Tag: extrême droite

  • Lucien Stanzione mise sur son expérience pour rester au Sénat

    Lucien Stanzione mise sur son expérience pour rester au Sénat

    La mode politique locale est aujourd’hui à l’absence d’étiquette ou aux divers quelque chose. Premier fédéral socialiste, Lucien Stanzione assume son appartenance politique mais le sénateur n’entend pas conduire une liste de gauche plurielle qui ferait la part belle aux partenaires classiques. « Cela n’exclut pas les discussions avec eux mais l’élection se fera avec des élus et non des politiciens, une liste d’élus locaux dans laquelle les maires se reconnaîtront », prône le parlementaire qui a, ce vendredi, officialisé sa candidature pour un deuxième mandat.

    Un calcul différent de 2020, car le scrutin du 27 septembre répond à une autre réalité : la perte, aux municipales, de villes de gauche comme Avignon, Carpentras voire Monteux hypothèque grandement les chances de victoire si l’on se fie au pur calcul arithmétique des grands électeurs. Lucien Stanzione doit donc changer de stratégie. « Dans mes visites [il a déjà rencontré 50 des 54 nouveaux maires], les élus attendent vraiment qu’on les accompagne sur leurs problématiques, plutôt qu’un dimensionnement politique », analyse l’ancien maire d’Althen-des-Paluds.

    Sa liste, dont le trio de tête est arrêté mais qu’il ne dévoilera que dans un mois, sera donc divers gauche. « La bataille sera difficile, mais hors de question de renoncer ou se résigner, il faut porter une voix sociale, de solidarité et sur l’environnement », promet-il, tout en excluant tout rapprochement avec LFI qui vient de désigner ses chefs de file (lire l’encadré). La connaissance fine du terrain établie depuis six ans ainsi que son bilan seraient donc la recette pour espérer être réélu. Sur les 3 sénateurs sortants, seul Alain Milon (LR) ne devrait pas repartir. « Dans notre diversité politique, avec aussi Jean-Baptiste Blanc [sénateur LR candidat], l’équipe sortante n’a pas démérité et a répondu aux attentes des élus, en proximité et simplicité en dehors des débats politiciens », estime Lucien Stanzione.

    Alors qu’Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon, a lancé son mouvement Le bon sens des territoires, et positionne son adjointe et compagne Anaïs Hausmann comme candidate et que d’autres possibles candidats de centre droit prennent le pouls d’une candidature (notre édition de mercredi), Lucien Stanzione prévient : « La multiplication des listes et dispersion des voix profitera au RN, je ne me résous pas à ce que le Vaucluse ait un premier sénateur d’extrême droite. » Actions sur la crise de la lavande, des cerises, mais aussi interventions contre les fermetures de service d’urgence ou défense de l’agro pastoralisme sont autant de thèmes évoqués quant à son bilan.

  • À Fos, la CGT dénonce la venue de députés RN

    À Fos, la CGT dénonce la venue de députés RN

    Après le groupe municipal d’opposition « Notre Fos », la CGT dénonce à son tour la venue des députés d’extrême droite à Fos-sur-Mer. Car c’est au sein d’une salle municipale, la Maison de la mer et du sport, qu’Emmanuel Taché, Franck Allisio et Emmanuel Fouquart ont annoncé la tenue d’une réunion publique la semaine prochaine.

    L’Union locale prévient : « Le discours sera rodé : “On défend les travailleurs”, “on protège le pouvoir d’achat”, “on est le parti du peuple”. Les actes, eux, ne mentent pas. À l’Assemblée nationale, le RN vote contre l’augmentation du Smic à 1 500 euros net mensuel, contre l’indexation des salaires sur l’inflation, contre le gel des loyers, pour le durcissement des droits à l’assurance chômage, contre le rétablissement de l’ISF, contre la revalorisation des petites retraites ; et propose régulièrement de nouvelles exonérations de cotisations sociales au bénéfice du grand patronat, au détriment de la sécurité sociale. » Sur un sujet plus local, le secrétaire général Fabien Marzat rappelle qu’Emmanuel Fouquart, comme son groupe, s’est abstenu lors du vote concernant la nationalisation d’ArcelorMittal (lire page 18). « Derrière les discours de façade, les actes parlementaires du RN ne sont pas en faveur du monde du travail », affirme-t-il.

