement royaliste.

  • Drapeau confédéré : le Collectif aixois contre l’extrême droite s’insurge

    Drapeau confédéré : le Collectif aixois contre l’extrême droite s’insurge

    Symbole raciste et suprémaciste, une bannière confédérée a été déployée, samedi, lors de l’American day organisé par les associations Bikers 100 P et Hors Limites, à Simiane-Collongue. L’organisateur et le maire assument une simple « décoration » . Le Collectif Aixois contre les idées et les violences d’extrême droite a réagi dans un communiqué, mercredi : « L’exposer, c’est diffuser dans l’espace public le message que le racisme et le suprémacisme blanc relèvent d’un patrimoine culturel acceptable ». Le collectif ajoute : « Notre collectif s’étonne qu’aucun des élus présents n’ait jugé nécessaire de demander le retrait de cet emblème, ni de s’en désolidariser publiquement. Plus grave encore : le chef de la police municipale a posé devant ce drapeau, pour une photo que l’on peut voir sur le compte Facebook de l’élue déléguée à la Communication (…). » La structure demande notamment « que Philippe Ardhuin, maire de Simiane-Collongue, et Renaud Muselier, président de la Région, condamnent publiquement et sans ambiguïté le drapeau confédéré et ce qu’il représente, que le maire de la ville recadre le chef de la police municipale (…) ».

  • Les Correspondances de Manosque inaugurées sur fond de débat sur l’IA

    Les Correspondances de Manosque inaugurées sur fond de débat sur l’IA

    Mercredi, au moment de l’inauguration du festival littéraire des Correspondances de Manosque, l’opinion et le public étaient divisés entre choc et doutes concernant les accusations d’utilisation de l’intelligence artificielle visant Thélyson Orélien, auteur invité qui présentera son roman au public lors d’une rencontre ce jeudi. L’écrivain est accusé par un compte X d’avoir écrit cet ouvrage à l’aide de l’intelligence artificielle. Alors que le maire de Manosque Camille Galtier (DVD) évoquait cette polémique dans son discours inaugural mercredi soir, des voix s’exclamaient : « C’est faux ! » dans le public. Après s’être prêté à un exercice littéraire d’imagination du futur de la ville de Manosque et avoir évoqué la libération de l’écrivain Boualem Sansal, l’édile a lancé : « Cette histoire, je ne l’ai pas inventée, je n’ai pas eu besoin de l’intelligence artificielle. A priori, cela pose quelques soucis dans l’attribution des Prix Goncourt de cette année. » « Ce n’est pas totalement étonnant, puisque tout le monde utilise l’intelligence artificielle. Chacun sera à même de préférer l’imagination et la créativité humaine plutôt que l’intelligence d’un ordinateur », a-t-il estimé, interrogé après son discours.

    Le co-directeur du festival, Olivier Chaudenson, s’est lui gardé d’évoquer cette polémique liée à l’usage de l’intelligence artificielle pendant sa prise de parole sur scène. « C’est très difficile, parce que j’ai envie de croire que c’est Thélyson Orélien qui a écrit son livre, et je n’ai aucun moyen d’avoir un avis personnel et technique qui dirait le contraire. Je me mets à sa place : cela doit être quand même terriblement difficile de répondre à des accusations pareilles. Je suis triste qu’il ait à subir cela », a-t-il déclaré à La Marseillaise. « Soit on lui a fait un mauvais procès, et c’est triste et injuste ; soit il y a quelque chose et là ce serait vertigineux, parce que pour la première fois, l’IA aurait réussi à créer un bon texte de littérature lu comme tel par les lecteurs et les professionnels », a-t-il ajouté.

    « La campagne en ligne lancée contre Thélyson Orélien commence à prendre l’allure d’une chasse aux sorcières », s’apparentant à du « harcèlement », a défendu sur Facebook Dorcy Rugamba, metteur en scène qui sera sur scène aux côtés de l’auteur, ce jeudi lors de la rencontre organisée dans le cadre des Correspondances de Manosque.

    Un public « partagé »

    Dans le public, mercredi soir, Jeanne, retraitée venue d’Avignon pour le festival littéraire, se dit « choquée » par ces accusations, alors qu’elle a vu Thélyson Orélien à la Grande Librairie quelques jours auparavant. Selon elle, ces imputations pourraient s’apparenter à du « racisme ». « J’en ai marre d’entendre parler que de ça ! », lance de son côté Brigitte Dauberte, venue assister au festival, interrogée sur ces débats sur l’utilisation de l’intelligence artificielle. « Il ne faut pas que l’on se fasse complètement assister par l’IA, on n’a plus aucun esprit d’analyse », regrette-t-elle.

