Tag: Cinéma

  • Projection et masterclass autour du film « L’abandon » à l’Hôtel de Région

    Projection et masterclass autour du film « L’abandon » à l’Hôtel de Région

    Le long-métrage retrace les jours ayant précédé l’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty en octobre 2020. Initiée par la Région, cette séance s’inscrit dans une « démarche de démocratisation culturelle et de sensibilisation des jeunes aux enjeux citoyens ». Une masterclass avec le réalisateur est prévue à l’issue de la projection afin d’échanger autour de la liberté d’expression, de la laïcité et du respect de l’autre.

  • Le Festival cinématographique de Gardanne de retour

    Le Festival cinématographique de Gardanne de retour

    « Quand on est passionné de cinéma, vous ne pouvez qu’applaudir. Les spectateurs l’attendent vraiment. » Signés de Laure Gonzalès, présidente de Gardanne action cinéma, l’association qui le porte, des mots qui traduisent l’impatience du public pour le retour, après quatre ans de sommeil forcé, du Festival cinématographique d’automne de Gardanne. Fermé depuis fin 2022, son épicentre, le cinéma 3 Casino, a été inauguré en mai dernier après de lourds travaux de rénovation. « On a vu revenir des habitués, mais aussi plein de nouvelles têtes, tous ravis d’avoir un cinéma de proximité. En plus, nos prix permettent à une famille de venir sans s’arracher un bras », rappelle-t-elle au sujet de ce cinéma dont les prix oscillent entre 4,50 euros et 8,50 en tarif plein. Désormais, place à trois salles flambantes, la plus grande pouvant accueillir « 1 171 spectateurs plus 5 personnes à mobilité réduite » pour y guetter le 35e festival Cinématographique d’automne de Gardanne. Une 35e mouture pour autant d’avant-premières, dont celle, en ouverture de la manifestation, jeudi 15 octobre, du nouveau film de Robert Guédiguian, parrain du 3 Casino. Aux côtés de son acteur de toujours, Gérard Meylan, le réalisateur viendra présenter Une femme aujourd’hui, comédie dramatique sur le quotidien bourgeois d’une trentenaire marseillaise travaillant dans la finance, jusqu’à ce que son monde bien rangé ne s’effondre suite à son agression par un collègue de boulot.

    De Kervern à El Yousfi

    Au programme du festival, un certain nombre de films « autour de la condition féminine », observe Anaïs Rinaldi, l’une de ses programmatrices, pointant Les fraises de Laïla Marrakchi, dans les pas de travailleuses saisonnières marocaines en Andalousie « confrontées à la dure réalité de leur situation » ou Les femmes de la station de Sara Ishaq, histoire d’une « station-service réservée aux femmes, havre de paix dans un Yémen déchiré par la guerre ». De guerre, justement, il sera aussi beaucoup question au 3 Casino comme dans Les braves de Lukas Dhont, autour d’un soldat de 14-18 qui « organise des spectacles pour maintenir le moral » des troupes. De nombreuses rencontres de réalisateurs avec le public auront également lieu. Gustave Kervern viendra présenter Voilà c’est fini, son nouveau film sur l’Ile Maurice, « où il est né. Un film toujours un peu barré mais très intime dans lequel il aborde des thèmes comme l’anorexie ou les relents colonialistes », indique Anaïs Rinaldi, avant d’énumérer d’autres rencontres du festival : avec Stéphanie Pillonca et François Busnel, invités pour respectivement présenter Les jours d’après et On était des loups. De jeunes réalisateurs seront aussi conviés dans ce cadre pour leurs premiers longs-métrages : Khalil Cherti pour Ce qui nous mène à toi et Hanaël El Yousfi pour Les filles d’Abraham, qui raconte l’histoire de « Myriam, jeune femme de culture musulmane ayant grandi à Marseille, qui renoue pendant l’été avec Eva, issue d’une famille juive, après plusieurs années de rupture ».

