Tag: extrême droite

  • Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse inquiet mais pas résigné côté projets

    Si ce n’est la victoire à la primaire de son favori
    pour l’Élysée, Raphaël Glucksmann, on ne peut pas dire que le contexte actuel ravisse Michaël Delafosse.

    Face à la presse, le maire PS de Montpellier confie volontiers sa double préoccupation du moment : l’austérité du gouvernement qui guette et la menace de l’extrême droite qui plane. « L’extrême droite est mon combat. Je ne veux pas que mon pays tombe entre ses mains. R. Glucksmann a la sincérité de ses engagements. » S’il ne porte pas J.-L. Mélenchon dans son cœur, M. Delafosse tranche. « Le candidat le plus à gauche ou le plus à droite du champ républicain aura mon soutien au second tour face au RN. »

    Voilà qui a le mérite de la clarté quand d’autres jouent aux apprentis sorciers. L’édile PS redit aussi son indignation face à la répression des lycéens. « Il n’est pas acceptable que des jeunes aient perdu la vue ou une main. On a besoin de dialogue », insiste-t-il, solidaire des manifestations sans cautionner les quelques débordements.

    40 M€ pour le Corum

    Ce qu’il juge « inquiétante », c’est aussi la prochaine cure d’austérité d’un État exsangue qui menace les dotations et donc les futurs investissements des collectivités locales. Si le plan du gouvernement est appliqué tel quel, la Métropole de Montpellier perdra 27 millions d’euros de crédits et la Ville, qui a « la dotation la plus faible » rapportée à sa population, 6 millions. Dur mais pas assez pour céder à la résignation. « Soit on se lamente, soit on est churchillien. On va s’adapter, on va y arriver », positive le maire et président. Sans renoncer à ses projets, il prévient toutefois qu’il « va falloir phaser, prioriser nos choix ». Voire réduire la voilure.

    D’autant qu’une tuile n’arrivant jamais seule, les travaux de remise en état du Corum (fermé entre deux et trois mois) sont évalués à 40 millions d’euros. Pas question de renoncer à la promesse de création de 30 000 emplois. Pour cela, le socialiste compte mener à bien les grands chantiers : Service express régional métropolitain (Serm), Ligne à grande vitesse (LGV), Contournement routier ouest (COM)… en mettant en concurrence les répondants souvent gloutons aux marchés publics.

    Des écoles climatisées

    « Il n’y a pas d’acquis, ni de rente à Montpellier. On n’est pas la bête sur qui on vient se servir. » Grâce aux industries culturelles et créatives, au numérique (sortie de la dépendance à Microsoft en vue) ou à la santé (rénovation du CHU), M. Delafosse, qui s’apprête à mener une mission économique au Québec, espère devenir le « territoire le plus rapide pour les implantations d’entreprises ». Il attend aussi une « bonne nouvelle » pour le projet de reprise d’anciens salariés de la librairie Sauramps, liquidée cet été.

    Pour faire des économies, l’édile compte se débarrasser au plus vite du bâtiment de l’ancienne mairie. « Il nous coûte 400 000 euros par an en énergie. » À long terme, il projette d’ouvrir l’espace entre l’Esplanade et Antigone. Dans ce mandat sera mené le réembélissement de la place du Peyrou. Face aux risques climatiques accrus, il promet de poursuivre la « désimperméabilisation » de la ville et pour la première fois, accepte de « climatiser » les écoles trop exposées aux canicules.

    Le logement restera prioritaire. En lançant l’Office foncier solidaire, M. Delafosse s’engage à produire 4 000 logements via le Bail réel solidaire (BRS). Il promet de construire 4 résidences sociales pour les seniors, plus de logements étudiants et, via Altemed, des logements à loyers modérés aux salariés (dispositif In Medio). S’il rappelle que « l’hébergement d’urgence est de la responsabilité de l’État », le maire promet 7 nouvelles pensions de famille et d’ouvrir l’été des lieux frais de repos pour offrir aux sans-abri « quelques heures de sommeil ».