    Les Unions locales voisines soutiennent la position de la CGT Fos. Nicolas Stamatiou, secrétaire général du syndicat de Port-Saint-Louis-du-Rhône, appuie : « Ils ont raison de refuser ces accointances-là. On sait que Philippe Maurizot a été soutenu par le RN pendant la campagne [via le label « La Provence qu’on aime », Ndlr.]. Il devait soi-disant s’en détacher, mais chasse le naturel il revient au galop : il lui ouvre rapidement les portes d’une salle municipale. Le danger, c’est pas tant que ces gens-là se réunissent, ils l’ont toujours fait dans les lieux privés, mais c’est que des élus locaux valident l’extrême droite et ses idées dans l’arc républicain. Les digues tombent. »

  • Vague de solidarité pour le Planning familial de Carpentras

    Vague de solidarité pour le Planning familial de Carpentras

    « Au final, ça nous a aussi donné de la visibilité et l’opportunité de redire que ce que l’on fait est primordial », glissait ce lundi 8 juin Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial de Vaucluse, après le retrait de la subvention de 3 000 euros de la part de la municipalité d’extrême droite de Carpentras ce vendredi 5 juin. Preuve en est : depuis cette décision, la structure a récolté pas moins de 4 000 euros de dons.

    « Il y a énormément de messages d’empathie et de bienveillance. On se sent soutenu. Cet engouement nous fait énormément de bien », confirme la dirigeante associative. La subvention était notamment fléchée sur des interventions auprès de jeunes publics ainsi que sur un groupe de parole autour de la parentalité. « On ne laissera pas tomber ce public », insistait Anne-Lise Nadaud.

    « Wokisme »

    L’édile Hervé de Lépinau (RN) a de son côté souhaité faire une « mise au point » sur ses réseaux sociaux. Après avoir répété les mêmes arguments que lors du conseil municipal, c’est-à-dire qu’une association devrait être apolitique pour pouvoir toucher une subvention et lui reprochait de « taper » sur son parti, il s’est permis d’écrire que la structure s’est « largement éloignée de son objectif premier, à savoir l’égalité des droits, pour devenir un organe politisé et partisan, mais aussi un avant-poste d’une idéologie controversée qu’est le wokisme ». Comme quoi œuvrer pour l’éducation sexuelle et l’accès à l’avortement, auquel le maire est notamment opposé, ne convient pas à tout le monde.

    Dons possibles sur helloasso.com/mouvement-français-pour-le-planning-familial

  • Deux ans d’inéligibilité pour le suppléant d’un député RN de Plan-de-Cuques

    Deux ans d’inéligibilité pour le suppléant d’un député RN de Plan-de-Cuques

    Suppléant et attaché parlementaire du député RN José Gonzalez, Stéphane Simond a été reconnu ce lundi matin coupable de complicité et usage de faux et de tentative d’inscription indue sur les listes électorales. Habitant à Allauch, celui-ci avait fait réaliser une fausse attestation d’hébergement pour pouvoir se présenter comme tête de liste RN à Plan-de-Cuques où il a été réélu au conseil municipal (notre édition du 03/06). « C’est bien lui qui a demandé d’établir un faux en novembre 2025 pour demander une inscription sur les listes électorales », a pointé le juge qui l’a condamné à trois mois de prison avec sursis, une amende de 1 500 euros et surtout deux ans d’inéligibilité. « C’est un élu de la République qui a mis en danger la sincérité du vote », insistait le juge.