  • Cinemed : Camélia Jordana et l’Égypte en grands invités

    Cinemed : Camélia Jordana et l’Égypte en grands invités

    Avec 180 films projetés, le Festival Cinemed ne fait pas de la figuration. Encore faut-il se repérer dans cette très riche programmation étalée sur neuf jours. La rédaction de La Marseillaise vous en propose un panorama non exhaustif. La soirée d’ouverture du vendredi 16 octobre sera un premier temps fort, avec la projection du prochain film de l’Italien Nanni Moretti, Les Cœurs affamés. En clôture, Nicole Garcia sera présente pour montrer en avant-première 7h40 ce matin-là, avec Marion Cotillard.

    Dans cet intervalle, le public pourra redécouvrir la filmographie de la comédienne Camélia Jordana. Celle qui est aussi chanteuse, viendra défendre Carmen, l’oiseau rebelle, un nouveau film d’animation dans lequel elle prête sa voix. Cette version à hauteur d’enfants du célèbre opéra est signée du réalisateur et illustrateur Sébastien Laudenbach (Linda veut du poulet !).

    Les amateurs de films de genre se régaleront avec une thématique sur le cinéma fantastique arabe. Ils pourront y découvrir Papa Amin, le premier long-métrage du maître égyptien Youssef Chahine, réalisé en 1950. Le jeune cinéma égyptien fera également l’objet d’une thématique à part entière. Les multiples facettes d’un pays marqué par l’autoritarisme seront explorées, de l’entraînement des haltérophiles féminines d’Alexandrie (Lift like a girl, 2020) à la transformation d’un père tyrannique en volatil (Plumes, 2021) en passant par la condition ouvrière (L’entente, 2025).

    Le Cinemed fait une place au cinéma engagé, conscient des rapports de force à l’œuvre dans les sociétés contemporaines. La production brésilo-libanaise Furies (2026) se déroule par exemple pendant la crise bancaire que le Pays du cèdre a connue en 2019. Dans ce film de casse, une jeune femme tente de récupérer ses économies pour financer l’opération de sa petite sœur. Dans Le prix et la valeur (2026), le réalisateur Visar Morina ausculte pour sa part les conditions de vie d’une famille kosovare contrainte à l’exode rural. Le film a remporté le Grand prix du jury au festival de Sundance dans la catégorie des fictions étrangères.

    Rétrospective De Sica

    Pour qui voudrait approfondir ses connaissances du répertoire classique, une sélection des films de Vittorio De Sica, le père du néoréalisme italien, est proposée. Plusieurs séances du Voleur de bicyclette sont organisées. Le film de 1948 figure dans la liste des 39 chefs-d’œuvre recommandés récemment par Martin Scorsese à un étudiant en cinéma.

    Les spectateurs désireux de rester au fait des tout derniers développements du septième art devraient trouver leur bonheur dans les compétitions de courts-métrages. « C’est l’actualité de la Méditerranée, il n’y a que des productions récentes, dont plusieurs premiers films », conseille le directeur du festival, Christophe Leparc. « La Méditerranée est certainement la zone du monde où il y a le plus de diversité et de créativité au niveau du cinéma », ajoute-t-il.

    *En raison des aléas climatiques du mois de septembre, les lieux de la programmation
    du Cinemed ont été modifiés.
    Le public est prié de se rapprocher du service de billetterie afin de préparer sa venue.

  • [Cinéma] Péril en la demeure

    [Cinéma] Péril en la demeure

    Septembre 2022, Vladimir Poutine décrète la mobilisation pour le lancement de l’« opération militaire spéciale » (terminologie officielle pour désigner la guerre en Ukraine). Dans une petite ville de province, Gleb (Dmitri Mazourov), patron prospère d’une entreprise de transports, doit remettre au maire une liste de quatorze de ses employés en âge d’être envoyés sur le front. Le nombre renvoie à la mythologie grecque et au sacrifice des quatorze jeunes qu’Athènes devait envoyer en Crète pour satisfaire les besoins alimentaires du Minotaure. Une créature mi-homme, mi-taureau qui incarne la dualité humaine, oscillant entre la raison (la civilisation) et la colère (la tyrannie).

    L’homme d’affaires tentera de trouver une solution pour maintenir ses collaborateurs en poste et faire face au départ de salariés. Une scène obscène se tient dans un restaurant gastronomique. Gleb dîne en compagnie d’amis entrepreneurs. Ces derniers dissertent sur leurs prochains voyages au soleil tandis que des familles tentent d’échapper à leur enrôlement dans une guerre « aussi impitoyable qu’insensée », selon Zviaguintsev.

