Tag: LDH

  • Le procès de l’attaque du Prolé aura bien lieu

    Le procès de l’attaque du Prolé aura bien lieu

    Après les propos du procureur d’Alès le mois dernier, ouvrant la porte à un classement sans suite s’il manquait d’éléments, le pessimisme avait gagné les victimes de l’attaque du Prolé. Elles s’étaient d’ailleurs donné un an avant d’envisager de poursuivre directement les suspects identifiés par la justice et reconnus par les victimes lors d’une confrontation qui s’était déroulée fin février. Mais finalement, la nouvelle est intervenue par un message envoyé par le procureur aux trois avocats des victimes : les trois suspects passeront bien devant le tribunal correctionnel au cours d’une audience prévue le 6 octobre.

    « C’est une bonne nouvelle parce qu’on pouvait craindre un classement sans suite au regard de ce qu’annonçait le procureur de la République », explique Sophie Mazas, l’une des trois avocates qui souhaite désormais obtenir des condamnations à la hauteur de la gravité des faits : « Nous sommes sur une procédure à juge unique, ce qui est étonnant lorsqu’on a deux circonstances aggravantes que sont la préméditation et le motif politique. Cela veut dire que la victime a moins de 8 jours d’ITT. Nous, nous demandons une audience collégiale qui est plus solennelle, où il y a un temps d’évaluation des préjudices des victimes qui est plus long. Nous ferons tout pour obtenir une réponse pénale à la hauteur de la gravité des faits. »

    L’annonce du procès a également rassuré les représentants du Parti communiste français. « C’est une excellente nouvelle. Il a fallu du temps mais on se réjouit que le procureur poursuive les suspects car il y a un faisceau d’indices important. Cela aurait été incompréhensible que ce soit classé sans suite, d’autant plus que le Bloc montpelliérain a été interdit et dans l’arrêté ministériel qui le dissout, il y avait aussi comme justification l’attaque du Prolé. Cette dissolution était une première victoire, cette audience en est une seconde mais maintenant on attend la condamnation », explique Giovanni Di Francesco, secrétaire de la section communiste d’Alès, qui a porté plainte au nom du PCF.

    Sécurité renforcée pendant la feria

    Cette information est tombée quelques jours avant le début des festivités de la feria, qui a débuté le 13 mai. Pour éviter d’éventuelles représailles et surtout pour rassurer la population invitée à venir festoyer au Prolé pendant la feria, le bar alésien a prévu de renforcer sa sécurité. « La feria sera une victoire sur les violences de l’extrême droite. On est en pleine date anniversaire. Nous avons pris des mesures renforcées pour tranquilliser les gens. Ce sera donc un lieu de fête encore plus important que les années précédentes, où la fraternité et la solidarité vont s’exprimer encore plus fort », affirme Giovanni Di Francesco.

    En effet, des membres des sections communistes de tous les départements voisins ont prévu de venir au Prolé marquer leur soutien. « C’est important qu’il y ait une ambiance de fête au Prolé pour montrer que l’extrême droite ne peut pas nous empêcher de faire la fête ou de mener nos autres actions habituelles. Pour cela, nous pouvons compter sur le soutien de militants communistes qui ont l’habitude de sécuriser des événements comme la Fête de l’Huma par exemple », explique Cécile Alphon-Laire.

    Après la feria, le PCF a prévu d’organiser une conférence-débat début juin au Prolé sur l’extrême droite et à la rentrée, en septembre, un forum sur le même sujet devrait aussi se tenir. Un rassemblement est également déjà prévu le matin de l’audience, le 6 octobre, devant le tribunal d’Alès.

  • D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    Nous retrouvons mardi matin les militants du Comptoir des idées devant le panneau d’expression libre de l’avenue Tessé, en pleine séance de collage et de distribution de tracts. L’objectif étant d’informer la population toulonnaise d’une nouvelle séance de réflexion et de débat à l’occasion de la ciné-rencontre du jeudi 21 mai à 20h30 au cinéma le Royal autour de Soulèvements, le film de Thomas Lacoste qui sera présent dans la salle.

    « Ce qui nous intéresse, c’est que ça touche autant à la protection de la planète que les droits humains », explique Guy Cochennec (Climat Zéro Fossile). Le militant associatif rappelle pour commencer la genèse : « L’idée est née au sein de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes après 2013, au moment où la police et l’armée se sont retirées. » La très riche vie communautaire qui y prospère alors va en être le ferment. Des voix s’élevant pour dire qu’il n’était pas possible de se séparer sans créer un mouvement pour continuer la lutte partout où ce serait nécessaire.

