Tag: extrême droite

  • [Entretien] « Il y a une volonté de délégitimer la mobilisation sociale »

    [Entretien] « Il y a une volonté de délégitimer la mobilisation sociale »

    La Marseillaise : Quelle analyse faites-vous des éléments de langage utilisé par le gouvernement pour parler des manifestations ?

    Alexis Lévrier : Il y a une volonté de délégitimer la mobilisation sociale en adoptant un lexique qui réduit les manifestants à des pilleurs. Alors, ces pillages, ils existent. Ce qui s’est passé le 17 octobre est extrêmement choquant mais la mobilisation, on sait qu’elle est nettement antérieure, qu’elle a commencé avec les lycéens et s’est étendue à l’université. Il y a certainement une volonté de masquer les failles du dispositif policier puisque tout le monde savait que le 17 octobre allait être une énorme mobilisation, elle était annoncée depuis des mois. On savait aussi que ce serait très hétérogène puisqu’il y aurait à la fois les lycéens et les étudiants, des syndicats traditionnels, les Gilets jaunes qui ont toujours une dimension très éruptive et puis le risque effectivement de black bloc ou de casseurs.

    Au lieu de souligner l’hétérogénéité de ce mouvement, le gouvernement a préféré ne garder que la partie la plus visible et la plus condamnable qui était les pillages. Le lexique reflète cela. On peut considérer que c’est un contre-feu médiatique qui a été créé par le gouvernement pour délégitimer ce mouvement et d’autre part pour ne pas reconnaître ses propres failles.

    Comment expliquer que certains médias reprennent parfois mot pour mot ces éléments de langage ?

    A.L. : Il y a ce qu’on appelle le journalisme de préfecture qui fonctionne très bien. Pour être plus nuancé, il y a toujours au début cette tendance-là qui est de relayer le discours dominant. Au moment des Gilets jaunes il y avait eu une fake news qui venait du ministère de l’Intérieur accusant des Gilets jaunes d’être entrés à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans les salles de réanimation pour volontairement mettre en danger la vie des patients. La presse a révélé, Le Parisien en l’occurrence le soir même, que ce n’étaient pas des gens sans foi ni loi qui voulaient tuer de pauvres patients, c’était des gens qui avaient été nassés, qui avaient été victimes de gaz lacrymogènes et cherchaient un lieu où se réfugier pour fuir les violences policières. Ça avait d’ailleurs conduit à une plainte contre Christophe Castaner, le fragilisant considérablement.

    C’est un phénomène extrêmement classique dans les médias mainstream, dans les médias audiovisuels, sur les chaînes d’information en continu qui doivent retransmettre l’événement en direct pour lesquels le discours gouvernemental est une source considérée comme fiable au départ et qu’on met à distance dans un second temps. C’est souvent la presse écrite qui, dans un second temps, a décrypté et démasqué les faux-semblants de la communication gouvernementale.

    Pourquoi les comptes rendus de manifestation se focalisent surtout sur les débordements ?

    A.L. : Une manifestation traditionnelle ça ne les intéresse absolument pas. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils ont maintenu en état de vie végétative le mouvement des Gilets jaunes qui ne représentait plus rien. Ces mouvements, ces violences sont télégéniques. La clé, c’est ça. Il y a le discours gouvernemental, la passivité, la tendance à reprendre un discours officiel, au moins dans un premier temps. Mais il y a aussi la télégénie de la violence et le fait que ça sera toujours plus vendeur et plus synonyme d’audience de filmer des feux de poubelle, des exactions, des gens qui pillent et qui cassent. Donner l’impression d’un mouvement intrinsèquement violent, alors même que ces violences sont périphériques. On ne filme pas les manifestants pacifiques. On filme les violences. C’est ce qui fait de l’audience.

    Mais n’est-ce pas un traitement anxiogène ?

    A.L. : Oui, ça fabrique de la peur, mais il faut aussi s’interroger sur le regard des téléspectateurs qui sont friands de cette violence-là. Si ça fait de l’audience, c’est bien parce qu’il y a des gens qui regardent. Il faut aussi peut-être s’interroger nous-mêmes, sur ce que nous attendons de ces images. Est-ce que nous sommes capables de regarder un cortège qui manifeste dans le calme avec des revendications parfaitement légitimes, partagées par une large partie de la population, mais qui ne génère pas de violence ?

    Par ailleurs, je trouve qu’on n’a pas tiré les leçons des Gilets jaunes qui ont été une faillite des médias dans la façon de raconter les violences policières. Ils ont été victimes de manière structurelle de cette violence : ils ont été éborgnés, ils ont perdu des mains, ils ont vraiment eu des blessures extrêmement graves pour un certain nombre d’entre eux. On voit aujourd’hui que les lycéens sont concernés – ça paraît encore plus scandaleux quand il s’agit d’enfants – et qu’aucune manifestation, alors que c’est un des droits les plus fondamentaux dans une démocratie, ne se déroule dans un cadre normal. Dans ces journées de mobilisation, on relaye toujours le discours policier. Que CNews le fasse, c’est son idéologie mais que les autres chaînes aussi, c’est beaucoup plus problématique.