    5 000 euros pour

    la commune

    L’ami qui lui a signé l’attestation, Jean-Marc Gigante, écope lui d’une amende de 1 500 euros dont 1 000 euros avec sursis, et d’un an d’inéligibilité, reconnu coupable de faux et de complicité de tentative d’inscription frauduleuse sur les listes électorales. « Même si vous n’aviez pas conscience du risque, l’élément intentionnel est présent », expliquait le juge, en ironisant : « Il est peu crédible que Stéphane Simond vous demande de faire un faux document sans vous dire pourquoi. » Ils devront tous deux verser solidairement 5 000 euros à la commune pour son préjudice matériel.

  • Logement social dans le Var : les partisans de « l’ordre » s’insurgent contre la loi

    Logement social dans le Var : les partisans de « l’ordre » s’insurgent contre la loi

    Depuis la présentation par le préfet la semaine dernière de sa stratégie pour augmenter la production de logements sociaux dans le département, afin de répondre aux besoins de la population, en termes de dignité pour commencer, les réactions d’hostilité ne se sont pas fait attendre. Comme si la droite et l’extrême droite si promptes à réclamer toujours plus de fermeté envers la jeunesse s’acharner à défendre avec presque autant de ferveur les maires hors la loi.

    Pour mémoire, le représentant de l’État annonçait aussi l’audience prochaine des premiers magistrats. L’objectif étant d’évaluer les résultats de l’application de la loi Solidarité et renouvellement Urbain (SRU) pour l’exercice 2023-2025. Ainsi que le volontarisme des élus aux manettes. Avec la ferme intention de réclamer à tous ceux qui continuent de traîner les pieds de s’engager dans une voie vertueuse au risque sinon de perdre la main sur la délivrance des permis de construire. Rien de scandaleux, au contraire. Puisque les récidivistes sont invités une fois encore à mieux faire. Déjà beaucoup trop pour le maire de Carqueiranne qui aussitôt crie à l’injustice.

    « Il m’a parlé comme à un enfant », déclare-t-il en conseil municipal (des propos rapportés par notre confrère Var Matin), faisant même planer la menace de démissionner. Le référent de la Fondation pour le logement Jean-Paul Jambon rappelle pour commencer qu’« en septembre 2020 Arnaud Latil alors fraîchement élu, fut déjà soumis à la question par la commission départementale pour l’exercice 2018-2019 ». Sur un bilan donc dont il n’était alors pas responsable, consent-il. Mais le militant logement de préciser, que lors de ces rencontres avec le préfet le maire n’aurait pas non plus laissé entrevoir d’emblée trop d’intérêt pour le logement social.

    À cela s’ajoute l’absence d’un Plan local d’urbanisme de la commune, insiste-t-il. Et ce malgré les propositions en 2024 de l’ancien préfet du Var Philippe Mahé qui proposait de mettre à sa disposition les services de l’État pour l’aider dans cette démarche.

    Aucun « volontarisme »

    « Contrairement donc à ce qu’il prétend avoir entrepris depuis 2020, le volontarisme ne semble pas avoir été à l’ordre du jour, et l’on peut comprendre l’agacement du préfet Babre chargé de faire appliquer la loi et de recourir aux moyens préconisés par le Ministre du logement dans sa dernière circulaire », juge Jean-Paul Jambon. Le militant logement, en profite d’ailleurs pour s’étonner de l’intervention du président du département Jean-Louis Masson (LR) venu à la rescousse du maire de Carqueiranne qui, selon lui, « défend avec détermination les intérêts de sa commune et de ses habitants ». Vraiment ? L’intérêt général n’est-il pas de répondre aux besoins de ses habitants ?

    Et de rappeler « une tribune conjointe des maires de MTPM en 2022 », du même acabit, fustigeant le préfet de l’époque Evence Richard, que Jean-Louis Masson traitait de « préfet servile », tout ça parce qu’il faisait appliquer la loi.

    Ce qui est un petit peu surprenant venant d’ancien un officier supérieur de la gendarmerie. La députée d’extrême droite Laure Lavalette est également montée au front, non pas pour défendre les intérêts des classes populaires, mais pour pilonner la loi SRU, « une stupidité sans nom, promulguée par la gauche ». Selon elle, les maires n’ont besoin de personne pour construire en respectant l’urbanisme, l’environnement et la demande sociale. Une blague ? Pour ce qui est de Carqueiranne, en 2023 on comptait 5,56% de logement sociaux contre 4,84% en 2002, soit une progression de 0,72% en 20 ans.

