Pas de photos ni de noms. Voilà les consignes du collectif anti-fasciste qui s’est monté sur le territoire de Martigues. « On n’a pas peur, mais on ne va pas prêter le flanc à un fichage », explique l’une de ses membres. Et une autre de compléter : « On ne cherche pas l’affrontement, on cherche les batailles des idées ».
Face aux récentes offensives de l’extrême droite, la lutte antifasciste se structure hors des grandes villes. Récemment, un groupe a vu le jour à Salon-de-Provence. C’est donc au tour de Martigues de disposer de son propre outil. « Il y a nécessité de s’organiser face à la montée du RN, qui met en péril les solidarités telles qu’on les connaît, et est une menace au quotidien pour les plus précaires. À l’Assemblée nationale, ce sont des gens qui votent systématiquement en faveur de l’ordre établi, des puissants. »
L’objectif du collectif : produire de l’information, proposer du décryptage à travers des ateliers d’éducation populaire pour « se former » sur la longue histoire du fascisme et de l’anti-fascisme, organiser des discussions, des meetings, des présentations de travaux ou d’ouvrages par leurs auteurs, des projections de films ou de documentaires… « L’idée c’est de prendre l’intégralité des supports possibles pour parler à un plus grand nombre », expliquent les militants.
Le collectif porte déjà une première action. Il entend retirer les badges et l’accréditation parlementaire de Thibaut de Bougrenet de la La Tocnaye, collaborateur du député de la 13e circonscription Emmanuel Fouquart (RN). Les militants dénoncent son action auprès des phalangistes au Liban, deux mois après le massacre des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila, dont il défend la « légitimité » et la « nécessité » dans ses mémoires publiées le 4 décembre 2025. En couverture du livre, une photo sur laquelle on distingue de nombreux saluts nazis. Les militants rappellent son engagement auprès des Contras au Nicaragua, une milice armée menant des actes terroristes selon Amnesty International, dont le bilan des ONG fait état de 4 000 assassinats et 6 000 disparus, ou encore sa possible implication dans les crimes de Sisak, en Croatie, en 1991. Nous avions relaté ce CV sulfureux en avril.
« Comment un assistant parlementaire si éloigné des valeurs de la République, ouvertement fasciste et justifiant les crimes de guerre (…), les crimes terroristes (…), et les crimes contre l’humanité, a-t-il encore accès à l’assemblée ? » interroge le collectif, qui lance une pétition pour demander au Procureur de la République d’engager des poursuites à son encontre. « Les attachés parlementaires, c’est aussi de l’argent public. Il faut rendre compte de ces agissements, son CV mérite d’être porté à la connaissance de toutes et de tous », affirment les militants.

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