    Sur fond de guerre et d’instabilité économique, se greffe une histoire d’adultère. Le réalisateur a souhaité transposé le film de Claude Chabrol, La Femme infidèle (1969) dans la Russie contemporaine. Gleb vit avec sa femme Galina (Iris Lebedeva) et leur fils dans leur villa moderne, perdue au milieu d’une forêt de bouleaux blancs. La famille y mène une existence confortable et bien rangée jusqu’au jour où le mari soupçonne Galina de le tromper. L’amant est identifié et la passion folle se déchaîne.

    Un thriller où le crime pour trahison conjugale annonce le chaos de la guerre. Où la vie du couple restitue les sombres perspectives qui règnent dans le pays. Où l’intime joue comme une radiographie des tensions géopolitiques.

    Le film à rebondissements

    Tout s’emboîte à l’image de cette villa moderniste aux grandes baies vitrées où vit Galina, tenue à distance, observée et domestiquée. Derrière un calme apparent, sans aspérité, se cache une ambiance mortifère chargée de brume.

    Tourné en Lettonie, non loin de la Russie, le cinéaste joue avec la lumière froide et le silence pesant des lieux. Chaque prise de vue est scrutée à la loupe, respectant l’architecture des lieux, les lignes épurées de la maison de plain-pied en opposition avec les immenses barres en béton de la banlieue rappelant le boom des cités construites dans les années 1980 et ses coins de rue tristes. Le quartier où se rend Galina pour retrouver Anton, son amant, un photographe qui vit au 7e étage d’un HLM est saisissant de contraste. Galina qui étouffe chez elle vient capturer du plaisir et de la vie dans ce studio où sont affichées des photos d’elle. Comme l’œuvre d’un avant et d’un après. Et lorsque Gleb se rend seul chez Anton, ce dernier l’accueille avec compréhension. Le comportement civilisé du mari effondré et de l’amant attentionné ne durera pas. Dans un sursaut de colère froide, la confrontation basculera dans le sang.

    « Je ne voulais pas réaliser un film de propagande mais me concentrer sur les hommes, les souffrances qu’ils traversent et les choix moraux auxquels ils sont confrontés », précise Zviaguintsev, face à cette guerre interminable. Minotaure a été choisi pour représenter la France aux Oscars 2027 du meilleur film international.

    Minotaure, d’Andreï Zviaguintsev

    (France/Allemagne/Lettonie, 2h15)

    Sortie le 14 octobre

  • Une projection pour éclairer la minute de silence pour Samuel Paty

    Une projection pour éclairer la minute de silence pour Samuel Paty

    Le 16 octobre 2020, le professeur d’histoire géographie Samuel Paty était assassiné par un terroriste islamiste, non loin de son établissement à Conflans-Sainte-Honorine. Le Département des Bouches-du-Rhône a organisé ce lundi une projection de L’abandon, fiction documentée qui retrace les derniers jours de l’enseignant, signée Vincent Garenq, présentée hors compétition lors du Festival de Cannes 2026. « C’est important d’avoir des professeurs qui s’engagent pour le respect de la liberté » a souligné la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, en ouverture de la séance. « Cette semaine est un temps d’hommage aux deux grands serviteurs de la République Samuel Paty et Dominique Bernard » a appuyé Bruno Martin, secrétaire général de l’académie.

    300 élèves de 3e venus d’établissements divers, ainsi que leurs professeurs, se sont rassemblés au cinéma de la Joliette à Marseille, pour une séance autour de la laïcité et de la liberté d’expression.