    L’auteur de l’attentat raciste de Trappes, Kevin T., a justifié son acte en disant avoi voulu « venger les commerçants » après les événements du 17 octobre en s’en prenant « aux Noirs et aux Arabes ». Quelle responsabilité des médias ?

    A.L. : J’attends beaucoup des jours qui vont suivre et de la campagne qui s’ouvre. Cet attentat à Trappes nous montre que « les mots sont des pistolets chargés », comme disait Jean-Paul Sartre, et que la violence de la presse d’extrême droite a des conséquences sur le terrain. Toute l’histoire de l’extrême droite médiatique le montre. Durant l’entre-deux-guerres des mouvements politiques qui dépendaient de ces médias d’extrême droite. La Fédération nationale des Camelots du roi était adossée à l’Action française, s’en prenait physiquement à des hommes politiques ou à des figures de la société civile, des universitaires, qui avaient été ciblés dans le journal. Les mots de l’extrême droite ont une traduction dans la société civile. Il était évident que le discours de CNews, qui est tenu de manière obsessionnelle à l’encontre de l’immigration et de l’islam, allait conduire à des actes de ce type. Le grand remplacement, dont il faut rappeler qu’Aurore Bergé, la ministre en charge de la lutte contre la discrimination estime que ce n’est pas une théorie raciste, a déjà conduit à des attentats dans le monde, et notamment en Nouvelle-Zélande. II était évident qu’en France aussi, il se passerait la même chose. La violence des mots a pour vocation, dans la presse extrême droite, de déboucher sur une traduction physique. Ça a été le cas à Trappes, il y en aura d’autres. On sait désormais à quoi conduisent les mots de l’extrême droite. Il serait temps d’en tirer les conséquences dans la façon dont on l’accueille sur les plateaux. Je m’inquiétais beaucoup de l’évolution de l’audiovisuel public mais j’ai été rassuré par la façon dont Sarah Knafo a été reçue dans la matinale de Franceinfo, c’est-à-dire en rappelant toutes les condamnations dont Éric Zemmour a été l’objet, et en lui demandant s’il n’y avait pas un lien entre ce discours raciste, obsessionnel de son parti, et finalement l’attentat de Trappes.

  • Les opposants aux maires RN du Gard tentent de garder de la voix

    Les opposants aux maires RN du Gard tentent de garder de la voix

    Trois élus dans le Gard bataillent chaque semaine face à la gestion municipale de l’extrême droite. Jérôme Jackel à Bagnols-sur-Cèze, Magali Nissard à Vauvert et Luc Perrin à Beaucaire. Le premier est un soutien de François Ruffin, la deuxième est socialiste et le troisième ne revendique aucune étiquette politique. Ils ne se connaissent pas, n’échangent pas et pourtant, ils mènent le même combat face à une extrême droite qui, en huit mois de gouvernance, s’en est pris à la culture, aux subventions aux associations et parfois aux locaux syndicaux comme à Bagnols.

    Aujourd’hui, ils se battent surtout pour faire entendre la voix de leurs électeurs qui n’ont pas abdiqué face à l’extrême droite. Mais en face, les élus RN tentent de museler l’opposition. « Lors du conseil municipal du mois de juin, Nicolas Meizonnet nous a attaqués de manière virulente sur notre gestion en disant que nous sommes des LFIstes », illustre Magali Nissard. « Le ton est monté après ces attaques. Après la levée du conseil, son directeur de cabinet a provoqué l’opposition. Physiquement, il ne s’est rien passé mais c’était très tendu. Au conseil municipal suivant, nous avons été obligés de rappeler que nous voulons exercer notre droit d’opposition dans le respect et dans le calme, que nous avons le droit de nous interroger et de poser des questions. Nous avons été élus pour cela, c’est notre devoir. »

    À Vauvert, comme à Bagnols, le maire Nicolas Meizonnet communique à tout-va sur les finances de la commune qu’il juge catastrophiques. En conseil municipal, il a par exemple présenté l’audit financier réalisé, sans communiquer les éléments au préalable à l’opposition qui n’a donc pas pu formuler de réponse argumentée. « Je vais saisir la préfecture car dans le règlement intérieur, il est noté que pour chaque délibération à connotation financière, la commission finance doit se réunir et donner son avis. Je suis membre titulaire de cette commission qui ne s’est jamais réunie puisque je n’ai jamais été convoquée », précise Magali Nissard qui va distribuer des tracts pour expliquer la situation financière de la commune.