    Enfin, tandis que l’expérimentation sur l’encadrement des loyers arrive à échéance en novembre, M. Delafosse va demander à la poursuivre. « Au-delà des quolibets sur les réseaux sociaux, on me remercie dans la rue de l’avoir fait. Ce n’est pas un frein. Comme la mutuelle communale et maintenant la multirisque habitation communale que nous proposons, c’est une mesure qui protège le pouvoir d’achat de la France qui travaille et peine à se loger. »

  • [Entretien] Edwy Plenel : « Nous jouons notre avenir à la roulette russe présidentielle »

    [Entretien] Edwy Plenel : « Nous jouons notre avenir à la roulette russe présidentielle »

    La Marseillaise : Quel est le sens de votre venue en Vaucluse, territoire où l’extrême droite est ancrée depuis longtemps ?

    Edwy Plenel : Le thème, c’est la question démocratique face à la montée non seulement en France, mais aujourd’hui à l’échelle du monde entier, de l’extrême droite. Mon premier livre, j’avais 32 ans, c’était en 1984, ça s’appelait L’effet Le Pen. J’ai une constance dans la prise de conscience du fait qu’il y avait un retour en force, progressif, d’abord à l’échelle de la France et avant même l’ébranlement du paysage mondial qui fait qu’aujourd’hui, l’extrême droite a aussi le visage de Donald Trump, de Vladimir Poutine, de Benyamin Netanyahou et de beaucoup d’autres. Je pense qu’il faut dans ce contexte-là comprendre ce qui nous arrive, mettre cela en perspective et surtout se retrouver autour de cette question : « qu’est-ce que c’est qu’un idéal démocratique ? » Je pense qu’on ne peut répondre à la montée de l’extrême droite qu’en ayant un imaginaire alternatif qui donne une force à notre riposte. Toutes les extrêmes droites, où qu’elles soient, veulent rétablir la hiérarchie des origines, en clair, l’inégalité naturelle, qu’il y ait des civilisations supérieures à d’autres, des origines, des couleurs de peau, des religions, des sexes supérieurs à d’autres. Dans un moment comme celui-là, il faut bien prendre conscience que l’essentiel est en jeu.

    Vous estimez que l’élection n’est pas le seul levier démocratique. Qu’entendez-vous par là ?

    E.P. : La démocratie, ce n’est pas simplement voter, c’est des contre-pouvoirs, une justice indépendante, une presse libre, c’est le droit de manifester, le droit de protester, le droit de se syndiquer, le droit de s’organiser, le droit de ne pas penser pareil, de contester, c’est le droit des minorités et pas seulement le droit de la majorité. Tout cela, il faut le défendre et ça dépend de nous toutes et nous tous, et pas seulement d’un bulletin de vote.

    Vous plaidez pour un changement de système ?

    E.P. : La France est un pays très fragile, car nous sommes une démocratie de basse intensité depuis très longtemps, à cause du présidentialisme. Nous n’avons pas le bouclier d’une culture parlementaire, d’une culture décentralisée. Nous voyons bien que nous jouons notre avenir à chaque fois à la roulette russe présidentielle, où la volonté d’un seul confisque le pouvoir de tous. Donc, c’est le défi que nous avons à nouveau dans six mois, avec une élection présidentielle où, encore plus que jamais, l’extrême droite peut rafler tous les leviers du pouvoir, simplement en gagnant l’Élysée et en obtenant l’élection de sa candidate à la présidence de la République.

    Suite aux révélations sur Jordan Bardella, Marine Le Pen a parlé de « costard en Kevlar » pour les journalistes. Qu’en pensez-vous ?