    Françoise, une animatrice d’ateliers d’écriture, se dit tiraillée par ces questions d’actualité. « J’ai été confrontée à cela : je suis dans des commissions où on me demande si je veux être formée pour apprendre à faire des comptes rendus générés par l’IA. Cela m’indispose beaucoup, cela crée des biais », a confié celle qui organise le Labo de l’édition, qui invite les lycéens à débattre autour de manuscrits dans le cadre des Correspondances. « Je suis très partagée, parce que j’avais entendu beaucoup de bien de cet auteur. »

    L’éditeur avec lequel elle travaille pour organiser ce Labo de l’édition, Benoît Verhille, se pose lui aussi des questions concernant ces accusations, dénonçant « une sale polémique ». « Il y a un vrai questionnement concernant l’utilisation de l’IA dans la création », constate-t-il, évoquant « une campagne de destruction massive » par l’intelligence artificielle dans la musique et le cinéma.

    « L’accès à la culture ne doit jamais dépendre de l’endroit où l’on habite. Les Correspondances répondent parfaitement à cette ambition », a par ailleurs lancé pendant son discours inaugural Alain Delsaux, conseiller départemental délégué à la culture.

  • Le drapeau confédéré déployé pour l’American day à Simiane-Collongue

    Le drapeau confédéré déployé pour l’American day à Simiane-Collongue

    Du cuir, des grosses cylindrées et des bannières étoilées. Les États-Unis étaient à l’honneur, ce samedi, sur le complexe sportif de Simiane-Collongue, à l’occasion de l’American day organisé par les associations Bikers 100 P et Hors Limites. Au menu de l’événement, run de motos caritatif sous les fumigènes, rassemblement de voitures américaines, défilés de pin-up, concerts. Et à l’entrée, devant les bolides garés, une immense bannière confédérée déployée.

    Le drapeau des sudistes pendant la guerre de Sécession états-unienne ne semble pas choquer : l’élue déléguée à la communication et aux commerces en partage les photos sur les réseaux sociaux au milieu des images de l’événement, qui a rassemblé plus de 700 personnes, selon les organisateurs. On y voit même le chef de la police municipale poser tout sourire devant, le véhicule sérigraphié garé auprès de la bannière rouge barrée de la croix bleue étoilée. Loin de la charge symbolique du drapeau.

    C’est que l’étendard du Sud esclavagiste puis ségrégationniste, encore brandi comme symbole d’indépendance face à Washington, est surtout une marque de ralliement des mouvements suprémacistes aux États-Unis aussi bien que dans le reste du monde. À tel point que l’État de Caroline du Sud l’a retiré de ses bâtiments en 2015 après la tuerie raciste de Charleston, le Mississippi en 2020 après les manifestations antiracistes qui ont suivi la mort de George Floyd, en même temps que l’armée états-unienne le bannissait de ses bases. « Cela peut choquer peut-être, reconnaît l’organisateur, Alain Courbet. Mais nous l’avons mis comme ça, nous n’avons pas fait le rapprochement ! Nous n’avons mis les drapeaux que pour décorer. » Et le motard de jurer : « Pour nous, il n’y avait aucune arrière-pensée, rien du tout ! »

    Le maire « pas choqué »

    Présent à l’événement, le maire (LR) de la commune, Philippe Ardhuin, relativise lui aussi le symbole. « Je l’ai aperçu, mais ça ne m’a pas du tout choqué, partage-t-il. Ce n’est ni du racisme, ni sécessionniste, cela fait partie de leur histoire. » Une identité partagée par les bikers, plus présents dans le Sud, qu’il réduit à une « décoration ». Et de tenter la comparaison : « C’est vieux d’un siècle et demi. Si vous avez une fleur de lys, cela ne veut pas forcément dire que vous êtes anti-républicains ou royaliste. »

    Motard revendiqué lui aussi, le président (Ren.) de Région et candidat aux sénatoriales, Renaud Muselier, était présent à l’événement. Mais promet qu’il n’a pas vu la bannière installée à l’entrée. « Ce symbole, associé à une histoire de racisme et de ségrégation, n’a évidemment pas sa place dans un tel événement, indique la collectivité. Il est à l’opposé des convictions de Renaud Muselier et des valeurs de fraternité, de liberté et de partage qui doivent prévaloir dans ce type de rassemblement. »

  • L’ombre de Loïk Le Priol sur les hauteurs du Mont Faron

    L’ombre de Loïk Le Priol sur les hauteurs du Mont Faron

    Les échos de l’assassinat de l’ex-international argentin de rugby Federico Martín Aramburú, dans la nuit du 18 au 19 mars 2022, résonnent jusqu’au Var. C’est dans les oliveraies du domaine familial de l’Octopus, à Draguignan, que l’auteur des coups de feu mortels, Loïk Le Priol, s’était reconverti après son passage par l’armée, avant de rejoindre l’entreprise de retape de Jeeps anciennes de son père.

