Tag: Blocus

  • Une rentrée de mobilisation dans plusieurs lycées marseillais

    Une rentrée de mobilisation dans plusieurs lycées marseillais

    La colère n’est pas retombée. Ce lundi, à l’occasion de la rentrée des vacances de la Toussaint, le mouvement lycéen est reparti de plus belle. Pour l’exécutif qui tablait sur un retour à la normale après avoir annoncé le remplacement progressif de Parcoursup en 2028, le plafonnement des classes de seconde à 28 élèves, et le gel des suppressions de postes d’enseignants, c’est raté.

    « On était ce matin sur quelques lycées perturbés, c’est a priori assez résiduel, quelques-uns en Île-de-France, quelques-uns dans le Nord, un ou deux à Toulouse », affirmait Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation, sur la matinale de France Inter. À 9h30, son ministère indiquait que 41 établissements étaient bloqués en France. Rien qu’à Marseille qui compte 75 établissements, une quinzaine était bloquée.

    Le MNL 13 organise

    sa première manifestation

    Quatorze exactement pour reprendre le décompte du Mouvement national des lycéens des Bouches-du-Rhône. « Ce lundi c’est un jour de chauffe », glisse au passage le syndicat, rappelant que les deux journées noires de blocus ont été annoncées pour ce mardi et jeudi, jour de la journée de grève de l’intersyndicale interprofessionnelle. Le MNL 13 organisera d’ailleurs ce mardi, sa première manifestation, « avec notre propre service d’ordre, des lycéens et des professeurs » à 10h30 au départ des Réformés.

    Derrière le mot d’ordre « pas de moyens pas de rentrée », les lycéens ont mis le réveil très tôt ce lundi pour organiser les blocus de leur lycée. Dans le centre-ville, la direction du lycée Thiers (1er) a finalement décidé de fermer les portes pour la journée, pendant que les Remparts (7e), Saint-Charles (1er), Montgrand (6e) étaient bloqués. Sur ce dernier, la poursuite du blocus a été votée devant le lycée à une très large majorité des lycéens présents. Plus loin les élèves ont bloqué Marie-Curie (5e), Diderot (13e), Marcel Pagnol (10e) et Saint-Exupéry (15e) où le dispositif des forces de l’ordre semblait comme souvent surévalué.

    Toujours des tensions

    à Marseilleveyre

    Dans l’après-midi, les lycéens de Victor-Hugo qui avaient échoué le matin ont eux aussi barré l’entrée de l’établissement. Presque partout des voitures de la police nationale ont surveillé la mobilisation de loin, qui s’est déroulée dans le calme et souvent sous la surveillance de quelques professeurs des établissements.

    Dans les quartiers sud, les entrées de Daumier (8e), un lycée qui avait rouvert ses portes avant les vacances, et de Périer (8e), ont aussi été bloquées par des poubelles et des barrières. Rue Paradis, la cheffe d’établissement de ce dernier a tenté de faire passer des lycéens par la porte de service, sans trop de succès mais pas sans heurt. Des élèves ont été légèrement touchés par des poubelles que des personnels ont poussées sur eux en tentant de dégager le blocus, confirme une professeure restée sur le trottoir.

    Devant les cités scolaires Jacques-Chirac (2e) et Marseilleveyre (8e), deux « établissements d’excellence » de la ville, l’ambiance a été un peu plus tendue. Souvent le fait de parents d’élèves se montrant menaçant envers les élèves en lutte. C’est à Marseilleveyre, à l’extrême sud de la ville, que les crispations se sont faites les plus fortes, comme cela avait été le cas avant les vacances.

    Le chef d’établissement qui a lancé une grande consultation auprès de ses élèves, sous forme d’un sondage dont le résultat est attendu jeudi, a même sollicité les forces de police. Elles sont arrivées peu après 9h et se sont postées à l’entrée pour faire passer les élèves qui le souhaitaient.