    E.P. : Ces déclarations montrent une culture non démocratique, de non-respect de la presse et une culture de violence, puisque ce sont presque des menaces physiques à l’égard de Mediapart et ses journalistes. Nous faisons notre travail en publiant des informations vérifiées, recoupées, d’intérêts publics, en l’occurrence nos révélations. Tout l’embarras du RN montre que la dédiabolisation est une légende et qu’en fait, c’était de la dissimulation. Qu’au cœur de ce mouvement, il y a son ADN historique au cœur de la culture de l’extrême droite française. Derrière la xénophobie, le racisme, il y a cette longue durée de l’antisémitisme français.

  • Une élue claque la porte de la majorité RN des 11-12 à Marseille

    Une élue claque la porte de la majorité RN des 11-12 à Marseille

    Au début du conseil d’arrondissements des 11-12, ce mardi soir, le maire (RN) du secteur Olivier Rioult interrompt brusquement l’appel. « Je dois porter à votre connaissance une modification dans la composition de notre conseil d’arrondissement, explique-t-il. J’ai reçu la démission de Madame Brigitte Barattucci en date du samedi 10 octobre. Cette démission est devenue définitive, j’en prends acte. » En ajoutant seulement que le candidat suivant sur la liste, Christelle Di Marino, n’a pu être convoqué au conseil d’arrondissements dans le délai légal.

    Envoyé à l’ensemble du conseil d’arrondissements, le courriel de démission a pourtant fait des vagues. L’élue y justifie sa démission par le refus d’un projet qu’elle portait au profit d’associations, par l’absence de réponses du maire de secteur face à ses alertes concernant des agressions sur le chemin du canal de Saint-Julien (12e arr.), et par les consignes d’aller « où le maire vous le demande ». Si « la politique c’est être menteur, manipulateur et hypocrite, très peu pour moi », lâche-t-elle en conclusion. Sollicité à l’issue du conseil, le maire RN refuse d’abord de répondre à La Marseillaise, en raison de son traitement de l’extrême droite. Puis accepte, face à la demande de nos confrères de La Provence. « C’est la vie d’une équipe municipale », évacue-t-il, estimant que « des gens se rendent compte que le travail d’élus n’est pas fait pour eux ». De quoi conclure une séance où il a dû reprendre un de ses collaborateurs qui reprenait violemment le micro à l’opposition, tandis que sa majorité refusait de soutenir des subventions aux associations de solidarité Weavers et Léo-Lagrange. « L’argent public n’a pas à financer la submersion migratoire », lâchait Martine Piazza face à une gauche « abasourdie » par ces « mots rances », réagissait Azad Balalas-Kazandjian.

  • Budget 2027 : Le RN à la rescousse de Lecornu ?

    Budget 2027 : Le RN à la rescousse de Lecornu ?

    Les députés socialistes, qui avaient permis le passage du budget de l’État l’an passé en ne censurant pas le Premier ministre, sont partis cette année sur une position bien plus offensive. Ils devaient défendre dans la soirée de mardi, une motion de rejet préalable au projet de budget pour 2027, estimant que le gouvernement n’a montré « aucune inflexion » envers eux cette année, notamment sur « la mise à contribution des plus riches et la préservation des plus modestes ».

    Mardi matin, Sébastien Lecornu a adressé une réponse par courrier aux chefs de groupes et à la direction du PS : « Le plus mauvais signal que l’Assemblée nationale pourrait envoyer serait celui du refus de la discussion budgétaire », assure-t-il. Le locataire de Matignon a proposé d’avancer avec les socialistes sur au moins trois chantiers : les « violences faites aux femmes et protection des enfants », l’« agriculture », et « la jeunesse et l’avenir de notre école ». Avec toutefois un impératif : rester sur une trajectoire de déficit public à 5% du PIB en 2027 et sans remettre en cause, bien sûr, la politique pro-business. La fin de non-recevoir socialiste n’a pas tardé : « le Premier ministre (Sébastien Lecornu) se moque de nous », a estimé le porte-parole Arthur Delaporte. Sa collègue Mélanie Thomin a reproché au chef du gouvernement une « porte fermée à toute mesure de justice fiscale au nom de la sacro-sainte stabilité ». Toute la gauche devait voter la motion de rejet préalable, qui porte sur la partie recettes du budget, ont annoncé des sources aux groupes Insoumis, Communiste et écologiste. Les indépendants de Liot devaient voter contre. L’extrême droite RN devait aussi voter contre, venant à la rescousse d’un Premier ministre sans majorité. Mais que les débats soient longs, ou interrompus au premier jour, le gouvernement a de toute façon peu d’espoir de faire voter son budget dans des conditions classiques.