    Pour continuer le combat

    « Une fois mis en place, ils vont réagir très très vite à tout ce qui se passe », souligne-t-il. On va en effet les retrouver présent sur la A69, mais aussi sur les projets des méga-bassines et même à plus de 3 000 mètres au cœur du glacier de la Girose, sur le chantier de construction d’un téléphérique, « avec l’installation de tentes sur le seul endroit où les hélicoptères pouvaient se poser pour amener le matériel ».

    Le Comptoir des idées souhaite mettre en perspective tous ces combats et la réponse disproportionnée de l’État – pour rester dans l’euphémisme. Notamment sur la manifestation organisée à Sainte-Soline en 2023 et « la réaction d’un gouvernement pour casser le mouvement ».

    « L’année d’avant déjà, Darmanin avait mis en avant l’écoterrorisme pour permettre d’appliquer les lois d’exception à des activistes et préparer l’opinion publique », dénonce Guy Cochennec. 3 000 agents des forces de l’ordre vont être déployés face à 30 000 manifestants avec « la volonté de faire un exemple, de faire peur et mal avec des tirs tendus de lance-grenade ». Et de préciser : « Sur des images, on voit des gendarmes qui comme dans un jeu vidéo se congratulent lorsqu’ils font mouche sur un manifestant. » Résultat : plus de 200 blessés très graves.

    Et pendant qu’on parle d’écoterrorismes, on ne parle plus des crimes écologiques réels ceux-là qui sont commis sur l’ensemble de la planète.

    Tout cela devrait donner matière à débat dans la salle et inspirer, pourquoi pas, d’autres manières de mener le combat au travers des 16 portraits réalisés dans ce film. On retrouve notamment deux paysans : le père est à la Confédération paysanne, et son fils beaucoup plus radical… Le militant du Comptoir des idées conclut : « Il y a une solidarité, de l’émotion qui passe, il y a tout ce qu’on aimerait voir partout dans la société. »

  • L’UE durcit ses règles migratoires

    L’UE durcit ses règles migratoires

    Le Parlement européen serait-il en train de se trumpiser ? L’adoption du règlement retour, grâce à l’alliance entre la droite et l’extrême droite, le 26 mars, semble donner raison à cette tendance. En effet, le texte prévoit un net durcissement d’une politique migratoire déjà plus que répressive. « Il aura des conséquences dramatiques pour les personnes étrangères et pour les personnes qu’on accompagne. C’est effectivement un développement très inquiétant », soupire Olivia Carniel, responsable des questions européennes à la Cimade.

    Le texte prévoit notamment la possibilité d’externaliser des centres de retour dans des pays hors de l’Union européenne afin d’y enfermer les personnes exilées ou des demandeurs d’asile déboutés. « Ce qui est vraiment problématique, c’est que le texte pose uniquement les bases légales pour créer ces centres mais il ne précise rien. On ne sait pas pour combien de temps les personnes pourraient être enfermées dans de tels centres dans des pays qu’on ne connaît pas, ni dans quelles conditions », reprend Olivia Carniel. Et ainsi criminaliser un peu plus les exilés en les plaçant dans des conditions de détention sans avoir commis de crime ou de délit. « Il n’y a pas de mécanismes pour vérifier si les droits des personnes sont respectés. Les États s’exonèrent de toutes les responsabilités », abonde Titouan Cady, membre de la LDH à Montpellier.

    Les renvois accélérés

    La détention semble d’ailleurs être devenue la norme puisque les délais d’internement pourraient aller jusqu’à 24 mois. « Il y a aussi une logique d’accélérer les renvois sans passer par des recours juridiques. Alors qu’aujourd’hui, on pouvait contester et ainsi suspendre le renvoi », note Titouan Cady. Des renvois pourraient se faire sans que le juge n’ait besoin de statuer. Tout est fait pour déshumaniser des personnes déjà épuisées par un exil forcé. En ce sens, la « décision de retour européenne » est inquiétante. « On généralise le fichage. Toute personne soumise à une procédure d’éloignement dans un pays sera expulsable d’un second pays de l’UE même si elle respecte toutes conditions d’asile. On pousse ces personnes dans une plus grande précarité », se désole Olivia Carniel.