  • À Marseille, la direction de l’IMF invite ses étudiants au dialogue

    À Marseille, la direction de l’IMF invite ses étudiants au dialogue

    À la suite des mobilisations étudiantes et du blocage du campus de l’institut de formation au travail social IMF RIS, à Marseille, la direction de l’établissement indique proposer « une rencontre ouverte à l’ensemble des étudiants, en présence de l’équipe pédagogique et de la direction de l’établissement, à la reprise des vacances de la Toussaint ou au cours de la semaine suivante ». Elle précise attendre le retour des étudiants en travail social sur cette proposition à l’issue de leur assemblée générale, afin de « poursuivre ensemble un objectif commun : garantir la qualité des formations et accompagner au mieux les futurs professionnels en travail social ».

    La direction de l’IMF RIS apporte également des précisions concernant notre article paru le 23 octobre, qui rapportait la mobilisationdes étudiants devant l’établissement marseillais pour dénoncer « des conditions de formation au rabais ». « Les accusations de manque de transparence et l’idée selon laquelle la direction serait restée sans réponse face aux difficultés soulevées ne reflètent pas la réalité des échanges engagés depuis plusieurs mois », estime-t-elle. Et d’indiquer que les précédentes mobilisations des 22 et 23 octobre « avaient donné lieu à une rencontre avec la direction et une délégation étudiante, au cours de laquelle des réponses avaient été apportées ».

    La direction assure par ailleurs avoir constaté que certains étudiants n’avaient pas eu connaissance des échanges et des réponses apportées et souligne « avoir pris l’initiative de transmettre à nouveau à l’ensemble des étudiants les comptes rendus de ces deux rencontres ». Elle insiste enfin sur la nécessité de « distinguer l’absence d’information d’une information qui n’aurait pas été connue de tous ou relayée auprès de tous ».

  • Ces associations font bloc contre le blocus américain à Cuba

    Ces associations font bloc contre le blocus américain à Cuba

    Soumis à un embargo économique depuis 1962, les Cubains baignent dans un environnement où les restrictions sont nombreuses. Mais « depuis janvier, le blocus est devenu génocidaire », affirme Jean-François Gast, secrétaire de l’association France Cuba Marseille 13.

    À l’appel d’un collectif d’associations de solidarité avec Cuba (Attac, LDH, Secours populaire, Cuba Coopération, France Amérique latine), une mobilisation s’est tenue sous l’ombrière du Vieux-Port, ce lundi à 18h30, avec le soutien de la CGT 13 et du PCF.

    Alain Sicre, président de Cuba Coopération Marseille Sud-Est, se désole de la dégradation de la situation du pays depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Selon lui, « il y a des coupures d’électricité tous les jours, les gens meurent de faim et il n’y a même plus de couveuses dans les hôpitaux pour les bébés ». Le président américain, qui a plusieurs fois avancé l’idée de « prendre le contrôle de Cuba », durcit depuis janvier la pression sur l’approvisionnement énergétique de l’île.

    L’Assemblée générale des Nations unies doit se prononcer, les 27 et 28 octobre, sur une résolution condamnant l’embargo américain contre Cuba. Les militants de la cause cubaine ne se font toutefois guère d’illusions quant aux effets de cette démarche diplomatique. Depuis 1992, 33 résolutions ont été adoptées à la quasi-unanimité par les États membres de l’ONU, sans parvenir à modifier la politique américaine.

    Une nouvelle stratégie

    Face au resserrement du joug américain sur l’économie cubaine, les associations modifient leur modus operandi. « On est passé d’une stratégie de coopération à de l’aide humanitaire », explique Alain Sicre. Son association supervise notamment la récolte et l’envoi de matériel médical à Cuba. Mais là encore, leurs efforts butent sur « le blocus naval impérialiste et criminel » des États-Unis, estime-t-il, ainsi que sur les sanctions économiques imposées aux entreprises françaises qui commerceraient avec l’île communiste. « Des armateurs ont empêché que notre matériel humanitaire ne transite via leurs conteneurs », s’irrite Alain Sicre.