    Ordonnances budgétaires ?

    Le premier tour de chauffe en commission des Finances a été sévère, avec un texte remanié puis rejeté par la quasi-totalité des députés (31 contre, 3 pour et 2 abstentions). Car pour atteindre sa cible de déficit, l’exécutif n’a pas été avare de mesures d’économies parfois clivantes jusque dans son camp, pour réaliser quelque 45 milliards d’euros d’efforts nouveaux en 2027. Il entend notamment mettre à contribution les retraités, par une sous-indexation des pensions au-dessus de 1 256 euros dans le budget de la Sécurité sociale, et une réduction du périmètre de l’abattement de 10% sur l’impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités dans le budget de l’État. « Les marchés financiers ont besoin de sentir que quoi qu’il arrive on va finir à 5% (…), les débats parlementaires, tout le monde s’en fout, comme tout le monde s’est dit qu’à la fin, ça se terminera par un 49.3 ou des ordonnances », estime une source au sein de l’exécutif. Sans majorité, Sébastien Lecornu pourrait en effet recourir, comme l’an passé, à l’article 49.3 de la Constitution, en échange d’une non-censure. Mais les socialistes sont moins enclins à la non-censure, arguant que le gouvernement fait des clins d’œil à l’extrême droite. Lecornu pourrait aussi recourir aux ordonnances budgétaires, jamais utilisées, mais permettant de passer le budget sans aucun vote. Il faudrait toutefois attendre le 18 décembre, après 70 jours d’examen.

  • À Aix, une action pour alerter le public de « La Dame de Pierre »

    À Aix, une action pour alerter le public de « La Dame de Pierre »

    « Ce show musical n’a rien de neutre. Il revisite l’histoire française à travers une grille conservatrice et réactionnaire », peut-on lire sur l’un des tracts distribués devant l’entrée de l’Arena du Pays d’Aix. Ce dimanche soir, La Dame de Pierre était à l’affiche. À l’appel de la CGT Spectacles, une trentaine de militants issus d’organisations antifascistes, syndicales et associatives se sont donc mobilisés deux heures avant le début de la représentation afin d’« informer » les spectateurs du « révisionnisme » qu’ils estiment véhiculé par le spectacle.

    Cette représentation musicale, qui propose de revivre « les grandes heures » de la cathédrale Notre-Dame de Paris, est en partie soutenue par le Fonds du Bien Commun, fondé par Pierre-Édouard Stérin, milliardaire d’extrême droite. Selon le tract distribué par les manifestants, son metteur en scène serait par ailleurs « réputé proche de l’Action française ».

    « Ce n’est pas un spectacle comme les autres, ça distille des idées d’extrême droite, une ode à Marie. Ce n’est pas neutre », affirme Magali Braconnot, de la CGT Spectacles. Un second volet motive la mobilisation : celui du respect du « droit du travail ».

    « Fragilisés »

    L’an passé, une mobilisation avait déjà été organisée au même endroit pour dénoncer ce spectacle. Un signalement de la CGT Spectacles avait alors été transmis à l’Urssaf et à l’Inspection du travail. « 120 bénévoles étaient présents. Mais la loi l’interdit sur des spectacles dont l’entrée est payante. Au mois de juin dernier, on s’est rendu compte que ça avait fonctionné : il n’y a plus que des pros maintenant », précise Magali Braconnot.