    Un texte xénophobe qui met un coup au respect des droits fondamentaux, pourtant érigé comme une valeur cardinale d’une Union européenne de plus en plus marquée à droite. Si le Parlement lui est acquis, il en est de même à la tête des États membres : seuls trois pays sont gouvernés par la gauche dont le Danemark, connu pour ses positions anti-migrants. « C’est une rupture dans l’histoire du Parlement européen, qui avait toujours été une institution progressiste. Mais depuis 2024 [date des dernières élections, Ndlr], on voit se former une majorité de droite et d’extrême droite sur les sujets liés à l’immigration et l’environnement. Cette alliance est néfaste pour l’UE et affaiblit sa souveraineté », fait valoir Chloé Ridel, députée PS européenne, qui a voté contre le texte, s’inquiétant des dérives trumpistes de l’institution strasbourgeoise. Le texte va maintenant faire l’objet de négociations en trilogue avec la Commission européenne et le Conseil de l’UE, avant d’être définitivement adopté.

  • Myriade d’initiatives solidaires avec Cuba

    Myriade d’initiatives solidaires avec Cuba

    Signez la pétition pour la solidarité avec Cuba ! » Sur le Vieux-Port de Marseille, les militants de 5 associations (Cuba coopération, France Cuba, le Mouvement de la paix, France Amérique Latine et Ligue des droits de l’homme) et du Parti communiste français donnent autant de la voix que les vendeurs de poissons. « Il n’y a pas plus scandaleux que ce blocus qui dure depuis trop longtemps. Le peuple cubain est actuellement étranglé », dénonce Bruno Kahlat, pour le Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône.

    Nicole Giraudi, présidente de l’association France Cuba Marseille 13 abonde : « Il y a une crise humanitaire à Cuba qui est liée au blocus pratiqué par les États-Unis depuis 1962 et accentué par le second mandat de Trump. » Elle a notamment dans le viseur « l’inscription du pays comme État terroriste » et les mesures de blocage supplémentaires permises par cette inscription. « Avec l’embargo, le quotidien des gens est impacté : ils ne peuvent pas répondre à leurs besoins essentiels », pointe Brigitte Cazon, pour la LDH. Tous évoquent les coupures de courant de plusieurs dizaines d’heures sur l’île, le manque de pétrole ou de denrées alimentaires… « Il y a très peu de bateaux qui passent, c’est au compte-goutte : un Russe avec du pétrole, un Chinois avec du riz… », explique Bruno Kahlat.

    D’où les initiatives du week-end. La veille, les militants associatifs étaient déjà sur le terrain avec une initiative similaire au même endroit. Le soir, le rendez-vous était à La Ciotat alors que vendredi c’était le marché de Gardanne qui était écumé. Au programme : distribution de tracts, signatures de pétition qui sera adressée aux députés européens et appel à la solidarité financière.

    « La doctrine Monroe encore plus agressive »

    Même principe dans le Var et Vaucluse où le Parti communiste français était présent en force : un rassemblement samedi à Avignon et une collecte de médicaments à Toulon, Draguignan et Cogolin. « Le but c’est d’alerter la population et interpeller, pour qu’il y ait une mobilisation ici, qui fasse pression sur notre gouvernement et que lui-même fasse pression sur Trump », martèle Brigitte Cazon. D’autant qu’entre le Venezuela et l’Iran, les interventions américaines récentes ne sont pas de nature à rassurer les militants. « La politique américaine a pris un tournant dangereux, avec un risque de retour de 50 ans en arrière pour l’Amérique latine, c’est une doctrine Monroe encore plus agressive », analyse Jean-Marie Paoli, président de France Amérique Latine Bouches-du-Rhône. Et « des drames humains comme conséquence », conclut Nicole Giraudi.

  • Myriade d’initiatives solidaires avec Cuba

    Myriade d’initiatives solidaires avec Cuba

    Signez la pétition pour la solidarité avec Cuba ! » Sur le Vieux-Port de Marseille, les militants de 5 associations (Cuba coopération, France Cuba, le Mouvement de la paix, France Amérique Latine et Ligue des droits de l’homme) et du Parti communiste français donnent autant de la voix que les vendeurs de poissons. « Il n’y a pas plus scandaleux que ce blocus qui dure depuis trop longtemps. Le peuple cubain est actuellement étranglé », dénonce Bruno Kahlat, pour le Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône.