  • Le coup de com’ après les coups de matraques

    Le coup de com’ après les coups de matraques

    Après cinq semaines de blocus et de mobilisation lycéenne et étudiante, largement soutenue par le corps enseignant, les fédérations de parents d’élèves ou les syndicats de travailleurs, le gouvernement a tenté d’éteindre lundi la colère d’une jeunesse qui irrigue la rentrée sociale. à Marseille le matin, Emmanuel Macron pour répondre aux « demandes légitimes à la racine du mouvement social », avait promis des « annonces fortes » et des « avancées » destinées à engager des « chantiers à très court terme ».

    « Les réseaux sociaux abîment notre démocratie »

    Des annonces qui devaient être dévoilées par Edouard Geffray, ministre de l’Éducation, et Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur. Ils ont été doublés par huit influenceurs et créateurs de contenu sur les réseaux sociaux, qui ont eu la primeur des mesures. Un coup de com’ grotesque, signe de l’inconsistance d’un pouvoir aux abois, faisant rire ceux qui ont entendu quatre heures plus tôt, le président de la République assurer, d’un ton presque martial au pied de l’hôtel de ville de Marseille, que « les réseaux sociaux abîment notre démocratie ». Hier, même les représentants lycéens de la macronie sont passés après…

    Dans le détail, il n’y avait de toute manière pas de quoi calmer les ardeurs de la jeunesse. Si les représentants lycéens ont reconnu à la sortie de leur entrevue à Matignon des avancées, ils ont surtout invité leurs camarades à poursuivre le mouvement. À l’agenda de l’intersyndicale jeunesse, la journée d’action des gilets jaunes du 31 octobre, puis la journée nationale de grèves et de manifestations du 5 novembre initiée par les syndicats de salariés.

    Concernant Parcoursup, la plateforme d’orientation pour les études supérieures vivement critiquée sur son aspect sélectif, son « remplacement » a été annoncé sur deux ans. Dès cette année, l’exécutif promet une plus grande transparence sur les critères de sélection sur la base du travail d’un comité de réforme, avant le lancement du « grand chantier » pour 2028. Un débat doit à ce sujet être engagé mercredi à l’Assemblée. Prévu au titre de l’article 50-1 de la Constitution, il donnera lieu à une déclaration du gouvernement suivie d’échanges avec les groupes parlementaires, mais d’aucun vote. Loin de son abrogation réclamée par les organisations de jeunesse, donc.

    Loin du compte

    Concernant le bâti scolaire, 4 milliards sont mis sur la table mais sous forme de prêts à taux préférentiel accordés aux Départements et aux Régions pour rénover les collèges et les lycées d’ici 2030. Une réunion est prévue jeudi avec les représentants des collectivités locales. Un milliard d’euros supplémentaire est débloqué pour rénover les universités. Loin des dix milliards réclamés par les organisations lycéennes et étudiantes.

    Concernant la surpopulation scolaire, des classes de secondes plafonnée à 28 sont évoquées. La mesure concernerait la moitié des lycées, prioritairement ceux accueillant les élèves les moins favorisés, à la rentrée 2027, avant d’être étendue à tous en 2028. La mesure sera accompagnée par la création de 530 postes en 2027 et la non-suppression de 836 postes dans le secondaire. Rien en revanche sur les personnels administratifs, de santé et d’orientation.

    Si la réforme Blanquer du lycée n’est pas évoquée, concernant les emplois du temps, le gouvernement assure vouloir revoir le contrôle continu du bac avec une suppression envisagée pour la classe de première, et se pencher sur les « choix des spécialités » et la « place des enseignements scientifiques et mathématiques ».

    Il s’est aussi engagé à sanctuariser une pause déjeuner d’une heure, promet une indexation des bourses d’étude sur l’inflation afin de lutter contre la précarité étudiante et prévoit la création de 15 000 places dans l’enseignement supérieur, en priorisant les filières techniques (10 000 places en BTS tournées vers l’industrie et les sciences, 4 000 en IUT et 1 000 dans les formations de santé).

    Les organisations de jeunesse réclament 250 000 places à l’université et souhaitent une hausse de 200 euros par mois des bourses versées sur douze mois. Des revendications figurant dans les « 10 mesures d’urgence » portées par l’Union étudiante, la Fage, l’Unef et l’Union syndicale lycéenne, devenues la feuille de route de la mobilisation de cette jeunesse.