    Rétablir les faits et tirer des enseignements

    « Peu d’élèves connaissaient réellement l’histoire de Samuel Paty », a observé Marion de Blaÿ, productrice du film L’abandon. Ce constat a d’abord motivé la création du film, puis sa diffusion auprès des publics scolaires. Un travail a été engagé avec des professeurs pour construire un dossier pédagogique visant à faciliter le travail avec les collégiens en amont. Après la projection, les collégiens ont questionné l’acteur principal du film, Antoine Reinartz, et sa productrice, Marion de Blaÿ. Une partie des interrogations ont porté sur la façon dont l’acteur s’est emparé du rôle : « Quel était votre ressenti en jouant Samuel Paty ? », « Comment avez-vous travaillé le rôle ? » « Avez-vous rencontré les élèves de monsieur Paty ? » D’autres élèves ont questionné l’équipe sur la réalisation du film : « Est-ce que vous avez présenté les faits réels ? », « Comment avez-vous trouvé toutes vos informations ? » « Vous avez fait vous-même votre enquête ? »

    Marie Delouze, déléguée académique à l’éducation artistique et à l’action culturelle du rectorat de l’académie d’Aix-Marseille, a tiré un bilan très positif de cette médiation. « C’est un travail très utile, on a beaucoup de témoignages d’élèves qui ne savaient pas exactement ce qu’il y avait derrière la minute de silence annuelle en hommage au professeur », a-t-elle ajouté, estimant que le film « incarne cette minute de silence ». « C’est une œuvre d’utilité publique », a-t-elle conclu.

  • [Passerelle interculturelle] « Once Upon a Time in the Middle East » : quand le cinéma chinois parle au monde

    [Passerelle interculturelle] « Once Upon a Time in the Middle East » : quand le cinéma chinois parle au monde

    J’ai eu l’occasion de voir ce film cet été, alors que j’étais en vacances en Chine. Ce qui m’a marquée, ce n’est pas seulement son succès auprès du public, ni même sa participation à la course aux Oscars, mais surtout la manière dont il choisit de parler au monde.

    Le film ne part pas d’un grand récit géopolitique. Il raconte d’abord l’histoire de gens ordinaires, autour d’un restaurant chinois installé dans une région marquée par la guerre. On y cuisine, on y mange, on y travaille. Chacun essaie simplement de gagner sa vie, de protéger ses proches et de préserver un peu de normalité. C’est précisément cette simplicité du quotidien qui rend l’irruption de la guerre d’autant plus brutale. La nourriture, la famille, la survie, le désir de vivre en paix : autant d’expériences qui dépassent largement les frontières nationales. Elles appartiennent à tous.

    Le choix d’un restaurant chinois comme lieu central du récit est particulièrement intéressant. Pour de nombreux étrangers, un restaurant chinois constitue souvent l’un des premiers contacts concrets avec la culture chinoise. Mais dans le film, ce lieu devient surtout un espace profondément humain : un endroit où l’on se rencontre, où l’on travaille, où se nouent des liens et où l’on tente de continuer à vivre malgré l’incertitude.

    Lorsque la guerre fait irruption dans cet espace, la paix cesse immédiatement d’être une notion abstraite. Elle devient quelque chose de très concret : pouvoir cuisiner, partager un repas, rentrer chez soi et croire encore au lendemain.

    Un restaurant chinois au milieu de la guerre

    C’est peut-être là que réside l’intérêt le plus profond du film dans une perspective internationale. Le cinéma chinois est souvent confronté à une question essentielle : comment conserver un regard chinois tout en touchant des publics issus de cultures très différentes ? Once Upon a Time in the Middle East apporte, à sa manière, une réponse. Le film ne cherche pas à expliquer la Chine de façon démonstrative. Il place des personnages chinois au cœur d’une expérience universelle : celle de personnes ordinaires dont la vie est bouleversée par la guerre.

    Un cuisinier, un restaurant, quelques plats, des rencontres, des amitiés et des vies fragilisées par le conflit : à partir de ces éléments très simples, le film construit un langage émotionnel que des spectateurs issus d’horizons très différents peuvent comprendre.

    Bien entendu, représenter la partie continentale de la Chine dans la course aux Oscars n’est qu’une première étape, et rien ne permet encore de savoir jusqu’où le film ira dans le processus de sélection. Mais à une époque où les conflits se multiplient et où les sociétés semblent parfois s’éloigner les unes des autres, la paix demeure sans doute l’un des thèmes les plus universels qui soient.