    Nicole Giraudi, présidente de l’association France Cuba Marseille 13 abonde : « Il y a une crise humanitaire à Cuba qui est liée au blocus pratiqué par les États-Unis depuis 1962 et accentué par le second mandat de Trump. » Elle a notamment dans le viseur « l’inscription du pays comme État terroriste » et les mesures de blocage supplémentaires permises par cette inscription. « Avec l’embargo, le quotidien des gens est impacté : ils ne peuvent pas répondre à leurs besoins essentiels », pointe Brigitte Cazon, pour la LDH. Tous évoquent les coupures de courant de plusieurs dizaines d’heures sur l’île, le manque de pétrole ou de denrées alimentaires… « Il y a très peu de bateaux qui passent, c’est au compte-goutte : un Russe avec du pétrole, un Chinois avec du riz… », explique Bruno Kahlat.

    D’où les initiatives du week-end. La veille, les militants associatifs étaient déjà sur le terrain avec une initiative similaire au même endroit. Le soir, le rendez-vous était à La Ciotat alors que vendredi c’était le marché de Gardanne qui était écumé. Au programme : distribution de tracts, signatures de pétition qui sera adressée aux députés européens et appel à la solidarité financière.

    « La doctrine Monroe encore plus agressive »

    Même principe dans le Var et Vaucluse où le Parti communiste français était présent en force : un rassemblement samedi à Avignon et une collecte de médicaments à Toulon, Draguignan et Cogolin. « Le but c’est d’alerter la population et interpeller, pour qu’il y ait une mobilisation ici, qui fasse pression sur notre gouvernement et que lui-même fasse pression sur Trump », martèle Brigitte Cazon. D’autant qu’entre le Venezuela et l’Iran, les interventions américaines récentes ne sont pas de nature à rassurer les militants. « La politique américaine a pris un tournant dangereux, avec un risque de retour de 50 ans en arrière pour l’Amérique latine, c’est une doctrine Monroe encore plus agressive », analyse Jean-Marie Paoli, président de France Amérique Latine Bouches-du-Rhône. Et « des drames humains comme conséquence », conclut Nicole Giraudi.

  • Remobiliser la société civile pour faire face à l’extrême droite

    Remobiliser la société civile pour faire face à l’extrême droite

    Si le Rassemblement national (RN) ne réussit pas le raz-de-marée qu’il s’était fixé, force est de constater que ce dernier – et plus largement l’extrême droite – s’ancre un peu plus dans l’Hexagone. De 17 villes en 2020, il se retrouve à la tête de 62 municipalités en 2026. « Il y a aussi toutes ces villes où des listes sans étiquette l’ont emporté et on voit que certaines penchent à l’extrême droite  », analyse Sophie Mazas, avocate et membre de la LDH. L’Occitanie n’échappe pas à la règle : Agde, Bagnols-sur-Cèze, Carcassonne, toutes sont tombées dans les griffes de l’extrême droite. « Le RN profite de circonstances particulières pour être élu : soit du contexte local, comme à Agde avec les affaires judiciaires de l’ancien maire, ou du maintien des listes au second tour comme à Castres », tempère Serge Ragazzacci, secrétaire héraultais de la CGT.

    En effet, le front républicain ne sort pas grandi de ces élections. « Certaines listes n’appellent pas à faire barrage. Si on veut éviter que l’extrême droite soit élue, il faut se retirer. Ne pas le faire participe à sa banalisation », poursuit Serge Ragazzacci. Une banalisation qui témoigne également de la porosité entre la droite et l’extrême droite. À l’instar d’Agde, où le maire sortant Sébastien Frey, arrivé troisième au premier tour, s’est retiré mais sans appeler à voter contre le RN, qui s’est imposé. Une douche froide pour les progressistes agathois. « Pour certains, ce second tour a fait l’office d’une claque. Ils ont été choqués. Nous allons nous rassembler et surveiller les projets de la majorité et s’y opposer en fonction », avance Arthur Labatut (PRG). Tête de liste de gauche éliminée au premier tour, ce dernier annonce la constitution d’un collectif citoyen « sur des thématiques sociales et environnementales » fin avril.