    « Il faut que nos élèves retiennent qu’on va remplacer Parcoursup et que dès cette année, ils vont voir leur vie changer »

  • Marseille, rassemblement pour Cuba

    Marseille, rassemblement pour Cuba

    « Allumons les flambeaux, brisons le blocus » : à la veille d un nouveau vote à l’ONU pour la levée du blocus américain contre Cuba, France Cuba Marseille 13, avec les soutiens de la CGT 13, du PCF13 mais aussi du Mouvement de la Paix, le Secours Populaire, La ligue des droits de l’homme et d’autres syndicats, organise un rassemblement de soutien et d’informations ce lundi 26 octobre à 18 heures 30 sur le Vieux-Port.

  • Les étudiants marseillais de l’IMF montent au créneau

    Les étudiants marseillais de l’IMF montent au créneau

    « Les conditions d’études ne sont pas au rendez-vous, que ça concerne le nombre de formateurs ou la qualité générale de la formation », ont dénoncé, jeudi matin, les étudiants rassemblés devant l’Institut méditerranéen de formation, recherche et intervention sociale (IMF RIS) à Marseille. Ils exigent de la direction « une transparence financière » et des actions face aux « conditions de formation au rabais » et au « flou angoissant sur une éventuelle liquidation judiciaire ».

    Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité de celle initiée par les étudiants en février dernier, puis relayée par les formateurs en mars : tous s’étaient mis en grève à la suite de l’annonce de « la suppression de la moitié des intervenants extérieurs », révélatrice selon eux des difficultés de l’établissement de formation.

    Les étudiants mobilisés aujourd’hui peuvent compter sur le soutien de la CGT éduc’action, du syndicat éduc’en lutte, mais aussi d’une partie du personnel de formation. Les formateurs témoignent des effets liés à la réduction des intervenants externes : « On perd l’expertise de ces professionnels tout en surchargeant les formateurs internes, ça impacte la formation ».

    La mobilisation se dit solidaire du mouvement lycéen et s’inscrit, selon les manifestants, dans le contexte plus large de la crise du secteur social. « Quasiment tous les étudiants mobilisés ici le sont aussi sur d’autres combats », ont observé les futurs travailleurs sociaux présents, ce jeudi, devant l’IMF. Selon eux, le contexte facilite « un travail de remobilisation auprès des étudiants » et « donne l’envie d’améliorer les conditions d’études, pas que pour nous, mais aussi pour les générations prochaines ».

  • Les jeunes de Sciences Po Aix tiennent une agora citoyenne

    Les jeunes de Sciences Po Aix tiennent une agora citoyenne

    Les élèves de Sciences Po Aix ont décidé d’organiser une agora sur la place de l’Hôtel de Ville, jeudi. Pour Mathis, étudiant en 4e année à l’Institut d’études politiques (IEP), le but est simple : « Ouvrir le débat à travers un échange humanisé avec les Aixois. » Des propos qui font écho à l’intervention des CRS lors du premier blocus de l’IEP, le 5 octobre dernier. Zélie, étudiante en 5e année, évoque, selon elle, « une action pacifique pendant laquelle les étudiants ont été injustement gazés et sans aucune raison ».

    Mais il en faudra plus pour décourager ces jeunes, qui brandissent pancartes et slogans devant les fenêtres de la mairie. Julie, étudiante en 4e année à l’IEP, évoque un « sentiment de fierté à faire partie de ce mouvement », elle qui, au départ, ne se sentait pas forcément concernée par les revendications nationales en raison de son cadre scolaire qu’elle estime malgré tout « privilégié ».

    À travers cette agora, Zélie, espère « redonner du sens aux valeurs “Liberté, égalité, Fraternité” de cette Ve République qui, pour l’instant, sont dévoyées ». De la part de la mairie, elle attend notamment un « soutien financier avec une levée de fonds pour revoir les infrastructures scolaires ». Elle appelle également à une « gestion plus juste de son pouvoir de communication » au profit des revendications étudiantes.