    Et ce restaurant chinois au milieu de la guerre nous rappelle finalement une chose très simple : parfois, la paix, c’est simplement pouvoir s’asseoir autour d’une table et manger tranquillement.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Le Diagonal devrait rouvrir le 21 octobre

    Le Diagonal devrait rouvrir le 21 octobre

    C’est une date attendue avec impatience par tous les cinéphiles montpelliérains : la réouverture du « Diago  ». Le 5 mai dernier, l’emblématique cinéma indépendant du centre-ville a baissé le rideau le temps de gros travaux de rénovation et de modernisation qui avaient déjà été reportés d’un an en raison de leur coût important : près de 3 millions d’euros – dont environ 500 000 euros d’aides allouées par le CNC, la Ville de Montpellier et la Région-.
    «
     Comme dit l’adage : les travaux on sait quand ça commence, on ne sait pas quand ça finit… », plaisante Martin Bidou, dirigeant de la société de production et distribution Haut et Court, qui gère le Diagonal depuis 2023. « Mais je pense qu’on rouvrira mercredi 21 octobre. On a vraiment besoin de reprendre notre activité pour les vacances de la Toussaint.
    5 mois de fermeture pour un cinéma indépendant, c’est très long. Sans compter qu’il va falloir rembourser nos emprunts maintenant…
    [de l’ordre de 2,2 millions d’euros, Ndlr] ».

    C’est donc un Diago rénové du sol au plafond – sauf la salle 3 : « on n’avait pas assez d’argent » – que vont retrouver les spectateurs. Toute l’électricité, la plomberie et le lot CVC (chauffage, climatisation, ventilation) ont été refaits, ainsi que la toiture, l’isolation des salles, la déco (fauteuils, tentures murales, moquettes, luminaires…).

    Des projections qui vont gagner en qualité

    Malgré une surface contrainte – « on ne peut pas pousser les murs » –, des espaces d’attente avec des banquettes ont été créés devant les salles, où les spectateurs pourront désormais patienter, afin de désengorger le hall d’entrée. Enfin, les projections vont gagner en qualité grâce au passage à la projection laser, à l’installation d’équipements pour un son haute fidélité et au remplacement de certains écrans. La prochaine étape sera le lancement d’une campagne de crowdfunding auprès du public et d’entreprises mécènes pour recréer à l’identique l’ancienne façade style art déco du bâtiment.

    Mais pour l’heure, l’équipe, inchangée, se concentre sur la réouverture, qui devrait être marquée par « 10 jours festifs, du 21 au 31 octobre, avec un point d’orgue le soir d’Halloween où on imagine un événement rigolo ». Côté programmation, « on va rouvrir avec les films qui sortent à cette date-là et rattraper les films importants qu’on n’a pas pu passer cet été, comme la Palme d’or [Fjord, de Cristian Mungiu, Ndlr] ». Les tarifs des séances, quant à eux, augmenteront très raisonnablement : de 9 à 9,50 euros. « Dans les grandes villes, les cinémas privés sont tous à 11,50 ou 12 euros. On a voulu rester accessible », insiste Martin Bidou.

    A.G.

  • Courts-bouillon fait mijoter les courts-métrages à Rousset

    Courts-bouillon fait mijoter les courts-métrages à Rousset

    Après des séances dédiées aux scolaires, puis la projection d’une série de films au format court réalisés par des jeunes et personnes âgées, la 21e édition de Courts-bouillon ouvre ses bras au grand public samedi 10 octobre. Au menu de la Salle Émilien Ventre de Rousset, à partir de 14h, six films qui témoignent de l’appétit de réalisateurs pour le court-métrage, genre de quelques dizaines de minutes tout au plus qui stimule l’inventivité. Aussi bien dans les pas d’un jeune livreur de repas éconduit par l’hôtesse des bureaux d’une multinationale de la banque dans Pentest de Tristan Lhomme et Benjamin Chevallier, que dans ceux de recruteurs de l’armée ukrainienne un dimanche de Pâques avec Easter day de Mykola Zasieiev, les points de départ percutants d’aventures intenses. « Le court-métrage n’a jamais été un petit cinéma. En quelques minutes, il fait rire, bouleverse, questionne, surprend et ouvre des horizons insoupçonnés », résume Sylvia Vaudano, directrice des Films du Delta, association aux manettes de Courts-bouillon.