    Elle poursuit : « Ils sont fragilisés. Ils ont 2,5 millions de déficit et ne savaient pas s’ils allaient continuer la tournée », selon la CGT, une seule tournée est programmée en octobre, trois dates auraient été annulées et une seule représentation, contre deux l’an dernier, est prévue à Aix-en-Provence.

    Le tout dans un contexte de restriction budgétaire dans le secteur culturel. « Là où le service public se rétrécit, les privés s’engouffrent : ils mettent leurs sous, mais avec leur idéologie. Ce n’est pas possible. »

    L’action de l’année dernière « avait été éclairante. Certains découvraient ce qu’ils allaient voir », souligne Claudie Hubert, pour le Collectif aixois contre l’extrême droite. À l’issue de la représentation de l’an dernier, une spectatrice avait adressé un témoignage aux organisations mobilisées. Elle y dénonçait notamment une représentation de la Révolution française qu’elle jugeait historiquement trompeuse, en contradiction avec ce que son enfant avait appris à l’école. « Aujourd’hui, il voyait un spectacle où la Révolution française détruit les églises dans la violence en disant : “Dieu n’existe plus”. C’est une déformation de l’histoire ! »

  • À Aix, antifascistes et militants d’extrême droite face à face malgré l’interdiction

    À Aix, antifascistes et militants d’extrême droite face à face malgré l’interdiction

    La manifestation prévue ce samedi 10 octobre place de l’Hôtel-de-Ville, par le Collectif Antifa, avait été interdite par la préfecture en raison de risques d’affrontements entre militants antifascistes et groupes d’ultradroite. Un rassemblement s’est néanmoins formé spontanément sur la Rotonde, dans la matinée.

    D’un côté, des militants d’ultradroite, avec des néonazis; de l’autre, des organisations et associations antifascistes. Plusieurs drapeaux de La France insoumise (LFI) étaient également visibles dans la foule. Le député de Vaucluse Raphaël Arnault a pris la parole lors de la mobilisation. Sa présence était initialement annoncée avant l’interdiction préfectorale de tout rassemblement.

    Selon les organisateurs, 200 personnes mobilisées « contre le fascisme » étaient présentes, contre une « trentaine » du côté de l’ultradroite. Les forces de l’ordre ont finalement dispersé les groupes à l’aide de gaz lacrymogène.

    Malgré cette issue, les organisateurs considèrent la mobilisation comme une « victoire ». « On a réussi à tenir bon, à montrer qu’on était plus nombreux », estime Lina, du Collectif Antifa d’Aix.

  • Mobilisés contre un spectacle lié à Pierre-Édouard Stérin

    Mobilisés contre un spectacle lié à Pierre-Édouard Stérin

    Une « tentative de récupération de l’Histoire au service d’un récit nauséabond et dangereux », selon le Collectif aixois contre les idées et violences de l’extrême droite. Un spectacle « qui distille une idéologie nauséabonde et des pratiques problématiques quant au respect du droit des salariés, comme souvent avec ces shows portés par des militants d’extrême droite », pour la CGT Spectacles. Les deux organisations, ainsi que Visa 13 et le Syndicat français des artistes (SFA), rejoints par d’autres associations, seront mobilisés devant l’Aréna du Pays d’Aix, ce dimanche 11 octobre, dès 16h.

    En cause : La Dame de Pierre, présentée sur le site de l’Aréna comme un « récit légendaire du plus célèbre monument du monde », actuellement en tournée et programmée à 18h. Comme un air de déjà-vu, puisque le 16 novembre dernier, date de programmation de ce même spectacle, une mobilisation s’était déjà tenue. Ils étaient à cette époque, plusieurs dizaines à manifester.