    Tambouille politique

    D’un autre côté, l’abstention progresse fortement. Avec 42,18% au second tour, celle-ci progresse de quatre points par rapport à 2014. Inquiétant pour des élections réputées mobilisatrices. « On constate que les partis politiques n’arrivent plus à répondre aux enjeux démocratiques, aux attentes des citoyens, à débattre du fond et à apporter des solutions », se désole Sophie Mazas. Les tambouilles politiciennes participent également à cette désillusion. « Il y a une responsabilité des politiques. Cette division et ces accusations entre les partis de gauche qui durent depuis des mois et qui semblent continuer ne créent pas de dynamique positive en termes de vote. Ça obère toute discussion sur les projets et le débat ne porte pas sur les choses du quotidien. Les potentiels électeurs de gauche n’y ont pas trouvé leur compte et ne se sont pas déplacés », observe Serge Ragazzacci, regrettant que « les partis passent plus de temps à se taper dessus que sur le capital. » Pendant ce temps, les idées d’extrême droite, elles, gagnent en visibilité – notamment sur la sécurité – et participent à fracturer l’État de droit. « Le travail de sape réalisé par l’extrême droite a atteint nos institutions, notamment la justice et le fait de ne pas respecter ses décisions. Or, envisager un monde sans justice est très dangereux, il va falloir y faire face  », soutient Sophie Mazas, qui a publié une tribune en ce sens dans L’Humanité.

    Alors pour contenir la vague brune et remobiliser les déçus, le syndicaliste appelle notamment la gauche à se ressaisir des questions sociales, à retrouver des marqueurs : « Nous, on continuera à faire ce qu’on fait : former nos militants, descendre dans la rue pour lutter contre l’extrême droite. Mais il faut aussi qu’il y ait des mesures de progrès social. On ne peut pas être moralisateurs sur l’extrême droite si de l’autre côté on n’a pas d’intentions politiques d’établir la justice sociale  ». Des intentions politiques qui doivent être portées par les citoyens eux-mêmes, pour Sophie Mazas. « On appelle tout le monde à rejoindre des syndicats, des associations et à participer à cette réflexion pour repenser notre mode de fonctionnement et ensuite porter nos revendications.  »

  • La société civile appelle aussi au barrage de l’extrême droite dans le Gard

    La société civile appelle aussi au barrage de l’extrême droite dans le Gard

    Face à la percée de l’extrême droite dans l’Hérault et encore plus dans le Gard, plusieurs acteurs de la société civile sont sortis du silence cette semaine. Ils souhaitaient à la fois alerter sur les risques de l’extrême droite mais aussi appeler à la mobilisation le 22 mars pour tenter de contenir la vague brune.

    C’est par exemple le cas de l’Union départementale CGT du Gard qui a tenu un point presse le 18 mars. « Ce dimanche 15 mars, le premier tour des élections municipales a confirmé une menace sans précédent : dans de nombreuses grandes villes et communes de France comme Nice, Toulon, Marseille, mais aussi dans notre département, la droite radicalisée et l’extrême droite sont en passe de s’emparer du pouvoir au second tour. À Beaucaire et Vauvert, le Rassemblement National est déjà aux commandes. Bagnols-sur-Cèze, Nîmes et Alès pourraient basculer à leur tour. Cette situation est d’une gravité extrême », a prévenu le syndicat qui appelle à une « réaction immédiate et massive de toutes celles et ceux qui refusent de voir les ennemis de la démocratie, les adversaires des droits sociaux et des libertés syndicales, diriger nos communes ».

    La culture en danger

    La Ligue des droits
    de l’Homme Languedoc-Roussillon appelle aussi à voter « pour la démocratie, pour l’État de droit et contre l’extrême droite ». « Dans les communes qu’elle dirige, l’extrême droite nous montre son vrai visage : une régression sociale durable, de graves atteintes aux droits et libertés, une forte présence policière mais sans tranquillité publique, un délitement de notre État de droit, avec une violation réitérée des décisions de justice. Les victoires municipales servent de vitrine et de tremplin à l’extrême droite : elles banalisent ses discours, installent durablement ses réseaux et préparent ses conquêtes nationales », écrit la LDH qui appelle à des sursauts citoyens à Nîmes, Agde, Narbonne et Carcassonne notamment.