    Deux recours déposés

    À Bagnols-sur-Cèze, Jérôme Jackel, déjà élu d’opposition face à Jean-Yves Chapelet lors du précédent mandat, connaît son rôle par cœur tout comme son règlement intérieur. « À la suite du conseil municipal du 23 septembre, j’ai engagé un recours devant le tribunal administratif de Nîmes afin de demander l’annulation du nouveau règlement intérieur. Lors de cette séance, j’avais présenté de nombreuses propositions d’amendements destinées à améliorer le fonctionnement démocratique de notre assemblée et à garantir les droits de tous les conseillers municipaux, particulièrement ceux de l’opposition. Or, Pascale Bordes a décidé de soumettre le règlement intérieur au vote sans organiser de vote distinct sur les amendements proposés. À quoi sert le droit d’amendement des élus si leurs propositions peuvent être écartées sans être soumises à la décision de l’assemblée ? », précise Jackel qui n’a pas non plus pu écrire dans le magazine municipal puisqu’aucune édition n’a été diffusée depuis l’élection de Pascale Bordes.

    Plus au sud, à Beaucaire, c’est justement la place accordée à l’opposition dans le magazine communal, sur Facebook et sur le site internet qui a fait bondir Luc Perrin. Suite au vote du conseil municipal sur le règlement intérieur le 22 juillet, l’élu d’opposition a attaqué cette délibération au tribunal administratif. Mais deux jours avant cette audience en référé prévue le 2 octobre, la municipalité beaucairoise a décidé d’annuler le règlement intérieur car « ils étaient sûrs de perdre ». « Aujourd’hui je suis sûr à 95% d’en déposer un nouveau d’ici un mois mais il faut que je sois sûr de gagner sinon c’est 1 500 euros de ma poche », explique Luc Perrin, prouvant avec cet exemple toute la difficulté du rôle d’élu d’opposition, surtout face au RN.

    Mais malgré ces obstacles et les nombreux messages haineux reçus sur les réseaux sociaux, les élus d’opposition au Rassemblement national dans le Gard n’ont pas dit leur dernier mot et comptent bien se faire entendre durant les six ou sept ans de leur mandat.

  • Police et milice main dans la main ? Le rapport qui accable

    Police et milice main dans la main ? Le rapport qui accable

    Avec l’arrêté préfectoral d’interdiction de la manifestation du 24 octobre, on ne savait pas trop à quoi s’attendre à Montpellier pour l’acte 2 contre la vie chère.

    Ce qu’on n’aurait pas imaginé, c’est que l’ultra droite et certaines forces de l’ordre agiraient de concert dans une volonté commune de réprimer le mouvement social.

    C’est en tout cas ce que semble prouver le rapport de l’Observatoire des libertés de Montpellier (OLM). Dévoilé le 28 octobre à la presse sur la base de vidéos, photos, de recherches sur les réseaux sociaux et avant tout d’un travail minutieux sur le terrain (3 équipes de 3 observateurs), le document est accablant.

    Il tend à démontrer qu’à plusieurs reprises en centre-ville, samedi 24 octobre, des groupes de jeunes proches de la mouvance ultra-droite, ont librement déambulé aux côtés de formations de CRS, provoqué et invectivé des manifestants, mais aussi participé à des interpellations et commis des violences sous les yeux de policiers, sans jamais être entravés, contrôlés, ni interpellés.

    Les jours précédents, l’influenceur d’extrême droite Ahpha_Rise avait lancé un appel sur les réseaux sociaux à former des groupes de protection soi disant pour protéger des commerces de potentielles dégradations et pillages (comme ceux survenus le 17 octobre en marge de l’acte 1). Sur les photos et vidéos compilées par l’OLM, plusieurs personnes semblent avoir répondu présentes, reconnaissables à leur foulard blanc noué autour du bras ou dépassant de la poche. Organisés en milice, ces individus ont sévi à plusieurs reprises, certains cagoulés, d’autres à visages découverts aisément identifiables.

    D’abord à 16h30 au bas de la rue de la Loge. Près d’une vingtaine de CRS à qui ils tournent le dos, une poignée de ces individus insultent et provoquent un groupe de manifestants qui leur font face côté Comédie. Pleuvent ensuite les projectiles et les coups. Aucune réaction du cordon de CRS qui observe la scène environ 20 mètres plus haut. Lorsque des manifestants se rebellent et que la milice en sous nombre paraît malmenée, les CRS se mettent à charger. On voit qu’ils évitent les membres au foulard blanc pour foncer sur les manifestants qu’ils matraquent. À aucun moment les miliciens ne sont inquiétés, ils déambulent librement au milieu des policiers. Un milicien se permet même des coups de pied à une personne à terre sans conséquence. Lors du repli des CRS, on semble distinguer le pouce levé d’un policier, probablement à l’attention d’un milicien qui se replie avec eux.

    Pour Sophie Mazas, la présidente héraultaise de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), la scène illustre un « traitement différencié » avec une « passivité » vis-à-vis des actes répréhensibles du groupe d’ultra-droite mais aussi une « proximité opérationnelle » avec les CRS.