    Pour cause, le spectacle, mis en scène par Corentin Stemler, est en partie financé par le Fonds du Bien commun, fondé à l’initiative de Pierre-Édouard Stérin, milliardaire d’extrême droite. « Dans le contexte de remise en cause du financement du service public de la culture que nous connaissons aujourd’hui, les milliardaires de l’extrême droite française ne cachent plus leurs ambitions d’investir massivement dans le secteur culturel (…). Pierre-Édouard Stérin lui, avance tous les jours les pions de son projet Périclès, acronyme pour “Patriotes enracinés résistants identitaires chrétiens libéraux européens souverainistes”. Son projet a pour objectif d’assurer une victoire idéologique et politique à une alliance entre l’extrême droite et la droite libérale conservatrice de France », résume la CGT des Spectacles.

    Des tracts seront distribués aux spectateurs, pour « alerter » à propos d’un spectacle qui, selon les organisateurs de la manifestation, distille une « idéologie réactionnaire ».

  • Publications haineuses : Franck Allisio vire son collaborateur

    Publications haineuses : Franck Allisio vire son collaborateur

    Allez faire les poubelles sur dix ou quinze ans si ça vous intéresse », invitait Franck Allisio le 7 mars dernier, quand La Marseillaise l’interpellait à l’occasion de la visite de Jordan Bardella sur les pedigrees de haines et de violences de ses colistiers aux municipales. Moins de deux semaines après la révélation par Mediapart des propos antisémites tenus par le président du RN, c’est le journal Libération qui a suivi son conseil en dévoilant, ce jeudi soir, les publications haineuses de son plus proche collaborateur, Louis Grégoire.

    Sur son compte Facebook privé, auquel était abonné le patron du parti lepéniste dans les Bouches-du-Rhône, l’assistant parlementaire partageait ainsi blagues racistes et conseils de lecture antisémites. « La nature est fasciste, il faudra bien qu’ils s’y fassent un jour », écrivait-il ainsi en 2018 en s’en prenant aux « grosses moches ». Alors qu’une plaisanterie douteuse sur la Shoah diffusée sur France 2 avait suscité l’indignation, il relaie aussi une publication du site d’Alain Soral, Égalité et réconciliation, en commentant : « Pour faire une blague sur les Maghrébins, il faut être Maghrébin, sur les Noirs, il faut être Noir, sur les Juifs, il faut avoir un bon avocat. » Il partage aussi une certaine passion pour la Seconde guerre mondiale, en penchant davantage du côté de la francisque. Ainsi ce 6 juin 2018, où il publie l’image d’un lance-roquette allemand avec la mention : « Defend Normandie. » « 6 juin 44 : destruction des côtes normandes et bretonnes, première étape du plan Marshall », explicite-t-il. « L’armée française reconstituée par Pétain en Afrique du Nord aurait pu faire l’affaire si le colonel de Gaulle n’avait pas cassé les cou*** », écrit-il aussi. Dans ses conseils de lecture : l’auteur antisémite Pierre Hillard, ou le pro-pétainiste Adrien Abauzit, quand il ne cite pas les poèmes du collaborationniste Brasillach.

    Indignations immédiates

    Dès le lendemain de la publication, le délégué départemental du RN annonçait mettre fin au contrat de son attaché parlementaire, « afin de lui laisser le temps de la clarification », justifie Franck Allisio dans un communiqué. « Ces écrits dont il est accusé, et qui dateraient d’il y a dix ans, étaient inconnus de tous et antérieurs à son recrutement par l’Assemblée nationale », jure-t-il.

    Sans éteindre l’indignation. Le président du conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Aix-Marseille Bruno Benjamin apporte ainsi « une condamnation sans ambiguïté ». S’il prend acte du licenciement, « cet épisode doit néanmoins nous rappeler combien la vigilance est indispensable, particulièrement dans l’entourage de celles et ceux qui exercent des responsabilités ». Le président de la Licra Aix-Marseille, Serge Tavitia, demande pour sa part à Franck Allisio de condamner « sans réserve » les propos antisémites attribués à Jordan Bardella. « Le programme même du RN se nourrit des mêmes idées racistes et xénophobes que celles des fondateurs du Front national », souligne-t-il.