    Patrick Malavieille, vice-président du Département du Gard, délégué à la culture et à l’éducation artistique a aussi convié plusieurs acteurs de la culture gardois mercredi 18 mars pour aussi alerter sur l’impact des politiques d’extrême droite sur le monde de la création. « Après Beaucaire et Vauvert, la perspective de voir le RN prendre les mairies de Nîmes, d’Alès et de Bagnols et leurs intercommunalités, fait peser de très graves menaces sur la culture. Le schéma départemental de la culture, coconstruit avec les acteurs culturels et les collectivités partenaires, ne pourrait supporter le désengagement de ces trois grandes villes. Aujourd’hui, c’est notre devoir que d’alerter les Gardoises et les Gardois sur le devenir de la culture, de l’éducation artistique et de la place des artistes. Les élus RN au conseil départemental comme au conseil régional votent systématiquement contre les budgets culturels », explique l’ancien député.

    Autour de lui, Sylviane Manuel, directrice du Pôle national cirque Occitanie, Olivier Lataste, directeur du Cratère, Scène nationale à Alès et Clément Amouroux directeur du festival Itinérances et coordinateur de l’École Au Cinéma, ont répondu à l’appel. À distance, Émilie Peluchon, directrice de La Maison Danse d’Uzès et Antonin Beaury directeur du Périscope, ont également rejoint l’appel et confirmé les craintes du communiste. Ce point presse faisait aussi suite à l’appel de l’intersyndicale du spectacle vivant public mardi 17 mars à « empêcher l’arrivée au pouvoir des forces d’extrême droite et de droite radicalisées ».

  • Comparutions immédiates : « une justice d’abattage » ?

    Comparutions immédiates : « une justice d’abattage » ?

    Chaque soir à 20h, du 11 au 14 mars, le théâtre Jean-Claude Carrière, situé au Domaine d’O, propose une représentation de la pièce de théâtre Léviathan, mise en scène par Lorraine de Sagazan. Fruit de nombreuses rencontres avec avocats, magistrats, victimes et détenus, ce spectacle s’intéresse aux lacunes de la justice institutionnelle, et en particulier aux comparutions immédiates. « Cette procédure simplifiée et expéditive, qui est une exception française, juge l’auteur présumé d’une infraction à sa sortie de garde à vue. Publique et durant en moyenne moins de trente minutes, elle est de plus en plus répandue et favorise largement l’incarcération puisque 70% des peines prononcées correspondent à des peines de prison ferme », indique Lorraine de Sagazan dans la note d’intention de son spectacle.

    Un spectacle auquel s’associe, dans le cadre d’un partenariat national, la Ligue des droits de l’Homme (LDH). En amont de la dernière représentation, samedi 14 mars, la section locale de Montpellier organise donc, de 16h à 18h au théâtre Jean-Claude Carrière, une table ronde sur le sujet.

    « Prime à l’accusation »

    Se succéderont un avocat, un magistrat ainsi que des représentants du Spip (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) et d’une association, Wake Up Café, qui vient en aide à cette structure officielle. L’avocat montpelliérain membre de la LDH Jean-Jacques Gandini animera cet échange, en amont duquel il a assisté à quatre audiences de comparutions immédiates au tribunal correctionnel de Montpellier.

    Le caractère expéditif de cette procédure, désormais massivement appliquée dans le cadre des mobilisations sociales (Gilets jaunes, réforme des retraites, émeutes dans les quartiers populaires), réduit les droits de la défense. « C’est est un moyen pour évacuer les flux. C’est une justice d’abattage, un peu caricaturale, où la prime est donnée à l’accusation et où la défense a une part congrue », résume Jean-Jacques Gandini. Qui pointe également le côté discriminant de cette procédure : « Les gens qui passent en comparution immédiate sont pratiquement tous issus des classes sociales défavorisées, avec des revenus très faibles quand ce ne sont pas des SDF. Il y a aussi pas mal d’étrangers, car précaires eux aussi. »

  • La LDH de Toulon s’implique contre l’extrême droite

    La LDH de Toulon s’implique contre l’extrême droite

    Le président de la section de Toulon-La Seyne, Roland Biache, n’a jamais caché mener activement la bataille des idées, et en tout premier lieu auprès de la jeunesse, pour tenter, avec un volet éducatif et pédagogique, de démonter les préjugés et stéréotypes qui font le lit du repli sur soi et du racisme et sont nourris par l’extrême droite. Pas question donc à l’approche des élections municipales, dans un département qui a envoyé 7 députés sur 8 RN à l’Assemblée nationale, de ne pas s’engager et faire vivre la réflexion.