    C’est dans une annexe de cette même propriété familiale qu’il s’était immédiatement réfugié après la mort du rugbyman, là même où la police a retrouvé un véritable arsenal. Au milieu de la trajectoire du militant identitaire, cet héritage familial s’est invité aux assises de Paris, ce vendredi, au cinquième jour du procès de l’assassinat de Federico Martín Aramburú.

    « Tout ça à cause d’un putain de match de rugby, défendait le père de l’assassin présumé, Denis Le Priol, 63 ans. C’est une connerie ! Une connerie d’ivrognes à 6 heures du matin ! » Ancien para, l’entrepreneur varois qui témoignait à la barre était déjà une personnalité connue. Passionné de véhicules anciens et particulièrement des jeeps états-uniennes, qui ont « chassé le nazisme », il avait participé à deux saisons de l’émission Vintage mecanic, sur RMC. Une passion transmise, avec le même goût des armes, à son fils qui apparaît en 2022 dans un clip du rappeur Ninho au volant d’un véhicule militaire loué à son père. La nuit du 18 au 19 mars 2022, c’est à bord d’une Jeep que Loïk Le Priol rattrape Federico Martín Aramburú.

    Pour son père, l’amour des vieux véhicules militaires, qui défilent dans les différentes reconstitutions historiques dans toute la France à l’occasion des cérémonies de commémoration, est très lucratif. Son ancienne société de surplus américain, dont il a quitté la présidence en 2022, réalisait l’année précédente un résultat net de 624 000 euros. De quoi lui permettre de racheter, en novembre 2024, l’emblématique fort du Grand Saint-Antoine, sur les hauteurs du Mont Faron, pour 990 000 euros, dix ans après une première cession par le ministère des Armées. « Le Grand Saint-Antoine est l’un des seuls forts français, si ce n’est le seul, à avoir été libéré par des Résistants », racontait-il dans les colonnes de Var Matin, le 2 mai dernier, avant une première réouverture au public des lieux où il envisage d’aménager un musée dédié à ces véhicules militaires qu’il collectionne, ainsi qu’aux différents casques. Il parlait alors de solliciter la municipalité.

    Il a pourtant évolué loin des valeurs de la Résistance. Selon Libération, l’ex-para a frayé avec la Fédération d’action nationale et européenne, groupuscule néonazi qui avait scissionné d’Occident en 1966, avant d’être dissous par décret en 1980.

    « Loïk, raciste ? »

    à la barre ce vendredi, Denis Le Priol se présente simplement comme « chrétien ». Mais il prend la défense de son fils, ancien commando de marine au « parcours militaire fabuleux » et dont il conteste tout passif gudard. « Loïk, raciste ? ça m’étonnerait ! On est partis en Afrique forer des puits. Il a toujours été ouvert aux autres », assurait-il. Selon son témoignage, le père, qui pratique encore le tir sportif, n’a jamais vu son fils équipé d’armes au quotidien, mais s’était alarmé de son évolution au retour du Sahel : « J’avais l’impression de voir un chien de gardiennage, toujours aux aguets. » Lui qui présentait les excuses de sa famille à celle du rugbyman assassiné, se défendant de prendre la défense de son fils, n’en assurait pas moins : « S’il ne s’était pas défendu, c’est peut-être lui qui y serait passé. » Selon l’autopsie, deux des balles mortelles ont été tirées dans le dos.

  • Police municipale : des propos racistes révélateurs du RN

    Police municipale : des propos racistes révélateurs du RN

    Ils roulent vite ces bougnoules (…) J’en peux plus, en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l’Afghan… ». Les propos racistes mais aussi misogynes, transphobes et complotistes de policiers municipaux de Carcassonne filmés à leur insu et dévoilés mardi 8 septembre par Midi Libre sont si abjects que le RN – dont est proche l’un des agents incriminés – s’est lui-même vu obligé de réagir.

    Christophe Barthès, le nouvel édile RN de Carcassonne, a qualifié les propos « d’inacceptables » et promis d’engager « des procédures et des sanctions (…) à la hauteur de la gravité des faits ». Lesquels remontent à novembre 2025, mais semblent, depuis son arrivée fin mars, avoir été portés à sa connaissance sans provoquer de réaction.