    La mobilisation

    à l’épreuve des vacances

    Si les étudiants affichent la même détermination après trois semaines de mobilisation, l’approche des vacances de la Toussaint pour le supérieur, soulève des interrogations sur la continuité du mouvement et de ses actions. Zélie propose la création d’une « école buissonnière », où seraient alors organisés « des cours sur des thèmes pertinents pour comprendre la situation actuelle ». Ces enseignements seraient « dispensés par des professeurs et des intervenants extérieurs » dans le but de « proposer un parcours intellectuel complémentaire aux enjeux de la mobilisation ». Pour ce faire, le groupe d’étudiants entend demander l’accès au théâtre du Bois de l’Aune ou, à défaut, au parvis de Saporta.

    Présente lors du premier blocus des étudiants, le 5 octobre, Geneviève, Aixoise et figure de Mai 68, encourage ces mobilisations : « Il faut à tout prix qu’ils continuent jusqu’à être entendus, sinon, tout cela n’aura servi à rien ! » Pour elle, « ces revendications doivent peser sur les débats précédant l’élection présidentielle d’avril 2027 », dont elle craint le « basculement vers l’extrémisme ».

  • Les étudiants bloquent le siège d’AMU au Pharo

    Les étudiants bloquent le siège d’AMU au Pharo

    Dès l’aube, plusieurs dizaines d’entre eux se sont rassemblés devant les grilles du jardin qui donne accès aux locaux de l’AMU. « Pas de distanciel, pas de CRS dans nos facs », pouvait-on lire sur leurs pancartes. Sans surprise, ils ont réclamé plus de moyens pour l’éducation. Notons que le syndicat SUD relaie un appel à la grève intersyndicale, ce jeudi, qui concerne les personnels
    de l’AMU. Un rassemblement est prévu à 12h30, au Pharo.

  • [Entretien] Marianne Collas : « Le Che reste un symbole de révolte contre l’injustice »

    [Entretien] Marianne Collas : « Le Che reste un symbole de révolte contre l’injustice »

    Quel est l’objectif politique de cette initiative ?

    Marianne Collas : Elle s’inscrit dans la campagne de solidarité avec Cuba pour sensibiliser politiquement aux graves conséquences qu’engendre le blocus sur l’île et les menaces d’agression que continue de faire planer Trump depuis quelques mois. Les États-Unis exercent une pression incroyable sur le pays mais aussi sur tous les partenaires, les entreprises qui, dans le monde, peuvent coopérer ou collaborer avec Cuba. Ils prennent des sanctions en dehors du droit international pour empêcher, par exemple, la solidarité concrète qu’il peut y avoir au niveau de la France et au niveau du monde entier.

    Comment le PCF met-il en branle cette solidarité avec Cuba ?

    M.C. : On a entrepris dans le même temps une campagne de collecte de médicaments et de produits d’hygiène tout en alertant sur l’aggravement de la situation. Et on a obtenu des succès puisque certains containers, on l’a appris il y a quelques jours, ont pu être déchargés à Cuba. Ils contenaient justement du matériel et des médicaments pour les hôpitaux, mais aussi pour la vie quotidienne des gens à Cuba. C’est une grande victoire parce que tout était bloqué.

    On a mené une intervention, bien évidemment, auprès du gouvernement français pour qu’il intervienne au niveau des affaires étrangères.

    Vous parlez de sensibilisation du grand public, comment cela se passe-t-il auprès du cercle non militant ?

    M.C. : Nos messages ont eu un écho très positif y compris auprès des gens pour qui on aurait pu se dire que Cuba ne les concernait pas. Mais vraiment, à chaque fois qu’on a mené des initiatives publiques, on a rencontré vraiment du succès. Et beaucoup de gens même veulent continuer dans la durée à soutenir Cuba. La solidarité financière va d’ailleurs se poursuivre pour participer à l’électrification d’un hôpital pédiatrique de La Havane. C’est intéressant aussi de pouvoir travailler et collaborer avec des entreprises sur place ou autour de Cuba.

    L’irréprochable image du Che peut encore aider la cause ?