    L’ultra droite a déjà sévi

    Second exemple une heure plus tard sur l’Esplanade. Face à l’office de tourisme, trois jeunes miliciens traînent une personne au sol, la frappent et la remettent aux CRS qui l’interpellent. Les trois jeunes sans aucun brassard de policiers repartent tranquillement. L’un se permet même de toucher la hanche d’un policier. Enfin, à 19h55 devant l’arrêt de tram Observatoire, une scène interroge. Les images montrent deux voitures de la Brigade anticriminalité s’arrêter et un groupe de jeunes s’approcher en déployant des foulards blancs. Assiste-t-on à une sorte de congratulations ? Toujours est-il qu’aucun contrôle n’est opéré.

    Pour la LDH34, ces faits s’apparentent à une « action coordonnée », un « schéma organisé et répété », pas à des « actes isolés ». Des comportements « contraires au droit constitutionnel et aux droits fondamentaux », une milice qui travaillerait au maintien de l’ordre aux côtés de CRS s’inscrivant hors du cadre légal et républicain.

    À Montpellier, ce n’est pas la première fois que l’extrême droite s’en prend violemment au mouvement social. On se souvient du commando de la fac de droit en 2018 ou des violences des Beaux-Arts de septembre 2025.

    Par le passé, la préfecture avait tendance à réduire ce genre d’événements à des rixes entre bandes rivales. Pour la LDH qui s’apprête à saisir le procureur de la République et lui transmettre ses éléments, « cette rhétorique ne tient plus ». Pour l’heure, la préfecture de l’Hérault n’a pas répondu à nos sollicitations. De son côté, le procureur a ouvert une enquête.

  • Dans les 11-12, le RN travaille en famille

    Dans les 11-12, le RN travaille en famille

    Lors du dernier conseil d’arrondissements du 6e secteur, le 13 octobre dernier, l’un des deux collaborateurs de la majorité d’extrême droite du secteur avait braqué l’attention sur lui. Alors que l’élu (DVG) Azad Balalas-Kazandjian poursuivait sa prise de parole face au maire RN du secteur, Nicolas P. était venu lui arracher le micro des mains. Face aux protestations de ses oppositions, Olivier Rioult avait été contraint de réprouver publiquement son intervention. Avant de le défendre le lendemain sur les réseaux sociaux. « Il fait 1,70m, il a 23 ans et incarne la gentillesse », écrivait-il en précisant que lorsque le maire de Marseille lui coupe le micro, lui « ne pleurniche pas ».

    Mais dans les coulisses, après cette séance marquée par la démission d’une conseillère de la majorité (notre édition du 14/10), un autre détail a fait tiquer les élus d’opposition, aussi bien à droite qu’à gauche. C’est que le jeune collaborateur diplômé de lycée militaire se trouve être le fils de la 8e adjointe du secteur déléguée à la vie associative et aux centres municipaux d’animation, Karine Fauchard. L’élue et son fils apparaissent ainsi depuis 2020 comme associés de la société civile immobilière (SCI) familiale implantée dans le 13e arrondissement.

    Un mélange des genres questionnable. Mais qui reste dans les clous de la légalité. « C’est le maire de secteur qui n’a pas le droit d’embaucher un membre de sa famille », confirme-t-on en mairie centrale. La municipalité n’intervient ainsi que lorsqu’un risque juridique se présente, notamment pour prise illégale d’intérêt. C’était notamment le cas pour l’ex-maire des 13-14 Stéphane Ravier, alors encarté au RN, qui avait embauché son fils comme jardinier dans sa mairie de secteur entre 2015 et 2017. Il a été condamné en appel le 10 février dernier à six mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt, et s’est pourvu en Cassation.

    Collaborateurs très actifs

    « Les embauches se font au mérite, aux diplômes et à la compétence », assure de son côté Olivier Rioult auprès de La Marseillaise. En glissant qu’il avait « donné entière satisfaction lorsqu’il travaillait au groupe de Madame Vassal en 2022 ». Sans laisser un souvenir impérissable. « Il devait être contractuel ou dans des fonctions opérationnelles et non organisationnelles », estime un cadre à droite.

    Pour les oppositions, l’embauche du fils d’une adjointe du secteur alerte d’autant plus qu’ils observent une parole très cadrée des membres de la majorité par ces mêmes collaborateurs. « Les élus interviennent comme ils le souhaitent », assure Olivier Rioult en indiquant que les collaborateurs proposent simplement des éléments de langage aux élus. À l’issue du dernier conseil d’arrondissements, la conseillère déléguée à l’action sociale, Martine Piazza, était venue s’excuser auprès du maire d’avoir pris librement la parole pour s’opposer à des subventions pour l’accès aux droits qui allaient « financer la submersion migratoire » assurait-elle. Devant la presse, celui-ci l’avait assurée de son soutien.