    Pendant que les demandes, elles, progressaient de 11,85% avec une tension de 14,4% c’est-à-dire une attribution pour 14 demandes. Sans commentaire.

  • À Fos-sur-Mer, une réunion du RN provoque une levée de boucliers

    À Fos-sur-Mer, une réunion du RN provoque une levée de boucliers

    C’est un post sur Facebook qui a alerté les forces progressistes. Franck Allisio, Emmanuel Fouquart et Emmanuel Taché, trois députés d’extrême droite du département des Bouches-du-Rhône, y annoncent la tenue d’une rencontre publique, vendredi 19 juin, au sein de la Maison de la mer et du sport.

    Une « salle communale très connue des Fosséennes et des Fosséens, transformée en lieu d’accueil d’une réunion diligentée par le RN », réagit le groupe municipal d’opposition Notre Fos. « Le prêt de la salle a été forcément validé par le maire ! Si le doute persistait encore chez certains, maintenant, nous avons la certitude que notre ville est dirigée par l’extrême droite. »

    Classé divers droite par la préfecture au moment du dépôt des listes, lors de la campagne municipale, Philippe Maurizot avait pourtant rejoint le label du RN « La Provence qu’on aime », portant sur des éléments programmatiques, et reçu le soutien de son délégué départemental, Franck Allisio.

    « Nous, élus et sympathisants de gauche, n’acceptons pas que Fos devienne le lieu de rendez-vous de l’extrême droite du département, voire de la région, écrivent les élus d’opposition, dans un communiqué. Nous refusons que le nom de notre ville soit associé au déclin de la démocratie de notre pays. » Ils appellent « tous les démocrates de Fos, de l’Ouest de l’étang de Berre et du département » à une grande marche populaire et citoyenne devant la Maison de la Mer, vendredi 19 juin, à 18h30.

  • À Carpentras, boycott et riposte citoyenne face au RN

    À Carpentras, boycott et riposte citoyenne face au RN

    En réaction à cette prise de pouvoir certains s’insurgent. Le passage au RN a poussé l’association des Passagers du Zinc à annuler les « Guinguettes de l’Auzon », petit festival qui rassemblait environ 2 500 personnes sur les berges du cours d’eau. Dans les colonnes de nos confrères de La Provence, la structure évoque une décision prise en cohérence avec son « positionnement au niveau national », car le Syndicat des musiques actuelles, auquel elle est adhérente, « se positionne clairement face aux risques de l’extrême droite ».

    Même constat du côté de la librairie indépendante Gulliver, qui a fermé ses portes en raison, en premier lieu, de difficultés financières. Mais le passage à l’extrême droite « a été la goutte d’eau » confie la gérante, Céline Allies. Elle se focalise désormais sur d’autres actions, toujours à Carpentras. « On a monté un collectif pour faire la bataille culturelle. Il faut que l’on garde une certaine solidarité », poursuit-elle.

    Au lendemain des élections, un collectif antifasciste s’est également formé en réaction : Carpentras Ventoux Antifascistes. « Que la ville où j’ai grandi passe au RN, c’est un choc très violent. On ne porte pas spécialement l’ancienne municipalité dans notre cœur, mais on voit déjà les répercussions, notamment culturelles », témoigne Axel*, membre de l’organisation. « Ils veulent faire de Carpentras la nouvelle Orange. On souhaite simplement dénoncer toutes les actions problématiques », explique à ses côtés Mathieu*, un autre membre. Avec une dizaine d’autres personnes, ils s’organisent pour « dénoncer ce que l’extrême droite est réellement ».