  • La Seyne-sur-Mer : pour s’armer intellectuellement contre l’extrême droite

    La Seyne-sur-Mer : pour s’armer intellectuellement contre l’extrême droite

    Une soirée de réflexion proposée autour de deux de ses livres aux titres évocateurs : « L’Arabe, nouveau bouc émissaire du capital » et « Du fascisme historique au nouveau fascisme ».

    Dans un département où l’extrême droite ne cesse d’augmenter son influence et ses prises de guerre, comme l’ancien bastion de gauche qu’était l’ex-Cité des Chantiers où va se dérouler l’initiative, nul doute que les échanges seront féconds. Comme l’analyse d’André Prone qui fournit de la matière pour continuer le combat.

  • [Primaire PS/Place Publique] Les « extrêmes » renvoyés dos-à-dos chez Glucksmann

    [Primaire PS/Place Publique] Les « extrêmes » renvoyés dos-à-dos chez Glucksmann

    Ils sont maires, conseillers départementaux ou plus souvent régionaux membres de la majorité Delga mais, assurent-ils, pas téléguidés par elle. « Ce n’est pas la présidente de Région qui nous a forcé la main. Nous ne sommes pas les pions de Carole Delga », insiste la vice-présidente Myriam Gairaud.

    À l’instar de la maire de Cabrières (Hérault), une vingtaine d’élus d’Occitanie prennent position la veille du premier tour de la primaire sociale démocrate (9-10 octobre). Non encartés dans un parti politique, si ces élus de la société civile ont décidé de travailler ensemble au-delà même de la primaire (un laboratoire d’idées sera peut-être créé), c’est parce qu’ils partagent un constat et deux convictions.

    Le constat, c’est que dans un contexte géopolitique mondial « fracturé », la France va mal et doit trouver une « voie raisonnable sociale-démocrate », estime Marie-Thérèse Mercier, élue régionale et ex-présidente du Medef Montpellier-Sète. « Nous sommes dans un moment très, très grave », s’inquiète Patrice Canayer à 6 mois de la présidentielle.

    Sans partager les mêmes idées sur tout, ces élus non encartés en ont. « Sans parti oui, mais apolitique certainement pas. On a des valeurs ! », recadre le maire de Clermont-l’Hérault, Gérard Bessière. Son homologue ariégeoise, Mélanie Tisné-Versailles de la génération Erasmus, est « attachée à l’Europe ». Le médecin Vincent Bounes à la « construction d’un plan Marshall de la santé ». Ou son collègue à la Région, Jalil Benabdillah, à « l’European buy act ».

    La peur d’un duel LFI-RN

    Autant de propositions portées par Raphaël Glucksmann qui leur fait dire qu’il est la meilleure option. « Il donne envie, de l’espoir, il réenchante la politique », estime l’élue biterroise d’opposition, Nadia Boulet. « Il est nouveau, lui non plus on ne l’a pas essayé ! », abonde le maire de Castanet-le-Haut, Max Alliès.

    Au-delà de Glucksmann, ces élus sont terrifiés à l’idée d’un duel Mélenchon-Le Pen que seul J. Benabdillah tranche sans hésiter. « Certains voteraient blanc, d’autres Mélenchon. Pour ma part, je ne mets pas sur le même plan l’extrême gauche et un parti fondé par des SS. » S’ils promettent qu’« aucune de leurs voix n’irait à Le Pen », ils renvoient dos à dos « les extrêmes », autrement dit le RN et LFI.

    Et si Glucksmann perdait la primaire ? « Je ne soutiendrai aucun candidat qui s’alliera avec LFI », tranche P. Canayer. « L’arc républicain doit absolument être au 2e tour de la présidentielle », assure le maire de Gignac, Jean-François Soto. La plupart avouent qu’il leur serait plus facile de voter E. Philippe que J-L. Mélenchon face à Le Pen. Voilà qui en dit long sur l’état de la gauche.