Quel est l’objectif politique de cette initiative ?
Marianne Collas : Elle s’inscrit dans la campagne de solidarité avec Cuba pour sensibiliser politiquement aux graves conséquences qu’engendre le blocus sur l’île et les menaces d’agression que continue de faire planer Trump depuis quelques mois. Les États-Unis exercent une pression incroyable sur le pays mais aussi sur tous les partenaires, les entreprises qui, dans le monde, peuvent coopérer ou collaborer avec Cuba. Ils prennent des sanctions en dehors du droit international pour empêcher, par exemple, la solidarité concrète qu’il peut y avoir au niveau de la France et au niveau du monde entier.
Comment le PCF met-il en branle cette solidarité avec Cuba ?
M.C. : On a entrepris dans le même temps une campagne de collecte de médicaments et de produits d’hygiène tout en alertant sur l’aggravement de la situation. Et on a obtenu des succès puisque certains containers, on l’a appris il y a quelques jours, ont pu être déchargés à Cuba. Ils contenaient justement du matériel et des médicaments pour les hôpitaux, mais aussi pour la vie quotidienne des gens à Cuba. C’est une grande victoire parce que tout était bloqué.
On a mené une intervention, bien évidemment, auprès du gouvernement français pour qu’il intervienne au niveau des affaires étrangères.
Vous parlez de sensibilisation du grand public, comment cela se passe-t-il auprès du cercle non militant ?
M.C. : Nos messages ont eu un écho très positif y compris auprès des gens pour qui on aurait pu se dire que Cuba ne les concernait pas. Mais vraiment, à chaque fois qu’on a mené des initiatives publiques, on a rencontré vraiment du succès. Et beaucoup de gens même veulent continuer dans la durée à soutenir Cuba. La solidarité financière va d’ailleurs se poursuivre pour participer à l’électrification d’un hôpital pédiatrique de La Havane. C’est intéressant aussi de pouvoir travailler et collaborer avec des entreprises sur place ou autour de Cuba.
L’irréprochable image du Che peut encore aider la cause ?
M.C. : Je crois qu’il y a beaucoup de jeunes, notamment, pour qui effectivement l’image du Che reste un symbole de révolte contre l’injustice. Et effectivement, aujourd’hui, alors qu’ici même, aujourd’hui à Toulon et ce matin à Brignoles des jeunes et de moins jeunes manifestent contre les injustices et pour la solidarité ça résonne tout particulièrement. On assiste à une jeunesse qui se soulève dans le monde entier contre la société capitaliste telle qu’elle est, qui brise les vies. Et il y a une aspiration à plus de justice, de liberté, d’égalité, etc.
La projection du film
va donc permettre d’approfondir
la réflexion…
M.C. : Oui, d’autant qu’on a la chance d’avoir le réalisateur du film présent ainsi que Maïté Pinero spécialiste de l’Amérique latine. C’est pour ça qu’on invite vraiment un très large public à venir et à débattre l’avant-veille d’un vote aux Nations unies pour une nouvelle résolution rapport au blocus de Cuba. C’est important parce qu’on sait que l’administration Trump fait pression auprès de beaucoup de gouvernements pour qu’elle ne soit pas adoptée. Les camarades cubains demandent vraiment à tous les pays du monde de faire très très fort sur cette sensibilisation-là.

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