  • [Entretien] Léon Deffontaines, PCF : « Les communistes souhaitent un parti qui joue un rôle de 1er plan »

    [Entretien] Léon Deffontaines, PCF : « Les communistes souhaitent un parti qui joue un rôle de 1er plan »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction après le choix du projet de base commune par les communistes ?

    Léon Deffontaines : Je me félicite de la mobilisation des communistes. C’est quand même assez exceptionnel, dans le contexte politique national, de réussir à avoir une telle vitalité démocratique. Je salue les dizaines de milliers de communistes qui se sont mobilisés, tout le long du week-end, pour choisir la base commune de discussion qui sera soumise aux congrès de section. J’observe que les communistes souhaitent poursuivre ce qui a été engagé par Fabien Roussel depuis 2018, notamment la réaffirmation d’un Parti communiste français qui soit un parti de premier plan sur la scène politique nationale et qui entend jouer un rôle de plus en plus important. C’est, je crois, très enthousiasmant et très intéressant. Cela vient conforter la stratégie et les orientations politiques entreprises ces dernières années. Maintenant, il incombe à la direction nationale de rassembler l’ensemble des communistes sur le texte majoritaire « Un communisme de conquête », qui est désormais la base commune de discussion pour que chaque sensibilité, mais surtout chaque adhérent, en prise avec les réalités militantes, puisse s’approprier le texte, débattre, et l’amender pour l’enrichir. C’est une nouvelle étape dans la perspective d’avoir un candidat communiste à l’élection présidentielle, en l’occurrence Fabien Roussel, et c’est une très bonne chose.

    Outre la question de la présidentielle, quelles sont, à grands traits, les orientations de la base commune de discussion ?

    L.D. : Elle propose un parti résolument tourné vers le monde du travail. Je pense que la préoccupation que chaque communiste a, c’est de savoir comment on est capable de faire reculer l’extrême droite et de permettre à la gauche de l’emporter. Cette question est centrale. Si on veut faire reculer l’extrême droite, il faut un Parti communiste, fort, présent, tourné vers le monde du travail qui, année après année, s’est détourné de la politique en général, de la gauche en particulier, voire même qui est tombé dans un vote Rassemblement national. Ce qu’exprime le vote des communistes, c’est que si on veut reconquérir cette base sociale, il faut un PCF tourné vers les travailleuses et les travailleurs, capables d’aller aux portes des entreprises, dans les entreprises elles-mêmes, pour discuter et démontrer que le RN n’est pas la solution et qu’un parti existe, à gauche, qui parle d’eux et défend leurs intérêts. C’est toute l’ambition de la base commune adoptée par les communistes ce dimanche.

    La spécificité du fonctionnement du PCF, c’est que le texte majoritaire devient la base de discussion de l’ensemble des adhérents. Fabien Roussel avait exprimé des inquiétudes avant le vote à propos de pressions extérieures. Comment, désormais, réunir l’ensemble des communistes sur ce texte ?

    L.D. : Dans l’histoire du PCF, depuis les années 2000 où on a des textes alternatifs qui peuvent être déposés dans nos processus de congrès, rares ont été les textes choisis à une aussi large majorité. Il y a eu un débat parfois houleux sur les réseaux sociaux, mais ce qui transparaît sur ces plateformes est assez éloigné de la réalité du parti. Il y a eu aussi une certaine forme d’ingérence de la part d’autres formations politique, notamment de la France insoumise, qui n’ont pas obtenu gain de cause. Cela démontre que le Parti communiste français n’est pas un parti qui se laisse influencer par d’autres formations. Je crois que cela démontre la vitalité démocratique, la force et la conviction des militants communiste dans la période. Aujourd’hui, j’invite celles et ceux qui ont pu s’exprimer parfois de manière virulente sur les réseaux sociaux, à construire collectivement le Parti communiste qu’on souhaite et donc à s’inscrire pleinement dans les congrès locaux, départementaux et enfin dans le congrès national qui aura lieu à Lille, les 3, 4 et 5 juillet. Près des deux tiers des communistes ont souhaité se rassembler sur ce projet de base commune, et les messages que l’on reçoit ce dimanche, de la part de soutiens des autres textes, montrent que ces camarades ont le souhait de s’investir aussi dans le processus de congrès.