    C’est tout l’objet de la soirée conférence-débat de mercredi soir à la Bourse du travail de Toulon. Avec dès 18h l’intervention de Pascal Brun membre de la Coordination départementale contre l’extrême droite (Codex). Créée après le choc des municipales de 2014 où le FN rafle de nombreuses mairies varoises, dont Fréjus, elle regroupe des organisations progressistes du département. Et veut rappeler à quelques semaines du prochain scrutin qui est vraiment le FN/RN, et son imposture sociale.

    « L’extrême droite reste une mouvance qui préconise la haine, le racisme, la xénophobie, l’homophobie et le sexisme », interpelle la coordination.

    Puis ce sera au tour du sociologue Alain Hayot auteur de Face aux nouveaux monstres, le sursaut : Pour faire reculer les extrêmes droites (Les éditions L’Humanité) de livrer son analyse. Dans son livre, il déconstruit les mots-valises de la propagande réactionnaire et mortifère. Et invite à mener les batailles culturelles en prenant en compte les imaginaires de la peur et les représentations du réel.

    De quoi s’armer sainement pour mener le combat.

  • À Béziers, lA LDH en appelle à la nouvelle préfète pour faire respecter la loi de 1905

    À Béziers, lA LDH en appelle à la nouvelle préfète pour faire respecter la loi de 1905

    Mais qui arrêtera le shérif de Béziers ? Voilà maintenant plus de dix ans que l’édile d’extrême droite Robert Ménard impose sa loi dans la cité de Riquet, quitte à déroger au droit français. Dernier exemple en date le 29 novembre, avec une énième violation de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. Une crèche de la nativité a de nouveau été installée dans l’hôtel de ville. Or la loi interdit tous signes ou emblèmes religieux dans les bâtiments publics. Mais le maire ne compte pas s’arrêter là, puisqu’il a annoncé célébrer la fête juive Hanouka le 15 décembre, toujours dans la mairie. Une instrumentalisation grossière du principe de la laïcité pour servir ses propres intérêts en caressant dans le sens du poil un électorat fantasmant une pseudo-identité judéo-chrétienne de la France.

    Sept condamnations

    La Ligue des droits de l’Homme (LDH) héraultaise, plus regardante que le préfet François-Xavier Lauch quant au respect de ce principe, avait décidé de déposer un référé suspension en urgence le 8 décembre mais le juge l’a rejeté. Une décision faisant suite à un premier rejet d’un autre référé en urgence, porté cette foi par un citoyen biterrois. Si Robert Ménard s’est empressé de fanfaronner sur les réseaux sociaux de la Ville au sujet de ces victoires – « nouvelle défaite pour les anti-crèches, le bon sens existe encore » – il omet de préciser qu’il a été condamné sept fois sur le fond. Le tout payé avec l’argent du contribuable.

    La goutte de trop pour la LDH, qui a décidé de changer de stratégie pour tenter de faire respecter la loi à Béziers. Profitant du départ du préfet François-Xavier Lauch dans le Nord-Pas-de-Calais et de l’arrivée prochaine de Chantal Mauchet, venue le remplacer, l’association a adressé un courrier à la nouvelle représentante de l’État dans l’Hérault. « La gravité de la réitération de la violation par le maire de Béziers du principe de laïcité et de neutralité des services publics, ainsi que des décisions juridictionnelles, m’amènent à vous demander de faire usage du pouvoir que vous confère la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République », insiste Nathalie Tehio, présidente nationale de la LDH. À savoir l’utilisation du « déféré-suspension laïcité » permettant au représentant de l’État à suspendre un acte portant gravement atteinte au principe de laïcité.

    Car comme le note la présidente de la LDH dans son courrier, « les requêtes en référé-suspension [dans l’urgence, Ndlr] connaissent étonnamment une issue aléatoire. Ainsi, le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier a rejeté l’an dernier pour défaut d’urgence la requête en référé introduite contre la décision du maire de Béziers. La même issue défavorable avait été réservée à la requête introduite contre l’installation [de 2023], alors même que le juge des référés de cette même juridiction y avait fait droit en 2022. » Quid de la nouvelle préfète, qui prendra ses fonctions le 22 décembre ? Si ses deux prédécesseurs n’ont pas souhaité faire respecter la loi à Béziers, cela n’avait pas été le cas du sous-préfet Christian Pouget. Ménard bientôt contraint de se plier au droit français ?