  • 150 contre la venue de Charles Alloncle à la librairie Les Arcenaulx

    150 contre la venue de Charles Alloncle à la librairie Les Arcenaulx

    Plus de 150 manifestants se sont rassemblés sur le cours d’Estienne-d’Orves, ce vendredi soir, pour dénoncer la séance de dédicaces organisée à la librairie Les Arcenaulx pour le livre du député UDR Charles Alloncle. C’est face aux slogans « RN casse-toi, Marseille est antifa » qu’a été accueilli l’instigateur d’une commission parlementaire à charge contre le service public audiovisuel, accompagné par le député RN Franck Allisio. Qui sont entrés sans un mot pour la presse, l’événement qui n’a attiré qu’une centaine de personnes étant interdit aux médias. « Si on se mobilise, c’est qu’il y a moins d’une semaine, un sympathisant RN a tué une personne et en a blessé cinq autres », expliquait un militant au mégaphone en mettant en cause la responsabilité du parti d’extrême droite et des officines médiatiques du groupe Bolloré dans l’attentat raciste de Trappes. « Il ne faut pas laisser un pouce de terrain aux idées fascistes qui sont des idées mortifères », dénonçait Keto*, de la CGT spectacle, en rappelant ses attaques contre l’audiovisuel public. L’association Libraires du Sud a aussi dénoncé la séance dans cette librairie rachetée en 2025, révoltée qu’elle « devienne un outil de diffusion d’idées politiques nauséabondes ».

    *Le prénom a été modifié

  • Et si la géopolitique devenait féministe ?

    Et si la géopolitique devenait féministe ?

    L’envahissement de l’Ukraine par Vladimir Poutine en février 2022 m’a poussée à écrire parce qu’à l’époque, j’ai été très choquée par tous les commentaires de spécialistes en géopolitique sur les plateaux, que je confrontais, qui voulaient m’expliquer la rationalité derrière l’invasion de Poutine alors que j’étais convaincue que cet acte n’était pas rationnel et s’expliquait par une idéologie », lance la députée européenne gardoise.

    Cette idéologie, c’est le patriarcat, dont découle la « culture géopolitique du viol » théorisée pour la première fois par Muriel Domenach, ancienne ambassadrice de France auprès de l’Otan. « C’est une objectivation d’un peuple, comme si c’était une proie. L’Ukraine serait la possession de Poutine et de la Russie, et elle ne peut pas librement faire des choix pour son avenir. Deux semaines avant d’envahir l’Ukraine, Poutine avait dit en parlant de l’Ukraine : “que tu le veuilles ou non, ma jolie, il faudra supporter” », rappelle Chloé Ridel. D’ailleurs, elle tisse un lien saisissant entre la définition de la guerre – qui vise à contraindre un adversaire par la force – et celle du viol.

    Géopolitique,

    par et pour les hommes

    Dans son livre, la conseillère municipale de Nîmes détaille l’agression russe, l’idéologie de Poutine et les conséquences pour son pays qui a fait de la puissance une marque de fabrique, au détriment d’une véritable politique sociale, n’épargnant pas les hommes. « L’espérance de vie des hommes russes à 15 ans est d’environ 54 ans », illustre-t-elle. Dans cet essai, Chloé Ridel détaille ainsi les conséquences des investissements dans l’armée au détriment du bien-être des populations.

    Dans cet ouvrage qui aborde également le viol comme arme de guerre, Chloé Ridel tente surtout d’illustrer « un angle mort des relations internationales » : « Ce que doit la violence des relations internationales à l’idéologie viriliste, masculiniste, qui s’incarne non seulement dans de nombreux dirigeants autoritaires à travers le monde mais aussi dans la théorie même des relations internationales et dans la façon dont on pense la puissance et la compétition. » Que ce soit chez les analystes sur les plateaux de télévision ou chez les dirigeants internationaux, les femmes restent en effet sous-représentées. « Il n’y a que 11% de femmes cheffes d’État à travers le monde », rappelle-t-elle.

    Chloé Ridel s’emploie à défaire les arguments de l’école « réaliste » des relations internationales, qui affirme que la morale n’a pas sa place dans les relations entre États qui agissent en fonction de leurs intérêts définis en termes de puissance. Une école qui s’appuie sur la maxime : « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » Chloé Ridel défend de son côté une vision solidariste des relations internationales où la paix serait synonyme de sécurité et de développement. Elle s’appuie pour cela sur des contre-modèles comme l’ancienne première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern ou la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, qui défendent la paix, le dialogue, la solidarité, le soin, la coopération. Des valeurs que les dirigeants masculinistes attribuent aux femmes et donc à la faiblesse.

    « Face à la mouvance masculiniste qui progresse, on est obligé d’engager une contre-révolution que j’appelle “géoféministe”. Je considère que l’émancipation des femmes et des filles est une politique de sécurité, est une priorité de notre défense pour construire la paix demain et qu’il faut qu’on y alloue des moyens et de l’importance politique », résume l’autrice.

    * Géoféminisme, Si tu veux la paix, prépare l’égalité. 192 pages. Éditions Stock. 19 euros.