    Propos recueillis par L.P.

  • La droite héraultaise aussi en proie aux divisions

    La droite héraultaise aussi en proie aux divisions

    Vu le nombre d’élus municipaux qu’elle compte, la droite héraultaise est en droit d’espérer obtenir un second siège de sénateur. Et pourtant, la mission ne s’annonce pas simple.

    À l’instar de la gauche, la droite pourrait partir divisée dans l’Hérault. Le sénateur sortant Jean-Pierre Grand n’a jamais caché son souhait de continuer à siéger au Palais du Luxembourg qui compte, paraît-il, le meilleur restaurant de Paris. L’ancien maire de Castelnau-le-Lez a même déjà l’investiture du parti d’Édouard Philippe, Horizons.

    Affaire réglée ? Pas du tout. Puisque contre toute attente, un autre élu Horizons revendique lui aussi l’étiquette. Il s’agit du maire de Saint-Georges d’Orques, Jean-François Audrin, qui n’est autre que… le délégué départemental d’Horizons dans l’Hérault ! Chez les troupes du maire du Havre aspirant à l’Élysée, on marche donc sur des œufs. J.-F. Audrin finira-t-il par rentrer dans le rang d’une manière ou d’une autre sachant que la 3e place qui pourrait lui être attribuée derrière J.-P. Grand ne sera pas éligible ? Ou bien J.-F. Audrin montera-t-il sa propre liste sous peine d’être exclu ? Suspense.

    LR et RN en réflexion

    Pendant ce temps, Joseph Francis avance. Après avoir échoué de peu en 2020 (5e avec 9,45%, 234 voix), l’entrepreneur montpelliérain s’est déclaré… cette fois sans le soutien de l’UDI. « Je dévoilerai ma liste fin juin. J’aurai des maires avec moi. Je m’occupe d’eux, pas des candidats ni des partis politiques », précise Joseph Francis qui a l’air vacciné des étiquettes. « Ils font de la tambouille. Il y en a marre de la politique d’hier, des calculs. Les maires sont dans une détresse totale, ils ont besoin qu’on s’occupe d’eux », charme le chef d’entreprise qui dit rencontrer entre deux et douze maires par jour.

    Du côté des Républicains, on est encore au stade de la réflexion et des discussions en coulisses. « Pour l’instant, il n’y a pas de liste LR, on va voir », glisse le secrétaire héraultais Arnaud Julien, dans l’expectative. En charge des sénatoriales, le maire de la Grande-Motte, Stéphan Rossignol, n’a pu être joint pour nous en dire davantage.

    Quant à l’extrême droite, elle n’a pas davantage communiqué. Si à Béziers Robert Ménard ne semble pas intéressé pour peser dans ce scrutin, nul doute que, comme en 2020 (8e avec 4,76% soit 118 voix), le RN présentera une liste dans l’Hérault. Selon les premiers bruits, elle pourrait être menée par l’ancien candidat RN aux régionales 2021, Jean-Paul Garraud. Étonnant puisqu’il est déjà député européen. Ou bien par Sébastien Pacull, qui a pourtant raté son pari aux Municipales à Sète. À ce stade, rien n’est donc acté.

  • [Sénatoriales] Denis Bouad : « Il faut être uni à gauche et y aller à fond »

    [Sénatoriales] Denis Bouad : « Il faut être uni à gauche et y aller à fond »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir changé d’avis et être aujourd’hui candidat aux sénatoriales ?