    Animation et « Coyotes »

    À 16h15, elle programmera une séance de 17 films courts réalisés par des élèves issus d’écoles d’animation française comme la Mopa à Arles ou les Gobelins à Paris. Avant deux autres salves de douze films, à 18h15, puis 21h, parmi lesquels Coyotes, thriller palestino-jordanien de Saïd Zagha, dans le sillage d’une chirurgienne palestinienne « coincée » sur la route de Jéricho à Ramallah.

  • L’œuvre de Jacques Tati,« poète de la pellicule », à Aix

    L’œuvre de Jacques Tati,« poète de la pellicule », à Aix

    La tournée épique et burlesque, vitesse grand V, de François le facteur, inspiré par les méthodes de ses homologues américains, dans Jour de fête (1949) ; une partie de tennis ubuesque au cours de laquelle des mouvements dégingandés moquent l’effort des joueurs traditionnels dans Les vacances de Monsieur Hulot (1953) ; le jet d’eau d’une maison bourgeoise qui jaillit de la bouche d’un poisson, uniquement lorsqu’un invité de haut rang social déboule dans la demeure dans Mon oncle (1958)… 44 ans après sa disparition, les scènes imaginées par Jacques Tati qui arrachent un sourire ou une réflexion sur la pseudo-modernité habitent toujours les cinéphiles, illustre un cycle consacré par l’Institut de l’image d’Aix, pendant le mois d’octobre. À voir à l’Ecole supérieure d’art d’Aix jusqu’au 25 du mois.

    Il a été l’un des réalisateurs les plus ingénieux de l’histoire du septième art, un grand professionnel aux personnages avares en paroles, mais diablement éloquents par leurs gestuelles. Et le grand témoin artistique, mais aussi visionnaire, des évolutions de la société française au cours des Trente Glorieuses.

    Métronome comique

    « Héritier du burlesque, inventeur de formes, Tati joue du détail, porte son regard amusé sur le monde. Géométrique, musicale, sa mise en scène, d’une modernité sidérante, est celle d’un métronome, qui lui permet d’enregistrer les soubresauts de l’époque comme l’industrialisation, le design, l’architecture », résume le programme de la Cinémathèque française, qui lui a dédié une rétrospective l’été dernier.

    Double de Jacques Tati à l’écran, qu’il incarne lui-même, Monsieur Hulot vient dévergonder l’écran dans quelques bobines mémorables du cinéaste. Dans Mon oncle par exemple, le voici venu fendre de sa causticité le quotidien aseptisé et plutôt austère de la famille Arpel. Un film à l’issue duquel un certain Boris Vian loua : « Tati est bien plus qu’un Chaplin français. C’est un créateur original, un poète de la pellicule, un artiste aussi simple qu’il est bourré de talent ». Des éloges annonciateurs de son chef-d’œuvre Playtime, « le plus grand film qui ait été jamais tourné sur les temps modernes », qualifia Marguerite Duras.

    Parmi les autres films de Jacques Tati projetés à l’école supérieure d’art d’Aix-en-Provence, la comédie Trafic (1971), dernière apparition de Monsieur Hulot dans sa filmographie, ou encore son ultime long-métrage Parade, sorti trois ans plus tard sur les écrans, avec Tati dans le rôle du Monsieur Loyal d’un cirque cinématographique où son mime fait fureur.

    Horaires détaillés sur www.institut-image.org

  • 25e édition pour le festival de cinéma « Femmes ! » à La Seyne-sur-Mer

    25e édition pour le festival de cinéma « Femmes ! » à La Seyne-sur-Mer

    Cette édition, qui se déroulera du 4 au 20 novembre, se concentre autour du thème de la passion, avec 35 films (dont 8 avant-premières) diffusés dans 8 salles et 5 villes. La moitié des œuvres sont françaises, les autres étrangères. Réalisatrices, artistes et invitées participeront à des rencontres et débats de manière à prolonger les films. Quatre soirées spéciales et une clôture festive, autour du cinéma d’art et d’essai exigeant, sont également proposés, ainsi qu’une exposition artistique, intitulée « Indociles ! », présentée par 8 créatrices, et visible au Casino Joa de la Seyne du 6 au 30 novembre.