    « Il n’y a que 11% de femmes cheffes d’État
    à travers
    le monde. »

  • Tragédie ferroviaire : l’Espagne en état de choc et des questions

    Tragédie ferroviaire : l’Espagne en état de choc et des questions

    La tragédie ferroviaire de mercredi qui s’est produite à Urda, dans la province de Tolède a provoqué en Espagne une énorme émotion et suscite d’importantes interrogations. Un deuil national de trois jours a été décrété et dès mercredi à 20h, des rassemblements ont eu lieu sur toutes les places et devant toutes les mairies d’Espagne pour observer une minute de silence en mémoire aux 68 personnes décédées, et en soutien à leurs familles, lors de ce terrible accident. Rappelons les faits. Ce mercredi à 8h53, deux trains grande vitesse se sont percutés au niveau de Urda dans la province de Tolède. Le 18 janvier c’est sur la même ligne qu’une collision entre deux trains causait la mort de 46 personnes à Adamuz en Andalousie. Ce sont au total 114 voyageurs décédés en à peine dix mois dans deux accidents de trains.

    Mercredi, pour une raison inexpliquée, comme l’a indiqué le ministre des Transports, Oscar Puente, lors d’un point presse, l’ordre de reprendre la circulation à marche normale a été donné à 8h36 par un opérateur du centre de contrôle d’Atocha. L’AVE qui avait déjà parcouru 25 kilomètres depuis Madrid a donc repris sa marche à pleine vitesse pour atteindre environ les 200 km/h. L’enquête devra dire pourquoi l’Iryo n’a pas redémarré suffisamment tôt, et n’a pu éviter la collision par l’arrière de l’AVE lancé à grande vitesse.

    Le ministre a indiqué également qu’il est « inexplicable que l’ordre ait été donné aux trains de redémarrer en marche normale alors que la signalisation à l’entrée de la gare de Urda était au rouge et qu’il aurait fallu ordonner le redémarrage en marche à vue c’est-à-dire à 40 km/h. L’enquête devra éclaircir les circonstances de cet accident ». De plus, la conductrice de l’Iryo avait fait savoir par radio au centre de contrôle qu’elle ne pouvait pas redémarrer immédiatement. Il y avait encore le temps de prévenir le conducteur de l’AVE pour qu’il réduise sa vitesse ou qu’il s’arrête… entre la remise en marche de l’AVE et le choc avec l’Iryo il s’est passé 17 minutes.

    L’extrême droite tente

    de récupérer le drame

    En plus des questions qui se posent quant à l’état du réseau et des systèmes informatiques s’ajoute l’incompréhensible réaction de l’opérateur, qui a ordonné le redémarrage en marche normale. Selon le journal en ligne Eldiario.es qui a pu avoir accès aux audios entre les conducteurs et le centre de contrôle, le problème a commencé avec une panne d’ordre technique, puis ont suivi au moins trois erreurs de l’opérateur, notamment en donnant l’ordre de redémarrage à l’AVE à grande vitesse, ce qui contrevient aux protocoles ferroviaires. Compte tenu des circonstances la marche à vue aurait dû être préconisée.

    Malgré le deuil national, respecté par presque tous les partis politiques qui ont suspendu leur agenda de pré-campagne électorale, plusieurs centaines de personnes ont manifesté mercredi soir devant le siège du ministère des transports à l’appel de « la phalange » parti néo franquiste aux cris de « criminels ! à bas le régime de 78 » autrement dit la transition démocratique. Vox, le parti d’extrême droite a pour sa part refusé d’interrompre sa campagne qu’il relance de plus belle et de façon indigne en utilisant cette tragédie à des fins politiques.

  • À Montpellier, Michaël Delafosse appelle à l’unité contre ce « racisme qui tue »

    À Montpellier, Michaël Delafosse appelle à l’unité contre ce « racisme qui tue »

    Ne laissons pas les ténèbres s’emparer de ce beau pays. Soyons unis pour combattre le racisme et l’antisémitisme. » Trois jours après l’attentat terroriste de Trappes qualifié de « raciste » par le Parquet, qui a coûté la vie à un jeune de 26 ans (Pengo Bossio Wangi) et blessé grièvement 5 personnes dont une fillette de 12 ans, c’est la gorge nouée que Michaël Delafosse s’est exprimé, lundi 26 octobre à midi.

    Devant plus de 200 citoyens, élus, associatifs… réunis pour cet appel républicain sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Montpellier, le maire socialiste a dit son ras-le-bol de cette violence, cette haine raciste qui se déchaîne trop souvent. « Hier tué car professeur enseignant la laïcité, ou citoyen parce que juif. Aujourd’hui parce que de couleur noire », a d’abord listé M. Delafosse en hommage aux précédentes victimes de la barbarie. « L’indignation, la colère, ne peuvent être sélectives. Nos silences peuvent devenir complices », insiste l’édile selon qui ne pas organiser ce rassemblement eut été « une faute ». Une marche de Plan Cabane jusqu’à la Comédie suivra le soir même en réunissant 2 000 personnes.