    Denis Bouad : J’ai 73 ans et j’ai effectivement dit que j’étais prêt à passer la main le cas échéant. Puis j’ai regardé ce qu’il se passait. J’ai vu qu’il y avait beaucoup de candidats à ma succession et qu’il allait même y avoir des candidats dissidents s’ils n’étaient pas investis par le parti. J’ai ensuite vu Carole Delga qui n’a pas apprécié que j’ai pris cette décision sans lui en parler, ce qui est vrai d’ailleurs. Elle m’a dit que j’avais fait une bêtise et qu’il fallait que je me présente. La présidente du Département (Françoise Laurent-Perrigot) m’a aussi dit que je faisais une bêtise. J’ai ensuite vu ce groupe d’élus, de toute sensibilité politique du Département et de la Région, qui me demandaient d’y retourner. C’est ce qui m’a poussé à me présenter. Il faut aussi dire que le PS avait dit que si le sortant ne se représentait pas, c’est une femme qui devait être investie. Katy Guyot était alors candidate mais il y a eu une levée de boucliers et elle s’est retirée. Il ne restait alors plus que des hommes. J’ai trouvé ça un peu cavalier donc ça m’a aussi poussé à revenir.

    Comment appréhendez-vous cette échéance ?

    D.B. : Nous sommes dans un département où il y a six députés d’extrême droite, un député européen RN et deux sénateurs de droite face à une députée européenne et un sénateur socialiste. Avec les élections municipales, on a gagné Nîmes mais on a aussi perdu beaucoup de collectivités territoriales, comme le Grau-du-Roi, Vauvert, Saint-Hilaire-de-Brethmas, Bagnols-sur-Cèze… Pour les élections sénatoriales, il va donc falloir faire une campagne en disant haut et fort que nous avons cette volonté de gauche et d’union de la gauche. Parce que dans un an, il y a l’élection présidentielle, puis il y aura une dissolution. Il y a des circonscriptions qui seront très difficiles à gagner pour la gauche. Nous avons trois ou quatre circonscriptions où nous pouvons espérer l’emporter. Pour cela, il faudra une large union parce que huit mois après les législatives, les élections départementales arrivent. Et si on prend une rouste aux élections législatives, on va reprendre une rouste aux départementales. Il faut donc que dès les sénatoriales, nous ayons un élan qui soit fort.

    Le RN peut-il remporter un siège dans le Gard ?

    D.B. : Le Rassemblement national assoit sa base partout. Au-delà de sa victoire, le RN est aussi n°2 à Nîmes et à Alès. Quel sera son score ? Je ne sais pas, mais le RN va faire un score et il risque de gagner un élu. Moi, mon combat, c’est contre l’extrême droite. Donc il faut être uni à gauche et y aller à fond.

    Où en sont les discussions avec les autres forces de gauche ?

    D.B. : Je dis depuis le début qu’il faut un socialiste en tête de liste, suivi d’une communiste derrière parce qu’ils ont gagné Nîmes. Après, il faudra peut-être mettre un socialiste en 3 et puis s’entendre avec les Radicaux et les Écologistes pour les deux places suivantes. J’ai donc discuté avec plusieurs membres du Parti Communiste qui sont plutôt favorables pour que ce soit Cathy Chaulet en deuxième position. Ça me va très bien parce qu’elle est conseillère départementale, on se connaît depuis des années et on partage la même analyse sur beaucoup de sujets.

    Quel bilan tirez-vous
    de ce mandat ?

    D.B. : Nous avons une politique macroniste depuis des années qui assomme les classes populaires. Nous sommes arrivés à 3 500 milliards de dette, c’est catastrophique. En face, on a des Républicains qui s’opposent soi-disant à ce gouvernement, mais ils votent tout ce qu’il propose. Ils nous parlent toujours des problèmes d’immigration, des problèmes de triche au RSA, de triche à la sécurité sociale. Tout ce que je combats. Quand Retailleau prend la parole, ce n’est jamais très loin de ce que dit Marine Le Pen ou Jordan Bardella.

    Comment va se dérouler votre campagne ?

    D.B. : Nous ne sommes pas encore en campagne aujourd’hui car le vote n’est que le 27 septembre. Il faut que nous soyons en ordre de marche début juillet. Nous organiserons ensuite des rencontres avec les maires pour leur expliquer notre démarche et pourquoi on en est là. Il y a 129 nouveaux maires dans le département donc ce seront eux que nous allons rencontrer en priorité.