    M.C. : Je crois qu’il y a beaucoup de jeunes, notamment, pour qui effectivement l’image du Che reste un symbole de révolte contre l’injustice. Et effectivement, aujourd’hui, alors qu’ici même, aujourd’hui à Toulon et ce matin à Brignoles des jeunes et de moins jeunes manifestent contre les injustices et pour la solidarité ça résonne tout particulièrement. On assiste à une jeunesse qui se soulève dans le monde entier contre la société capitaliste telle qu’elle est, qui brise les vies. Et il y a une aspiration à plus de justice, de liberté, d’égalité, etc.

    La projection du film
    va donc permettre d’approfondir
    la réflexion…

    M.C. : Oui, d’autant qu’on a la chance d’avoir le réalisateur du film présent ainsi que Maïté Pinero spécialiste de l’Amérique latine. C’est pour ça qu’on invite vraiment un très large public à venir et à débattre l’avant-veille d’un vote aux Nations unies pour une nouvelle résolution rapport au blocus de Cuba. C’est important parce qu’on sait que l’administration Trump fait pression auprès de beaucoup de gouvernements pour qu’elle ne soit pas adoptée. Les camarades cubains demandent vraiment à tous les pays du monde de faire très très fort sur cette sensibilisation-là.

  • Les élèves marseillais prennent date pour la manifestation du 17 octobre

    Les élèves marseillais prennent date pour la manifestation du 17 octobre

    À 48 heures des vacances, le mouvement ne faiblit pas. à Saint-Exupéry (15e), après une semaine tendue, le lycée était fermé avec passage en distanciel. Le Rempart (7e) et Saint-Charles (1er) aussi ont fermé, Thiers (1er) et Montgrand (6e) ont été bloqués. Dans les quartiers est, à Jean-Perrin (10e), le lycée a été évacué et fermé après l’intervention des CRS. Les cours pour le secondaire et le supérieur se feront en distanciel jusqu’aux vacances.

    Refus de participer à la coordination nationale

    Au sud, à Marseilleveyre (8e), où aucun cours distanciel n’est proposé et le mouvement très calme depuis le début, une trentaine de CRS ont débarqué dans la matinée pour mettre fin au blocus. Sur les conseils des équipes pédagogiques présentes, les lycéens se sont repliés dans l’établissement. Sans suite. Victor-Hugo (2e) aussi était fermé et des élèves se sont retrouvés au commissariat du 15e en soutien à des camarades placés en garde à vue. 21 personnes ont été interpellées dans les Bouches-du-Rhône, dans la journée.

    à 14h, une AG de l’interlycéenne a été organisée à la Bourse du travail. Ambiance de classe occupée dans la salle Jean-Jaurès, pleine à craquer. Une centaine de lycéens de Marie-Curie, Montgrand, Thiers, Marseilleveyre, Saint-Charles ou Périer (8e) débattent, discutent et mettent au vote. Certains sont venus de plus loin encore, comme ces élèves de Saint-Exupéry et Diderot (13e).

    La manifestation « Gilet jaune » du 17 octobre a été le gros morceau de ces 2h30 d’AG, explique Lounes. L’interlycéenne rejoindra la manifestation sur le Vieux Port (14h), mais divers rassemblements seront organisés dans la ville.

    Parmi les autres décisions prises, le refus de participer à la coordination nationale lycéenne. « On a voté et on a refusé, parce qu’on a un peu regardé ce que c’était, elle a été montée avec des militants du NPA-R et elle n’a pas d’ancrage local ici », explique Eustache, lycéen à Montgrand. « On a jugé qu’il n’était pas possible de rejoindre une coordination qui ne représente personne sur le terrain, pour ne pas être récupéré. »

    Au menu aussi l’après 17 octobre et les vacances. « La première chose, ça va être de se reposer un peu, parce que depuis trois semaines on se mobilise de manière intense. Mais on va essayer de rejoindre les étudiants et d’aller au-devant du monde du travail », poursuit Eustache. Des tractages au métro sont aussi envisagés pour « discuter avec l’ensemble de la population ».