    Du côté du RN, pour lequel le principal auteur visé, un ex-militaire de 50 ans, était bénévole (notamment auprès de Jordan Bardella), il a été « immédiatement suspendu de ses fonctions de bénévoles auprès du service d’ordre du parti ». Une « procédure d’exclusion » a été engagée par le RN. « Ces gens-là sont des irresponsables dangereux. Ils jettent la suspicion sur l’ensemble du corps de la police municipale. C’est évidemment un cas isolé », tempère le maire RN de Perpignan, Louis Aliot.

    Pour beaucoup d’autres au contraire, ce scandale est révélateur. À la fois des maux dont souffre la police et du vrai visage du parti d’extrême droite. « Que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le RN ouvrent les yeux : rien n’a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme », a lancé sur X Manuel Bompard (LFI). La présidente PS de la Région Occitanie, Carole Delga, s’est dite sur X « écœurée par ces propos racistes, misogynes et ces appels à la violence de policiers municipaux de Carcassonne ». Elle a appelé à des sanctions.

    Du côté de SOS Racisme, qui a porté plainte et se constituera partie civile en cas de procès, « cette affaire grave montre une fois de plus la réalité crasse du racisme des individus qui gravitent autour du RN. Et l’absence de fermeté des élus face au racisme dans la police ». Le parquet de Carcassonne qui a fait suspendre les policiers, a fait savoir qu’une enquête est en cours depuis plusieurs mois. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé un contrôle de la police municipale de Carcassonne par l’Inspection générale de l’administration (IGA). En 2023, le même prétendait qu’« il n’y a pas de racisme dans la police »…

    En novembre 2025, une patrouille de 4 policiers municipaux avait filmé à son insu 6h de ses interventions. Sur la vidéo, s’enchaînent les tirades tantôt misogynes : « Le patriarche, c’est celui qui commande à la maison, celui qui bande et qui a les muscles (…). les connasses à l’époque dans les grottes, si elles n’étaient pas avec leur mec, elles se faisaient buter à l’extérieur ». Tantôt complotistes transphobes visant Brigitte Macron. Et systématiquement xénophobes, comme sur la guerre d’Algérie. « Et alors ? On a niqué des bougnoules, on a niqué des bougnoules ! Et eux, combien de soldats ils ont niqué ? (…) Après, où commence la torture ? ». Enfin des relents colonialistes sur les peuples africains. « Entre tribus, ils se vendaient, ces singes (…) Je crois que je commence à devenir raciste ». Un éclair de lucidité dans un océan de vomi.

  • L’ex-première adjointe du maire RN de Six-Fours-les-Plages se lâche

    L’ex-première adjointe du maire RN de Six-Fours-les-Plages se lâche

    L’élue aujourd’hui d’opposition, raconte comment elle a été contactée par le candidat RN, et comment elle a accepté, un peu naïvement, de s’engager pour « œuvrer pour sa commune et être utile ». Sur le fait que la proposition émane d’un personnage sulfureux, elle répond, un peu gênée : « Mes valeurs font que j’estime que tout le monde a droit à une seconde chance dans la vie, que tout le monde peut s’améliorer… » Et celui qui était alors député a soutenu son association. Et lui a même décerné la médaille de l’Assemblée récompensant son engagement.

    Mais le 13 août dernier, tout bascule. Convoquée pour un entretien, on lui demande de démissionner. « J’ai refusé : car pendant plus de quatre mois, j’ai exercé mes missions avec sincérité, énergie, engagement et loyauté envers l’équipe municipale et les habitants de Six-Fours », explique-t-elle. Ses délégations lui sont donc retirées, ce jour-là au motif de « divergences sur la conduite des affaires municipales ». « Je conteste vivement cela », affirme-t-elle, en précisant qu’aucun fait précis, ni grief circonstancié, ne lui ont été communiqué.

    « J’ai été trop naïve ! »

    Elle prend conscience alors tardivement que son nom, sa personne et son réseau ne sont plus maintenant d’aucune utilité au maire d’extrême droite qui est parvenu à rafler la mise en devançant son concurrent de quelques voix à peine. Ce dernier entend bien maintenant avoir les coudées franches pour mener sa politique sans s’encombrer d’une personnalité sans étiquette, peut-être un peu trop tatillonne.

    « Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir été utilisée à des fins politiques », regrette-t-elle.

    Mais des signes avant-coureurs auraient pu l’alerter constate a posteriori Carolyn Salva. Avec des échanges très limités avec celui qui est devenu premier magistrat. Elle est laissée un peu de côté. Sauf, se souvient-elle, pour le dépôt de gerbe du 19 juillet, journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites, se rappelle-t-elle. Là, on lui laisse avec plaisir les commandes.

    « On était à peine cinq élus de la majorité », déplore-t-elle en comprenant véritablement qu’elle avait été sa place dans ce bal des faux-culs de l’extrême droite. « J’ai été trop naïve », conclut-elle.