    Que des citoyens puissent être tués pour ce qu’ils sont est un « crime contre ce qui fonde la France ». De son côté, la présidente de Région, Carole Delga (PS), a dit son indignation. « Cette attaque a une origine et il faut la nommer. Elle s’inscrit dans un climat xénophobe que l’ultra droite et l’extrême droite entretiennent depuis des années, jour après jour, dans le débat public (…). Nous refusons que la peur de l’autre devienne un programme politique. »

    Inéligibilité réclamée

    En attendant que la qualification pénale de la tuerie de sang-froid soit établie, M. Delafosse avait lui aussi un message à faire passer. « Le racisme a tué, il tue. La parole raciste s’est trop libérée, scandaleusement propagée. Des chaînes d’info en continu laissent cours à des propos débridés qui arment les esprits. » Et le président de la Métropole de rappeler : « Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. »

    Voilà pourquoi il souhaite que change la loi. « Quelqu’un condamné pour racisme doit être inéligible. » Quant au possible motif psychiatrique que pourrait faire valoir le suspect arrêté, là encore M. Delafosse affiche son désaccord avec la règle actuelle. « Je crois qu’on ne peut se soustraire à la justice des hommes. Si quelqu’un a des problèmes psychiatriques, c’est à un jury populaire d’apprécier ce motif », dira-t-il.

    Le 26 octobre, d’autres rassemblements républicains se sont tenus à Nîmes ou Béziers à l’appel de syndicats, assos et partis politiques de gauche.

  • La coordination contre l’extrême droite passe les mairies RN au crible

    La coordination contre l’extrême droite passe les mairies RN au crible

    La Coordination départementale contre l’extrême droite (Codex 83) documente depuis 2014, dans le Var, les frasques des élus du parti à la flamme. Dans sa dernière publication, elle met en lumière la fragilisation des contre-pouvoirs et la réduction de la place accordée à certaines expressions culturelles, associatives et politiques.

    À Fréjus, par exemple, le maire David Rachline est notamment épinglé pour une modification du règlement intérieur du conseil municipal accordant davantage d’espace à la majorité au détriment de l’opposition, dans le bulletin municipal. Mais aussi pour la banderole visant les personnes sous obligation de quitter le territoire français, installée sur la mairie, qui a nécessité une intervention du préfet avant d’être retirée. Une majorité qui non seulement continue de distiller son idéologie mortifère, mais gère aussi la commune sans épargner ses administrés. En témoigne le vote d’une hausse de 22,4% de la taxe foncière, mais aussi des tarifs de cantine et du périscolaire. Et ce, alors que le RN fait régulièrement mine de défendre le pouvoir d’achat, rappelle Pascal Brun (Visa). L’occasion de dénoncer une fois encore l’imposture sociale du parti à la flamme.

    À Six-Fours, c’est le peu de respect pour la démocratie municipale qui est pointé, avec un maire coupant volontiers le micro à son opposition en séance publique et refusant une salle de réunion au Parti communiste. Sans compter les subventions sucrées au club de foot historique ainsi que son interdiction d’accéder aux équipements sportifs, avant qu’une décision de justice ne vienne remettre, du moins en partie, un peu d’ordre.

    À Salernes, la Codex s’inquiète des conséquences d’une plainte du maire RN contre un militant antifasciste dont le tort est de documenter les déclarations et les pratiques de ce parti sur Facebook. Mais aussi de la convocation du gérant du cinéma pour la programmation de films sur la Palestine.

    La conception étriquée de la culture par le RN est également épinglée. à Six-Fours, le festival La Vague classique est remis en cause avec une volonté municipale clairement exprimée de réduire les dépenses qui y étaient jusque-là consacrées.

    Climatosceptique, l’extrême droite n’aime pas non plus les mobilités douces et n’a pas de mot assez fort pour critiquer les aménagements de la maire SE de Toulon, Josée Massi. Alors que 500 cyclistes par heure en période de pointe ont été comptabilisés sur la nouvelle piste cyclable de l’avenue de la République. À La Seyne, le maire annonce d’ailleurs la suppression de 200 mètres de piste cyclable avenue Gambetta, afin de créer une trentaine de places de stationnement. On voit en effet les priorités.

    Toujours concernant l’ex-Cité des Chantiers, la Codex pointe la décision du 1er magistrat de priver de parole l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (Anacr) lors de la commémoration de la Libération de la ville.

    À Puget-sur-Argens, où le maire LR a reçu le soutien officiel du RN, la coordination rapporte des propos « insultants » tenus par une élue de la majorité envers une citoyenne dénonçant des contrôles au faciès. Tandis qu’à Saint-Raphaël, le maire de droite dure Frédéric Masquelier est accusé d’avoir fait pression pour « éliminer » une opposante municipale de gauche dans le cadre de sa carrière professionnelle.

    Bien sûr, nos lecteurs connaissent déjà la plupart de ces affaires, dont nous nous sommes fait l’écho dans nos colonnes. Mais mises bout à bout, elles donnent une vision encore plus vertigineuse de l’ampleur des dégâts à l’œuvre dans ce département.

  • [Exclusif] Le collaborateur de Franck Allisio pas encore viré

    [Exclusif] Le collaborateur de Franck Allisio pas encore viré

    Le 9 octobre dernier dès le petit matin, le député RN Franck Allisio avait annoncé mettre fin au contrat de son plus ancien collaborateur parlementaire, Louis Grégoire, après la révélation la veille par nos confrères de Libération de ses publications haineuses sur sa page Facebook privée. Une décision prise « afin de lui laisser le temps de la clarification », expliquait-il par communiqué, en s’en prenant à un article « publié par un média d’extrême gauche ». Mais trois semaines plus tard, son annonce reste encore lettre morte.

    Comme a pu le constater La Marseillaise, l’attaché parlementaire reste en effet toujours déclaré auprès de l’Assemblée nationale comme travaillant auprès du député RN. Une information que confirment les services du palais Bourbon en précisant que s’ils se voient notifiés d’un préavis, le collaborateur est sorti de l’application métier le jour même de la fin de son contrat. « Dès lors qu’un député veut licencier son collaborateur, il doit prévenir l’Assemblée », indiquent les services, qui rappellent que dans la quasi-totalité des cas, les attachés parlementaires sont gérés de façon déléguée par les élus eux-mêmes. Sans entrer dans le cas particulier du député RN de Marignane.

    « Nationalisme social »

    Interrogé par La Marseillaise, Franck Allisio se borne à répondre : « C’est en cours. Dans le respect de la procédure, du droit du travail et des droits des salariés. » Sans préciser quelle procédure a été engagée pour se séparer de son collaborateur, ni quelles autres mesures disciplinaires ont été décidées. Interrogé, Louis Grégoire n’a de son côté pas donné suite.

    « Pour licencier un collaborateur, cela se passe comme dans n’importe quelle entreprise qui relève du droit privé », témoignent plusieurs attachés parlementaires questionnés. « Plus qu’ailleurs, il y a la question du partage des valeurs et l’atteinte à l’image qui peuvent être mis en avant », précise-t-on. Et une avocate en droit du travail de rappeler la procédure : après la convocation qui peut être accompagnée par une mise à pied s’il ne s’agit pas d’une faute simple, l’entretien préalable doit se tenir dans un délai de cinq jours, puis le licenciement doit être notifié dans un délai compris entre 48 heures et un mois. « La procédure doit être engagée dans un délai maximal de deux mois après avoir pris connaissance des faits, s’il s’agit d’une faute grave il faut aller vite », nous explique-t-on. De quoi confirmer que le responsable départemental du RN aurait d’ores et déjà pu licencier son collaborateur.

    Les publications attribuées à Louis Grégoire étaient pourtant édifiantes, entre apologie de la Collaboration et références antisémites. « Pour faire une blague sur les Maghrébins, il faut être Maghrébin, sur les Noirs, il faut être Noir, sur les Juifs, il faut avoir un bon avocat », écrivait-il en 2018 en relayant une publication de l’association d’Alain Soral, tandis qu’en 2019, il cite l’écrivain fasciste et collaborationniste Robert Brasillach lorsqu’il voit dans les émeutes antiparlementaires du 6 février 1934 l’« espérance invincible d’une révolution nationale, la naissance exacte du nationalisme social de notre pays ». « L’armée française reconstituée par Pétain en Afrique du Nord aurait pu faire l’affaire si le colonel de Gaulle n’avait pas cassé les c*** », jugeait-il aussi en 2018. Des écrits « qui dateraient d’il y a dix ans », minimisait Franck Allisio le 9 octobre dernier, en assurant qu’ils étaient « inconnus de tous et antérieurs à son recrutement par l’Assemblée nationale ». Leur révélation ne l’a pourtant pas incité à épurer le plus rapidement possible ses équipes.

    L’élu régional le mieux indemnisé

    En amont de l’examen de son budget, la Région a présenté, ce 23 octobre, l’état récapitulatif des sommes perçues par les élus au titre de leurs mandats et fonctions. Selon les données présentées en date du 30 septembre dernier, c’est le député RN Franck Allisio qui perçoit le plus d’indemnités, à hauteur de 12 664 euros mensuels. Il figure ainsi devant la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, mais aussi devant deux autres députés RN, Frank Giletti et Frédéric Boccaletti. Et pour cause : il siège actuellement à l’Assemblée, au conseil régional, municipal et métropolitain. Un cumul rendu possible grâce au recours engagé contre le résultat des municipales. Le montant total perçu reste néanmoins plafonné à 8 897,93 euros par mois, le reste devant être reversé.

    Y.S.